1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’évaluation pour parents de Conners – Révisée (Conners’ Parent Rating Scale – Revised, CPRS-R) constitue l’un des instruments psychométriques et cliniques les plus largement employés et validés à l’échelle internationale pour l’évaluation standardisée des difficultés comportementales, affectives et cognitives chez l’enfant et l’adolescent âgés de 3 à 17 ans. Développée originellement par le psychologue américain C. Keith Conners, cette version révisée (Conners, 1997 ; Conners et al., 1998) a été spécifiquement conçue pour s’aligner sur les critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) tout en préservant une approche dimensionnelle rigoureuse de la psychopathologie développementale.
La version longue de l’instrument (CPRS-R:L) comporte 80 items cotés sur une échelle ordinale de type Likert en quatre points (de 0 = Not True at all / Jamais, rarement à 3 = Very much True / Très souvent, très fréquent). Elle permet de sonder sept dimensions factorielles primaires : les Problèmes cognitifs / Inattention, les Comportements oppositionnels, l’Hyperactivité-Impulsivité, l’Anxiété-Timidité, le Perfectionnisme, les Problèmes sociaux et les Manifestations psychosomatiques. En complément, l’outil génère des échelles de concordance directe avec le DSM-IV (Inattention, Hyperactivité-Impulsivité, TDAH Total), un Index TDAH (ADHD Index) et l’Index Global de Conners (CGI).
Sur le plan métrologique, la CPRS-R présente d’excellentes propriétés psychométriques établies sur de vastes échantillons normatifs représentatifs (N > 2 400). Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) s’échelonnent entre 0,75 et 0,94 selon les sous-échelles et les groupes d’âge. La fidélité test-retest à moyen terme démontre une grande stabilité temporelle, tandis que les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent sans équivoque sa structure multidimensionnelle. Utilisée en pédopsychiatrie, en neuropsychologie et en recherche translationnelle, la CPRS-R demeure une référence incontournable pour le dépistage, le diagnostic différentiel et le monitoring thérapeutique du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’évaluation pour parents de Conners – Révisée, CPRS-R, trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, TDAH, inattention, hyperactivité, impulsivité, trouble oppositionnel avec provocation, psychopathologie développementale, évaluation comportementale, psychométrie clinique, fonctions exécutives, échelles de Likert.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et révisée sous la direction scientifique de :
- C. Keith Conners, Ph.D. (1933–2017) : Professeur émérite de psychiatrie et des sciences du comportement au Centre médical de l’Université Duke (Duke University Medical Center, Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Pionnier de la neuropsychopharmacologie pédiatrique et de la standardisation de l’évaluation comportementale du TDAH.
- George Sitarenios, Ph.D. : Statisticien et psychométricien, directeur de la recherche psychométrique chez Multi-Health Systems Inc. (MHS), Toronto, Ontario, Canada.
- James D. A. Parker, Ph.D. : Professeur de psychologie au Département de psychologie de l’Université Trent, Peterborough, Ontario, Canada.
- Jeffery N. Epstein, Ph.D. : Professeur de pédiatrie et directeur du Center for ADHD au Cincinnati Children’s Hospital Medical Center / Université de Cincinnati (anciennement à Duke University).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Conners’ Parent Rating Scale – Revised (CPRS-R) est de quantifier de manière standardisée, fiable et valide les observations parentales concernant les manifestations comportementales, cognitives et émotionnelles de leur enfant au sein de l’environnement familial et quotidien. Les parents constituent des informateurs privilégiés et indispensables dans l’investigation clinique pédiatrique, car ils sont témoins directs de comportements sur de longues périodes et dans une multitude de situations non structurées (devoirs scolaires, repas, interactions fraternelles, sorties publiques).
Dans la pratique clinique, la CPRS-R répond à trois besoins majeurs :
- Le dépistage et l’aide au diagnostic différentiel : L’outil ne se limite pas à la détection du TDAH ; il cartographie un ensemble de comorbidités fréquentes telles que le trouble oppositionnel avec provocation (TOP), les troubles anxieux de l’enfance, les traits de perfectionnisme mésadapté et les manifestations de somatisation. Il permet de distinguer si les difficultés attentionnelles observées sont isolées, secondaires à une symptomatologie anxieuse, ou intégrées dans un profil mixte d’hyperactivité et de perturbations de la régulation émotionnelle.
