Échelle du modèle d’investissement

L’Échelle du modèle d’investissement (Investment Model Scale – IMS), élaborée par Rusbult, Martz et Agnew (1998), mesure l’engagement relationnel, la satisfaction, la qualité des alternatives et la taille des investissements selon la théorie de l’interdépendance.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle du modèle d’investissement (Investment Model Scale, IMS), développée par Caryl E. Rusbult, John M. Martz et Christopher R. Agnew en 1998, constitue l’instrument psychométrique de référence pour évaluer les déterminants de l’engagement relationnel et de la persistance au sein des relations interpersonnelles. Ancrée dans le prolongement de la théorie de l’interdépendance de Thibaut et Kelley (1959), l’IMS opérationnalise les quatre composantes fondamentales du modèle d’investissement : le niveau de satisfaction relationnelle (Satisfaction Level), la qualité perçue des alternatives (Quality of Alternatives), la taille des investissements consentis (Investment Size), et le niveau d’engagement subjectif (Commitment Level).

L’échelle propose deux niveaux de mesure : des mesures globales (global items), évaluant l’évaluation synthétique de chaque construit, et des mesures par facettes (facet items), explorant la satisfaction et les alternatives selon cinq besoins relationnels fondamentaux (intimité, camaraderie/partage d’activités, sexualité, sécurité et implication émotionnelle), ainsi que des investissements intrinsèques et extrinsèques spécifiques. Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert en 9 points allant de 0 (« Do Not Agree At All » / Pas du tout d’accord) à 8 (« Agree Completely » / Tout à fait d’accord).

Les propriétés psychométriques établies lors des études de validation princeps et confirmées par de multiples réplications internationales démontrent une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,95 pour l’ensemble des sous-échelles. Les analyses factorielles confirmatoires corroborent sans équivoque une structure multidimensionnelle à quatre facteurs distincts mais intercorrélés. L’IMS possède une excellente validité prédictive pour anticiper la stabilité du couple, les séparations, ainsi que l’émergence de comportements pro-relationnels tels que le sacrifice, le pardon et la dévaluation des partenaires alternatifs.

2. Mots-clés / Keywords

Modèle d’investissement, engagement relationnel, satisfaction conjugale, qualité des alternatives, taille des investissements, Caryl Rusbult, théorie de l’interdépendance, stabilité du couple, psychométrie relationnelle, maintien de la relation, comportements pro-relationnels, psychologie sociale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie sociale et en sciences des relations interpersonnelles :

  • Caryl E. Rusbult, Ph.D. (1952–2010) : Professeure émérite de psychologie à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (États-Unis) et à la Vrije Universiteit Amsterdam (Pays-Bas). Pionnière mondiale de la recherche sur l’interdépendance, l’engagement et les processus de maintien des relations de couple.
  • John M. Martz, Ph.D. : Chercheur en psychologie sociale à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill au moment de l’élaboration de l’outil, ayant contribué aux premières études longitudinales sur les relations de couple et les contextes relationnels complexes.
  • Christopher R. Agnew, Ph.D. : Professeur de sciences psychologiques à l’Université Purdue (Purdue University, West Lafayette, Indiana, États-Unis ; courriel : [email protected]). Expert internationalement reconnu des processus d’engagement, des relations dyadiques et de l’influence sociale dans les réseaux interpersonnels.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle du modèle d’investissement est de fournir une mesure standardisée, rigoureuse et théoriquement fondée des mécanismes cognitifs et affectifs qui régissent la décision d’un individu de persister dans une relation ou d’y mettre fin. Historiquement, la recherche sur les relations interpersonnelles assimilait fréquemment la stabilité d’une relation à la seule satisfaction éprouvée par les partenaires. Or, de nombreuses observations cliniques et empiriques révélaient que des individus hautement satisfaits pouvaient quitter leur partenaire face à une opportunité plus attrayante, tandis que des individus profondément insatisfaits ou confrontés à des dynamiques conjugales délétères demeuraient engagés dans leur union.

