Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (DBDRS)

L’Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (DBDRS) est un outil psychométrique de 42 items évaluant le TDAH, le TOP et le trouble des conduites chez l’enfant d’âge scolaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (en anglais, Disruptive Behaviour Disorder Rating Scale ou DBDRS) est un instrument psychométrique standardisé de dépistage et d’évaluation diagnostique conçu pour quantifier les manifestations comportementales externalisées chez l’enfant et l’adolescent d’âge scolaire (généralement de 5 à 15 ans). Développée initialement par William E. Pelham Jr. et ses collaborateurs au début des années 1990 dans le sillage de l’échelle SNAP (Swanson, Nolan, and Pelham), la DBDRS a été élaborée afin d’aligner l’évaluation clinique sur les critères nosographiques révisés du DSM-III-R, étendus ensuite au DSM-IV et au DSM-5.

L’instrument comprend 42 items opérationnalisant de manière exhaustive les symptômes des trois grands troubles du comportement perturbateur pédiatriques : le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH, subdivisé en inattention et hyperactivité/impulsivité), le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le trouble des conduites (TC). Chaque comportement est évalué par les parents ou les enseignants sur une échelle de type Likert à 4 points (allant de 0 = « Pas du tout » à 3 = « Énormément » / « Tout à fait »), avec une modalité supplémentaire « Ne sait pas » prévue pour les enseignants afin de prévenir les faux positifs.

Les propriétés psychométriques de la DBDRS attestent d’une cohérence interne exceptionnelle, les coefficients alpha de Cronbach atteignant respectivement 0,95 pour l’inattention et l’hyperactivité/impulsivité, 0,95 pour le trouble oppositionnel et 0,81 pour le trouble des conduites dans l’étude princeps menée auprès de 931 garçons. L’analyse factorielle met en évidence une structure tripartite ou quadripartite solide selon les populations. Utilisable selon une approche catégorielle (seuil de présence symptomatique) ou dimensionnelle (scores normatifs étalonnés), la DBDRS s’impose aujourd’hui au niveau international comme une mesure de référence accessible librement et adaptée transculturellement dans de multiples pays.

2. Mots-clés / Keywords

Troubles du comportement perturbateur, Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, TDAH, Trouble oppositionnel avec provocation, Trouble des conduites, DBDRS, Psychométrie pédiatrique, Évaluation comportementale scolaire, William Pelham, Échelle d’évaluation pour enseignants et parents.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan dans le domaine des troubles externalisés et du déficit de l’attention chez l’enfant :

  • William E. Pelham, Jr., Ph.D., ABPP : Professeur émérite et directeur du Center for Children and Families à la Florida International University (FIU) et précédemment à l’Université de Pittsburgh et à l’Université d’État de New York à Buffalo. Figure majeure de la recherche mondiale sur le TDAH et les interventions comportementales psychosociales.
  • Elizabeth M. Gnagy, M.S. : Chercheuse et coordinatrice de recherche clinique au Center for Children and Families, Florida International University, spécialiste des protocoles longitudinaux et des mesures d’évaluation scolaire des troubles du comportement.
  • Karen E. Greenslade, M.A. : Psychologue clinicienne et chercheuse associée, Université de Pittsburgh et Western Psychiatric Institute and Clinic, spécialiste de l’évaluation standardisée des psychopathologies de l’enfant.
  • Richard Milich, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Kentucky, chercheur renommé dans l’investigation des interactions sociales, des fonctions exécutives et des déterminants psychopathologiques du TDAH et des troubles des conduites.