- L’évaluation de la sévérité clinique : Grâce à la transformation des scores bruts en scores standards normalisés (scores T, standardisés selon l’âge et le sexe biologique de l’enfant), le praticien peut situer avec précision le degré de déviation du comportement de l’enfant par rapport aux normes développementales de référence.
- Le suivi longitudinal et l’évaluation de l’efficacité thérapeutique : La CPRS-R est fréquemment administrée comme mesure de résultat (outcome measure) dans le cadre d’interventions pharmacologiques (notamment les psychostimulants comme le méthylphénidate), de psychothérapies cognitivo-comportementales ou de programmes d’entraînement aux habiletés parentales (Parent Management Training). Sa sensibilité au changement en fait un baromètre clinique de premier plan pour objectiver la réduction symptomatique.
Dans le domaine de la recherche fondamentale et translationnelle, la CPRS-R est massivement exploitée pour phénotyper les populations pédiatriques, constituer des cohortes homogènes dans les études d’imagerie cérébrale, de génétique comportementale ou lors d’essais cliniques randomisés contrôlés.
5. Construit psychologique / Construct
La CPRS-R opérationnalise une modélisation multidimensionnelle de la psychopathologie infantile en combinant des construits internalisés et externalisés. La version intégrale de 80 items permet de dériver sept sous-échelles factorielles principales, en plus d’échelles globales et diagnostiques :
1. Problèmes cognitifs / Inattention (Cognitive Problems / Inattention)
Ce construit mesure les déficits de l’attention soutenue, de la distractibilité, de l’organisation et du fonctionnement exécutif appliqué aux apprentissages scolaires et aux activités quotidiennes. Les items capturent des difficultés telles que l’incapacité à terminer les devoirs (item 2), les problèmes de concentration en classe (item 19), la désorganisation matérielle (item 63) ou l’oubli systématique des consignes (item 50). Ce domaine reflète directement le dysfonctionnement cognitif central associé au sous-type inattentif du TDAH.
2. Opposition (Oppositional)
Cette dimension évalue les comportements de défiance, d’hostilité, d’irritabilité et de refus de se soumettre aux règles imposées par les adultes. Les manifestations caractéristiques incluent les disputes fréquentes avec les figures d’autorité (item 11), le refus actif d’obtempérer (item 40), les accès de colère (item 21, 47) et la propension à blâmer autrui pour ses propres erreurs (item 61). Elle correspond étroitement aux manifestations du trouble oppositionnel avec provocation.
3. Hyperactivité – Impulsivité (Hyperactivity-Impulsivity)
Ce domaine quantifie le niveau d’agitation motrice excessive, l’incapacité à rester assis de façon appropriée, la loquacité excessive et le manque d’inhibition des réponses. Les comportements mesurés comprennent le fait d’être « toujours sur la brèche » comme conduit par un moteur (item 3), le tortillement sur son siège (item 55), l’incapacité à attendre son tour (item 42) et l’interruption intempestive des conversations ou des jeux d’autrui (item 49).
4. Anxieux – Timide (Anxious-Shy)
Cette sous-échelle évalue la composante internalisée de l’anxiété infantile, caractérisée par une inhibition comportementale marquée, des peurs multiples (obscurité, animaux, situations nouvelles) et une timidité sociale prononcée (items 4, 14, 24, 43, 60). Elle permet d’identifier les enfants dont l’inattention ou le retrait ne découlent pas d’un déficit exécutif primaire mais d’un état d’hypervigilance ou d’appréhension émotionnelle.
5. Perfectionnisme (Perfectionism)
Ce construit isole les comportements d’inflexibilité cognitive et comportementale, le besoin compulsif de rigueur, l’intolérance au désordre et l’autocritique exacerbée. Les items incluent le sentiment que « tout doit être fait exactement d’une certaine façon » (items 5, 34), les vérifications répétées (item 15), la fixation d’objectifs personnels irréalistes (item 54) et la détresse lorsque des objets sont déplacés (item 64).
