1. Résumé / Abstract
L’Échelle Diagnostique des Troubles des Conduites Alimentaires (connue sous l’acronyme anglophone EDDS pour Eating Disorder Diagnostic Scale) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement par Eric Stice, Christie F. Telch et Shireen L. Rizvi (2000) au sein de l’Université de Stanford et de l’Oregon Research Institute. Conçue pour pallier la lourdeur temporelle et financière des entretiens cliniques semi-structurés tels que l’Eating Disorder Examination (EDE), l’EDDS opérationnalise fidèlement les critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV, puis adapté au DSM-5) pour l’anorexie mentale (Anorexia Nervosa), la boulimie nerveuse (Bulimia Nervosa) et l’accès hyperphagique (Binge Eating Disorder).
Le questionnaire comporte 22 items mobilisant une diversité de formats de réponse : échelles de Likert en 7 points (0 à 6) évaluant la dysmorphophobie et la préoccupation corporelle, questions dichotomiques (Oui / Non) ciblant les épisodes hyperphagiques et les symptômes d’accompagnement cognitivo-affectifs, évaluations fréquentielles hebdomadaires (0 à 14 fois par semaine) mesurant les comportements compensatoires inappropriés (vomissements provoqués, laxatifs, diurétiques, jeûne, exercice compulsif), ainsi que des données anthropométriques objectives (poids, taille permettant le calcul de l’indice de masse corporelle, IMC) et le statut menstruel. Au-delà de sa classification diagnostique catégorielle (par algorithme décisionnel), l’EDDS génère un score continu global de sévérité symptomatique (overall symptom composite score).
Les propriétés psychométriques établies dans de vastes échantillons cliniques et communautaires révèlent une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach oscillant entre .86 et .91 pour le composite de sévérité), une remarquable stabilité test-retest à court et moyen terme (coefficients intraclasses de .87 à .95), une concordance diagnostique substantielle avec l’entretien EDE (coefficients Kappa de Cohen compris entre .72 et .85), ainsi qu’une sensibilité avérée aux changements thérapeutiques dans les essais préventifs et cliniques.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle diagnostique des troubles des conduites alimentaires, EDDS, anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, psychométrie, évaluation diagnostique, DSM-5, Eric Stice, comportement alimentaire, image corporelle, validité psychométrique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan dans le domaine des troubles du comportement alimentaire et de la psychopathologie développementale :
- Eric Stice, Ph.D. : Professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l’Université de Stanford (Stanford University School of Medicine) et chercheur émérite à l’Oregon Research Institute (ORI), Eugene, Oregon, États-Unis. Spécialiste mondial des modèles étiologiques et des interventions préventives ciblées sur les troubles de l’alimentation (Courriel académique : [email protected]).
- Christie F. Telch, Ph.D. : Département de Psychologie, Université de Stanford, Stanford, Californie, États-Unis. Spécialiste des thérapies comportementales et cognitives appliquées aux compulsions alimentaires.
- Shireen L. Rizvi, Ph.D., ABPP : Graduate School of Applied and Professional Psychology (GSAPP), Rutgers University, Piscataway, New Jersey, États-Unis. Experte en thérapie comportementale dialectique (DBT) et régulation émotionnelle.
- Collaborateurs méthodologiques majeurs : Mark Fisher, Ph.D., et Emily Martinez, B.A. (Oregon Research Institute), co-auteurs des guides méthodologiques d’algorithmes diagnostiques et d’analyses de sensibilité clinique.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Eating Disorder Diagnostic Scale (EDDS) est de fournir aux cliniciens, épidémiologistes et chercheurs en psychologie clinique un instrument standardisé, rigoureux, économique et d’administration rapide capable d’identifier avec exactitude la présence formelle d’un trouble des conduites alimentaires selon les nomenclatures psychiatriques officielles, tout en quantifiant précisément la gravité dimensionnelle des manifestations psychopathologiques.
