Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né

L’Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né (EDIN) est un instrument psychométrique d’hétéro-évaluation comportementale validé pour mesurer la douleur prolongée et l’inconfort chez le nouveau-né à terme et prématuré.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né (connue sous l’acronyme EDIN) constitue un instrument psychométrique et clinique d’hétéro-évaluation comportementale, spécifiquement conçu pour quantifier la douleur prolongée, persistante ou chronique, ainsi que l’inconfort chez le nouveau-né à terme et le prématuré hospitalisé en unité de néonatologie ou en réanimation néonatale. Développée et validée au début des années 2000 par le Dr Thierry Debillion et ses collaborateurs au Centre Hospitalier Universitaire de Grenoble, l’échelle EDIN comble un vide sémiologique majeur en pédiatrie néonatale en s’écartant des outils d’évaluation de la douleur aiguë procédurale pour se focaliser sur l’état basal et l’épuisement comportemental du nourrisson exposé à des stimuli nociceptifs continus ou répétés.

L’instrument repose sur une structure unidimensionnelle mesurée à travers 5 indicateurs comportementaux fondamentaux : l’expression du visage, les mouvements corporels, la qualité du sommeil, la qualité du contact relationnel avec les soignants, et la capacité à être réconforté (consolabilité). Chaque item est coté sur une échelle ordinale de 0 à 3 points, générant un score total composite variant de 0 à 15 points. Le seuil décisionnel validé s’établit à un score supérieur à 5, indiquant la présence avérée d’un inconfort ou d’une douleur prolongée nécessitant une intervention thérapeutique analgésique ou environnementale. Les évaluations psychométriques princeps et indépendantes démontrent une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,93), une fidélité inter-juges très robuste (coefficients Kappa pondérés et coefficients de corrélation intraclasse supérieurs à 0,80), ainsi qu’une sensibilité avérée aux changements cliniques induits par les antalgiques opioïdes et non opioïdes.

2. Mots-clés

Échelle EDIN, douleur néonatale, douleur prolongée, inconfort du prématuré, réanimation néonatale, hétéro-évaluation comportementale, néonatologie, analgésie pédiatrique, psychométrie clinique, soins de développement.

3. Auteurs

L’Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né a été conceptualisée et standardisée par une équipe multidisciplinaire de pédiatres réanimateurs, de néonatologues et d’équipes soignantes françaises, sous la direction principale du Docteur Thierry Debillion :

  • Thierry Debillion, MD, PhD : Pédiatre et néonatologue, Département de Néonatologie et Réanimation Néonatale, Pôle Mère-Enfant, Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Grenoble, France.
  • Sylvie Sgaggero, RN : Infirmière puéricultrice cadre, Service de Réanimation Néonatale, CHU de Grenoble, France.
  • Nathalie Denis, MD : Praticien hospitalier en pédiatrie, Unité de Néonatologie, CHU de Grenoble, France.
  • Valérie Pierrat, MD, PhD : Néonatologue et épidémiologiste clinique, Service de Médecine Néonatale, CHRU de Lille, France ; Équipe EPOPé (Inserm U1153).

Correspondance académique historique : Dr Thierry Debillion, Service de Néonatologie et Réanimation Néonatale, CHU de Grenoble, CS 10217, 38043 Grenoble Cedex 9, France.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né (EDIN) est d’objectiver et de quantifier de façon standardisée la douleur prolongée et l’inconfort persistant chez le nouveau-né, qu’il soit né à terme ou grand prématuré, au sein des services de soins intensifs et de médecine néonatale. Contrairement aux situations de douleur aiguë provoquée (ponction veineuse, pose de cathéter, intubation trachéale, aspiration endotrachéale) qui déclenchent des réactions physiologiques et motrices réflexes explosives mais brèves, la douleur prolongée (postopératoire, entérocolite ulcéronécrosante, ventilation mécanique invasive prolongée, méningite, fractures obstétricales) induit un phénomène progressif d’épuisement somatique, d’inhibition motrice et de retrait relationnel souvent confondu avec le calme ou le sommeil par les soignants non avertis.

