Échelle d’estime de soi collective (CSE & CSE-R)

Découvrez l’Échelle d’estime de soi collective (CSE & CSE-R) de Luhtanen et Crocker (1992) : analyse psychométrique, fondements théoriques, sous-échelles et items authentiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’estime de soi collective (Collective Self-Esteem Scale, CSE), conçue initialement par Riia Luhtanen et Jennifer Crocker en 1992, ainsi que sa déclinaison adaptée aux groupes raciaux et ethniques (CSE-R), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents en psychologie sociale et de la personnalité. Alors que les échelles traditionnelles d’estime de soi, à l’instar de l’échelle de Rosenberg, appréhendent l’évaluation subjective que l’individu porte sur sa propre valeur idiosyncrasique et personnelle, la CSE évalue la positivité globale de l’identité sociale d’un individu, c’est-à-dire le versant de l’estime de soi issu de ses appartenances à divers groupes sociaux (tels que les groupes fondés sur le genre, la nationalité, l’ethnie, la religion ou les affiliations organisationnelles).

L’instrument se compose classiquement de 16 items mesurant quatre dimensions sous-jacentes distinctes mais interdépendantes, composées chacune de 4 items : l’estime d’appartenance ou de membre (Membership esteem), l’estime de soi collective publique (Public collective self-esteem), l’estime de soi collective privée (Private collective self-esteem) et l’importance accordée à l’identité (Importance to identity). Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), incluant des items inversés pour neutraliser les biais d’acquiescement. Des adaptations ultérieures, notamment par Leonardelli et Brewer (2001) et Tom (2006), ont étendu la mesure à des cibles catégorielles spécifiques (CSE-R pour les groupes raciaux/ethniques) et introduit des facettes complémentaires telles que la satisfaction intragroupe (Ingroup Satisfaction).

Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,71 et 0,88 pour les sous-échelles et atteignant environ 0,85 pour le score global dans les cohortes initiales. Les analyses factorielles confirmatoires appuient vigoureusement la structure tétradimensionnelle au détriment d’un modèle unidimensionnel. L’outil fait preuve d’une excellente validité convergente et discriminante, se distinguant empiriquement de l’estime de soi personnelle tout en prédisant de manière robuste le bien-être psychologique, l’adaptation culturelle, les biais endogroupes, la résilience face aux discriminations et la dynamique des relations intergroupes.

2. Mots-clés / Keywords

Estime de soi collective, Identité sociale, Théorie de l’identité sociale, Relations intergroupes, Psychométrie, Validité factorielle, Appartenance groupale, Biais endogroupe, Discrimination perçue, Psychologie sociale interculturelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle princeps a été développée et formalisée par :

  • Riia Luhtanen, Ph.D. : Chercheuse en psychologie sociale et de la personnalité, ayant contribué de manière séminale aux travaux sur l’évaluation de l’identité sociale et les mécanismes d’autorégulation de l’estime de soi à l’Université d’État de New York à Buffalo (SUNY Buffalo) et à l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University).
  • Jennifer Crocker, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et titulaire de la chaire Ohio Eminent Scholar en psychologie sociale à The Ohio State University (Columbus, Ohio, États-Unis). Ses axes de recherche portent sur les contingences de l’estime de soi, les stigmates sociaux, la dynamique identitaire et le bien-être psychologique (Courriel institutionnel de recherche : [email protected]).

Des travaux d’extension et d’adaptation sectorielle ont également été conduits ultérieurement par des chercheurs de premier plan, notamment Geoffrey G. Leonardelli (Université de Toronto) et Marilynn B. Brewer (The Ohio State University) en 2001, ainsi que David M. Tom (The Ohio State University) en 2006.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la Collective Self-Esteem Scale découle d’un constat épistémologique formulé à la fin des années 1980 : la quasi-totalité des échelles d’évaluation du concept de soi en psychologie occidentale conceptualisaient l’individu comme une entité isolée, autonome et décontextualisée. Bien que des instruments comme l’échelle d’estime de soi de Rosenberg mesurent avec rigueur le regard évaluatif qu’une personne porte sur ses caractéristiques individuelles propres (compétences, apparence, vertu personnelle), ils échouent à capturer l’impact psychologique fondamental des groupes sociaux auxquels l’individu appartient et dont il tire une part substantielle de son image de soi.

