1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’évaluation du dysfonctionnement social (Social Dysfunction Rating Scale, SDRS), conçue initialement par Margaret W. Linn et ses collaborateurs en 1969, représente un instrument hétéro-évaluatif de référence développé pour quantifier le degré d’altération et de désadaptation sociale chez les individus atteints de troubles psychiatriques chroniques, de pathologies somatiques invalidantes ou chez les populations gériatriques. Composée de 21 items opérationnels, l’échelle examine les répercussions des psychopathologies sur la vie quotidienne à travers trois sous-systèmes interdépendants : le système du soi (Self system, 4 items), le système interpersonnel (Interpersonal system, 6 items) et le système de performance ou d’accomplissement de rôle (Performance system, 11 items). L’évaluation est réalisée par un clinicien qualifié (psychiatre, psychologue ou travailleur social) au terme d’un entretien semi-structuré d’environ 30 à 45 minutes, combinant l’observation clinique et le recueil d’informations anamnestiques standardisées.
Chaque item de la SDRS est évalué sur une échelle de Likert en 6 points, allant de 1 (« Not Present » / Absent) à 6 (« Very severe » / Très sévère), générant un score global compris entre 21 et 126 points, où une valeur élevée traduit un dysfonctionnement social accru. D’un point de vue psychométrique, l’instrument se distingue par une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,91 selon les cohortes cliniques), une excellente fidélité inter-juges avec des coefficients de corrélation intraclasse surpassant 0,85, ainsi qu’une fidélité test-retest stable (r > 0,80). La validité de construit et la validité discriminante ont été démontrées par la capacité de l’outil à différencier nettement les patients hospitalisés, les patients insérés en familles d’accueil thérapeutiques et les sujets sains de la communauté. Largement mobilisée dans les programmes de désinstitutionnalisation psychiatrique, les études gérontologiques et les essais cliniques pharmacologiques, la SDRS demeure une mesure fondamentale du fonctionnement adaptatif global en milieu ouvert.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle d’évaluation du dysfonctionnement social, SDRS, fonctionnement social, adaptation sociale, psychiatrie communautaire, hétéro-évaluation, gérontologie clinique, santé mentale, réadaptation psychosociale, psychométrie, désinstitutionnalisation, Margaret W. Linn.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conceptualisée et validée au sein des services de recherche clinique des Veterans Administration Hospitals aux États-Unis par une équipe multidisciplinaire de psychiatres, de psychologues et de chercheurs en travail social :
- Margaret W. Linn, Ph.D. — Directrice de la recherche épidémiologique et sociale, Veterans Administration Hospital, Miami, Floride ; Professeure associée de psychiatrie et de travail social, University of Miami School of Medicine, États-Unis. (Autrice principale et correspondante historique).
- William B. Sculthorpe, MSW — Service de travail social clinique, Veterans Administration Hospital, Miami, Floride, États-Unis.
- Marion Evje, MSW — Spécialiste de la réhabilitation psychiatrique communautaire, Veterans Administration Hospital, Miami, Floride, États-Unis.
- Philip H. Slater, Ph.D. — Consultant en méthodologie statistique et sociologie de la santé, Boston, Massachusetts, États-Unis.
- Samuel P. Goodman, M.D. — Chef du département de psychiatrie, Veterans Administration Hospital, Miami, Floride, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
Le développement de la Social Dysfunction Rating Scale (SDRS) au tournant des années 1970 s’inscrit au cœur d’une transformation paradigmatique majeure de la psychiatrie : le mouvement de désinstitutionnalisation. Jusqu’alors, l’efficacité des interventions thérapeutiques était presque exclusivement jugée à l’aune de la réduction symptomatique aiguë (délires, hallucinations, ralentissement psychomoteur) mesurée par des instruments tels que la Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS). Cependant, Linn et ses collaborateurs ont postulé qu’une rémission symptomatique ne préjugeait en rien de la capacité réelle d’un individu à s’intégrer dans la communauté, à maintenir un emploi, à nouer des relations interpersonnelles gratifiantes ou à subvenir à ses besoins fondamentaux. L’objectif fondamental de la SDRS est de combler ce vide évaluatif en fournissant une mesure standardisée, sensible et multidimensionnelle de la désadaptation sociale objective et subjective.