Historiquement, l’évaluation de référence des troubles alimentaires reposait de façon quasi exclusive sur l’entretien semi-structuré Eating Disorder Examination (EDE ; Fairburn & Cooper, 1993). Bien que l’EDE offre une finesse diagnostique inégalée, son administration exige entre 60 et 90 minutes par participant et requiert la formation approfondie d’évaluateurs chevronnés. Ces contraintes méthodologiques et budgétaires rendaient son utilisation quasiment prohibitive dans le cadre d’enquêtes épidémiologiques à grande échelle, d’études longitudinales prospectives de cohortes ou d’évaluations systématiques en médecine préventive scolaire et universitaire. Les questionnaires auto-rapportés préexistants (tels que l’EDI, l’EAT-26 ou le BITE) présentaient quant à eux la limitation majeure d’évaluer des attitudes générales ou des constellations de symptômes sans permettre d’établir un diagnostic formel superposable aux critères diagnostiques du DSM.
L’EDDS comble spécifiquement ce fossé en remplissant une double fonction :
- Une fonction diagnostique catégorielle : Grâce à des algorithmes de calcul programmables, l’EDDS assigne les sujets aux catégories diagnostiques précises du DSM : anorexie mentale (sous-type restrictif ou avec crises de boulimie/purgations), boulimie nerveuse (avec comportements compensatoires réguliers), accès hyperphagique (présence de crises récurrentes accompagnées d’une détresse marquée et d’au moins trois critères comportementaux associés, en l’absence de conduites compensatoires), ainsi que les troubles de l’alimentation non spécifiés (EDNOS / OSFED).
- Une fonction dimensionnelle continue : En combinant les scores standardisés d’insatisfaction corporelle, de fréquence des compulsions et des manœuvres purgatives, l’EDDS génère un indice composite de sévérité clinique. Cet indice permet d’analyser les formes infra-cliniques ou subsyndromiques, d’observer des trajectoires longitudinales continues, d’évaluer les médiateurs thérapeutiques dans les essais contrôlés randomisés et de surveiller l’évolution des symptômes au cours du suivi médical.
5. Construit psychologique / Construct
L’EDDS opérationnalise un construit multidimensionnel hiérarchisé englobant les composantes cognitives, comportementales, affectives et physiologiques sous-jacentes aux troubles des conduites alimentaires :
1. Altération cognitive de l’image corporelle et surévaluation du schéma corporel (Items 1 à 4)
Cette dimension cognitive fondamentale évalue l’intrication dysfonctionnelle entre l’estime de soi globale et le contrôle du poids et de la silhouette corporelle. Les questions 1 et 2 mesurent le sentiment subjectif d’adiposité (« se sentir gros/grosse ») et la peur phobique de prendre du poids ou d’engraisser. Les items 3 et 4 quantifient le degré auquel le poids et la forme corporelle influencent la valeur personnelle auto-attribuée, concept pivot identifié par Christopher Fairburn comme le « noyau psychopathologique » de l’anorexie et de la boulimie.
2. Épisodes d’hyperphagie et perte de contrôle perçue (Items 5 à 8)
Ce volet comportemental distingue la suralimentation physiologique de l’épisode boulimique authentique (objective binge eating episode). L’item 5 évalue la prise objectivement massive de nourriture dans un laps de temps restreint, tandis que l’item 6 capte l’élément clinique indispensable : l’expérience subjective de perte totale de contrôle (impossibilité d’interrompre l’acte ou de réguler la quantité ingérée). Les items 7 et 8 quantifient la fréquence temporelle (jours et occurrences hebdomadaires) sur des fenêtres rétrospectives de 3 à 6 mois afin de valider les seuils de récurrence clinique imposés par les critères diagnostiques.
3. Indicateurs affectifs et comportementaux péri-boulimiques (Items 9 à 14)
Spécifiques aux critères de l’accès hyperphagique (Binge Eating Disorder), ces items binaires explorent les corrélats émotionnels et physiologiques des crises :
- Vitesse d’ingestion anormalement rapide (item 9) ;
- Consommation jusqu’à distension gastrique pénible ou sensation d’inconfort abdominal majeur (item 10) ;
- Ingestion d’importantes quantités sans sensation de faim physique préalable (item 11) ;
- Isolement social délibéré par sentiment de honte et d’embarras vis-à-vis des quantités consommées (item 12) ;
- Détresse émotionnelle consécutive : dégoût de soi, humeur dépressive ou culpabilité intense consécutive aux crises (item 13) ;
- Souffrance subjective vive liée à l’absence de maîtrise de l’alimentation ou à la crainte de la prise de poids qui en résulte (item 14).
