Échelle d’impact de l’événement

Découvrez l’Échelle d’impact de l’événement (IES) de Horowitz (1979) : construit psychologique, cadre théorique du stress, validité, fidélité et cotation complète.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle d’impact de l’événement (couramment désignée sous l’acronyme anglophone IES pour Impact of Event Scale) constitue l’un des instruments psychométriques les plus emblématiques et pionniers dans l’évaluation de la détresse psychologique subjective consécutive à un événement traumatique ou hautement stressant. Développée en 1979 par Mardi J. Horowitz, Nancy Wilner et William Alvarez au sein du Langley Porter Psychiatric Institute de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), cette échelle d’auto-évaluation à 15 items a été expressément conçue pour mesurer deux dimensions fondamentales de la réaction post-traumatique : l’intrusion cognitive et émotionnelle (7 items) et l’évitement comportemental et expérientiel (8 items).

Contrairement aux mesures de psychopathologie générale ou d’anxiété diffuse, l’IES présente la particularité méthodologique d’être systématiquement ancrée à un événement indice spécifique et daté, ce qui confère à ses scores une validité écologique et contextuelle majeure. Les participants évaluent la fréquence d’apparition des manifestations au cours des sept derniers jours sur une échelle de fréquence à 4 points pondérée de manière asymétrique : Not at all (0 point), Rarely (1 point), Sometimes (3 points) et Often (5 points), générant un score total compris entre 0 et 75.

Sur le plan psychométrique, l’IES démontre une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,78 et 0,90 pour les sous-échelles et dépassant 0,86 pour l’échelle globale. Sa structure bifactorielle reflète avec une grande fidélité le modèle théorique du traitement de l’information traumatique élaboré par Horowitz. Largement validée à l’échelle internationale dans des contextes cliniques et de recherche variés (survivants d’accidents, de catastrophes naturelles, d’agressions, d’annonces de maladies graves ou personnels d’urgence), l’IES a servi de fondement direct à la formalisation diagnostique du trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans le DSM-III et a ouvert la voie à sa révision ultérieure, l’IES-R.

2. Mots-clés

Échelle d’impact de l’événement, IES, Mardi Horowitz, traumatisme psychologique, trouble de stress post-traumatique, intrusion, évitement, détresse subjective, évaluation psychométrique, syndrome de réponse au stress, psychotraumatologie, reviviscence, mémoire traumatique, fidélité test-retest, validité factorielle.

3. Auteurs

L’Échelle d’impact de l’événement a été conçue par une équipe de chercheurs et de cliniciens rattachés au département de psychiatrie de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) :

  • Mardi J. Horowitz, M.D. : Professeur émérite de psychiatrie à l’UCSF, psychanalyste et chercheur principal au Center for the Study of Neuroses puis au Program on Conscious and Unconscious Mental Processes. Auteur prolifique, il est internationalement reconnu comme l’un des pères fondateurs de la recherche contemporaine sur le stress post-traumatique et les syndromes de réponse au stress.
  • Nancy Wilner, M.A. : Psychologue clinicienne et chercheuse associée au Langley Porter Psychiatric Institute, spécialisée dans la méthodologie d’évaluation des processus défensifs et des dynamiques adaptatives face aux traumatismes.
  • William Alvarez, Ph.D. : Statisticien et psychométricien ayant collaboré aux travaux d’analyse factorielle, de sélection des items et de standardisation psychométrique de l’échelle à l’UCSF.

Les correspondances institutionnelles historiques étaient dirigées vers le Langley Porter Neuropsychiatric Institute, University of California, San Francisco, 401 Parnassus Avenue, San Francisco, CA 94143, États-Unis.

4. Objectif

L’objectif cardinal de l’Échelle d’impact de l’événement est de quantifier avec précision l’intensité de la détresse subjective éprouvée par un individu en relation directe avec un événement de vie traumatisant, stressant ou déstabilisant. Sa création a répondu à un vide méthodologique crucial à la fin des années 1970 : l’absence d’outils standardisés capables d’isoler l’impact psychologique spécifique d’un événement par rapport au niveau d’anxiété de trait ou à la dépression préexistante de l’individu.

