1. Résumé
L’Échelle du locus de contrôle de la consommation d’alcool (en anglais, Drinking Locus of Control Scale ou DLOC), conçue initialement par Dennis M. Donovan et Michael R. O’Leary en 1978, est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé pour évaluer les attributions causales et la perception du contrôle qu’un individu exerce sur son comportement de consommation d’alcool. Issue de la théorie de l’apprentissage social de Julian B. Rotter, l’échelle opérationnalise le concept de locus de contrôle spécifiquement dans le domaine de l’addictologie et des troubles liés à l’usage de substances. Contrairement aux échelles généralistes qui appréhendent les croyances de contrôle à travers une multiplicité de domaines de vie indifférenciés, le DLOC capture la variabilité situationnelle et cognitive propre aux dynamiques de dépendance alcoolique.
Le questionnaire est composé de 25 items formulés de manière unidirectionnelle ou multidimensionnelle selon les solutions factorielles retenues. Les participants évaluent leur degré d’accord avec chaque énoncé sur une échelle de type Likert en plusieurs points (allant généralement de « Fortement en désaccord » à « Fortement en accord »). Les items mesurent la propension du sujet à attribuer sa consommation et ses difficultés d’abstinence soit à des facteurs internes (tels que la volonté, les décisions personnelles, l’autorégulation), soit à des forces externes (telles que le hasard, la pression sociale, les contraintes émotionnelles insurmontables ou la fatalité biologique et environnementale).
D’un point de vue psychométrique, le DLOC présente des propriétés robustes. La cohérence interne globale, mesurée par l’alpha de Cronbach, oscille de manière constante entre 0,85 et 0,92 selon les échantillons cliniques et communautaires. Les études d’analyse factorielle révèlent généralement une structure à trois facteurs principaux : l’impuissance intrapersonnelle/émotionnelle, la susceptibilité interpersonnelle/sociale, et le fatalisme généralisé face à l’alcool. L’instrument bénéficie d’une excellente validité prédictive à l’égard de l’engagement dans les soins, du maintien de l’abstinence et du risque de rechute post-cure, s’affirmant comme un outil diagnostique et pronostique central en recherche et en pratique addictologique.
2. Mots-clés
Locus de contrôle, alcoolodépendance, théorie de l’apprentissage social, psychométrie, attributions causales, prévention de la rechute, auto-efficacité, évaluation clinique, addictologie, DLOC.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et validée par le Dr Dennis M. Donovan et le Dr Michael R. O’Leary, deux figures majeures de la recherche clinique en addictologie et en psychologie comportementale rattachées au Veterans Affairs Medical Center de Seattle et au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’École de médecine de l’Université de Washington (University of Washington School of Medicine, Seattle, Washington, États-Unis).
Dennis M. Donovan, Ph.D., a ultérieurement exercé les fonctions de directeur de l’Alcohol and Drug Abuse Institute (ADAI) à l’Université de Washington, contribuant de manière prolifique à la littérature scientifique sur les typologies d’alcoolisme, la motivation au changement et l’intégration des thérapies cognitivo-comportementales dans les réseaux de soins publics. Michael R. O’Leary, Ph.D., a été un pionnier dans l’application des construits cognitifs et d’attribution au pronostic hospitalier chez les vétérans présentant une comorbidité psychiatrique et alcoolique.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Drinking Locus of Control Scale est de fournir une évaluation différentielle, standardisée et sensible au domaine des croyances de maîtrise qu’entretiennent les individus vis-à-vis de leur consommation de boissons alcoolisées. Dans le contexte de l’addictologie contemporaine, l’identification des schémas d’attribution causale s’avère indispensable pour appréhender les mécanismes sous-tendant la persistance du comportement addictif et les rechutes.
Sur le plan clinique, l’échelle permet de :
- Identifier le profil d’attribution du patient : Déterminer si l’usager perçoit son comportement de consommation comme étant sous son propre contrôle (locus interne) ou s’il se perçoit comme le jouet de forces incontrôlables, d’autrui ou du destin (locus externe).
- Adapter les interventions thérapeutiques : Les patients affichant un locus de contrôle excessivement externe bénéficient particulièrement de protocoles cognitivo-comportementaux centrés sur le développement des compétences d’adaptation (coping skills), l’affirmation de soi face à la pression sociale et la restructuration cognitive de l’impuissance acquise.
- Évaluer le pronostic thérapeutique et le risque de rechute : Un score élevé d’externalité au DLOC est empiriquement corrélé à une plus grande probabilité de décrochage thérapeutique (attrition), à un délai plus court avant la première consommation après sevrage, et à une sévérité accrue des épisodes de rechute.
- Mesurer l’évolution longitudinale au cours du traitement : L’administration répétée de l’outil permet de quantifier l’internalisation progressive du sentiment d’efficacité personnelle et d’imputabilité personnelle au fil des séances de psychothérapie ou de réhabilitation psycho-sociale.