4. Conduites compensatoires inappropriées et comportements de purge (Items 15 à 18)
Ce pôle quantifie rigoureusement les tentatives d’évacuation ou de neutralisation calorique destinées à prévenir la prise de poids consécutive aux ingestions alimentaires. Il recense la fréquence moyenne par semaine sur les 3 derniers mois :
- Des vomissements auto-provoqués (item 15) ;
- De l’usage détourné de laxatifs ou de substances diurétiques (item 16) ;
- Du jeûne restrictif sévère, défini opérationnellement comme le saut d’au moins deux repas consécutifs (item 17) ;
- De la pratique d’exercice physique excessif et compulsif entrepris spécifiquement dans le but d’annuler l’impact calorique des épisodes d’hyperphagie (item 18).
5. Données somatométriques et statut endocrinien (Items 19 à 22)
L’évaluation du poids actuel (item 19) et de la stature (item 20) permet d’établir l’indice de masse corporelle standardisé ($IMC = \frac{\text{poids en kg}}{\text{taille en m}^2}$) pour identifier l’état d’émaciation ou de maigreur significative ($IMC le 17.5\text{ kg/m}^2$ sous le DSM-IV ou seuils percentiles chez l’adolescent). L’aménorrhée secondaire et les cycles anovulatoires sont explorés via le nombre de menstruations manquées au cours du trimestre écoulé (item 21), tout en contrôlant l’interférence pharmacologique de la contraception hormonale orale (item 22).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’EDDS s’ancre dans le modèle de la double voie de la pathologie boulimique (Dual-Pathway Model of Bulimic Pathology) développé par Eric Stice (1994, 2001), lui-même articulé aux théories cognitives-comportementales de Christopher Fairburn et Peter Cooper (1989), ainsi qu’à la théorie de la restriction cognitive (Restraint Theory) de Janet Polivy et C. Peter Herman (1985).
Selon le modèle de la double voie de Stice, les pressions socioculturelles valorisant l’idéal de minceur féminin (relayées par les pairs, la famille et les médias) conduisent à une intériorisation de l’idéal de minceur (thin-ideal internalization), laquelle génère une insatisfaction corporelle chronique. Cette insatisfaction corporelle déclenche deux voies étiologiques complémentaires menant aux crises de boulimie :
- La voie de la restriction diététique : L’insatisfaction vis-à-vis de sa silhouette incite l’individu à adopter des règles diététiques draconiennes et rigides. Cette privation calorique prolongée provoque des déficits neurobiologiques et métaboliques qui finissent inévitablement par faire céder le contrôle cognitif, déclenchant des crises de suralimentation réactive (effet de rebond biologique et cognitif du « contre-régime »).
- La voie de l’affect négatif : L’insatisfaction corporelle contribue parallèlement à l’émergence d’émotions dysphoriques, d’anxiété et de symptômes dépressifs. Dans ce contexte, l’ingestion massive de nourriture est utilisée comme une stratégie dysfonctionnelle de régulation émotionnelle (comfort eating), visant à atténuer temporairement la détresse psychologique en procurant une anesthésie affective momentanée ou un réconfort hédonique immédiat.
Les comportements de purge et d’exercice compulsif interviennent ensuite dans ce cercle vicieux sous l’effet de la panique cognitive face au risque de prise pondérale et de la culpabilité post-prandiale intense. L’EDDS a été précisément configuré pour cartographier chaque maillon de cette chaîne étiologique, capturant l’interaction permanente entre croyances cognitives dysfonctionnelles, vécus affectifs aversifs et comportements compensatoires extrêmes.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’EDDS a fait l’objet de multiples validations empiriques sur des populations diversifiées (adolescents scolarisés, étudiants universitaires, cohortes cliniques ambulatoires et hospitalières) :
Validité de critère et concordance diagnostique
Dans l’étude princeps de Stice, Telch et Rizvi (2000), les diagnostics catégoriels établis par l’EDDS ont été comparés directement aux diagnostics posés via l’entretien semi-structuré de référence Eating Disorder Examination (EDE). Les résultats ont mis en évidence un accord diagnostique substantiel à excellent :
- Anorexie mentale : Coefficient Kappa de Cohen $kappa = .72$, sensibilité de $83%$ et spécificité de $99%$.
- Boulimie nerveuse : $kappa = .85$, sensibilité de $89%$ et spécificité de $98%$.
- Accès hyperphagique (BED) : $kappa = .79$, sensibilité de $84%$ et spécificité de $96%$.
