Résumé
L’Échelle du lieu de contrôle de la sécurité aérienne (en anglais, Aviation Safety Locus of Control scale ou ASLOC) est un instrument psychométrique développé initialement par David R. Hunter (2002) afin de mesurer les croyances d’attribution causale des pilotes concernant la sécurité des vols et la survenue des accidents aéronautiques. Ancrée conceptuellement dans la théorie du lieu de contrôle de Julian Rotter, cette échelle spécifique à un domaine opérationnel évalue dans quelle mesure les aviateurs attribuent les incidents et accidents d’aéronefs à des facteurs internes maîtrisables — tels que la vigilance, le strict respect des procédures opérationnelles standardisées (SOP) et la prise de décision aéronautique (ADM) — ou à des facteurs externes incontrôlables — tels que la fatalité, la chance, les dysfonctionnements mécaniques imprévisibles ou les défaillances réglementaires des agences de régulation comme la FAA.
L’instrument se compose d’une série d’énoncés (notamment standardisés sous la forme de sous-échelles de 10 items internes et 10 items externes dans ses formes validées) évalués selon une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Les analyses psychométriques pionnières menées sur un échantillon de 477 pilotes civils ont mis en évidence des indices de cohérence interne acceptables pour un outil de recherche contextualisé, avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,69 pour la dimension interne et de 0,63 pour la dimension externe. Les validations transculturelles, notamment auprès d’aviateurs militaires et civils indiens par Joseph et Ganesh (2006), ont corroboré la pertinence empirique de cette structure bifactorielle.
L’échelle ASLOC constitue une ressource méthodologique majeure pour les spécialistes des facteurs humains, la gestion des ressources de l’équipage (Crew Resource Management ou CRM) et la psychologie aéronautique. Elle permet de prédire les attitudes à risque, la conformité réglementaire, la tolérance aux écarts opérationnels et l’implication proactive des navigants dans les systèmes de gestion de la sécurité (SMS). Son administration offre aux compagnies aériennes, aux forces armées et aux centres de formation au pilotage un levier diagnostique pour identifier les profils d’externalisation excessive, corrélés dans la littérature scientifique à une probabilité accrue d’engagement dans des comportements dangereux en vol.
Mots-clés
Lieu de contrôle, sécurité aérienne, psychologie aéronautique, facteurs humains, David R. Hunter, prise de décision aéronautique, gestion des ressources de l’équipage, attribution causale, comportements à risque, psychométrie.
Auteurs
L’instrument a été conçu et documenté par le docteur David R. Hunter, chercheur émérite en psychologie cognitive et facteurs humains au sein de la Division de recherche sur les facteurs humains de la Federal Aviation Administration (FAA) aux États-Unis (Civil Aerospace Medical Institute, Oklahoma City, OK). David R. Hunter a consacré une part prépondérante de sa carrière académique à l’évaluation des aptitudes des pilotes, à la modélisation du jugement en situation de vol et au développement d’outils standardisés d’évaluation des attitudes sécuritaires.
Des travaux d’extension, d’adaptation transculturelle et d’application clinique ont été ultérieurement conduits par des chercheurs en médecine aérospatiale, notamment par le Wing Commander C. Joseph et le Group Captain A. Ganesh (2006) au sein de l’Institute of Aerospace Medicine de l’Indian Air Force (Bangalore, Inde). Leurs publications conjointes ont étendu l’applicabilité du construit aux pilotes militaires évoluant sur des appareils de chasse, de transport et d’hélicoptères, confirmant l’impact du milieu d’entraînement sur les représentations du contrôle de la sécurité.
Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle du lieu de contrôle de la sécurité aérienne (ASLOC) est de quantifier les dispositions psychologiques et les schémas cognitifs par lesquels un pilote attribue la responsabilité des événements indésirables, des incidents et des accidents survenant dans le cockpit. Alors que les échelles généralistes du lieu de contrôle (telles que l’échelle I-E de Rotter) souffrent d’une faible validité écologique lorsqu’elles sont appliquées à des environnements hautement techniques et réglementés, l’ASLOC a été spécifiquement conçue pour capturer la dynamique des attitudes de sécurité propres au domaine aérospatial.
Applications en recherche aérospatiale
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, l’ASLOC permet d’explorer les corrélats psychologiques de l’accidentologie aérienne. Plus de 70 à 80 % des accidents aériens contemporains sont imputables à des défaillances liées aux facteurs humains (erreurs de jugement, non-respect intentionnel des procédures, désorientation spatiale non corrigée, mauvaise communication interpersonnelle). L’instrument sert de variable explicative majeure dans les modèles d’équations structurelles visant à comprendre comment la perception subjective de contrôle interagit avec la conscience de la situation (Situation Awareness), la tolérance au risque et la propension à contourner les listes de vérification (checklists).
