Échelle d’ethnocentrisme

Découvrez l’Échelle d’ethnocentrisme (E-Scale) d’Adorno et al. (1950) et Zagona (1959) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’ethnocentrisme (communément désignée sous le nom d’E-Scale) constitue l’un des instruments psychométriques fondateurs de la psychologie sociale et politique du XXe siècle. Conçue initialement par Theodor W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel J. Levinson et R. Nevitt Sanford dans le cadre de leurs recherches séminales sur la personnalité autoritaire à l’Université de Californie à Berkeley en 1950, puis adaptée sous une forme resserrée par Salvatore V. Zagona en 1959, cette échelle vise à évaluer la propension systématique d’un individu à rejeter les exogroupes tout en surévaluant l’endogroupe.

Dans sa version adaptée de 20 items, l’échelle opérationnalise l’ethnocentrisme à travers plusieurs facettes idéologiques : les attitudes négatives et stéréotypées envers les minorités ethnoculturelles et religieuses (notamment les Juifs et les Afro-Américains), l’hostilité envers les déviants sous-culturels ou non-conformistes, ainsi qu’un nationalisme agressif et défensif fondé sur l’isolationnisme et la suprématie géopolitique. Les répondants expriment leur degré d’accord ou de désaccord sur une échelle d’évaluation de type Likert en 6 points, allant de +3 (« accord complet ») à -3 (« désaccord complet »), sans point médian neutre.

Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne remarquablement élevée pour son époque de formulation (alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,80 et 0,91 selon les échantillons et les versions dérivées). Les analyses de validité démontrent de fortes corrélations convergentes avec l’échelle de fascisme potentiel (Échelle F), l’antisémitisme (Échelle A-S) et le dogmatisme de Rokeach. Bien qu’ayant fait l’objet de vifs débats méthodologiques — touchant au biais de complaisance (acquiescement), à l’unidirectionnalité des énoncés et au marquage historique de son vocabulaire —, l’Échelle d’ethnocentrisme demeure une référence fondamentale pour la modélisation des préjugés généralisés et de la discrimination intergroupe.

2. Mots-clés / Keywords

Ethnocentrisme, personnalité autoritaire, préjugés généralisés, Theodor W. Adorno, relations intergroupes, antisémitisme, racisme institutionnel, psychométrie sociale, nationalisme, stéréotypie.

3. Auteurs / Authors

L’instrument tire son architecture originelle des travaux conjoints menés par l’équipe pluridisciplinaire de Berkeley, sous l’égide de l’American Jewish Committee, et de l’adaptation ultérieure réalisée dans le contexte universitaire américain :

  • Theodor W. Adorno (1903–1969) : Philosophe, sociologue, musicologue et théoricien critique germano-américain, figure éminente de l’École de Francfort (Institut de recherche sociale).
  • Else Frenkel-Brunswik (1908–1958) : Psychologue et psychanalyste d’origine austro-américaine, rattachée à l’Université de Californie à Berkeley, pionnière de la recherche sur la tolérance à l’ambiguïté.
  • Daniel J. Levinson (1920–1994) : Psychologue clinicien et professeur de psychologie à l’Université Yale, spécialiste du développement adulte et de la psychologie des attitudes intergroupes.
  • R. Nevitt Sanford (1909–1995) : Professeur de psychologie clinique à l’Université de Californie à Berkeley et co-fondateur du Wright Institute.
  • Salvatore V. Zagona : Chercheur en psychologie à l’Université d’Arizona, ayant formalisé l’adoption de la version resserrée à 20 items (1959) pour explorer les interactions entre dogmatisme, processus libertaires et attitudes égalitaires.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’ethnocentrisme est d’objectiver et de quantifier empiriquement une structure mentale particulière caractérisée par le préjugé généralisé. Contrairement aux approches fragmentaires qui examinaient séparément l’hostilité dirigée contre un groupe ethnique ou religieux spécifique, l’équipe de Berkeley a postulé que le préjugé ne constituait pas une réponse isolée envers une cible unique, mais plutôt une orientation idéologique cohérente et pervasive, dirigée contre l’ensemble des exogroupes (« outgroups »).

