Échelle d’espoir spécifique aux domaines (DSHS)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’espoir spécifique aux domaines (DSHS) créée par Susannah C. Sympson et C. R. Snyder : cadre théorique, fidélité, validité et items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’espoir spécifique aux domaines (Domain Specific Hope Scale, DSHS), initialement conçue et validée par la psychologue Susannah C. Sympson (1997, 1999) sous la direction de C. R. Snyder à l’Université du Kansas, constitue une extension psychométrique fondamentale du modèle cognitif de l’espoir. Alors que l’échelle générale d’espoir dispositionnel (Adult Trait Hope Scale) mesure une tendance globale et trans-situationnelle, la DSHS a été élaborée afin d’évaluer les variations systématiques du niveau d’espoir qu’un individu manifeste à travers différents contextes de vie majeurs. L’instrument appréhende l’espoir comme un construit cognitif bidimensionnel composé de la « pensée des voies » (pathways thinking, la capacité perçue à générer des itinéraires viables pour atteindre ses objectifs) et de la « pensée agentique » (agency thinking, la motivation perçue et l’autodétermination requises pour initier et soutenir l’effort le long de ces itinéraires).

La DSHS évalue six domaines de vie fondamentaux : les relations sociales (amitiés et relations informelles), les études académiques (scolarité et formation), les relations amoureuses (romantisme et séduction), la vie familiale, le travail (sphère professionnelle et carrière) et les loisirs (activités de temps libre et détente). L’inventaire comprend un total de 48 items fonctionnels (répartis équitablement à raison de 8 items par domaine, dont 4 items évaluant les voies et 4 items évaluant l’agence), complétés par deux items de contrôle attentionnel insérés dans les sous-échelles académique et familiale. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de Likert en 8 points allant de 1 (« Définitivement faux ») à 8 (« Définitivement vrai »).

Les propriétés psychométriques de la DSHS démontrent une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,86 et 0,93 pour l’ensemble des sous-échelles à travers diverses cohortes normatives. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent une structure robuste à six facteurs de premier ordre, tout en confirmant la partition bidimensionnelle interne (agence et voies) au sein de chaque domaine. Dotée d’une excellente validité prédictive et incrémentielle, la DSHS surpasse les mesures globales de l’espoir lorsqu’il s’agit de prédire des critères spécifiques au domaine, tels que la performance académique objective, la satisfaction conjugale ou l’adaptation professionnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’espoir spécifique aux domaines, DSHS, théorie de l’espoir de Snyder, pensée agentique, pensée des voies, psychométrie, psychologie positive, évaluation multidimensionnelle, adaptation académique, bien-être subjectif, relations interpersonnelles, satisfaction au travail.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’espoir spécifique aux domaines a été élaborée principalement par Susannah C. Sympson au cours de ses travaux de maîtrise et de thèse doctorale au sein du Département de psychologie de l’Université du Kansas (Lawrence, Kansas, États-Unis), sous la supervision directe et en collaboration étroite avec le professeur Charles Richard Snyder (1944–2006). C. R. Snyder, pionnier mondial de la psychologie positive et fondateur du modèle théorique de l’espoir (Hope Theory), a apporté la base conceptuelle et méthodologique nécessaire à l’opérationnalisation du construit.

Les publications et validations complémentaires ont ensuite été enrichies par des équipes de chercheurs internationaux, notamment Mohsen Ahmadi Tahour Soltani, Reza Karaminia, Hassan Ahadi et Ali Reza Moradi, qui ont dirigé les travaux de validation transculturelle et d’évaluation des propriétés structurelles de l’instrument sur des cohortes d’étudiants et de professionnels adultes. Les affiliations institutionnelles initiales incluent :

