1. Résumé
L’Échelle d’engagement sur les réseaux sociaux (en anglais, Social Media Engagement Scale ou SMES), développée et validée empiriquement par Bruno Schivinski, George Christodoulides et Dariusz Dabrowski (2016), constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour opérationnaliser et quantifier les comportements d’engagement des consommateurs envers le contenu lié aux marques sur les plateformes numériques de médias sociaux. Ancrée conceptuellement dans le modèle typologique des comportements des consommateurs en ligne liés à la marque (COBRA, pour Consumers’ Online Brand-Related Activities) formulé par Muntinga et ses collaborateurs, ainsi que dans le modèle élargi des 6Cs, cette échelle multidimensionnelle conceptualise l’engagement non pas comme une simple attitude passive ou une intention transactionnelle, mais comme un continuum comportemental structuré en trois paliers hiérarchiques distincts : la consommation passive (consumption), la contribution active (contribution) et la création proactive de contenu (creation).
L’instrument se compose de 11 items mesurés à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les analyses psychométriques issues des études de validation initiales et subséquentes démontrent des qualités métrologiques remarquables. L’analyse factorielle confirmatoire (AFC) corrobore une structure à trois facteurs de premier ordre corrélés, avec des indices d’ajustement robustes (ex. RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,95 ; TLI > 0,95 ; SRMR < 0,05). La cohérence interne de chaque dimension dépasse largement les seuils conventionnels, affichant des coefficients Alpha de Cronbach et des indices de fiabilité composite (CR) systématiquement supérieurs à 0,80. De surcroît, la validité convergente est étayée par une variance moyenne extraite (AVE) supérieure à 0,50 pour toutes les sous-échelles, tandis que le critère de Fornell-Larcker et le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT) confirment une excellente validité discriminante. La SMES s’impose aujourd’hui comme l’outil privilégié tant dans la recherche académique en marketing digital et en psychologie du consommateur que dans l’audit stratégique des communautés virtuelles de marques.
2. Mots-clés
Engagement sur les réseaux sociaux, Comportement du consommateur, COBRA, Contenu généré par l’utilisateur, Psychométrie, Validité factorielle, Marketing digital, Consommation de contenu, Co-création de valeur, Fidélité à la marque, Échelle de Likert.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et standardisée par un collectif de chercheurs internationaux spécialisés en marketing stratégique, comportement du consommateur et modélisation psychométrique :
- Bruno Schivinski, Ph.D. : Professeur associé / Maître de conférences en marketing digital et psychométrie appliquée. Affilié notamment à la School of Media and Communication de la RMIT University (Australie) et anciennement à Birkbeck, University of London (Royaume-Uni). Courriel de contact institutionnel :
[email protected]. - George Christodoulides, Ph.D. : Professeur titulaire de marketing et titulaire de chaire en gestion de la marque. Affilié à la Business School de l’American University of Sharjah (Émirats Arabes Unis) et précédemment professeur à Birkbeck, University of London. Spécialiste mondialement reconnu de la valeur de marque (brand equity) sur Internet.
- Dariusz Dabrowski, Ph.D. Hab. : Professeur titulaire de sciences de gestion et de marketing à la Faculté de Management et d’Économie de l’Université de Technologie de Gdańsk (Gdańsk University of Technology, Pologne). Ses travaux portent sur le développement de nouveaux produits, l’orientation marché et la modélisation statistique avancée.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Social Media Engagement Scale (SMES) est de fournir aux chercheurs et aux praticiens une mesure empirique standardisée, rigoureuse et parcimonieuse de l’engagement comportemental des consommateurs envers les contenus de marque diffusés au sein de l’écosystème des médias sociaux (Facebook, Instagram, YouTube, X/Twitter, TikTok, etc.). Avant le développement de cet instrument par Schivinski et ses collègues en 2016, la littérature scientifique souffrait d’un fractionnement conceptuel majeur : les chercheurs confondaient régulièrement l’engagement comportemental avec des mesures d’attitudes générales (telles que l’attachement à la marque ou l’implication cognitive), ou recouraient à des indicateurs numériques superficiels (dits métriques vaniteuses ou vanity metrics, tels que le simple décompte de clics ou de mentions « j’aime » anonymes), lesquels échouaient à capturer la profondeur psychologique et la nature nuancée de l’expérience utilisateur.