L’IMS résout ce paradoxe en articulant distinctement la satisfaction, les alternatives et les investissements comme trois prédicteurs directs et indépendants de l’état psychologique central : l’engagement. L’échelle a été conçue pour capturer la nature dynamique de ce processus décisionnel, applicable non seulement aux relations amoureuses hétérosexuelles et de même sexe, qu’elles soient émergentes, cohabitantes ou maritales, mais également extrapolable à d’autres contextes d’interdépendance tels que l’engagement organisationnel dans le monde du travail, l’adhésion à des causes collectives ou la fidélité à des marques commerciales.

Sur le plan de la recherche fondamentale, l’instrument permet d’étudier les médiateurs et modérateurs des comportements de maintien relationnel (comme le pardon des offenses, l’accommodation aux provocations et la volonté de sacrifice). En contexte clinique et de thérapie de couple, l’IMS offre aux psychologues et conseillers conjugaux une grille d’évaluation diagnostique précise : elle permet d’identifier si la fragilité d’une union découle d’un déficit d’investissements partagés, d’une tentation accrue liée à des alternatives extérieures idéalisées, ou d’une dégradation de la réponse aux besoins fondamentaux de sécurité, d’intimité ou de sexualité.

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle opérationnalisé par l’IMS postule que l’engagement est un construit médiateur intégrant trois forces dépendantes de l’interdépendance. Chacune des sous-échelles mesure une composante psychologique distincte :

1. Niveau de satisfaction (Satisfaction Level)

La satisfaction représente l’évaluation affective positive globale de la relation. Elle découle du bilan net entre les gratifications reçues (bénéfices) et les coûts encourus, comparé au niveau de comparaison individuel (Comparison Level, CL), c’est-à-dire le standard intérieur d’attentes quant à ce qu’une relation devrait offrir. Les items évaluent à la fois le sentiment subjectif de bonheur (« Our relationship makes me very happy ») et le degré auquel la relation comble cinq besoins fondamentaux :

  • Intimité : partage de pensées intimes, de vulnérabilités et de confidences ;
  • Camaraderie / Partage : accomplissement d’activités partagées et plaisir d’être ensemble ;
  • Besoins sexuels : contacts physiques, baisers, sexualité épanouie ;
  • Sécurité : confiance mutuelle, stabilité et sentiment de protection ;
  • Implication émotionnelle : attachement affectif réciproque et résonance émotionnelle bienveillante.

2. Qualité des alternatives (Quality of Alternatives)

Ce construit quantifie l’attractivité perçue de la meilleure option accessible en dehors de la relation actuelle. Contrairement à une idée reçue, l’alternative ne renvoie pas exclusivement à un autre partenaire amoureux potentiel : elle englobe le célibat, le temps passé en solitaire, le renforcement des liens amicaux ou l’investissement professionnel. Les items évaluent si les besoins essentiels pourraient être satisfaits ailleurs (« My needs for intimacy… could be fulfilled in alternative relationships ») et le degré d’attractivité des partenaires potentiels (« The people other than my partner with whom I might become involved are very appealing »). Une qualité élevée des alternatives exerce une force centrifuge diminuant la dépendance et l’engagement.

3. Taille des investissements (Investment Size)

Les investissements représentent l’ensemble des ressources tangibles et intangibles qu’un individu a consacrées directement à la relation, ou qui se sont retrouvées indirectement connectées à celle-ci, et qui seraient irrémédiablement perdues ou détériorées en cas de rupture. Rusbult distingue :

  • Les investissements intrinsèques : ressources injectées directement dans le lien, telles que le temps, les révélations de soi intimes, les efforts émotionnels et l’énergie psychologique ;
  • Les investissements extrinsèques : ressources initialement extérieures devenues interconnectées avec la relation, comme les possessions matérielles communes (maison, finances), les réseaux d’amis partagés, les souvenirs conjoints ou l’identité personnelle fusionnée avec le couple (« My sense of personal identity is linked to my partner »).