  • Susannah C. Sympson, Ph.D. : University of Kansas, Department of Psychology, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • C. R. Snyder, Ph.D. : Wright Distinguished Professor of Clinical Psychology, University of Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis.
  • Laboratoires associés : Snyder Hope Laboratory, University of Kansas. Pour les questions contemporaines relatives aux droits d’archivage ou aux corpus de recherche, les correspondances sont généralement orientées vers le Département de psychologie de l’Université du Kansas.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la création de la Domain Specific Hope Scale est de pallier les limitations inhérentes aux évaluations unidimensionnelles ou globales du trait d’espoir. Dans les modèles initiaux développés au début des années 1990, tels que l’Adult Trait Hope Scale (ATHS ; Snyder et al., 1991), l’espoir était mesuré comme une propension cognitive générale, stable à travers le temps et uniforme face aux différentes exigences environnementales. Or, les observations cliniques et les données empiriques en psychologie de la personnalité ont rapidement révélé une réalité plus nuancée : un individu peut manifester un niveau d’espoir exceptionnellement élevé dans sa carrière professionnelle (identifiant de multiples stratégies d’avancement et possédant une forte détermination) tout en sombrant dans un sentiment d’impuissance, de pessimisme ou de blocage dans sa vie amoureuse ou familiale.

La DSHS a donc été construite pour fournir une cartographie différentielle et contextualisée des ressources cognitives de l’individu. Sur le plan théorique, l’outil vise à tester l’hypothèse selon laquelle l’évaluation de l’espoir contextualisé à un domaine particulier possède une validité écologique supérieure et offre une puissance prédictive incrémentielle significative par rapport à une mesure générale du trait. Les recherches ont abondamment confirmé cette hypothèse : la sous-échelle d’espoir académique prédit la moyenne cumulative des notes (GPA) et la persévérance universitaire avec une précision bien supérieure à celle de l’échelle d’espoir globale. De même, les scores obtenus à la sous-échelle d’espoir au travail corrèlent plus étroitement avec l’engagement professionnel, l’épuisement au travail (burnout) et l’évaluation du rendement par les pairs que les échelles non contextualisées.

Dans le domaine de la pratique clinique, du conseil conjugal et de l’orientation professionnelle, la DSHS sert d’outil d’évaluation diagnostique fonctionnelle. Elle permet au clinicien ou au conseiller d’identifier avec une grande finesse les zones de résilience sur lesquelles s’appuyer, ainsi que les domaines de vie fragilisés par des déficits cognitifs spécifiques. Par exemple, un thérapeute cognitivo-comportementaliste peut déterminer si le déficit d’un patient dans le domaine social relève d’un problème de « pensée des voies » (incapacité à envisager comment briser la glace ou nouer des contacts) ou d’un déficit d’« agentivité » (manque d’énergie mentale, croyance de non-valeur ou appréhension bloquant l’initiation du comportement). Cette granularité permet de concevoir des interventions thérapeutiques ultra-ciblées, favorisant l’apprentissage de stratégies concrètes de résolution de problèmes ou la restructuration des croyances d’efficacité personnelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique évalué par la DSHS s’articule autour de l’intersection entre le modèle cognitif bidimensionnel de l’espoir de Snyder et six sphères d’existence fondamentales de la vie adulte. Dans la théorie de Snyder, l’espoir n’est pas une simple émotion passive, mais un état cognitif motivationnel résultant de la synergie entre deux composantes interdépendantes et itératives :

  • La pensée agentique (Agency Thinking) : Cette composante reflète la capacité perçue à initier et à maintenir le mouvement motivationnel vers les buts fixés. Elle englobe l’autodétermination, la perception de vitalité psychique, l’énergie mentale dirigée vers l’objectif et les auto-verbalisations positives face à la tâche (ex. : « Je peux y arriver », « Je ne vais pas abandonner »).
  • La pensée des voies (Pathways Thinking) : Cette dimension correspond à la capacité perçue à produire des itinéraires cognitifs efficaces pour atteindre les objectifs visés. Elle implique la planification stratégique, la flexibilité cognitive, la pensée divergente et, de manière déterminante, la capacité à concevoir des voies de contournement alternatives lorsque des obstacles imprévus bloquent le chemin initial.

