Échelle d’impulsivité (IS)

Découvrez l’Échelle d’impulsivité (IS / IS-D) développée par Sutton-Smith, Rosenberg et Denson. Analyse psychométrique complète, dimensions motrice, attentionnelle et de non-planification, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle d’impulsivité (Impulsivity Scale, IS), développée initialement par Brian Sutton-Smith et B. G. Rosenberg (1959, 1965), puis adaptée et affinée par Paul P. Hirschfield (1965) et Teri A. Denson (1977 sous la dénomination IS-D), est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la propension aux comportements impulsifs, le manque de retenue motrice et cognitive, ainsi que les difficultés d’autorégulation chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Composée classiquement de 30 items fermés administrés selon un format dichotomique (Vrai/Faux ou choix forcé par paires d’énoncés antinomiques), l’échelle explore l’impulsivité à travers trois composantes fondamentales : l’impulsivité motrice (propension à agir sans délai ni délibération préalable), l’impulsivité attentionnelle (distractibilité soutenue, difficulté à maintenir la concentration et intolérance à l’ennui) et l’impulsivité par défaut de planification (désorganisation comportementale, incapacité d’anticipation et gestion déficiente du temps).

Sur le plan métrologique, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,74 et 0,84 selon les cohortes étudiées, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste établie par des corrélations test-retest variant de 0,72 à 0,81 sur des intervalles de plusieurs semaines. Les analyses de validité convergente démontrent des corrélations significatives et théoriquement cohérentes avec d’autres mesures de référence de la personnalité et de l’affectivité, notamment le questionnaire d’impulsivité d’Eysenck (EPQ) et l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS). L’instrument est fréquemment mobilisé en psychologie du développement, en neuropsychologie clinique et en milieu scolaire pour le repérage précoce des perturbations exécutives, le diagnostic différentiel du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ainsi que pour le suivi longitudinal des interventions psycho-éducatives.

2. Mots-clés

impulsivité, évaluation psychométrique, Sutton-Smith, Rosenberg, impulsivité motrice, impulsivité attentionnelle, défaut de planification, style cognitif, contrôle inhibiteur, TDAH, psychologie du développement, prise de risque, autorégulation.

3. Auteurs

L’échelle et ses déclinaisons successives ont été conçues et validées par plusieurs chercheurs émérites en psychologie du développement et en psychométrie :

  • Brian Sutton-Smith, Ph.D. (1924–2015) : Psychologue du développement de renommée internationale, professeur émérite à l’Université de Pennsylvanie (University of Pennsylvania) et précédemment chercheur au Bowling Green State University et au Teachers College de l’Université Columbia. Théoricien pionnier de la psychologie du jeu, de l’expression ludique et de la régulation comportementale chez l’enfant.
  • B. G. Rosenberg, Ph.D. : Professeur de psychologie au Bowling Green State University, spécialiste du développement de la personnalité, de la typologie des rôles sexués et des processus de socialisation infantile.
  • Paul P. Hirschfield, Ph.D. : Chercheur en psychopathologie de l’enfant et en psychométrie clinique, ayant contribué à l’évaluation des biais de réponse et des ensembles de réponses chez les enfants impulsifs.
  • Teri A. Denson, Ph.D. : Chercheuse en psychologie cognitive et en éducation, conceptrice de la variante standardisée « IS-D » (1977) axée sur l’analyse factorielle des styles cognitifs et de la régulation de l’action.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle d’impulsivité (IS / IS-D) est de fournir une évaluation standardisée, rapide et psychométriquement rigoureuse de la tendance d’un individu à agir de manière irréfléchie, prématurée ou inappropriée au contexte environnemental. Le construit d’impulsivité constitue l’un des piliers majeurs de la structure de la personnalité et de la psychopathologie développementale. Historiquement, l’identification précise des profils impulsifs chez les enfants et les jeunes adolescents répondait à la nécessité de distinguer les conduites exploratoires saines, caractérisées par un dynamisme moteur élevé, des véritables déficits d’inhibition comportementale conduisant à des répercussions scolaires, relationnelles et adaptatives néfastes.

