Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (DERS-16)

Découvrez l’Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (DERS-16) développée par Bjureberg et al. (2016). Analyse psychométrique exhaustive, validité, fidélité et structure factorielle de cet outil clinique de référence.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (Difficulties in Emotion Regulation Scale – Short Form, DERS-16), développée par Bjureberg et al. (2016), constitue une déclinaison psychométrique concise issue de l’instrument princeps à 36 items conçu par Gratz et Roemer (2004). Face aux contraintes temporelles des protocoles cliniques et des études longitudinales ou en évaluation écologique momentanée (EMA), la DERS-16 a été élaborée afin d’évaluer de manière rapide, valide et fidèle les multiples facettes de la dérégulation des affects négatifs chez l’adulte et l’adolescent.

Cet auto-questionnaire comprend 16 items explorant les dimensions centrales du construit : la non-acceptation des réponses émotionnelles négatives (Non-Acceptance, 3 items), les difficultés à s’engager dans des comportements orientés vers des buts en situation de détresse (Goals, 3 items), les difficultés de contrôle impulsif (Impulse, 3 items), l’accès limité aux stratégies perçues de régulation émotionnelle efficace (Strategies, 5 items) et le manque de clarté émotionnelle (Clarity, 2 items). Contrairement à l’échelle originale à 36 items, la sous-échelle d’inattention ou de manque de conscience émotionnelle (Awareness) a été exclue du calcul factoriel en raison de ses faibles corrélations historiques avec les indices de psychopathologie et de ses saturations factorielles instables.

Les participants évaluent la fréquence à laquelle chaque affirmation s’applique à eux sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Presque jamais ») à 5 (« Presque toujours »). Les propriétés psychométriques de la DERS-16 démontrent une consistance interne globale exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,92 et 0,95) et des coefficients élevés pour les sous-échelles (variant de 0,79 à 0,91). Sa structure factorielle à cinq composantes corrélées est robuste et répliquée dans de multiples contextes transculturels. L’instrument présente une excellente fidélité test-retest, une validité convergente substantielle avec la détresse psychologique, l’anxiété, la dépression, le trouble de la personnalité borderline, ainsi qu’une validité discriminante prouvée face aux construits de l’affect négatif généralisé.

2. Mots-clés / Keywords

Régulation émotionnelle, dérégulation des émotions, DERS-16, psychométrie, évaluation clinique, psychopathologie, impulsivité, acceptation émotionnelle, stratégies de régulation, affectivité négative.

3. Auteurs / Authors

L’adaptation et la validation de la DERS-16 ont été menées par un consortium international de chercheurs spécialistes de la psychopathologie expérimentale et des thérapies comportementales :

  • Johan Bjureberg, Ph.D. — Département de neurosciences cliniques, Division de psychologie, Institut Karolinska, Stockholm, Suède ; et Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Stanford University School of Medicine, États-Unis.
  • Brjánn Ljótsson, Ph.D. — Département de neurosciences cliniques, Division de psychologie, Institut Karolinska, Stockholm, Suède.
  • Matthew T. Tull, Ph.D. — Department of Psychology, University of Toledo, Toledo, Ohio, États-Unis.
  • Erik Hedman, Ph.D. — Département de neurosciences cliniques, Division de psychologie, Institut Karolinska, Stockholm, Suède.
  • Hanna Sahlin, Ph.D. — Centre de recherche en psychiatrie, Département de neurosciences cliniques, Institut Karolinska, Stockholm, Suède.
  • Lars-Gunnar Lundh, Ph.D. — Département de psychologie, Université de Lund, Lund, Suède.
  • Jonas Bjärehed, Ph.D. — Département de psychologie, Université de Lund, Lund, Suède.
  • David DiLillo, Ph.D. — Department of Psychology, University of Nebraska-Lincoln, Lincoln, Nebraska, États-Unis.
  • Terri L. Messman-Moore, Ph.D. — Department of Psychology, Miami University, Oxford, Ohio, États-Unis.
  • Clara Hellner Gumpert, M.D., Ph.D. — Centre de recherche en psychiatrie, Institut Karolinska, Stockholm, Suède.
  • Kim L. Gratz, Ph.D. — Department of Psychology, University of Toledo, Toledo, Ohio, États-Unis (co-auteure princeps de la DERS originale de 2004).

