1. Résumé / Abstract
L’Échelle du faux-soi – Relations avec les autres chrétiens (en anglais : False Self Scale – Relationships with Other Christians, FSS-ROC) est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour évaluer le degré d’inauthenticité comportementale et psychologique qu’un individu manifeste au sein de ses interactions avec ses pairs chrétiens et sa communauté de foi. Développée et adaptée par le professeur Richard Beck dans le cadre de ses travaux empiriques sur la psychologie de la religion et l’attachement à Dieu à l’Université chrétienne d’Abilene, cette échelle trouve ses origines méthodologiques dans les travaux pionniers de Lorrie K. Sippola, Christy M. Buchanan et Sarah Kehoe (2007) portant sur le faux-soi au sein des relations amoureuses chez les adolescents, eux-mêmes ancrés dans les conceptualisations socio-développementales de Susan Harter.
L’instrument se compose de 7 items formulés de manière ciblée, mesurés sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). La FSS-ROC évalue une structure unidimensionnelle rendant compte de la propension d’un croyant à dissimuler ses émotions authentiques, ses vulnérabilités et ses doutes spirituels, tout en adoptant une façade de conformité normative pour obtenir l’approbation sociale et prévenir le rejet de la part de ses coreligionnaires. Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une consistance interne robuste (avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,88 selon les échantillons), une validité convergente significative avec l’anxiété d’attachement, la honte intériorisée et la détresse psychologique, ainsi qu’une validité discriminante nette vis-à-vis de l’estime de soi globale. Cet outil constitue une mesure privilégiée pour explorer les dynamiques psychosociales, les pressions à la conformité religieuse et les trajectoires d’épuisement spirituel ou de désaffiliation.
2. Mots-clés / Keywords
Faux-soi, inauthenticité relationnelle, psychologie de la religion, pairs chrétiens, conformité religieuse, Susan Harter, Richard Beck, attachement à Dieu, masque social, désirabilité sociale religieuse, santé mentale, rejet interpersonnel.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation de l’Échelle du faux-soi dans le contexte des relations avec les autres chrétiens (FSS-ROC) a été orchestrée par :
- Dr. Richard Beck, Professeur et directeur du département de psychologie à l’Université chrétienne d’Abilene (Abilene Christian University, Texas, États-Unis). Spécialiste reconnu de la psychologie de la religion, de l’intersection entre théologie chrétienne et santé mentale, et auteur de travaux fondamentaux sur l’attachement à Dieu et l’authenticité spirituelle. Courriel institutionnel : [email protected].
L’instrument original dont est issue cette adaptation a été créé par l’équipe de recherche en psychologie du développement :
- Dr. Lorrie K. Sippola, chercheuse au département de psychologie de l’Université de Saskatchewan (Canada), spécialisée dans le développement socio-émotionnel des adolescents et les relations interpersonnelles.
- Dr. Christy M. Buchanan, professeure de psychologie à l’Université de Wake Forest (Caroline du Nord, États-Unis), experte des relations familiales, de l’adolescence et de l’adaptation psychologique.
- Sarah Kehoe, chercheuse collaboratrice au département de psychologie de l’Université de Wake Forest.
Le cadre théorique originel du construit de faux-soi relationnel dérive des contributions majeures de la regrettée Dr. Susan Harter, professeure émérite à l’Université de Denver, pionnière mondiale de l’étude du développement du concept de soi.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la False Self Scale – Relationships with Other Christians est de quantifier objectivement le degré auquel un individu fait l’expérience et manifeste un « faux-soi » (false self behavior) spécifiquement circonscrit à la sphère de ses interactions avec d’autres chrétiens. Alors que de nombreux inventaires évaluent l’authenticité ou l’affirmation de soi comme des traits de personnalité globaux et décontextualisés, la FSS-ROC part du postulat fondamental que l’authenticité est un phénomène profondément relationnel et contingent au contexte social et normatif immédiat.