Applications cliniques

En pratique clinique, l’IES remplit plusieurs missions diagnostiques et thérapeutiques indispensables :

  • Dépistage initial et tri clinique : L’outil permet d’identifier rapidement les individus développant des réponses aiguës ou subaiguës inadaptées après un événement critique (accidents de la voie publique, agressions physiques, deuils soudains, catastrophes technologiques ou sanitaires, diagnostics médicaux létaux). Un score global égal ou supérieur à 26 signale une perturbation émotionnelle substantielle nécessitant une vigilance clinique accrue, tandis qu’un score de 35 ou plus constitue un seuil prédictif élevé d’un état de stress post-traumatique caractérisé.
  • Suivi de l’efficacité psychothérapeutique : Grâce à son ancrage temporel focalisé sur les 7 derniers jours, l’IES est particulièrement sensible aux changements thérapeutiques induits par les approches axées sur le trauma, telles que les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma (TCC-CT), l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), le processus REMAP ou les thérapies d’exposition prolongée. Elle est communément administrée avant l’intervention, à mi-parcours, en fin de protocole, puis lors des suivis longitudinaux pour quantifier l’extinction des symptômes d’intrusion et d’évitement.
  • Individualisation des cibles thérapeutiques : La dissociation des scores d’intrusion et d’évitement permet au clinicien d’ajuster sa stratégie. Un profil dominé par l’intrusion requiert des techniques prioritaires de stabilisation, de désensibilisation et de régulation émotionnelle, alors qu’un profil dominé par l’évitement massif nécessite un travail progressif de restructuration cognitive et d’exposition graduée pour désamorcer les défenses de déni et d’engourdissement.

Applications en recherche épidémiologique et fondamentale

Dans le domaine de la recherche, l’IES s’est imposée comme une référence incontournable pour étudier les trajectoires développementales du deuil traumatique, la cinétique de récupération post-catastrophe, ainsi que les corrélats neurobiologiques et psychosomatiques du stress sévère. L’échelle a notamment servi de passerelle pour explorer la suppression de l’immunité cellulaire chez les sujets exposés à des traumatismes prolongés ou la réactivité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

5. Construit psychologique

L’IES opérationnalise le modèle bifactoriel des réactions au stress post-traumatique proposé par Mardi Horowitz, lequel postule que l’expérience d’un événement traumatique sature les capacités de traitement cognitif et émotionnel de l’individu. En réponse à cette surcharge, l’appareil psychique oscille entre deux pôles phénoménologiques opposés et dialectiques : l’intrusion et l’évitement.

La dimension d’Intrusion (7 items)

La sous-échelle d’intrusion évalue l’irruption involontaire, incontrôlable et répétée de fragments mnésiques, affectifs ou sensoriels liés à l’événement dans le champ de la conscience vigilante ou du sommeil. L’intrusion ne se réduit pas à une simple remémoration volontaire ; elle représente un échec des mécanismes régulateurs normaux de filtrage de la mémoire. Ses manifestations typiques investiguées par l’IES comprennent :

  • Les pensées invasives non sollicitées : Des réflexions spontanées et répétitives sur l’événement surviennent sans intention délibérée (item 1 : « I thought about it when I didn’t mean to »).
  • Les perturbations du sommeil d’origine mnésique : Difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes provoqués par le surgissement d’images ou d’idées associées au choc (item 4).
  • Les vagues de détresse affective : Déferlements émotionnels intenses et soudains (angoisse, terreur, culpabilité) déclenchés spontanément (item 5 : « I had waves of strong feelings about it »).
  • L’activité onirique traumatique : Rêves perturbants ou cauchemars récurrents mettant en scène l’événement ou ses résonances symboliques (item 6).
  • Les intrusions sensorielles et images flashs : Apparition subite d’images mentales quasi visuelles rappelant l’événement (item 10 : « Pictures about it popped into my mind »).
  • La réactivité émotionnelle aux déclencheurs : Sensibilité exacerbée aux indices contextuels de rappel qui réactivent instantanément l’affect traumatique initial (item 11 et item 14).