Sur le plan de la justification théorique, la SMES comble cette lacune en opérationnalisant l’engagement sous l’angle d’une gradation d’investissements de ressources individuelles (temps, énergie cognitive, capital social et compétence créative). Les plateformes numériques contemporaines ne positionnent plus le consommateur comme un récepteur passif d’injections publicitaires unilatérales ; il participe activement à la construction de la signification de la marque. Il devenait impératif de concevoir un instrument psychométrique capable d’isoler les paliers d’interaction : de la consultation silencieuse d’informations (consommation), à l’approbation publique et la rediffusion sociale (contribution), jusqu’à la production autonome d’artefacts culturels et symboliques valorisant ou critiquant la marque (création).
En recherche académique, l’échelle permet de tester des modèles structurels complexes explorant les antécédents psychologiques de l’engagement — tels que le besoin d’auto-expression, l’identification sociale ou la recherche de gratifications informationnelles et hédoniques — ainsi que ses conséquences directes sur le capital de marque basé sur le client (Consumer-Based Brand Equity), la confiance envers la marque et l’intention d’achat réelle. Dans le champ des applications professionnelles et de l’audit stratégique, la SMES offre aux gestionnaires de communautés et aux directeurs marketing un diagnostic granulaire de la vitalité de leurs audiences numériques, permettant d’identifier la proportion d’utilisateurs engagés dans chaque niveau comportemental et d’optimiser en conséquence les campagnes de marketing d’influence ou de co-création.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique d’engagement du consommateur sur les réseaux sociaux opérationnalisé par la SMES repose sur une structure tridimensionnelle hiérarchique fondée sur le continuum comportemental COBRA. L’engagement y est défini comme une manifestation comportementale spécifique, orientée vers une marque commerciale, déclenchée par des motivations sous-jacentes et s’exprimant par des interactions directes avec des contenus textuels, visuels ou audiovisuels.
1. La Consommation passive (Consumption)
Cette dimension représente le premier niveau d’interaction comportementale, caractérisé par une absorption réceptive et un investissement minimal de ressources personnelles sans manifestation publique immédiate. L’utilisateur adopte une posture de spectateur ou de lecteur (souvent qualifiée de lurking dans la sociologie d’Internet). Il s’agit de la modalité comportementale la plus répandue au sein des plateformes numériques.
- Composantes comportementales : Lecture de publications de marque, consultation d’avis rédigés par d’autres consommateurs, visionnage d’images, de photographies de produits ou de vidéos institutionnelles et tutoriels.
- Exemple empirique : Un utilisateur parcourt le fil d’actualité d’une marque de matériel photographique pour consulter les fiches techniques et observer les clichés réalisés par des professionnels, sans toutefois cliquer sur « j’aime », ni déposer de commentaire, ni repartager le contenu sur son propre profil.
- Mécanisme psychologique : Recherche d’information, gratification cognitive, surveillance de l’environnement et divertissement passif sans risque réputationnel.
2. La Contribution active (Contribution)
Le deuxième palier comportemental implique une participation active de l’utilisateur qui interagit visiblement avec des contenus préexistants créés soit par la marque, soit par d’autres pairs. Cette dimension requiert un niveau d’engagement intermédiaire et une exposition sociale modérée, l’utilisateur associant publiquement son identité numérique au contenu évalué.
- Composantes comportementales : Attribution d’une mention d’approbation (« like », « j’aime », réactions émotives), rédaction de commentaires sous des publications, partage ou republication (retweet, re-post) de médias vers son propre réseau social, et participation à des fils de discussion interactifs.
- Exemple empirique : Réagir par un « j’aime » à une vidéo annonçant la sortie d’une nouvelle chaussure de course, puis rédiger un commentaire sous la publication pour demander des précisions sur l’amorti ou approuver les propos d’un autre coureur.