Sur le plan clinique, l’échelle répond à trois impératifs principaux :
- L’évaluation diagnostique et fonctionnelle initiale : Dresser un profil rigoureux des déficits d’adaptation sociale afin d’élaborer des plans individualisés de réhabilitation psychosociale. L’outil identifie si le blocage émane d’une faillite de l’estime de soi, d’une dysrégulation affective relationnelle ou d’un déficit instrumental dans l’accès aux ressources communautaires.
- Le monitoring longitudinal et l’orientation des soins : Suivre l’évolution des patients psychiatriques chroniques (notamment ceux présentant une schizophrénie ou des troubles de l’humeur réfractaires) lors des transitions de soins, telles que le passage de l’hospitalisation fermée vers des foyers de transition, des appartements thérapeutiques ou le milieu familial d’accueil.
- L’évaluation des interventions psychopharmacologiques et psychosociales : Déterminer si un nouveau traitement psychotrope ou une intervention de remédiation cognitive améliore concrètement la qualité de vie et le fonctionnement pragmatique dans la communauté.
Dans le domaine de la recherche, la SDRS s’est avérée essentielle pour comparer différents dispositifs de prise en charge (par exemple, la psychiatrie de secteur versus l’hospitalisation au long cours). En élargissant son champ d’application aux affections gériatriques et chroniques (arthrose sévère, accidents vasculaires cérébraux, démences débutantes), la SDRS a permis d’objectiver que l’isolement social et la détérioration des rôles fonctionnels constituent des facteurs de risque indépendants de morbidité et de mortalité.
5. Construit psychologique / Construct
Le dysfonctionnement social, tel qu’opérationnalisé par Linn et ses collaborateurs, est conçu non comme une simple incapacité comportementale isolée, mais comme un construit tridimensionnel complexe reflétant l’interaction continue entre l’appareil psychologique individuel, la matrice interpersonnelle et les exigences sociétales de performance. La SDRS décompose ce construit en trois systèmes hiérarchisés :
1. Le système du soi (Self system — 4 items)
Ce premier domaine explore la structure intrapsychique de l’individu, sa représentation de soi et son ancrage existentiel. Il postule qu’un individu incapable de maintenir une cohérence interne ne peut négocier efficacement son environnement social :
- Faible concept de soi (Low self-concept) : Sentiment envahissant d’inadéquation, dévalorisation systématique et conviction de ne pas atteindre son idéal du moi. Par exemple, un patient qui se sent inférieur à ses pairs sans fondement objectif.
- Absence de buts (Goallessness) : Carence motivationnelle profonde, perte de projection temporelle et incapacité à concevoir un avenir structuré, souvent observée dans les syndromes déficitaires.
- Carence de sens ou de philosophie de vie (Lack of a satisfying philosophy or meaning of life) : Incapacité à intégrer les expériences passées et présentes dans un cadre conceptuel unifié procurant une résilience existentielle.
- Préoccupation pour la santé corporelle (Self-health concern) : Hyperfocalisation somatique, ruminations hypocondriaques interférant avec les engagements quotidiens.
2. Le système interpersonnel (Interpersonal system — 6 items)
Ce sous-système analyse la nature, la tonalité affective et la fluidité des interactions dynamiques entre l’individu et son entourage social immédiat :
- Retrait émotionnel (Emotional withdrawal) : Incapacité affective ou refus actif d’entrer en relation, émoussement de l’empathie et fermeture communicationnelle.
- Hostilité (Hostility) : Expressions verbales ou comportementales d’agressivité, d’irritabilité ou d’animosité envers autrui.
- Manipulation (Manipulation) : Instrumentalisation de l’entourage, stratégies de contrôle coercitives ou clandestines opérées aux dépens des pairs.
- Dépendance excessive (Over-dependency) : Attachement passif et parasitaire, transfert de l’ensemble des responsabilités quotidiennes sur des tiers.
- Anxiété (Anxiety) : Sentiment flottant d’insécurité, appréhension permanente d’une catastrophe imminente inhibant la sociabilité.
