1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’évaluation de la dépression de Carroll (Carroll Rating Scale for Depression, ou CRS) est un instrument psychométrique auto-administré conçu par Bernard J. Carroll et ses collaborateurs au début des années 1980 à l’Université du Michigan. Développée dans l’objectif explicite de fournir un équivalent fidèle en auto-évaluation à l’échelle hétéro-évaluée de référence qu’est l’échelle de dépression de Hamilton (Hamilton Rating Scale for Depression, HRSD ou HAMD à 17 items), la CRS est composée de 52 items à choix dichotomique (« Oui » ou « Non »). Cet outil évalue l’ensemble des constellations symptomatiques de la dépression majeure unipolaire et bipolaire, couvrant précisément 17 composantes cliniques : humeur dépressive, culpabilité, idéation suicidaire, insomnie initiale, médiane et terminale, répercussions sur le travail et les intérêts, ralentissement psychomoteur, agitation motrice, anxiété psychique, anxiété somatique, symptômes gastro-intestinaux, symptômes somatiques généraux, altération de la libido, préoccupations hypocondriaques, perte pondérale et perte de conscience du trouble (insight).
Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,87 et 0,92 selon les populations cliniques hospitalières et ambulatoires. Les études de validité concourante indiquent une corrélation linéaire exceptionnellement élevée avec l’échelle de Hamilton (coefficients de Pearson $r$ compris entre 0,80 et 0,87), confirmant sa capacité à appréhender la sévérité globale de l’épisode dépressif tout en réduisant considérablement la durée de passation et la charge professionnelle requise par l’évaluation hétéro-rapportée. La CRS est devenue un instrument classique en psychiatrie biologique, en recherche pharmacologique et en épidémiologie clinique, offrant une passerelle standardisée entre le ressenti subjectif du patient et l’observation sémiologique standardisée du clinicien.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de Carroll, dépression, psychométrie, auto-évaluation, Hamilton Rating Scale for Depression, mélancolie, validité concourante, fidélité test-retest, sémiologie psychiatrique, troubles de l’humeur.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée par une équipe multidisciplinaire de psychiatres, de biostatisticiens et de chercheurs en neurosciences cliniques du Mental Health Research Institute et du Département de Psychiatrie du Centre Médical de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) :
- Bernard J. Carroll, M.D., Ph.D. : Psychiatre et neurobiologiste, pionnier des biomarqueurs en psychiatrie (notamment le test de suppression à la dexaméthasone), ancien directeur du Duke University Medical Center Department of Psychiatry et du Pacific Behavioral Research Foundation.
- Michael Feinberg, M.D., Ph.D. : Psychiatre clinicien et chercheur affilié au Department of Psychiatry, University of Michigan Medical Center.
- Peter E. Smouse, Ph.D. : Biostatisticien et généticien quantitatif, Department of Human Genetics, University of Michigan.
- Susan G. Rawson, M.S. : Collaboratrice de recherche en psychométrie clinique, Mental Health Research Institute, University of Michigan.
- John F. Greden, M.D. : Psychiatre, professeur émérite et directeur de recherche en neurobiologie des troubles affectifs au University of Michigan Depression Center.
4. Objectif / Purpose
L’objectif principal de la Carroll Rating Scale for Depression (CRS) est de combler un fossé méthodologique historique au sein de l’évaluation sémiologique de la dépression. Dès les années 1960, l’échelle de Hamilton (HRSD) s’est imposée à l’échelle internationale comme le critère de référence (« gold standard ») pour mesurer la sévérité de la dépression dans les essais cliniques pharmacologiques. Néanmoins, la passation de la HRSD requiert un clinicien chevronné, une entrevue semi-structurée approfondie d’une durée minimale de 30 à 45 minutes et un entraînement rigoureux pour maintenir une fidélité inter-évaluateurs acceptable. De plus, les échelles auto-administrées disponibles à l’époque, comme l’inventaire de dépression de Beck (Beck Depression Inventory, BDI) ou l’échelle de Zung (SDS), reposaient sur des conceptualisations théoriques différentes : le BDI surpondérait les distorsions cognitives et les dimensions affectives, omettant une grande part des symptômes neurovégétatifs et somatiques centraux dans la mélancolie biologique évaluée par la HRSD.