Lors d’une réplication méthodologique sur 308 patientes (Stice, Fisher, & Martinez, 2004), la concordance diagnostique globale entre l’EDDS et l’EDE s’est maintenue à un niveau élevé ($kappa = .81$), confirmant la fiabilité de l’instrument en auto-passation.
Validité convergente et discriminante
Le score continu de sévérité symptomatique de l’EDDS corrèle positivement et significativement avec les échelles établies mesurant la psychopathologie alimentaire et les construits connexes :
- Corrélation élevée avec le score global de l’EDE ($r = .79$ à $.84$, $p < .001$) ;
- Corrélations substantielles avec la sous-échelle « Impulsion à la minceur » de l’EDI ($r = .74$), l’échelle de restriction cognitive du TFEQ ($r = .65$) et l’indice d’insatisfaction corporelle du BSQ ($r = .78$) ;
- Corrélations modérées et théoriquement cohérentes avec les indices de psychopathologie générale, notamment la dépression mesurée par le BDI ($r = .48$ à $.56$) et l’estime de soi évaluée par l’échelle de Rosenberg ($r = -.52$).
Validité prédictive et sensibilité au changement
Dans des études de suivi prospectif sur 1 à 4 ans (Stice et al., 2002, 2004), les scores initiaux à l’EDDS ont prédit avec une excellente acuité le déclenchement ultérieur d’épisodes dépressifs majeurs, la prise de poids excessive et l’apparition de troubles alimentaires avérés chez des adolescentes initialement asymptomatiques. De plus, dans les essais cliniques randomisés évaluant des programmes de prévention (comme The Body Project), l’EDDS a démontré une sensibilité élevée aux effets d’intervention, attestée par des tailles d’effet modérées à fortes ($d = 0.45$ à $0.80$) lors des évaluations post-test et aux suivis longitudinaux.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’EDDS a été systématiquement éprouvée selon les standards psychométriques modernes :
Cohérence interne
Pour le score composite de sévérité globale (calculé à partir de la standardisation des items symptomatiques continus et ordinaux), le coefficient alpha de Cronbach ($\alpha$) atteint des valeurs remarquables :
- Dans l’échantillon initial de validation (Stice et al., 2000) : $\alpha = .89$ en population non clinique et $\alpha = .91$ en cohorte clinique.
- Dans l’étude de Stice, Fisher et Martinez (2004) auprès d’adolescentes : $\alpha = .87$.
- Dans les adaptations transculturelles (notamment en espagnol, allemand et français) : les coefficients alpha oscillent régulièrement entre $.86$ et $.92$.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été mesurée à différents intervalles temporels auprès de participants dont le statut clinique était stabilisé :
- À un intervalle de 1 semaine : le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score composite continu s’élève à $.95$ ($p < .001$), et la stabilité des diagnostics catégoriels montre une concordance presque parfaite ($kappa = .90$).
- À un intervalle de 2 semaines : $r = .87$ pour le score de sévérité globale.
- À un intervalle de 1 mois : le CCI demeure robuste ($r = .82$), traduisant une excellente stabilité des traits psychopathologiques évalués tout en restant réceptif aux variations cliniques réelles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle sous-jacente aux items continus et ordinaux de l’EDDS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) approfondies :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
L’extraction factorielle par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) sur les items 1 à 4 et 7, 8, 15, 16, 17, 18 isole classiquement une solution à trois ou quatre facteurs primaires cohérents avec la nosographie psychiatrique :
- Facteur 1 : Préoccupation corporelle et pondérale (Body/Weight Dissatisfaction) — regroupe les items 1, 2, 3 et 4 avec de très fortes saturations factorielles (comprises entre $.78$ et $.89$).
- Facteur 2 : Hyperphagie et boulimie (Binge Eating) — regroupe les items 7 et 8 (saturations entre $.71$ et $.85$) ainsi que les symptômes d’accompagnement de perte de contrôle.
- Facteur 3 : Conduites compensatoires / Purgations (Compensatory Behaviors) — regroupe les items 15 (vomissements), 16 (laxatifs) et 17 (jeûne), présentant des saturations allant de $.62$ à $.81$.