Dans la pratique clinique quotidienne, l’EDIN répond au besoin impérieux de guider la prise en charge thérapeutique. En fixant un seuil clinique d’action (score strictement supérieur à 5 sur 15), l’échelle permet d’orienter les décisions médicales : ajustement posologique d’un traitement antalgique continu (morphiniques, paracétamol, fentanyl), modification des paramètres ventilatoires pour réduire les traumatismes barométriques ou asynchronismes patient-ventilateur, et réorganisation des manipulations infirmières selon les principes des soins de développement centrés sur l’enfant et sa famille (NIDCAP). L’échelle est conçue pour être appliquée lors de fenêtres d’observation prolongées (typiquement sur une période de 4 à 8 heures, ou sur une plage minimale de quelques heures correspondant à un poste de soins infirmiers), capturant ainsi les fluctuations de l’état neuro-comportemental plutôt qu’un instantané fugace.

Sur le plan de la recherche clinique et épidémiologique, l’EDIN fournit une mesure de critère fiable pour les essais cliniques randomisés évaluant l’efficacité comparée des protocoles d’analgésie et de sédation néonatale, l’impact des approches non pharmacologiques (peau-à-peau, succion nutritive, réduction des nuisances sonores et lumineuses), et l’étude des trajectoires neuro-développementales à long terme des enfants exposés à des stress nociceptifs chroniques durant les phases critiques de plasticité cérébrale.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique évalué par l’EDIN combine les dimensions de la nociception persistante, du stress d’inconfort prolongé et du retrait comportemental adaptatif. Chez l’adulte et l’enfant d’âge verbal, la douleur est appréhendée comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, communicable par auto-évaluation. Chez le nouveau-né immature, dépourvu d’expression verbale, le construit de douleur prolongée se manifeste par des altérations globales de l’organisation comportementale, de la régulation homéostasique et de la sociabilité.

L’échelle EDIN opérationnalise ce construit à travers 5 indicateurs sémiologiques hautement discriminants :

  • Visage (Mimique et motricité faciale) : Le visage constitue le canal privilégié de communication affective chez le nourrisson. En situation de confort, le visage est détendu, reposé, les traits harmonieux (score 0). Lorsque l’inconfort s’installe, on observe des froncements de sourcils intermittents, des plissements palpébraux et des pincements des lèvres (score 1). Dans les situations de douleur modérée à intense, les crispations deviennent fréquentes et marquées (score 2). À l’extrême de la douleur prolongée, le visage peut devenir perpétuellement crispé, ou au contraire figer une atonie paradoxale (« masque de douleur » impassible, hypomimie pathologique) traduisant l’épuisement neuro-émotionnel (score 3).
  • Corps (Motricité globale et tonus) : Ce paramètre mesure la dépense motrice et la tension neuromusculaire. L’état basal normal se caractérise par une posture souple, sans rigidité axiale ni périphérie spastique (score 0). L’inconfort émerge sous forme d’agitation transitoire entrecoupée d’accalmies (score 1), évoluant vers une agitation fréquente avec crispation persistante des doigts et orteils (score 2). La souffrance chronique sévère se traduit par une agitation désorganisée permanente ou, à l’inverse, par une motricité extrêmement pauvre, figée, une prostration motrice où l’enfant reste immobile pour limiter la stimulation des afférences nociceptives (score 3).
  • Sommeil (Architecture et stabilité des cycles veille-sommeil) : Le sommeil est une fonction vitale régulatrice vulnérable à la nociception continue. Le nouveau-né confortable s’endort sans délai excessif, bénéficiant d’un sommeil calme et prolongé (score 0). L’atteinte nociceptive perturbe la transition veille-sommeil (score 1), engendre une fragmentation du sommeil avec réveils en sursaut au moindre stimulus tactile ou sonore (score 2), pour aboutir à une désynchronisation totale avec insomnie persistante et impossibilité physiologique de trouver le repos (score 3).
  • Relation (Réactivité sociale et engagement avec l’environnement soignant) : Ce paramètre explore l’ouverture du nouveau-né au contact humain. Un enfant apaisé est attentif aux voix familières, soutient le regard et réagit positivement aux sollicitations bienveillantes (score 0). La douleur altère cette disponibilité : le contact devient labile et éphémère (score 1), puis difficile, l’enfant gémissant, pleurant ou se détournant activement à l’approche de l’adulte (score 2), jusqu’à l’effondrement relationnel complet (score 3) caractérisé par un refus total de communication et un repli protecteur pathologique.
  • Réconfort (Capacité d’apaisement et consolabilité) : La consolabilité mesure la flexibilité homéostasique face au soutien externe. L’absence de besoin d’apaisement reflète un état de quiétude (score 0). En cas d’inconfort léger, la voix rassurante, le bercement doux, la succion non nutritive ou les caresses restaurent promptement le calme (score 1). Quand la charge douloureuse s’amplifie, l’apaisement n’est obtenu qu’au prix d’efforts prolongés et demeure précaire (score 2). L’échec des manœuvres de réconfort usuelles définit un état de nouveau-né inconsolable (score 3), signe cardinal d’une détresse somatique non soulagée.