En recherche, le DLOC permet de tester des modèles médiateurs et modérateurs complexes dans le cadre des modèles cognitifs de l’addiction, notamment en analysant comment les attentes d’efficacité (self-efficacy expectations) et les attributions causales interagissent pour influencer la trajectoire nosologique de la dépendance.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par le DLOC est le locus de contrôle spécifique à la consommation d’alcool. Ce construit repose sur la prémisse épistémologique selon laquelle le locus de contrôle n’est pas uniquement un trait de personnalité global et immuable, mais une attente généralisée contextualisée à un domaine comportemental hautement saillant et conflictuel.
Le DLOC conceptualise les croyances de contrôle le long d’un continuum allant d’une internalité adaptative à une externalité pathologique, cette dernière se déclinant en plusieurs facettes distinctes :
L’impuissance intrapersonnelle et émotionnelle
Cette composante renvoie à la croyance selon laquelle les états affectifs négatifs internes (anxiété, détresse, dépression, tension psychique) annihilent automatiquement la capacité du sujet à résister à l’envie de boire. L’individu estime que dès lors qu’un malaise psychologique apparaît, la consommation devient une réponse inéluctable et biologiquement impérative (par exemple : « I feel powerless to prevent myself from drinking when I am anxious or unhappy » ou « I just cannot handle my problems unless I take a drink first »).
La vulnérabilité interpersonnelle et sociale
Cette dimension quantifie le degré auquel la personne perçoit son comportement de consommation comme étant tributaire de l’environnement social immédiat. Elle traduit une incapacité ressentie à poser des limites face aux offres de boisson d’autrui, à résister à la conformité de groupe ou à tolérer les conflits interpersonnels sans recourir à l’alcool (par exemple : « If someone offers me a drink, I cannot refuse him » ou « Trouble at work or home drives me to drink »).
Le fatalisme et la chance extérieure
Cette troisième facette incarne la conviction que le rétablissement ou le maintien de la sobriété n’est pas le fruit d’efforts délibérés ou d’une discipline comportementale, mais résulte exclusivement de la chance, du hasard circonstanciel ou d’un alignement favorable d’événements extérieurs (par exemple : « Those who are successful in quitting drinking are the ones who are just plain lucky » ou « Staying sober depends mainly on things going right for you »).
6. Cadre théorique
Le soubassement théorique principal du DLOC est la théorie de l’apprentissage social formalisée par Julian B. Rotter (1954, 1966). Selon Rotter, le potentiel de survenue d’un comportement dans une situation donnée est fonction de l’attente que ce comportement conduira à un renforcement spécifique, et de la valeur accordée à ce renforcement. Au cœur de ce système conceptuel se trouve la distinction fondamentale entre le locus de contrôle interne (croyance que les renforcements sont contingents à ses propres actions, compétences ou efforts) et le locus de contrôle externe (perception que les résultats dépendent de forces échappant au contrôle du sujet, telles que la chance, le destin ou des autrui puissants).
Cependant, les travaux initiaux utilisant l’échelle générale I-E de Rotter chez des patients souffrant de dépendance à l’alcool ont révélé des paradoxes théoriques notables. De nombreux alcoolodépendants obtenaient des scores paradoxalement très internes sur l’échelle générale, tout en manifestant une perte de contrôle totale et répétée sur leur consommation effective dans leur vie quotidienne. Donovan et O’Leary ont postulé que cette discordance résultait de la nature trop abstraite de l’échelle I-E originale, masquant les mécanismes d’illusion de contrôle ou de déni propres aux addictions.
Pour résoudre cette contradiction, les auteurs ont articulé la théorie de Rotter avec les modèles cognitifs de l’auto-efficacité proposés par Albert Bandura (1977) et le modèle cognitivo-comportemental de prévention de la rechute développé ultérieurement par G. Alan Marlatt et Judith Gordon (1985). Dans cette perspective, la croyance en son impuissance face à l’alcool génère une faible attente d’efficacité personnelle, ce qui induit une reddition comportementale dès l’apparition d’un stimulus déclencheur ou d’un état émotionnel aversif. Le DLOC operationalise précisément ce point de bascule cognitif où la perte de contrôle perçue devient auto-réalisatrice.
7. Validité
Les études empiriques accumulées depuis la publication princeps de Donovan et O’Leary (1978) ont établi des indices solides de validité psychométrique pour le DLOC au sein de populations cliniques hospitalisées, ambulatoires et au sein de cohortes de buveurs à risque.