La DSHS transpose cette architecture bidimensionnelle au sein de six domaines de vie opérationnalisés comme suit :

1. Relations sociales (Social Relationships)

Cette dimension évalue l’aptitude perçue de l’individu à s’intégrer dans des groupes, à nouer des amitiés durables et à initier des interactions avec de nouvelles personnes. L’agentivité sociale implique la volonté proactive d’aller vers autrui et la confiance dans son succès relationnel. Les voies sociales renvoient à la capacité de concevoir des moyens variés pour briser la glace, entretenir la conversation et surmonter la timidité ou l’inaccessibilité apparente d’autrui.

2. Études et formation académique (Academics)

Ce domaine mesure l’orientation vers la réussite scolaire ou universitaire. L’agentivité académique se traduit par une poursuite vigoureuse des travaux scolaires et la conviction intime de pouvoir obtenir les notes désirées. Les voies académiques englobent la diversité des méthodes d’apprentissage, la recherche active de solutions face aux matières difficiles et l’élaboration de stratégies d’étude modulables en cas d’échec partiel.

3. Relations amoureuses (Romantic Relationships)

La sphère amoureuse évalue la dynamique d’espoir dans le cadre de la séduction, de l’engagement intime et du maintien du couple. L’agentivité amoureuse reflète la confiance en son attractivité, l’énergie investie dans la quête d’un partenaire et la persévérance sentimentale. Les voies amoureuses mesurent la créativité relationnelle, la capacité à capter l’attention de la personne désirée et l’aptitude à négocier les tensions et à renouveler l’intérêt mutuel au sein de la relation.

4. Vie familiale (Family Life)

Cette sous-échelle explore la qualité des liens avec la famille d’origine ou la famille nucléaire. L’agentivité familiale se manifeste par l’investissement continu dans la cohésion du foyer et la conviction d’avoir des relations satisfaisantes. Les voies familiales portent sur la flexibilité communicationnelle, la capacité à trouver des modes de résolution des conflits familiaux et l’habileté à intégrer la famille dans les projets individuels significatifs.

5. Sphère professionnelle et travail (Work)

Cette dimension quantifie l’espoir appliqué à la carrière, à la recherche d’emploi et au fonctionnement en milieu professionnel. L’agentivité professionnelle inclut le dynamisme dans les tâches quotidiennes, l’ambition et la conviction d’avoir un parcours solide. Les voies professionnelles reflètent l’aptitude à identifier de multiples pistes pour trouver un emploi, impressionner un supérieur, surmonter des conditions de travail médiocres ou résoudre des défis techniques complexes.

6. Loisirs et temps libre (Leisure Activities)

Ce domaine évalue la capacité de l’individu à organiser et à apprécier des activités récréatives ressourçantes. L’agentivité liée aux loisirs traduit l’engagement enthousiaste dans des passe-temps et la capacité à s’affranchir du jugement d’autrui quant à ces choix. Les voies récréatives mesurent l’ingéniosité déployée pour dégager du temps libre et la faculté de trouver immédiatement des alternatives attrayantes lorsqu’un plan de détente initial est contrarié.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de la DSHS s’enracine directement dans la théorie de l’espoir conceptualisée par C. R. Snyder (1991, 1994, 2002). Ce modèle s’inscrit au cœur du mouvement cognitif en psychologie et se distingue nettement des conceptualisations traditionnelles qui réduisaient l’espoir à une simple attente passive ou à une émotion floue de soulagement futur. Snyder redéfinit l’espoir comme un processus cognitif téléologique (orienté vers des buts) et structuré autour d’une triade dynamique : Buts (Goals), Voies (Pathways) et Agentivité (Agency).

Dans ce modèle, les buts constituent le point d’ancrage de la pensée humaine. Pour qu’un but suscite de l’espoir, il doit posséder une valeur subjective substantielle et se situer dans une zone d’incertitude intermédiaire : un but dont la réalisation est totalement garantie ou, au contraire, rigoureusement impossible, ne mobilise pas le système cognitif de l’espoir. Une fois le but activé, deux processus cognitifs s’alimentent mutuellement de manière séquentielle et récursive :