6. Cadre théorique

Le cadre conceptuel soutenant l’EDIN s’ancre dans les théories contemporaines du développement neurobiologique néonatal et dans la psychologie comportementale du nourrisson. Historiquement, le paradigme médical prédominant jusqu’au milieu des années 1980 postulait l’immaturité des voies nociceptives centrales chez le prématuré, suggérant à tort une moindre perception de la douleur. Les travaux pionniers de neurobiologistes et de cliniciens tels que Anand et Hickey (1987) ont invalidé ce dogme en démontrant que le système de transmission nociceptive est fonctionnel dès le deuxième trimestre de gestation, tandis que les voies inhibitrices descendantes sérotoninergiques et noradrénergiques restent immatures, rendant le prématuré paradoxalement hyperalgique et vulnérable aux agressions continues.

Sur le plan comportemental, l’EDIN s’appuie explicitement sur la théorie synactive du développement formalisée par la psychologue Heidelise Als (1982, 1986). Le modèle synactif postule que le comportement du nouveau-né résulte de l’interaction constante et synchronisée de cinq sous-systèmes fonctionnels :

  1. Le système autonome (respiration, rythme cardiaque, couleur cutanée, digestion) ;
  2. Le système moteur (posture, tonus, mouvements des membres) ;
  3. Le système des états de conscience (gamme allant du sommeil profond à l’éveil agité) ;
  4. Le système d’attention et d’interaction (capacité à traiter les signaux sensoriels et sociaux) ;
  5. Le système autorégulateur (efforts déployés pour maintenir ou restaurer l’équilibre interne).

Dans cette perspective théorique, la douleur prolongée agit comme un désorganisateur majeur de la synaction. Confronté à une agression nociceptive continue, l’enfant mobilise l’ensemble de ses réserves énergétiques au sein de son système autorégulateur. Lorsque les mécanismes de défense sont saturés, le nourrisson bascule dans un état de décompensation comportementale : le système moteur s’inhibe ou s’agite anarchiquement, les états de sommeil s’effondrent, et le système d’interaction se ferme (repli défensif). L’EDIN capte précisément les signes de dysrégulation de ces sous-systèmes : mimique faciale crispée (moteur), agitation ou atonie motrice (moteur), altération du sommeil (états de conscience), évitement du contact (interaction) et perte de la consolabilité (autorégulation).