La dimension d’Évitement (8 items)

La sous-échelle d’évitement explore les manœuvres défensives, tant cognitives, affectives que comportementales, déployées par le sujet pour se soustraire à l’intensité écrasante des affects et souvenirs traumatiques. Loin d’être passif, l’évitement constitue un effort psychique actif visant à préserver l’homéostasie interne. L’IES capture plusieurs facettes de ce construit :

  • L’inhibition comportementale et l’éloignement des stimuli : Décision délibérée de fuir les lieux, situations, objets ou individus susceptibles de rappeler l’événement (item 7 : « I stayed away from reminders of it »).
  • L’inhibition communicationnelle : Réticence marquée ou refus catégorique de verbaliser l’expérience vécue avec des tiers (item 9 : « I tried not to talk about it »).
  • La suppression cognitive volontaire : Tentatives conscientes de chasser l’événement de la pensée ou d’effacer la mémoire traumatique (item 3 : « I tried to remove it from memory » ; item 13 : « I tried not to think about it »).
  • L’engourdissement affectif et la mise à distance émotionnelle : Émoussement des sentiments, sensation d’anesthésie émotionnelle ou refus de traiter la charge affective résiduelle (item 12 et item 15 : « My feelings about it were kind of numb »).
  • Les mécanismes dissociatifs et le déni de réalité : Impression d’irréalité, dépersonnalisation ou sentiment que l’événement ne s’est jamais réellement produit (item 8 : « I felt as if it hadn’t happened or it wasn’t real »).

6. Cadre théorique

Le fondement conceptuel de l’IES s’enracine dans la théorie du traitement de l’information appliquée aux syndromes de réponse au stress (Stress Response Syndromes) théorisée par Mardi Horowitz tout au long des années 1970. Cette approche opère une synthèse féconde entre les principes psychanalytiques de la psychodynamique de l’angoisse et les modèles contemporains de la psychologie cognitive.

Le principe d’achèvement (Completion Principle)

Au cœur du modèle de Horowitz réside le principe d’achèvement : l’esprit humain possède une tendance intrinsèque fondamentale à intégrer toute nouvelle information au sein de ses structures cognitives préexistantes (schémas du soi, du monde et d’autrui). Lorsqu’un individu subit un événement de vie catastrophique ou violent, l’information perçue est tellement incongrue, choquante et discordante par rapport à ses schémas de sécurité, de prévisibilité et de justice qu’elle ne peut être immédiatement assimilée ni logée dans la mémoire à long terme ordinaire.

Cette information non intégrée demeure stockée dans une mémoire de travail active transitoire. En vertu du principe d’achèvement, cette mémoire active exerce une pression constante pour être rejouée dans la conscience afin d’achever le processus d’assimilation et d’accommodation des schémas. Cette poussée récurrente est à l’origine directe des phénomènes d’intrusion.

Le modèle des phases de réponse au stress

Confronté à l’angoisse insupportable provoquée par ces résurgences traumatiques, le système psychique mobilise des mécanismes de défense d’inhibition cognitive (déni, isolation affective, engourdissement, évitement comportemental) pour abaisser le niveau de détresse sous un seuil tolérable. Horowitz a ainsi décrit une séquence d’étapes prototypiques :

  1. Le cri initial (Outcry) : Réaction émotionnelle paroxystique immédiate au moment de la survenue ou de la prise de conscience de l’événement.
  2. L’oscillation entre Intrusion et Déni/Évitement : Le patient alterne entre des périodes d’inondation émotionnelle (intrusions, cauchemars, flashbacks) et des phases d’inhibition défensive (engourdissement, évitement, détachement). L’IES a précisément été construite pour évaluer l’intensité conjointe de ces deux dynamiques en conflit.
  3. L’élaboration (Working Through) : Atténuation progressive des défenses rigides et confrontation contrôlée aux significations de l’événement, permettant une restructuration graduelle des croyances de base.
  4. La résolution ou complétion (Completion) : Intégration harmonieuse de l’événement dans le récit autobiographique de vie de la personne, entraînant l’extinction des intrusions involontaires et l’abandon des comportements d’évitement.

Dans les trajectoires pathologiques, l’individu se retrouve piégé dans une oscillation dysfonctionnelle où l’évitement massif empêche l’exposition thérapeutique et le traitement émotionnel, tandis que les intrusions chroniques épuisent les ressources d’adaptation de l’organisme. L’IES cartographie avec exactitude l’intensité de cet enlisement psychique.

7. Validité

Depuis sa publication princeps en 1979, l’Échelle d’impact de l’événement a fait l’objet d’un examen empirique approfondi documentant des propriétés de validité exceptionnelles à travers une multiplicité de contextes transculturels.