Applications en sélection, formation et gestion de la sécurité
Sur le plan opérationnel et clinique, l’ASLOC trouve une utilité critique dans plusieurs axes :
- Sélection des élèves-pilotes et recrutement en compagnie : L’outil fournit un éclairage sur les attitudes implicites des candidats. Un score d’externalité disproportionné signale une prédisposition à transférer la responsabilité des erreurs sur la météo, la mécanique ou le contrôle aérien (ATC), ce qui constitue un indicateur négatif d’entraînabilité et de rigueur procédurale.
- Programmes de formation au Crew Resource Management (CRM) : Les sessions CRM peuvent exploiter l’ASLOC comme outil de débriefing réflexif. Identifier son propre profil d’attribution permet à un aviateur de prendre conscience de biais d’auto-complaisance (self-serving bias) susceptibles d’altérer sa vigilance critique lors de phases de vol dégradées.
- Audits de culture de sécurité au sein des Systèmes de Gestion de la Sécurité (SGS / SMS) : Les exploitants aériens utilisent l’échelle pour cartographier le climat de sécurité organisationnel. Une organisation au sein de laquelle prédomine un lieu de contrôle externe chez les équipages est souvent caractérisée par une sous-déclaration des événements et un fatalisme opérationnel, justifiant des interventions correctives ciblées.
Construit psychologique
Le construit mesuré par l’ASLOC est une contextualisation opérationnelle du locus de contrôle, articulé autour de deux dimensions orthogonales ou bipolaires selon les modélisations : le Lieu de contrôle interne de la sécurité aérienne (Internal Aviation Safety Locus of Control) et le Lieu de contrôle externe de la sécurité aérienne (External Aviation Safety Locus of Control).
Dimension 1 : Le lieu de contrôle interne (Internal ASLOC)
Cette dimension reflète la croyance ferme de l’aviateur selon laquelle la survenue ou l’évitement des accidents dépend directement de ses propres actions, compétences, rigueur, prise de décision et discipline de vol. Un pilote présentant un score élevé sur cette dimension souscrit aux postulats suivants :
- Efficacité procédurale : Les accidents ne sont pas des fatalités ; l’application stricte et méthodique des règlements de vol et des procédures opérationnelles suffit à neutraliser la majorité des aléas opérationnels.
- Responsabilité personnelle : L’erreur humaine est reconnue comme la source prépondérante des incidents, et l’attention constante du navigant constitue le rempart ultime contre la chaîne des événements menant au crash.
- Discipline et conformité : Le refus délibéré des comportements indisciplinés (« faire des acrobaties non autorisées » ou horsing around) et l’adhésion rigoureuse à l’usage des équipements de sécurité (harnais, listes de contrôle) sont perçus comme des devoirs incontournables conditionnant la survie en vol.
Par exemple, un item représentatif affirme que « si les pilotes respectent l’ensemble des règles et règlements, ils peuvent éviter de nombreux accidents d’aviation ». Une internalité affirmée est généralement associée à des comportements de vol plus conservateurs, une résistance accrue aux pressions temporelles et une meilleure gestion des pannes imprévues.
Dimension 2 : Le lieu de contrôle externe (External ASLOC)
À l’opposé, la dimension externe mesure la croyance selon laquelle les accidents et les blessures en vol résultent de forces échappant au pouvoir d’action du pilote. Cette dimension englobe plusieurs sous-composantes cognitives :
- Fatalisme et chance : Les incidents sont appréhendés comme les conséquences du destin, de la malchance ou de la mauvaise fortune (« éviter les accidents est une question de chance »). Le pilote perçoit les menaces de l’environnement comme imprévisibles et inéluctables.
- Attribution systémique et organisationnelle externe : Les défaillances sont attribuées de façon préférentielle à des défectuosités du matériel, à des ambiguïtés réglementaires ou à une supervision déficiente des autorités de tutelle (comme la FAA). L’individu s’absout de sa propre part contributive en incriminant l’environnement sociotechnique.
- Sentiment d’impuissance opérationnelle : Le pilote estime qu’il ne peut rien faire ou presque face aux incidents mineurs (« les pilotes ont très peu de prise pour éviter les incidents mineurs dans l’exercice de leurs fonctions ») et considère la survenue d’un accident comme une probabilité statistique inévitable liée à la carrière aéronautique.
