Échelle d’évaluation du rétablissement (RAS)

L’Échelle d’évaluation du rétablissement (Recovery Assessment Scale – RAS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation en 41 items mesurant le rétablissement personnel en santé mentale à travers cinq facteurs validés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation du rétablissement (Recovery Assessment Scale, RAS), initialement développée par David Giffort, Ann Schmook, Charles Woody, Claudia Vollendorf et Mary Gervain en 1995 au sein de l’Illinois Office of Mental Health, puis validée et opérationnalisée scientifiquement par l’équipe de Patrick W. Corrigan (1999, 2004), constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus utilisés et reconnus à l’échelle internationale pour mesurer le processus de rétablissement en santé mentale. Conçue principalement à destination des personnes vivant avec des troubles psychiques sévères et persistants (tels que la schizophrénie, les troubles du spectre psychotique ou les troubles de l’humeur majeurs), la RAS appréhende le rétablissement non pas comme une rémission clinique purement symptomatique, mais comme un processus expérientiel, subjectif et multidimensionnel d’émancipation, de redéfinition identitaire, d’autonomisation et d’espoir.

L’instrument se compose de 41 items auto-administrés, cotés sur une échelle de type Likert à 5 points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 5 = « Tout à fait d’accord »). Les analyses factorielles confirmatoires conduites par Corrigan et al. (2004) ont mis en évidence une structure sous-jacente robuste articulée autour de cinq dimensions empiriques majeures : (1) Confiance personnelle et espoir (Personal Confidence and Hope), (2) Disposition à demander de l’aide (Willingness to Ask for Help), (3) Orientation vers les buts et la réussite (Goal and Success Orientation), (4) Appui sur autrui (Reliance on Others), et (5) Non-domination par les symptômes (No Domination by Symptoms). L’échelle présente d’excellentes qualités métrologiques, documentées dans de nombreuses recherches internationales, avec une cohérence interne globale caractérisée par un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,91 et 0,93, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle (r = 0,88 sur une période de 14 jours). La RAS s’est imposée comme la référence psychométrique tant pour l’évaluation des programmes de réhabilitation psychosociale que pour les études épidémiologiques et l’accompagnement clinique orienté rétablissement.

2. Mots-clés / Keywords

Rétablissement en santé mentale, Recovery Assessment Scale, RAS, santé mentale communautaire, réhabilitation psychosociale, mesure du rétablissement, auto-stigmatisation, espoir, empowerment, psychométrie clinique.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’évaluation du rétablissement a été initiée et validée par un collectif de chercheurs universitaires et de praticiens en psychiatrie communautaire en collaboration étroite avec le mouvement des usagers de la santé mentale (consumers/survivors) :

  • David Giffort, Ph.D. : Psychologue chercheur, Illinois Department of Human Services, Office of Mental Health, Springfield, Illinois, États-Unis.
  • Ann Schmook : Militante, formatrice et consultante pour les droits des usagers de la psychiatrie, Illinois Mental Health Consumers, Springfield, Illinois, États-Unis.
  • Charles Woody, Claudia Vollendorf et Mary Gervain : Chercheurs et spécialistes de l’évaluation des programmes de santé mentale communautaire au sein de l’Illinois Office of Mental Health.
  • Patrick W. Corrigan, Psy.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Illinois Institute of Technology (IIT), Chicago, Illinois, directeur du National Consortium on Stigma and Empowerment (NCSE). Chercheur principal responsable des validations factorielles et psychométriques majeures de l’échelle (Corrigan et al., 1999, 2004). Contact de correspondance académique : [email protected].
  • Mark S. Salzer, Ph.D. : Professeur et directeur du Temple University Collaborative on Community Inclusion of Individuals with Psychiatric Disabilities, Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis. Co-auteur de l’analyse factorielle de référence (2004).
  • Ruth O. Ralph, Ph.D. et Yuka Sangster : Chercheuses pionnières dans l’évaluation participative et le développement de modèles conceptuels du rétablissement.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la Recovery Assessment Scale répond à un changement de paradigme fondamental survenu dans la psychiatrie et la psychologie clinique contemporaines à la fin du XXe siècle. Historiquement, l’évolution des personnes présentant des troubles psychiatriques sévères était évaluée exclusivement par des critères biomédicaux dits « objectifs » : réduction quantitative des symptômes psychiatriques (évaluée par des échelles telles que la PANSS ou la BPRS), taux de réhospitalisation, observance médicamenteuse ou réinsertion socioprofessionnelle normalisée. Or, ce modèle déficitaire et paternaliste a été vivement critiqué par le mouvement des usagers et de la psychiatrie communautaire, qui ont souligné qu’une personne peut continuer à éprouver des symptômes tout en menant une vie pleine de sens, d’espoir, d’autodétermination et d’accomplissement personnel.

