1. Résumé
L’Échelle d’évaluation du refus scolaire révisée (School Refusal Assessment Scale Revised, ou SRAS-R) est un instrument psychométrique d’évaluation clinique et comportementale conçu initialement par Christopher A. Kearney et Wendy K. Silverman en 1993, puis révisé par Christopher A. Kearney en 2002. Cet instrument a été développé pour pallier les insuffisances majeures des classifications nosographiques traditionnelles, qui se focalisaient essentiellement sur la forme phénoménologique de l’absentéisme scolaire (phobie scolaire, école buissonnière, anxiété de séparation) plutôt que sur les mécanismes fonctionnels sous-jacents qui maintiennent le comportement d’évitement. Destinée aux enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans, la SRAS-R adopte une perspective d’analyse fonctionnelle du comportement fondée sur les principes du conditionnement opérant.
Le questionnaire comporte 24 items mesurés à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 7 points (allant de 0 = « Jamais » à 6 = « Toujours »). Il est décliné en deux versions complémentaires : une version auto-rapportée destinée à l’enfant ou à l’adolescent (SRAS-R-C) et une version hétéro-rapportée destinée aux parents (SRAS-R-P). La SRAS-R opérationnalise quatre fonctions primaires du refus scolaire, subdivisées en deux grands mécanismes de renforcement : le renforcement négatif (Fonction 1 : Évitement des stimuli scolaires provoquant une affectivité négative ; Fonction 2 : Échappement aux situations sociales ou d’évaluation aversives) et le renforcement positif (Fonction 3 : Recherche d’attention auprès des figures d’attachement ; Fonction 4 : Poursuite de renforçateurs tangibles hors du milieu scolaire). La cotation repose sur le calcul des scores moyens pour chacune des quatre sous-échelles, la dimension affichant la moyenne la plus élevée étant identifiée comme la fonction principale de maintien, guidant ainsi l’élaboration d’interventions thérapeutiques ciblées (thérapies comportementales et cognitives, restructuration cognitive, entraînement aux compétences sociales, gestion des contingences familiales).
Sur le plan psychométrique, la révision de 2002 a permis d’améliorer la sensibilité diagnostique, la cohérence interne et la stabilité temporelle de l’instrument. La fidélité test-retest sur un intervalle de 7 à 14 jours démontre des corrélations substantielles (coefficients compris entre 0,56 et 0,78 pour la version enfant, et entre 0,61 et 0,78 pour la version parentale). La validité concourante est bien établie avec la version princeps de la SRAS (r = 0,65 à 0,77) ainsi qu’avec des échelles d’anxiété standardisées telles que la Fear Survey Schedule for Children-Revised (FSSC-R) et la State-Trait Anxiety Inventory for Children (STAIC). L’instrument se positionne aujourd’hui comme la référence internationale incontournable dans le champ de la psychopathologie développementale et de la psychologie scolaire pour l’évaluation et l’individualisation du traitement du refus scolaire.
2. Mots-clés
Refus scolaire, Absentéisme anxieux, Analyse fonctionnelle du comportement, Phobie scolaire, Évaluation psychométrique, Anxiété de séparation, Évitement social, Renforcement opérant, Échelle d’évaluation, Christopher Kearney, Psychopathologie de l’adolescent, Psychologie scolaire
3. Auteurs
L’Échelle d’évaluation du refus scolaire révisée a été conçue et standardisée par des chercheurs de premier plan en psychologie clinique infanto-juvénile :
- Christopher A. Kearney, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et directeur de la clinique des troubles de l’anxiété et du refus scolaire à l’University of Nevada, Las Vegas (UNLV), États-Unis. Auteur prolifique, il est reconnu mondialement comme l’expert pionnier de la conceptualisation fonctionnelle et du traitement cognitivo-comportemental du comportement de refus scolaire chez l’enfant et l’adolescent. Courriel institutionnel : [email protected].