Carroll et ses collègues ont cherché à concevoir une échelle auto-évaluée qui opère une transposition exacte des 17 domaines cliniques de la HRSD originale. Les objectifs spécifiques de l’instrument sont multiples :
- Économie de temps et faisabilité clinique : Permettre aux patients d’auto-évaluer l’ensemble des dimensions hamiltoniennes en moins de 10 à 15 minutes, libérant du temps d’entretien direct pour le médecin ou le psychologue clinicien.
- Harmonisation de la recherche biomédicale : Offrir aux protocoles de recherche en neuroendocrinologie (tels que les études sur l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le test à la dexaméthasone) une mesure standardisée de la sévérité symptomatique corrélable directement avec les bases de données historiques de la HRSD.
- Suivi longitudinal des trajectoires thérapeutiques : Faciliter le monitoring répété des réponses thérapeutiques aux antidépresseurs tricycliques, aux ISRS ou aux thérapies sismothérapiques, en diminuant le biais d’attente ou la variabilité inter-juges propre aux cliniciens évaluateurs.
- Détection précoce en pratique médicale générale : Dépister les épisodes dépressifs caractérisés chez des patients consultants en ambulatoire ou en médecine interne, où la symptomatologie somatique (asthénie, troubles du sommeil, plaintes digestives) masque fréquemment la souffrance affective primaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par la CRS est la sévérité globale du syndrome dépressif majeur, conceptualisé comme une pathologie multisystémique affectant la régulation de l’humeur, les fonctions cognitives, le comportement psychomoteur et l’homéostasie neurovégétative. Contrairement aux approches purement cognitives, la CRS postule que la dépression implique une constellation intriquée de 17 sous-construits cliniques correspondant terme à terme aux items de l’échelle hétéro-évaluée de Hamilton :
1. Humeur dépressive (Items 16, 32, 34, 48)
Cette dimension évalue le noyau affectif central du trouble : la tristesse pathologique, le désespoir quant à l’avenir, la perte de vitalité psychique et la tendance aux pleurs (ex. item 16 : « I am miserable or often feel like crying » ; item 48 : « There is only misery in the future for me »).
2. Culpabilité et auto-dépréciation (Items 14, 20, 24, 44)
Mesure les sentiments d’indignité, le remords excessif ou inapproprié, l’impression d’avoir failli ou de mériter une punition pour des fautes passées (ex. item 14 : « I am being punished for something bad in my past » ; item 20 : « I feel worthless and ashamed about myself »).
3. Idéation suicidaire (Items 12, 17, 29, 46)
Explore le spectre de la létalité psychique, depuis le dégoût passif de l’existence et le souhait de mort jusqu’aux pensées actives de suicide (ex. item 12 : « Dying is the best solution for me » ; item 46 : « I have been thinking about trying to kill myself »).
4. Insomnie initiale (Items 9, 22)
Quantifie les difficultés d’endormissement, la latence accrue du sommeil excédant une demi-heure et l’agitation au coucher (ex. item 9 : « Getting to sleep takes me more than half an hour »).
5. Insomnie médiane (Items 19, 27)
Évalue la fragmentation du sommeil, les réveils nocturnes multiples et la sensation d’un sommeil agité ou non réparateur (ex. item 19 : « I wake up often in the middle of the night »).
6. Insomnie terminale / tardive (Items 11, 35)
Appréhende le réveil matinal précoce involontaire, symptôme cardinal de la dépression endogène ou mélancolique, survenant bien avant l’heure habituelle sans possibilité de se rendormir (ex. item 11 : « I wake up much earlier than I need to in the morning »).
7. Travail et activités (Items 3, 7, 25, 42)
Mesure la perte d’intérêt (anhédonie), l’incapacité à maintenir l’efficacité professionnelle ou domestique et l’abandon des loisirs et de la sociabilité (ex. item 3 : « I have dropped many of my interests and activities »).
