1. Résumé
L’Échelle d’évaluation du conseiller (Counselor Evaluation Rating Scale ou CERS), développée initialement par Robert D. Myrick et F. Donald Kelly Jr. en 1971, constitue l’un des instruments de mesure fondateurs dans le champ de la supervision clinique et de la pédagogie de la relation d’aide. Conçue pour répondre à la nécessité d’objectiver l’évaluation formative et sommative des étudiants stagiaires en counseling (practicum students), la CERS permet aux superviseurs universitaires et cliniques d’évaluer de manière systématique les compétences pratiques, relationnelles et conceptuelles démontrées par l’apprenant au cours de sa formation.
L’instrument se compose de 27 items libellés sous forme d’énoncés comportementaux et attitudinaux. Historiquement, Myrick et Kelly ont structuré l’échelle autour de trois sous-échelles conceptuelles majeures : (1) la compréhension des fondements théoriques du counseling (understanding of a counseling rationale), (2) la pratique clinique auprès des consultants (counseling practice with clients), et (3) l’exploration de soi et des dynamiques relationnelles tant en thérapie qu’en supervision (exploration of self and counseling relationships). Les évaluateurs positionnent le stagiaire sur une échelle de réponse bipolaire en 6 points allant de -3 (« désaccord total ») à +3 (« accord total »), omettant le point neutre afin de contraindre à une prise de décision évaluative nette.
Les propriétés psychométriques de la CERS ont fait l’objet de multiples réévaluations, notamment par James M. Benshoff et Wayne P. Thomas (1992). Les études attestent d’une excellente consistance interne globale (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,95 pour l’échelle totale) et d’une fidélité inter-juges robuste lorsque les superviseurs sont formés à son utilisation. Bien que l’analyse factorielle exploratoire ait parfois révélé des structures dimensionnelles alternatives — suggérant un facteur général massif d’efficacité clinique ou une partition bidimensionnelle articulant compétences d’intervention et compétences de supervision —, la CERS demeure un outil de référence internationalement cité pour le monitorage du développement professionnel et l’accréditation des compétences en relation d’aide.
2. Mots-clés
Counselor Evaluation Rating Scale, CERS, supervision clinique, évaluation des compétences, relation d’aide, formation en psychothérapie, alliance thérapeutique, psychométrie, stagiaires en counseling, pratique réflexive.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et validé par :
- Robert D. Myrick, Ph.D. : Professeur émérite au département de Counselor Education de l’Université de Floride (Gainesville, États-Unis). Auteur prolifique et pionnier du modèle de développement du counseling en milieu scolaire et universitaire.
- F. Donald Kelly Jr., Ph.D. : Professeur émérite associé au département de psychologie du conseil et des systèmes éducatifs à l’Université d’État de Floride (Tallahassee, États-Unis), spécialisé dans la formation clinique, la supervision et les approches psychothérapeutiques intégratives.
Des travaux ultérieurs de validation et de révision structurelle ont été conduits par James M. Benshoff (Université de Caroline du Nord à Greensboro) et Wayne P. Thomas (Université George Mason).
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Counselor Evaluation Rating Scale est de fournir une méthodologie standardisée, rigoureuse et critériée pour évaluer la performance et l’évolution des compétences professionnelles des étudiants engagés dans des stages pratiques (practicum et internship) de counseling et de psychothérapie. Avant l’avènement de cet outil au début des années 1970, l’évaluation de la compétence clinique reposait quasi exclusivement sur des jugements subjectifs et impressionnistes émis par les superviseurs universitaires, sans grille critériée explicite ni métrique uniforme.
Applications pédagogiques et formatives
Dans un contexte d’enseignement supérieur, la CERS remplit une fonction diagnostique et formative centrale. Elle permet d’établir une cartographie précise des forces et des axes de vulnérabilité de l’étudiant à différents moments charnières de son cursus :
- Évaluation intermédiaire (mi-parcours) : Permet d’identifier rapidement les comportements contre-productifs (par exemple, rigidité comportementale, tendance à moraliser ou monologue excessif au détriment de l’écoute active) afin d’ajuster les objectifs pédagogiques du contrat de supervision.