4. Objectif / Purpose

La Disruptive Behaviour Disorder Rating Scale (DBDRS) a pour vocation fondamentale de fournir une méthode d’évaluation standardisée, rapide, rigoureuse et écologiquement valide pour capturer les symptômes psychopathologiques externalisés de l’enfance en milieu scolaire et familial. Les troubles du comportement perturbateur représentent l’une des causes les plus courantes d’orientation vers les services de santé mentale pédiatrique et de pédopsychiatrie. Face aux limites des entretiens cliniques libres ou non structurés — souvent coûteux en temps et sujets aux biais de mémorisation ou d’interprétation —, la DBDRS opérationnalise les critères nosographiques officiels en unités de comportement observables au quotidien par les figures adultes tutélaires qui côtoient l’enfant de manière prolongée : les enseignants et les parents.

Historiquement, l’instrument s’est inscrit dans le prolongement direct de l’échelle SNAP (Swanson, Nolan, and Pelham Rating Scale), qui recensait les symptômes du déficit de l’attention selon le DSM-III. La révision nosographique opérée par le DSM-III-R ayant modifié la taxonomie du TDAH (en amalgamant temporairement inattention, impulsivité et hyperactivité dans une liste unifiée) et ayant formalisé plus nettement les distinctions entre trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et trouble des conduites (TC), les auteurs ont conçu la DBDRS pour refléter fidèlement ces évolutions conceptuelles. Contrairement aux outils focalisés exclusivement sur l’inattention, la DBDRS réunit au sein d’un même formulaire d’évaluation les trois grands troubles externalisés souvent comorbides.

Dans la pratique clinique, la DBDRS poursuit plusieurs objectifs majeurs :

  • Dépistage primaire et secondaire : Identifier rapidement les enfants à haut risque de TDAH, de TOP ou de TC dans les classes ordinaires ou lors de bilans de santé pédiatriques de première ligne.
  • Aide à la prise de décision diagnostique : Fournir au clinicien des informations semi-quantitatives et standardisées issues de deux contextes écologiques déterminants (l’école et le foyer), conformément aux réquisits de trans-situationnalité imposés par le DSM-5 pour le diagnostic de TDAH.
  • Mesure de la réponse thérapeutique (suivi d’efficacité) : Suivre avec précision l’évolution symptomatique au fil du temps sous l’effet d’une intervention pharmacologique (par exemple, un traitement psycho-stimulant par méthylphénidate), d’une thérapie cognitivo-comportementale ou d’un programme d’entraînement aux habiletés parentales.
  • Recherche translationnelle et épidémiologique : Permettre le recrutement de cohortes homogènes, la stratification d’échantillons cliniques et la comparabilité internationale des données empiriques sur les trajectoires développementales des comportements perturbateurs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique ciblé par la DBDRS relève du domaine des troubles externalisés de l’enfance, caractérisés par des conduites dysrégulées, non conformes aux attentes socioculturelles de l’environnement, et générant des conflits manifestes avec l’entourage (pairs, éducateurs, parents). L’échelle conceptualise ce domaine à travers quatre sous-échelles distinctes mais fortement corrélées :

1. Déficit de l’attention / Inattention (9 items)

Cette dimension capture l’incapacité de l’enfant à mobiliser, allouer et maintenir ses ressources attentionnelles sur des tâches cognitives ou scolaires ne procurant pas de renforcement immédiat. L’inattention se manifeste par une distractibilité élevée face aux stimuli périphériques, des fautes d’étourderie répétées, des difficultés à organiser son travail, des oublis fréquents dans la vie quotidienne et une réticence marquée face aux tâches exigeant un effort mental soutenu. Contrairement à un refus délibéré, l’inattention traduit un dysfonctionnement sous-jacent du contrôle exécutif et de l’inhibition des interférences cognitives.

2. Hyperactivité et Impulsivité (9 items)

Cette composante évalue la dysrégulation motrice et l’incapacité à différer une réponse comportementale ou verbale. L’enfant présente une agitation motrice continuelle (mouvements incessants des mains ou des pieds, incapacité à rester assis en classe), agit comme s’il était « monté sur un moteur », parle de manière excessive et éprouve des difficultés aiguës à attendre son tour ou à jouer tranquillement. L’impulsivité s’exprime également sur le plan social par l’interruption intempestive des conversations d’autrui ou l’empressement à donner des réponses avant la fin de l’énoncé d’une question.

