1. Résumé
L’Échelle du lieu de contrôle du comportement (en anglais, Locus of Control of Behaviour Scale ou LCB) est un instrument psychométrique développé par Ashley R. Craig, Janice A. Franklin et Gavin Andrews (1984) afin de pallier les limites des mesures généralistes du lieu de contrôle (notamment l’échelle I-E de Rotter) lorsqu’elles sont appliquées à des problématiques cliniques et comportementales spécifiques. Conçue initialement dans le contexte du traitement des troubles de la communication et des troubles anxieux (en particulier le bégaiement, les phobies et l’anxiété sociale), la LCB mesure le degré auquel une personne attribue la régulation, l’initiation et la modification de ses comportements problématiques à des déterminants internes (efforts personnels, autodiscipline, prise de décision) ou à des facteurs externes (chance, fatalité, circonstances environnementales, interventions exclusives de tiers professionnels).
L’instrument est un questionnaire auto-rapporté composé de 17 items évalués au moyen d’une échelle de type Likert en six points, allant de 0 (« Fortement en désaccord » / Strongly disagree) à 5 (« Fortement d’accord » / Strongly agree). La structure de cotation permet de calculer un score global où un score élevé reflète une externalité marquée (croyance selon laquelle le comportement échappe au contrôle personnel), tandis qu’un score faible caractérise une internalité forte (croyance en sa propre capacité d’action et d’autorégulation). Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,86 dans les échantillons cliniques et non cliniques, ainsi qu’une excellente fidélité test-retest (r = 0,90 à 0,92 sur un intervalle d’une semaine). L’analyse factorielle a mis en évidence une dimension générale bipolaire d’externalité versus internalité, complétée par des sous-facteurs spécifiques portant sur la responsabilité personnelle face au problème et la résignation face aux contingences environnementales. L’échelle démontre une sensibilité éprouvée aux changements thérapeutiques, faisant d’elle un outil de premier plan pour prédire l’adhésion au traitement, la rechute et le succès des interventions cognitives et comportementales.
2. Mots-clés
Lieu de contrôle, locus de contrôle du comportement, psychométrie, évaluation clinique, thérapie cognitive et comportementale, auto-efficacité, bégaiement, anxiété, attribution causale, réhabilitation, prédiction de rechute, autorégulation.
3. Auteurs
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs et cliniciens de la Faculté de Médecine de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (University of New South Wales – UNSW) et du St. Vincent’s Hospital à Sydney, Australie :
- Ashley R. Craig, Ph.D. : Professeur émérite en sciences de la réhabilitation et psychologie de la santé, John Walsh Centre for Rehabilitation Research, Kolling Institute, Northern Clinical School, Université de Sydney, Australie. Pionnier des recherches sur les corrélats neurophysiologiques et psychologiques des troubles de la fluence verbale et des lésions de la moelle épinière.
- Janice A. Franklin, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en thérapie comportementale, anciennement rattachée à l’Unité de recherche en psychiatrie de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, spécialiste des phobies et des troubles anxieux.
- Gavin Andrews, M.D., AO : Professeur de psychiatrie à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud et directeur du Clinical Research Unit for Anxiety and Depression (CRUfAD) au St. Vincent’s Hospital, Sydney. Figure internationale de l’épidémiologie psychiatrique et de la psychiatrie fondée sur les preuves.
4. Objectif
L’objectif premier de la Locus of Control of Behaviour Scale est d’évaluer les croyances d’un individu relatives à sa capacité à contrôler ses comportements problématiques et à gérer les événements stressants qui y sont associés. Contrairement aux échelles pionnières de lieu de contrôle généralisé telles que l’échelle I-E de Rotter (1966), qui mesurent une orientation de personnalité globale et diffuse (par exemple, des croyances politiques, des opinions sur le fonctionnement des institutions ou sur le destin du monde), la LCB a été délibérément calibrée pour saisir le niveau de contrôle perçu centré sur le comportement personnel, particulièrement face à l’adversité, aux symptômes psychologiques ou aux dysfonctionnements chroniques.
Sur le plan clinique, la LCB a été créée pour répondre à un besoin diagnostique et pronostique urgent : identifier les variables psychologiques prédictives du maintien des gains thérapeutiques et des risques de rechute. Dans des domaines thérapeutiques exigeants tels que le traitement du bégaiement chronique, l’exposition dans les phobies ou la gestion de la douleur chronique, les praticiens observaient fréquemment que des patients atteignaient une maîtrise technique optimale en fin d’intervention, mais régressaient rapidement une fois réintégrés dans leur environnement naturel. Craig et ses collaborateurs ont émis l’hypothèse que cette rechute était étroitement liée à l’attribution de la réussite : si le patient attribue l’amélioration à des facteurs externes (l’influence bienveillante du thérapeute, la chance, ou la structure artificielle du cadre clinique), il ne développe pas le sentiment de contrôle interne indispensable à l’autogestion à long terme.