L’objectif fondamental de la CSE est de mesurer comment les individus évaluent leurs identités sociales, c’est-à-dire les facettes du soi qui dérivent de leur appartenance à des catégories collectives. L’outil a été spécifiquement opérationnalisé pour répondre à plusieurs nécessités scientifiques :

  • Distinguer l’estime personnelle de l’estime collective : Il s’agissait d’établir empiriquement que la valorisation de ses collectifs d’appartenance ne se réduit pas à une simple projection de la valorisation de soi individuelle, mais constitue un construit autonome possédant ses propres antécédents et conséquences psychologiques.
  • Explorer les mécanismes de défense identitaire : Comprendre comment les membres de groupes minoritaires, stigmatisés ou subissant des préjugés parviennent à maintenir une intégrité psychologique sans nécessairement manifester une faible estime de soi personnelle globale.
  • Prédire les comportements et attitudes intergroupes : Servir de variable modératrice et médiatrice dans l’apparition de l’ethnocentrisme, du favoritisme intra-groupe (ingroup favoritism), de l’hostilité intergroupe et de la discrimination.

Dans le domaine de la recherche contemporaine, la CSE et sa variante raciale/ethnique (CSE-R) sont massivement employées pour étudier la santé mentale des minorités, la dynamique d’acculturation des populations migrantes, le climat organisationnel dans les entreprises multinationales, l’identification sportive, et la cohésion d’équipe. Sur le plan clinique et appliqué, l’instrument permet aux praticiens et psychologues interculturels d’identifier les tiraillements identitaires, l’aliénation groupale ou le désinvestissement identitaire qui peuvent constituer des facteurs de vulnérabilité face aux stresseurs sociaux et à l’isolement.

5. Construit psychologique / Construct

La CSE postule que l’estime de soi collective n’est pas un bloc monolithique mais une structure multidimensionnelle articulée autour de quatre composantes conceptuellement différenciées de 4 items chacune :

1. L’estime d’appartenance ou de membre (Membership Esteem)

Cette dimension évalue le jugement que l’individu porte sur sa propre valeur, son efficacité et son utilité en tant que membre des groupes sociaux auxquels il appartient. Elle reflète le sentiment d’être un contributeur valable, compétent et digne au sein du collectif, par opposition au sentiment d’être un fardeau ou un membre périphérique inefficace. Un score élevé indique que l’individu perçoit qu’il apporte une contribution substantielle et positive à ses groupes de référence (ex. : se percevoir comme coopératif, utile et qualifié au sein de sa communauté ou de son équipe).

2. L’estime de soi collective publique (Public Collective Self-Esteem)

Cette sous-échelle évalue la perception qu’a l’individu de la façon dont ses groupes d’appartenance sont jugés, respectés et évalués par la société et par les membres extérieurs (outgroups). Elle quantifie le prestige social, le statut perçu et la réputation externe attribuée aux catégories sociales d’appartenance. Une personne appartenant à un groupe socialement marginalisé ou victime de préjugés persistants présentera fréquemment une estime publique affaiblie, même si son attachement personnel au groupe demeure intense.

3. L’estime de soi collective privée (Private Collective Self-Esteem)

À l’inverse de la facette publique, l’estime de soi collective privée mesure l’évaluation personnelle et intrinsèque que l’individu fait de ses propres groupes sociaux. Elle interroge la fierté interne, le contentement et l’appréciation affective ressentis à l’égard du groupe : l’individu considère-t-il que ses groupes sont fondamentalement valables, vertueux et positifs, et est-il fier d’en faire partie ? Cette dimension est souvent considérée comme le noyau affectif de l’identité sociale, agissant comme un tampon protecteur contre les évaluations négatives émanant de la société globale.