- Wendy K. Silverman, Ph.D., ABPP : Professeure titulaire de psychiatrie de l’enfant et directrice du programme des troubles anxieux et de l’humeur au Yale Child Study Center, Université de Yale (auparavant à la Florida International University), États-Unis. Ses travaux portent sur l’étiologie, l’évaluation développementale et les thérapies empiriquement validées de l’anxiété pédiatrique.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la School Refusal Assessment Scale Revised (SRAS-R) est de déterminer la fonction précise plutôt que la seule forme phénoménologique du comportement de refus scolaire chez les jeunes de 6 à 17 ans. Historiquement, la littérature psychiatrique et psycho-éducative regroupait sous des étiquettes hétérogènes des problématiques cliniques distinctes telles que l’école buissonnière (truancy), la phobie scolaire (school phobia) et l’anxiété de séparation. Ces classifications catégorielles se heurtaient à de multiples écueils : un manque récurrent d’accord inter-juges, une forte subjectivité dans le jugement clinique non standardisé, des chevauchements diagnostiques insolubles et, par-dessus tout, une incapacité notoire à orienter des décisions thérapeutiques différenciées et personnalisées (Kearney & Silverman, 1993).
Kearney et Silverman ont introduit une rupture paradigmatique majeure en démontrant que des comportements observables identiques (ex. pleurs matinaux, refus de quitter le lit, plaintes somatiques, crises de colère au seuil de l’établissement scolaire) peuvent être déclenchés et perpétués par des contingences environnementales totalement différentes. La SRAS-R a donc été développée pour opérationnaliser une approche fonctionnelle comportementale visant à identifier les facteurs d’antécédents et de renforcement qui maintiennent l’éloignement scolaire. L’enjeu est de répondre à la question clinique centrale : quel bénéfice immédiat, sur le plan du renforcement positif ou négatif, l’enfant retire-t-il du fait de ne pas fréquenter l’école ?
Dans la pratique clinique quotidienne, la SRAS-R poursuit plusieurs visées indispensables :
- L’individualisation du protocole de traitement : Plutôt que d’appliquer une prise en charge générique, l’identification de la fonction dominante guide directement l’indication thérapeutique : désensibilisation systématique et entraînement à la relaxation pour les stimuli anxiogènes non sociaux ; thérapie d’exposition in vivo et restructuration cognitive des distorsions évaluatives pour les situations sociales ; guidance parentale, restructuration des rituels du matin et extinction des comportements régressifs pour la quête d’attention ; et contrats comportementaux stricts avec suppression des privilèges à domicile (jeux vidéo, télévision, sorties) pour la poursuite de renforçateurs tangibles.
- L’évaluation multi-informateurs : En confrontant systématiquement les perspectives de l’enfant et de ses parents, la SRAS-R permet de mettre en lumière les discordances perceptives au sein du système familial (par exemple, un adolescent qui rapporte un évitement d’évaluation scolaire tandis que ses parents perçoivent uniquement une volonté délibérée de jouer à la console de jeux).
- La mesure continue du changement thérapeutique : Administrée de façon répétée au cours de la prise en charge, la SRAS-R permet d’évaluer la trajectoire d’extinction des fonctions ciblées et de détecter d’éventuels glissements fonctionnels (par exemple, un évitement de l’anxiété qui évolue vers une recherche de renforcement tangible à mesure que l’enfant reste installé à la maison).
- La recherche clinique et épidémiologique : L’échelle fournit un cadre standardisé et quantifié indispensable pour comparer des cohortes cliniques internationales, mener des essais contrôlés randomisés sur les thérapies comportementales et analyser les trajectoires psychopathologiques associées aux troubles internalisés et externalisés chez l’enfant.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par la SRAS-R repose sur un modèle multidimensionnel et fonctionnel du refus scolaire. Ce comportement n’est pas appréhendé comme une entité nosologique rigide, mais comme un schéma d’évitement comportemental continu déterminé par l’interaction entre l’enfant et son environnement socio-éducatif. L’échelle décompose ce construit en quatre dimensions fonctionnelles distinctes, chacune explorée par six items spécifiques :
Fonction 1 : Évitement des stimuli scolaires provoquant une affectivité négative générale (Items 1, 5, 9, 13, 17, 21)
Cette première dimension capture le refus scolaire sous-tendu par un mécanisme de renforcement négatif direct face à des aspects physiques ou environnementaux spécifiques de l’école qui déclenchent une détresse émotionnelle diffuse, un sentiment de panique, de tristesse ou des manifestations somatiques neurovégétatives. L’élève refuse l’école afin d’atténuer ou de faire disparaître ces sensations émotionnelles désagréables. Les déclencheurs incluent des stimuli contextuels tels que les bruits des couloirs, la cantine, la cour de récréation, certains cours particuliers, ou simplement l’atmosphère globale de la classe. L’expression clinique se traduit typiquement par des céphalées, des gastralgies, des nausées matinales, des tremblements ou des crises de larmes intenses qui disparaissent rapidement dès que l’obligation de se rendre à l’école est levée pour la journée.