4. Niveau d’engagement (Commitment Level)

L’engagement constitue l’état psychologique synthétique caractérisé par une intention subjective de maintenir la relation, un attachement psychologique à celle-ci et une orientation cognitive vers le long terme (« I want our relationship to last forever », « I am oriented toward the long-term future of my relationship »). Il transforme la motivation individuelle égocentrée en une motivation dyadique orientée vers le bien-être du couple (passage du « je » au « nous »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle du modèle d’investissement trouve son ancrage direct dans la théorie de l’interdépendance formulée par John Thibaut et Harold Kelley en 1959, issue du paradigme de l’échange social en psychologie sociale expérimentale. Thibaut et Kelley ont démontré que les individus évaluent les résultats de leurs interactions dyadiques (outcomes) à l’aune de deux standards de comparaison fondamentaux :

  1. Le niveau de comparaison (CL) : standard interne basé sur les expériences passées et les attentes socioculturelles, déterminant le sentiment de satisfaction subjective lorsque les résultats actuels dépassent ce seuil ;
  2. Le niveau de comparaison des alternatives (CLalt) : niveau de résultat le plus élevé offert par la meilleure alternative disponible, déterminant le degré de dépendance structurelle de l’individu envers la relation.

Dans ses travaux fondateurs (Rusbult, 1980, 1983), Caryl Rusbult a identifié une lacune théorique majeure dans le modèle classique de Thibaut et Kelley : la théorie initiale n’expliquait pas adéquatement pourquoi des individus demeurent engagés dans des relations insatisfaisantes en l’absence apparente de gratifications positives immédiates, ou pourquoi le niveau de dépendance ne se résume pas à une simple comparaison statique avec les alternatives.

Rusbult a donc introduit le concept central de taille de l’investissement. Inspirée par les théories économiques des coûts irrécupérables (sunk costs) et les théories sociologiques de l’engagement de Becker (1960), elle a postulé que l’accumulation d’investissements crée une barrière psychologique à la sortie (exit barrier). Dès lors, la dépendance psychologique se transforme en un état conatif conscient et pérenne : l’engagement.

L’équation conceptuelle régissant le modèle d’investissement s’énonce comme suit :

Engagement = f(Satisfaction [+] – Alternatives [-] + Investissements [+])

L’engagement joue ensuite le rôle de variable pivot (médiatrice complète) qui active une série de mécanismes cognitifs et comportementaux d’autorégulation visant le maintien du lien :

  • Dérogation des alternatives tentatrices : tendance à percevoir les partenaires potentiels extérieurs comme moins séduisants ou imparfaits (Johnson & Rusbult, 1989) ;
  • Supériorité perçue de la relation : croyance cognitivement biaisée que son propre couple est intrinsèquement meilleur que celui d’autrui ;
  • Accommodation : propension à réagir de manière constructive et bienveillante face à une agression, une colère ou une maladresse de son partenaire, plutôt que par des représailles destructrices (Rusbult et al., 1991) ;
  • Disponibilité au sacrifice : propension à renoncer à ses intérêts ou désirs immédiats pour préserver le bien-être du partenaire ou l’harmonie du couple (Van Lange et al., 1997).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle du modèle d’investissement a été rigoureusement démontrée à travers une multitude de paradigmes expérimentaux, corrélationnels et longitudinaux documentés dans l’article séminal de Rusbult, Martz et Agnew (1998) ainsi que dans des méta-analyses subséquentes (notamment Le & Agnew, 2003).

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente est étayée par des corrélations fortes et hautement significatives entre les sous-échelles de l’IMS et d’autres instruments standardisés réputés :

  • La sous-échelle de Satisfaction corrèle positivement et très fortement avec la Dyadic Adjustment Scale (DAS de Spanier, 1976) et la Relationship Assessment Scale (RAS de Hendrick, 1988), avec des coefficients généralement compris entre r = 0,70 et 0,85 ;
  • La sous-échelle d’Engagement présente des corrélations substantielles avec les échelles d’inclusion de l’autre dans le soi (Inclusion of Other in the Self Scale, IOS d’Aron et al., 1992) et les dimensions d’amour altruiste et passionné (Rubin, 1970) ;
  • La sous-échelle d’Investissement est corrélée positivement avec la durée de la relation, la cohabitation, la mise en commun des ressources financières et la densité du réseau social partagé.

Validité discriminante

Les analyses corrélationnelles et factorielles démontrent que bien que la satisfaction et l’engagement soient corrélés (généralement r = 0,50 à 0,65), ils demeurent conceptuellement et statistiquement distincts. De plus, la qualité des alternatives présente des corrélations négatives modérées avec la satisfaction (r ≈ -0,30 à -0,45) et l’engagement (r ≈ -0,40 à -0,55), démontrant qu’il ne s’agit pas du simple revers négatif de la satisfaction, mais bien d’une dimension orthogonale évaluant l’environnement contextuel de choix.