6. Problèmes sociaux (Social Problems)
Cette dimension mesure les perturbations relationnelles avec les pairs. Elle explore l’isolement social, l’incapacité à nouer ou à maintenir des amitiés stables, le sentiment de rejet et l’exclusion par les pairs (items 6, 16, 26, 35, 72). Ces difficultés sont fréquemment la conséquence secondaire de l’impulsivité ou des comportements intrusifs de l’enfant dans les contextes de groupe.
7. Psychosomatique (Psychosomatic)
Cette échelle documente l’expression somatique de la détresse psychologique à travers des plaintes physiques récurrentes sans étiologie médicale avérée : maux de ventre (items 7, 27), céphalées (item 36), douleurs diffuses (item 17) ou fatigue persistante (item 73), fréquemment exacerbées avant le départ pour l’école.
Échelles composites complémentaires
En plus de ces sept facteurs, la CPRS-R génère :
- L’Index TDAH (ADHD Index) : Composé de 12 items parmi les plus prédictifs pour différencier les enfants avec TDAH des enfants au développement typique.
- Les sous-échelles DSM-IV : Mesurant spécifiquement les critères de l’Inattention DSM-IV (Échelle L), de l’Hyperactivité-Impulsivité DSM-IV (Échelle M) et du Total TDAH DSM-IV (Échelle N).
- L’Index Global de Conners (CGI) : Mesurant l’instabilité émotionnelle et l’agitation globale de l’enfant.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de la CPRS-R repose sur l’intersection de la psychopathologie développementale dimensionnelle et des modèles neuropsychologiques des fonctions exécutives.
Historiquement, C. Keith Conners a amorcé ses travaux dans les années 1960 et 1970 (Conners, 1970, 1973 ; Goyette et al., 1978) à une époque où le concept de « dysfonctionnement cérébral minime » dominait la pédiatrie. Conners a postulé que le comportement humain ne peut être compris uniquement à travers des étiquettes nosologiques dichotomiques (malade vs sain), mais doit être appréhendé comme un ensemble de dimensions continues sur lesquelles chaque individu se positionne. Cette approche s’inscrit en droite ligne dans le courant psychométrique inauguré par Thomas Achenbach (développeur de la CBCL) et Donald R. Peterson.
Sur le plan neuropsychologique, la restructuration de l’outil dans sa version révisée de 1997 fait écho aux avancées conceptuelles formulées notamment par Russell A. Barkley (1997) dans son modèle unifié de l’inhibition comportementale. Barkley soutient que le TDAH n’est pas un problème de manque d’attention en soi, mais un déficit primordial du contrôle inhibiteur et de l’autorégulation, entraînant une cascade de dysfonctionnements dans quatre fonctions exécutives neuropsychologiques :
- La mémoire de travail non verbale (oubli des consignes, désorganisation temporelle) ;
- L’internalisation du langage / mémoire de travail verbale (difficultés d’autorégulation par la parole intérieure) ;
- L’autorégulation de l’affect, de la motivation et de l’éveil (frustration rapide, labilité de l’humeur) ;
- La reconstitution / flexibilité cognitive (difficultés d’analyse-synthèse et persévération).
Le cadre théorique de la CPRS-R intègre également la perspective socio-écologique de l’évaluation comportementale. Un comportement n’a de sens que contextualisé par rapport aux attentes normatives de l’environnement culturel et familial. Dès lors, le recours au regard des parents permet de capter la validité écologique des difficultés, venant compléter le regard des enseignants (mesuré par la Conners’ Teacher Rating Scale, CTRS-R) dont le contexte scolaire impose des contraintes environnementales et d’inhibition cognitive différentes.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la CPRS-R a été rigoureusement établie au moyen de multiples méthodologies de vérification empirique (Conners et al., 1998 ; Conners, 1997).