L’objectif primordial de la RAS est de fournir un instrument psychométrique d’auto-évaluation rigoureux, valide et standardisé, capable de quantifier le rétablissement personnel et expérientiel du propre point de vue de l’individu. L’outil évalue la manière dont une personne perçoit sa trajectoire de vie, sa capacité à formuler des projets, à gérer les répercussions de ses difficultés psychiques, à développer un sentiment d’efficacité personnelle et à mobiliser un réseau de soutien social et professionnel.

Dans la pratique clinique, la RAS remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Planification personnalisée des soins : En fournissant un profil multidimensionnel des forces et des besoins perçus par le patient, l’échelle permet d’élaborer conjointement avec les cliniciens des plans de suivi individualisés, axés sur les objectifs de vie de la personne plutôt que sur la seule suppression des symptômes.
  • Évaluation des interventions de réhabilitation psychosociale : L’instrument sert de mesure de résultat (outcome measure) privilégiée pour documenter l’efficacité des programmes de logement accompagné, d’emploi accompagné (méthode IPS), de gestion autonome de la médication, de psychoéducation et de soutien par les pairs (peer support).
  • Lutte contre le sentiment d’impuissance acquise et l’auto-stigmatisation : En orientant la réflexion de l’usager sur ses capacités d’adaptation (coping), ses aspirations et son réseau relationnel, la passation de l’échelle renforce le pouvoir d’agir (empowerment).

En recherche fondamentale et appliquée, la RAS est couramment exploitée pour explorer les corrélats neurobiologiques, psychologiques et sociaux du rétablissement, analyser les trajectoires longitudinales de rémission subjective, et comparer des modèles d’interventions communautaires à l’échelle internationale.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept de rétablissement (recovery) sous-jacent à la RAS est un construit psychologique multidimensionnel, dynamique et non linéaire. Contrairement au concept médical de « guérison » (cure), le rétablissement personnel désigne « une façon de vivre une vie satisfaisante, pleine d’espoir et utile, même avec les limites causées par la maladie » (Anthony, 1993). L’analyse factorielle confirmatoire de Patrick Corrigan et de ses collègues (2004) a identifié cinq facteurs psychologiques corrélés mais distincts qui structurent ce construit global :

1. Confiance personnelle et espoir (Personal Confidence and Hope)

Cette composante, la plus centrale de l’échelle, regroupe les dimensions affectives et cognitives relatives à l’estime de soi, à l’auto-efficacité perçue (Albert Bandura) et à l’optimisme quant à l’avenir. Elle quantifie le sentiment de valeur personnelle, la capacité à dépasser la peur de l’échec et la conviction intime que la situation personnelle continuera de s’améliorer. Des énoncés tels que « I like myself » (item 15), « I’m hopeful about the future » (item 24) ou « If I keep trying, I will continue to get better » (item 19) illustrent cette dimension. Elle mesure la résilience interne face aux aléas de l’existence.

2. Disposition à demander de l’aide (Willingness to Ask for Help)

Cette sous-échelle évalue la propension active de l’individu à reconnaître ses propres limites, à identifier les moments critiques où une assistance devient nécessaire et à solliciter proactivement l’appui des professionnels de santé ou de ses proches. Loin de renvoyer à une passivité ou à une dépendance aliénante, cette dimension traduit une prise de conscience lucide et un comportement d’auto-préservation adaptatif (items 30, 31 et 32 : « I know when to ask for help », « I am willing to ask for help », « I ask for help, when I need it »).