  1. La pensée des voies permet à l’individu de cartographier la trajectoire nécessaire pour combler l’écart entre le point de départ et l’état final désiré. Cette composante fait écho aux théories de la résolution de problèmes et de la planification stratégique. Les individus présentant un score élevé de voies produisent spontanément plusieurs routes concurrentes et sont capables de contourner mentalement les obstacles avant même qu’ils ne se manifestent concrètement.
  2. La pensée agentique fournit le moteur motivationnel indispensable à l’activation des voies. Proche sur certains aspects du sentiment d’auto-efficacité théorisé par Albert Bandura (1997), l’agentivité chez Snyder s’en distingue par son caractère transversal : elle n’est pas uniquement liée à la conviction d’exécuter un comportement technique spécifique dans un contexte strict, mais reflète la détermination globale et la force motivationnelle à poursuivre l’objectif en dépit des revers.

La création de la DSHS par Sympson s’appuie également sur la théorie hiérarchique de la motivation et de la personnalité, similaire au modèle hiérarchique de la motivation intrinsèque et extrinsèque de Vallerand (1997). Selon cette perspective, les traits psychologiques existent à trois niveaux d’abstraction : global (dispositionnel trans-situationnel), contextuel (spécifique à un domaine de vie donné) et situationnel (état ponctuel à un instant t). Alors que l’échelle d’espoir générale (Snyder et al., 1991) opère au niveau global et que l’échelle d’espoir-état (State Hope Scale ; Snyder et al., 1996) évalue le niveau situationnel immédiat, la DSHS s’ancre précisément au niveau contextuel. Les individus développent, au fil de leurs histoires d’apprentissage et de renforcement différentiel, des schémas cognitifs d’espoir distincts pour chaque sphère d’activité. Ainsi, les échecs répétés dans un domaine précis (par exemple, des ruptures sentimentales) peuvent éroder l’espoir amoureux tout en laissant intact l’espoir professionnel si les expériences de carrière ont été couronnées de succès.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques relatives à la validité de la DSHS ont été rigoureusement établies à travers de multiples investigations psychométriques, tant dans des contextes nord-américains (Sympson, 1999 ; Snyder, 2002) qu’internationaux (notamment par Ahmadi Tahour Soltani et al., 2012).

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et modérées à fortes avec des mesures psychologiques conceptuellement apparentées. Les scores globaux et sectoriels de la DSHS corrèlent positivement avec l’Adult Trait Hope Scale (corrélations de Pearson variant généralement entre r = 0,50 et r = 0,72 selon les domaines), ce qui confirme que la DSHS capture bien le construit fondamental de l’espoir tout en mesurant une variance spécifique non expliquée par l’échelle globale. Des corrélations positives modérées sont également observées avec l’échelle d’optimisme dispositionnel (Life Orientation Test – Revised, LOT-R ; r entre 0,40 et 0,55) et l’Échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem (r entre 0,45 et 0,60). Dans le domaine de la santé psychologique, les sous-échelles de la DSHS présentent des associations positives solides avec l’Échelle de satisfaction de vie de Diener (SWLS ; r = 0,38 à 0,58) et les mesures de l’estime de soi de Rosenberg (r = 0,42 à 0,61).

Validité discriminante

La validité discriminante est étayée par des corrélations négatives systématiques et robustes avec des construits de détresse psychologique. Les domaines de la DSHS sont inversement corrélés avec les scores de dépression mesurés par l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI-II ; r oscillant entre -0,35 et -0,52) et avec l’anxiété-trait mesurée par le STAI de Spielberger (r entre -0,30 et -0,48). De surcroît, les corrélations inter-domaines au sein même de la DSHS démontrent que les six sous-échelles ne sont pas redondantes : les coefficients de corrélation bivariée entre domaines varient généralement entre r = 0,25 (par exemple, entre l’espoir amoureux et l’espoir académique) et r = 0,55 (entre l’espoir au travail et l’espoir académique), confirmant ainsi l’indépendance relative des six dimensions contextuelles.