8. Ralentissement psychomoteur (Items 21, 28, 30, 47)
Explore l’inhibition motrice, le ralentissement idéique, la pauvreté expressive vocale et les difficultés extrêmes à initier les gestes du quotidien (ex. item 30 : « My voice is dull and lifeless » ; item 21 : « I am so slowed down that I need help with bathing and dressing »).
9. Agitation motrice (Items 6, 10, 37, 43)
Reflète l’incapacité à rester en place, la fébrilité motrice, le besoin irrépressible de faire les cent pas et la tension corporelle extériorisée (ex. item 10 : « I am restless and fidgety » ; item 37 : « I have to keep pacing around most of the time »).
10. Anxiété psychique (Items 8, 23, 31, 38)
Évalue la tension émotionnelle subjective, les peurs irrationnelles diffuses, l’irritabilité et le sentiment d’effroi ou de panique imminente (ex. item 23 : « Much of the time I am very afraid but don’t know the reason » ; item 38 : « I am terrified and near panic »).
11. Anxiété somatique (Items 13, 18, 33, 41)
Traduit les corrélats physiologiques neurovégétatifs de l’anxiété : palpitations, tachycardie, tremblements visibles des extrémités, sensations vertigineuses et lipothymiques (ex. item 33 : « My heart sometimes beats faster than usual » ; item 41 : « My hands shake so much that people can easily notice »).
12. Symptômes somatiques gastro-intestinaux (Items 36, 50)
Appréhende l’inappétence, l’absence de plaisir alimentaire, la constipation et la nécessité de se forcer à ingérer des aliments (ex. item 50 : « I have to force myself to eat even a little »).
13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)
14. Libido et sexualité (Items 4, 15)
Évalue la baisse ou la perte intégrale du désir sexuel survenue depuis le début de l’épisode (ex. item 4 : « Since my illness I have completely lost interest in sex »).
15. Hypocondrie et préoccupations corporelles (Items 5, 39, 45, 49)
Mesure la focalisation excessive sur le fonctionnement somatique, la conviction d’une maladie organique destructrice ou les idées délirantes corporelles de type cénesthésique (ex. item 39 : « My body is bad and rotten inside » ; item 45 : « My trouble is the result of some serious internal disease »).
16. Perte de poids (Items 2, 52)
Quantifie l’amaigrissement objectif constaté par le patient au cours de l’épisode morbide (ex. item 52 : « I can tell that I have lost a lot of weight »).
17. Perte d’insight / Conscience morbide (Items 26, 40)
Reflète la méconnaissance du caractère psychiatrique ou dépressif de l’état, attribuant par exemple l’état morbide à de simples facteurs météorologiques ou à un besoin anodin de repos (ex. item 40 : « I got sick because of the bad weather we have been having » ; item 26 : « All I need is a good rest to be perfectly well again »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de la CRS s’ancre dans le modèle biomédical et nosographique de la psychiatrie nord-américaine et européenne de la fin des années 1970, période charnière marquée par la transition vers le DSM-III (1980) et la formalisation des critères diagnostiques de recherche (RDC – Research Diagnostic Criteria de Spitzer, Endicott et Robins). Ce courant défendait une conception de la dépression majeure comme une entité clinique syndromique hétérogène, au sein de laquelle la « dépression endogène » ou « mélancolie » constitue un sous-type neurobiologique distinct.
Max Hamilton avait développé en 1960 son échelle hétéro-évaluée dans une perspective résolument empirique et somatique, destinée principalement aux patients hospitalisés pour dépression sévère. Pour Hamilton, le noyau dépressif était indissociable de dérégulations psychophysiologiques profondes touchant les rythmes circadiens (insomnie du petit matin), le métabolisme énergétique (anorexie, perte de poids) et la motricité centrale (inhibition ou agitation). Carroll, éminent neurobiologiste ayant démontré l’intérêt du test à la dexaméthasone comme marqueur de dérégulation de l’axe corticotrope dans la mélancolie, partageait cette vision syndromique globale.