3. Orientation vers les buts et la réussite (Goal and Success Orientation)

Cette dimension capture l’aspect téléologique et motivationnel de l’existence. Elle évalue la présence de projets concrets, de désirs de réussite, de plans structurés pour maintenir son bien-être et de buts signifiants à court, moyen ou long terme. Elle s’incarne dans des items tels que « I have goals in life that I want to reach » (item 3), « I have a purpose in life » (item 5) ou « I have my own plan for how to stay or become well » (item 2). Elle traduit la capacité à se projeter dans un futur constructif et autodéterminé.

4. Appui sur autrui (Reliance on Others)

Le rétablissement n’est pas un processus purement solitaire ; il s’inscrit au sein d’une matrice relationnelle. Cette sous-échelle mesure la perception d’un soutien social fiable, l’appartenance à une communauté et le sentiment d’être valorisé et aimé par d’autres, même en période de crise ou d’auto-dépréciation. Des items emblématiques incluent « Even when I don’t care about myself, other people do » (item 6), « I have people I can count on » (item 37) et « Even when I don’t believe in myself, other people do » (item 39). Elle reflète le capital social et l’interdépendance positive.

5. Non-domination par les symptômes (No Domination by Symptoms)

Cette dernière sous-échelle évalue le degré auquel la vie quotidienne de l’individu s’est désengagée de l’emprise constante des manifestations psychopathologiques. Elle mesure la transition d’une identité totalement accaparée par le statut de « malade mental » vers une vie où les symptômes, même s’ils persistent occasionnellement, ne constituent plus le centre de gravité de l’existence. Elle est reflétée par des énoncés comme « Coping with my mental illness is no longer the main focus of my life » (item 27), « My symptoms interfere less and less with my life » (item 28) et « My symptoms seem to be a problem for shorter periods of time each time they occur » (item 29).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle d’évaluation du rétablissement s’enracine à la convergence de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine, de la sociologie de la santé et des théories critiques des soins psychiatriques :

Le modèle du rétablissement en psychiatrie (Recovery Model)

Formalisé par des auteurs fondateurs tels que William Anthony (1993), Courtenay Harding (1987), Patricia Deegan (1988) et Larry Davidson (2005), le modèle du rétablissement s’oppose au pronostic traditionnellement pessimiste associé aux troubles psychiques chroniques issu de la conception kraepelinienne de la dementia praecox. Ce modèle postule que les personnes vivant avec un trouble psychiatrique peuvent connaître une vie épanouissante, productive et autonome. Il distingue le rétablissement clinique (réduction objective de la pathologie) du rétablissement personnel, axé sur les droits fondamentaux, la citoyenneté, la dignité et l’élaboration d’un projet de vie choisi.

La théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory)

Développée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan (2000), la théorie de l’autodétermination stipule que le bien-être psychologique optimal et la motivation intrinsèque reposent sur la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (se sentir à l’origine de ses choix), la compétence (se sentir efficace dans ses actions) et l’appartenance sociale (se sentir connecté à autrui). La RAS opérationnalise fidèlement ces trois composantes à travers ses facteurs d’orientation vers les buts (autonomie/compétence), de confiance personnelle (compétence) et d’appui sur autrui (appartenance).

La théorie sociale cognitive et l’auto-efficacité

Les travaux d’Albert Bandura (1997) sur le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) sous-tendent les items mesurant la capacité perçue à réguler les symptômes, à anticiper les rechutes et à mobiliser des compétences de gestion du stress (ex. items 7, 8, 9, 36). Le rétablissement implique la transformation d’un statut d’impuissance passive vers une posture d’agentivité active (agency).

Le modèle CHIME

Plus récemment, la méta-synthèse qualitative de référence menée par Leamy, Bird, Le Boutillier, Williams et Slade (2011) a structuré le rétablissement personnel autour de l’acronyme CHIME : Connectedness (connexion sociale), Hope and optimism about the future (espoir), Identity (reconstruction d’une identité positive), Meaning in life (sens de la vie) et Empowerment (pouvoir d’agir). La RAS correspond point par point à l’ensemble de ces dimensions conceptuelles fondamentales.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de la RAS ont été investiguées de manière approfondie à travers des échantillons cliniques diversifiés aux États-Unis, en Australie, en Europe et en Asie.