- Méfiance (Suspiciousness) : Idéation paranoïde, hypervigilance et tendance systématique à attribuer des intentions malveillantes aux interlocuteurs.
3. Le système de performance (Performance system — 11 items)
Cette dimension évalue l’accomplissement effectif des rôles sociaux normatifs, la participation à la vie citoyenne et le degré de satisfaction subjective tiré de ces accomplissements :
- Relations intimes et primaires : Manque de relations satisfaisantes avec les figures significatives (conjoint, enfants, famille proche ; item 11).
- Réseau amical et social : Absence objective d’amis (item 12) juxtaposée au besoin subjectivement exprimé d’élargir son cercle amical (item 13). Cette distinction est capitale : un sujet isolé mais indifférent n’a pas le même profil qu’un sujet souffrant de solitude non désirée.
- Sphère vocationnelle et professionnelle : Absence d’activité productive ou rémunératrice valorisante (item 14) et insatisfaction au travail (item 15).
- Loisirs et épanouissement personnel : Carence d’activités récréatives (item 16) et désir exprimé d’enrichissement personnel (item 17).
- Engagement communautaire : Déficit de participation aux actions civiques locales (item 18) et désintérêt global pour les affaires de la cité (item 19).
- Sécurité matérielle et adaptabilité : Précarité économique perçue (item 20) et rigidité adaptative (item 21), définie comme l’incapacité à déployer des stratégies de coping flexibles face au stress contextuel.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La SDRS repose sur une convergence épistémologique intégrant la théorie générale des systèmes de Ludwig von Bertalanffy, la théorie des rôles sociaux développée par Talcott Parsons et Robert K. Merton, ainsi que l’approche phénoménologique et interpersonnelle de la psychiatrie initiée par Harry Stack Sullivan.
Dans la perspective de la théorie générale des systèmes, l’individu est conceptualisé comme un système ouvert en état d’homéostasie dynamique avec son environnement socioculturel. Le dysfonctionnement n’est pas logé uniquement « à l’intérieur » de la boîte noire psychique du patient ; il émerge d’une rupture de feedback entre le microsystème intrapsychique (le Soi), le mésosystème relationnel (la famille, les pairs) et le macrosystème sociétal (le travail, les institutions). Lorsqu’un sous-système subit une défaillance — par exemple une idéation paranoïde dans le système interpersonnel —, des répercussions en cascade s’ensuivent inévitablement sur le système de performance (perte d’emploi, rupture des liens communautaires), créant une boucle de rétroaction négative qui dégrade en retour le sentiment d’auto-efficacité.
Parallèlement, la sociologie structurale des rôles postulée par Parsons fournit l’armature de la sous-échelle de performance. Selon Parsons, l’état de maladie (« sick role ») confère une exemption légitime des rôles sociaux ordinaires (obligation de travailler, devoirs familiaux), mais exige en contrepartie la volonté de coopérer pour recouvrer la santé. Chez les patients psychiatriques chroniques institutionnalisés au milieu du XXe siècle, ce rôle de malade tendait à se cristalliser en un état permanent de « chronicité apprise ». La SDRS a été explicitement outillée pour mesurer le désengagement par rapport aux statuts d’adulte autonome : rôle professionnel, rôle de partenaire de vie, et rôle de citoyen engagé. Linn a mis en avant la dialectique entre le statut objectif (ce que la personne fait) et la demande subjective (ce que la personne désire), illustrée par la dissociation mesurée entre l’absence d’amis et le désir exprimé de contacts sociaux.
