Échelle d’évaluation de l’incapacité (DRS)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’évaluation de l’incapacité (Disability Rating Scale – DRS) de Maurice Rappaport, mesurant la trajectoire fonctionnelle des patients après un traumatisme crânien, du coma à la réinsertion communautaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation de l’incapacité (en anglais, Disability Rating Scale ou DRS), développée à l’origine par Maurice Rappaport et ses collaborateurs en 1982, constitue un instrument psychométrique et clinique de référence conçu pour mesurer et suivre l’évolution fonctionnelle globale des patients victimes d’un traumatisme crânien sévère (TCS) tout au long du continuum de prise en charge, depuis la phase de coma aigu jusqu’à la réinsertion socioprofessionnelle dans la communauté (« coma to community »). L’instrument se compose de 8 items regroupés au sein de quatre sous-échelles conceptuelles : (1) l’éveil, la conscience et la réactivité motrice/verbale (ouverture des yeux, communication, réponse motrice), (2) les capacités cognitives nécessaires aux soins personnels de base (alimentation, toilette intime, soins corporels/hygiène), (3) le niveau de dépendance globale envers autrui, et (4) l’adaptabilité psychosociale et l’employabilité.

Chaque item est coté sur une échelle ordinale allant de 0 (fonctionnement normal ou indépendant) à 3, 4 ou 5 selon les exigences de la tâche, générant un score composite total variant de 0 (absence totale de handicap / intégrité fonctionnelle) à 29 (état végétatif extrême) ou 30 (décès). Les scores sont standardisés en dix catégories diagnostiques et pronostiques distinctes (normal, léger, partiel, modéré, modérément sévère, sévère, extrêmement sévère, état végétatif, état végétatif extrême, décès). Sur le plan psychométrique, la DRS bénéficie d’une fidélité inter-évaluateurs exceptionnelle (coefficients de corrélation intraclasse et de concordance de Pearson excédant régulièrement r = 0,95), d’une consistance interne robuste (alpha de Cronbach généralement compris entre 0,88 et 0,94) et d’une remarquable validité prédictive documentée quant au pronostic d’indépendance, de reprise du travail et d’institutionnalisation à long terme. Sa structure a été validée par des analyses factorielles et des étalonnages probabilistes selon le modèle de Rasch, confirmant son statut d’outil universel en neuroréadaptation.

2. Mots-clés / Keywords

Disability Rating Scale, DRS, traumatisme crânien, évaluation fonctionnelle, réadaptation neurologique, coma, état végétatif, autonomie, employabilité, psychométrie, validité prédictive, modèle de Rasch, indépendance fonctionnelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par le Dr Maurice Rappaport, M.D., Ph.D., accompagné de ses collaborateurs K. M. Hall, K. Hopkins, T. Belleza et D. N. Cope, au sein de l’Unité de réadaptation des traumatismes crâniens du Santa Clara Valley Medical Center à San José (Californie, États-Unis), en association avec l’Université Stanford et les Traumatic Brain Injury Model Systems (TBIMS).

Maurice Rappaport était un pionnier de la réhabilitation neurologique et de la neurophysiologie clinique, ayant consacré une grande partie de sa carrière à l’étude des potentiels évoqués sensoriels et à la mesure de l’évolution fonctionnelle post-lésion cérébrale. Les travaux subséquents d’optimisation méthodologique et de standardisation d’entretiens structurés ont notamment été portés par Joseph F. Malec (Department of Physical Medicine and Rehabilitation, Mayo Clinic et Indiana University School of Medicine) et Flora M. Hammond (Indiana University School of Medicine).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Disability Rating Scale est de fournir une évaluation quantitative, continue, standardisée et sensible à l’évolution clinique des personnes ayant subi des lésions cérébrales acquises d’origine traumatique ou anoxique. Historiquement, l’évaluation des patients cérébrolésés souffrait d’une fragmentation méthodologique majeure : les cliniciens utilisaient en phase aiguë des outils neurologiques centrés sur le niveau de conscience, tels que l’Échelle de coma de Glasgow (Glasgow Coma Scale, GCS ; Teasdale & Jennett, 1974), puis basculaient en phase post-aiguë vers des échelles globales grossières comme la Glasgow Outcome Scale (GOS ; Jennett & Bond, 1975) ou vers des inventaires d’activités de la vie quotidienne comme l’indice de Barthel ou la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (FIM). Cette rupture d’instrumentation empêchait un suivi longitudinal cohérent le long du parcours de soins.

