1. Résumé / Abstract
L’Échelle des événements de vie stressants en milieu urbain (Stressful Urban Life Events Scale, SULES) constitue un instrument d’évaluation psychométrique développé pour quantifier l’exposition objective des enfants et adolescents aux stresseurs environnementaux caractéristiques des zones urbaines défavorisées. Initialement élaborée à partir des travaux de Patrick H. Tolan et de ses collaborateurs (Tolan et al., 1988) comptant initialement 23 items, la version la plus répandue et validée dans la littérature développementale et psychopathologique est la forme abrégée à 15 items conçue par Beth K. Attar, Nancy G. Guerra et Patrick H. Tolan (1994). Cette échelle a été intégrée dans le recueil officiel des instruments de mesure des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dédié aux conduites violentes chez les jeunes.
L’instrument utilise un format de réponse dichotomique (Oui = 1, Non = 0) évaluant la survenue de stresseurs précis au cours des douze derniers mois. La structure conceptuelle de l’outil s’articule autour de cinq dimensions corrélées : les Tracas quotidiens (Hassles, 5 items), les Transitions de vie (Life Transitions, 4 items), les Événements circonscrits (Circumscribed Events, 6 items), l’Exposition à la violence (Violence, 5 items) et les Problèmes scolaires (School Problems, 3 items). Il convient de noter que certains items contribuent simultanément à plusieurs sous-échelles en fonction de leur pertinence conceptuelle. Le calcul des scores s’effectue par la moyenne arithmétique des réponses au sein de chaque sous-échelle ou par la somme brute globale (variant de 0 à 15).
Sur le plan psychométrique, la SULES démontre une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach variant entre 0,72 et 0,85 selon les sous-échelles et les échantillons étudiés, ainsi qu’une fidélité test-retest robuste. Sa validité de construit est étayée par des analyses factorielles confirmatoires et par une forte validité convergente et prédictive concernant l’apparition de troubles internalisés (anxiété, dépression) et externalisés (agressivité, délinquance juvénile), ainsi que la dégradation des performances scolaires. Cet instrument demeure une référence majeure en psychologie du développement, en épidémiologie sociale et en psychopathologie environnementale.
2. Mots-clés / Keywords
Stress urbain, Événements de vie stressants, Psychométrie, Violence communautaire, Enfants et adolescents, Milieu urbain défavorisé, Psychopathologie développementale, Tracas quotidiens, Transitions de vie, Évaluation psychologique, Vulnérabilité socio-économique, CDC Compendium.
3. Auteurs / Authors
L’échelle et ses adaptations successives sont l’œuvre de chercheurs de premier plan en psychologie clinique de l’enfant et en écologie du développement :
- Patrick H. Tolan, Ph.D. : Professeur au sein de la Curry School of Education et du Département de psychiatrie et des sciences neurocomportementales de l’Université de Virginie (University of Virginia, Charlottesville, VA, États-Unis). Ancien directeur du Center to Promote Effective Youth Development (Youth-Nex). Expert reconnu de l’exposition à la violence urbaine, du développement des conduites antisociales et des interventions préventives en milieu scolaire et communautaire. Courriel : [email protected].
- Nancy G. Guerra, Ed.D. : Professeure de psychologie clinique et des sciences du développement, ayant notamment exercé à l’Université de Californie à Riverside (UC Riverside) et à l’Université du Delaware (University of Delaware, Newark, DE, États-Unis). Spécialiste de la prévention de l’agressivité chez les enfants des quartiers urbains à haut risque. Courriel : [email protected].
- Beth K. Attar, Ph.D. : Chercheuse en psychologie clinique de l’enfant et en santé communautaire, Université de l’Illinois à Chicago (University of Illinois at Chicago – UIC, Chicago, IL, États-Unis). Ses travaux fondateurs se sont concentrés sur l’impact de la pauvreté et de la désorganisation sociale des quartiers sur l’adaptation scolaire et émotionnelle des élèves de l’école primaire.