Validité de construit et validité convergente

Dans l’étude princeps de Corrigan, Giffort, Rashid, Leary et Okeke (1999), portant sur un échantillon de personnes vivant avec des troubles psychiatriques sévères, les scores totaux de la RAS ont démontré des corrélations positives statistiquement significatives et élevées avec :

  • L’estime de soi mesurée par l’échelle de Rosenberg (r = 0,68, p < 0,001) ;
  • L’espoir mesuré par l’échelle d’espoir de Herth ou la Hope Scale de Snyder (r = 0,73, p < 0,001) ;
  • L’autonomisation / empowerment mesurée par la Making Decisions Scale (r = 0,62, p < 0,001) ;
  • La qualité de vie subjective mesurée par la Lehman Quality of Life Interview (QOLI) (r = 0,55, p < 0,01).

Validité discriminante et divergente

Corrigan et al. (1999, 2004) ainsi que McNaught, Caputi, Oades et Deane (2007) ont rapporté des corrélations négatives significatives entre les scores de la RAS et des construits psychopathologiques ou d’adversité psychosociale :

  • La dépression évaluée par l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) (r = -0,56 à -0,64) ;
  • L’anxiété clinique (r = -0,48) ;
  • L’auto-stigmatisation et la honte intériorisée mesurées par l’Internalized Stigma of Mental Illness Scale (ISMI) (r = -0,58, p < 0,001) ;
  • La détresse psychologique globale mesurée par la Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS) (corrélations modérées à faibles de -0,25 à -0,35), ce qui confirme que le rétablissement personnel est un construit distinct de la simple sévérité symptomatique brute.

Validité transculturelle et écologique

L’étude de McNaught et al. (2007) menée auprès d’une cohorte australienne de 168 usagers a répliqué la structure factorielle et la validité convergente de l’instrument. Des adaptations et validations ont également été conduites avec succès en français (par exemple dans le cadre des travaux sur les services de santé mentale communautaire au Québec et en France), en japonais, en espagnol et en italien, confirmant une invariance de mesure satisfaisante à travers différents contextes culturels et systèmes de soins.

8. Fidélité / Reliability

La RAS se caractérise par des indices de fidélité et de précision métrologique particulièrement élevés :

Cohérence interne

Dans l’étude originale de Giffort et al. (1995) et de Corrigan et al. (1999), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 41 items atteignait 0,93, dénotant une excellente homogénéité du test sans redondance excessive. Lors de l’analyse factorielle confirmatoire de Corrigan et al. (2004) portant sur 1 824 répondants, les coefficients de consistance interne pour les cinq sous-échelles se sont révélés très satisfaisants :

  • Confiance personnelle et espoir : α = 0,87
  • Disposition à demander de l’aide : α = 0,84
  • Orientation vers les buts et la réussite : α = 0,82
  • Appui sur autrui : α = 0,74
  • Non-domination par les symptômes : α = 0,74

Dans l’échantillon australien de McNaught et al. (2007), le coefficient alpha global s’élevait à 0,91, avec des alphas par sous-échelle compris entre 0,72 et 0,89.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été documentée par Corrigan et al. (1999) sur un sous-échantillon d’usagers réévalués à un intervalle de 14 jours en l’absence de modification thérapeutique majeure. Le coefficient de corrélation test-retest intraclasse s’élevait à r = 0,88 (p < 0,001), attestant que l’instrument capte des traits stables du rétablissement tout en demeurant sensible aux évolutions cliniques longitudinales induites par les programmes de soins.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la RAS a fait l’objet de travaux approfondis visant à identifier les piliers constitutifs de ses 41 items :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales

Dans les premières versions de l’outil (Giffort et al., 1995 ; Corrigan et al., 1999), des analyses factorielles exploratoires avec rotation varimax ont suggéré plusieurs regroupements possibles allant de 4 à 8 dimensions, reflétant la nature complexe et multidimensionnelle de l’expérience du rétablissement. Cependant, certaines sous-dimensions comprenaient un nombre restreint d’items ou des saturations croisées.