Validité de construit

L’étude originale de Horowitz, Wilner et Alvarez (1979) menée auprès d’une cohorte clinique de 66 patients adultes consultant pour des réactions de stress suite à des événements récents (deuils, accidents, blessures) a mis en évidence une très forte sensibilité de l’instrument aux variations d’états cliniques. La validité de construit a été corroborée par la capacité de l’échelle à discriminer significativement les populations cliniques traitées pour traumatisme des populations non cliniques exposées à des stresseurs modérés de la vie quotidienne. Les scores d’intrusion et d’évitement se sont révélés hautement réactifs à l’évolution temporelle de la thérapie, démontrant une décroissance progressive concomitante à la réduction du dysfonctionnement global.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été démontrée par des corrélations positives robustes et statistiquement significatives avec d’autres échelles d’évaluation de la détresse psychologique :

  • Des corrélations élevées (r = 0,60 à 0,75) sont fréquemment retrouvées avec les échelles de dépression telles que le Beck Depression Inventory (BDI) et les mesures d’anxiété de l’échelle de Spielberger (STAI-Trait et STAI-État).
  • Dans l’étude de Neal et al. (1994) auprès de populations militaires et civiles mixtes, l’IES a affiché une excellente concordance avec la Clinician-Administered PTSD Scale (CAPS) et le Mississippi Scale for Combat-Related PTSD.
  • Coffey et Berglind (2006) ont démontré une convergence substantielle (r = 0,71) entre le score total de l’IES et le PTSD Symptom Scale-Self Report (PSS-SR) chez des victimes d’accidents de la circulation.

La validité discriminante est appuyée par le fait que l’IES corrèle beaucoup plus fortement avec les symptômes spécifiques au trauma qu’avec les indices de psychopathologie générale non spécifiques mesurés par le SCL-90-R (par exemple l’idéation paranoïaque ou la somatisation non traumatique).

Validité prédictive et seuils diagnostiques

Bien que l’IES ne mesure pas la composante d’hyperactivation neurovégétative (hyperéveil) introduite plus tardivement dans le DSM-IV, ses qualités de dépistage prédictif restent remarquables :

  • Un score seuil de 27 identifie correctement environ 75 % des sujets répondant aux critères diagnostiques complets ou partiels de TSPT (Hutchins & Devilly, 2005 ; Coffey & Berglind, 2006).
  • Un score seuil de 35 maximise la spécificité clinique (généralement supérieure à 85 %) et représente le cut-off optimal recommandé pour suspecter un diagnostic hautement probable de TSPT justifiant une orientation psychiatrique spécialisée (Neal et al., 1994).

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité et de précision métrologique de l’IES ont été rigoureusement établies sur des échantillons cliniques et communautaires de grande taille.

Cohérence interne

Dans l’investigation fondatrice de Horowitz et collaborateurs (1979) :

  • La sous-échelle Intrusion présentait un coefficient alpha de Cronbach de 0,78.
  • La sous-échelle Évitement atteignait un coefficient alpha de 0,82.
  • La fidélité par la méthode de bissection (split-half reliability) pour l’ensemble des 15 items s’élevait à 0,86.

Des réplications indépendantes ultérieures ont documenté des niveaux de cohérence interne encore plus élevés. Zilberg, Weiss et Horowitz (1982) ont rapporté un alpha de Cronbach de 0,86 pour l’Intrusion et de 0,82 pour l’Évitement. Dans des échantillons contemporains de grande envergure (Creamer et al., 2003), les coefficients alpha dépassent couramment 0,88 pour le score composite total et se situent entre 0,80 et 0,87 pour chacune des dimensions distinctes, attestant d’une excellente homogénéité des items au sein de leurs construits respectifs.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée à différents intervalles :

  • Sur un court intervalle de 24 à 48 heures sans intervention thérapeutique, Horowitz et al. (1979) ont constaté une corrélation test-retest de r = 0,87 pour le score total, r = 0,89 pour l’Intrusion et r = 0,79 pour l’Évitement.
  • Sur des périodes de plusieurs semaines chez des patients en liste d’attente non traités, la stabilité relative demeure forte (r > 0,70), tout en conservant la souplesse métrologique requise pour enregistrer l’atténuation naturelle ou thérapeutique des symptômes à moyen terme.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’IES a fait l’objet d’innombrables explorations statistiques via l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Structure originale à deux facteurs

L’analyse factorielle exploratoire initiale menée par Horowitz et son équipe par la méthode des composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) a extrait sans ambiguïté une solution bipartite solide expliquant une part prépondérante de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 (Intrusion) : Regroupe 7 items (items 1, 4, 5, 6, 10, 11, 14) caractérisés par de fortes saturations factorielles (couramment supérieures à 0,60). L’item 10 (« Pictures about it popped into my mind ») et l’item 1 (« I thought about it when I didn’t mean to ») présentent régulièrement les charges factorielles les plus saillantes (saturations > 0,70).
  • Facteur 2 (Évitement) : Regroupe 8 items (items 2, 3, 7, 8, 9, 12, 13, 15). Les saturations les plus massives sont observées sur les items de suppression cognitive explicite tels que l’item 13 (« I tried not to think about it ») et l’item 3 (« I tried to remove it from memory »), ainsi que sur l’évitement comportemental avec l’item 7 (« I stayed away from reminders of it »).