Validité de contenu et d’apparence
Les items de la révision ont été rédigés, sélectionnés et affinés par un panel d’experts en pédopsychiatrie et psychologie clinique afin de s’assurer d’une couverture exhaustive des critères opérationnels du DSM-IV (American Psychiatric Association, 1994). Les formulations ont été élaborées pour être immédiatement compréhensibles par des parents issus de niveaux socioculturels variés, sans jargon clinique.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente a été démontrée par des corrélations substantielles avec d’autres échelles d’évaluation standardisées du comportement infantile :
- Les sous-échelles de la CPRS-R corrèlent fortement (r = 0,65 à 0,82, p < 0,001) avec les échelles correspondantes de la Child Behavior Checklist (CBCL d’Achenbach), particulièrement entre l’Inattention de la CPRS-R et l’échelle des Problèmes d’Attention de la CBCL.
- Des corrélations élevées (r > 0,75) sont observées avec le Behavior Assessment System for Children (BASC) et l’ADHD Rating Scale-IV de DuPaul.
- La validité discriminante est étayée par la capacité de la CPRS-R à différencier significativement les enfants diagnostiqués TDAH des enfants présentant un développement typique, mais également des enfants présentant des troubles anxieux purs ou une déficience intellectuelle. Les analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) pour l’Index TDAH indiquent une aire sous la courbe (AUC) excédant régulièrement 0,90, avec une sensibilité et une spécificité supérieures à 85 % aux seuils cliniques recommandés (score T ≥ 65).
Validité prédictive et sensibilité au traitement
De nombreux essais cliniques randomisés (dont l’étude historique MTA Cooperative Group, 1999) ont documenté la validité prédictive et la sensibilité aux effets pharmacologiques de l’échelle. Les scores aux sous-échelles Hyperactivité, Inattention et à l’Index TDAH diminuent de manière significative et proportionnelle à la posologie sous traitement par méthylphénidate ou amphétamines, confirmant que l’outil est capable de refléter fidèlement l’atténuation symptomatique réelle.
8. Fidélité / Reliability
Les données normatives et psychométriques publiées dans le manuel technique (Conners, 1997) et l’étude princeps de validation (Conners, Sitarenios, Parker, & Epstein, 1998) attestent d’une très haute fidélité de mesure.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Sur l’échantillon normatif nord-américain (N = 2 482 parents d’enfants âgés de 3 à 17 ans), les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour les sous-échelles de la CPRS-R:L sont exceptionnellement robustes :
- Opposition : α = 0,86 (garçons) ; α = 0,85 (filles)
- Problèmes cognitifs / Inattention : α = 0,88 (garçons) ; α = 0,87 (filles)
- Hyperactivité – Impulsivité : α = 0,85 (garçons) ; α = 0,83 (filles)
- Anxieux – Timide : α = 0,77 (garçons) ; α = 0,78 (filles)
- Perfectionnisme : α = 0,75 (garçons) ; α = 0,76 (filles)
- Problèmes sociaux : α = 0,81 (garçons) ; α = 0,80 (filles)
- Psychosomatique : α = 0,76 (garçons) ; α = 0,77 (filles)
- Échelles DSM-IV (Inattention, Hyperactivité, Total) : α = 0,90 à 0,94
- Index TDAH (ADHD Index) : α = 0,90 à 0,92
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’enfants évalués à un intervalle de 6 à 8 semaines. Les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) se situent entre 0,62 et 0,85 (p < 0,001) pour l'ensemble des sous-échelles, témoignant d'une excellente stabilité temporelle des traits évalués en l'absence d'intervention thérapeutique.