- Rétroaction constructive (feedback) : Sert de support direct d’échange lors des séances de supervision individuelle, aidant le superviseur et le stagiaire à confronter leurs perceptions respectives sur des critères tangibles.
- Évaluation certificative et sommative (fin de stage) : Fournit aux comités académiques une décision quantifiée concernant l’aptitude de l’étudiant à passer en internat avancé ou à être recommandé sans réserve sur le marché du travail professionnel (item 27).
Applications cliniques et institutionnelles
Au-delà de l’arène universitaire, la CERS est employée dans les centres hospitaliers, les services de santé mentale communautaire et les cliniques de consultation externe pour l’encadrement des nouveaux praticiens. Dans ce cadre, elle constitue une protection éthique et légale essentielle pour le public. En mesurant la réceptivité du thérapeute à la critique constructive (item 7), sa capacité à maintenir les limites du cadre déontologique et sa flexibilité verbale (item 22), l’instrument s’assure que les interventions déployées garantissent la sécurité psychologique et le bien-être des usagers.
Justification théorique et utilité en recherche
Sur le plan de la recherche en psychothérapie, la CERS est fréquemment utilisée comme variable dépendante ou critère de succès dans les protocoles évaluant l’efficacité de différentes modalités de formation (par exemple, supervision par les pairs, micro-counseling, simulation clinique). Elle permet de répondre scientifiquement à la question : quelles approches didactiques ou relationnelles maximisent l’acquisition de compétences thérapeutiques concrètes chez les praticiens novices ?
5. Construit psychologique
La CERS opérationnalise la « compétence clinique globale en counseling » non pas comme un trait unitaire monolithique, mais comme un construit multidimensionnel articulé autour de trois piliers interdépendants décrits par Myrick et Kelly (1971) :
1. Compréhension d’un cadre conceptuel du counseling (Understanding of a Counseling Rationale)
Cette dimension évalue l’ancrage théorique du praticien et sa capacité métacognitive à articuler sa pratique clinique autour de concepts rationnels et scientifiques éprouvés. Le praticien compétent ne navigue pas à l’aveugle ; il dispose d’un modèle compréhensif du comportement humain, de la psychopathologie et des mécanismes de changement thérapeutique.
Les indicateurs comportementaux associés à ce construit englobent :
- La capacité à expliciter clairement les finalités de la démarche clinique et à débattre intelligemment de ses objectifs (item 19).
- L’application cohérente et continue d’une logique explicative du comportement humain tout au long des consultations (item 26).
- L’assimilation effective des principes fondamentaux de la déontologie et de la méthodologie de l’intervention (item 23, codé inversé).
- La compétence d’auto-analyse lors du visionnage ou de l’écoute de ses propres séances enregistrées (item 14).
2. Pratique clinique effective auprès des consultants (Counseling Practice with Clients)
Ce volet mesure l’expression comportementale directe des micro-compétences relationnelles et communicationnelles déployées en direct avec le patient. Il s’agit du savoir-faire technique et pragmatique qui conditionne la qualité de l’alliance thérapeutique.
Parmi les facettes examinées figurent :
- L’empathie et la focalisation : Démontrer un intérêt sincère pour la réalité subjective du consultant (item 1), tout en évitant les approches distantes, robotiques ou superficielles (item 2).
- La gestion du flux verbal et la directivité : Ne pas dominer l’espace de parole (item 5) et s’abstenir de postures moralisatrices, dogmatiques ou magistrales (item 13).
- La présence émotionnelle et la congruence : Être détendu, calme et authentique dans l’interaction (item 8), percevoir simultanément le contenu factuel et la tonalité affective du discours (item 9), et faire preuve d’adaptabilité verbale selon la singularité de chaque situation clinique (item 22).