En contexte de recherche, la LCB est employée comme mesure de médiation et de résultat. Elle permet de quantifier le transfert d’agentivité opéré par les protocoles de thérapies comportementales et cognitives (TCC). Les applications de l’outil s’étendent au-delà des troubles de la parole : il est utilisé en réadaptation physique (post-AVC, traumatismes médullaires), en addictologie (dépendance à l’alcool, au tabac), dans les troubles des conduites alimentaires et dans l’accompagnement des maladies chroniques, où l’observance et l’engagement actif du patient déterminent le pronostic vital et fonctionnel.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la LCB repose sur la conceptualisation dimensionnelle de l’attribution causale du comportement. Bien qu’elle produise un score global unifié, l’échelle articule deux dynamiques fondamentales :
5.1. L’Internalité Comportementale (Contrôle Interne)
L’internalité comportementale désigne la conviction inébranlable selon laquelle les actions individuelles, la persévérance, l’effort cognitif et l’application délibérée de stratégies constituent les déterminants prépondérants des résultats comportementaux et de la résolution des difficultés. Les individus présentant une internalité élevée :
- Considèrent leurs échecs ou faux pas comme des retours d’information (feedback) nécessitant un ajustement stratégique plutôt qu’une fatalité (item 7 : « My mistakes and problems are my responsibility to deal with »).
- Anticipent proactivement les situations à risque et déploient des comportements de régulation préventifs (item 1 : « I can anticipate difficulties and take action to avoid them »).
- Éprouvent un fort sentiment d’autodétermination et de confiance prospective (item 16 : « I am confident of being able to deal successfully with future problems »).
- Perçoivent le succès comme le fruit direct d’un travail méthodique et acharné (item 8 : « Becoming a success is a matter of hard work, luck has little or nothing to do with it »).
5.2. L’Externalité Comportementale (Contrôle Externe)
À l’opposé, l’externalité comportementale reflète la croyance que les manifestations symptomatiques, les rechutes et le devenir personnel dépendent de forces échappant au pouvoir d’action du sujet. Cette externalité s’articule autour de trois sous-composantes phénoménologiques :
- La résignation face au hasard et au destin : La conviction que la chance dicte l’apparition ou la disparition des problèmes (item 2 : « A great deal of what happens to me is probably just a matter of chance » ; item 17 : « In my case maintaining control over my problem(s) is due mostly to luck »).
- La dépendance interpersonnelle et médicale : L’incapacité perçue à gérer les manifestations corporelles ou psychologiques sans une béquille extérieure permanente (item 4 : « I can control my problem(s) only if I have outside support » ; item 11 : « To continually manage my problems I need professional help »).
- L’impuissance physiologique et émotionnelle : L’attribution des réactions somatiques du stress (tensions musculaires, dyspnée) à des facteurs incontrôlables plutôt qu’à une réponse physiologique régulable (item 12 : « When I am under stress, the tightness in my muscles is due to things outside my control » ; item 14 : « It is impossible to control my irregular and fast breathing when I am having difficulties »).
6. Cadre théorique
La LCB s’enracine dans la théorie de l’apprentissage social articulée par Julian B. Rotter (1954, 1966). Selon le modèle rotterien, le potentiel de comportement (la probabilité qu’un comportement donné se manifeste dans une situation spécifique) est fonction conjointe de l’attente (expectancy) que ce comportement conduira à un renforcement particulier, et de la valeur attribuée à ce renforcement. Le lieu de contrôle constitue une attente généralisée relative à la source du renforcement : interne (dépendant des attributs de la personne) ou externe (dépendant de forces extérieures telles que la chance, le destin ou d’autres personnes puissantes).
Toutefois, Craig, Franklin et Andrews ont intégré les avancées de la théorie socio-cognitive de l’auto-efficacité développée par Albert Bandura (1977, 1986). Bandura a démontré que les attentes de résultat (savoir si un comportement produit un effet) doivent être distinguées des attentes d’efficacité personnelle (croire que l’on possède la capacité d’exécuter avec succès le comportement requis). La LCB fait la passerelle entre ces deux paradigmes : elle ne s’intéresse pas à des opinions sociologiques abstraites, mais interroge précisément l’attente d’efficacité du sujet dans la régulation de son propre répertoire comportemental.