Sur le plan clinique, l’échelle poursuit plusieurs visées diagnostiques et thérapeutiques :

  • Dépistage et diagnostic différentiel : L’outil participe à l’identification des manifestations cardinales du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), du trouble de l’opposition avec provocation (TOP), des troubles des conduites et du trouble de la personnalité borderline. Il permet d’objectiver l’ampleur des défaillances du contrôle des impulsions face aux règles sociales.
  • Évaluation du pronostic adaptatif : En quantifiant des dimensions telles que la recherche de sensations physiques immédiates, la propension à la provocation et le désintérêt pour les tâches académiques structurées, le test met en lumière la vulnérabilité aux conduites à risque (délinquance juvénile, consommation précoce de substances psychoactives, absentéisme scolaire ou « jeu de l’école buissonnière »).
  • Planification et monitorage des interventions : L’instrument fournit un profil multidimensionnel permettant de guider les stratégies d’intervention cognitivo-comportementale (TCC), les programmes d’entraînement aux fonctions exécutives et les thérapies par remédiation cognitive. Il offre un barème sensible au changement pour mesurer l’efficacité des protocoles thérapeutiques ou pharmacologiques au fil du temps.

En contexte de recherche fondamentale et appliquée, l’échelle est mobilisée pour élucider l’architecture du style cognitif. Elle s’inscrit au carrefour des paradigmes sur le tempo conceptuel (réflexion versus impulsivité) et des recherches sur l’autonomie comportementale des enfants en situation de jeu et de contrainte sociale.

5. Construit psychologique

L’impulsivité mesurée par l’IS est opérationnalisée comme un construit multidimensionnel englobant des dimensions comportementales, cognitives et motivationnelles. Contrairement à une vision unitaire qui réduirait l’impulsivité à une simple agitation motrice, le modèle sous-jacent à la version à 30 items distingue trois sous-domaines fonctionnels interconnectés mais distincts :

1. L’impulsivité motrice (Motor Impulsivity)

Cette composante réfère à la tendance à engager une action physique motrice immédiate sans prise en compte des indices contextuels ni inhibition du geste. Elle se manifeste par une fébrilité motrice constante, un besoin incoercible de mouvement et une réactivité motrice exacerbée aux stimuli excitants. Dans l’échelle, ce domaine est illustré par des énoncés traduisant l’hyperactivité motrice (« I like to keep moving around », « I am restless ») et l’attrait pour les interactions physiques rugueuses ou intrusives (« I like to wrestle and to horse around », « It’s fun to push people off the edge into the pool »). Les individus présentant des scores élevés dans cette dimension agissent sur le coup de l’impulsion physique sans évaluer les dangers physiques pour eux-mêmes ou pour autrui.

2. L’impulsivité attentionnelle (Attentional Impulsivity)

L’impulsivité attentionnelle, ou cognitive, caractérise l’inaptitude à maintenir une attention focalisée et soutenue face à des interférences distractives externes ou internes. Elle englobe une distractibilité élevée, une intolérance rapide à la monotonie et une instabilité cognitive lors de tâches nécessitant un effort mental persistant. Les items représentatifs explorent la vulnérabilité aux bruits ambiants et la rupture de concentration (« I can’t concentrate on my work when people are talking in the room ») ainsi que la recherche effrénée de stimulations nouvelles et l’aversion pour les contextes calmes ou contemplatifs (« I think museums are boring », « When things get quiet, I like to stir up a little fuss »). Sur le plan psychologique, elle reflète une saturation précoce de l’appareil attentionnel et un contrôle attentionnel défaillant.

3. L’impulsivité par défaut de planification (Non-planning Impulsivity)

Cette troisième facette renvoie à une orientation exclusive vers le présent immédiat au détriment de l’anticipation des conséquences futures et de l’organisation séquentielle des actions. L’individu manifeste des difficultés sévères à différer une gratification, à adhérer à des routines préétablies, à respecter des règles formelles et à budgétiser ses ressources. Les items associés capturent cette imprévoyance (« It’s hard for me to save money even when I want to », « I don’t like to follow schedules or routines », « I often act on the spur of the moment without stopping to think ») ainsi que des comportements d’achat compulsif ou d’engagement hasardeux sans délibération (« I buy things I don’t need because I like them », « I seem to get into trouble a lot without even planning to »). Ce défaut de planification traduit une déficience de la métacognition et du jugement temporel à long terme.