Enfin, l’influence de la psychiatrie interpersonnelle de Harry Stack Sullivan est manifeste dans la prépondérance accordée aux items de méfiance, d’hostilité, d’anxiété et de retrait émotionnel. Sullivan défendait que la personnalité ne se manifeste jamais dans le vide, mais exclusivement au sein de configurations interpersonnelles. Le dysfonctionnement social correspond ainsi à l’incapacité progressive à ajuster ses dynamiques relationnelles aux impératifs d’une réciprocité saine, conduisant à des comportements de manipulation ou de dépendance parasitaire afin d’apaiser une angoisse existentielle sous-jacente.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la SDRS a été explorée à travers de nombreuses études empiriques couvrant des échantillons diversifiés :
- Validité de contenu (Content Validity) : La sélection originale des 21 items a été établie par une méthode de consensus d’experts impliquant des psychiatres, des psychologues cliniciens et des travailleurs sociaux psychiatriques chevronnés. Les items ont été retenus pour leur représentativité exhaustive des sphères de la vie quotidienne affectées par la psychopathologie et pour l’absence de redondance sémantique flagrante.
- Validité de construit (Construct Validity) : Les analyses ont confirmé que les trois sous-systèmes correspondent à des réalités fonctionnelles distinctes mais fortement corrélées. Des analyses en composantes principales ont mis en évidence des facteurs cohérents regroupant l’aliénation de soi, les frictions interpersonnelles et l’inactivité instrumentale. La validité de construit a été appuyée par des corrélations modérées à fortes avec des mesures d’incapacité globale comme la WHODAS (World Health Organization Disability Assessment Schedule) et l’échelle GAS (Global Assessment Scale).
- Validité discriminante (Discriminant Validity) : La SDRS démontre une puissance discriminante remarquable pour différencier des populations présentant des niveaux d’intégration sociétale distincts. Dans les travaux initiaux de Linn et al. (1969), l’échelle a distingué de manière statistiquement significative (p < 0,001) trois groupes : (1) des patients psychiatriques hospitalisés au long cours, (2) des patients psychiatriques stabilisés vivant en familles d'accueil thérapeutiques (foster homes), et (3) un groupe témoin de sujets sains vivant en communauté. Les scores moyens étaient respectivement les plus élevés chez les hospitalisés et les plus bas chez les témoins sains. De plus, la SDRS discrimine les aspects spécifiquement sociaux de la symptomatologie psychiatrique pure : un patient peut présenter une stabilisation de ses hallucinations (mesurée par la BPRS) tout en maintenant un score de dysfonctionnement social très élevé sur la SDRS.
- Validité prédictive et sensibilité au changement : Dans plusieurs essais prospectifs (Linn, Caffey, Klett et al., 1977, 1979), la SDRS s’est avérée prédictive du succès ou de l’échec de la réinsertion communautaire. Une amélioration des scores à la SDRS (réduction du score global) était fortement corrélée à une diminution du taux de réhospitalisation à un et deux ans chez des patients schizophrènes suivis en hôpital de jour. De même, les caractéristiques d’accueil des familles thérapeutiques influençaient directement les scores de la SDRS des patients hébergés (Linn et al., 1980).
8. Fidélité / Reliability
Les investigations psychométriques de la SDRS attestent d’une fiabilité remarquable pour un instrument hétéro-évaluatif :
- Cohérence interne : Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 21 items est généralement rapporté entre 0,82 et 0,91. Les coefficients des trois sous-échelles varient quant à eux de 0,74 à 0,86, indiquant une homogénéité satisfaisante des items au sein de chaque domaine sans saturation redondante.
- Fidélité inter-évaluateurs (Inter-rater reliability) : Compte tenu du format de cotation par un observateur clinicien, la concordance inter-juges constitue une propriété critique. Lors de l’étude princeps (Linn et al., 1969), des paires de cliniciens (psychiatres et travailleurs sociaux) ont évalué simultanément les mêmes entretiens de manière indépendante. Le coefficient de corrélation intraclasse global a atteint r = 0,89 (avec des variations par item comprises entre 0,72 pour des items plus subjectifs comme la rigidité adaptative et 0,95 pour des items factuels comme le manque d’emploi). Dans les études ultérieures (McDowell, 2006), la fidélité inter-juges s’est maintenue au-delà de 0,85 suite à une courte session de standardisation préalable.