En élaborant la CRS, Carroll a rejeté le postulat selon lequel les auto-questionnaires devaient uniquement refléter les théories cognitives (telles que le modèle de Aaron Beck centré sur la triade cognitive négative) ou psychodynamiques (centrées sur la perte d’objet). La CRS soutient au contraire l’hypothèse qu’un patient souffrant de dépression majeure, même sévère, est capable d’auto-rapporter avec une fidélité clinique suffisante ses perturbations végétatives, motrices et psychologiques, pourvu que les items soient formulés de façon univoque, directe et dichotomique, sans imposer l’effort métacognitif complexe d’une échelle de Likert à 4 ou 5 échelons.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de la CRS ont été investiguées de façon rigoureuse dès les travaux initiaux de Carroll et al. (1981) portant sur des cohortes de patients psychiatriques hospitalisés, de patients ambulatoires et de témoins sains, totalisant plus de 400 sujets dans les études princeps.
Validité concourante et de critère
La validité concourante a été établie en corrélant les scores totaux de la CRS avec ceux de l’échelle de référence de Hamilton (HRSD). Dans l’étude inaugurale (Carroll et al., 1981), la corrélation de Pearson entre la CRS et la HRSD s’est élevée à $r = 0,80$ dans l’échantillon global de patients dépressifs, atteignant $r = 0,87$ au sein des cohortes de patients hospitalisés pour dépression endogène. De surcroît, les corrélations entre la CRS et les échelles auto-évaluées existantes ont démontré une remarquable convergence :
- Corrélation avec le Beck Depression Inventory (BDI) : $r = 0,86$ à $0,89$, attestant d’une convergence étroite malgré des formulations théoriques divergentes.
- Corrélation avec la Self-Rating Depression Scale de Zung (SDS) : $r = 0,82$ à $0,85$.
Validité discriminante et diagnostique
L’instrument différencie nettement les populations cliniques des populations non cliniques. Dans l’échantillon de Carroll et al. (1981), les sujets témoins asymptomatiques présentaient des scores moyens extrêmement faibles ($ ext{M} = 3,4 ; ext{É.T.} = 3,1$), tandis que les patients présentant un épisode dépressif caractérisé obtenaient des scores moyens élevés ($ ext{M} = 24,8 ; ext{É.T.} = 8,9$). Les scores des patients atteints de schizophrénie sans composante affective majeure ou de troubles anxieux purs demeuraient significativement inférieurs à ceux des dépressifs caractérisés ($p < 0,001$).
L’analyse des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) menée dans les études comparatives a établi qu’un score seuil de 10 ou 11 sur la CRS permet d’obtenir une sensibilité clinique de 86 % et une spécificité diagnostique de 90 % pour discriminer la présence d’un épisode dépressif majeur selon les critères RDC/DSM-III. Pour identifier les dépressions endogènes/mélancoliques sévères, un score seuil de 14 ou plus s’est révélé hautement discriminant.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de la CRS a été documentée à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle test-retest :
- Consistance interne : Dans les travaux de Carroll et al. (1981) ainsi que dans les réplications ultérieures (Feinberg et al., 1981 ; McDowell, 2006), le coefficient alpha de Cronbach global s’élève entre 0,87 et 0,92 selon les sous-groupes cliniques. La fidélité par la méthode du partage temporel ou fractionnement (« split-half reliability ») corrigée par la formule de Spearman-Brown est de 0,89.
- Corrélations item-total : L’ensemble des items cliniques majeurs (humeur, idéation suicidaire, culpabilité, travail et activités) présentent des corrélations item-total corrigées supérieures à 0,45. Seuls les items explorant la perte d’insight (items 26 et 40) et les manifestations hypocondriaques délirantes affichent des corrélations item-total plus modestes (0,20 à 0,30), ce qui s’explique par la rareté relative des éléments psychotiques ou anosognosiques stricts dans les cohortes ambulatoires légères à modérées.