Validité prédictive et critériée

La validité prédictive de l’IMS représente l’un de ses atouts majeurs. Dans les études longitudinales menées sur des périodes allant de plusieurs mois à plusieurs années :

  • L’engagement prédit de façon robuste la persistance ou la dissolution de la relation (Rusbult et al., 1998 ; Le & Agnew, 2003). Les régressions logistiques démontrent systématiquement que l’engagement prédit la rupture bien plus efficacement que la seule satisfaction ;
  • Dans la célèbre étude de Rusbult et Martz (1995) auprès de femmes victimes de violences conjugales hébergées dans des refuges d’urgence, le modèle d’investissement a prédit avec succès la décision des femmes de retourner auprès de leur conjoint violent : la décision de reprise de la vie commune n’était pas prédite par la sévérité des abus subis, mais par le niveau d’investissements matériels et la faiblesse des alternatives économiques et résidentielles ;
  • La méta-analyse de Le et Agnew (2003), portant sur 137 études indépendantes et plus de 37 000 participants, a confirmé que la satisfaction (β moyen = 0,51), les alternatives (β moyen = -0,22) et les investissements (β moyen = 0,24) prédisent conjointement 61 % de la variance de l’engagement relationnel (R² = 0,61).

8. Fidélité / Reliability

Les analyses de consistance interne de l’IMS révèlent une fidélité d’une stabilité exceptionnelle à travers divers échantillons sociodémographiques (étudiants, adultes mariés, couples de même sexe, relations cliniques).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps de Rusbult, Martz et Agnew (1998), administrée à de larges cohortes de participants engagés dans des relations amoureuses, les coefficients alpha de Cronbach (α) obtenus pour les mesures globales des sous-échelles ont démontré une précision métrique remarquable :

  • Niveau d’engagement (Commitment Level) : α = 0,91 à 0,95 selon les études (moyenne globale rapportée de 0,90 à 0,91) ;
  • Niveau de satisfaction (Satisfaction Level) : α = 0,92 à 0,95 (moyenne globale rapportée de 0,87 à 0,94) ;
  • Qualité des alternatives (Quality of Alternatives) : α = 0,82 à 0,88 (moyenne globale rapportée de 0,82 à 0,85) ;
  • Taille des investissements (Investment Size) : α = 0,82 à 0,84 (moyenne globale rapportée de 0,84 à 0,88).

Pour les mesures par facettes (facet items), qui évaluent l’accomplissement des besoins concrets et des types d’investissements particuliers, les indices de fidélité demeurent élevés, oscillant généralement entre 0,75 et 0,85.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les études longitudinales de Rusbult (1983) et d’Agnew et al. (1998) indiquent des corrélations test-retest élevées sur des intervalles de plusieurs semaines à plusieurs mois (coefficients de stabilité variant entre r = 0,70 et 0,86 en période de stabilité relationnelle). Cependant, conformément aux prédictions théoriques du modèle, l’échelle se montre hautement sensible aux transitions de vie (emménagement, survenue d’infidélités, transitions de carrière), ce qui confirme sa réactivité aux changements qualitatifs de la dynamique dyadique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Lors de la conception et de la validation empirique de l’instrument, des analyses factorielles exploratoires (AFE) par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) ont d’abord été conduites pour vérifier la structure latente sous-jacente des items.

Structure factorielle exploratoire

Les résultats des AFE ont mis en évidence l’émergence constante de quatre facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement plus de 65 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Satisfaction relationnelle — saturé par les items évaluant le bonheur, le rapprochement avec l’idéal relationnel et l’accomplissement des besoins (saturations factorielles allant de 0,72 à 0,88) ;
  • Facteur 2 : Engagement subjectif — saturé par les énoncés relatifs à l’intention de maintenir le lien, la vision à long terme et l’attachement psychologique (saturations factorielles de 0,68 à 0,91) ;
  • Facteur 3 : Taille des investissements — regroupant les items portant sur le temps consenti, le dévoilement de soi, l’enchevêtrement des réseaux et les pertes anticipées en cas de rupture (saturations de 0,60 à 0,84) ;
  • Facteur 4 : Qualité des alternatives — isolé par les items portant sur l’attractivité des partenaires extérieurs et la viabilité du célibat ou d’autres relations (saturations de 0,62 à 0,86).