L’échelle dialogue également avec la théorie de l’impuissance apprise (learned helplessness) formulée par Martin E. P. Seligman et reformulée en termes attributionnels par Abramson, Seligman et Teasdale (1978). Selon cette perspective, les individus qui attribuent leurs difficultés à des causes internes stables et globales développent des déficits motivationnels, cognitifs et affectifs. Dans la LCB, l’externalité reflète précisément un pattern d’impuissance acquise où l’individu estime que toute tentative délibérée de modification comportementale est vaine car annihilée par des contingences environnementales insurmontables.
7. Validité
Les qualités psychométriques de la LCB ont été établies au moyen de méthodologies rigoureuses au cours de son développement initial et validées par de multiples réplications indépendantes :
7.1. Validité de construit
La validité de construit a été démontrée en comparant des populations cliniques et non cliniques. Lors de la publication originale (Craig et al., 1984), les scores moyens de participants tout-venant étaient significativement plus bas (orientés vers l’internalité, moyenne ≈ 26-28) que ceux des patients souffrant de bégaiement ou de phobies avant traitement (moyenne ≈ 38-42, t > 5,4, p < 0,001). Cela confirmait que la présence d’un trouble comportemental chronique s’accompagne d’une externalité accentuée du contrôle perçu.
7.2. Validité convergente et discriminante
La validité convergente est étayée par des corrélations modérées à fortes avec d’autres échelles de contrôle et d’adaptation :
- Une corrélation positive statistiquement significative avec l’échelle I-E de Rotter (r = 0,55 à 0,67, p < 0,001), confirmant que l’instrument capte bien le domaine général du locus de contrôle tout en s’en différenciant par sa spécificité comportementale.
- Des corrélations négatives avec les échelles d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem (r = -0,52 à -0,61), attestant qu’une internalité accrue (score faible à la LCB) s’associe étroitement à un sentiment élevé d’efficacité personnelle.
- Une corrélation modérée avec les mesures d’anxiété-trait (STAI) et de dépression (BDI), démontrant que la détresse psychologique s’accompagne d’un sentiment accru d’externalité.
7.3. Validité prédictive et sensibilité au changement
La validité prédictive représente l’un des atouts majeurs de la LCB. Dans l’étude princeps de Craig et al. (1984), ainsi que dans les travaux de suivi (Andrews & Craig, 1988), les patients qui présentaient un score LCB post-traitement postulant une internalisation forte (score LCB < 20) maintenaient leur fluence verbale à 10 à 12 mois de recul. Inversement, les patients conservant un score LCB élevé (> 30) après le traitement affichaient un taux de rechute objectivement mesuré supérieur à 75 %, confirmant la valeur pronostique de l’instrument.
8. Fidélité
La fidélité de la LCB a fait l’objet d’évaluations exhaustives :
- Consistance interne : Le coefficient alpha de Cronbach rapporté dans l’échantillon d’étalonnage initial était de 0,79 pour le groupe témoin et atteignait 0,86 chez les patients cliniques. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,35 et 0,68, indiquant une forte homogénéité des énoncés sans redondance excessive.
- Fidélité test-retest : Chez un groupe d’individus témoins testés à un intervalle d’une semaine sans intervention, le coefficient de corrélation intraclasse était de r = 0,90. Sur une période de six semaines en l’absence de thérapie, la fidélité test-retest demeurait robuste (r = 0,83), illustrant la stabilité temporelle du trait en conditions stables.
- Sensibilité à la dynamique thérapeutique : En dépit de cette stabilité de trait à l’état stationnaire, la LCB enregistre des amplitudes de changement d’une taille d’effet remarquable (d de Cohen compris entre 0,80 et 1,25) à la suite d’interventions de restructuration cognitive et d’entraînement comportemental réussies.
9. Analyse factorielle
L’analyse factorielle exploratoire (AFE) menée initialement par Craig, Franklin et Andrews (1984) par extraction des composantes principales avec rotation varimax a révélé une structure sous-tendue principalement par un premier facteur général expliquant une part prépondérante de la variance totale (38,2 %), justifiant l’usage clinique du score composite unidimensionnel.
Des analyses factorielles approfondies et confirmatoires (AFC) réalisées ultérieurement (notamment dans des études transculturelles et cliniques) ont clarifié l’architecture interne de l’échelle, identifiant deux facteurs majeurs hautement corrélés :
- Facteur 1 : Croyances de fatalité, chance et contrôle externe (8 items). Ce facteur regroupe les items 2, 3, 9, 10, 12, 14, 15 et 17, caractérisés par de fortes saturations factorielles (0,52 à 0,78). Il exprime la conviction que les événements et les symptômes physiques sont pilotés par des forces externes incontrôlables.
- Facteur 2 : Auto-responsabilité et autodétermination comportementale (9 items). Ce facteur inclut les items inversés 1, 5, 7, 8, 13, 16 ainsi que les items d’aide externe 4, 6 et 11. Les saturations s’échelonnent de 0,48 à 0,74. Il renvoie à la responsabilité perçue dans la gestion des obstacles et à la confiance prospective en ses propres capacités d’intervention.