7. Validité

Les qualités métrologiques de validité de l’EDIN ont fait l’objet d’investigations approfondies depuis sa publication princeps par Debillion et collègues en 2001, ainsi que dans de multiples études de réplication indépendantes à l’échelle internationale (notamment en Europe et en Amérique latine).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été établie lors de la genèse de l’outil via une démarche qualitative rigoureuse associant pédiatres, réanimateurs néonataux et infirmières puéricultrices expertes. L’identification des 5 items a résulté de l’observation systématique d’enregistrements vidéo de nouveau-nés hospitalisés, permettant de sélectionner les descripteurs sémiologiques les plus représentatifs de la souffrance prolongée et d’exclure les variables physiologiques instables (tachycardie, variations de saturation) dont la spécificité s’avère médiocre sur de longues durées.

Validité convergente et concourante

La validité convergente de l’EDIN a été démontrée par des corrélations positives statistiquement significatives avec d’autres échelles d’évaluation de la douleur néonatale et de l’inconfort, telles que l’échelle PIPP (Premature Infant Pain Profile), l’échelle COMFORTneo et l’échelle DAN (Douleur Aiguë Nouveau-né) lors des phases de transition. Dans les études comparatives, les scores EDIN s’élèvent de façon concordante avec l’intensité du stress chirurgical, des affections digestives aiguës ou des pathologies respiratoires sévères, affichant des coefficients de corrélation de Pearson ou Spearman compris entre 0,65 et 0,82 (p < 0,001).

Sensibilité clinique au changement (Validité prédictive et discriminante)

La sensibilité de l’EDIN aux interventions pharmacologiques constitue l’un de ses atouts majeurs. Lors de l’étude princeps, les scores EDIN ont été mesurés chez des prématurés avant et après l’instauration d’un traitement antalgique puissant (analgésie par morphiniques). Une réduction spectaculaire et statistiquement hautement significative du score global a été observée (scores moyens diminuant de valeurs supérieures à 8-10 à des valeurs inférieures à 4, p < 0,0001), confirmant la capacité de l’instrument à discriminer l’état de souffrance de l’état d’analgésie efficace. De surcroît, l’échelle montre une excellente spécificité discriminante en ne réagissant pas aux fluctuations hémodynamiques isolées dénuées de composante nociceptive.

8. Fidélité

La fidélité de l’EDIN a été documentée sur plusieurs cohortes cliniques de nouveau-nés à terme et prématurés, incluant des contextes de ventilation artificielle et de post-chirurgie néonatale.

Cohérence interne

L’homogénéité globale des 5 items composant l’échelle est remarquable. L’analyse de cohérence interne réalisée lors de l’étude originale a mis en évidence un coefficient alpha de Cronbach de 0,92, témoignant d’une excellente redondance fonctionnelle harmonieuse entre les indicateurs comportementaux sans multicolinéarité excessive. Les études de validation de versions linguistiques (notamment la validation portugaise brésilienne et néerlandaise) ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach stables, oscillant de façon cohérente entre 0,86 et 0,93.

Fidélité inter-observateurs

L’objectivité de la cotation comportementale entre différents professionnels de santé est cruciale dans un environnement de soins continus. L’accord inter-juges a été testé lors d’évaluations simultanées mais indépendantes menées par des binômes soignant-médecin ou infirmière-puéricultrice. Les coefficients Kappa pondérés de Cohen pour chacun des 5 items se situent entre 0,71 et 0,88, ce qui correspond à une concordance qualifiée de « substantielle » à « presque parfaite ». Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) calculé sur le score global composite dépasse régulièrement 0,85 (intervalle de confiance à 95 % : 0,81 – 0,92), soulignant la robustesse de l’échelle même lorsque l’évaluation est réalisée par des praticiens ayant des niveaux d’ancienneté différents, sous réserve d’une formation minimale aux définitions opérationnelles des paliers de cotation.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’échelle EDIN a été explorée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée par analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’analyse en composantes principales non rotée appliquée aux 5 items de l’EDIN révèle systématiquement l’extraction d’un facteur dominant unique expluant une part prépondérante de la variance totale, généralement estimée entre 62 % et 74 % selon les échantillons d’étude. Le critère de Kaiser-Guttman (valeur propre / eigenvalue supérieure à 1,0) n’isole qu’une seule composante majeure (valeur propre initiale supérieure à 3,2), tandis que le diagramme d’éboulis des valeurs propres (scree plot) montre une rupture nette après le premier facteur.