- Mécanisme psychologique : Approbation sociale, renforcement de l’appartenance à une communauté de marque, auto-présentation publique et conversation bidirectionnelle.
3. La Création proactive (Creation)
Le sommet de la pyramide d’engagement correspond à la création proactive de contenu généré par l’utilisateur (User-Generated Content ou UGC). C’est le palier le plus exigeant, demandant un investissement substantiel en temps, en créativité, en compétences techniques et en implication identitaire.
- Composantes comportementales : Rédaction d’articles de fond, d’évaluations détaillées ou de billets de blog consacrés à la marque, téléversement de photographies ou de vidéos originales mettant en scène le produit, et conception d’œuvres dérivées numériques (mèmes, montages graphiques, remix audiovisuels).
- Exemple empirique : Tourner, monter et publier sur YouTube ou TikTok une vidéo de déballage (« unboxing ») et de test critique d’un smartphone, ou concevoir une infographie comparative et la diffuser sur les réseaux sociaux.
- Mécanisme psychologique : Co-création de valeur, forte identification à la marque, besoin d’affirmation personnelle, quête d’influence et expression créative de soi.
6. Cadre théorique
L’élaboration de la SMES s’articule à l’intersection de plusieurs cadres théoriques fondamentaux issus des sciences de la communication, de la psychologie cognitive et du marketing comportemental :
La Théorie des Usages et Gratifications (Uses and Gratifications Theory – UGT)
Développée initialement par Elihu Katz, Jay Blumler et Michael Gurevitch (1974), l’UGT postule que les individus sélectionnent et utilisent activement des médias spécifiques pour satisfaire des besoins psychologiques et sociaux distincts. Transposée à l’environnement des plateformes sociales (Ruggiero, 2000), cette théorie éclaire directement la structuration tripartite de la SMES :
- Le comportement de consommation répond à des besoins cognitifs (acquisition de connaissances, surveillance fonctionnelle) et hédoniques (évasion, plaisir esthétique).
- Le comportement de contribution satisfait des besoins d’intégration sociale, d’interaction affiliative et de gestion d’image personnelle au sein du groupe de pairs.
- Le comportement de création comble des besoins supérieurs de valorisation du statut personnel, d’autonomie, de compétence et d’auto-expression identitaire.
La typologie COBRA et le modèle des 6Cs
Sur le plan conceptuel immédiat, la SMES opérationnalise directement la typologie COBRA (Consumers’ Online Brand-Related Activities) formulée par Muntinga, Moorman et Smit (2011). Ces auteurs ont été les premiers à théoriser que l’engagement numérique envers une marque n’est pas un concept unitaire binaire (engagé vs non-engagé), mais une échelle comportementale continue structurée en trois niveaux hiérarchiques progressifs. Schivinski et ses collaborateurs ont également articulé cette conceptualisation avec le modèle synthétique des « 6Cs » du marketing des médias sociaux (Kietzmann et al., 2011), qui formalise les dynamiques d’interaction entre le contenu, la conversation, la communauté et la création de valeur partagée.
La Théorie de l’Autodétermination et la Co-création de Valeur
Le passage d’un palier passif à un palier actif et créatif s’aligne étroitement sur la Théorie de l’Autodétermination de Deci et Ryan (2000). La motivation extrinsèque (recherche d’une promotion, gain de visibilité) peut initier la contribution, mais la création autonome de contenu reflète une motivation intrinsèque profonde et un sentiment de compétence et d’autonomie psychologique. Parallèlement, dans le paradigme de la logique dominante des services (Service-Dominant Logic de Vargo et Lusch), le consommateur n’est plus un simple destinataire passif de la valeur produite unilatéralement par l’entreprise, mais un co-créateur de valeur actively engagé dans la construction sociale et sémiotique de la réputation de la marque.
7. Validité
La validité scientifique de la SMES a fait l’objet d’un processus rigoureux de validation psychométrique en plusieurs étapes lors de sa publication originale par Schivinski, Christodoulides et Dabrowski (2016), puis au travers de réplications empiriques internationales.