Fonction 2 : Échappement aux situations sociales aversives et/ou d’évaluation scolaire (Items 2, 6, 10, 14, 18, 22)
Également régie par le renforcement négatif, cette sous-échelle cible spécifiquement l’anxiété sociale, l’anxiété de performance et la peur de l’évaluation négative par autrui. Ici, l’évitement scolaire ne résulte pas d’une peur diffuse du cadre physique, mais de situations interpersonnelles précises rencontrées en milieu éducatif : prendre la parole devant la classe, lire à voix haute, passer un examen écrit ou oral, interagir avec les pairs lors des pauses, manger sous le regard des autres ou participer aux activités d’éducation physique. Les enfants scoring hautement sur cette dimension présentent fréquemment des traits de phobie sociale ou de timidité invalidante, craignant d’être humiliés, rejetés, jugés incompétents ou moqués par leurs camarades et enseignants.
Fonction 3 : Poursuite d’attention auprès des figures d’attachement (Items 3, 7, 11, 15, 19, 23)
Cette dimension relève du renforcement positif relationnel. Le comportement de refus scolaire a pour finalité d’obtenir l’attention, la proximité physique ou la sollicitude exclusive des parents (le plus souvent la mère ou le père). L’enfant ne redoute pas intrinsèquement le cadre scolaire ni les interactions avec ses pairs, mais l’acte de séparation d’avec la figure d’attachement génère une anxiété aiguë. Ce profil est étroitement corrélé au trouble d’anxiété de séparation. Les manifestations comportementales comprennent des supplications au moment de partir, des appels téléphoniques ou des textos répétés durant la journée d’école, des exigences de présence parentale continue dans la classe, ou des colères explosives pour contraindre le parent à garder l’enfant au domicile.
Fonction 4 : Poursuite de renforçateurs tangibles hors du cadre scolaire (Items 4, 8, 12, 16, 20, 24)
Cette quatrième dimension relève également du renforcement positif, mais d’ordre matériel ou hédonique non lié à l’attachement. Le jeune refuse de fréquenter l’école pour s’adonner à des activités valorisantes ou gratifiantes à l’extérieur de l’établissement ou à domicile durant les heures de cours : jouer à des jeux vidéo, naviguer sur les réseaux sociaux, regarder la télévision, dormir tardivement, consommer des substances psychoactives ou traîner avec des pairs déscolarisés. Contrairement aux trois premières fonctions, ce profil ne s’accompagne généralement pas d’anxiété subjective ou de détresse émotionnelle, mais s’inscrit davantage dans le spectre des troubles externalisés du comportement, tels que le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) ou le trouble des conduites, avec une école buissonnière dissimulée ou ouvertement assumée.
6. Cadre théorique
Le cadre conceptuel de la SRAS-R s’ancre profondément dans la théorie de l’apprentissage et l’analyse fonctionnelle du comportement développée par B.F. Skinner et enrichie par les modèles contemporains de la thérapie comportementale et cognitive (TCC). Dans cette perspective épistémologique, un comportement inadapté ou problématique n’est pas appréhendé comme le simple symptôme passif d’un conflit intrapsychique sous-jacent, mais comme une réponse opérante active maintenue par ses conséquences fonctionnelles immédiates sur l’environnement du sujet.
Kearney et Silverman (1993) ont formulé un modèle théorique quadripartite intégrant les deux grands axes du conditionnement opérant :
- L’axe du renforcement négatif (Fonctions 1 et 2) : Selon les lois du conditionnement aversif et de l’évitement comportemental (modèle bifactoriel de Mowrer), l’exposition aux stimuli scolaires active des réponses neurovégétatives et cognitives anxiogènes aversives. Le fait de rester à la maison permet une suppression immédiate de cet état affectif insupportable. Ce soulagement instantané agit comme un puissant renforçateur négatif, consolidant et automatisant la réponse d’évitement au fil du temps.