L’instrument a été conçu pour répondre à une question théorique et sociopolitique urgente au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : quels sont les déterminants psychologiques et idéologiques qui prédisposent un individu à adopter des comportements discriminatoires systématiques et à soutenir des régimes ou des mouvements autoritaires et totalitaires ? L’Échelle E permet d’examiner comment l’hostilité envers les minorités ethniques, le nationalisme xénophobe et la méfiance envers les groupes déviants procèdent d’un même dynamisme psychologique sous-jacent.

Sur le plan de la recherche fondamentale et appliquée, l’échelle poursuit plusieurs visées méthodologiques :

  • Évaluation du préjugé généralisé : Démontrer empiriquement que le rejet des minorités raciales (par exemple, les Afro-Américains), l’antisémitisme et l’hostilité envers d’autres groupes minoritaires (comme les Philippins ou les sectes marginales) corrèlent de façon unitaire chez un même individu.
  • Différenciation endogroupe / exogroupe : Mesurer la rigidité de la frontière cognitive séparant le groupe d’appartenance perçu (« ingroup »), systématiquement idéalisé et valorisé, des groupes extérieurs, systématiquement infériorisés, perçus comme menaçants ou pathologisés.
  • Corrélation avec les dynamiques de personnalité : Fournir une mesure standardisée d’attitude idéologique servant de variable dépendante ou indépendante dans l’étude des structures de personnalité profonde (rigidité cognitive, répression des pulsions, intolérance à l’ambiguïté).
  • Diagnostics socio-éducatifs et sociopolitiques : Permettre le monitorage longitudinal du conservatisme culturel dur, du repli isolationniste et de la résistance à l’intégration civique et égalitaire au sein de populations universitaires ou professionnelles.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept central mesuré par l’échelle est l’ethnocentrisme, originellement défini par le sociologue William Graham Sumner (1906) comme une vision du monde dans laquelle son propre groupe est le centre de toute chose, tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à lui. Adorno et ses collaborateurs ont réinterprété et raffiné cette notion pour en faire un construit psychologique opératoire, multidimensionnel dans son expression thématique, mais unidimensionnel dans son principe organisationnel : la division manichéenne du monde social entre « nous » (pur, supérieur, loyal) et « eux » (déviant, inférieur, dangereux).

Dimensions constitutives du construit dans la version de 20 items

Dans l’adaptation exploitée par Salvatore V. Zagona (1959), l’instrument intègre vingt assertions réparties sur plusieurs sous-dimensions interconnectées :