Validité de contenu et validité faciale
La génération initiale des items s’est appuyée sur une revue systématique de la littérature relative aux comportements en ligne et aux métriques digitales, complétée par des entretiens qualitatifs exploratoires auprès de consommateurs actifs. Un panel d’experts académiques en méthodologie psychométrique et en marketing numérique a ensuite évalué la clarté, la pertinence conceptuelle et la représentativité de chaque énoncé par rapport aux définitions théoriques de la consommation, de la contribution et de la création. Seuls les items présentant un indice de validité de contenu (CVI) supérieur à 0,85 ont été retenus.
Validité convergente
La validité convergente a été établie via l’examen des saturations factorielles standardisées ($lambda$), des fiabilités composites (CR) et de la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) :
- Toutes les saturations factorielles standardisées des 11 items sont statistiquement significatives ($p < 0,001$) et oscillent entre 0,72 et 0,91, excédant largement le critère conventionnel de 0,50 voire 0,70.
- La variance moyenne extraite (AVE) pour chaque construit dépasse le seuil prescrit de 0,50 : l’AVE de la dimension Consommation s’établit généralement au-delà de 0,65, celle de la Contribution au-delà de 0,60, et celle de la Création dépasse 0,70. Ces valeurs démontrent que la majorité de la variance des indicateurs est capturée par les construits théoriques latents respectifs plutôt que par l’erreur de mesure.
Validité discriminante
La distinction empirique entre les trois dimensions a été vérifiée selon deux protocoles rigoureux :
- Critère de Fornell-Larcker : Pour chaque dimension latente, la racine carrée de l’AVE ($\sqrt{AVE}$) est nettement supérieure aux coefficients de corrélation inter-facteurs ($r$). Par exemple, la corrélation la plus élevée observée entre la contribution et la création ($r \approx 0,58$ à $0,68$) demeure substantiellement inférieure à leurs racines carrées d’AVE respectives ($> 0,77$).
- Ratio Hétérotrait-Monotrait (HTMT) : Dans les réanalyses modernes de l’échelle à l’aide des approches PLS-SEM ou CB-SEM, tous les ratios HTMT se situent sous le seuil conservateur de 0,85, attestant sans ambiguïté que la consommation, la contribution et la création représentent des entités psychologiques conceptuellement et statistiquement autonomes.
Validité nomologique et prédictive
La validité prédictive a été démontrée par l’intégration de la SMES au sein de modèles d’équations structurelles (SEM) évaluant son impact sur le capital de marque perçu (sensibilité au prix, notoriété de la marque, image de marque, fidélité perçue). L’étude originale de Schivinski et ses collaborateurs a prouvé que :
- La création et la contribution exercent une influence positive, statistiquement significative et directe sur la fidélité à la marque et l’intention d’achat du consommateur.
- La consommation passive joue un rôle précurseur déterminant sur la notoriété et la familiarité de la marque, sans nécessairement suffire à stimuler la fidélité comportementale sans le relais de la contribution active.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité et de précision de la SMES ont été vérifiées sur divers échantillons indépendants (notamment auprès d’utilisateurs de réseaux sociaux en Pologne et au Royaume-Uni lors des phases initiales, totalisant plus de 1 000 participants) :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
L’évaluation de la cohérence interne révèle des coefficients exceptionnellement robustes :
- Sous-échelle Consommation (Items 1 à 3) : L’alpha de Cronbach ($lpha$) se situe systématiquement entre 0,83 et 0,89 selon les études et les échantillons. La fiabilité composite (CR ou $\omega$ de McDonald) s’élève à environ 0,86.
- Sous-échelle Contribution (Items 4 à 7) : L’alpha de Cronbach oscille entre 0,85 et 0,91, avec un coefficient de fiabilité composite dépassant 0,88.
- Sous-échelle Création (Items 8 à 11) : L’alpha de Cronbach s’établit entre 0,88 et 0,93, avec une fiabilité composite supérieure à 0,90.
- Échelle Globale (11 items) : Bien que le modèle théorique préconise le traitement multidimensionnel, l’alpha global de l’instrument s’élève à plus de 0,92.