Dans la pratique psychologique, un niveau élevé d’externalité combiné à une faible internalité représente une configuration à haut risque, souvent reliée au phénomène d’« impuissance acquise » (learned helplessness) ou à une attitude de résignation face aux situations d’urgence.
Cadre théorique
L’ASLOC s’enracine dans la théorie de l’apprentissage social formulée par Julian B. Rotter (1954, 1966). Rotter a postulé que la probabilité d’occurrence d’un comportement dans une situation donnée dépend de l’attente (expectancy) de l’individu quant aux conséquences de ce comportement et de la valeur accordée à ce renforcement. Le lieu de contrôle est une attente généralisée concernant la nature du lien entre le comportement de l’individu et les renforcements qu’il reçoit.
De la généralité à la spécificité de domaine
Bien que l’échelle générale d’internalité-externalité de Rotter (I-E Scale) ait suscité un intérêt universel en psychologie de la personnalité, les psychologues du travail et des organisations ont rapidement identifié ses limites prédictives dans des micro-environnements spécialisés. Phares (1976) puis Wallston et Wallston (1978) avec le Health Locus of Control ont démontré que les échelles spécifiques à un domaine fournissent une puissance statistique et une validité écologique considérablement supérieures pour prédire les comportements ciblés.
Dans le domaine de la sécurité au travail, John W. Jones et Lisa Wuebker (1985) ont développé la Safety Locus of Control Scale (SLCS), observant que les salariés possédant un lieu de contrôle de sécurité interne rapportaient significativement moins d’accidents du travail, faisaient preuve d’une meilleure adhésion aux règles de sécurité industrielle et montraient une propension inférieure aux blessures évitables. S’inspirant directement de cette approche, David R. Hunter a adapté ces paradigmes aux contingences uniques de l’aviation civile et militaire.
Interaction avec les modèles de causalité de l’accident
Sur le plan de l’ingénierie des facteurs humains, l’ASLOC dialogue directement avec le modèle du fromage suisse (Swiss Cheese Model) de James Reason (1990) et la taxonomie HFACS (Human Factors Analysis and Classification System) développée par Shappell et Wiegmann (2000). Le cadre théorique postule que l’attribution causale n’est pas neutre : un pilote qui appréhende la sécurité à travers le prisme de l’internalité est plus enclin à agir comme une barrière active contre les défaillances latentes du système, comblant les brèches opérationnelles par une vigilance accrue. À l’inverse, une posture externe tend à désarmer les mécanismes de défense cognitive individuelle, augmentant la perméabilité du système aux erreurs actives.
Validité
Les propriétés de validité de l’échelle ASLOC ont été établies à travers divers protocoles d’évaluation empirique, englobant la validité de contenu, la validité de construit, ainsi que la validité critériée et convergente.
Validité de construit
La validité de contenu a été initialement assurée par l’expertise d’analystes de la FAA et de pilotes instructeurs, qui ont évalué la représentativité des items par rapport aux scénarios réels d’incidents aéronautiques (décisions d’atterrissage forcé, utilisation des listes de vérification, gestion du carburant, pilotage par mauvaises conditions météorologiques). L’analyse de cohérence théorique a démontré que les items capturent adéquatement les polarités d’agentivité personnelle versus fatalisme sociotechnique.
Validité convergente et discriminante
Les études de corrélation ont mis en évidence des associations significatives entre les scores d’internalité à l’ASLOC et d’autres traits de personnalité stabilisés :
- Corrélation positive avec la conscience professionnelle (Conscientiousness) : Les pilotes internes obtiennent des scores nettement plus élevés sur les facettes d’ordre, de rigueur et d’autodiscipline du modèle en cinq facteurs (Big Five).
- Corrélation négative avec la recherche de sensations (Sensation Seeking) : Une orientation interne est négativement corrélée à la recherche de sensations fortes et à la prise de risque impulsif en vol (Zuckerman, 1994).
- Validité discriminante : L’ASLOC présente de faibles corrélations avec l’intelligence générale (facteur g) ou les aptitudes psychomotrices pures, attestant qu’elle évalue des dispositions d’attitudes cognitives distinctes des compétences techniques de base.