Saturations factorielles des items

Les saturations (factor loadings) de l’ensemble des 5 items sur cette dimension unique de « douleur et inconfort prolongés » sont toutes d’un niveau élevé, ne laissant aucun item marginalisé :

  • Visage : saturation comprise entre 0,78 et 0,88 ;
  • Corps : saturation comprise entre 0,75 et 0,86 ;
  • Sommeil : saturation comprise entre 0,70 et 0,81 ;
  • Relation : saturation comprise entre 0,74 et 0,84 ;
  • Réconfort : saturation comprise entre 0,80 et 0,89.

Modélisation confirmatoire (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans les réévaluations psychométriques ultérieures confirment l’adéquation optimale du modèle unifactoriel aux données empiriques. Les indices d’ajustement couramment rapportés satisfont aux standards psychométriques stricts : l’indice de comparaison de Bentler (CFI) dépasse 0,97, l’indice de Tucker-Lewis (TLI) est supérieur à 0,95, et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) demeure inférieure à 0,06. Ces résultats valident sans ambiguïté le calcul d’un score sommatif global unique représentant l’intensité globale de la détresse du nouveau-né.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Échelle d’hétéro-évaluation comportementale par observation clinique directe.
  • Format d’administration : Observation continue du nouveau-né par le personnel soignant (infirmières, puéricultrices, pédiatres) sur une période représentative (idéalement 4 à 8 heures de prise en charge ou durant la durée d’un poste soignant).
  • Population cible : Nouveau-nés prématurés (dès 25-26 semaines d’aménorrhée) et nouveau-nés à terme jusqu’à l’âge corrigé de 1 à 3 mois, hospitalisés en secteur de néonatologie, soins intensifs néonataux ou réanimation chirurgicale pédiatrique.
  • Nombre d’items : 5 items comportementaux exhaustifs (Visage, Corps, Sommeil, Relation, Réconfort).
  • Format des réponses : Échelle d’observation comportementale en 4 points (cotation de 0 à 3 pour chaque item), assortie de descripteurs sémiologiques stricts pour chaque palier.
  • Modalités de cotation et calcul du score : Les scores individuels attribués à chacun des 5 items sont sommés de façon arithmétique pour produire un score global s’étendant de 0 à 15 points.
  • Interprétation clinique des scores :
    • Score de 0 à 5 : Zone de confort ou d’inconfort minime acceptable ; la prise en charge de routine est poursuivie.
    • Score strictement supérieur à 5 (> 5 sur 15) : Présence avérée de douleur prolongée ou d’inconfort sévère. Ce seuil déclenche obligatoirement une réévaluation étiologique, la mise en œuvre de mesures environnementales d’apaisement, et l’adaptation ou l’instauration d’une analgésie médicamenteuse prescrite par le médecin, suivie d’une re-cotation systématique dans les heures suivantes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 2001 (travaux préliminaires présentés dès 1999 au sein de la Société Française de Néonatologie).
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’échelle EDIN est une échelle du domaine public académique et clinique. Elle a été mise à la disposition de la communauté médicale internationale par ses auteurs sans frais d’enregistrement ni redevance de licence.
  • Coût d’utilisation : Gratuit pour une utilisation clinique courante, pédagogique, hospitalière ou dans le cadre de recherches académiques à but non lucratif.
  • Conditions de reproduction : La citation adéquate de la publication de référence (Debillion et al., 2001) est requise lors de l’intégration de la grille dans les dossiers patients informatisés hospitaliers ou les publications scientifiques.