- L’axe du renforcement positif (Fonctions 3 et 4) : Selon la contingence opérante positive, le comportement est maintenu par l’introduction d’un stimulus appétitif consécutif à l’émission de la réponse. Dans la Fonction 3, le renforçateur positif est de nature affective et interpersonnelle (réassurance parentale, cajoleries, réaffirmation du lien d’attachement). Dans la Fonction 4, le renforçateur est environnemental et instrumental (accès illimité à des loisirs solitaires ou collectifs interdits en milieu scolaire).
Ce cadre théorique postule également une complémentarité dimensionnelle et typologique. Tout en reconnaissant que chaque enfant présente généralement une fonction directrice prédominante, le modèle admet explicitement l’existence de profils mixtes ou combinés. Par exemple, un élève peut initialement refuser l’école pour échapper à une anxiété de performance sévère lors des examens (Fonction 2), puis, après plusieurs semaines de déscolarisation prolongée, développer un maintien secondaire par renforçateurs tangibles à domicile (Fonction 4) du fait d’une perte totale de rythme de vie et d’un investissement massif des plateformes numériques.
7. Validité
L’évaluation psychométrique de la SRAS-R a fait l’objet de nombreuses validations empiriques documentées dans la littérature internationale :
Validité convergente et concourante
La validité concourante de la version révisée (SRAS-R) avec la version princeps de la SRAS (Kearney & Silverman, 1993) est robuste, affichant des coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = 0,65 et r = 0,77 pour l’ensemble des sous-échelles (Kearney, 2002). De surcroît, la validité convergente avec des instruments psychiatriques standardisés corrobore précisément les hypothèses théoriques sous-jacentes :
- Les scores élevés aux Fonctions 1 et 2 sont corrélés de manière statistiquement significative avec l’échelle d’anxiété pédiatrique State-Trait Anxiety Inventory for Children (STAIC) et avec l’inventaire des peurs Fear Survey Schedule for Children-Revised (FSSC-R).
- Les enfants présentant un diagnostic formel de phobie sociale ou de trouble panique selon le DSM obtiennent des scores significativement plus élevés sur la Fonction 2 que sur les autres fonctions.
- Les sujets classés sous la Fonction 3 présentent des taux significativement accrus de diagnostic de trouble anxiété de séparation, attestant de l’adéquation clinique de cette sous-échelle.
Validité discriminante et diagnostique
La SRAS-R discrimine avec succès les profils psychopathologiques internalisés des profils externalisés. Les jeunes dont le refus scolaire est gouverné par la Fonction 4 (renforçateurs tangibles) présentent des prévalences significativement plus élevées de trouble oppositionnel avec provocation et de trouble des conduites, tout en obtenant des scores d’anxiété subjective nettement inférieurs à ceux des Fonctions 1 et 2 (Kearney, 2002). Bien que certaines corrélations globales entre mesures d’externalisation et scores de la SRAS-R n’aient pas toujours atteint le seuil de significativité statistique dans de petits échantillons cliniques, les directions des associations observées concordent systématiquement avec les fondements théoriques de l’analyse fonctionnelle.
8. Fidélité
Les qualités métrologiques de la SRAS-R en termes de consistance interne et de stabilité temporelle ont été rigoureusement documentées par Kearney (2002) :
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un échantillon clinique d’enfants et de parents sur un intervalle temporel strict de 7 à 14 jours, période durant laquelle aucune intervention thérapeutique n’avait encore été initiée. Les résultats indiquent une remarquable stabilité des réponses :
- Version enfant (SRAS-R-C) : Les coefficients de corrélation test-retest pour les quatre sous-échelles fonctionnelles s’échelonnent de r = 0,56 à r = 0,78 (p < 0,001).
- Version parentale (SRAS-R-P) : Les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre r = 0,61 et r = 0,78 (p < 0,001), témoignant d’une excellente reproductibilité des estimations parentales sur le court terme.