- Fidélité test-retest : Chez des patients psychiatriques chroniques cliniquement stables réévalués à un intervalle de deux à trois semaines, les coefficients de corrélation test-retest ont oscillé entre 0,80 et 0,87 pour le score total, prouvant la stabilité de la mesure en l’absence d’intervention thérapeutique majeure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) initialement menées par Linn et ses collègues à l’aide d’une extraction en composantes principales suivie d’une rotation Varimax ont révélé une organisation factorielle robuste en sous-dimensions cohérentes. Les 21 items s’articulent autour de 5 à 6 facteurs principaux de premier ordre qui s’intègrent conceptuellement dans les 3 grands systèmes théoriques de l’instrument :
- Facteur 1 : Apathie et retrait social (Saturations : 0,60 à 0,82). Ce facteur rassemble l’absence d’amis (item 12), l’absence de loisirs (item 16), le retrait émotionnel (item 5) et l’absence d’engagement communautaire (item 18). Il reflète la composante d’isolement comportemental et d’émoussement relationnel.
- Facteur 2 : Conflit et friction interpersonnelle (Saturations : 0,55 à 0,78). Dominé par l’hostilité (item 6), la manipulation (item 7), la méfiance (item 10) et la dépendance excessive (item 8). Ce facteur isole la psychopathologie projective et relationnelle.
- Facteur 3 : Carence vocationnelle et statutaire (Saturations : 0,65 à 0,85). Comprend l’absence de travail productif (item 14), le manque de satisfaction professionnelle (item 15) et l’insécurité financière (item 20).
- Facteur 4 : Aliénation existentielle et dévalorisation de soi (Saturations : 0,58 à 0,75). Regroupe le faible concept de soi (item 1), l’absence de buts (item 2) et l’absence de sens de la vie (item 3).
- Facteur 5 : Détresse émotionnelle et somatisation (Saturations : 0,50 à 0,72). Associé à l’anxiété (item 9), aux préoccupations somatiques (item 4) et à la rigidité adaptative face au stress (item 21).
Les études de confirmation factorielle conduites ultérieurement dans les contextes de réadaptation communautaire ont validé la structure de second ordre à trois domaines (Système du soi, Système interpersonnel, Système de performance), justifiant à la fois le calcul d’un score total composite et l’analyse séparée des profils dimensionnels pour guider le ciblage thérapeutique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Échelle d’hétéro-évaluation clinique (Clinician-administered rating scale) standardisée basée sur un entretien semi-structuré avec le patient, complété par les observations comportementales et les dossiers médicaux/sociaux.
- Format d’administration : Papier-crayon ou retranscription électronique clinique. Durée moyenne de passation : 30 à 45 minutes pour l’entretien d’évaluation global, suivi de 5 à 10 minutes pour la notation des items.
- Nombre total d’items : 21 items répartis en 3 sous-systèmes (Soi : 4 items ; Interpersonnel : 6 items ; Performance : 11 items).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de sévérité en 6 points pour chaque item :
(1) Not Present (Absent)
(2) Very Mild (Très léger)
(3) Mild (Léger)
(4) Moderate (Modéré)
(5) Severe (Sévère)
(6) Very severe (Très sévère) - Cotation et calcul des scores :
- Score total : Somme directe de l’ensemble des 21 items. Étendue théorique : 21 à 126.
- Scores des sous-échelles :
- Self system : Items 1 à 4 (étendue de 4 à 24).
- Interpersonal system : Items 5 à 10 (étendue de 6 à 36).
- Performance system : Items 11 à 21 (étendue de 11 à 66).
- Interprétation clinique : Un score total situé entre 21 et 35 correspond généralement à une adaptation sociale satisfaisante sans altération fonctionnelle notable. Des scores compris entre 36 et 60 signalent un dysfonctionnement léger à modéré justifiant un soutien ambulatoire. Des scores supérieurs à 61 indiquent une désadaptation sociale sévère à très sévère, fréquemment observée lors des hospitalisations prolongées ou chez les patients en rupture totale de liens communautaires.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1969 (par Margaret W. Linn, William B. Sculthorpe, Marion Evje, Philip H. Slater et Samuel P. Goodman).
- Statut des droits et domaine public : La SDRS a été développée dans le cadre de recherches subventionnées par des fonds publics au sein de la Veterans Administration (département des affaires des anciens combattants des États-Unis). À ce titre, l’instrument relève du domaine public (public domain) dans la littérature biomédicale.