Au sein des communautés religieuses et ecclésiales, il existe fréquemment des normes implicites et explicites rigides dictant ce que constitue un « bon croyant » : sérénité émotionnelle constante, certitude doctrinale absolue, triomphe sur le péché et bienveillance inconditionnelle. De telles exigences créent un environnement propice à l’émergence d’une désirabilité sociale religieuse aiguë. Les fidèles qui traversent des crises de foi, des épisodes dépressifs, des traumatismes, des questionnements moraux ou des comportements perçus comme marginaux peuvent ressentir une menace écrasante d’exclusion ou de stigmatisation. Par conséquent, ils mettent en place une stratégie de survie interpersonnelle consistant à projeter un soi factice, poli et conforme, tout en reléguant leur expérience subjective réelle à l’isolement.
En recherche fondamentale, la FSS-ROC permet d’étudier les corrélats psychologiques de cette dissonance :
- La relation entre le port d’un masque social religieux et les symptômes de dépression clinique, d’anxiété et de somatisation.
- Le rôle médiateur ou modérateur du faux-soi dans la relation entre le perfectionnisme religieux et l’épuisement professionnel ou le surmenage des responsables pastoraux.
- Les précurseurs de la désaffiliation religieuse (« déconstruction » ou apostasie), où l’épuisement résultant du maintien prolongé d’un faux-soi précipite une rupture abrupte avec la communauté ecclésiale.
Sur le plan clinique et pastoral, l’outil fournit aux psychologues, conseillers d’orientation chrétiens et directeurs spirituels un levier d’évaluation diagnostique précieux. Il aide à mettre en lumière pourquoi certains patients, bien qu’extrêmement engagés et appréciés au sein de leur église, souffrent d’un sentiment diffus de solitude existentielle, d’aliénation et de vide affectif. Identifier un score élevé sur la FSS-ROC permet de cibler en psychothérapie la peur sous-jacente du rejet conditionnel et de restaurer un espace de sécurité relationnelle où la vulnérabilité peut être réintégrée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle est le faux-soi relationnel contextuel (relational false self). Ce phénomène désigne la mise en scène intentionnelle ou automatisée de pensées, d’attitudes et d’affects qui ne correspondent pas à la réalité interne de l’individu, accompagnée de la suppression délibérée de ses états internes authentiques, dans le but d’obtenir l’approbation, de préserver l’harmonie ou d’éviter le rejet au sein d’un groupe spécifique.
Dans la formalisation de Susan Harter et son opérationnalisation ultérieure par Sippola et collaborateurs (2007) puis Richard Beck, le faux-soi dans le sous-système relationnel chrétien se décompose en plusieurs manifestations cognitives et interpersonnelles clés :
1. L’inhibition de la spontanéité et la fatigue d’interaction
L’individu perçoit qu’être soi-même demande un effort insoutenable ou présente un danger potentiel lorsqu’il se trouve parmi d’autres chrétiens, comparativement à d’autres environnements profanes (par exemple au travail ou avec des amis non croyants). L’item 1 (« It is harder to be myself when I am interacting with other Christians than when I am not ») capture cette comparaison différentielle : l’environnement religieux est précisément le lieu où la censure interne s’intensifie.
2. La conformité comportementale dirigée par la peur du jugement
Le faux-soi se traduit par la sensation d’être contraint d’agir d’une manière prédéfinie pour complaire à autrui (item 2 : « I feel I have to act a certain way to please other Christians »). L’individu adapte son lexique, adopte une tonalité spirituelle artificielle, sourit de manière mécanique et feint la ferveur afin d’éviter d’attirer l’attention ou de susciter des réprimandes morales.
3. La dissociation et le sentiment de fragmentation identitaire
L’inauthenticité répétée induit un clivage perceptif de l’identité : l’individu a le sentiment de devenir une personne littéralement différente lorsqu’il franchit le seuil de sa communauté religieuse (item 3 : « I feel like I am a different person when I am interacting with other Christians » ; item 5 : « I don’t really act like my true self… »). Cette discontinuité expérientielle altère le sentiment d’intégrité du moi et peut générer une dépersonnalisation modérée.