Validation confirmatoire et débats taxonomiques

Les modélisations par équations structurelles conduites dans les décennies suivantes ont généralement appuyé la supériorité d’un modèle bifactoriel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel de détresse générale. Les indices d’adéquation (CFI > 0,90, RMSEA < 0,08) confirment que l'intrusion et l'évitement représentent deux facettes distinctes mais interconnectées du syndrome post-traumatique.

Toutefois, certains items ont suscité des débats psychométriques mineurs. Notamment, l’item 8 (sentiment d’irréalité ou de déni) et l’item 15 (engourdissement émotionnel) manifestent occasionnellement des saturations croisées sur le facteur d’intrusion ou isolent un micro-facteur dissociatif dans certains échantillons multivariés. Cette constatation, couplée à l’officialisation de la triade symptomatique du TSPT dans le DSM-IV (Intrusion, Évitement/Engourdissement, Hyperéveil neurovégétatif), a conduit Daniel S. Weiss et Charles R. Marmar à développer en 1997 l’IES-R (version révisée à 22 items), intégrant 7 items d’hyperéveil tout en préservant le noyau d’origine des 15 items de Horowitz.

10. Instrument de mesure

L’Échelle d’impact de l’événement se caractérise par des modalités d’administration et de cotation simples et opérationnelles :

  • Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (rempli par le sujet en autonomie ou assisté par un examinateur).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne.
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 15 ans) ayant vécu un événement traumatique ou perturbant identifiable. Des adaptations adaptées aux enfants ont également vu le jour (CRIES-8 / CRIES-13).
  • Temps de complétion : Environ 5 à 10 minutes.
  • Période de référence : Les sept derniers jours précédant l’évaluation (past 7 days).
  • Nombre d’items : 15 items au total.
    • Sous-échelle Intrusion : 7 items (items 1, 4, 5, 6, 10, 11, 14).
    • Sous-échelle Évitement : 8 items (items 2, 3, 7, 8, 9, 12, 13, 15).
  • Échelle de réponse (cotation spécifique originale) : Échelle de fréquence à 4 points pondérée de manière non linéaire :
    • Not at all = 0 point
    • Rarely = 1 point
    • Sometimes = 3 points
    • Often = 5 points
  • Calcul du score :
    • Score d’Intrusion : Somme des items 1, 4, 5, 6, 10, 11, 14 (Étendue : 0 à 35).
    • Score d’Évitement : Somme des items 2, 3, 7, 8, 9, 12, 13, 15 (Étendue : 0 à 40).
    • Score Total IES : Somme de l’ensemble des 15 items (Étendue : 0 à 75).
  • Grille d’interprétation clinique des scores globaux :
    • 0 à 8 : Impact non significatif (réaction émotionnelle minime ou résolue).
    • 9 à 25 : Événement impactant (impact modéré, réaction adaptative pouvant nécessiter une surveillance).
    • 26 à 43 : Événement à fort impact (impact puissant, détresse post-traumatique cliniquement significative). À partir d’un score de 27, la probabilité d’un TSPT complet ou partiel atteint environ 75 %.
    • 44 à 75 : Événement à impact sévère (perturbation grave altérant le fonctionnement psychosocial et personnel quotidien). Un score supérieur ou égal à 35 constitue le seuil optimal pour suspecter un diagnostic probable de TSPT.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle d’impact de l’événement a été publiée pour la première fois en 1979 dans la revue scientifique Psychosomatic Medicine :

  • Année de publication princeps : 1979.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les auteurs originaux (Horowitz, Wilner et Alvarez) ont mis l’échelle à la disposition de la communauté clinique et académique afin de faciliter le diagnostic et la recherche sur les traumatismes psychiques. L’instrument est généralement considéré comme relevant du domaine public scientifique pour une utilisation clinique non commerciale et pour la recherche académique, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de 1979.
  • Coût et tarification : L’accès au questionnaire et son utilisation sont gratuits pour les chercheurs, les praticiens de la santé mentale et les institutions universitaires. Aucun droit de licence commercial ou coût d’acquisition de test n’est exigé pour sa version standard originale à 15 items.