3. Trouble oppositionnel avec provocation – TOP (8 items)

Le TOP représente un pattern persistant d’humeur colérique/irritable, de comportement querelleur/défiant et d’esprit vindicatif. Les items de la DBDRS ciblent des manifestations telles que la perte fréquente de sang-froid, la contestation active et systématique des directives émanant des figures d’autorité (enseignants, parents), le refus délibéré d’obtempérer aux règles établies, la propension à importuner autrui intentionnellement et la tendance à imputer ses propres erreurs ou manquements à des tiers.

4. Trouble des conduites – TC (16 items)

Le trouble des conduites constitue l’extrémité la plus sévère du spectre des comportements perturbateurs. Il renvoie à un ensemble récurrent et persistant de comportements transgressant gravement les droits fondamentaux d’autrui ainsi que les normes ou règles sociales prépondérantes pour la tranche d’âge considérée. La DBDRS explore les quatre grappes comportementales traditionnelles : les agressions envers des personnes ou des animaux (intimidation, bagarres physiques fréquentes, cruauté physique délibérée, usage d’armes), la destruction intentionnelle de biens (vandalisme, incendie volontaire), les fraudes ou vols caractérisés (effraction, mensonges pour manipuler ou escroquer, vol d’objets de valeur) et les violations graves des règlements (fugues nocturnes, absentéisme scolaire régulier avant l’âge de 13 ans).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La DBDRS s’enracine principalement dans la psychopathologie développementale et l’approche empirico-statistique de l’évaluation comportementale (dans la lignée des travaux de Thomas M. Achenbach et de Russell Barkley). Ce cadre théorique postule que les troubles psychopathologiques de l’enfance ne doivent pas être appréhendés comme des entités catégorielles statiques et purement qualitatives, mais plutôt comme des déviations extrêmes de dimensions comportementales continues normalement distribuées dans la population générale.

Sur le plan étiologique et fonctionnel, les modèles théoriques sous-jacents aux trois pathologies évaluées par la DBDRS se distinguent nettement :

  • Le modèle d’inhibition comportementale de Barkley : Dans la perspective développée par Russell A. Barkley, le TDAH découle d’un déficit primaire de l’inhibition comportementale, qui compromet secondairement le déploiement de quatre fonctions exécutives fondamentales (mémoire de travail non verbale, internalisation du discours, régulation de l’affect/motivation/éveil, et reconstitution/analyse). Les items d’inattention et d’hyperactivité de la DBDRS traduisent l’échec de ce système de frein exécutif dans des environnements faiblement stimulants ou fortement structurés.
  • La théorie des interactions coercitives de Patterson : Pour le trouble oppositionnel et le trouble des conduites, les travaux fondateurs de Gerald Patterson et du Social Learning Center de l’Oregon éclairent la genèse des conduites défiantes et agressives. Selon ce modèle, les comportements aversifs de l’enfant sont façonnés et renforcés positivement ou négativement au cours de séquences d’échanges coercitifs répétés avec les éducateurs. L’opposition et l’hostilité deviennent des stratégies fonctionnelles acquises pour échapper à des exigences ou contraindre l’environnement adulte à capituler.
  • Le modèle d’amplification développementale de Moffitt : La théorie taxonomique de Terrie Moffitt distingue les trajectoires de délinquance persistante tout au long de la vie (life-course-persistent) et celles limitées à l’adolescence. Les items du trouble des conduites de la DBDRS permettent d’objectiver l’apparition précoce de violations graves de règles dès la période de l’école primaire, ce qui constitue le marqueur pronostique le plus solide d’une trajectoire persistante et sévère.