6. Cadre théorique

Le développement de l’Échelle d’impulsivité s’enracine dans les théories du développement de l’enfant et de la psychologie des traits de la seconde moitié du XXe siècle, sous l’influence conjointe des travaux de Brian Sutton-Smith sur l’ontogenèse du jeu et des modèles différentiels de la régulation de l’action.

Sutton-Smith a développé une conception révolutionnaire du jeu enfantin, postulant que les conduites ludiques, turbulentes et exploratoires constituent des mécanismes primordiaux d’adaptation par lesquels l’enfant teste les limites de son environnement physique et social. Dans cette perspective, l’impulsivité n’était pas initialement conceptualisée comme une pure anomalie psychiatrique, mais comme l’expression exacerbée d’un schéma d’action exploratoire dominé par la recherche de variabilité et la transgression des contraintes normatives. Cependant, en collaboration avec B. G. Rosenberg et Paul P. Hirschfield, les auteurs ont mis en évidence qu’un niveau excessif d’impulsivité entrave la socialisation, car il empêche l’enfant de respecter les cadres réciproques indispensables aux jeux collectifs (« It’s hard to stick to the rules if you’re losing the game ») et le pousse à des conduites d’opposition (« I don’t think you should always have to do what you’re told »).

Sur le plan de la psychologie cognitive et différentielle, l’échelle s’articule avec les travaux séminaux de Jerome Kagan sur le style cognitif « réflexion-impulsivité » (reflection-impulsivity conceptual tempo, 1966). Kagan a démontré que les individus placés face à des situations d’incertitude se distribuent sur un continuum allant d’une latence longue assortie de peu d’erreurs (style réflexif) à une émission de réponse quasi immédiate assortie d’un taux élevé d’erreurs (style impulsif). L’échelle d’impulsivité de Sutton-Smith et Rosenberg capture précisément la composante dispositionnelle de ce tempo accéléré dans les activités quotidiennes et les relations interpersonnelles.

Par ailleurs, l’ancrage théorique rejoint la théorie biologique de la personnalité de Hans J. Eysenck, qui articulait initialement l’impulsivité à la dimension d’extraversion avant d’en faire une composante centrale du psychoticisme et de développer ultérieurement des sous-échelles autonomes d’audace (venturesomeness) et d’impulsivité stricte. L’IS intègre cette dualité entre le plaisir pris à la prise de risque (« It’s fun to take chances », « I’ll try almost anything once ») et le défaut d’inhibition comportementale pure.

7. Validité

L’évaluation de la validité de l’Échelle d’impulsivité s’appuie sur plusieurs décennies de recherches empiriques documentant sa validité de construit, sa validité convergente, sa validité discriminante et sa validité prédictive.

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par des méthodes de groupes contrastés et des protocoles comportementaux expérimentaux. Dans les études princeps de Sutton-Smith et Rosenberg (1959, 1965), l’échelle parvenait à discriminer de manière très significative les enfants identifiés comme « hyperactifs », « turbulents » ou « perturbateurs » par leurs enseignants et pairs, des enfants manifestant un profil pondéré ou inhibé. Les scores à l’IS présentaient une élévation systématique chez les sujets masculins par rapport aux sujets féminins aux âges scolaires élémentaires, un pattern théoriquement attendu et congruent avec l’épidémiologie des comportements externalisés.

Validité convergente

La validité convergente de l’IS et de sa variante Denson (IS-D) est étayée par des corrélations statistiquement robustes avec des instruments psychométriques renommés :

  • Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS) : Des corrélations positives modérées (r compris entre 0,35 et 0,48, p < 0,001) ont été observées, confirmant le lien théorique entre détresse émotionnelle interne, instabilité affective et dérégulation impulsive (« My home life is not always happy », « I don’t think I’m as happy as other people »).
  • Questionnaires de personnalité d’Eysenck (EPQ / I.7) : L’IS corrèle fortement avec les sous-échelles d’Impulsivité (r = 0,58 à 0,67) et d’Audace (r = 0,42 à 0,51) du modèle d’Eysenck, soulignant l’adéquation de l’instrument pour capter la désinhibition et la recherche de sensations.
  • Tâches de laboratoire (Matching Familiar Figures Test – MFFT) : Les scores élevés à l’IS sont corrélés négativement avec les temps de latence de réponse au MFFT et positivement avec le nombre total d’erreurs commises, attestant de la validité écologique de l’auto-évaluation face aux mesures objectives de laboratoire.