- L. Miller & P. Thomas : Collaborateurs originaux à l’Université DePaul et à l’Université de l’Illinois à Chicago ayant contribué à la version princeps de 1988 évaluant les stresseurs sociaux chez les adolescents.
4. Objectif / Purpose
L’Échelle des événements de vie stressants en milieu urbain (SULES) a été conçue pour combler un vide méthodologique et théorique majeur dans la mesure du stress environnemental chez les jeunes. Historiquement, la recherche sur les événements de vie stressants reposait sur des inventaires dérivés des travaux de Holmes et Rahe (1967) ou du Coddington Life Events Record (1972). Cependant, ces outils traditionnels ont été critiqués pour leur biais de représentativité : ils ont été standardisés auprès de populations issues de la classe moyenne blanche et rurale ou suburbaine, sous-estimant considérablement la réalité quotidienne des jeunes vivant dans des contextes urbains marqués par la pauvreté, la ségrégation résidentielle et des taux élevés de criminalité.
L’objectif fondamental de la SULES est de fournir une évaluation écologique, objective et contextualisée des stress cumulatifs vécus par les enfants et adolescents résidant dans des zones métropolitaines défavorisées. L’échelle ne se focalise pas uniquement sur les événements cataclysmiques rares, mais capture un spectre varié d’adversités allant de l’instabilité familiale aux menaces vitales directes et indirectes. Elle permet ainsi d’évaluer :
- La présence de déstabilisations au sein du foyer (déménagements répétés, recomposition ou décomposition du ménage, surpopulation).
- L’impact des ruptures académiques et des sanctions disciplinaires (suspensions scolaires, difficultés d’apprentissage, changements fréquents d’école).
- L’exposition chronique et directe à la violence communautaire (témoignage de coups de feu, agressions de pairs ou d’inconnus, nécessité de se cacher pour survivre).
- Les pertes traumatiques et les deuils au sein de la famille élargie ou du réseau social.
Dans la recherche fondamentale, la SULES sert de variable indépendante ou modératrice dans les modèles étiologiques du stress toxique, de l’allostasie et de la psychopathologie développementale. Elle permet de disséquer les mécanismes par lesquels la pauvreté structurelle engendre des troubles internalisés (symptômes dépressifs, anxiété, retrait social) et externalisés (comportements perturbateurs, agression réactive ou proactive). En pratique clinique et scolaire, l’outil s’avère particulièrement utile pour les protocoles de dépistage précoce, aidant les psychologues scolaires, travailleurs sociaux et pédiatres à identifier les élèves subissant un cumul critique de stresseurs nécessitant un soutien ciblé ou des interventions basées sur les approches sensibles aux traumatismes (trauma-informed care).
5. Construit psychologique / Construct
La SULES opérationnalise le stress environnemental comme une constellation multidimensionnelle d’expériences perturbatrices concrètes survenues au cours des douze derniers mois. Plutôt que de postuler un facteur de stress uniforme, l’instrument capture cinq composantes conceptuelles distinctes mais interdépendantes :
1. Les Tracas quotidiens (Hassles – 5 items)
Cette sous-échelle s’inspire du paradigme de Lazarus et Folkman sur les microstresseurs chroniques de l’existence. En milieu urbain à faible revenu, les « tracas » ne se résument pas à des contrariétés mineures ; ils traduisent une tension continue qui pèse sur l’enfant au jour le jour. Cette dimension englobe à la fois des frictions avec les figures d’autorité scolaire (mauvaises notes, réprimandes de la direction) et des restrictions constantes imposées à la liberté de mouvement (peur de sortir jouer dehors en raison de la présence de gangs ou du trafic de drogue, proximité de fusillades, obligation de se terrer). Le score reflète la charge allostatique permanente imposée par un environnement de vie perçu comme hostile et imprévisible.