La DRS a été explicitement forgée pour résoudre cette discontinuité en reliant la réactivité neurosensorielle la plus primitive aux dimensions les plus complexes de l’intégration sociale et professionnelle. Elle poursuit plusieurs objectifs essentiels :

  • Le suivi longitudinal unifié : Elle permet de quantifier les progrès d’un individu dès les soins intensifs, en réanimation, lors du séjour en centre de rééducation fonctionnelle, et jusqu’au retour à domicile sur des horizons de 1, 5 ou 10 ans post-traumatisme.
  • La détection des changements fins : Contrairement à la GOS qui ne comporte que cinq catégories très larges (décès, état végétatif, handicap sévère, handicap modéré, bonne récupération), la DRS, avec son score continu de 0 à 29/30, présente une granularité métrique capable de capturer des gains fonctionnels discrets mais cliniquement déterminants.
  • L’orientation et la planification thérapeutique : En mettant en lumière la distinction entre l’incapacité motrice physique et l’incapacité d’origine cognitive (notamment dans les items d’hygiène et de repas), la DRS aide l’équipe pluridisciplinaire (médecins de médecine physique et de réadaptation, neuropsychologues, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, orthophonistes) à identifier si la dépendance découle d’un déficit moteur exécutif ou d’un déficit cognitif de planification.
  • L’évaluation médico-légale et la recherche translationnelle : Elle constitue un critère de jugement majeur (endpoint) dans les essais cliniques pharmacologiques et rééducatifs, validé internationalement pour apprécier l’efficacité des interventions neuroprotectrices ou réadaptatives.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et fonctionnel sous-jacent à la DRS repose sur une conceptualisation multidimensionnelle de la récupération neurologique et comportementale. L’échelle n’évalue pas un trait de personnalité ou un affect subjectif, mais l’efficience adaptative et l’indépendance fonctionnelle globale d’un individu dont le système nerveux central a été altéré. Ce construit s’articule autour de quatre dimensions fondamentales :

1. Éveil, conscience et réactivité (Arousability, Awareness and Responsivity)

Cette dimension initiale, dérivée conceptuellement des composantes de l’échelle de Glasgow, mesure l’intégrité des systèmes réticulaires activateurs ascendants et des connexions cortico-sous-corticales. Elle regroupe :

  • L’ouverture des yeux (Eye Opening) : Elle renseigne sur l’intégrité des mécanismes d’éveil végétatif (rythme veille/sommeil) et sur la réactivité aux stimuli verbaux ou nociceptifs.
  • La capacité de communication (Communication Ability) : Elle sonde l’orientation spatio-temporelle, la cohérence cognitive, l’organisation sémantique du langage et la pertinence pragmatique de l’échange.
  • La réponse motrice (Motor Response) : Elle évalue la capacité à exécuter des ordres simples ou, en leur absence, la nature des mouvements réflexes ou de retrait face à une stimulation douloureuse.

2. Capacité cognitive pour les activités de soins personnels (Cognitive Ability for Self-Care Activities)

Cette composante explore spécifiquement l’interface entre la cognition et les activités basiques de la vie quotidienne (AVQ). Elle évalue la capacité du patient à comprendre, initier, planifier et exécuter trois conduites fondamentales : l’alimentation (Feeding), l’utilisation des toilettes (Toileting) et l’hygiène personnelle/soins corporels (Grooming). Le point fondamental réside dans le fait que la DRS isole la composante cognitive de ces actes : l’évaluation ne pénalise pas un patient qui présente une hémiplégie motrice pure s’il possède la pleine conscience de la tâche, sait quand et comment elle doit être accomplie, et peut diriger verbalement un tiers pour la réaliser.

3. Niveau de fonctionnement et dépendance envers autrui (Dependence on Others)

Ce niveau intermédiaire examine la traduction de l’ensemble des déficits neurologiques, moteurs, cognitifs et comportementaux en termes de restriction globale d’autonomie dans l’environnement de vie. Il mesure le degré d’assistance humaine directe ou d’aménagements environnementaux spécialisés nécessaires pour garantir la survie, la sécurité et le bien-être du patient au quotidien.