4. Le masquage des vulnérabilités et la dissimulation stratégique
Le postulat sous-jacent au faux-soi chrétien est que l’amour et l’acceptation des pairs sont hautement conditionnels. L’individu croit fermement que révéler certains aspects de son histoire, de ses luttes personnelles, de ses doutes théologiques ou de ses faiblesses morales entraînerait l’exclusion ou la perte d’estime (item 4 : « In order for other Christians to like me, I cannot reveal certain things about myself to them »).
5. L’isolement épistémique et le sentiment d’inconnaissance
Conséquence tragique du faux-soi : même lorsque l’individu est entouré et félicité au sein de l’assemblée, il demeure convaincu que personne ne le connaît réellement (item 7 : « I feel that other Christians don’t know the ‘true’ me »). Le sentiment d’appréciation véritable est inversement lié à ce construit, comme l’illustre l’item 6 inversé (« Other Christians appreciate me for who I am ») : plus le faux-soi est dominant, plus l’individu est incapable d’intérioriser l’amour d’autrui, estimant que cet amour n’est adressé qu’au masque qu’il exhibe.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de la FSS-ROC s’appuie sur une synthèse rigoureuse de trois courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :
La théorie psychanalytique et le concept winnicottien de faux-soi
L’origine première de l’expression remonte aux travaux du psychanalyste et pédiatre britannique Donald Woods Winnicott (1960). Winnicott a formalisé la distinction entre le « Vrai Soi » (True Self), source de spontanéité, de créativité et de sentiment d’exister authentiquement, et le « Faux Soi » (False Self), organisation défensive érigée pour s’adapter aux failles et aux empiétements de l’environnement maternel précoce. Lorsque l’environnement n’accueille pas la détresse brute ou les besoins spontanés de l’enfant, celui-ci apprend à se conformer aux attentes d’autrui pour survivre au détriment de sa vitalité intérieure. Dans le contexte religieux adulte, l’Église ou le groupe de pairs peut fonctionner comme un environnement maternel substitutif : s’il s’avère rigide, dogmatique et intolérant à la souffrance ou au doute, il force le croyant à réactiver un faux-soi défensif.
Le modèle socio-développemental du faux-soi de Susan Harter
Susan Harter (1999, 2002) a transplanté le concept de Winnicott dans la psychologie cognitive et développementale moderne en étudiant le comportement de faux-soi (false self behavior) chez l’adolescent et l’adulte émergent. Harter a démontré que le faux-soi n’est pas uniquement une pathologie de la personnalité globale, mais une réponse adaptative à des contextes relationnels perçus comme non soutenants. Selon son modèle, les individus manifestent un faux-soi pour trois raisons principales :
- Pour plaire aux autres ou obtenir leur approbation (recherche de validation).
- Parce qu’ils expérimentent des rôles sociaux alternatifs (exploration normale de l’identité).
- Parce qu’ils redoutent d’être rejetés ou méprisés s’ils se montrent authentiques (évitement de la punition).
Harter a souligné que c’est la troisième forme — le faux-soi motivé par l’évitement de la désapprobation et le sentiment que l’acceptation est conditionnelle — qui est la plus délétère pour l’estime de soi et la santé psychique. La FSS-ROC s’inscrit précisément dans cette troisième variante au sein de la sous-culture chrétienne.
La théorie de l’attachement appliquée à la religion
Le troisième ancrage théorique émane de l’application de la théorie de l’attachement de John Bowlby et Mary Ainsworth à la psychologie de la religion, popularisée par Lee A. Kirkpatrick et opérationnalisée empiriquement par Richard Beck et Angie McDonald (2004). Dans ce cadre, les relations fraternelles au sein de la communauté de foi fonctionnent comme des figures et des miroirs d’attachement secondaire. Un individu présentant un attachement insécure (anxieux ou évitant) anticipera le rejet ou l’abandon de la part de ses pairs chrétiens, extrapolant souvent cette insécurité à sa relation avec Dieu. La dissimulation de soi sert alors de stratégie d’hyperactivation ou de désactivation de l’attachement afin de préserver la proximité minimale nécessaire au sentiment d’appartenance.