  • 1. Antisémitisme et stéréotypie anti-juive (Items 1 à 6) : Cette dimension capture les croyances traditionnelles attribuant aux populations juives une puissance économique disproportionnée, une solidarité conspiratrice empêchant la libre concurrence (Item 1), une altérité culturelle menaçante pour l’homogénéité du voisinage (Item 4), ainsi qu’une homogénéité psychologique réifiée (« tous pareils », Item 3). Elle mesure également le rejet social intime, notamment l’impossibilité envisagée du mariage mixte (Item 2), et le mécanisme de rejet de la faute sur la victime (Item 5).
  • 2. Racisme anti-Noirs et ségrégationnisme (Items 7 à 12) : Cette composante opérationnalise l’hostilité à l’égard des minorités afro-américaines à travers l’adhésion explicite à la ségrégation géographique et scolaire (Item 7), le refus absolu de toute hiérarchie inversée où des personnes noires exerceraient une autorité professionnelle sur des individus blancs (Item 8), la condamnation de la mixité culturelle (Item 9), et l’assignation arbitraire des personnes noires à des fonctions manuelles déqualifiées en vertu d’une prétendue « infériorité mentale naturelle » (Item 10). Elle inclut également la stigmatisation de l’égalitarisme civique, perçu comme une machination d’agitateurs radicaux (Item 11).
  • 3. Rejet des sous-cultures, minorités marginalisées et déviants (Items 13, 16, 17) : L’ethnocentrisme excède les clivages raciaux traditionnels pour englober la réprobation des styles de vie non conventionnels ou des minorités visibles intégrées. Cela s’illustre par l’hostilité envers les Beatniks ou les sous-cultures émergentes accusées d’abuser de leur liberté (Item 13), le refus du mélange interracial chez les immigrés philippins (Item 17), et l’exigence d’une conformité coercitive imposée aux minorités religieuses refusant les symboles patriotiques (Item 16).
  • 4. Nationalisme défensif, patriotisme exclusif et suprématie géopolitique (Items 14, 15, 18, 19, 20) : L’ethnocentrisme s’exprime ici sous la forme d’un nationalisme agressif. Il se traduit par la désignation des idées et agitateurs étrangers comme étant le plus grave danger ayant menacé la nation (Item 14), la méfiance radicale envers les institutions multilatérales internationales au nom d’une souveraineté absolue (Item 15), l’idéalisation indépassable du modèle national (« the American Way », Item 18), la naturalisation du tribalisme familial (Item 19) et le militarisme messianique fondé sur le monopole de la force atomique (Item 20).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de l’Échelle d’ethnocentrisme réside au carrefour de la théorie critique de l’École de Francfort, de la psychanalyse freudienne et de la psychologie sociale cognitive naissante de l’après-guerre.

L’approche psychodynamique de la personnalité autoritaire

Pour Adorno, Frenkel-Brunswik, Levinson et Sanford (1950), l’ethnocentrisme n’est pas une simple somme d’opinions glanées au gré de la socialisation, mais le reflet manifeste d’une dynamique pulsionnelle profonde. Selon cette approche, l’individu fortement ethnocentrique a généralement été soumis durant son enfance à une éducation parentale rigide, punitive, conditionnelle et axée sur une discipline sévère. Incapable d’exprimer son hostilité ou son ressentiment légitime envers des figures d’autorité parentale omnipotentes et idéalisées, l’enfant recourt à des mécanismes de défense psychodynamiques :

  • Le refoulement et le déplacement : L’agressivité interdite envers l’autorité endogroupe est refoulée, puis déplacée (« scapegoating » ou désignation de boucs émissaires) sur des cibles socialement vulnérables ou perçues comme extérieures (minorités ethniques, marginaux).
  • La projection : L’individu projette ses propres pulsions inacceptables (agressivité, avidité matérielle, sexualité débridée, pulsions de destruction) sur les exogroupes. Ainsi, les stéréotypes imputés aux Juifs (avidité, ruse) ou aux Noirs (impulsivité, sensualité débordante) ne sont rien d’autre que les désirs refoulés de l’individu ethnocentrique renvoyés sur autrui.
  • Le clivage du Moi et de l’objet : L’organisation psychique repose sur une division binaire stricte entre ce qui est bon (l’endogroupe, la patrie, la famille) et ce qui est mauvais (l’exogroupe, l’étranger, le déviant), interdisant toute perception nuancée ou ambivalente.

La tolérance à l’ambiguïté et la rigidité cognitive

Sur le versant cognitif développé par Else Frenkel-Brunswik, l’ethnocentrisme est étroitement articulé à une intolérance générale à l’ambiguïté. L’esprit ethnocentrique recherche la clôture cognitive immédiate : il tolère mal les zones grises, la complexité sociale ou la relativité des normes culturelles. La stéréotypie outrancière remplit dès lors une fonction adaptative d’apaisement anxieux, en figeant les identités dans des catégories biologiques ou morales étanches et immuables.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de l’Échelle E ont été abondamment documentées dans les volumes fondateurs de Berkeley, puis à travers un demi-siècle de vérifications empiriques internationales :