4. L’importance accordée à l’identité (Importance to Identity)

Cette dimension mesure le degré auquel les appartenances groupales sont centrales, saillantes et déterminantes pour la définition globale du concept de soi de l’individu. Contrairement aux trois autres dimensions qui sont de nature évaluative (positive ou négative), l’importance accordée à l’identité jauge la saillance structurelle du groupe dans l’auto-définition psychologique. Pour un individu accordant un score très faible à cette sous-échelle, le fait d’appartenir à telle ethnie, nationalité ou classe sociale est anecdotique pour sa subjectivité ; pour un individu obtenant un score élevé, ces affiliations constituent le socle même de son identité (« qui je suis »).

Extensions : Satisfaction intragroupe (Ingroup Satisfaction)

Dans des adaptations complémentaires élaborées par Leonardelli et Brewer (2001) puis raffinées par Tom (2006), une composante de 4 items mesurant la satisfaction directe vis-à-vis du groupe (Ingroup Satisfaction) a été adjointe afin de cibler avec plus d’acuité l’affect positif ou négatif éprouvé face aux conditions et aux caractéristiques concrètes du groupe racial ou ethnique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’Échelle d’estime de soi collective prend directement racine dans la Théorie de l’identité sociale (Social Identity Theory, SIT) développée par Henri Tajfel et John Turner dans les années 1970 et 1980, ainsi que dans ses prolongements à travers la théorie de l’auto-catégorisation (Self-Categorization Theory).

Selon Tajfel (1981), l’identité sociale se définit comme « la part du concept de soi d’un individu qui résulte de sa conscience d’appartenir à un groupe social (ou à des groupes sociaux), ainsi que de la valeur et de la signification émotionnelle attachées à cette appartenance ». La théorie postule que les individus sont animés par un besoin fondamental d’évaluation positive de soi. Dans la mesure où une fraction significative du soi est façonnée par les catégories sociales, ce besoin de valorisation incite les personnes à rechercher une « spécificité positive » (positive distinctiveness) pour leur groupe d’appartenance par rapport aux groupes de comparaison (exogroupes).

Cependant, Luhtanen et Crocker (1992) ont relevé une faille majeure dans la littérature empirique de l’époque : les chercheurs tentaient systématiquement de valider les prédictions de la Théorie de l’identité sociale en utilisant des instruments d’estime de soi individuelle (comme l’échelle de Rosenberg). Les résultats étaient fréquemment contradictoires ou décevants : de nombreuses études ne trouvaient aucune corrélation entre une estime de soi personnelle élevée et le niveau de favoritisme intragroupe. Luhtanen et Crocker ont émis l’hypothèse théorique que ce décalage résultait d’une erreur de niveau d’analyse : prédire un phénomène collectif (le biais de groupe) à partir d’une mesure strictement personnelle relevait d’une inadéquation conceptuelle.

En transposant la taxonomie de l’estime de soi individuelle au domaine collectif, Luhtanen et Crocker ont modélisé l’estime de soi collective en intégrant les distinctions théoriques issues des sciences sociales :

  • La distinction classique entre le « Soi pour soi » et le « Soi pour autrui » (dans la lignée de George Herbert Mead et du concept de looking-glass self de Cooley), matérialisée par la dichotomie entre estime collective privée (l’évaluation interne) et estime collective publique (l’évaluation reflétée par le regard d’autrui).
  • La théorie du rôle et de la compétence sociale, représentée par l’estime d’appartenance (comment j’agis en tant que rouage du groupe).
  • Les théories de la centralité identitaire développées notamment par Stryker et Serpe (1982), formalisées dans la sous-échelle d’importance pour l’identité.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques de la CSE et de la CSE-R ont été rigoureusement établies à travers de multiples investigations psychométriques, tant dans les échantillons initiaux d’étudiants nord-américains que dans des populations diversifiées à l’échelle internationale.