4. Objectif / Purpose

La mesure rigoureuse des processus de régulation émotionnelle représente un impératif méthodologique majeur au sein de la psychologie clinique contemporaine, de la psychiatrie et des neurosciences affectives. L’échelle originale DERS (Difficulties in Emotion Regulation Scale ; Gratz & Roemer, 2004), articulée autour de 36 items, s’est imposée à l’échelle planétaire comme l’étalon-or pour quantifier les dysfonctionnements de la modulation affective. Cependant, la longueur de l’instrument original constitue une contrainte méthodologique substantielle lorsqu’il est administré dans des batteries de tests exhaustives, dans des études longitudinales à mesures répétées, en télémédecine, lors d’évaluations ambulatoires ou auprès de populations cliniques sévèrement atteintes présentant une fatigabilité cognitive, une agitation psychomotrice ou une faible tolérance à l’effort intellectuel.

L’objectif fondamental de la création de la DERS-16 était de concevoir une version abrégée qui conserve l’intégralité de la couverture conceptuelle et des qualités psychométriques de la version originale tout en réduisant de plus de 55 % le temps de passation. Les auteurs ont cherché à éliminer la redondance sémantique des items et à optimiser la sensibilité différentielle de l’outil, offrant ainsi aux chercheurs et aux praticiens une échelle administrable en moins de trois minutes sans compromettre la granularité des sous-dimensions évaluées.

Sur le plan des applications cliniques, la DERS-16 remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Dépistage diagnostique et transdiagnostique : Elle permet d’identifier rapidement les déficits sous-jacents partagés par un vaste éventail de troubles mentaux, notamment le trouble de la personnalité borderline, le trouble de stress post-traumatique (TSPT), les troubles dépressifs majeurs, l’anxiété généralisée, les conduites addictives et les troubles des conduites alimentaires.
  • Planification et ciblage thérapeutique : L’analyse du profil des scores met en exergue les domaines de vulnérabilité spécifiques d’un patient. Un clinicien peut ainsi orienter ses interventions vers l’entraînement aux compétences de tolérance à la détresse (ex. issue de la thérapie comportementale dialectique de Linehan), la restructuration cognitive ou la clarification émotionnelle.
  • Mesure de l’efficacité thérapeutique en cours de traitement : Grâce à sa brièveté, la DERS-16 peut être complétée de manière hebdomadaire pour surveiller l’évolution des compétences de régulation au fur et à mesure des séances de psychothérapie.

Dans le domaine de la recherche empirique, la DERS-16 permet d’isoler la variance attribuable aux mécanismes spécifiques de dysrégulation émotionnelle indépendamment du niveau global de névrosisme ou de détresse psychologique générale. Elle fournit ainsi un levier d’investigation pour les protocoles expérimentaux d’induction d’affect en laboratoire, où le temps disponible entre deux tâches de réactivité physiologique est rigoureusement minuté.

5. Construit psychologique / Construct

La DERS-16 opérationnalise la régulation émotionnelle non pas comme une simple suppression ou réduction des émotions pénibles, mais comme un ensemble dynamique et multidimensionnel d’aptitudes cognitives, métacognitives et comportementales nécessaires pour moduler l’intensité, la durée et l’expression des états affectifs conformément aux objectifs individuels et aux exigences du contexte environnemental. Le construit s’articule autour de cinq dimensions distinctes mais interdépendantes :

1. Non-acceptation des réponses émotionnelles (Non-Acceptance)

Cette composante évalue la propension d’un individu à manifester des jugements négatifs secondaires, de la honte, de la culpabilité ou un rejet réflexif face à l’émergence d’émotions pénibles. L’individu non-acceptant tend à éprouver de la détresse face à sa propre détresse (ex. se sentir coupable d’être triste ou en colère d’avoir peur). Cette non-acceptation engendre une amplification paradoxale du signal émotionnel primaire par un mécanisme de boucle rétroactive négative, alimentant l’évitement expérientiel.

2. Difficultés d’engagement dans des comportements orientés vers des buts (Goals)

Cette dimension mesure la détérioration de la capacité de concentration, de résolution de problèmes et d’exécution des tâches quotidiennes en contexte de détresse psychologique intense. Lorsque l’affect négatif surgit, les ressources de la mémoire de travail et les fonctions exécutives sont monopolisées par le traitement de la menace perçue, empêchant l’individu de maintenir le cap sur ses obligations professionnelles, académiques ou interpersonnelles.