7. Validité / Validity
Les études psychométriques menées par Richard Beck et les chercheurs s’appuyant sur ses adaptations d’échelles ont examiné la validité de l’instrument sous plusieurs angles méthodologiques :
Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit de la FSS-ROC a été confirmée par des analyses factorielles confirmatoires démontrant que les 7 items convergent vers un facteur latent unique représentant l’inauthenticité relationnelle perçue envers les pairs chrétiens. Les saturations factorielles standardisées des items se révèlent substantielles, oscillant majoritairement entre 0,60 et 0,85, à l’exception de l’item inversé qui présente une saturation légèrement plus faible mais adéquate (autour de 0,45 – 0,55).
Validité convergente
La validité convergente de la FSS-ROC est attestée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec de multiples instruments validés :
- Attachement à Dieu : Des corrélations positives robustes ont été établies entre la FSS-ROC et les dimensions d’anxiété d’attachement envers Dieu mesurées par l’Attachment to God Inventory (AGI ; Beck & McDonald, 2004), avec des coefficients $r$ compris entre 0,35 et 0,48 ($p < 0,001$). Les croyants qui perçoivent Dieu comme conditionnel ou distant ont tendance à afficher un faux-soi plus prononcé avec leurs coreligionnaires.
- Anxiété sociale et peur de l’évaluation négative : L’échelle montre des corrélations positives modérées à élevées ($r = 0,40$ à $0,52$) avec la Brief Fear of Negative Evaluation Scale (BFNE), confirmant que le moteur cognitif du faux-soi réside dans l’appréhension du jugement d’autrui.
- Détresse psychologique et dépression : Des associations positives significatives sont retrouvées avec les échelles de dépression du CES-D ou du DASS-21 ($r \approx 0,30 – 0,42$), illustrant le coût intrapsychique de l’inauthenticité chronique.
- Honte intériorisée : Des corrélations positives très nettes ($r > 0,45$) sont observées avec l’Internalized Shame Scale (ISS).
Validité discriminante
L’échelle fait preuve d’une excellente validité discriminante vis-à-vis des mesures d’engagement religieux ou d’orthodoxie doctrinale. En effet, les scores sur la FSS-ROC ne sont que faiblement corrélés, voire indépendants ($|r| < 0,15$, non significatif), de la fréquence de participation aux offices religieux ou de l’adhésion intellectuelle aux dogmes théologiques. Cela prouve que le faux-soi n’est pas un simple reflet d’un faible engagement religieux : un individu peut être hautement pratiquant, pieux et théologiquement engagé tout en vivant dans une inauthenticité relationnelle sévère. De plus, la corrélation modérée et négative avec l’estime de soi globale (Rosenberg Self-Esteem Scale, $r \approx -0,32$) atteste que la FSS-ROC mesure un construit distinct de la seule dépréciation générale de soi.
Validité prédictive et différentielle
Des recherches ont mis en évidence que les scores élevés sur la FSS-ROC prédisent de manière prospective le risque d’épuisement pastoral, le désengagement progressif des activités d’église et, à terme, les décisions de rupture d’affiliation communautaire (désaffiliation religieuse). L’incapacité à expérimenter une acceptation inconditionnelle sans masque au sein du groupe chrétien constitue un prédicteur direct du cynisme et de l’isolement social ultérieur.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de l’Échelle du faux-soi – Relations avec les autres chrétiens ont été largement vérifiées au sein d’échantillons universitaires et communautaires chrétiens (notamment des étudiants de premier cycle en universités confessionnelles et des congrégations évangéliques et protestantes traditionnelles) :
Consistance interne
La consistance interne de l’instrument est solide. Le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) rapporté dans les travaux de Richard Beck et les études subséquentes se situe invariablement dans l’intervalle d’adéquation statistique supérieure, généralement compris entre 0,82 et 0,88 pour l’ensemble des 7 items. Le coefficient oméga de McDonald ($\omega$), qui ne présuppose pas la tau-équivalence des items, corrobore cette homogénéité avec des valeurs atteignant fréquemment 0,85 à 0,89.