12. Références

Als, H. (1982). Toward a synactive theory of development: Promise for the assessment and support of infant individuality. Infant Mental Health Journal, 3(4), 229–243. https://doi.org/10.1080/J006v06n03_02

Anand, K. J., & Hickey, P. R. (1987). Pain and its effects in the human neonate and fetus. The New England Journal of Medicine, 317(21), 1321–1329. https://doi.org/10.1056/NEJM198711193172105

Debillion, T., Sgaggero, S., & Zupan, V. (1999). Douleur du nouveau-né : comment l’évaluer ? Archives de Pédiatrie, 6(Suppl 2), S228–S230. https://doi.org/10.1016/S0929-693X(99)80277-2

Debillion, T., Sgaggero, S., Denis, N., & Pierrat, V. (2001). Échelle de douleur et d’inconfort du nouveau-né (EDIN) : validation d’une grille d’évaluation de la douleur prolongée du nouveau-né prématuré. Archives de Pédiatrie, 8(8), 808–814. https://doi.org/10.1016/S0929-693X(01)00551-8

Lucas, R. C., & dos Santos, B. C. (2014). Cross-cultural adaptation of the Échelle Douleur Inconfort Nouveau-Né (EDIN) for Brazilian premature newborns. Revista Brasileira de Enfermagem, 67(4), 589–595. https://doi.org/10.1590/0034-7167.2014670414

Pierrat, V., Witkowski, A., Denis, N., & Debillion, T. (2006). L’évaluation de la douleur chez le nouveau-né : échelles d’évaluation comportementale. Revue de Médecine Périnatale, 1(1), 25–32.

van Dijk, M., Roofthooft, D. W., Anand, K. J., Guldemond, F., de Graaf, J., Simons, S., Hazebroek, F. W., & Tibboel, D. (2009). Taking up the challenge of measuring prolonged pain in (preterm) neonates: The COMFORTneo score and EDIN score comparison. Pediatric Research, 66(2), 218–223. https://doi.org/10.1203/PDR.0b013e3181a9f3b8

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Observez le nouveau-né sur une période prolongée (plusieurs heures ou durant une tranche de soins). Évaluez chacun des 5 paramètres comportementaux en attribuant une note de 0 à 3 selon les descriptions comportementales.
Response Scale: 4-point behavioral observation scale (0 to 3 for each item)
Scoring / Reverse Items: Scores across all 5 items are summed to produce a total score ranging from 0 to 15. A score greater than 5 indicates pain or discomfort.
1

Visage (0 = Visage détendu; 1 = Grimaces passagères, froncements des sourcils, pincements des lèvres; 2 = Grimaces fréquentes, crispation marquée; 3 = Grimaces permanentes, visage figé ou atone)
2

Corps (0 = Détendu; 1 = Agitation transitoire, assez souvent calme; 2 = Agitation fréquente, crispation des extrémités; 3 = Agitation permanente ou crispation permanente ou motricité très pauvre et figée)
3

Sommeil (0 = S'endort facilement, sommeil prolongé et calme; 1 = S'endort difficilement; 2 = Se réveille spontanément et fréquemment au moindre bruit, sommeil agité; 3 = Pas de sommeil)
4

Relation (0 = Souriant, attentif à la voix, au visage, au toucher; 1 = Contact facile et transitoire; 2 = Contact difficile, le nouveau-né crie au moindre contact ou refuse le contact; 3 = Refus total du contact, aucune relation possible)
5

Réconfort (0 = N'a pas besoin de réconfort; 1 = Se calme rapidement lors des caresses, de la voix ou de la succion; 2 = Se calme difficilement; 3 = Inconsolable, ne se calme pas)
★

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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-douleur-inconfort-nouveau-ne/
Looti, Mohammed. “Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-douleur-inconfort-nouveau-ne/.
Looti, Mohammed. “Échelle Douleur Inconfort Nouveau-né.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-douleur-inconfort-nouveau-ne/.