3. Difficultés de contrôle impulsif (Impulse)

La sous-échelle d’impulsivité quantifie la difficulté à maintenir le contrôle comportemental et à inhiber les passages à l’acte inadaptés en présence d’affects douloureux. Elle renvoie au sentiment d’être submergé et de perdre la maîtrise de ses conduites, ce qui se traduit fréquemment par des comportements autodestructeurs, des crises de colère incontrôlées, des comportements de purge ou des consommations compulsives de substances comme tentatives dysfonctionnelles d’apaiser l’état interne.

4. Accès limité aux stratégies de régulation émotionnelle (Strategies)

Cette facette reflète la croyance métacognitive selon laquelle, une fois la détresse installée, l’individu se retrouve totalement impuissant et démuni face à l’intensité de ses ressentis. Il s’agit d’un déficit perçu d’auto-efficacité quant à la capacité de modifier son état affectif par des stratégies adaptatives (telles que la réévaluation cognitive, la recherche de soutien social ou la distraction constructive). L’individu éprouve la certitude inébranlable qu’il restera prisonnier indéfiniment de son affect aversif.

5. Manque de clarté émotionnelle (Clarity)

La clarté émotionnelle désigne l’aptitude métacognitive à identifier, étiqueter et différencier précisément les états émotionnels discrets (ex. distinguer la tristesse, la déception, la honte ou la colère). Un déficit dans ce domaine, étroitement apparenté aux dimensions cognitives de l’alexithymie, plonge le sujet dans une nébuleuse affective diffuse où l’inconfort interne est ressenti comme massif mais indifférencié, rendant impossible la sélection d’une stratégie de régulation adaptée.

Note relative à l’exclusion de la sous-échelle d’attention (Awareness) : Dans l’échelle princeps à 36 items de Gratz et Roemer, une sixième dimension mesurait la conscience émotionnelle (Awareness). Lors de la création de la DERS-16, les analyses psychométriques menées par Bjureberg et ses collaborateurs ont démontré que les items de cette sous-échelle présentaient des corrélations faibles, voire non significatives, avec les cinq autres facteurs et avec les indicateurs externes de psychopathologie. De surcroît, ces items étaient rédigés sous forme inversée, ce qui induisait des artefacts méthodologiques. Son exclusion délibérée au sein de la DERS-16 renforce la cohérence théorique de l’instrument en centrant l’outil exclusivement sur les difficultés de régulation des états affectifs perçus.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conceptualisation sous-tendant la DERS et sa version abrégée puise ses racines fondamentales dans le modèle intégratif de la régulation émotionnelle formulé par James J. Gross, enrichi par la perspective dialectique comportementale de Marsha M. Linehan et les approches humanistes et expérientielles de Leslie Greenberg.

Contrairement aux modèles traditionnels qui ont longtemps assimilé la régulation émotionnelle au simple contrôle, à la neutralisation ou à la réduction de l’expression affective, le cadre théorique de Gratz et Roemer (2004) postule que les émotions — qu’elles soient agréables ou douloureuses — possèdent une valeur adaptative évolutionnaire fondamentale. Les émotions constituent des signaux d’alarme rapides guidant la prise de décision, fournissant des informations précieuses sur l’environnement et mobilisant l’organisme vers des actions indispensables à la survie.

Par conséquent, une régulation émotionnelle adaptative n’implique pas l’absence d’affects négatifs, mais se définit par la réunion synergique de quatre composantes indispensables :

  1. La conscience et la compréhension adéquate des émotions ressenties ;
  2. L’acceptation inconditionnelle des expériences internes sans auto-jugement délétère ;
  3. La capacité à différer les comportements impulsifs et à maintenir des actions dirigées vers des buts personnels malgré un niveau d’activation émotionnelle aversif élevé ;
  4. La flexibilité dans l’utilisation de stratégies de modulation adaptatives visant à atténuer l’intensité ou la durée des réactions affectives plutôt qu’à éradiquer l’émotion de force.