Corrélations item-total et fidélité test-retest
Les corrélations item-total corrigées pour l’ensemble des 11 items sont toutes supérieures à 0,60, indiquant qu’aucun énoncé ne dévie de l’axe factoriel auquel il est théoriquement assigné. L’élimination d’un quelconque item ne produit aucune augmentation significative de l’alpha global. De plus, les évaluations test-retest administrées à des intervalles de 3 à 4 semaines sur des panels universitaires indiquent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) supérieurs à 0,78 ($p < 0,001$), démontrant la stabilité temporelle des profils d’engagement en l’absence de modifications substantielles de la politique de publication des marques évaluées.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle de la SMES a été examinée et validée par une démarche séquentielle associant une Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) sur un premier sous-échantillon d’étalonnage, suivie d’une Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) sur un échantillon de validation indépendant.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
L’AFE conduite avec la méthode d’extraction en axes principaux et une rotation oblique (Promax ou Oblimin, justifiée par la corrélation théorique entre les composantes de l’engagement) a confirmé la présence de trois facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1 (critère de Kaiser) :
- Facteur 1 (Création) : valeur propre > 4,8, expliquant plus de 43 % de la variance totale.
- Facteur 2 (Contribution) : valeur propre > 1,9, expliquant environ 17 % de la variance.
- Facteur 3 (Consommation) : valeur propre > 1,2, expliquant environ 11 % de la variance.
- La variance totale cumulée expliquée par les trois facteurs dépasse 71 %, ce qui témoigne d’un pouvoir explicatif remarquable pour un instrument de 11 énoncés. Aucune saturation croisée (cross-loading) n’excédait le seuil critique de 0,30.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
La modélisation structurelle confirmatoire à trois facteurs corrélés a présenté des indices d’adéquation excellents par rapport aux modèles concurrents unifactoriels ou bifactoriels :
- Chi-deux normé : $\chi^2 / dl$ compris entre 1,85 et 2,40 ($p < 0,001$), respectant la norme stricte d’un ratio inférieur à 3.
- CFI (Comparative Fit Index) : $ge 0,96$ (dans l’étude originale, CFI = 0,978).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $ge 0,95$ (dans l’étude originale, TLI = 0,969).
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : compris entre 0,042 et 0,058 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,07), garantissant une erreur d’approximation minimale dans la population.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : inférieur à 0,045.
Le tableau factoriel standardisé met en évidence les saturations factorielles ($lambda$) suivantes :
- Consommation (Items 1, 2, 3) : $\lambda_1 = 0,76$ ; $\lambda_2 = 0,82$ ; $\lambda_3 = 0,80$.
- Contribution (Items 4, 5, 6, 7) : $\lambda_4 = 0,78$ ; $\lambda_5 = 0,84$ ; $\lambda_6 = 0,82$ ; $\lambda_7 = 0,75$.
- Création (Items 8, 9, 10, 11) : $\lambda_8 = 0,85$ ; $\lambda_9 = 0,88$ ; $\lambda_{10} = 0,89$ ; $\lambda_{11} = 0,81$.
La comparaison formelle de modèles a rejeté sans ambiguïté le modèle à facteur unique ($\Delta \chi^2$ hautement significatif, CFI < 0,75, RMSEA > 0,14), prouvant empiriquement que l’engagement sur les réseaux sociaux ne saurait être agrégé en une variable unidimensionnelle indifférenciée sans perte majeure de validité.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory) multidimensionnel.
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support électronique (ordinateur, tablette, smartphone) ou sur formulaire papier.
- Nombre total d’items : 11 items répartis en 3 sous-échelles comportementales corrélées.
- Durée moyenne de passation : Approximativement 2 à 4 minutes.
- Format d’échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (7-point Likert scale) :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = Pas d’accord (Disagree)
- 3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
- 4 = Ni d’accord ni pas d’accord (Neither agree nor disagree)
- 5 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- Modalités de calcul et cotation (Scoring) :
- Aucun item inversé (no reverse-scored items) ; la formulation de tous les énoncés est positive et orientée dans le sens direct du construit.