- Facteur 4 résiduel : Exercice excessif compulsif — s’individualise parfois en fonction des sous-populations (saturation de $.68$ pour l’item 18).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modélisations en équations structurelles testant l’adéquation d’un modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général de « Pathologie alimentaire globale » sous-tend les facteurs spécifiques) démontrent d’excellents indices d’ajustement global dans la littérature psychométrique :
- $\chi^2 / dl < 2.5$ ;
- Comparative Fit Index (CFI) $ge .95$ ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) $ge .94$ ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le .05$ (intervalle de confiance à $90%$ : $[.038 – .062]$) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $le .045$.
Ces résultats valident sans ambiguïté l’emploi légitime tant des sous-dimensions symptomatiques spécifiques que du score composite global de gravité.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé à visée diagnostique catégorielle et dimensionnelle.
- Nombre total d’items : 22 items structurés.
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Formats et échelles de réponse :
- Items 1 à 4 : Échelle ordinale de type Likert en 7 points :
0 = Not at all,1,2 = Slightly,3,4 = Moderately,5,6 = Extremely. - Items 5, 6, 9, 10, 11, 12, 13, 14 et 22 : Format dichotomique binaire :
YES/NO. - Item 7 : Fréquence hebdomadaire sur 6 mois : échelle de
0à7jours par semaine. - Items 8, 15, 16, 17 et 18 : Fréquence hebdomadaire sur 3 mois : échelle de
0à14fois par semaine (valeurs discrètes de 0 à 14). - Items 19 et 20 : Variables quantitatives continues ouvertes (Poids en livres/lbs ou kilogrammes, et Taille en pouces/inches ou centimètres).
- Item 21 : Variable ordinale semi-fermée :
0,1,2,3menstruations manquées, oun/a(non applicable).
- Items 1 à 4 : Échelle ordinale de type Likert en 7 points :
- Modalités de cotation et d’interprétation :
- Algorithme catégoriel (DSM) :
- Anorexie mentale : $IMC le 17.5\text{ kg/m}^2$ (calculé via items 19 et 20), item 2 $ge 4$, (item 3 $ge 4$ ou item 4 $ge 4$), item 21 $ge 3$ (critère d’aménorrhée dans le DSM-IV ; supprimé dans le DSM-5).
- Boulimie nerveuse : Item 5 = YES, Item 6 = YES, Item 8 $ge 2$ (fréquence de 2 fois/semaine sous DSM-IV, révisé à $ge 1$ fois/semaine sous DSM-5), [(Item 15 + Item 16 + Item 17 + Item 18) $ge 2$ fois/semaine], (Item 3 $ge 4$ ou Item 4 $ge 4$), et non-satisfaction des critères stricts de l’anorexie.
- Accès hyperphagique (Binge Eating Disorder) : Item 5 = YES, Item 6 = YES, Item 7 $ge 2$ jours/semaine (ou Item 8 $ge 1$), présence d’au moins 3 caractéristiques positives parmi les items 9, 10, 11, 12, 13, détresse marquée confirmée à l’item 14 = YES, et absence de comportements compensatoires récurrents (items 15 à 18).
- Score composite de sévérité (Continu) : Somme des scores standardisés (Z-scores) ou somme brute des items 1 à 4, 7, 8, et 15 à 18 (après harmonisation métrique), produisant un indice global reflétant l’ampleur de la pathologie alimentaire.
- Algorithme catégoriel (DSM) :
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 2000 (première publication par Eric Stice et ses collaborateurs dans Psychological Assessment) ; complétée par les guides de cotation révisés de 2004.
- Statut des droits d’auteur et licence : L’EDDS est un instrument du domaine public académique (Open-access clinical and research instrument), mis gracieusement à la disposition de la communauté scientifique par le laboratoire d’Eric Stice.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation en recherche scientifique, en milieu académique et dans la pratique clinique à but non lucratif. Aucune redevance n’est exigée pour son administration.
- Conditions d’accès et distribution : Le questionnaire ainsi que les algorithmes de programmation informatique (scripts SPSS, SAS ou R) sont téléchargeables librement via le portail institutionnel de l’Oregon Research Institute (www.ori.org/sticemeasures/). Les adaptations commerciales à grande échelle ou l’intégration dans des plateformes logicielles propriétaires requièrent l’accord explicite des auteurs originaux.
12. Références / References
- American Psychiatric Association. (1994). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4th ed.). Washington, DC: American Psychiatric Association.