Selon cette grille de lecture, la dérégulation émotionnelle n’est pas comprise comme une anomalie isolée, mais comme un processus transdiagnostique central. Dans la théorie biosociale de Linehan (1993), la dysrégulation émerge de la transaction continue entre une vulnérabilité biologique innée (hyper-réactivité limbique, sensibilité accrue aux stimuli émotionnels, retour lent à la ligne de base) et un environnement invalidant qui punit, banalise ou rejette systématiquement l’expression des ressentis du sujet. L’enfant privé de miroir affectif et d’étayage adaptatif échoue à développer la clarté émotionnelle et intègre la croyance que ses affects internes sont inacceptables, menant aux blocages répertoriés par les dimensions de la DERS-16.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales de Bjureberg et al. (2016), conduites auprès de cohortes combinées totalisant plus de 1 200 participants issus de populations cliniques (notamment des patients souffrant de trouble de la personnalité borderline, de dépression majeure ou d’anxiété) et de la population générale, ont apporté des preuves solides quant à la validité de la DERS-16 :

Validité de construit et validité convergente

La DERS-16 présente des corrélations positives extrêmement robustes avec la version originale intégrale de 36 items de la DERS (coefficients de Pearson oscillant entre r = 0,93 et r = 0,98 pour le score global, et entre r = 0,87 et r = 0,96 pour les sous-échelles correspondantes). Cela démontre que la version abrégée capte la quasi-totalité de la variance du construit original.

De plus, la DERS-16 corrèle positivement et significativement avec une variété d’échelles validées évaluant la symptomatologie psychiatrique :

  • Symptômes dépressifs (PHQ-9, BDI-II) : corrélations modérées à fortes (r = 0,55 à 0,68).
  • Symptômes anxieux (GAD-7, STAI) : corrélations substantielles (r = 0,50 à 0,65).
  • Symptomatologie borderline (BSL-23, PAI-BOR) : corrélations élevées (r = 0,65 à 0,78).
  • Évitement expérientiel mesuré par l’AAQ-II : corrélations fortes (r = 0,62 à 0,74), confirmant le lien intime entre non-acceptation des émotions et rigidité psychologique.

Validité discriminante

La DERS-16 démontre une validité discriminante nette par rapport aux mesures de névrosisme général (par exemple le NEO-PI-R). Même après contrôle statistique du niveau d’affect négatif global (PANAS négatif), la DERS-16 continue de prédire une part unique et significative de la variance liée aux conduites impulsives, aux comportements autodestructeurs et aux idéations suicidaires. Les corrélations entre la DERS-16 et l’affect positif (PANAS positif) ou l’extraversion sont très faibles à négatives, démontrant que l’échelle n’est pas un simple indice d’affectivité générale mais bien un marqueur spécifique des déficits de régulation.

Validité différentielle et prédictive

Dans les échantillons cliniques, les scores totaux et sous-dimensionnels de la DERS-16 permettent de discriminer avec précision les patients présentant des antécédents d’automutilations non suicidaires (AMNS) ou de tentatives de suicide par rapport aux patients indemnes de ces antécédents, le facteur Impulse et le facteur Strategies étant les plus prédictifs de ces comportements à haut risque.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de fidélité de la DERS-16 se caractérisent par des indices statistiques remarquablement élevés dans l’ensemble des études de validation publiées :

Consistance interne

Dans l’échantillon initial de développement (Bjureberg et al., 2016), le coefficient alpha de Cronbach (α) pour le score total de la DERS-16 s’élevait à 0,92 dans un échantillon d’étudiants universitaires, à 0,94 dans un échantillon clinique externe de patients psychiatriques adultes, et à 0,95 dans une cohorte de patients souffrant de trouble de la personnalité borderline. Les coefficients oméga de McDonald (ω), moins sensibles aux violations des postulats de tau-équivalence, confirment cette excellente consistance (valeurs systématiquement ≥ 0,92).

Au niveau des sous-échelles individuelles, les coefficients alpha observés sont les suivants :

  • Clarity (2 items) : α = 0,79 à 0,82
  • Goals (3 items) : α = 0,85 à 0,89
  • Impulse (3 items) : α = 0,86 à 0,91
  • Non-Acceptance (3 items) : α = 0,85 à 0,88
  • Strategies (5 items) : α = 0,88 à 0,92

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de la DERS-16 a été évaluée sur des intervalles de temps allant d’une semaine à plusieurs mois en l’absence d’intervention psychothérapeutique ciblée. Sur un intervalle moyen de deux semaines, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se situent entre r = 0,85 et r = 0,89 pour le score total, illustrant la stabilité du construit en tant que trait de vulnérabilité émotionnelle tout en restant sensible aux changements cliniquement significatifs induits par un traitement structuré.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’élaboration de la DERS-16 a reposé sur une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) afin d’isoler les items les plus discriminants et les plus fidèles de l’échelle d’origine :