Validité de construit et validité factorielle

Dès l’étude fondatrice de Luhtanen et Crocker (1992), administrée à plus de 800 étudiants de premier cycle répartis en plusieurs cohortes, la modélisation en équations structurelles et l’analyse factorielle confirmatoire ont démontré que le modèle théorique à quatre facteurs corrélés offrait un ajustement significativement supérieur à celui d’un modèle unidimensionnel global ou de modèles à deux facteurs. Les indices d’ajustement soutiennent la stabilité de ces quatre dimensions à travers les genres et les groupes ethniques.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées et théoriquement congruentes avec plusieurs construits voisins :

  • L’estime de soi personnelle (mesurée par l’échelle de Rosenberg) corrèle positivement mais modérément avec la CSE globale (coefficients r oscillant typiquement entre 0,30 et 0,40). Les corrélations les plus nettes s’observent avec l’estime d’appartenance (r ≈ 0,45) et l’estime privée (r ≈ 0,35), démontrant un chevauchement partiel attendu mais confirmant l’indépendance des construits.
  • L’estime de soi collective privée et l’estime de membre sont fortement associées au bien-être subjectif, à la satisfaction de vie (mesurée par la SWLS de Diener) et à de faibles niveaux de dépression et d’anxiété.
  • L’importance pour l’identité corrèle significativement avec les échelles d’engagement civique, d’identification collective ethnique (comme la Multigroup Ethnic Identity Measure – MEIM de Phinney) et la participation aux activités communautaires.

Validité discriminante

La sous-échelle d’importance à l’identité présente des corrélations proches de zéro avec l’estime de soi personnelle (r variant entre -0,05 et 0,08), attestant que le fait d’accorder une place centrale à ses groupes dans son identité est totalement décorrélé du fait de s’évaluer positivement en tant qu’individu. De même, l’estime de soi collective publique se détache nettement du bien-être personnel direct chez les membres de groupes minoritaires, confirmant que la perception du stigmate extérieur n’entame pas nécessairement l’estime personnelle si l’estime privée reste solide.

Validité prédictive

La CSE s’est révélée un prédicteur robuste du favoritisme intragroupe. Contrairement à l’estime de soi personnelle, les scores élevés à l’estime collective privée et à l’importance pour l’identité prédisent de manière significative l’allocation préférentielle de ressources aux membres du groupe d’appartenance lors de tâches expérimentales basées sur le paradigme du groupe minimal. De surcroît, face à une menace identitaire ou à un échec collectif expérimental, les individus affichant une forte estime collective déploient des stratégies d’affirmation intragroupe plus intenses.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle d’estime de soi collective a été établie par l’examen de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle à travers de multiples contextes d’évaluation.

Consistance interne

Dans l’étude princeps de Luhtanen et Crocker (1992), les coefficients alpha de Cronbach (α) ont été documentés comme suit pour chacune des sous-échelles de 4 items :

  • Estime de membre (Membership esteem) : α = 0,73 à 0,76 selon les échantillons.
  • Estime de soi collective publique (Public CSE) : α = 0,78 à 0,83.
  • Estime de soi collective privée (Private CSE) : α = 0,71 à 0,78.
  • Importance pour l’identité (Importance to identity) : α = 0,73 à 0,80.
  • Échelle globale (16 items) : α = 0,83 à 0,88.

Dans les versions adaptées aux contextes raciaux et ethniques (CSE-R), les indices de consistance interne atteignent fréquemment des valeurs encore plus élevées, particulièrement pour la sous-échelle d’importance pour l’identité (α dépassant souvent 0,85) et l’estime privée (α > 0,82), en raison de la saillance accrue de l’ancrage ethnique comparativement à la formulation générique des « groupes sociaux ».