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la différenciation nette établie entre les groupes cliniques et non cliniques. Les individus diagnostiqués avec un trouble de l’usage de l’alcool sévère obtiennent des scores d’externalité significativement plus élevés que les consommateurs modérés ou sociaux ($p < 0,001$). De plus, les scores au DLOC évoluent de façon congruente avec les étapes du changement du modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente : les individus en phase de précontemplation ou de rechute manifestent une externalité prononcée, tandis que ceux engagés dans la phase d’action ou de maintien présentent une transition significative vers l’internalité.
Validité convergente
Le DLOC démontre des corrélations positives modérées à fortes ($r = 0,45$ à $0,68$) avec les instruments évaluant les attentes positives d’alcool (Alcohol Expectancy Questionnaire), les échelles d’impuissance acquise et les scores de dépression mesurés par l’Inventaire de dépression de Beck (BDI). Par ailleurs, il corrèle négativement de manière substantielle ($r = -0,52$ à $-0,71$) avec l’Échelle d’auto-efficacité pour l’abstinence alcoolique (Alcohol Abstinence Self-Efficacy Scale – AASE), démontrant que la perception d’un contrôle externe va de pair avec un effondrement du sentiment d’auto-efficacité.
Validité discriminante
La validité discriminante est confirmée par des corrélations faibles et non significatives ($r < 0,15$) avec l’intelligence générale, le niveau sociodémographique global et les échelles de désirabilité sociale (comme l’échelle de Marlow-Crowne), indiquant que les réponses des sujets ne sont pas simplement le reflet d’une tendance au conformisme ou à la complaisance évaluative.
Validité prédictive
Les analyses de survie et les modèles de régression logistique confirment que les scores élevés d’externalité au DLOC mesurés à l’admission prédisent significativement la survenue d’une reprise de consommation lors des suivis à 3, 6 et 12 mois post-traitement, indépendamment de la sévérité initiale de l’intoxication physique.
8. Fidélité
La consistance métrologique du DLOC a fait l’objet de multiples vérifications dans divers contextes cliniques :
- Cohérence interne : Les coefficients alpha de Cronbach rapportés pour l’échelle totale de 25 items se situent de façon constante entre 0,86 et 0,92 dans les échantillons de patients hospitalisés pour sevrage. Pour les trois sous-dimensions couramment extraites, les alphas demeurent satisfaisants, oscillant généralement entre 0,74 et 0,88.
- Fidélité moitié-moitié (Split-half) : Les analyses initiales de Donovan et O’Leary ont mis en évidence un coefficient de corrélation corrigé selon la formule de Spearman-Brown supérieur à 0,87, attestant d’une excellente équivalence interne des deux moitiés du test.
- Stabilité temporelle (Test-retest) : Dans des conditions de pré-traitement sans intervention active (sur un intervalle d’une à deux semaines), les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre $r = 0,78$ et $r = 0,84$, démontrant une remarquable stabilité temporelle des croyances fondamentales en l’absence de thérapie ciblée.
- Sensibilité au changement : À la suite d’interventions thérapeutiques structurées (telles que les thérapies cognitivo-comportementales axées sur les compétences d’adaptation), les scores de DLOC montrent une baisse statistiquement robuste de l’externalité, confirmant la sensibilité de l’instrument aux modifications induites par le traitement.
9. Analyse factorielle
L’architecture dimensionnelle du DLOC a été examinée par Donovan et O’Leary (1978) au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation varimax sur des cohortes d’hommes hospitalisés pour alcoolisme, puis répliquée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans des populations mixtes.
Bien que le score total soit fréquemment utilisé comme un indice global d’externalité liée à la consommation, les solutions factorielles extraient invariablement une structure multidimensionnelle expliquant entre 48 % et 56 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Impuissance intrapersonnelle et incapacité d’autorégulation (environ 26 % à 30 % de la variance expliquée). Ce facteur rassemble des items à fortes saturations (loadings compris entre 0,55 et 0,78) relatifs à la perte de contrôle dès qu’une première gorgée est consommée, à l’absence de volonté perçue et à l’incapacité à faire face aux affects dépressifs ou anxieux sans alcool (items 3, 9, 13, 14, 16, 21, 24).
- Facteur 2 : Causalité interpersonnelle et pressions environnementales (environ 12 % à 15 % de la variance expliquée). Ce facteur regroupe les énoncés décrivant la consommation comme une réaction contrainte aux tensions relationnelles, aux disputes familiales ou professionnelles et à l’impossibilité de refuser un verre offert en société (items 4, 7, 10, 11, 19).
- Facteur 3 : Fatalisme, hasard et forces incontrôlables (environ 8 % à 11 % de la variance expliquée). Ce facteur comprend les items formulés sous un angle plus philosophique ou général, selon lesquels l’alcoolisme relève de forces incompréhensibles ou de pure chance, privant le sujet de toute agentivité (items 1, 2, 5, 8, 12, 15, 17, 18).