Les indices d’ajustement en AFC confirment l’adéquation d’un modèle bifactoriel avec facteur général de second ordre (RMSEA = 0,051 ; CFI = 0,94 ; TLI = 0,93), corroborant la pertinence de sommer l’ensemble des items en un indice global d’externalité comportementale.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure).
- Nombre d’items : 17 propositions concises rédigées à la première personne.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 6 points ordonnée de 0 à 5 :
- 0 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 1 = Généralement en désaccord (Generally disagree)
- 2 = Plutôt en désaccord (Somewhat disagree)
- 3 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
- 4 = Généralement d’accord (Generally agree)
- 5 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Modalités de cotation :
- L’instrument est conçu pour que des scores élevés indiquent une externalité accrue.
- Items cotés directement (sens externe) : Items 2, 3, 4, 6, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 17. Pour ces énoncés, le score attribué est le score brut de la réponse (de 0 à 5).
- Items inversés (sens interne) : Items 1, 5, 7, 8, 13, 16. Pour ces items, la cotation doit être inversée : 0 devient 5, 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, 4 devient 1, et 5 devient 0 (formule de conversion :
Score = 5 - Réponse brute). - Score total : Somme des scores des 17 items (après inversion). L’étendue possible s’étend de 0 à 85 points.
- Interprétation générale :
- Scores bas (0 à 25) : Lieu de contrôle très interne. Sentiment élevé d’efficacité personnelle, autonomie et responsabilité face aux défis comportementaux.
- Scores modérés (26 à 40) : Équilibre adaptatif ou externalité modérée.
- Scores élevés (> 40 à 85) : Lieu de contrôle très externe. Résignation, attribution des échecs à la malchance, vulnérabilité accrue à la rechute en post-traitement.
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication : 1984.
- Droits d’auteur et permissions : Les droits initiaux ont été enregistrés auprès de la British Psychological Society lors de la publication dans le British Journal of Medical Psychology. Conformément aux directives des auteurs et aux pratiques de diffusion académique, l’échelle est classée dans le domaine public à des fins cliniques et de recherche académique non commerciale. Les cliniciens et chercheurs peuvent l’utiliser librement à condition de citer scrupuleusement l’article princeps de référence (Craig et al., 1984).
- Tarifs : L’utilisation du questionnaire est entièrement gratuite. Aucun kit payant ni redevance d’administration n’est requis.
12. Références
- Abramson, L. Y., Seligman, M. E., & Teasdale, J. D. (1978). Learned helplessness in humans: Critique and reformulation. Journal of Abnormal Psychology, 87(1), 49–74. https://doi.org/10.1037/0021-843X.87.1.49
- Andrews, G., & Craig, A. (1988). Prediction of outcome after treatment for stuttering. British Journal of Psychiatry, 153(2), 236–240. https://doi.org/10.1192/bjp.153.2.236
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Craig, A. R., Franklin, J. A., & Andrews, G. (1984). A scale to measure locus of control of behaviour. British Journal of Medical Psychology, 57(2), 173–180. https://doi.org/10.1111/j.2044-8341.1984.tb01597.x
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Schwarzer, R., & Jerusalem, M. (1995). Generalized Self-Efficacy scale. In J. Weinman, S. Wright, & M. Johnston (Eds.), Measures in health psychology: A user’s portfolio. Causal and control beliefs (pp. 35–37). NFER-NELSON.
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
0 = Strongly disagree, 1 = Generally disagree, 2 = Somewhat disagree, 3 = Somewhat agree, 4 = Generally agree, 5 = Strongly agree
- ____ I can anticipate difficulties and take action to avoid them
- ____ A great deal of what happens to me is probably just a matter of chance
- ____ Everyone knows that luck or chance determine one’s future
- ____ I can control my problem(s) only if I have outside support
- ____ When I make plans‚ I am almost certain that I can make them work
- ____ My problem(s) will dominate me all my life
- ____ My mistakes and problems are my responsibility to deal with
- ____ Becoming a success is a matter of hard work‚ luck has little or nothing to do with it.
- ____ My life is controlled by outside actions and events.
- ____ People are victims of circumstance beyond their control.
- ____ To continually manage my problems I need professional help
- ____ When I am under stress‚ the tightness in my muscles is due to things outside my control.
- ____ I believe a person can really be a master of his fate.
- ____ It is impossible to control my irregular and fast breathing when I am having difficulties.
- ____ I understand why my problem(s) varies so much form one occasion to the next.
- ____ I am confident of being able to deal successfully with future problems.
- ____ In my case maintaining control over my problem(s) is due mostly to luck