2. Les Transitions de vie (Life Transitions – 4 items)
Les transitions de vie représentent les fluctuations structurelles de l’écosystème immédiat de l’enfant. Dans les zones défavorisées, l’instabilité résidentielle et familiale est exacerbée par la précarité locative, le chômage et les réaménagements familiaux constants. Cette dimension quantifie les déménagements récents (item 4), l’arrivée d’un nouveau bébé (item 5), le départ d’un membre du foyer (item 6) et le changement d’établissement scolaire (item 12). De telles transitions brisent les liens d’attachement, rompent la continuité des apprentissages et forcent l’enfant à des efforts d’adaptation cognitive et socio-émotionnelle répétés sans filet de sécurité institutionnel.
3. Les Événements circonscrits (Circumscribed Events – 6 items)
Contrairement aux tracas continus, les événements circonscrits désignent des incidents discrets, ponctuels mais hautement perturbateurs, caractérisés par une magnitude émotionnelle aiguë. Cette sous-échelle comprend des événements de crise tels que l’exclusion temporaire de l’école (suspension, item 3), le décès d’un membre de la famille (item 7), la mort d’un ami ou d’un proche (item 8), l’hospitalisation ou la blessure grave d’un parent (item 9), ainsi que le fait d’apprendre ou de constater qu’une connaissance a été passée à tabac ou agressée (items 10 et 11). Ces événements ébranlent le sentiment de sécurité ontologique de l’enfant et constituent des facteurs précipitants bien documentés d’épisodes dépressifs majeurs.
4. L’Exposition à la violence (Violence – 5 items)
L’exposition à la violence communautaire représente le marqueur le plus critique des quartiers urbains à risque. Cette dimension évalue la victimisation indirecte et le statut de témoin oculaire de scènes de violence armée ou interpersonnelle. Les items ciblent le fait de savoir qu’une connaissance a été violemment blessée (item 10), d’avoir vu une personne se faire battre ou tirer dessus (item 11), d’avoir été à proximité de tirs d’armes à feu (item 13), d’avoir éprouvé la peur de sortir à cause des gangs (item 14) et d’avoir dû s’abriter physiquement pour échapper à des coups de feu (item 15). Cette dimension mesure un traumatisme environnemental susceptible de déréguler l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et d’induire des symptômes d’hypervigilance propres au trouble de stress post-traumatique (TSPT).
5. Les Problèmes scolaires (School Problems – 3 items)
La sphère académique constitue le théâtre principal du développement sociocognitif de l’enfant en dehors de sa famille. Les problèmes scolaires mesurés ici incluent les mauvaises notes sur le bulletin (item 1), les conflits avec le personnel éducatif et la direction (item 2) et l’exclusion formelle par suspension (item 3). Cette dimension capture à la fois la détresse causée par l’échec académique et la rupture progressive de l’alliance pédagogique, fréquemment corrélée à une trajectoire de décrochage scolaire et de déviance ultérieure.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La SULES s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie et de la sociologie contemporaines : le modèle écologique du développement humain, la théorie transactionnelle du stress et le cadre de la désorganisation sociale.
Le modèle écologique de Bronfenbrenner
L’architecture de la SULES repose fondamentalement sur le modèle bioécologique d’Urie Bronfenbrenner. Selon cette perspective, le développement individuel est façonné par des systèmes interactifs emboîtés : le microsystème (la famille, l’école), le mésosystème (les relations entre la famille et l’école) et l’exosystème (le quartier, l’environnement urbain élargi). La SULES traduit opérationnellement ces imbrications : un événement survenant dans l’exosystème (tirs de gangs dans la rue) perturbe le microsystème familial (les parents interdisent aux enfants de sortir) et le microsystème scolaire (l’enfant n’arrive pas à se concentrer en classe, menant à une sanction). Tolan et ses collègues ont modélisé la façon dont les pressions socio-écologiques distales s’infiltrent dans les processus proximaux pour compromettre les compétences socio-émotionnelles de l’enfant.
La théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation (Lazarus & Folkman)
La SULES intègre les concepts développés par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), distinguant les événements majeurs (life events) des tracas quotidiens (daily hassles). Les auteurs de la SULES ont démontré que dans les milieux urbains précaires, l’effet néfaste du stress n’est pas uniquement le résultat de chocs biographiques isolés, mais provient de l’accumulation incessante de micro-stresseurs chroniques. Ces tracas permanents épuisent les ressources d’adaptation (coping) des jeunes, entraînant un phénomène d’usure allostatique où les capacités de régulation affective sont continuellement submergées.
La théorie de la désorganisation sociale (Shaw & McKay, Sampson)
Au niveau macro-sociologique, l’échelle puise dans la théorie de la désorganisation sociale de l’École de Chicago (Shaw & McKay, 1942 ; Sampson & Groves, 1989). Cette approche postule que la pauvreté économique, l’hétérogénéité ethnique et la mobilité résidentielle élevée érodent l’efficacité collective d’un quartier, réduisant sa capacité à exercer un contrôle social informel. En conséquence, les enfants grandissant dans ces quartiers sont confrontés à des taux disproportionnés de violence armée, d’instabilité familiale et de désordres civiques. L’étude fondatrice d’Attar, Guerra et Tolan (1994) a spécifiquement validé l’hypothèse selon laquelle le désavantage du quartier influence l’adaptation psychologique de l’enfant principalement à travers la médiation des événements de vie stressants mesurés par la SULES.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la SULES a été rigoureusement démontrée à travers plusieurs décennies de recherches empiriques conduites auprès de cohortes d’élèves de l’école primaire et de collégiens/lycéens en milieu urbain.
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la cohérence théorique des intercorrélations entre les cinq sous-échelles et par leur capacité à refléter le degré réel d’adversité environnementale. Dans l’étude d’Attar et al. (1994), menée auprès d’un échantillon diversifié de 1 129 enfants scolarisés de la 2e à la 4e année à Chicago (comprenant des participants afro-américains, hispaniques et caucasiens), les scores à la SULES ont montré des différences significatives et attendues en fonction du niveau de désavantage économique du quartier mesuré par les données du recensement américain (U.S. Census). Les enfants résidant dans les secteurs les plus défavorisés présentaient des scores d’exposition globale, de violence et de tracas significativement plus élevés que leurs pairs des zones plus favorisées (p < 0,001).
Validité convergente et discriminante
La SULES démontre une excellente validité convergente avec d’autres mesures standardisées du stress et du traumatisme. Elle est corrélée positivement et significativement avec :
- Les mesures d’agressivité et de comportements perturbateurs rapportées par les enseignants et les pairs (évaluées via le Teacher Report Form d’Achenbach et la Peer Nomination Scale), avec des coefficients de corrélation oscillant entre r = 0,28 et r = 0,44 (p < 0,001).
- Les symptômes d’anxiété et de dépression auto-rapportés (évalués via la Children’s Depression Inventory – CDI), démontrant que l’exposition au stress urbain est liée aux troubles internalisés.
- Les mesures d’hypervigilance et de stress post-traumatique chez l’enfant.
La validité discriminante a été confirmée par l’absence de corrélation substantielle entre la SULES et des construits théoriquement indépendants tels que l’intelligence verbale générale (mesurée par des subtests du WISC) ou les compétences motrices, indiquant que l’échelle mesure spécifiquement le stress écologique et non un déficit cognitif ou développemental généralisé.
Validité prédictive
Les analyses de régression multiple et les modélisations en équations structurelles rapportées par Attar, Guerra et Tolan (1994) et Tolan et al. (1988) attestent de la valeur prédictive longitudinale de l’instrument. Une augmentation des scores aux sous-échelles Tracas et Violence prédit de manière prospective, sur un suivi d’un an, une détérioration de l’ajustement socio-émotionnel, une baisse de l’estime de soi, une hausse significative des conduites agressives et un déclin du rendement scolaire, même après contrôle statistique des niveaux d’adaptation de base et des caractéristiques sociodémographiques de la famille.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation des qualités métrologiques de la SULES a mis en évidence des niveaux de fidélité adéquats à élevés, compte tenu de la brièveté des sous-échelles et de la nature hétérogène des événements de vie.