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de l’Échelle d’ethnocentrisme a été solidement établie par sa corrélation systématique avec d’autres échelles mesurant des dimensions idéologiques apparentées :

  • Corrélation avec l’Échelle F (Fascisme potentiel) : Dans les travaux initiaux de 1950 (échantillon de plus de 2 000 participants américains), l’Échelle E corrélait entre r = 0,73 et r = 0,80 avec l’Échelle F, attestant que l’ethnocentrisme constitue le bras armé sociopolitique de la structure de personnalité autoritaire.
  • Corrélation avec l’Échelle A-S (Antisémitisme) : Avant d’être intégrée sous forme de sous-dimension au sein de l’Échelle E, l’échelle spécifique d’antisémitisme présentait une corrélation de r = 0,80 avec le rejet des autres minorités, validant l’hypothèse de l’unitarité du préjugé.
  • Corrélation avec le dogmatisme de Rokeach : L’adaptation de Zagona (1959) a démontré des corrélations modérées à fortes (r variant entre 0,45 et 0,62) avec l’échelle de dogmatisme de Milton Rokeach, confirmant que la fermeture de l’esprit et la structure fermée des croyances sous-tendent les scores élevés d’ethnocentrisme.

Validité prédictive et comportementale

Sur le plan de la validité prédictive, les scores obtenus à l’Échelle E ont permis de prédire de manière statistiquement significative :

  • Le vote et le soutien explicite à des politiques de ségrégation raciale lors des scrutins locaux aux États-Unis dans les années 1950 et 1960.
  • Le niveau de discrimination manifesté dans des paradigmes de laboratoire impliquant des choix d’embauche ou d’attribution de récompenses financières à des membres d’exogroupes.
  • L’hostilité déclarée face aux politiques d’immigration et aux programmes d’aide internationale.

Validité discriminante

Bien que fortement corrélée aux mesures d’autoritarisme, l’Échelle E s’en distingue empiriquement par sa focalisation spécifique sur les relations intergroupes, tandis que l’Échelle F sonde des dynamiques intrapsychiques plus générales (superstition, projection, destructivité, soumission à l’autorité). Les corrélations avec le quotient intellectuel (QI) se sont révélées faibles à modérées (variant typiquement entre r = -0,15 et r = -0,30), indiquant que l’ethnocentrisme ne se réduit aucunement à un déficit cognitif général.

8. Fidélité / Reliability

Dès sa conception initiale, l’Échelle d’ethnocentrisme a démontré des qualités de consistance interne et de stabilité temporelle très satisfaisantes :

Consistance interne

Dans les premières cohortes analysées par Levinson et Sanford (sur des sous-échelles de 10 à 34 items), les estimations de fidélité par la méthode de bissection (« split-half reliability »), corrigées par la formule de Spearman-Brown, oscillaient entre 0,82 et 0,91. Concernant la forme de 20 items adoptée par Zagona (1959) et reprise dans l’inventaire des mesures psychosociales de Robinson et Shaver (1969) :

  • Le coefficient de cohérence interne (alpha de Cronbach équivalent) se stabilise autour de α = 0,85 à 0,89 au sein des échantillons d’étudiants de premier cycle universitaire.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent majoritairement entre 0,40 et 0,72, attestant de l’homogénéité globale du pool d’items retenu.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Les investigations longitudinales mesurant la stabilité des scores sur des intervalles de temps allant de quatre semaines à six mois rapportent des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre r = 0,78 et r = 0,86 en l’absence d’interventions expérimentales ou de bouleversements macro-sociaux majeurs. Cette stabilité confirme que le construit mesuré relève d’une disposition attitudinale durable plutôt que d’un état émotionnel transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration factorielle de l’Échelle d’ethnocentrisme a fait l’objet d’un intérêt métrologique soutenu, soulevant des discussions théoriques quant à son caractère strictement unidimensionnel versus multidimensionnel hiérarchisé :