- Fidélité test-retest : Chez des patients cliniquement stables évalués à 48 heures d’intervalle, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’élève à 0,88 ($p < 0,001$), indiquant une excellente stabilité temporelle à court terme en l’absence de modification du traitement pharmacologique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) menées sur la CRS corroborent étroitement les modèles multifactoriels dégagés historiquement sur l’échelle de Hamilton. Dans l’analyse factorielle originale en composantes principales avec rotation varimax réalisée par Carroll, Feinberg et al. (1981), quatre facteurs principaux émergent, expliquant plus de 55 % de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Dépression centrale et inhibition (Core Depressive Factor). Ce facteur s’avère le plus prépondérant, expliquant la plus forte part de variance. Il regroupe les items de tristesse vécue, de culpabilité, de pessimisme, d’anhédonie, de désespoir existentiel et d’idéation suicidaire (notamment les items 12, 16, 17, 20, 25, 29, 32, 34, 48), avec des saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,78.
- Facteur 2 : Somatisation neurovégétative et asthénie. Ce facteur rassemble l’épuisement physique, la perte pondérale, l’inappétence et les symptômes gastro-intestinaux (items 1, 2, 36, 50, 51, 52), avec des saturations saturant entre 0,48 et 0,70.
- Facteur 3 : Sommeil / Rythmes circadiens. Regroupement remarquable des trois dimensions d’insomnie (initiale, intermédiaire et matinale précoce ; items 9, 11, 19, 22, 27, 35), démontrant que la dyssomnie dépressive forme un conglomérat symptomatique cohésif distinct du reste de la plainte somatique.
- Facteur 4 : Anxiété et agitation psychomotrice. Ce facteur juxtapose l’agitation corporelle, la tension motrice, la panique et les signes d’hyperexcitabilité autonome (items 6, 10, 13, 23, 31, 33, 37, 38, 41).
Les analyses factorielles confirmatoires ultérieures ont démontré que si un modèle hiérarchique de second ordre articulé autour d’un facteur général (« G-Factor » de sévérité dépressive) s’ajuste convenablement aux données ($ ext{CFI} > 0,90$,$ ext{RMSEA} < 0,06$), la structure multidimensionnelle reste indispensable pour cartographier le profil sémiologique spécifique des répondeurs aux différents agents pharmacologiques.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Carroll Rating Scale for Depression (CRS).
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation standardisée).
- Nombre total d’items : 52 items (questions affirmatives directes).
- Format de réponse : Choix dichotomique binaire « Oui » (Yes) ou « Non » (No).
- Mode d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée auto-administrée en milieu clinique ou de recherche.
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Cotation et calcul des scores : Chaque item est coté 0 ou 1 point selon la présence ou l’absence du symptôme pathologique. Pour les items formulés dans le sens dépressif (marqués par un astérisque à Yes*), la réponse « Oui » vaut 1 point et « Non » vaut 0 point. Pour les items formulés positivement reflétant le bien-être (marqués à No*, par ex. items 1, 7, 8, 15, 25, 28, 29, 32, 36, 42, 43, 44), la réponse « Non » vaut 1 point et « Oui » vaut 0 point.
- Score total : Le score global varie de 0 à 52 points, correspondant à la somme arithmétique simple de l’ensemble des items cotés 1.
- Seuils interprétatifs cliniques indicatifs :
- 0 à 9 points : Absence de dépression caractérisée ou rémission clinique complète.
- 10 à 15 points : Épisode dépressif léger à modéré (zone limite d’investigation clinique).
- 16 à 25 points : Épisode dépressif modéré à sévère.
- 26 points et plus : Dépression sévère à composante mélancolique ou délirante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication originale : 1981.
- Statut des droits d’auteur : L’article original et l’échelle ont été publiés dans le British Journal of Psychiatry sous le copyright du Royal College of Psychiatrists.
- Permissions d’utilisation clinique et de recherche : L’instrument est généralement accessible et libre d’utilisation sans redevance commerciale pour les chercheurs académiques, les institutions de santé publiques et les cliniciens dans le cadre d’un usage clinique non lucratif ou de thèses et mémoires de recherche, à condition de citer rigoureusement l’article princeps de Carroll et al. (1981).