La conception de la DBDRS repose ainsi sur une approche multi-informateurs indispensable : parce que le comportement de l’enfant varie fortement selon les paramètres du milieu (niveau de contingence des règles, densité de pairs, attentes de travail autonome), la convergence ou la divergence entre les évaluations de l’enseignant et des parents fournit des indices écologiques cruciaux sur la spécificité situationnelle des dysfonctionnements.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la DBDRS a fait l’objet d’études empiriques approfondies depuis sa publication originale par Pelham et ses collègues en 1992.

Validité de construit et structurelle

Dans l’échantillon d’étalonnage princeps comprenant 931 garçons issus de classes élémentaires ordinaires âgés de 5 à 14 ans, la validité de construit a été amplement corroborée. Les patterns de corrélation inter-échelles ont démontré que, bien que les comportements d’opposition et les symptômes de déficit de l’attention soient fréquemment associés dans les observations quotidiennes des enseignants, les facteurs sous-jacents demeurent empiriquement dissociables. De plus, l’analyse a révélé une covariance particulièrement étroite entre les symptômes d’opposition (TOP) et les formes non destructives ou verbales du trouble des conduites à l’école élémentaire.

Validité de critère et pouvoir prédictif

Les analyses de probabilités conditionnelles conduites par Pelham et al. (1992) ont mis en lumière des éléments diagnostiques cruciaux :

  • Valeur prédictive du TDAH : Alors que certains symptômes isolés d’inattention ou d’hyperactivité possèdent une spécificité modérée en raison de leur fréquence relative chez les jeunes garçons, la combinaison de symptômes issus simultanément des deux dimensions (inattention et hyperactivité/impulsivité) présente un pouvoir diagnostique et prédictif très élevé pour identifier le TDAH clinique.
  • Valeur prédictive du TOP : Les combinaisons de symptômes de la sous-échelle TOP manifestent une sensibilité et une spécificité diagnostiques exceptionnelles pour discriminer les enfants cliniquement référés des pairs tout-venant.
  • Spécificité contextuelle du trouble des conduites : L’étude princeps a révélé que les enseignants utilisaient fréquemment la case « Ne sait pas » pour les items relatifs au trouble des conduites (notamment les comportements furtifs, illégaux ou intrafamiliaux tels que les vols avec effraction, les fugues nocturnes ou l’usage de drogues), entraînant une baisse apparente du pouvoir prédictif de ces items en milieu scolaire. Ce constat valide la nécessité d’associer systématiquement la version parentale pour capter adéquatement le spectre complet du trouble des conduites.

Validité convergente, discriminante et transculturelle

La DBDRS a démontré une forte corrélation convergente avec d’autres questionnaires de référence, tels que l’inventaire CBCL et TRF d’Achenbach, ainsi que les échelles de Conners. Des travaux d’adaptation transculturelle conduits notamment au Pakistan (Loona & Kamal, 2011), en Géorgie (Bzhalava & Inasaridze, 2017) et au Nigeria (Ofovwe & Ofovwe, 2010) ont confirmé la robustesse transculturelle de l’outil, ses corrélations robustes avec les mesures de rendement académique et sa capacité à discriminer de manière fidèle les groupes cliniques des cohortes normatives.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la DBDRS a été examinée à travers des mesures de consistance interne et de stabilité temporelle (test-retest), attestant d’une précision de mesure remarquable pour un instrument de dépistage comportemental.

Cohérence interne

Dans l’étude princeps de Pelham et al. (1992), les coefficients alpha de Cronbach calculés sur les évaluations fournies par les enseignants pour l’échantillon de 931 garçons ont atteint des niveaux exceptionnels :

  • Sous-échelle Trouble du déficit de l’attention / Hyperactivité (TDAH) : α = 0,95, témoignant d’une très forte homogénéité des items opérationnalisant le spectre attentionnel et moteur.
  • Sous-échelle Trouble oppositionnel avec provocation (TOP) : α = 0,95, reflétant une excellente cohérence dans la capture des comportements de défi, de colère et de contestation.
  • Sous-échelle Trouble des conduites (TC) : α = 0,81. Bien que légèrement inférieur en raison de la rareté statistique de plusieurs comportements de délinquance sévère dans les classes ordinaires, ce coefficient reste très satisfaisant selon les standards psychométriques conventionnels (≥ 0,80).