12. Références

Voici les références bibliographiques académiques majeures relatives à l’Échelle d’impact de l’événement (format APA 7e édition) :

  • Asukai, N., Kato, H., Kawamura, N., Kim, Y., Yamamoto, K., Kishimoto, J., Miyake, Y., & Nishizono-Maher, A. (2002). Reliability and validity of the Japanese-language version of the Impact of Event Scale-Revised (IES-R-J): Four studies of different traumatic events. The Journal of Nervous and Mental Disease, 190(3), 175–182. https://doi.org/10.1097/00005053-200203000-00006
  • Coffey, S. F., & Berglind, G. (2006). Screening for PTSD in motor vehicle accident survivors using PSS-SR and IES. Journal of Traumatic Stress, 19(1), 119–128. https://doi.org/10.1002/jts.20096
  • Creamer, M., Bell, R., & Failla, S. (2003). Psychometric properties of the Impact of Event Scale-Revised. Behaviour Research and Therapy, 41(12), 1489–1496. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.07.010
  • Horowitz, M., Wilner, N., & Alvarez, W. (1979). Impact of Event Scale: A measure of subjective stress. Psychosomatic Medicine, 41(3), 209–218. https://doi.org/10.1097/00006842-197905000-00004
  • Hutchins, E., & Devilly, G. J. (2005). Impact of Events Scale. Victim’s Information & Resources. Swinburne University of Technology.
  • Kawamura, N., Yoshiharu, K., & Nozomu, A. (2001). Suppression of cellular immunity in men with a past history of posttraumatic stress disorder. American Journal of Psychiatry, 158(3), 484–486. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.158.3.484
  • Neal, L. A., Walter, B., Rollins, J., & Turnbull, G. J. (1994). Convergent validity of measures of post-traumatic stress disorder in a mixed military and civilian population. Journal of Traumatic Stress, 7(3), 447–455. https://doi.org/10.1002/jts.2490070308
  • Weiss, D. S., & Marmar, C. R. (1997). The Impact of Event Scale-Revised. In J. P. Wilson & T. M. Keane (Eds.), Assessing Psychological Trauma and PTSD (pp. 399–411). Guilford Press.
  • Zilberg, N. J., Weiss, D. S., & Horowitz, M. J. (1982). Impact of Event Scale: A cross-validation study and some empirical evidence supporting a conceptual model of stress response syndromes. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 50(3), 407–414. https://doi.org/10.1037/0022-006X.50.3.407

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Below is a list of comments made by people after stressful life events. Please check each item, indicating how frequently these comments were true for you during the past seven days. If they did not occur during that time, please mark the 'not at all' column.
Response Scale: 4-point frequency scale: Not at all (0), Rarely (1), Sometimes (3), Often (5)
Scoring / Reverse Items: Items are scored: Not at all = 0, Rarely = 1, Sometimes = 3, Often = 5. Total score ranges from 0 to 75. Two subscales: Intrusion (items 1, 4, 5, 6, 10, 11, 14) and Avoidance (items 2, 3, 7, 8, 9, 12, 13, 15).
Scoring Formula: Scoring: Total each column and add together for a total stress score.
1

I thought about it when I didn't mean to.
2

I avoided letting myself get upset when I thought about it or was reminded of it.
3

I tried to remove it from memory.
4

I had trouble falling asleep or staying asleep, because of pictures or thoughts about it that came into my mind.
5

I had waves of strong feelings about it.
6

I had dreams about it.
7

I stayed away from reminders of it.
8

I felt as if it hadn't happened or it wasn't real.
9

I tried not to talk about it.
10

Pictures about it popped into my mind.
11

Other things kept making me think about it.
12

I was aware that I still had a lot of feelings about it, but I didn't deal with them.
13

I tried not to think about it.
14

Any reminder brought back feelings about it.
15

My feelings about it were kind of numb.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle d’impact de l’événement. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpact-de-levenement/
Looti, Mohammed. “Échelle d’impact de l’événement.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpact-de-levenement/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’impact de l’événement.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dimpact-de-levenement/.