L’Analyse Factorielle de référence de Corrigan et al. (2004)

L’étude méthodologique majeure menée par Patrick W. Corrigan, Mark Salzer, Ruth Ralph et Yuka Sangster en 2004 a analysé les réponses de 1 824 personnes présentant des troubles psychiatriques sévères recrutées à travers plusieurs États américains. Une analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales suivie d’une rotation promax oblique) a identifié une solution à 5 facteurs stables représentant 24 items majeurs fortement saturés :

  • Facteur 1 (Confiance personnelle et espoir) : 9 items (ex. items 11, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 24), avec des saturations factorielles comprises entre 0,54 et 0,78.
  • Facteur 2 (Disposition à demander de l’aide) : 3 items (items 30, 31, 32), avec des saturations très élevées comprises entre 0,75 et 0,86.
  • Facteur 3 (Orientation vers les buts et la réussite) : 5 items (items 1, 2, 3, 4, 5), saturations factorielles de 0,58 à 0,79.
  • Facteur 4 (Appui sur autrui) : 4 items (items 6, 37, 39, 40), saturations de 0,52 à 0,71.
  • Facteur 5 (Non-domination par les symptômes) : 3 items (items 27, 28, 29), saturations de 0,61 à 0,82.

Modélisation Confirmatoire (AFC) et variations (RAS-24 / RAS-R)

Les modélisations en équations structurelles menées ultérieurement (McNaught et al., 2007) ont testé l’adéquation de ce modèle à 5 facteurs. Les indices d’ajustement ont corroboré la pertinence de ce modèle (RMSEA = 0,052, CFI = 0,93, TLI = 0,92). Ces résultats ont conduit certains chercheurs à recommander soit l’utilisation de l’échelle complète de 41 items pour une couverture qualitative exhaustive, soit une forme abrégée validée de 24 items (RAS-24) dérivée directement des cinq facteurs empiriques.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Recovery Assessment Scale (RAS) / Échelle d’évaluation du rétablissement.
  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report instrument).
  • Population cible : Adultes vivant avec des troubles psychiques modérés à sévères (troubles du spectre de la schizophrénie, troubles bipolaires, dépression majeure récurrente, etc.) en suivi ambulatoire, communautaire ou hospitalier.
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur tablette/ordinateur, ou passation assistée par un pair-aidant/clinicien pour les personnes présentant des difficultés de lecture.
  • Nombre total d’items : 41 énoncés rédigés à la première personne du singulier.
  • Échelle de cotation / Format de réponse : Échelle de Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = Not Sure (Pas certain / Neutre)
    • 4 = Agree (D’accord)
    • 5 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Tous les items sont formulés de manière positive et ne nécessitent aucune inversion de score.
    • Score total : Somme globale des 41 items (étendue de 41 à 205) ou score moyen (somme divisée par 41, comprise entre 1,00 et 5,00). Des scores plus élevés reflètent un niveau de rétablissement personnel plus avancé.
    • Scores des sous-échelles (selon le modèle Corrigan et al., 2004) : Calculés en faisant la moyenne ou la somme des items composant chacun des 5 facteurs (Confiance/Espoir, Demande d’aide, Buts/Réussite, Appui sur autrui, Non-domination par les symptômes).
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création originale : 1995 (rapport de l’Illinois Office of Mental Health par Giffort et al.) ; publications majeures de validation scientifique en 1999 et 2004.
  • Statut des droits et propriété intellectuelle : La Recovery Assessment Scale a été développée avec des fonds publics de l’État de l’Illinois et est mise à la disposition de la communauté scientifique et clinique dans le domaine public à des fins non commerciales.
  • Tarification et coûts : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite (aucun droit d’enregistrement, de licence ou de redevance par passation).
  • Conditions d’utilisation : Libre pour la recherche universitaire, les thèses, les mémoires et la pratique clinique quotidienne, sous réserve de citer scrupuleusement les auteurs d’origine (Giffort et al., 1995 ; Corrigan et al., 1999, 2004). Toute modification des items ou toute utilisation à des fins lucratives nécessite une demande préalable auprès des auteurs (Dr Patrick W. Corrigan : [email protected]).