Validité prédictive et incrémentielle

La valeur ajoutée majeure de la DSHS réside dans sa validité incrémentielle. Dans des modèles de régression multiple hiérarchique contrôlant pour l’espoir global (ATHS), l’optimisme (LOT-R) et l’auto-efficacité générale, les sous-échelles de la DSHS expliquent une part de variance unique et significative des critères comportementaux spécifiques :

  • La sous-échelle Académique prédit de manière incrémentielle la moyenne générale cumulative (GPA) des étudiants universitaires (ΔR² significatif de 4 % à 8 %) et la persistance académique au-delà de l’intelligence générale et de l’espoir dispositionnel global.
  • La sous-échelle Travail prédit significativement la satisfaction au travail, l’engagement organisationnel et des scores réduits d’épuisement émotionnel professionnel.
  • La sous-échelle Relations amoureuses prédit l’ajustement dyadique, la résolution constructive des conflits au sein du couple et la longévité de la relation de manière nettement supérieure à l’échelle d’espoir générale.

8. Fidélité / Reliability

Les études empiriques évaluant les propriétés de fidélité de la DSHS rapportent des indices métrologiques d’une grande robustesse, attestant de la précision de mesure de l’instrument.

Consistance interne

La consistance interne des sous-échelles a été examinée à travers divers échantillons normatifs d’étudiants collégiaux, d’adultes en population générale et de populations cliniques. Les coefficients alpha de Cronbach (α) rapportés par Sympson (1999), ainsi que par les études de réplication indépendantes (par exemple, Simmons & Lehmann, 2013 ; Ahmadi Tahour Soltani et al., 2012), se situent systématiquement au-delà des seuils conventionnels d’acceptabilité psychométrique (0,70 ou 0,80) :

  • Relations sociales : α = 0,86 à 0,90
  • Études académiques : α = 0,88 à 0,93
  • Relations amoureuses : α = 0,89 à 0,92
  • Vie familiale : α = 0,87 à 0,91
  • Travail : α = 0,88 à 0,92
  • Loisirs : α = 0,85 à 0,89
  • Score total composite de la DSHS : α ≥ 0,93 à 0,96

De plus, les corrélations item-total corrigées pour l’ensemble des 48 items fonctionnels dépassent couramment 0,55, témoignant d’une forte homogénéité des énoncés au sein de leurs sous-échelles respectives.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur plusieurs intervalles de temps. Sur une période de 3 à 4 semaines, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) ou corrélations de Pearson test-retest se situent entre 0,78 et 0,85 pour l’ensemble des sous-échelles, confirmant le statut dispositionnel et contextuel stable de ces construits. Sur des intervalles plus longs de 8 à 10 semaines, les corrélations restent substantielles (r = 0,70 à 0,79), tout en reflétant une légère sensibilité aux événements de vie majeurs survenus dans un domaine donné (par exemple, une rupture amoureuse ou une perte d’emploi), ce qui corrobore la sensibilité au changement contextuel de l’instrument sans compromettre sa fiabilité structurelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la DSHS a fait l’objet de nombreuses vérifications par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), apportant la confirmation de son architecture multidimensionnelle.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de la phase de développement initial menée par Sympson (1997, 1999) sur de vastes échantillons universitaires, l’analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a systématiquement extrait six facteurs distincts avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant conjointement plus de 60 % de la variance totale des items. Chaque groupe de 8 items s’est saturé de manière univoque et substantielle sur son facteur de domaine théorique respectif, avec des saturations factorielles comprises entre 0,58 et 0,86. Les saturations croisées (cross-loadings) sur d’autres domaines sont restées marginales (généralement ≤ 0,25), démontrant une excellente pureté factorielle des sous-échelles.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles ont comparé plusieurs modèles concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel à un seul facteur général d’espoir (ajustement très médiocre : RMSEA > 0,12, CFI < 0,70).
  2. Un modèle à deux facteurs orthogonaux ou corrélés (Agence globale vs Voies globales ; ajustement insuffisant).
  3. Un modèle à six facteurs corrélés représentant les six domaines de vie.
  4. Un modèle hiérarchique de second ordre où les six facteurs de domaines sont sous-tendus par un facteur d’espoir de second ordre.
  5. Un modèle bifactoriel intégrant un facteur général d’espoir et six facteurs spécifiques de domaine.