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée par Luhtanen et Crocker sur un intervalle de six semaines au sein d’une sous-cohorte d’étudiants. Les coefficients de corrélation de Pearson révèlent une stabilité temporelle substantielle :

  • Estime de membre : r = 0,58 (p < 0,001)
  • Estime collective publique : r = 0,63 (p < 0,001)
  • Estime collective privée : r = 0,68 (p < 0,001)
  • Importance pour l’identité : r = 0,68 (p < 0,001)
  • Score global composite : r = 0,68 (p < 0,001)

Ces indices confirment que l’estime de soi collective possède les attributs d’un trait psychologique relativement stable dans le temps, tout en conservant une certaine sensibilité aux événements sociopolitiques majeurs et aux contextes intergroupes immédiats.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La genèse de la CSE a reposé sur une démarche factorielle rigoureuse, initiée par une analyse factorielle exploratoire (AFE) sur un pool initial d’items, suivie de validations confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de l’étape de sélection des items, les analyses en composantes principales assorties de rotations obliques (oblimin ou promax) ont mis en évidence l’extraction de quatre facteurs principaux correspondant précisément aux facettes postulées, chacun affichant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0. Les items retenus présentaient tous des saturations factorielles (factor loadings) primaires élevées (généralement supérieures à 0,50 et atteignant jusqu’à 0,82) sur leur facteur théorique de rattachement, tout en présentant des saturations croisées (cross-loadings) minimes (inférieures à 0,25) sur les facteurs non ciblés.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations confirmatoires conduites par Luhtanen et Crocker (1992), puis répliquées par des chercheurs indépendants au cours des décennies suivantes, ont comparé plusieurs structures concurrentes :

  • Modèle unifactoriel : Postulant un facteur général unique d’estime collective sous-tendant l’ensemble des 16 items. Ce modèle s’est avéré inadéquat avec des indices d’ajustement médiocres (χ²/dl élevé, RMSEA > 0,10, CFI/TLI < 0,80).
  • Modèle à quatre facteurs orthogonaux : Postulant une indépendance stricte entre les quatre dimensions, également rejeté pour non-adéquation théorique et statistique.
  • Modèle à quatre facteurs corrélés : Démontre un ajustement excellent aux données empiriques (Goodness-of-Fit Index [GFI] > 0,90, Comparative Fit Index [CFI] > 0,92, Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] compris entre 0,04 et 0,06). Les corrélations inter-facteurs sont modérées, la corrélation la plus élevée s’établissant habituellement entre l’estime de membre et l’estime privée (r ≈ 0,40 à 0,55), ce qui soutient leur différenciation conceptuelle tout en justifiant leur appartenance au même métaconstruit.

Les travaux d’invariance de mesure conduits sur des populations multiethniques (afro-américains, euro-américains, asiatiques-américains, hispaniques) démontrent l’invariance métrique et scalaire de la structure à 4 facteurs, confirmant que l’instrument mesure les mêmes réalités psychologiques à travers divers groupes culturels.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Collective Self-Esteem Scale (CSE) et sa déclinaison Collective Self-Esteem Scale – Race/Ethnicity (CSE-R).
  • Auteurs de référence : Riia Luhtanen et Jennifer Crocker (1992). Extensions par Geoffrey G. Leonardelli et Marilynn B. Brewer (2001), et David M. Tom (2006).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (Self-report inventory).
  • Nombre d’items : 16 items pour l’échelle standardisée (4 items par sous-échelle) ; extensions optionnelles de 4 items pour la satisfaction intragroupe.
  • Structure des sous-échelles :
    • Estime de membre / Membership esteem : Items 1, 5, 9, 13.
    • Estime de soi collective privée / Private collective self-esteem : Items 2, 6, 10, 14.
    • Estime de soi collective publique / Public collective self-esteem : Items 3, 7, 11, 15.
    • Importance pour l’identité / Importance to identity : Items 4, 8, 12, 16.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
    • 1 = strongly disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = moderately disagree (Modérément pas d’accord)
    • 3 = somewhat disagree (Plutôt pas d’accord)
    • 4 = neutral (Neutre)
    • 5 = somewhat agree (Plutôt d’accord)
    • 6 = moderately agree (Modérément d’accord)
    • 7 = strongly agree (Tout à fait d’accord)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Les items formulés négativement doivent impérativement faire l’objet d’un codage inversé préalablement au calcul. Les items à inverser sont les items : 2, 4, 5, 7, 10, 12, 13 et 15 (la formule de recodage étant : Nouveau score = 8 – Ancien score).
    • Pour chaque sous-échelle, le score est calculé en effectuant la moyenne des 4 items correspondants (score oscillant de 1 à 7).
    • Un score composite global d’estime de soi collective peut être calculé par la moyenne des 16 items recodés, bien que l’analyse distincte par sous-échelle soit vivement préconisée en raison de la divergence fonctionnelle des dimensions.
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 à 8 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1992 (version générique CSE) ; adaptations ultérieures en 2001 (Leonardelli & Brewer) et 2006 (Tom).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’Échelle d’estime de soi collective relève du domaine de la recherche universitaire ouverte. Les auteurs ont placé l’échelle à disposition libre pour les travaux de recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale.
  • Tarification : L’utilisation du questionnaire est entièrement gratuite pour les étudiants, chercheurs et universitaires. Aucune redevance ni coût d’acquisition de licence n’est requis pour les contextes de recherche fondamentale.
  • Modalités d’autorisation : Les chercheurs souhaitant administrer l’instrument dans le cadre de leurs études ne nécessitent pas d’autorisation écrite préalable explicite, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de Luhtanen et Crocker (1992) dans leurs publications, rapports et mémoires. Pour toute exploitation commerciale, translationnelle ou interventionnelle lucrative, il convient de contacter directement la titulaire principale des droits (Prof. Jennifer Crocker).