- Utilisations commerciales ou industrielles : Toute reproduction commerciale, intégration dans des logiciels propriétaires payants ou utilisation dans le cadre d’essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique nécessite l’obtention formelle des autorisations auprès des ayants droit ou des éditeurs détenteurs des droits de reproduction.
12. Références / References
Les publications fondatrices et ouvrages de référence psychométrique relatifs à la CRS sont les suivants :
- Carroll, B. J., Feinberg, M., Smouse, P. E., Rawson, S. G., & Greden, J. F. (1981). The Carroll Rating Scale for Depression: I. Development, reliability and validation. British Journal of Psychiatry, 138(3), 194–200. https://doi.org/10.1192/bjp.138.3.194
- Feinberg, M., Carroll, B. J., Smouse, P. E., & Rawson, S. G. (1981). The Carroll Rating Scale for Depression: III. Comparison with other rating instruments. British Journal of Psychiatry, 138(3), 205–209. https://doi.org/10.1192/bjp.138.3.205
- Hamilton, M. (1960). A rating scale for depression. Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 23(1), 56–62. https://doi.org/10.1136/jnnp.23.1.56
- McDowell, I. (2006). Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
- Smouse, P. E., Feinberg, M., Carroll, B. J., Park, M. H., & Rawson, S. G. (1981). The Carroll Rating Scale for Depression: II. Factor analyses of the scale and comparison with other rating instruments. British Journal of Psychiatry, 138(3), 201–204. https://doi.org/10.1192/bjp.138.3.201
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
- I feel just as energetic as always Yes No*
- I am losing weight Yes* No
- I have dropped many of my interests and activities Yes* No
- Since my illness I have completely lost interest in sex Yes* No
- I am especially concerned about how my body is functioning Yes* No
- It must be obvious that I am disturbed and agitated Yes* No
- I am still able to carry on doing the work I am supposed to do Yes No*
- I can concentrate easily when reading the papers Yes No*
- Getting to sleep takes me more than half an hour Yes* No
- I am restless and fidgety Yes* No
- I wake up much earlier than I need to in the morning Yes* No
- Dying is the best solution for me Yes* No
- I have a lot of trouble with dizzy and faint feelings Yes* No
- I am being punished for something bad in my past Yes* No
- My sexual interest is the same as before I got sick Yes No*
- I am miserable or often feel like crying Yes* No
- I often wish I were dead Yes* No
- I am having trouble with indigestion Yes* No
- I wake up often in the middle of the night Yes* No
- I feel worthless and ashamed about myself Yes* No
- I am so slowed down that I need help with bathing and dressing Yes* No
- I take longer than usual to fall asleep at night Yes* No
- Much of the time I am very afraid but don’t know the reason Yes* No
- Things which I regret about my life are bothering me Yes* No
- I get pleasure and satisfaction from what I do Yes No*
- All I need is a good rest to be perfectly well again Yes* No
- My sleep is restless and disturbed Yes* No
- My mind is as fast and alert as always Yes No*
- I feel that life is still worth living Yes No*
- My voice is dull and lifeless Yes* No
- I feel irritable or jittery Yes* No
- I feel in good spirits Yes No*
- My heart sometimes beats faster than usual Yes* No
- I think my case is hopeless Yes* No
- I wake up before my usual time in the morning Yes* No
- I still enjoy my meals as much as usual Yes No*
- I have to keep pacing around most of the time Yes* No
- I am terrified and near panic Yes* No
- My body is bad and rotten inside Yes* No
- I got sick because of the bad weather we have been having Yes* No
- My hands shake so much that people can easily notice Yes* No
- I still like to go out and meet people Yes No*
- I think I appear calm on the outside Yes No*
- I think I am as good a person as anybody else Yes No*
- My trouble is the result of some serious internal disease Yes* No
- I have been thinking about trying to kill myself Yes* No
- I get hardly anything done lately Yes* No
- There is only misery in the future for me Yes* No
- I worry a lot about my bodily symptoms Yes* No
- I have to force myself to eat even a little Yes* No
- I am exhausted much of the time Yes* No
- I can tell that I have lost a lot of weight Yes* No