Validité prédictive et critériée
Dans l’étude princeps de Hunter (2002), les sous-échelles de l’ASLOC ont été confrontées aux antécédents d’accidents et aux évaluations de performance en vol. Les pilotes ayant manifesté des comportements non sécuritaires ou ayant été impliqués dans des incidents évitables présentaient des scores d’externalité significativement supérieurs à leurs pairs irréprochables. De surcroît, Joseph et Ganesh (2006) ont constaté que les heures de vol accumulées et l’expérience opérationnelle modulaient les scores : les aviateurs plus expérimentés tendaient à manifester une internalité plus réaliste et plus robuste, couplée à un rejet marqué des croyances superstitieuses ou fatalistes concernant la chance.
Fidélité
La fidélité de l’ASLOC a été documentée à l’aide de mesures de cohérence interne et d’indices de stabilité temporelle au sein de divers échantillons de navigants.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans la recherche fondamentale menée par David R. Hunter (2002) sur un échantillon de 477 pilotes civils américains :
- La sous-échelle Interne (composée de 10 items) a affiché un coefficient alpha de Cronbach de 0,69.
- La sous-échelle Externe (composée de 10 items) a affiché un coefficient alpha de Cronbach de 0,63.
Bien que ces valeurs se situent dans une fourchette modérée selon les critères psychométriques stricts (souvent fixés à 0,70 pour les tests à visée de diagnostic individuel lourd), elles sont jugées tout à fait acceptables pour des instruments exploratoires spécifiques à un domaine, d’autant que le construit englobe des facettes situationnelles hétérogènes (technologie, régulation, météo, hasard).
Données transculturelles et fidélité test-retest
Dans l’investigation menée par Joseph et Ganesh (2006) auprès de pilotes de la force aérienne indienne, des coefficients de cohérence similaires et une forte stabilité temporelle ont été mis en relief :
- La fidélité test-retest calculée à un intervalle de 4 à 6 semaines auprès d’un sous-groupe d’aviateurs a montré des coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à r = 0,74, témoignant d’une excellente stabilité des attitudes de sécurité dans le temps en l’absence d’incident critique ou d’intervention de formation ciblée.
- L’homogénéité des items s’est avérée satisfaisante, avec des corrélations item-total corrigées oscillant majoritairement entre 0,28 et 0,55, excluant les redondances sémantiques excessives tout en garantissant la cohésion interne du domaine.
Analyse factorielle
La confirmation de la validité dimensionnelle de l’ASLOC repose sur des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites lors de la standardisation de l’outil.
Structure factorielle originale
L’analyse factorielle exploratoire initiale à l’aide de la méthode des composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) a permis de dégager clairement deux facteurs principaux sous-jacents expliquant une part prépondérante de la variance totale des scores :
- Facteur 1 (Locus de sécurité interne) : Ce facteur regroupe les items accentuant le rôle central de la vigilance individuelle, de l’obéissance aux règles, de la responsabilité en cas de négligence (ex. sanctions pour conduite imprudente en vol) et de la primauté accordée aux précautions de sécurité face aux contraintes temporelles. Les saturations factorielles pour les items de cette composante oscillent généralement entre 0,40 et 0,71.
- Facteur 2 (Locus de sécurité externe) : Ce facteur regroupe les énoncés renvoyant à l’inéluctabilité des accidents (« les accidents ne peuvent pas être évités », « c’est une question de chance ou de destin »), aux limites du pouvoir d’action du pilote et à l’imputation exclusive des fautes à l’organisme de régulation (FAA) ou à l’équipement défectueux. Les saturations pour ce facteur s’échelonnent entre 0,38 et 0,68.
Modélisation confirmatoire
Les modélisations ultérieures en analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont comparé un modèle unifactoriel unidimensionnel (où l’externalité et l’internalité seraient les deux extrémités opposées d’un continuum unique) à un modèle bifactoriel orthogonal ou corrélé. Les indices d’ajustement (tels que le RMSEA, le CFI et le TLI) ont systématiquement démontré la supériorité d’un modèle à deux facteurs distincts modérément corrélés négativement. Cela démontre empiriquement qu’un pilote peut simultanément admettre une part de responsabilité interne tout en reconnaissant l’existence d’aléas systémiques externes non contrôlables, nuance cognitive d’une grande valeur clinique pour évaluer le réalisme professionnel de l’aviateur.
Instrument de mesure
L’Échelle du lieu de contrôle de la sécurité aérienne (ASLOC) est un auto-questionnaire standardisé sur support papier ou informatisé, conçu pour une passation rapide et structurée.
Caractéristiques techniques
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique spécifique au domaine de l’aviation.
- Population cible : Pilotes civils (aviation générale, ligne commerciale), élèves-pilotes, instructeurs de vol et pilotes militaires.