12. Références / References

Les publications de référence ci-dessous fournissent le cadre théorique et méthodologique complet de l’instrument :

  • Anthony, W. A. (1993). Recovery from mental illness: The guiding vision of the mental health service system in the 1990s. Psychosocial Rehabilitation Journal, 16(4), 11–23. https://doi.org/10.1037/h0095655
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Corrigan, P. W., Giffort, D., Rashid, F., Leary, M., & Okeke, I. (1999). Recovery as a psychological construct. Community Mental Health Journal, 35(3), 231–239. https://doi.org/10.1023/A:1018741302682
  • Corrigan, P. W., McCorkle, B., Schell, B., & Kidder, K. (2003). Religion and spirituality in the lives of people with serious mental illness. Community Mental Health Journal, 39(6), 487–499. https://doi.org/10.1023/B:COMH.0000003006.01258.9d
  • Corrigan, P. W., Salzer, M., Ralph, R. O., & Sangster, Y. (2004). Examining the factor structure of the Recovery Assessment Scale. Schizophrenia Bulletin, 30(4), 1034–1041. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.schbul.a007118
  • Deegan, P. E. (1988). Recovery: The lived experience of rehabilitation. Psychosocial Rehabilitation Journal, 11(4), 11–19. https://doi.org/10.1037/h0099565
  • Flinn, S. (2005). Reliability and validity of the Recovery Assessment Scale for consumers with severe mental illness living in group home settings [Doctoral dissertation, Kent State University]. OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center.
  • Giffort, D., Schmook, A., Woody, C., Vollendorf, C., & Gervain, M. (1995). Construction of a scale to measure consumer recovery. Illinois Office of Mental Health.
  • Leamy, M., Bird, V., Le Boutillier, C., Williams, J., & Slade, M. (2011). Conceptual framework for personal recovery in mental health: Systematic review and narrative synthesis. The British Journal of Psychiatry, 199(6), 445–452. https://doi.org/10.1192/bjp.bp.110.083733
  • McNaught, M., Caputi, P., Oades, L. G., & Deane, F. P. (2007). Testing the validity of the Recovery Assessment Scale using an Australian sample. Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, 41(5), 450–457. https://doi.org/10.1080/00048670701266687

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Not Sure
4 = Agree
5 = Strongly Agree


  1. I have a desire to succeed.
  2. I have my own plan for how to stay or become well.
  3. I have goals in life that I want to reach.
  4. I believe I can meet my current personal goals.
  5. I have a purpose in life.
  6. Even when I don’t care about myself, other people do.
  7. I understand how to control the symptoms of my mental illness.
  8. I can handle it if I get sick again.
  9. I can identify what triggers the symptoms of my mental illness.
  10. I can help myself become better.
  11. Fear doesn’t stop me from living the way I want to.
  12. I know that there are mental health services that do help me.
  13. There are things that I can do that help me deal with unwanted symptoms.
  14. I can handle what happens in my life.
  15. I like myself.
  16. If people really knew me, they would like me.
  17. I am a better person than before my experience with mental illness.
  18. Although my symptoms may get worse, I know I can handle it.
  19. If I keep trying, I will continue to get better.
  20. I have an idea of who I want to become.
  21. Things happen for a reason.
  22. Something good will eventually happen.
  23. I am the person most responsible for my own improvement.
  24. I’m hopeful about the future.
  25. I continue to have new interests.
  26. It is important to have fun.
  27. Coping with my mental illness is no longer the main focus of my life.
  28. My symptoms interfere less and less with my life.
  29. My symptoms seem to be a problem for shorter periods of time each time they occur.
  30. I know when to ask for help.
  31. I am willing to ask for help.
  32. I ask for help, when I need it.
  33. Being able to work is important to me.
  34. I know what helps me get better
  35. I can learn from my mistakes.
  36. I can handle stress.
  37. I have people I can count on.
  38. I can identify the early warning signs of becoming sick.
  39. Even when I don’t believe in myself, other people do.
  40. It is important to have a variety of friends.
  41. It is important to have healthy habits.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle d’évaluation du rétablissement (RAS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-du-retablissement-ras-2/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du rétablissement (RAS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-du-retablissement-ras-2/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du rétablissement (RAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-du-retablissement-ras-2/.