Les études de réplication internationales ont systématiquement corroboré ces niveaux de cohérence interne. Par exemple, lors de la standardisation de l’outil au Pakistan par Loona et Kamal (2011), les indices alpha oscillaient entre 0,86 et 0,93 pour l’ensemble des dimensions adaptées en langue ourdoue.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest à court terme (intervalles de 2 à 4 semaines) démontre des coefficients de corrélation de Pearson variant généralement de 0,75 à 0,89 pour les sous-échelles TDAH et TOP. La stabilité s’avère plus modérée pour la sous-échelle TC chez les jeunes enfants scolaires, reflétant le caractère épisodique ou masqué de certaines transgressions majeures.

Accord inter-juges

Comme pour la majorité des échelles comportementales pédiatriques, la corrélation inter-juges entre parents et enseignants est modérée (typiquement comprise entre r = 0,35 et r = 0,55). Cette divergence relative n’invalide pas la fidélité de l’outil mais reflète la variabilité contextuelle fondamentale du comportement de l’enfant entre les contraintes structurées de la classe et la dynamique familiale domestique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La modélisation de la structure dimensionnelle de la DBDRS a constitué un apport théorique et psychométrique central dès les travaux fondateurs de Pelham et al. (1992).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Soumise à une analyse factorielle avec rotation oblique et varimax sur les évaluations d’enseignants portant sur 931 élèves, la matrice d’inter-corrélations des 42 items a fait émerger une solution claire à trois facteurs majeurs expliquant la majeure partie de la variance commune :

  • Facteur 1 — Opposition et conduites antisociales (TOP / TC) : Ce premier grand facteur regroupe la totalité des 8 items du trouble oppositionnel avec provocation ainsi que les items du trouble des conduites traduisant de l’hostilité, des altercations verbales ou de petites transgressions. Les saturations factorielles des items d’opposition sont très élevées, s’échelonnant pour la plupart entre 0,65 et 0,85.
  • Facteur 2 — Hyperactivité et Impulsivité motrice : Ce facteur capture l’ensemble des symptômes moteurs et verbaux d’hyperactivité et de manque d’inhibition (saturations factorielles comprises entre 0,60 et 0,82).
  • Facteur 3 — Inattention cognitive : Ce facteur rassemble spécifiquement les 9 items de distractibilité, d’oubli, de désorganisation et de perte de matériel scolaire, avec des saturations factorielles robustes situées entre 0,58 et 0,84.

Ce résultat princeps a apporté une caution empirique décisive à la distinction opérée ultérieurement par le DSM-IV et le DSM-5 entre la composante d’inattention et la composante d’hyperactivité/impulsivité au sein du TDAH, tout en confirmant la proximité phénoménologique étroite entre l’opposition et les formes précoces de conduites perturbatrices.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC) et modèles à quatre facteurs

Dans des études ultérieures et lors d’investigations cliniques combinant notations parentales et enseignantes, des modèles d’analyse factorielle confirmatoire ont testé l’adéquation d’un modèle à quatre facteurs corrélés (Inattention, Hyperactivité/Impulsivité, TOP et TC). Les indices d’ajustement (CFI > 0,92, RMSEA < 0,06) ont démontré qu’une séparation stricte entre TOP et TC devient particulièrement pertinente et statistiquement valide chez les préadolescents et adolescents, ou lorsque les évaluations parentales sont intégrées pour pallier le manque d’opportunités d’observation des comportements délictuels par les enseignants.

10. Instrument de mesure / Instrument

La DBDRS se présente sous la forme d’un protocole standardisé, disponible en version pour enseignants (Teacher Rating Scale) et en version pour parents (Parent Rating Scale).