Accord inter-juges
L’accord entre évaluateurs indépendants (père et mère) a été examiné sur la version parentale. À l’exception de deux items isolés, l’ensemble des items présente une concordance inter-juges hautement significative. Les corrélations moyennes pour les quatre sous-échelles fonctionnelles varient de r = 0,46 à r = 0,57, ce qui représente un niveau d’agrément tout à fait satisfaisant dans le champ de la psychopathologie développementale infanto-juvénile, où les parents possèdent fréquemment des perspectives différenciées sur les manifestations symptomatiques de leur progéniture.
Cohérence interne
Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) pour les sous-échelles révisées se situent généralement dans des intervalles acceptables à bons (α compris entre 0,68 et 0,84 selon les études et les versions linguistiques validées), garantissant une homogénéité satisfaisante des six items assignés à chaque fonction opérante.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de la SRAS-R a fait l’objet de multiples investigations psychométriques au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Dans l’étude princeps de révision menée par Kearney (2002), les analyses factorielles exploratoires menées sur les 24 items ont identifié une solution à trois ou quatre facteurs prédominants selon les critères d’extraction et de rotation utilisés :
- Un facteur combiné regroupant les composantes de renforcement négatif (fusion partielle de la Fonction 1 [affectivité négative] et de la Fonction 2 [situations sociales et évaluatives]). Ces deux dimensions partagent en effet une variance commune substantielle liée au construit transversal de la détresse anxieuse en milieu scolaire.
- Un facteur distinct et très nettement individualisé correspondant à la recherche d’attention parentale (Fonction 3).
- Un facteur orthogonal robuste capturant la poursuite de renforçateurs tangibles et hédoniques hors de l’école (Fonction 4).
Sur le plan structural, bien que l’analyse factorielle suggère parfois la fusion statistique des deux premières dimensions sous un macro-construit générique d’« évitement par renforcement négatif », la distinction clinique entre la Fonction 1 et la Fonction 2 demeure rigoureusement maintenue par Kearney. En pratique clinique, les scores des enfants permettent quasi systématiquement d’isoler une prépondérance de l’une ou de l’autre dimension : un élève phobique social pur (Fonction 2) ne répondra pas aux mêmes impératifs thérapeutiques qu’un enfant souffrant de somatisations anxieuses diffuses face au bruit ou à l’agitation scolaire (Fonction 1). Des études internationales ultérieures (notamment en Espagne par Inglés et al., et en Allemagne) ont confirmé l’adéquation d’un modèle confirmatoire à quatre facteurs corrélés, corroborant la validité d’architecture de l’instrument.
10. Instrument de mesure
- Nom de l’instrument : Échelle d’évaluation du refus scolaire révisée (School Refusal Assessment Scale Revised — SRAS-R).
- Versions disponibles :
- SRAS-R-C (Version Enfant / Child Version) : auto-questionnaire destiné aux jeunes âgés de 6 à 17 ans.
- SRAS-R-P (Version Parent / Parent Version) : hétéro-questionnaire destiné aux figures parentales tutélaires.
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon auto-administré ou passation informatisée sur tablette/ordinateur. Passation individuelle guidée par le clinicien possible pour les jeunes enfants (6-8 ans).
- Nombre total d’items : 24 items répartis de façon strictement équilibrée (6 items par sous-échelle).
- Échelle de réponse : Échelle d’estimation ordinale en 7 points (0 à 6) :
- 0 = Never (Jamais)
- 1 = Seldom (Rarement)
- 2 = Sometimes (Parfois)
- 3 = Half the time (La moitié du temps)
- 4 = Usually (Habituellement)
- 5 = Almost always (Presque toujours)
- 6 = Always (Toujours)
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes par version.
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- Calculer la somme arithmétique des scores des 6 items composant chaque dimension fonctionnelle.
- Diviser cette somme par 6 pour obtenir le score moyen de la fonction (compris entre 0,00 et 6,00) :
- Fonction 1 (Affectivité négative) : Moyenne des items 1, 5, 9, 13, 17, 21.
- Fonction 2 (Situations sociales/évaluatives) : Moyenne des items 2, 6, 10, 14, 18, 22.
- Fonction 3 (Recherche d’attention) : Moyenne des items 3, 7, 11, 15, 19, 23.
- Fonction 4 (Renforçateurs tangibles) : Moyenne des items 4, 8, 12, 16, 20, 24.
- Règle de décision clinique : Classer les quatre moyennes par ordre décroissant. La fonction affichant la moyenne la plus élevée est désignée comme la fonction primaire de maintien du refus scolaire.