4. Adaptabilité psychosociale et employabilité (Psychosocial Adaptability)

Sommet de la hiérarchie fonctionnelle, cette dimension opérationnalise la réinsertion communautaire productive. Elle dépasse le cadre du milieu hospitalier pour évaluer si l’individu possède les ressources cognitives, exécutives, affectives et comportementales requises pour tenir un emploi en milieu ordinaire compétitif, travailler dans un environnement protégé ou adapté, poursuivre des études académiques adaptées à son âge ou gérer de façon autonome les responsabilités complexes de la vie domestique et financière.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La DRS s’inscrit au carrefour de la neuropsychologie clinique, de la médecine de rééducation et des modèles internationaux de la santé développés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le cadre théorique fondateur de Rappaport et al. (1982) s’aligne directement sur la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH de Wood, 1980), précurseur de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF de l’OMS, 2001).

Dans ce modèle conceptuel hiérarchisé :

  • La déficience (Impairment) : correspond aux altérations structurelles et physiologiques du système nerveux central consécutives au choc mécanique ou ischémique (lésions axonales diffuses, contusions corticales, perturbations de la connectivité synaptique). Ces atteintes sont mesurées par les items d’éveil, de langage et de motricité (Items 1 à 3).
  • L’incapacité / limitation d’activité (Disability / Activity Limitation) : reflète la réduction de la capacité à accomplir des gestes et des actes de la vie courante selon les normes humaines universelles. Elle est directement capturée par les capacités cognitives d’auto-soin et le niveau de fonctionnement global (Items 4 à 7).
  • Le désavantage / restriction de participation (Handicap / Participation Restriction) : découle de la confrontation entre l’individu porteur d’incapacités et son milieu social, matériel et économique. L’item d’employabilité (Item 8) mesure précisément cette restriction de participation dans les rôles sociaux majeurs.

En outre, la DRS s’appuie sur la théorie de la réorganisation neurofonctionnelle et de la neuroplasticité post-lésionnelle. La récupération après un traumatisme crânien ne s’effectue pas de façon binaire mais selon une trajectoire temporelle continue où les réflexes primitifs et l’éveil sous-cortical précèdent la réémergence des fonctions exécutives préfrontales et de l’autorégulation socio-émotionnelle requises pour le retour au travail.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la DRS a fait l’objet de dizaines d’enquêtes empiriques indépendantes depuis sa publication originale.

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par la capacité de l’instrument à refléter avec précision les stades séquentiels de récupération neurologique décrits dans les échelles cognitives comportementales, notamment les niveaux de fonctionnement cognitif de Rancho Los Amigos (Rancho Los Amigos Cognitive Scale ou LCFS). Gouvier et al. (1987) ont documenté des corrélations de rang de Spearman remarquablement élevées (dépassant r = -0,85) entre les scores de la DRS et les stades de Rancho Los Amigos, confirmant que des scores DRS décroissants correspondent rigoureusement à une désorganisation cognitive moindre et à une intégration comportementale supérieure.

Validité convergente et concurrente

La DRS démontre une convergence robuste avec d’autres indices fonctionnels et neurologiques :

  • Elle est fortement corrélée avec la Functional Independence Measure (FIM), tant pour la FIM motrice (r = -0,75 à -0,88) que pour la FIM cognitive (r = -0,70 à -0,85).
  • Elle présente une corrélation négative marquée avec la Glasgow Outcome Scale (GOS et GOS-Extended), les coefficients oscillant généralement entre r = -0,78 et -0,89.
  • Rappaport et al. (1982, 1989) ont également mis en évidence des corrélations hautement significatives entre les scores à la DRS et des biomarqueurs neurophysiologiques objectifs, notamment les potentiels évoqués visuels (PEV), auditifs du tronc cérébral (PEATC) et somesthésiques (PES). Des altérations électrophysiologiques majeures étaient associées à des scores DRS élevés (handicap sévère ou état végétatif).

Validité prédictive

La validité pronostique de la DRS est l’une de ses forces les plus célébrées en médecine de rééducation :

  • Eliason et Topp (1984) ont démontré que les scores obtenus à l’admission en phase de soins aigus prédisaient significativement le statut fonctionnel et l’autonomie à la sortie de l’hôpital.
  • Les études multicentriques des TBI Model Systems (Hall et al., 1996, 2001) ont établi que les scores de DRS mesurés lors de l’admission et de la sortie de réadaptation constituent des prédicteurs indépendants majeurs de l’intégration communautaire (évaluée par le CIQ – Community Integration Questionnaire) et du retour à l’emploi compétitif à 1, 2 et 5 ans.