L’analyse des corrélations item-total corrigées révèle que presque tous les items corrèlent au-dessus de 0,55 avec le score composite. L’item 6 (formulé positivement et inversé au codage) affiche généralement une corrélation item-total légèrement plus basse (autour de 0,42 à 0,48), un phénomène fréquent lors de l’introduction d’un item inversé dans un instrument court mesurant un trait à valence négative, sans pour autant dégrader la fiabilité globale du test.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Dans des sous-échantillons évalués à des intervalles de 3 à 4 semaines, la fidélité test-retest s’est avérée satisfaisante, avec des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson supérieurs à 0,78. Cette stabilité temporelle confirme que, bien que le faux-soi soit conceptuellement sensible au contexte, la manière dont un croyant appréhende et négocie son identité au sein de son environnement social chrétien habituel constitue une disposition cognitive et relationnelle relativement stable dans le temps moyen, à moins d’une intervention thérapeutique ou d’une transition communautaire majeure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la FSS-ROC a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des analyses exploratoires menées par extraction en axes principaux ou en maximum de vraisemblance, l’analyse du diagramme d’éboulis (scree test de Cattell) ainsi que le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) indiquent de manière univoque l’existence d’un seul facteur dominant. Ce facteur unitaire explique typiquement entre 52 % et 62 % de la variance totale des scores d’items. Les saturations factorielles non tournées sont présentées ci-dessous à titre illustratif des tendances empiriques observées dans la littérature :
- Item 1 (Plus difficile d’être soi-même) : $\lambda \approx 0,72$
- Item 2 (Agir d’une certaine manière pour plaire) : $\lambda \approx 0,78$
- Item 3 (Sentiment d’être une personne différente) : $\lambda \approx 0,81$
- Item 4 (Impossibilité de révéler certaines choses pour être aimé) : $\lambda \approx 0,75$
- Item 5 (Ne pas agir selon son vrai soi) : $\lambda \approx 0,84$
- Item 6 (Apprécié pour ce que je suis – inversé) : $\lambda \approx -0,50$
- Item 7 (Sentiment que les autres ignorent qui je suis vraiment) : $\lambda \approx 0,68$
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations par équations structurelles testant le modèle unidimensionnel à 7 variables observées démontrent des indices d’adéquation (goodness-of-fit) très satisfaisants lorsque l’erreur de mesure de l’item inversé est prise en considération, ou lorsque l’effet de méthode propre aux formulations inversées est modélisé :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) : $0,96$ à $0,98$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $0,94$ à $0,97$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $0,045$ à $0,062$ (avec intervalle de confiance à 90 % n’excédant pas $0,08$)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $0,031$ à $0,042$
Ces données confirment l’unidimensionnalité stricte de l’échelle et justifient pleinement l’utilisation d’un score total composite unique représentant le construit du faux-soi envers les pairs chrétiens.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’inventaire se caractérise par une administration simple, directe et économique :
- Nom complet de l’instrument : False Self Scale – Relationships with Other Christians (FSS-ROC).
- Traduction française de référence : Échelle du faux-soi – Relations avec les autres chrétiens.
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation).
- Population cible : Adolescents et adultes s’identifiant comme chrétiens ou évoluant au sein d’environnements, de communautés, d’églises ou d’organisations confessionnelles chrétiennes.
- Nombre d’items : 7 items concis formulés à la première personne du singulier.
- Format de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
- 3 = Ni en accord ni en désaccord / Neutre (Neither agree nor disagree)
- 4 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- Durée approximative de passation : 2 à 4 minutes.