Cohérence interne
Dans l’échantillon normatif d’Attar, Guerra et Tolan (1994, N = 1 129), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 15 items a été établi à α = 0,82. Pour les sous-échelles spécifiques, les indices de consistance interne se répartissent comme suit :
- Tracas (Hassles) : α = 0,76
- Transitions de vie (Life Transitions) : α = 0,72
- Événements circonscrits (Circumscribed Events) : α = 0,75
- Violence (Violence) : α = 0,81
- Problèmes scolaires (School Problems) : α = 0,74
Ces valeurs dépassent largement le seuil standard de 0,70 recommandé par Nunnally (1978) pour les instruments de recherche en sciences humaines.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été documentée sur un sous-échantillon d’élèves réévalués à un intervalle de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour l’échelle totale était de r = 0,84 (p < 0,001), et s’échelonnait entre 0,71 et 0,86 pour les différentes sous-échelles. Cette stabilité remarquable confirme que les déclarations des enfants concernant les stresseurs survenus au cours de l’année écoulée ne sont pas excessivement tributaires de fluctuations d’humeur passagères lors de la passation.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la SULES a été initialement explorée par Tolan, Miller et Thomas (1988) par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax), adaptée aux construits psychologiques supposés corrélés. Sur la version princeps de 23 items, les auteurs avaient isolé des facteurs distincts représentant les transitions de rôle, les micro-tracas et les traumatismes environnementaux.
Lors de la refonte psychométrique effectuée par Attar, Guerra et Tolan (1994), huit items ont été supprimés en raison de saturations factorielles croisées complexes, d’une faible communauté ou de redondances contextuelles, stabilisant l’instrument à 15 items. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites sur cette version à 15 items ont validé la pertinence d’un modèle multidimensionnel comprenant cinq facteurs de premier ordre corrélés :
| Sous-échelle / Facteur | Items constitutifs | Plage des saturations factorielles (λ) |
|---|---|---|
| Tracas (Hassles) | 1, 2, 13, 14, 15 | 0,51 à 0,73 |
| Transitions de vie (Life Transitions) | 4, 5, 6, 12 | 0,55 à 0,78 |
| Événements circonscrits (Circumscribed Events) | 3, 7, 8, 9, 10, 11 | 0,48 à 0,70 |
| Violence (Violence) | 10, 11, 13, 14, 15 | 0,62 à 0,84 |
| Problèmes scolaires (School Problems) | 1, 2, 3 | 0,64 à 0,81 |
Les indices d’ajustement du modèle multifactoriel confirmatoire étaient très satisfaisants : le rapport khi-carré/degrés de liberté (χ²/dl) était inférieur à 2,5, le Comparative Fit Index (CFI) dépassait 0,93, et le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) était de 0,048 (IC 90% [0,041 ; 0,056]). Il importe de souligner une particularité structurelle de la SULES : plusieurs items saturent de manière conceptuellement justifiée sur deux facteurs distincts (par exemple, l’item 3 appartient à la fois aux Problèmes scolaires et aux Événements circonscrits ; les items 13, 14 et 15 saturent à la fois sur la Violence et sur les Tracas). Ce recouvrement factoriel contrôlé reflète la nature polyédrique du stress écologique où l’exposition à la violence armée constitue simultanément un événement traumatique et une source d’usure quotidienne.
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques opérationnelles de passation et de cotation de l’instrument se déclinent ainsi :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire structuré (auto-évaluation) pouvant être administré en passation individuelle ou collective en classe. Pour les jeunes enfants (niveaux primaires), une administration assistée par lecture orale de chaque item par l’évaluateur est fortement recommandée pour pallier d’éventuelles disparités de lecture.
- Population cible : Enfants d’âge scolaire et adolescents, principalement de la 2e année du primaire à la fin du secondaire (environ 7 à 18 ans).