Validité discriminante

L’échelle discrimine de façon nette les patients en état de conscience minimale (ECM/MCS) de ceux en état végétatif / syndrome d’éveil non-répondant (UWS), ainsi que les patients capables de vivre seuls sans supervision de ceux nécessitant une présence humaine 24h/24.

8. Fidélité / Reliability

Les études d’évaluation de la fidélité de la DRS rapportent des qualités métriques exceptionnelles, tant pour les passations en milieu hospitalier fermé que dans le cadre d’évaluations téléphoniques ou d’entretiens familiaux structurés.

Fidélité inter-évaluateurs

Dans la cohorte princeps de Rappaport et al. (1982), impliquant des évaluations conjointes indépendantes menées par des médecins, des infirmiers et des thérapeutes, le coefficient de corrélation de Pearson inter-juges atteignait r = 0,97 à 0,98. Gouvier et al. (1987) ont répliqué ces résultats en obtenant un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) global de 0,95 entre évaluateurs entraînés. Les items individuels présentaient tous des accords satisfaisants, les items d’éveil et de soins personnels affichant les taux de concordance les plus élevés (kappas de Cohen pondérés souvent supérieurs à 0,85).

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle sur des intervalles courts (où aucune modification neurologique substantielle n’est attendue, par exemple 24 à 48 heures) montre des coefficients de fidélité test-retest stables, généralement situés entre r = 0,92 et 0,96. Chez les patients en phase chronique stabilisée (plus d’un an post-traumatisme), la fidélité test-retest à un mois d’intervalle demeure supérieure à 0,90.

Consistance interne

Bien que la DRS explore des registres allant du réflexe oculaire au travail en entreprise, la cohérence interne globale demeure très élevée. Le coefficient alpha de Cronbach oscille selon les cohortes entre 0,88 et 0,94, traduisant une forte redondance positive harmonieuse le long du continuum sans saturation excessive d’un sous-domaine particulier.

Amélioration par l’entretien structuré

Afin de limiter les variations d’interprétation lors des évaluations ambulatoires ou téléphoniques, Malec, Hammond et al. (2012) ont développé un protocole d’entretien standardisé (DRS Structured Interview). L’application de ce protocole a permis de réduire l’erreur de mesure type (SEM) et d’élever l’accord inter-examinateurs à des coefficients ICC > 0,98, y compris lorsque l’information provient d’un aidant familial ou d’un proche mandataire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la DRS a suscité d’importants travaux en psychométrie contemporaine, notamment par le recours conjoint à l’analyse factorielle exploratoire (AFE), à l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) et aux modèles probabilistes de la théorie des réponses aux items (TRI / modèle de Rasch).

Structure factorielle

Les analyses factorielles factorisent classiquement l’instrument selon deux ou trois composantes principales corrélées, dépendantes de la sévérité moyenne de l’échantillon clinique :

  • Facteur 1 : Indépendance adaptative et fonctionnement complexe (AVQ / Psycho-social) : Ce facteur regroupe les items de dépendance globale (Item 7), d’employabilité (Item 8) et les trois items d’auto-soin cognitif (Items 4, 5, 6). Il explique la majorité de la variance chez les patients en phase post-aiguë et ambulatoire, avec des saturations factorielles très fortes (> 0,75).
  • Facteur 2 : Réactivité neuro-végétative et conscience (Arousal / Communication) : Dominé par l’ouverture des yeux (Item 1), la communication (Item 2) et la motricité (Item 3). Ce facteur capture l’essentiel de la variance clinique en réanimation et lors de la sortie de coma, avec des saturations supérieures à 0,80.

Dans les modèles unifactoriels hiérarchiques de second ordre, l’ensemble des 8 items s’ordonne de façon cohérente le long d’un méta-facteur général d’« Incapacité fonctionnelle globale », ce qui légitime l’usage clinique universel du score composite total unique sommé de 0 à 29.

Calibration selon le modèle de Rasch

Les analyses de Rasch (Wright et al., 2000) ont apporté des éclairages cruciaux sur les propriétés métriques de l’échelle. Elles ont démontré que la DRS présente un bon ajustement au modèle univarié (statistiques infit et outfit comprises entre 0,7 et 1,3 pour la quasi-totalité des items). Plus encore, l’analyse de Rasch confirme la hiérarchie développementale et rééducative théorique :

  • Les items les « plus faciles » (les premiers à être récupérés lors de la sortie de coma) sont l’ouverture des yeux et la réponse motrice de retrait/localisation.
  • Les items de difficulté intermédiaire concernent l’alimentation, la communication cohérente et l’hygiène personnelle.
  • Les items les « plus difficiles » (les derniers à atteindre une cotation de 0 lors de la récupération) sont le niveau d’indépendance de vie sans supervision et l’employabilité en milieu compétitif standard.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’une grille d’évaluation clinique et observationnelle complétée par un professionnel de santé qualifié ou via un entretien structuré auprès du patient et de son aidant principal.