Les résultats d’AFC (Sympson, 1999 ; Ahmadi Tahour Soltani et al., 2012) indiquent que le modèle à six facteurs corrélés et le modèle bifactoriel présentent d’excellents indices d’adéquation aux données :

  • Ratio Chi-deux / degrés de liberté (χ²/ddl) ≤ 2,15
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,046 à 0,058 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,06)
  • Comparative Fit Index (CFI) = 0,93 à 0,96
  • Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,92 à 0,95
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,042 à 0,051

De plus, lorsque des analyses factorielles confirmatoires sont conduites à l’intérieur de chaque domaine individuel, les modèles confirmatoires à deux facteurs inter-corrélés (4 items d’agence et 4 items de voies) s’ajustent remarquablement bien aux données empiriques, confirmant que la structure duale de Snyder (agence/voies) opère fidèlement au sein de chaque secteur de vie investigué.

10. Instrument de mesure / Instrument

La Domain Specific Hope Scale est un questionnaire psychométrique auto-rapporté conçu pour une passation rapide, claire et standardisée.

  • Nombre total d’items : 50 items au total (48 items d’évaluation fonctionnelle de l’espoir et 2 items d’attention / contrôle de validité).
  • Structure des sous-échelles : Exactement 8 items fonctionnels par domaine (4 items de pensée agentique et 4 items de pensée des voies) :
    • Relations sociales (Social Relationships) : 8 items
    • Études académiques (Academics) : 8 items (+ 1 item d’attention = 9 items au bloc)
    • Relations amoureuses (Romantic Relationships) : 8 items
    • Vie familiale (Family Life) : 8 items (+ 1 item d’attention = 9 items au bloc)
    • Travail (Work) : 8 items
    • Loisirs (Leisure Activities) : 8 items
  • Items d’attention / contrôle : Deux items d’assurance qualité des données sont inclus pour repérer les réponses aléatoires ou le désengagement cognitif :
    • Item 9 du bloc Académique : « If you read this question, place an X on the line. »
    • Item 4 du bloc Vie familiale : « If you can read this, place an X on the line. »
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 8 points ordonnés, variant de 1 à 8 :
    • 1 = Definitely false (Définitivement faux)
    • 2 = Mostly false (Presque faux)
    • 3 = Somewhat false (Plutôt faux)
    • 4 = Slightly false (Légèrement faux)
    • 5 = Slightly true (Légèrement vrai)
    • 6 = Somewhat true (Plutôt vrai)
    • 7 = Mostly true (Presque vrai)
    • 8 = Definitely true (Définitivement vrai)
  • Modalités de cotation et de calcul des scores :
    • Aucun item n’est inversé (tous les items fonctionnels sont formulés positivement).
    • Score de sous-échelle (domaine) : Somme des 8 items fonctionnels du domaine. Les scores par domaine varient de 8 à 64 points. Un score plus élevé indique un niveau d’espoir supérieur dans le domaine considéré.
    • Sous-scores Agence et Voies par domaine : Possibilité de calculer un sous-score d’agence (somme des 4 items d’agence, étendue de 4 à 32) et un sous-score de voies (somme des 4 items de voies, étendue de 4 à 32).
    • Score total d’espoir composite : Somme des 48 items fonctionnels (étendue de 48 à 384 points). Bien que calculable, l’usage clinique et empirique recommande de privilégier les profils sectoriels par domaine pour conserver la granularité informationnelle de l’outil.
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Public cible : Adultes et adolescents à partir de 16-17 ans (étudiants, populations professionnelles, patients en suivi psychologique, participants à des recherches en sciences sociales).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1997 (manuscrit exploratoire) et 1999 (dissertation doctorale de Susannah C. Sympson, Université du Kansas). Publications complémentaires en ouvrages spécialisés en 2013 (Simmons & Lehmann).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’échelle relève du domaine de la recherche académique ouverte. Conformément à la volonté de C. R. Snyder et de ses collaborateurs de promouvoir la diffusion des instruments de la psychologie positive, la DSHS est disponible gratuitement pour les chercheurs, étudiants et praticiens cliniciens à des fins d’évaluation, d’enseignement ou d’investigation scientifique non commerciale.
  • Tarification : Accès libre de droits (gratuit / open-access pour les contextes académiques et cliniques sans but lucratif). Aucune redevance n’est exigée pour l’administration du test sous format papier ou numérique dans le cadre de recherches universitaires.
  • Conditions d’utilisation : Toute utilisation ou diffusion dans le cadre de thèses, d’articles à comité de lecture ou de rapports cliniques doit citer de manière appropriée les travaux originaux de Sympson (1999) et Snyder et al. (1996, 2002). Pour tout usage dans un cadre commercial propriétaire ou dans le développement de progiciels lucratifs, une autorisation formelle auprès des ayants droit ou des éditeurs détenteurs des droits de reproduction dérivés est requise.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes fournissent les bases théoriques, psychométriques et empiriques de l’échelle :