- Conditions d’utilisation et frais : L’outil est libre de droits pour la recherche clinique, l’enseignement universitaire et la pratique médicale non commerciale (free of charge). Aucun coût de licence n’est requis. Les auteurs et éditeurs scientifiques demandent simplement la citation rigoureuse de la publication princeps de 1969 dans tout travail exploitant l’échelle.
12. Références / References
Les références ci-dessous documentent la création, les validations empiriques et les applications cliniques majeures de la SDRS :
- Linn, M. W., Sculthorpe, W. B., Evje, M., Slater, P. H., & Goodman, S. P. (1969). A social dysfunction rating scale. Journal of Psychiatric Research, 6(4), 299–306. https://doi.org/10.1016/0022-3956(69)90024-X
- Linn, M. W. (1976). Studies in rating the physical, mental, and social dysfunction of the chronically ill aged. Medical Care, 14(5 Suppl), 119–125. https://doi.org/10.1097/00005650-197605001-00016
- Linn, M. W., & Caffey, E. M., Jr. (1977). Foster placement for the older psychiatric patient. Journal of Gerontology, 32(3), 340–345. https://doi.org/10.1093/geronj/32.3.340
- Linn, M. W., Caffey, E. M., Jr., Klett, C. J., & Hogarty, G. E. (1977). Hospital vs community (foster) care for psychiatric patients. Archives of General Psychiatry, 34(1), 78–83. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1977.01770130080009
- Linn, M. W. (1979). Assessing community adjustment in the elderly. In A. Raskin & L. F. Jarvik (Eds.), Assessment of Psychiatric Symptoms and Cognitive Loss in the Elderly (pp. 187–204). Hemisphere Publishing.
- Linn, M. W., Caffey, E. M., Klett, C. J., Hogarty, G. E., & Lamb, H. R. (1979). Day treatment and psychotropic drugs in the aftercare of schizophrenic patients. Archives of General Psychiatry, 36(10), 1055–1066. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1979.01780100025002
- Linn, M. W., Klett, C. J., & Caffey, E. M., Jr. (1980). Foster home characteristics and psychiatric patient outcome: The wisdom of Gheel confirmed. Archives of General Psychiatry, 37(2), 129–132. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1980.01780150019001
- Linn, M. W. (1988). A critical review of scales used to evaluate social and interpersonal adjustment in the community. Psychopharmacology Bulletin, 24(4), 615–621.
- Linn, M. W. (1988). Social Dysfunction Rating Scale (SDRS). Psychopharmacology Bulletin, 24(4), 801–802.
- McDowell, I. (2006). Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
(1) Not Present, (2) Very Mild, (3) Mild, (4) Moderate, (5) Severe, (6) Very severe
Self system
- Low self-concept (feeling of inadequacy‚ not measuring up to self-ideal)
- Goallessness (lack of inner motivation and sense of future orientation)
- Lack of a satisfying philosophy or meaning of life (a conceptual framework for integrating past and present experiences)
- Self-health concern (preoccupation with physical health‚ somatic concerns)
Interpersonal system
- Emotional withdrawal (degree of deficiency in relating to others)
- Hostility (degree of aggression toward others)
- Manipulation (exploiting of environment‚ controlling at other’s expense)
- Over-dependency (degree of parasitic attachment to others)
- Anxiety (degree of feeling of uneasiness‚ impending doom)
- Suspiciousness (degree of distrust or paranoid ideation)
Performance system
- Lack of satisfying relationships with significant persons (spouse‚ children‚ kin‚ significant persons serving in a family role)
- Lack of friends‚ social contacts
- Expressed need for more friends‚ social contacts
- Lack of work (remunerative or non-remunerative‚ productive work activities which normally give a sense of usefulness‚ status‚ confidence)
- Lack of satisfaction from work
- Lack of leisure time activities
- Expressed need for more leisure‚ self-enhancing and satisfying activities
- Lack of participation in community activities
- Lack of interest in community affairs and activities which influence others
- Financial insecurity
- Adaptive rigidity (lack of complex coping patterns to stress)