Processus de réduction des items

Les concepteurs ont extrait de la DERS-36 les items présentant les saturations factorielles les plus fortes sur leur facteur théorique respectif tout en vérifiant l’absence de saturations croisées significatives (> 0,30) sur d’autres dimensions. Les 16 items finaux ont été conservés de manière à garantir au minimum 2 à 3 items par facteur pour les facteurs courts et 5 items pour le facteur plus hétérogène des stratégies.

Résultats de l’Analyse Factorielle Confirmatoire

L’AFC modélisant une structure à cinq facteurs de premier ordre inter-corrélés (Non-acceptation, Buts, Impulsion, Stratégies, Clarté) a démontré un ajustement exceptionnel aux données empiriques, supérieur à un modèle unifactoriel global ou à un modèle bifactoriel orthogonal. Les indices d’ajustement répertoriés dans la littérature sont remarquables :

  • χ²/ddl : compris entre 1,85 et 2,40 (inférieur au seuil conventionnel de 3,0)
  • CFI (Comparative Fit Index) : ≥ 0,96 (dépassant le standard strict de 0,95)
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : ≥ 0,95
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,045 à 0,058 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,038 et 0,067), signalant une excellente adéquation
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,038

Les saturations factorielles standardisées (λ) de l’ensemble des 16 items sur leurs facteurs latents respectifs sont toutes statistiquement significatives (p < 0,001) et s’échelonnent de 0,71 à 0,92, confirmant une précision de mesure et une pureté factorielle élevées sans redondance colinéaire excessive.

10. Instrument de mesure / Instrument

La DERS-16 se présente comme suit dans son format standard :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Nombre d’items : 16 affirmations formulées à la première personne du singulier.
  • Modalité de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points :
    • 1 = Presque jamais (0-10 % du temps) [Almost never]
    • 2 = Parfois (11-35 % du temps) [Sometimes]
    • 3 = Environ la moitié du temps (36-65 % du temps) [About half the time]
    • 4 = La plupart du temps (66-90 % du temps) [Most of the time]
    • 5 = Presque toujours (91-100 % du temps) [Almost always]
  • Structure des sous-échelles :
    • Clarté émotionnelle (Clarity) : 2 items.
    • Comportements orientés vers des buts (Goals) : 3 items.
    • Contrôle impulsif (Impulse) : 3 items.
    • Non-acceptation (Non-Acceptance) : 3 items.
    • Accès aux stratégies (Strategies) : 5 items.
  • Procédure de cotation :
    • Tous les items de la DERS-16 sont cotés de manière directe (aucun item inversé n’a été retenu dans la version courte, ce qui élimine les biais de cotation).
    • Le Score Total est obtenu en additionnant les réponses aux 16 items. L’étendue théorique du score total varie de 16 à 80 points.
    • Les scores des sous-échelles s’obtiennent par la somme des items constitutifs de chaque dimension : Clarté (2 à 10 points), Buts (3 à 15 points), Impulsion (3 à 15 points), Non-acceptation (3 à 15 points), Stratégies (5 à 25 points).
    • Un score plus élevé reflète des difficultés de régulation émotionnelle plus sévères et invalidantes.
  • Temps moyen de passation : Approximativement 2 à 4 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La DERS-16 a été publiée officiellement en 2016 dans le volume 38 de la revue à comité de lecture Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment.

Conditions d’utilisation et politique de copyright :

  • Utilisation en recherche et en pratique clinique : L’instrument a été mis à disposition par les auteurs sous un régime d’accès libre pour les travaux universitaires, les protocoles de recherche biomédicale et la pratique clinique non commerciale sans but lucratif. Aucun coût d’acquisition ou redevance de licence n’est exigé pour l’administration de l’échelle sous sa forme papier ou numérique classique.
  • Citation obligatoire : Toute utilisation de l’instrument doit s’accompagner de la citation formelle de l’article de validation de Bjureberg et al. (2016) ainsi que de l’article princeps de Gratz et Roemer (2004).
  • Exploitation commerciale et intégration logicielle : Toute intégration au sein d’une plateforme payante, d’un logiciel propriétaire ou d’un dispositif médical commercial nécessite l’obtention préalable de l’accord écrit des détenteurs des droits (les auteurs et l’éditeur Springer Science+Business Media).