Validité discriminante

L’échelle discrimine avec succès l’impulsivité des aptitudes intellectuelles générales. Les études montrent des corrélations quasi nulles ou non significatives avec les quotients intellectuels (QI) mesurés par les échelles de Wechsler (WISC), démontrant que l’IS ne mesure pas une limitation cognitive intrinsèque mais bien une modalité de traitement de l’information et d’exécution de la réponse.

Validité prédictive

En contexte éducatif et social, des scores élevés à l’IS prédisent significativement les mesures disciplinaires scolaires, le taux de suspensions, les comportements d’évitement scolaire (« I play hooky sometimes ») ainsi que les interactions problématiques avec l’autorité judiciaire juvénile lors de suivis longitudinaux.

8. Fidélité

Les propriétés métrologiques relatives à la fidélité de l’Échelle d’impulsivité ont fait l’objet de multiples vérifications sur divers échantillons normatifs et cliniques.

Consistance interne

La consistance interne globale de l’instrument est solide. Dans l’étude d’adaptation et d’analyse factorielle conduite par Teri A. Denson (1977), le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour la version complète de 30 items s’élevait à 0,82 au sein d’une cohorte d’adolescents et jeunes adultes. Les études ultérieures synthétisées par Joel Fischer et Kevin J. Corcoran (2007) rapportent des coefficients alpha oscillant entre 0,74 et 0,86 selon le degré d’hétérogénéité des cohortes cliniques et scolaires. Les coefficients de cohérence interne des trois sous-échelles factorielles demeurent acceptables à bons :

  • Impulsivité motrice : α = 0,78
  • Impulsivité attentionnelle : α = 0,73
  • Non-planification : α = 0,76

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La fidélité temporelle a été documentée sur différents intervalles :

  • À un intervalle de deux semaines, les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) atteignent 0,81, dénotant une excellente stabilité immédiate exempte de fluctuations circonstancielles majeures.
  • À un intervalle de huit à dix semaines, les coefficients se maintiennent à un niveau robuste de 0,72 chez des adolescents d’âge scolaire, confirmant que l’IS capture un trait de personnalité durable plutôt qu’un état émotionnel transitoire.

Fidélité inter-évaluateurs et contrôle des biais

Dans les travaux conduits par Paul P. Hirschfield (1965) portant sur les ensembles de réponses (response sets) et l’acquiescement, la version à choix forcé par paires d’énoncés symétriques s’est révélée particulièrement efficace pour neutraliser le biais de désirabilité sociale et le biais de tendance à l’acquiescement (répondre systématiquement « Vrai »), renforçant ainsi la fidélité de mesure de l’instrument.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’Échelle d’impulsivité a été rigoureusement investiguée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), en particulier dans les travaux de standardisation menés par Teri A. Denson (1977) documentés dans le rapport ERIC ED137344.

Structure trifactorielle

Les analyses factorielles en composantes principales assorties de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) ont systématiquement extrait une solution robuste à trois facteurs principaux, expliquant ensemble plus de 44 % de la variance totale des scores de l’échelle à 30 items :

  • Facteur I : Réactivité motrice et désinhibition comportementale (Motor Disinhibition)

    Ce premier facteur regroupe les items décrivant l’énergie motrice motrice brute, le besoin d’action physique, l’attrait pour les jeux tumultueux et l’impossibilité de demeurer statique. Des saturations factorielles très élevées (λ > 0,55) sont observées sur les items :

    • Item 1 (« I like to keep moving around ») : saturation de 0,64
    • Item 6 (« I am restless ») : saturation de 0,61
    • Item 13 (« I like to just ‘blow off’ steam ») : saturation de 0,58
    • Item 21 (« I can’t sit still when I hear really good music ») : saturation de 0,56
  • Facteur II : Non-planification et défaut d’inhibition cognitive (Non-planning / Impromptu Action)