  • Ahmadi Tahour Soltani, M., Karaminia, R., Ahadi, H., & Moradi, A. R. (2012). Validation of the Adult Domain-Specific Hope Scale in Iranian Postgraduate Students. Zahedan Journal of Research in Medical Sciences, 14(9), 35–41.
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
  • Diener, E., Emmons, R. A., Larsen, R. J., & Griffin, S. (1985). The Satisfaction With Life Scale. Journal of Personality Assessment, 49(1), 71–75. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4901_13
  • Scheier, M. F., & Carver, C. S. (1985). Optimism, coping, and health: Assessment and implications of generalized outcome expectancies. Health Psychology, 4(3), 219–247. https://doi.org/10.1037/0278-6133.4.3.219
  • Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Tools for strengths-based assessment and evaluation. Springer Publishing Company. (DSHS reproduite aux pp. 191–194).
  • Snyder, C. R. (1994). The psychology of hope: You can get there from here. Free Press.
  • Snyder, C. R. (2000). Handbook of hope: Theory, measures, and applications. Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-012654050-5/50003-8
  • Snyder, C. R. (2002). Hope theory: Rainbows in the mind. Psychological Inquiry, 13(4), 249–275. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1304_01
  • Snyder, C. R., Harris, C., Anderson, J. R., Holleran, S. A., Irving, L. M., Sigmon, S. T., Yoshinobu, L., Gibb, J., Langelle, C., & Harney, P. (1991). The will and the ways: Development and validation of an individual-differences measure of hope. Journal of Personality and Social Psychology, 60(4), 570–585. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.4.570
  • Snyder, C. R., Sympson, S. C., Ybasco, F. C., Borders, T. F., Babyak, M. A., & Higgins, R. L. (1996). Development and validation of the State Hope Scale. Journal of Personality and Social Psychology, 70(2), 321–335. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.2.321
  • Sympson, S. C. (1993). Construction and validation of a state hope measure: A month in the lives of college students [Master’s thesis, University of Kansas]. Lawrence, KS.
  • Sympson, S. C. (1997). Domain specific hope: An exploratory study [Unpublished manuscript]. Department of Psychology, University of Kansas, Lawrence, KS.
  • Sympson, S. C. (1999). Validation of the Domain Specific Hope Scale: Exploring hope in life domains [Doctoral dissertation, University of Kansas]. UMI Dissertation Services.
  • Vallerand, R. J. (1997). Toward a hierarchical model of intrinsic and extrinsic motivation. In M. P. Zanna (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 29, pp. 271–360). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60019-2

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I can think of many ways to make friends.
2

I actively pursue friendships.
3

There are lots of ways to meet new people.
4

I can think of many ways to be included in the groups that are important to me.
5

I’ve been pretty successful where friendships are concerned.
6

Even when someone seems unapproachable‚ I know I can find a way to break the ice.
7

My past social experiences have prepared me to make friends in the future.
8

When I meet someone I want to be friends with‚ I usually succeed.
9

If you read this question‚ place an X on the line.
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Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle d’espoir spécifique aux domaines (DSHS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-specifique-aux-domaines-dshs/
Looti, Mohammed. “Échelle d’espoir spécifique aux domaines (DSHS).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-specifique-aux-domaines-dshs/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’espoir spécifique aux domaines (DSHS).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-espoir-specifique-aux-domaines-dshs/.