  • Nature de l’évaluation : Hétéro-évaluation clinique composite, observationnelle et anamnestique.
  • Durée d’administration : Environ 5 à 15 minutes chez un clinicien familier avec l’outil et le patient.
  • Nombre total d’items : 8 items répartis en 4 domaines fonctionnels.
  • Échelle de réponse : Items 1–3 (Arousability, Awareness, and Responsiveness): rated 0 to 3 (Item 1: 0=Spontaneous, 1=To speech/sensory stimulation, 2=To pain, 3=None), 0 to 4 (Item 2: 0=Oriented, 1=Confused, 2=Inappropriate, 3=Incomprehensible, 4=None), and 0 to 5 (Item 3: 0=Obeying, 1=Localizing, 2=Withdrawing, 3=Flexing, 4=Extending, 5=None). Items 4–6 (Cognitive Ability for Self-Care Activities – Feeding, Toileting, Grooming): rated 0 to 3 (0=Complete, 1=Partial, 2=Minimal, 3=None). Item 7 (Dependence on Others / Level of Functioning): rated 0 to 5 (0=Completely independent, 1=Independent in special environment, 2=Mildly dependent, 3=Moderately dependent, 4=Markedly dependent, 5=Totally dependent). Item 8 (Psychosocial Adaptability / Employability): rated 0 to 3 (0=Not restricted / fully employable, 1=Selected jobs / partially employable, 2=Sheltered workshop / non-competitive, 3=Not employable).
  • Calcul du score total : Le score total correspond à la somme arithmétique directe des 8 items. Il s’étend de 0 (absence d’incapacité) à 29 (état végétatif extrême) ou 30 (décès).
  • Interprétation des seuils de gravité clinique :
    • 0 : Normal (absence de handicap décelable)
    • 1 : Handicap léger (Mild disability)
    • 2 à 3,5 : Handicap partiel (Partial disability)
    • 4 à 6 : Handicap modéré (Moderate disability)
    • 7 à 11 : Handicap modérément sévère (Moderately severe disability)
    • 12 à 16 : Handicap sévère (Severe disability)
    • 17 à 21 : Handicap extrêmement sévère (Extremely severe disability)
    • 22 à 24 : État végétatif (Vegetative state)
    • 25 à 29 : État végétatif extrême (Extreme vegetative state)
    • 30 : Décès (Death)

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La DRS a été initialement publiée en 1982 par Maurice Rappaport et son équipe. Conformément aux volontés de ses auteurs et au soutien du National Institute on Disability, Independent Living, and Rehabilitation Research (NIDILRR), la DRS est un instrument tombé dans le domaine public (Open Access / Libre de droits à des fins cliniques et de recherche non commerciales).

L’échelle officielle, son manuel de cotation détaillé, ainsi que le formulaire d’entretien structuré sont librement accessibles et téléchargeables sans frais d’acquisition via le Center for Outcome Measurement in Brain Injury (COMBI). Aucune redevance financière ni certification payante n’est exigée pour son utilisation dans les hôpitaux ou les protocoles de recherche académiques, bien que le respect scrupuleux des critères originaux de cotation soit requis pour assurer la comparabilité scientifique des données.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la Disability Rating Scale comprennent notamment :