Accord inter-évaluateurs
Les corrélations entre les évaluations de la mère et du père atteignent généralement des niveaux élevés (r = 0,65 à 0,78). En revanche, la corrélation entre les scores des parents (CPRS-R) et ceux des enseignants (CTRS-R) se situe typiquement entre r = 0,30 et 0,45. Ce niveau modéré de convergence n’indique pas un manque de fidélité mais reflète la divergence situationnelle bien établie en psychopathologie de l’enfant : le comportement varie de manière substantielle entre le cadre structuré de la classe et le domicile familial.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La dérivation de la structure factorielle de la CPRS-R (Conners et al., 1998) a fait l’objet d’un processus psychométrique approfondi en plusieurs étapes séquentielles, combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase initiale de développement, un vaste ensemble d’items candidats a été soumis à une analyse en composantes principales suivie de rotations obliques (Promax) et orthogonales (Varimax) sur un échantillon d’étalonnage. Cette analyse a mis en évidence une solution stable à sept facteurs primaires expliquant une part prépondérante de la variance totale des scores comportementaux :
- Facteur 1 (Problèmes cognitifs / Inattention) : Saturations élevées des items décrivant les difficultés de concentration, de persévérance et les oublis (ex. items 2, 9, 10, 19, 30, 38).
- Facteur 2 (Opposition) : Saturations fortes des items évaluant les conflits verbaux, les crises et la rébellion (ex. items 1, 8, 11, 21, 40, 47).
- Facteur 3 (Hyperactivité – Impulsivité) : Saturations marquées des items de motricité incontrôlée et de précipitation (ex. items 3, 18, 23, 39, 42, 55).
- Facteur 4 (Anxieux – Timide) : Saturations dominées par les peurs, la vulnérabilité émotionnelle et le repli (ex. items 4, 14, 24, 43, 60).
- Facteur 5 (Perfectionnisme) : Saturations spécifiques des items de rigidité rituelle et d’intolérance au changement (ex. items 5, 15, 25, 34, 44, 54).
- Facteur 6 (Problèmes sociaux) : Items relatifs aux difficultés de socialisation et à l’isolement relationnel (ex. items 6, 16, 26, 35).
- Facteur 7 (Psychosomatique) : Items regroupant les douleurs somatiques sans substrat organique (ex. items 7, 17, 27, 36, 46).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et invariance
Des analyses factorielles confirmatoires conduites sur des échantillons de validation croisée indépendants ont confirmé l’adéquation statistique remarquable du modèle à sept facteurs corrélés. Les indices d’ajustement ont attesté d’une excellente concordance (RMSEA < 0,055 ; CFI > 0,92 ; TLI > 0,90). De surcroît, des tests d’invariance de mesure ont démontré l’invariance factorielle à travers le genre (garçons vs filles) et les strates d’âge (enfants d’âge préscolaire, scolaire et adolescents), justifiant l’application de la même structure d’items sur l’ensemble de la tranche 3-17 ans avec des normes étalonnées adaptées.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous un format standardisé prêt pour l’évaluation clinique ou psychométrique :
- Nom complet de l’outil : Échelle d’évaluation pour parents de Conners – Révisée (Conners’ Parent Rating Scale – Revised, CPRS-R).
- Formes disponibles :
- Forme longue (CPRS-R:L) : 80 items. Offre le profil clinique complet (7 échelles factorielles de base, échelles DSM-IV, Index TDAH, Index Global de Conners).
- Forme courte (CPRS-R:S) : 27 items. Utilisée pour un dépistage rapide ou un suivi fréquent (comprend les sous-échelles Opposition, Problèmes cognitifs, Hyperactivité et l’Index TDAH).
- Population cible : Enfants et adolescents de 3 à 17 ans révolus.
- Répondant : Parent, tuteur légal ou adulte référent vivant sous le même toit que l’enfant depuis au moins plusieurs mois.
- Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes pour la forme longue (80 items) ; 5 à 10 minutes pour la forme courte (27 items).
- Échelle de réponse (Format Likert à 4 points) :
- 0 = Not True at all (Never, Seldom) / Pas du tout vrai (Jamais, rarement)
- 1 = Just Little True (Occasionally) / Un peu vrai (Occasionnellement)
- 2 = Pretty much True (Often, Quite a Bit) / Assez vrai (Souvent, pas mal)
- 3 = Very much True (Very Often, Very Frequent) / Tout à fait vrai (Très souvent, très fréquent)
- Cotation et interprétation :
- Les scores bruts sont calculés par sommation des items affectés à chaque sous-échelle.