Caractéristiques techniques

  • Type d’épreuve : Échelle d’hétéro-évaluation comportementale standardisée complétée par un adulte familier de l’enfant (enseignant titulaire ou parent/tuteur).
  • Population cible : Enfants et adolescents scolarisés, âgés de 5 à 15 ans (de la maternelle à la fin du collège).
  • Nombre d’items : 42 items comportementaux rédigés en phrases affirmatives simples, ordonnés de façon semi-aléatoire pour éviter les biais de complaisance ou de halo diagnostique :
    • Inattention : 9 items ;
    • Hyperactivité / Impulsivité : 9 items ;
    • Trouble oppositionnel avec provocation : 8 items ;
    • Trouble des conduites : 16 items.
  • Format et échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 4 points ancrée comme suit :
    • 0 = Not at all (Pas du tout)
    • 1 = Just a little (Un petit peu)
    • 2 = Pretty much (Beaucoup / Fréquemment)
    • 3 = Very much (Énormément / Très fréquemment)
    • Option complémentaire pour enseignants : case Don’t know (Ne sait pas / Non observé).
  • Temps d’administration : Environ 8 à 12 minutes par formulaire.
  • Modalités de cotation et d’interprétation :
    • Méthode catégorielle (comptage de symptômes selon le DSM) : Un symptôme est considéré comme cliniquement « présent » si l’item reçoit la note de 2 (« Beaucoup ») ou de 3 (« Énormément »). Le praticien compte le nombre de symptômes positifs par sous-échelle pour vérifier si les seuils diagnostiques opérationnels sont atteints (par exemple : au moins 6 symptômes sur 9 pour l’inattention ou l’hyperactivité selon le DSM-IV/DSM-5 ; au moins 4 symptômes sur 8 pour le TOP ; au moins 3 symptômes sur 16 pour le TC).
    • Méthode dimensionnelle (scores factoriels moyens) : Le score total brut de chaque dimension est obtenu en sommant les valeurs numériques des items correspondants, puis divisé par le nombre d’items complétés afin d’obtenir une note moyenne variant de 0 à 3. Ces scores sont ensuite comparés aux tables normatives par sexe et par tranche d’âge (avec seuils d’alerte clinique fixés typiquement au 90e ou 95e percentile).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1992 (par Pelham, Gnagy, Greenslade, & Milich dans le Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry).
  • Statut des droits et accessibilité : La DBDRS est un instrument du domaine public académique / instrument ouvert (open access clinical measure). Contrairement à de nombreuses batteries commerciales payantes, les auteurs ont expressément mis le formulaire d’évaluation et les critères de cotation à la disposition libre de la communauté scientifique et clinique internationale.
  • Tarifs et redevances : Gratuit (0,00 $ / 0,00 €). Aucune licence commerciale ni droit de reproduction payant n’est exigé pour un usage clinique individuel, institutionnel ou dans le cadre de recherches académiques non lucratives.
  • Modalités de téléchargement : L’outil et ses grilles de dépouillement sont librement téléchargeables sur divers référentiels cliniques universitaires reconnus, notamment le Center for School Mental Health de l’Université du Maryland (csmh.umaryland.edu) ainsi que sur les dépôts d’archives académiques des auteurs.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les publications de référence encadrant l’élaboration, la validation et les applications cliniques transculturelles de la DBDRS :