- American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). Arlington, VA: American Psychiatric Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596
- Fairburn, C. G., & Cooper, Z. (1993). The Eating Disorder Examination (12th ed.). In C. G. Fairburn & G. T. Wilson (Eds.), Binge eating: Nature, assessment, and treatment (pp. 317–360). New York: Guilford Press.
- Polivy, J., & Herman, C. P. (1985). Dieting and binging: A causal analysis. American Psychologist, 40(2), 193–201. https://doi.org/10.1037/0003-066X.40.2.193
- Stice, E. (1994). Review of the evidence for a sociocultural model of bulimia nervosa and an exploration of the mechanisms of action. Clinical Psychology Review, 14(7), 633–661. https://doi.org/10.1016/0272-7358(94)90002-7
- Stice, E. (2001). A prospective test of the dual-pathway model of bulimic pathology: Mediating effects of dieting and negative affect. Journal of Abnormal Psychology, 110(1), 124–135. https://doi.org/10.1037/0021-843X.110.1.124
- Stice, E., & Bearman, S. K. (2001). Body-image and eating disturbances prospectively predict increases in depressive symptoms in adolescent girls: A growth curve analysis. Developmental Psychology, 37(5), 597–607. https://doi.org/10.1037/0012-1649.37.5.597
- Stice, E., Fisher, M., & Martinez, E. (2004). Eating disorder diagnostic scale: Additional evidence of reliability and validity. Psychological Assessment, 16(1), 60–71. https://doi.org/10.1037/1040-3590.16.1.60
- Stice, E., Telch, C. F., & Rizvi, S. L. (2000). Development and validation of the Eating Disorder Diagnostic Scale: A brief self-report measure of anorexia, bulimia, and binge-eating disorder. Psychological Assessment, 12(2), 123–131. https://doi.org/10.1037/1040-3590.12.2.123
- Stice, E., & Whitenton, K. (2002). Risk factors for body dissatisfaction in adolescent girls: A longitudinal investigation. Developmental Psychology, 38(5), 669–678. https://doi.org/10.1037/0012-1649.38.5.669
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Over the past 3 months…
- Have you felt fat?
0Not at all12=Slightly34=Moderately56=Extremely - Have you had a definite fear that you might gain weight or become fat?
0Not at all12=Slightly34=Moderately56=Extremely - Has your weight influenced how you think about (judge) yourself as a person?
0Not at all12=Slightly34=Moderately56=Extremely - Has your shape influenced how you think about (judge) yourself as a person?
0Not at all12=Slightly34=Moderately56=Extremely - During the past 6 months have there been times when you felt you have eaten what other people would regard as an unusually large amount of food (e.g.‚ a quart of ice cream) given the circumstances?
YESNO - During the times when you ate an unusually large amount of food‚ did you experience a loss of control (feel you couldn’t stop eating or control what or how much you were eating)?
YESNO - How many DAYS per week on average over the past 6 MONTHS have you eaten an unusually large amount of food and experienced a loss of control?
01234567 - How many TIMES per week on average over the past 3 MONTHS have you eaten an unusually large amount of food and experienced a loss of control?
01234567891011121314
During these episodes of overeating and loss of control did you…
- Eat much more rapidly than normal?
YESNO - Eat until you felt uncomfortably full?
YESNO - Eat large amounts of food when you didn’t feel physically hungry?
YESNO - Eat alone because you were embarrassed by how much you were eating?
YESNO - Feel disgusted with yourself‚ depressed‚ or very guilty after overeating?
YESNO - Feel very upset about your uncontrollable overeating or resulting weight gain?
YESNO - How many times per week on average over the past 3 months have you made yourself vomit to prevent weight gain or counteract the effects of eating?
01234567891011121314 - How many times per week on average over the past 3 months have you used laxatives or diuretics to prevent weight gain or counteract the effects of eating?
01234567891011121314 - How many times per week on average over the past 3 months have you fasted (skipped at least 2 meals in a row) to prevent weight gain or counteract the effects of eating?
01234567891011121314 - How many times per week on average over the past 3 months have you engaged in excessive exercise specifically to counteract the effects of overeating episodes?
01234567891011121314 - How much do you weigh? If uncertain‚ please give your best estimate. _____ lbs.
- How tall are you? _Please specify in inches (5 ft.= 60 in.)___ in.
- Over the past 3 months‚ how many menstrual periods have you missed?
0123n/a - Have you been taking birth control pills during the past 3 months?
YESNO