- Les scores bruts sont convertis en scores T standardisés (Moyenne = 50, Écart-type = 10) à l’aide des tables de conversion normatives stratifiées par sexe et tranche d’âge (3-5 ans, 6-8 ans, 9-11 ans, 12-14 ans, 15-17 ans).
- Seuils cliniques conventionnels :
- Score T < 60 : Dans la moyenne / Non significatif.
- Score T entre 60 et 64 : Zone limite / Légèrement atypique.
- Score T entre 65 et 69 : Modérément atypique / Problématique significative sur le plan clinique.
- Score T ≥ 70 : Nettement atypique / Niveau de sévérité clinique majeur.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : La version révisée (CPRS-R) a été officiellement publiée en 1997, succédant aux versions initiales de 1970 et 1978. Elle a ultérieurement évolué vers la Conners 3rd Edition (Conners 3, 2008) puis la Conners 4th Edition (2022). Néanmoins, la CPRS-R demeure une référence fondatrice largement citée et exploitée dans la littérature internationale.
- Éditeur et titulaire du copyright : Multi-Health Systems Inc. (MHS Assessments), Toronto, Canada / P.O. Box 950, North Tonawanda, NY, États-Unis. Tous droits réservés.
- Permissions et accès : Le questionnaire, les grilles d’évaluation et le manuel technique sont des instruments sous copyright commercial protégé. Leur utilisation clinique ou de recherche requiert l’achat de formulaires officiels ou de crédits de cotation numérique auprès de MHS ou de ses distributeurs agréés (tels que Pearson Clinical / ECPA dans l’espace francophone).
- Niveau de qualification requis : Niveau B ou C (réservé aux psychologues, psychiatres, pédiatres, médecins ou professionnels de santé mentale ayant reçu une formation certifiée en évaluation psychométrique).
- Tarifs indicatifs : Les kits de démarrage comprenant le manuel technique et un jeu de formulaires de passation/cotation oscillent généralement entre 150 et 350 dollars US selon le format (papier ou logiciel informatisé MHS Online). Des tarifs préférentiels pour la recherche académique peuvent être accordés sur demande auprès de l’éditeur.
12. Références / References
Les sources bibliographiques clés relatives à l’échelle de Conners et à sa validation psychométrique incluent :
- American Psychiatric Association. (1994). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4th ed.). American Psychiatric Publishing.
- Barkley, R. A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions: Constructing a unifying theory of ADHD. Psychological Bulletin, 121(1), 65–94. https://doi.org/10.1037/0033-2909.121.1.65
- Conners, C. K. (1970). Symptom patterns in hyperkinetic, neurotic, and normal children. Child Development, 41(3), 667–682. https://doi.org/10.2307/1127215
- Conners, C. K. (1973). Rating scales for use in drug studies with children. Psychopharmacology Bulletin, Special Issue, 24–84.
- Conners, C. K. (1997). Technical manual: Conners’ Rating Scales-Revised. Multi-Health Systems Inc.
- Conners, C. K., Sitarenios, G., Parker, J. D. A., & Epstein, J. N. (1998). The Revised Conners’ Parent Rating Scale (CPRS-R): Factor structure, reliability, and criterion validity. Journal of Abnormal Child Psychology, 26(4), 257–268. https://doi.org/10.1023/a:1022602400621
- Goyette, C. H., Conners, C. K., & Ulrich, R. F. (1978). Normative data on Revised Conners Parent and Teacher Rating Scales. Journal of Abnormal Child Psychology, 6(2), 221–236. https://doi.org/10.1007/BF00919127
- MTA Cooperative Group. (1999). A 14-month randomized clinical trial of treatment strategies for attention-deficit/hyperactivity disorder. Archives of General Psychiatry, 56(12), 1073–1086. https://doi.org/10.1001/archpsyc.56.12.1073
- Reitman, D., Hummel, R., Franz, D. Z., & Gross, A. M. (1998). A review of methods and instruments for assessing externalizing disorders: Theoretical and practical considerations in rendering a diagnosis. Clinical Psychology Review, 18(5), 555–584. https://doi.org/10.1016/s0272-7358(98)00003-8