Les saturations croisées (cross-loadings) entre facteurs se sont révélées minimes (presque systématiquement inférieures à 0,25), confirmant une discrimination factorielle nette des énoncés.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans l’étude de 1998 ont comparé plusieurs modèles compétitifs : un modèle unidimensionnel à un seul facteur d’évaluation relationnelle générale, un modèle à deux facteurs (satisfaction/alternatives vs investissement/engagement) et le modèle cible tétradimensionnel à quatre facteurs corrélés. Les indices d’ajustement ont unanimement privilégié le modèle à quatre facteurs :

  • Indice de comparaison de Bentler-Bonett (CFI) > 0,93 ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,92 ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,045 et 0,068) ;
  • Rapport χ²/dl significativement inférieur aux seuils critiques usuels.

Ces données confirment sans ambiguïté que l’engagement ne peut être modélisé comme un sous-produit direct de la satisfaction, mais qu’il constitue une entité psychologique autonome nourrie conjointement par la satisfaction, le verrouillage des investissements et l’indisponibilité perçue d’alternatives satisfaisantes.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle du modèle d’investissement se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation structuré. Selon les besoins de la recherche ou du diagnostic clinique, les praticiens peuvent utiliser l’instrument complet (comprenant les sections de facettes et les items globaux) ou uniquement la version condensée des items globaux (Global items).

  • Format d’administration : Auto-évaluation papier-crayon ou numérique en ligne.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes pour la version complète intégrant les facettes ; 5 à 7 minutes pour la version des items globaux uniquement.
  • Organisation de l’échelle : L’outil comprend quatre sous-échelles distinctes :
    • Sous-échelle Niveau de satisfaction : 5 items de facette (besoins comblés) et 5 items globaux ;
    • Sous-échelle Qualité des alternatives : 5 items de facette (besoins comblés par autrui) et 6 items globaux ;
    • Sous-échelle Taille de l’investissement : 5 items de facette (investissements spécifiques) et 6 items globaux ;
    • Sous-échelle Niveau d’engagement : 7 items globaux (comportant des items inversés).
  • Échelle de réponse (Format de cotation) : Échelle de type Likert en 9 points, graduée de 0 à 8 :
    • 0 = Do Not Agree At All (Pas du tout d’accord)
    • 1, 2, 3, 4 = Agree Somewhat (Moyennement d’accord)
    • 5, 6, 7, 8 = Agree Completely (Tout à fait d’accord)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les items formulés négativement au sein de la sous-échelle d’engagement doivent impérativement être inversés avant le calcul (score inversé = 8 – score brut). Dans la version standard, il s’agit des items portant sur la probabilité de fréquenter un autre partenaire l’année prochaine, l’absence de contrariété en cas de rupture, ou la probabilité que la relation prenne fin prochainement.
    • Le score pour chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des items correspondants (score variant de 0 à 8). Des scores élevés reflètent respectivement une satisfaction accrue, une qualité perçue des alternatives élevée, des investissements massifs consentis et un engagement relationnel intense.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1998 (formalisation complète dans la revue Personal Relationships), faisant suite aux fondations théoriques initiales posées en 1980 et 1983.
  • Conditions de licence et d’utilisation : L’Échelle du modèle d’investissement relève du domaine académique libre. Les auteurs ont expressément mis l’instrument à la disposition de la communauté scientifique internationale pour une utilisation à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement sans paiement de redevance (royalty-free).
  • Tarification : Accès et utilisation entièrement gratuits.
  • Conditions de reproduction : Toute utilisation dans le cadre de thèses, mémoires ou publications scientifiques exige la citation formelle de l’article de référence princeps : Rusbult, Martz, & Agnew (1998). Pour toute adaptation commerciale ou intégration dans des progiciels lucratifs, une autorisation formelle doit être sollicitée auprès des détenteurs de droits (éditeurs et auteurs survivants).