  • Eliason, M. R., & Topp, B. W. (1984). Predictive validity of Rappaport’s Disability Rating Scale in subjects with acute brain dysfunction. Physical Therapy, 64(9), 1357–1360. https://doi.org/10.1093/ptj/64.9.1357
  • Gouvier, W. D., Blanton, P. D., Laporte, K. K., & Neal, C. (1987). Reliability and validity of the Disability Rating Scale and the Levels of Cognitive Functioning Scale in monitoring recovery from severe head injury. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 68(2), 94–97.
  • Hall, K. M., Bushnik, T., Lakisic-Kazazic, B., Wright, J., & Cantagallo, A. (2001). Assessing traumatic brain injury outcome measures for long-term follow-up: A review of the Disability Rating Scale, the Community Integration Questionnaire, and the Craig Handicap Assessment and Reporting Technique. NeuroRehabilitation, 16(4), 209–218.
  • Hall, K. M., Hamilton, B. B., Gordon, W. A., & Zasler, N. D. (1996). Characteristics and comparisons of functional assessment indices: Disability Rating Scale, Functional Independence Measure, and Modified Barthel Index. Journal of Head Trauma Rehabilitation, 8(2), 60–74.
  • Jennett, B., & Bond, M. (1975). Assessment of outcome after severe brain damage: A practical scale. The Lancet, 305(7905), 480–484. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(75)92830-5
  • Malec, J. F., Hammond, F. M., Giacino, J. T., Whyte, J., & Wright, J. (2012). Structured interview to improve the reliability and psychometric integrity of the Disability Rating Scale. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 93(9), 1603–1608. https://doi.org/10.1016/j.apmr.2012.03.032
  • Nichol, A. D., Higgins, A. M., Gabbe, B. J., Murray, L. J., Cooper, D. J., & Cameron, P. A. (2011). Measuring functional and quality of life outcomes following major head injury: Common scales and checklists. Injury, 42(3), 281–287. https://doi.org/10.1016/j.injury.2010.11.047
  • Rappaport, M., Hall, K. M., Hopkins, K., Belleza, T., & Cope, D. N. (1982). Disability rating scale for severe head trauma patients: Coma to community. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 63(3), 118–123.
  • Rappaport, M., Herrero-Backe, C., Rappaport, M. L., & Winterfield, K. M. (1989). Head injury outcome up to ten years later. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 70(13), 885–892.
  • Shukla, D., Devi, B. I., & Agrawal, A. (2011). Outcome measures for traumatic brain injury. Clinical Neurology and Neurosurgery, 113(6), 435–441. https://doi.org/10.1016/j.clineuro.2011.02.013
  • Teasdale, G., & Jennett, B. (1974). Assessment of coma and impaired consciousness: A practical scale. The Lancet, 304(7872), 81–84. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(74)91639-0
  • Wright, J., Bushnik, T., & O’Hare, P. (2000). The Disability Rating Scale: Rasch analysis with a traumatic brain injury rehabilitation sample. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 81(9), 1279.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Rate the patient across the 8 functional categories based on observation, clinical examination, and reliable informant report, reflecting current level of disability from coma to community reintegration.
Response Scale: Items 1–3 (Arousability, Awareness, and Responsiveness): rated 0 to 3 (Item 1: 0=Spontaneous, 1=To speech/sensory stimulation, 2=To pain, 3=None), 0 to 4 (Item 2: 0=Oriented, 1=Confused, 2=Inappropriate, 3=Incomprehensible, 4=None), and 0 to 5 (Item 3: 0=Obeying, 1=Localizing, 2=Withdrawing, 3=Flexing, 4=Extending, 5=None). Items 4–6 (Cognitive Ability for Self-Care Activities – Feeding, Toileting, Grooming): rated 0 to 3 (0=Complete, 1=Partial, 2=Minimal, 3=None). Item 7 (Dependence on Others / Level of Functioning): rated 0 to 5 (0=Completely independent, 1=Independent in special environment, 2=Mildly dependent, 3=Moderately dependent, 4=Markedly dependent, 5=Totally dependent). Item 8 (Psychosocial Adaptability / Employability): rated 0 to 3 (0=Not restricted / fully employable, 1=Selected jobs / partially employable, 2=Sheltered workshop / non-competitive, 3=Not employable).
Scoring / Reverse Items: Total score is calculated by summing the ratings across all 8 items. Scores range from 0 (no disability) to 29 (extreme vegetative state / maximum disability) or 30 (death).
1

Eye Opening (Arousability, Awareness and Responsivity)
2

Communication Ability (Verbal or Gesture / Best Verbal Response)
3

Motor Response (Best Motor Response)
4

Cognitive Ability for Feeding
5

Cognitive Ability for Toileting
6

Cognitive Ability for Grooming
7

Level of Functioning (Dependence on Others / Physical and Cognitive)
8

Employability (Psychosocial Adaptability)
★

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Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle d’évaluation de l’incapacité (DRS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-incapacite-drs/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de l’incapacité (DRS).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-incapacite-drs/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de l’incapacité (DRS).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-evaluation-incapacite-drs/.