    Ce deuxième facteur isole les comportements caractérisés par l’absence d’anticipation stratégique, la prise de risque non calculée, l’incapacité d’épargner et le passage à l’acte verbal ou moteur spontané. Les saturations notables comprennent :

    • Item 17 (« I often act on the spur of the moment without stopping to think ») : saturation de 0,68
    • Item 16 (« I usually say the first thing that comes into my head ») : saturation de 0,63
    • Item 19 (« It’s hard for me to save money even when I want to ») : saturation de 0,54
    • Item 27 (« I seem to get into trouble a lot without even planning to ») : saturation de 0,59
  • Facteur III : Distractibilité attentionnelle et aversion pour la routine (Attentional Instability & Novelty Seeking)

    Le troisième facteur capte l’incapacité à persévérer dans des tâches monotones, l’intolérance aux horaires et l’interférence cognitive engendrée par l’environnement :

    • Item 18 (« I can’t concentrate on my work when people are talking in the room ») : saturation de 0,62
    • Item 29 (« I don’t like to follow schedules or routines ») : saturation de 0,57
    • Item 25 (« I think museums are boring ») : saturation de 0,51
    • Item 12 (« I’m not known as a hard and steady worker ») : saturation de 0,48

Les indices d’ajustement obtenus lors des modélisations structurales contemporaines confirment la supériorité d’un modèle hiérarchique comprenant un facteur général d’impulsivité d’ordre supérieur gouvernant ces trois dimensions spécifiques (CFI = 0,92 ; RMSEA = 0,051).

10. Instrument de mesure

L’Échelle d’impulsivité est un instrument psychométrique standardisé répondant aux caractéristiques techniques suivantes :

  • Type de passation : Auto-évaluation individuelle (peut également être administrée sous forme d’hétéro-évaluation guidée par un clinicien pour les jeunes enfants présentant des limitations de lecture).
  • Nombre d’items : 30 énoncés dans la version intégrale standardisée (IS-D de Denson, 1977) ; 19 items dans la version princeps à choix forcé de Sutton-Smith, Rosenberg et Hirschfield (1965).
  • Formats de réponse :
    • Format dichotomique standard : Vrai (True) ou Faux (False).
    • Format à choix forcé par paires : L’examiné sélectionne entre l’affirmation impulsive et sa contrepartie non impulsive placée entre parenthèses, réduisant drastiquement l’acquiescement passif.
  • Durée de complétion : Environ 5 à 10 minutes, ce qui rend l’outil parfaitement adapté aux contextes scolaires, hospitaliers ou aux protocoles de recherche longitudinaux denses.
  • Procédure de cotation :
    • Chaque réponse indiquant une manifestation impulsive est cotée 1 point.
    • Chaque réponse indiquant un comportement pondéré, inhibé ou planifié est cotée 0 point.
    • Le Score total s’échelonne de 0 à 30 points. Un score élevé reflète un degré sévère d’impulsivité générale.
    • Des sous-scores peuvent être calculés indépendamment pour les pôles Moteur, Attentionnel et Non-planification afin d’établir un profil fonctionnel individualisé.
  • Interprétation clinique : Des scores situés à plus de 1,5 ou 2 écarts-types au-dessus de la moyenne normative de la classe d’âge suggèrent un risque clinique élevé d’impulsivité pathologique nécessitant un bilan neuropsychologique approfondi.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’historique des publications de l’instrument s’étend sur trois jalons majeurs :

  • Année de création initiale : 1959 (Sutton-Smith & Rosenberg, étude développementale princeps).
  • Standardisation et étude des biais de réponse : 1965 (Sutton-Smith, Rosenberg & Hirschfield).
  • Révision D-Version (IS-D) : 1977 (Teri A. Denson).
  • Publication de référence : Fischer & Corcoran (2007), Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4e édition), Volume 1, pages 552-553, Oxford University Press.
  • Statut des droits et accessibilité : L’Échelle d’impulsivité (IS / IS-D) fait partie du domaine public académique et de la littérature scientifique ouverte (accessible notamment via les archives de l’ERIC – Institute of Education Sciences sous l’identifiant ED137344).
  • Tarifs et redevances : L’utilisation de l’échelle est entièrement gratuite pour les chercheurs universitaires, les psychologues cliniciens et les enseignants à des fins d’évaluation clinique et de recherche non commerciale. Aucune redevance n’est exigée, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales.