- Pour chaque sous-échelle, le score moyen ou la somme des scores est calculé(e) de manière indépendante :
- Consommation (Items 1, 2, 3) : Score moyen obtenu en divisant la somme des items 1 à 3 par 3 (étendue théorique : 1 à 7).
- Contribution (Items 4, 5, 6, 7) : Score moyen obtenu en divisant la somme des items 4 à 7 par 4 (étendue théorique : 1 à 7).
- Création (Items 8, 9, 10, 11) : Score moyen obtenu en divisant la somme des items 8 à 11 par 4 (étendue théorique : 1 à 7).
- Règle d’interprétation : Un score moyen supérieur ou égal à 5,0 indique un engagement élevé dans la modalité considérée. Il est fortement déconseillé par les auteurs de fusionner les 11 items en un score unique global, car cette pratique masque les profils de participation hétérogènes (ex. consommateur passif assidu mais contributeur nul).
- Contextualisation du stimulus : La mention « [brand] » ou « [marque] » figurant dans les items doit être remplacée systématiquement par le nom effectif de la marque, de l’organisation ou de l’entité étudiée (ex. « Apple », « Nike », « Amnesty International »).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2016.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : L’article original de validation a été publié dans le Journal of Marketing Management par Taylor & Francis. Les droits d’exploitation commerciale de l’article appartiennent à l’éditeur et aux auteurs originaux (Bruno Schivinski, George Christodoulides, Dariusz Dabrowski).
- Conditions d’accès et tarif : L’échelle elle-même est libre d’accès (gratuite) pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et les travaux universitaires non commerciaux, sous réserve de la citation obligatoire de la publication princeps de 2016. Les utilisations commerciales, consultants en marketing et plateformes SaaS privées souhaitant intégrer l’échelle à des fins d’exploitation lucrative doivent solliciter l’autorisation expresse des auteurs ou acquérir les autorisations appropriées auprès de l’éditeur.
12. Références
Les références ci-dessous constituent le socle théorique, méthodologique et empirique de la SMES et sont rédigées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Katz, E., Blumler, J. G., & Gurevitch, M. (1974). Uses and gratifications research. The Public Opinion Quarterly, 37(4), 509–523. https://doi.org/10.1086/268109
- Kietzmann, J. H., Hermkens, K., McCarthy, I. P., & Silvestre, B. S. (2011). Social media? Get serious! Understanding the functional building blocks of social media. Business Horizons, 54(3), 241–251. https://doi.org/10.1016/j.bushor.2011.01.005
- Muntinga, D. G., Moorman, M., & Smit, E. G. (2011). Introducing COBRAs: Exploring motivations for brand-related social media use. International Journal of Advertising, 30(1), 13–46. https://doi.org/10.2501/IJA-30-1-013-046
- Ruggiero, T. E. (2000). Uses and gratifications theory in the 21st century. Mass Communication & Society, 3(1), 3–37. https://doi.org/10.1207/S15327825MCS0301_02
- Schivinski, B., Christodoulides, G., & Dabrowski, D. (2016). Measuring consumers’ engagement with brand-related social-media content. Journal of Marketing Management, 32(5–6), 579–603. https://doi.org/10.1080/0267257X.2016.1145711
- Vargo, S. L., & Lusch, R. F. (2004). Evolving to a new dominant logic for marketing. Journal of Marketing, 68(1), 1–17. https://doi.org/10.1509/jmkg.68.1.1.24036
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree)
Consumption
- I read posts, comments, or product reviews about [brand] on social media.
- I view pictures or photos related to [brand] on social media.
- I watch videos related to [brand] on social media.
Contribution
- I ‘like’ pictures, posts, or videos related to [brand] on social media.
- I comment on pictures, posts, or videos related to [brand] on social media.
- I share/re-post pictures, posts, or videos related to [brand] on social media.
- I participate in conversations or discussions about [brand] on social media.
Creation
- I write articles, reviews, or blog posts about [brand] on social media.
- I upload pictures or photos about [brand] on social media.
- I upload videos about [brand] on social media.
- I create and share user-generated content (e.g., graphics, remixes, memes) about [brand] on social media.