Les indices d’ajustement en AFC ($CFI > 0,92$, $TLI > 0,90$, $RMSEA < 0,06$) soutiennent l’adéquation de ce modèle tri-factoriel hiérarchique, dans lequel un facteur d’externalité de second ordre chapeaute ces trois manifestations spécifiques.
10. Instrument de mesure
- Format du test : Auto-questionnaire psychométrique sur papier-crayon ou format informatisé.
- Nombre d’items : 25 items rédigés sous forme d’affirmations déclaratives.
- Format de réponse : Échelle de type Likert ordinale. Dans sa version originale et standard, le sujet évalue chaque proposition sur une échelle d’accord graduelle allant généralement de 1 (« Pas du tout d’accord » ou « Fortement en désaccord ») à 5 ou 6 (« Tout à fait d’accord » ou « Fortement en accord »).
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Cotation et calcul du score :
- Tous les items sont rédigés dans le sens de l’externalité (l’accord avec l’énoncé reflète une attribution externe ou un sentiment d’impuissance).
- Le score total s’obtient en sommant les valeurs attribuées à l’ensemble des 25 items (ou en calculant la moyenne arithmétique globale).
- Des scores composites peuvent être calculés pour chacun des trois sous-facteurs identifiés : Impuissance intrapersonnelle, Vulnérabilité interpersonnelle, et Fatalisme généralisé.
- Interprétation clinique :
- Score total élevé : Indique un locus de contrôle externe prononcé par rapport à la consommation d’alcool. Le patient se perçoit comme incapable de maîtriser sa prise de toxique, attribuant ses comportements à l’impossibilité de gérer ses émotions, à autrui ou au destin. Ce profil nécessite un travail approfondi de responsabilisation progressive et de sentiment d’efficacité personnelle.
- Score total faible : Reflète un locus de contrôle interne. Le sujet estime posséder les ressources décisionnelles et comportementales nécessaires pour moduler ou interrompre sa consommation, ce qui constitue généralement un facteur de bon pronostic, sous réserve de l’absence d’une minimisation pathologique du problème.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle a été publiée pour la première fois en 1978 dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology. En tant qu’instrument développé dans le cadre de recherches académiques financées par des fonds publics hospitaliers et universitaires, le DLOC relève du domaine public académique pour un usage non commercial de recherche et de pratique clinique. Aucune redevance financière ni redevance de copyright (royalties) n’est exigée pour son administration dans des contextes universitaires ou hospitaliers. Les utilisateurs sont néanmoins tenus de citer rigoureusement l’article princeps de Donovan et O’Leary (1978) lors de toute publication ou dissémination de résultats scientifiques obtenus au moyen de cet outil.
12. Références
Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
Donovan, D. M., & O’Leary, M. R. (1978). The drinking locus of control scale: Relationship to general locus of control and alcoholism. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 46(5), 1157–1158. https://doi.org/10.1037/0022-006X.46.5.1157
Keefe, F. X. (1994). Cognitive-behavioral approaches to substance abuse. Journal of Substance Abuse Treatment, 11(3), 205–212. https://doi.org/10.1016/0740-5472(94)90078-7
Kivlahan, D. R., Donovan, D. M., & O’Leary, M. R. (1983). The drinking locus of control scale: Concurrent and predictive validity in an alcohol treatment program. Journal of Studies on Alcohol, 44(5), 856–864. https://doi.org/10.15288/jsa.1983.44.856
Marlatt, G. A., & Gordon, J. R. (Eds.). (1985). Relapse prevention: Maintenance strategies in the treatment of addictive behaviors. Guilford Press.
Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
13. Questions et items du questionnaire
- People drink because circumstances force them to
- Most people do not realize that drinking problems are influenced by accidental happenings
- I feel so helpless in some situations that I need a drink
- Trouble at work or home drives me to drink
- Without the right breaks one cannot stay sober
- Many times there are circumstances that force you to drink
- I get so upset over small arguments that they cause me to drink
- Staying sober depends mainly on things going right for you
- When I see a bottle, I cannot resist taking a drink
- Oftentimes, other people drive one to drink
- It is impossible for me to resist drinking if I am at a party where others are drinking
- Those who are successful in quitting drinking are the ones who are just plain lucky
- I feel powerless to prevent myself from drinking when I am anxious or unhappy
- I cannot feel good unless I am drinking
- As far as drinking is concerned, most of us are victims of forces we can neither understand nor control
- I feel completely helpless when it comes to resisting a drink
- It is impossible for some people to ever stop drinking
- It is difficult for alcoholics to have much control over their drinking
- If someone offers me a drink, I cannot refuse him
- Sometimes I cannot understand how people can control their drinking
- Once I start to drink I can’t stop
- I just cannot handle my problems unless I take a drink first
- Most of the time I can’t understand why I continue to drink
- I have no will power when it comes to drinking
- Drinking is my favorite form of entertainment