12. Références / References

Les travaux académiques fondamentaux encadrant le modèle d’investissement et ses validations psychométriques comprennent :

  • Aron, A., Aron, E. N., & Smollan, D. (1992). Inclusion of Other in the Self Scale and the structure of interpersonal closeness. Journal of Personality and Social Psychology, 63(4), 596–612. https://doi.org/10.1037/0022-3514.63.4.596
  • Bayer, L. (2009). The Investment Model and Organizational Commitment: Predicting Workplace Behaviors (B.A. Thesis, Haverford College). http://hdl.handle.net/10066/3733
  • Becker, H. S. (1960). Notes on the concept of commitment. American Journal of Sociology, 66(1), 32–40. https://doi.org/10.1086/222820
  • Hendrick, S. S. (1988). A generic measure of relationship satisfaction. Journal of Marriage and the Family, 50(1), 93–98. https://doi.org/10.2307/352114
  • Johnson, D. J., & Rusbult, C. E. (1989). Resisting temptation: Devaluation of alternative partners as a means of maintaining commitment in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 967–980. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.967
  • Le, B., & Agnew, C. R. (2003). Commitment and its theorized determinants: A meta-analysis of the Investment Model. Personal Relationships, 10(1), 37–57. https://doi.org/10.1111/1475-6811.00035
  • Rusbult, C. E. (1980). Commitment and satisfaction in romantic associations: A test of the investment model. Journal of Experimental Social Psychology, 16(2), 172–186. https://doi.org/10.1016/0022-1031(80)90007-4
  • Rusbult, C. E. (1983). A longitudinal test of the investment model: The development (and deterioration) of satisfaction and commitment in heterosexual involvements. Journal of Personality and Social Psychology, 45(1), 101–117. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.1.101
  • Rusbult, C. E., & Farrell, D. (1983). A longitudinal test of the investment model: The impact on job satisfaction, job commitment, and turnover of variations in rewards, costs, alternatives, and investments. Journal of Applied Psychology, 68(3), 429–438. https://doi.org/10.1037/0021-9010.68.3.429
  • Rusbult, C. E., & Martz, J. M. (1995). Remaining in an abusive relationship: An investment model analysis of nonvoluntary dependence, attachment, and commitment. Journal of Applied Social Psychology, 25(7), 558–584. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1995.tb01598.x
  • Rusbult, C. E., Drigotas, S. M., & Verette, J. (1994). The investment model: An interdependence analysis of commitment processes and relationship maintenance phenomena. In D. J. Canary & L. Stafford (Eds.), Communication and relational maintenance (pp. 115–139). Academic Press.
  • Rusbult, C. E., Martz, J. M., & Agnew, C. R. (1998). The Investment Model Scale: Measuring commitment level, satisfaction level, quality of alternatives, and investment size. Personal Relationships, 5(4), 357–391. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1998.tb00177.x
  • Rusbult, C. E., Agnew, C. R., & Arriaga, X. B. (2011). The Investment Model of Commitment Processes. In P. A. M. Van Lange, A. W. Kruglanski, & E. T. Higgins (Eds.), Handbook of Theories of Social Psychology (Vol. 2, pp. 218–231). SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781446249222.n37
  • Spanier, G. B. (1976). Measuring dyadic adjustment: New scales for assessing the quality of marriage and similar dyads. Journal of Marriage and the Family, 38(1), 15–28. https://doi.org/10.2307/350547
  • Thibaut, J. W., & Kelley, H. H. (1959). The social psychology of groups. John Wiley & Sons.
  • Van Lange, P. A., Rusbult, C. E., Drigotas, S. M., Arriaga, X. B., Burger, K. S., & Attridge, M. (1997). Willingness to sacrifice in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 72(6), 1373–1395. https://doi.org/10.1037/0022-3514.72.6.1373

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Please indicate the degree to which you agree with each of the following statements regarding your current relationship (circle an answer for each item).
2

I feel satisfied with our relationship (please circle a number).
3

My relationship is much better than others’ relationships.
4

My relationship is close to ideal.
5

Our relationship makes me very happy.
6

Our relationship does a good job of fulfilling my needs for intimacy‚ companionship‚ etc.
7

I am oriented toward the long-term future of my relationship (for example‚ I imagine being with my partner several years from now).
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle du modèle d’investissement. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-du-modele-dinvestissement/
Looti, Mohammed. “Échelle du modèle d’investissement.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-du-modele-dinvestissement/.
Looti, Mohammed. “Échelle du modèle d’investissement.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-du-modele-dinvestissement/.