- Durée de passation : Entre 5 et 10 minutes.
- Période de référence temporelle : Les douze derniers mois (« During the last year » / « In the past year »).
- Nombre d’items : 15 items sous forme interrogative directe.
- Format de réponse : Échelle binaire dichotomique :
- Oui (Yes) = 1 point
- Non (No) = 0 point
- Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Calcul des sous-échelles : Pour chacune des cinq sous-échelles, le score est calculé en effectuant la somme des réponses affirmatives aux items qui la composent, puis en divisant ce total par le nombre d’items de la sous-échelle (calcul de la moyenne). Les scores varient ainsi de 0,00 à 1,00, où une valeur plus élevée traduit une exposition plus intense au type de stress considéré.
- Score total d’événements de vie : Le score composite global peut également être obtenu en sommant l’ensemble des 15 items (score allant de 0 à 15).
- Composition des sous-échelles :
- Tracas (Hassles) : Items 1, 2, 13, 14 et 15.
- Transitions de vie (Life Transitions) : Items 4, 5, 6 et 12.
- Événements circonscrits (Circumscribed Events) : Items 3, 7, 8, 9, 10 et 11.
- Violence (Violence) : Items 10, 11, 13, 14 et 15.
- Problèmes scolaires (School Problems) : Items 1, 2 et 3.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1988 (version originale à 23 items par Tolan, Miller & Thomas) ; 1994 (version validée à 15 items par Attar, Guerra & Tolan).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument est dans le domaine public à des fins académiques, cliniques et de recherche à but non lucratif. Il a été sélectionné et publié dans son intégralité par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans leur ouvrage de référence : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (pages 320-321).
- Tarification : Accès libre et gratuit (aucun coût de licence ni d’achat de matériel n’est exigé pour une utilisation scientifique ou scolaire). Toute exploitation commerciale demeure soumise à l’accord préalable des auteurs et des éditeurs des revues princeps.
12. Références / References
- Attar, B. K., Guerra, N. G., & Tolan, P. H. (1994). Neighborhood disadvantage, stressful life events, and adjustment in urban elementary-school children. Journal of Clinical Child Psychology, 23(4), 391-400. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp2304_6
- Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
- Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed.). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
- Holmes, T. H., & Rahe, R. H. (1967). The Social Readjustment Rating Scale. Journal of Psychosomatic Research, 11(2), 213-218. https://doi.org/10.1016/0022-3999(67)90010-4
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
- Sampson, R. J., & Groves, W. B. (1989). Community structure and crime: Testing social-disorganization theory. American Journal of Sociology, 94(4), 774-802. https://doi.org/10.1086/229068
- Shaw, C. R., & McKay, H. D. (1942). Juvenile delinquency and urban areas. University of Chicago Press.
- Tolan, P. H., Miller, L., & Thomas, P. (1988). Perception and experience of types of social stress and self-image among adolescents. Journal of Youth and Adolescence, 17(2), 147-163. https://doi.org/10.1007/BF01538724
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale: Yes = 1, No = 0
-
During the last year, did you get poor grades on your report card?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, have you gotten into trouble with a teacher or principal at school?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, did you get suspended from school?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, did your family move to a new home or apartment?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, has your family had a new baby come into the family?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, has anyone moved out of your home?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, did a family member die?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, did another close relative or friend die?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, has a family member become seriously ill, injured badly, and/or had to stay at the hospital?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, has someone else you know, other than a member of your family, gotten beaten, attacked or really hurt by others?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, have you seen anyone beaten, shot or really hurt by someone?
[ ] Yes [ ] No
-
In the past year, did you change where you went to school?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, have you seen or been around people shooting guns?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, have you been afraid to go outside and play, or have your parents made you stay inside because of gangs or drugs in your neighborhood?
[ ] Yes [ ] No
-
During the last year, have you had to hide someplace because of shootings in your neighborhood?
[ ] Yes [ ] No