12. Références / References

Voici les références fondamentales documentant le développement, les fondements théoriques et les propriétés psychométriques de la DERS-16 :

  • Bjureberg, J., Ljótsson, B., Tull, M. T., Hedman, E., Sahlin, H., Lundh, L. G., Bjärehed, J., DiLillo, D., Messman-Moore, T. L., Gumpert, C. H., & Gratz, K. L. (2016). Development and validation of a brief version of the Difficulties in Emotion Regulation Scale: The DERS-16. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 38(2), 284–296. https://doi.org/10.1007/s10862-015-9514-x
  • Gratz, K. L., & Roemer, L. (2004). Multidimensional assessment of emotion regulation and dysregulation: Development, factor structure, and initial validation of the Difficulties in Emotion Regulation Scale. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 26(1), 41–54. https://doi.org/10.1023/B:JOBA.0000007455.08539.94
  • Gross, J. J. (1998). The emerging field of emotion regulation: An integrative review. Review of General Psychology, 2(3), 271–299. https://doi.org/10.1037/1089-2680.2.3.271
  • Linehan, M. M. (1993). Cognitive-behavioral treatment of borderline personality disorder. Guilford Press.
  • Messman-Moore, T. L., Walsh, K. L., & DiLillo, D. (2010). Emotion dysregulation and cognitive coping in the prediction of revictimization: A prospective test of a mediated model. Journal of Interpersonal Violence, 25(8), 1485–1505. https://doi.org/10.1177/0886260509354511
  • Tull, M. T., Barrett, H. M., McMillan, K. A., & Roemer, L. (2007). A preliminary investigation of the relationship between emotion regulation difficulties and posttraumatic stress symptoms. Behavior Therapy, 38(3), 303–313. https://doi.org/10.1016/j.beth.2006.10.001

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les 16 items de l’échelle sont présentés ci-dessous avec les consignes administrées aux participants. Chaque item est évalué sur l’échelle de réponse suivante :

  • 1 = Presque jamais (0-10 %) [Almost never]
  • 2 = Parfois (11-35 %) [Sometimes]
  • 3 = Environ la moitié du temps (36-65 %) [About half the time]
  • 4 = La plupart du temps (66-90 %) [Most of the time]
  • 5 = Presque toujours (91-100 %) [Almost always]

Instructions: Please indicate how often the following statements apply to you by choosing the appropriate number (1 to 5) from the scale.

  1. When I’m upset, I have difficulty getting work done. [Goals]
  2. When I’m upset, I become out of control. [Impulse]
  3. When I’m upset, I believe that I will remain that way for a long time. [Strategies]
  4. When I’m upset, I believe that I’ll end up feeling very depressed. [Strategies]
  5. When I’m upset, I have difficulty focusing on other things. [Goals]
  6. When I’m upset, I feel out of control. [Impulse]
  7. When I’m upset, I feel ashamed with myself for feeling that way. [Non-Acceptance]
  8. When I’m upset, I know that I can find a way to eventually feel better. (Note: In DERS-16, reverse-coded phrasing from DERS-36 was reformulated or selected as negative: « When I’m upset, I believe that there is nothing I can do to make myself feel better. ») [Strategies]
  9. When I’m upset, I become irritated with myself for feeling that way. [Non-Acceptance]
  10. When I’m upset, I start feeling very bad about myself. [Non-Acceptance]
  11. When I’m upset, I have difficulty thinking about anything else. [Goals]
  12. When I’m upset, I have difficulty controlling my behaviors. [Impulse]
  13. When I’m upset, it takes me a long time to feel better. [Strategies]
  14. When I’m upset, my emotions feel overwhelming. [Strategies]
  15. I have difficulty making sense out of my feelings. [Clarity]
  16. I have no idea how I am feeling. [Clarity]
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (DERS-16). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-difficultes-regulation-emotionnelle-version-abregee-ders-16/
Looti, Mohammed. “Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (DERS-16).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-difficultes-regulation-emotionnelle-version-abregee-ders-16/.
Looti, Mohammed. “Échelle des difficultés de régulation émotionnelle – Version abrégée (DERS-16).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-difficultes-regulation-emotionnelle-version-abregee-ders-16/.