- Règle d’équivalence : Si deux fonctions présentent des moyennes dont l’écart est inférieur ou égal à 0,25 point, elles sont considérées comme équivalentes et co-primaires, justifiant l’application d’un protocole thérapeutique combiné.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de parution initiale : 1993 (Kearney & Silverman, SRAS princeps).
- Année de révision : 2002 (Kearney, SRAS-R).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits d’auteur scientifiques appartiennent au Dr Christopher A. Kearney et aux éditeurs académiques d’origine (Springer Nature / Kluwer Academic Publishers).
- Statut d’utilisation et politique tarifaire : L’utilisation de la SRAS-R est libre de droits et gratuite à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique non commerciale. L’instrument est fréquemment reproduit in extenso dans les manuels de référence de l’auteur.
- Modalités d’accès : L’outil complet, incluant les manuels d’intervention clinique associés, peut être obtenu via les publications scientifiques de référence ou en formulant une demande directe auprès du Dr Christopher A. Kearney à l’Université du Nevada, Las Vegas.
12. Références
Voici les références bibliographiques académiques fondamentales relatives à la conceptualisation et à la validation psychométrique de la SRAS et de la SRAS-R en style APA 7e édition :
- Kearney, C. A. (2002). Identifying the function of school refusal behavior: A revision of the School Refusal Assessment Scale. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 24(4), 235-245. https://doi.org/10.1023/A:1020774932043
- Kearney, C. A., & Silverman, W. K. (1993). Measuring the function of school refusal behavior: The School Refusal Assessment Scale. Journal of Clinical Child Psychology, 22(1), 85-96. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp2201_9
- Kearney, C. A. (2008). School absenteeism and school refusal behavior in youth: A contemporary review. Clinical Psychology Review, 28(3), 451-471. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2007.07.012
- Kearney, C. A., & Albano, A. M. (2007). When children refuse school: A cognitive-behavioral therapy approach (Clinician guide) (2nd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/med:psych/9780195308297.001.0001
- Inglés, C. J., Gonzálvez-Maciá, C., García-Fernández, J. M., Vicent, M., & Martínez-Monteagudo, M. C. (2015). Current status of research on school refusal behavior. European Journal of Education and Psychology, 8(1), 37-52. https://doi.org/10.1016/j.ejeps.2015.10.005
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
7-point rating scale:
0 = Never
1 = Seldom
2 = Sometimes
3 = Half the time
4 = Usually
5 = Almost always
6 = Always
- How often do you have bad feelings about going to school (for example, you feel scared, nervous, or sad)?
- How often do you stay away from school because it is hard to speak to the other kids at school?
- How often do you feel you would rather be with your parents than go to school?
- When you are not in school during school hours, how often do you talk to or see other people (other than your family)?
- How often do you stay away from school because you feel nervous, sad, or have other bad feelings on school days?
- How often do you stay away from school because it is hard for you to answer questions in class or talk in front of the other kids?
- How often do you wish that your parents were at school with you?
- When you are not in school during school hours, how often do you do fun things (for example, listen to music or watch TV)?
- How often do you stay away from school because you feel sad or depressed at school?
- How often do you stay away from school because it is hard for you to be around people your own age at school?
- How often do you feel you would rather be home with your parents than go to school?
- When you are not in school during school hours, how often do you go fun places (for example, shopping or to a friend’s house)?
- How often do you stay away from school because you have physical feelings (like stomachaches, headaches, or feeling sick) before or during school?
- How often do you stay away from school because you get nervous about taking tests or doing other school work?
- How often do you try to be with your parents instead of going to school?
- When you are not in school during school hours, how often do you hang out with friends?
- How often do you stay away from school because you feel terrible, upset, or scared at school?
- How often do you stay away from school because you feel shy or uncomfortable around other people at school?
- How often do you talk to or text your parents when you are supposed to be in school?
- When you are not in school during school hours, how often do you play video games, watch TV, or use your phone/computer?
- How often do you stay away from school because you feel like crying, running away, or hiding while you are at school?
- How often do you stay away from school because you worry about what other kids think of you?
- How often do you wish that you could bring your parents with you to school?
- When you are not in school during school hours, how often do you leave your house and do things you enjoy?