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la CSE sont répertoriées ci-dessous au format APA 7e édition :

  • Crocker, J., & Luhtanen, R. (1990). Collective self-esteem and ingroup bias. Journal of Personality and Social Psychology, 58(1), 60–67. https://doi.org/10.1037/0022-3514.58.1.60
  • Leonardelli, G. G., & Brewer, M. B. (2001). Minority and majority discrimination: When and why. Journal of Experimental Social Psychology, 37(6), 468–485. https://doi.org/10.1006/jesp.2001.1475
  • Luhtanen, R., & Crocker, J. (1992). A collective self-esteem scale: Self-evaluation of one’s social identity. Personality and Social Psychology Bulletin, 18(3), 302–318. https://doi.org/10.1177/0146167292183006
  • Stryker, S., & Serpe, R. T. (1982). Commitment, identity salience, and role behavior: Theory and research example. In W. Ickes & E. S. Knowles (Eds.), Personality, roles, and social behavior (pp. 199–218). Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-9469-3_7
  • Tajfel, H. (1981). Human groups and social categories: Studies in social psychology. Cambridge University Press.
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The social psychology of intergroup relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.
  • Tom, D. M. (2006). Effects of perceived discrimination: Rejection and identification as two distinct pathways and their associated effects (Doctoral dissertation, The Ohio State University). OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center. http://rave.ohiolink.edu/etdc/view?acc_num=osu1135887227

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I am a worthy member of the social groups I belong to.
2

I often regret that I belong to some of the social groups I do.
3

Overall‚ my social groups are considered good by others.
4

Overall‚ my group memberships have very little to do with how I feel about myself.
5

I feel I don't have much to offer to the social groups I belong to.
6

In general‚ I'm glad to be a member of the social groups I belong to.
7

Most people consider my social groups‚ on the average‚ to be more ineffective than other social groups.
8

The social groups I belong to are an important reflection of who I am.
9

I am a cooperative participant in the social groups I belong to.
10

Overall‚ I often feel that the social groups of which I am a member are not worthwhile.
11

In general‚ others respect the social groups that I am a member of.
12

The social groups I belong to are unimportant to my sense of what kind of a person I am.
13

I often feel I'm a useless member of my social groups.
14

I feel good about the social groups I belong to.
15

In general‚ others think that the social groups I am a member of are unworthy.
16

In general‚ belonging to social groups is an important part of my self image.
17

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Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle d’estime de soi collective (CSE & CSE-R). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-estime-de-soi-collective-cse-cser/
Looti, Mohammed. “Échelle d’estime de soi collective (CSE & CSE-R).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-estime-de-soi-collective-cse-cser/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’estime de soi collective (CSE & CSE-R).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-estime-de-soi-collective-cse-cser/.