Modèle factoriel de premier et second ordre

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) conduites par extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ou orthogonale (Varimax) mettent généralement en évidence un facteur général prépondérant qui explique entre 35 % et 48 % de la variance totale des scores, justifiant l’usage d’un score composite global d’ethnocentrisme. Néanmoins, l’examen des facteurs secondaires fait apparaître distinctement trois à quatre dimensions de premier ordre fortement intercorrélées :

Facteur extrait Items dominants Variance expliquée (%) Saturations typiques (λ)
1. Antisémitisme / Exogroupes culturels 1, 2, 3, 4, 5, 6 22 % – 28 % 0,54 à 0,78
2. Ségrégation raciale anti-Noirs 7, 8, 9, 10, 11, 12 12 % – 16 % 0,61 à 0,82
3. Nationalisme hégémonique et militariste 14, 15, 18, 20 8 % – 11 % 0,48 à 0,71
4. Rejet des sous-cultures déviantes 13, 16, 17, 19 5 % – 8 % 0,42 à 0,65

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et critiques méthodologiques

Les modélisations en équations structurelles (AFC) conduites dans les réévaluations contemporaines démontrent qu’un modèle hiérarchique (un facteur général d’ethnocentrisme de second ordre coiffant les sous-facteurs spécifiques) ajuste significativement mieux les données (indices d’adéquation : CFI > 0,92 ; RMSEA < 0,06) qu’un modèle unidimensionnel strict. De surcroît, ces analyses ont mis en exergue un biais méthodologique classique : tous les items de l’échelle originale étant formulés dans le sens d’une affirmation du préjugé (items pro-traits), une part non négligeable de la variance commune résulte d’un effet de méthode lié au biais d’acquiescement des répondants.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de mesure : Échelle d’évaluation attitudinale standardisée par auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne ; passation individuelle ou collective en groupe.
  • Nombre d’items : 20 items affirmatifs (version Zagona, 1959, issue des formulaires d’Adorno et al., 1950).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert bipolaire en 6 points sans point neutre, étalonnée de -3 à +3 :
    • +3 : Accord complet (Complete agreement)
    • +2 : Accord modéré (Moderate agreement)
    • +1 : Accord léger (Slight agreement)
    • -1 : Désaccord léger (Slight disagreement)
    • -2 : Désaccord modéré (Moderate disagreement)
    • -3 : Désaccord complet (Complete disagreement)
  • Modalités de cotation et de transformation :
    • Afin d’éviter le traitement de valeurs négatives lors des calculs statistiques manuels d’époque, les scores sont conventionnellement transcodés sur une échelle de 1 à 7 selon la règle suivante : -3 devient 1 ; -2 devient 2 ; -1 devient 3 ; la valeur théorique neutre 0 (omise lors de la passation) est fixée à 4 ; +1 devient 5 ; +2 devient 6 ; et +3 devient 7.
    • Aucun item n’est inversé (tous les items pointent vers le pôle de l’ethnocentrisme).
    • Le score global correspond soit à la somme brute des 20 items (étendue théorique de 20 à 140 points sur l’échelle transcodée), soit à la moyenne des items (étendue de 1,00 à 7,00 points). Un score élevé reflète un degré élevé d’ethnocentrisme idéologique, d’intolérance intergroupe et de chauvinisme culturel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1950 (dans le volume The Authoritarian Personality chez Harper & Brothers) ; version dérivée formalisée en 1959 (thèse doctorale de Salvatore V. Zagona, University of Arizona).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les items originaux de l’Échelle d’ethnocentrisme relèvent du domaine public académique à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement universitaire et d’études non commerciales. Ils ont été largement compilés et reproduits dans des répertoires de référence du domaine public psychosocial, notamment l’ouvrage de Robinson et Shaver (1969) édité par l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan.
  • Coût et tarification : L’accès à l’instrument est gratuit. Aucun droit de licence (« royalty ») n’est exigé pour l’utilisation des items dans le cadre de protocoles scientifiques à but non lucratif.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et métrologiques de l’Échelle d’ethnocentrisme :

  • Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The Authoritarian Personality. Harper & Brothers. https://psycnet.apa.org/record/1951-02687-000
  • Altemeyer, B. (1981). Right-Wing Authoritarianism. University of Manitoba Press.
  • Altemeyer, B. (1998). The other “authoritarian personality”. In M. P. Zanna (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 30, pp. 47–92). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60382-2
  • Bizman, A., & Amir, Y. (1982). Ethnic generalizations and prejudice: A reassessment. Journal of Social Psychology, 116(1), 87–93. https://doi.org/10.1080/00224545.1982.9713409
  • Brewer, M. B. (1999). The psychology of ingroup projection and outgroup derogation. Journal of Social Issues, 55(3), 429–444. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00126
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of Social Psychological Attitudes. Institute for Social Research, The University of Michigan. Ann Arbor, Michigan.
  • Rokeach, M. (1960). The Open and Closed Mind: Investigations into the Nature of Belief Systems and Personality Systems. Basic Books.
  • Sumner, W. G. (1906). Folkways: A Study of the Sociological Importance of Usages, Manners, Customs, Mores, and Morals. Ginn and Company.
  • Zagona, S. V. (1959). Dogmatism and a theory of interdependence between libertarian and equalitarian processes: A study in reciprocal evaluation (Doctoral dissertation, University of Arizona). University of Arizona Open Repository. http://arizona.openrepository.com/arizona/bitstream/10150/284376/1/azu_td_5906119_sip1_m.pdf

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

Complete agreement (+3) to complete disagreement (-3)

  1. One trouble with Jewish businessmen is that they stick together and prevent other people from having a fair chance in competition.
  2. I can hardly imagine myself marrying a Jew.
  3. There may be a few exceptions, but in general Jews are pretty much alike.
  4. The trouble with letting Jews into a nice neighborhood is that they gradually give it a typical Jewish atmosphere.
  5. To end prejudice against Jews, the first step is for the Jews to try sincerely to get rid of their harmful and irritating faults.
  6. There is something different and strange about Jews; it’s hard to tell what they are thinking and planning, and what makes them tick.
  7. Negroes have their rights, but it is best to keep them in their own districts and schools and to prevent too much contact with whites.
  8. It would be a mistake ever to have Negroes for foremen and leaders over whites.
  9. Negro musicians may sometimes be as good as white musicians, but it is a mistake to have mixed Negro-white bands.
  10. Manual labor and unskilled jobs seem to fit the Negro mentality and ability better than more skilled or responsible work.
  11. The people who raise all the talk about putting Negroes on the same level as whites are mostly radical agitators trying to stir up conflicts
  12. Host Negroes would become overbearing and disagreeable if not kept in their place.
  13. Beatniks or Zootsuiters prove that when people of their type have too much money and freedom, they just take advantage and cause trouble.
  14. The worst danger to real Americanism during the last 50 years has come from foreign ideas and agitators.
  15. Now that a new world organization is set up, America must be sure that she loses none of her independence and complete power as a sovereign nation.
  16. Certain religious sects who refuse to salute the flag should be forced to conform to such a patriotic action, or else be abolished.
  17. Filipinos are all right in their place, but they carry it too far when they dress lavishly and go around with white girls.
  18. America may not be perfect, but the American Way has brought us about as close as human beings can get to a perfect society.
  19. It is only natural and right for each person to think that his family is better than any other.
  20. The best guarantee of our national security is for America to have the biggest army and navy in the world and the secret of the atom bomb.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle d’ethnocentrisme. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ethnocentrisme/
Looti, Mohammed. “Échelle d’ethnocentrisme.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ethnocentrisme/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’ethnocentrisme.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ethnocentrisme/.