- Nombre total d’items : 20 items standardisés dans le formulaire opérationnel de base.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points ordonnés :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 2 = Plutôt pas d’accord (Disagree)
- 3 = Neutre / Indécis (Neutral)
- 4 = Plutôt d’accord (Agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Durée approximative de passation : 5 à 10 minutes.
Règles de cotation et de calcul des scores
Le protocole de dépouillement prévoit le calcul de deux scores indépendants (ou scores composites selon les versions dérivées) par la sommation des items affectés à chaque polarité :
- Sous-échelle Interne : Somme des items 1, 3, 4, 6, 10, 13 (dans certaines versions de 24 items), 14, 18, 21, 23 (ou regroupement canonique des 10 items formulés positivement en faveur de la responsabilité du pilote). Un score élevé indique un fort sentiment d’autonomie, de maîtrise et de responsabilité personnelle vis-à-vis des risques de vol.
- Sous-échelle Externe : Somme des items 2, 5, 7, 12, 15, 17, 19, 20, 22, 24 (dans la nomenclature d’origine du protocole complet) ou des 10 items reflétant la fatalité, la chance, le manque de contrôle et les défaillances de tiers. Un score élevé reflète un profil fataliste ou une tendance à déresponsabiliser l’opérateur humain.
Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle ASLOC a été introduite dans la littérature scientifique en 2002 par David R. Hunter dans la revue Aviation, Space, and Environmental Medicine, faisant suite aux travaux de développement méthodologique menés pour le compte de la FAA à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
Droits d’accès et politique de tarification
- Coût : L’instrument est du domaine public pour les applications de recherche académique et non commerciale, dans la mesure où une large partie des recherches fondatrices a été financée par des fonds publics fédéraux américains via la FAA. L’accès à l’outil est donc gratuit.
- Permissions et usage : L’utilisation de l’ASLOC à des fins d’enseignement, de recherche universitaire ou d’évaluation interne au sein d’organismes de formation aéronautique ne requiert généralement pas le paiement de redevances. Toutefois, les chercheurs doivent citer formellement les publications de référence de David R. Hunter (2002) et respecter l’intégrité du libellé des items originaux.
- Exploitation commerciale : Toute intégration de l’ASLOC au sein d’une plateforme propriétaire payante de recrutement ou de sélection de personnel de bord nécessite une vérification préalable des accords de licence et de propriété intellectuelle afférents.
Références
- Hunter, D. R. (2002). Development of an aviation safety locus of control scale. Aviation, Space, and Environmental Medicine, 73(12), 1184–1188. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12498546/
- Jones, J. W., & Wuebker, L. (1985). Development and validation of the safety locus of control scale. Perceptual and Motor Skills, 61(1), 151–161. https://doi.org/10.2466/pms.1985.61.1.151
- Joseph, C., & Ganesh, A. (2006). Aviation safety locus of control in Indian aviators. Indian Journal of Aerospace Medicine, 50(1), 14–21.
- Reason, J. (1990). Human error. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139062366
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Shappell, S. A., & Wiegmann, D. A. (2000). The Human Factors Analysis and Classification System–HFACS (Report No. DOT/FAA/AM-00/7). Federal Aviation Administration, Office of Aviation Medicine. https://www.faa.gov/
Questions et items du questionnaire
Response Scale: Strongly Agree (5) to Strongly Disagree (1)
- If pilots follow all the rules and regulations, they can avoid many aviation accidents.
- Accidents are usually caused by unsafe equipment and poor safety regulations.
- Pilots should lose their license if they periodically neglect to use safety devices (for example, seat belts, checklists, etc.) that are required by regulation.
- Accidents and injuries occur because pilots do not take enough interest in safety.
- Avoiding accidents is a matter of luck.
- Most accidents and incidents can be avoided if pilots use proper procedures.
- Most accidents and injuries cannot be avoided.
- Most accidents are due to pilot carelessness.
- Most pilots will be involved in accidents or incidents which result in aircraft damage or personal injury.
- Pilots should be fined if they have an accident or incident while “horsing around”.
- Most accidents that result in injuries are largely preventable.
- Pilots can do very little to avoid minor incidents while working.
- Whether people get injured or not is a matter of fate, chance, or luck.
- Pilots’ accidents and injuries result from the mistakes they make.
- Most accidents can be blamed on poor FAA oversight.
- Most injuries are caused by accidental happenings outside people’s control.
- People can avoid getting injured if they are careful and aware of potential dangers.
- It is more important to complete a flight than to follow a safety precaution that costs more time.
- There is a direct connection between how careful pilots are and the number of accidents they have.
- Most accidents are unavoidable.