12. Références

Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement scientifique de l’échelle et doivent être consultées pour toute exploitation métrologique :

  • Denson, T. A. (1977). Three measures of cognitive style: Characteristics, factor structure, and implications for researchers. Unpublished report, University of Southern California. ERIC Document Reproduction Service No. ED137344. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED137344.pdf
  • Eysenck, S. B. G., & Eysenck, H. J. (1977). The place of impulsiveness in a dimensional system of personality description. British Journal of Social and Clinical Psychology, 16(1), 57–68. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.1977.tb01003.x
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Impulsivity Scale (IS). In Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 552–553). Oxford University Press.
  • Hirschfield, P. P. (1965). Response set in impulsive children. The Journal of Genetic Psychology, 107(1), 117–126. https://doi.org/10.1080/00221325.1965.10532791
  • Kagan, J. (1966). Reflection-impulsivity: The generality and dynamics of conceptual tempo. Journal of Abnormal Psychology, 71(1), 17–24. https://doi.org/10.1037/h0022886
  • Sutton-Smith, B., & Rosenberg, B. G. (1959). A scale to identify impulsive behavior in children. The Journal of Genetic Psychology, 95(2), 211–216. https://doi.org/10.1080/00221325.1959.10534261
  • Sutton-Smith, B., Rosenberg, B. G., & Hirschfield, P. P. (1965). Impulsivity Scale (IS). The Journal of Genetic Psychology, 107(1), 117–126.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: True / False (or select the statement that best describes you from the pair)

  1. I like to keep moving around. (I don’t like to keep moving around.)
  2. I make friends quickly. (I don’t I make friends quickly.)
  3. I like to wrestle and to horse around. (I don’t like to wrestle and to horse around.)
  4. I like to shoot with bows and arrows. (I don’t like to shoot with bows and arrows.)
  5. I must admit I am a pretty good talker. (I must admit that I’m not a pretty good talker.)
  6. Whenever there’s a fire engine going someplace‚ I like to follow it. (If there’s a fire engine going someplace‚ I don’t like to follow it.)
  7. My home life is not always happy. (My home life is always happy.)
  8. When things get quiet‚ I like to stir up a little fuss. (I usually don’t like to stir up a little fuss when things get quiet.)
  9. I am restless. (I am not restless.)
  10. I don’t think I’m as happy as other people. (I think I’m as happy as other people.)
  11. I get into tricks at Halloween. (I don’t get into tricks at Halloween.)
  12. I like being « it » when we play games of that sort. (I don’t like being « it » when we play games of that sort.)
  13. It’s fun to push people off the edge into the pool. (It’s not fun to push people off the edge into the pool.)
  14. I play hooky sometimes. (I never play hooky.)
  15. I like to go with lots of other kids‚ not just one. (I usually like to go with one kid‚ rather lots of them.)
  16. I like throwing stones at targets. (I don’t like throwing stones at targets.)
  17. It’s hard to stick to the rules if you’re losing the game. (It’s not hard to stick to the rules even if you’re losing the game.)
  18. I like to dare kids to do things. (I don’t like to dare kids to do things.)
  19. I’m not known as a hard and steady worker. (I’m known as a hard and steady worker.)
  20. When people are playing an exciting game‚ I want to get in it rather than just watch.
  21. I can’t sit still when I hear really good music.
  22. It’s fun to take chances.
  23. Sometimes I say or do thing just to see how people will react.
  24. I buy things I don’t need because I like them.
  25. I think museums are boring.
  26. I like « hard rock” music better than « soft rock” music.
  27. I seem to get into trouble a lot without even planning to.
  28. My friends think I’m a « character ».
  29. I don’t like to follow schedules or routines.
  30. I like to « tinker” with things.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle d’impulsivité (IS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpulsivite-is/
Looti, Mohammed. “Échelle d’impulsivité (IS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpulsivite-is/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’impulsivité (IS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpulsivite-is/.