  • Bzhalava, V., & Inasaridze, K. (2017). Disruptive Behavior Disorder (DBD) Rating Scale for Georgian Population. arXiv preprint arXiv:1702.03409. https://arxiv.org/abs/1702.03409
  • Loona, M. I., & Kamal, A. (2011). Translation and adaptation of disruptive behaviour disorder rating scale. Pakistan Journal of Psychological Research, 26(2), 149-165. https://www.pjprnip.edu.pk/index.php/pjpr/article/view/298
  • Ofovwe, G. E., & Ofovwe, C. E. (2010). Disruptive Behaviour Disorder (DBD) Rating Scale for Attention Deficit/Hyperactivity Disorder: Normative Values and Percentile Charts for Nigerian Children Aged 6 to 15 Years. Nigerian Hospital Practice, 6(1-2), 11-17. https://www.ajol.info/index.php/nhp/article/view/67272
  • Pelham, W. E., Gnagy, E. M., Greenslade, K. E., & Milich, R. (1992). Teacher ratings of DSM-III-R symptoms for the disruptive behavior disorders. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 31(2), 210-218. https://doi.org/10.1097/00004583-199203000-00006
  • Swanson, J. M. (1992). School-based assessments and interventions for ADD students. K.C. Publishing.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to Rater (Teacher or Parent): Check the rating that best describes the child’s behavior over the past 6 months (or the current school year). Each item is rated on a 4-point scale: 0 = Not at all, 1 = Just a little, 2 = Pretty much, 3 = Very much. (For teachers, a ‘Don’t know’ column is also provided).

  1. Fails to give close attention to details or makes careless mistakes in schoolwork, work, or other activities
  2. Fidgets with hands or feet or squirms in seat
  3. Has difficulty sustaining attention in tasks or play activities
  4. Leaves seat in classroom or in other situations in which remaining seated is expected
  5. Does not seem to listen when spoken to directly
  6. Runs about or climbs excessively in situations in which it is inappropriate
  7. Does not follow through on instructions and fails to finish schoolwork, chores, or duties in the workplace
  8. Has difficulty playing or engaging in leisure activities quietly
  9. Has difficulty organizing tasks and activities
  10. Is « on the go » or often acts as if « driven by a motor »
  11. Avoids, dislikes, or is reluctant to engage in tasks that require sustained mental effort (such as schoolwork or homework)
  12. Talks excessively
  13. Loses things necessary for tasks or activities (e.g., toys, school assignments, pencils, books, or tools)
  14. Blurts out answers before questions have been completed
  15. Is easily distracted by extraneous stimuli
  16. Has difficulty awaiting turn
  17. Is forgetful in daily activities
  18. Interrupts or intrudes on others (e.g., butts into conversations or games)
  19. Loses temper
  20. Argues with adults
  21. Actively defies or refuses to comply with adults’ requests or rules
  22. Deliberately annoys people
  23. Blames others for his or her mistakes or misbehavior
  24. Is touchy or easily annoyed by others
  25. Is angry and resentful
  26. Is spiteful or vindictive
  27. Bullies, threatens, or intimidates others
  28. Initiates physical fights
  29. Has used a weapon that can cause serious physical harm to others (e.g., a bat, brick, broken bottle, knife, gun)
  30. Has been physically cruel to people
  31. Has been physically cruel to animals
  32. Has stolen while confronting a victim (e.g., mugging, purse snatching, extortion, armed robbery)
  33. Has forced someone into sexual activity
  34. Has deliberately engaged in fire setting with the intention of causing serious damage
  35. Has deliberately destroyed others’ property (other than by fire setting)
  36. Has broken into someone else’s house, building, or car
  37. Often lies to obtain goods or favors or to avoid obligations (i.e., « cons » others)
  38. Has stolen items of nontrivial value without confronting a victim (e.g., shoplifting, but without breaking and entering; forgery)
  39. Often stays out at night despite parental prohibitions, beginning before age 13 years
  40. Has run away from home overnight at least twice while living in parental or parental surrogate home (or once without returning for a lengthy period)
  41. Is often truant from school, beginning before age 13 years
  42. Shows a persistent pattern of aggressive and noncompliant behavior that disrupts the classroom or family setting
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (DBDRS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-troubles-comportement-perturbateur-dbdrs/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (DBDRS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-troubles-comportement-perturbateur-dbdrs/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation des troubles du comportement perturbateur (DBDRS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-troubles-comportement-perturbateur-dbdrs/.