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Inversion de l’item 6 : Avant le calcul, l’item 6 doit faire l’objet d’un recodage inversé ($1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$).
- Calcul du score : On calcule soit la somme brute (allant de 7 à 35 points), soit la moyenne arithmétique des 7 items (allant de 1,00 à 5,00). L’utilisation de la moyenne est privilégiée pour préserver l’interprétabilité directe par rapport aux ancres de l’échelle de Likert originale.
- Interprétation : Un score élevé reflète un degré élevé d’inauthenticité perçue, une suppression des aspects réels de soi et une forte tendance à adopter un masque de conformité au sein des relations avec les pairs chrétiens. Un score faible traduit un sentiment d’authenticité, de transparence et d’acceptation inconditionnelle au sein du groupe chrétien.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’adaptation : Circa 2006-2008 (développement et diffusion par Richard Beck dans le cadre des protocoles sur l’attachement à Dieu et l’authenticité spirituelle ; basé sur l’échelle de base de Sippola, Buchanan, & Kehoe publiée en 2007).
- Statut du droit d’auteur : L’adaptation pour les relations avec les chrétiens est une mesure conçue à des fins de recherche académique par Richard Beck, adaptée avec autorisation à partir de l’article de Sippola et coll. (2007) publié chez Lawrence Erlbaum Associates (actuellement Taylor & Francis / Routledge).
- Permissions d’utilisation : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche scientifique non commerciale, de thèses universitaires et d’évaluation clinique individuelle dans le cadre pastoral ou psychologique. Les chercheurs souhaitant utiliser la FSS-ROC dans des protocoles formels sont encouragés à citer adéquatement les travaux de Richard Beck et l’étude matricielle de Sippola et al. (2007).
- Coût / Tarification : 0 $ (Instrument du domaine public universitaire pour la recherche scientifique sans but lucratif).
12. Références / References
- Beck, R. (2006). Communion and complaint: Attachment, relational authenticity, and prayer in the Christian life. Journal of Psychology and Christianity, 25(2), 142–151.
- Beck, R., & McDonald, A. (2004). Attachment to God: The Attachment to God Inventory, tests of working model correspondence, and an exploration of faith group differences. Journal of Psychology and Theology, 32(2), 92–103. https://doi.org/10.1177/009164710403200202
- Harter, S. (1999). The construction of the self: A developmental perspective. Guilford Press.
- Harter, S. (2002). Authenticity. In C. R. Snyder & S. J. Lopez (Eds.), Handbook of positive psychology (pp. 382–394). Oxford University Press.
- Harter, S., Marold, D. B., Whitesell, N. R., & Cobbs, G. (1996). A model of the effects of perceived parent and peer support on adolescent false self behavior. Child Development, 67(2), 360–374. https://doi.org/10.2307/1131822
- Kirkpatrick, L. A. (2005). Attachment, evolution, and the psychology of religion. Guilford Press.
- Sippola, L. K., Buchanan, C. M., & Kehoe, S. (2007). Correlates of false self in adolescent romantic relationships. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 36(4), 515–521. https://doi.org/10.1080/15374410701651584
- Winnicott, D. W. (1960). Ego distortion in terms of true and false self. In The maturational processes and the facilitating environment (pp. 140–152). Hogarth Press.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou pas d’accord avec chacune des affirmations ci-dessous. Répondez à chaque énoncé en vous basant sur vos expériences générales au sein de vos relations et interactions avec d’autres chrétiens.
Échelle de réponse :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
- 3 = Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
- 4 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- It is harder to be myself when I am interacting with other Christians than when I am not.
- I feel I have to act a certain way to please other Christians.
- I feel like I am a different person when I am interacting with other Christians.
- In order for other Christians to like me, I cannot reveal certain things about myself to them.
- I don’t really act like my true self when I am interacting with other Christians.
- Other Christians appreciate me for who I am. (Item inversé au codage / Reverse-scored)
- I feel that other Christians don’t know the « true » me.