3. Exploration de soi et dynamiques relationnelles (Exploration of Self and Counseling Relationships)
Cette troisième sous-échelle porte sur la maturité intrapersonnelle, la réflexivité et la posture d’apprenant face au processus de supervision. Le développement d’un thérapeute dépend intrinsèquement de sa capacité à explorer ses propres mécanismes de défense, ses angles morts et ses réactions contre-transférentielles.
Cette dimension englobe des aspects critiques tels que :
- L’ouverture à l’examen de soi : Accepter de revisiter ses failles, ses doutes et ses affects inconfortables lors des séances de supervision (items 11, 20).
- La réceptivité au feedback : Être capable d’intégrer la critique formative sans basculer dans le déni, la justification défensive ou l’hostilité (item 7).
- La responsabilité professionnelle et la collégialité : Respecter scrupuleusement les engagements temporels et institutionnels (item 10), solliciter l’expertise de ses pairs ou de ses aînés en cas de dilemme (item 4) et collaborer harmonieusement avec les équipes pluridisciplinaires (item 16).
- L’engagement envers la croissance personnelle : Manifester une quête continue de développement personnel et professionnel (item 25).
6. Cadre théorique
La conception de la CERS s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques majeures ayant profondément marqué la psychologie et la psychothérapie dans la seconde moitié du XXe siècle :
L’approche humaniste et centrée sur la personne (Carl Rogers)
L’influence prépondérante du modèle humaniste développé par Carl Rogers transparaît dans la définition même des items de la CERS. Rogers a démontré que les conditions nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique reposent sur l’empathie, la considération positive inconditionnelle et la congruence (ou authenticité) du thérapeute. Des items tels que « Est détendu et à l’aise au cours de la séance de counseling » (item 8), « Est conscient à la fois du contenu et des sentiments » (item 9) ou « Ne fait pas la morale ni de sermon » (item 13) découlent directement des prescriptions rogériennes visant à neutraliser le jugement pour instaurer un climat sécure favorisant l’actualisation de soi.
La théorie du micro-counseling et l’apprentissage social (Allen Ivey et Albert Bandura)
Au début des années 1970, les travaux d’Allen Ivey sur le micro-counseling ont révolutionné l’enseignement de la relation d’aide en décomposant l’art complexe de la thérapie en habiletés comportementales distinctes et observables (questions ouvertes, reflets d’émotions, silences attentifs, flexibilité verbale). Simultanément, la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura mettait en lumière l’importance du renforcement guidé, de l’auto-observation (notamment via l’analyse d’enregistrements audio/vidéo) et de l’auto-efficacité dans l’acquisition de compétences complexes. La CERS a été conçue pour traduire ces compétences découpées en critères opérationnels standardisés, permettant une rétroaction comportementale précise.
Les modèles développementaux de la supervision clinique
La CERS anticipe et alimente les théories développementales ultérieures de la supervision, telles que le Integrated Developmental Model (IDM) de Stoltenberg et Delworth (1987). Ces modèles postulent que les stagiaires passent par plusieurs stades successifs : d’une phase initiale marquée par l’anxiété, la rigidité technique et l’égocentrisme cognitif (items 2, 12, 18), vers un stade de compétence autonome caractérisé par la flexibilité situationnelle, la conscience réflexive et la maturité collaborative (items 17, 20, 22). La CERS permet de tracer empiriquement cette trajectoire développementale.
7. Validité
Les propriétés de validité de la CERS ont été explorées au travers de nombreuses investigations psychométriques indépendantes menées sur plusieurs décennies.
Validité de contenu
La validité de contenu initiale a été établie par Myrick et Kelly (1971) à partir d’une analyse exhaustive de la littérature portant sur la formation clinique et la consultation d’un panel d’experts superviseurs. Les 27 items ont été sélectionnés pour couvrir uniformément l’ensemble des exigences requises dans les programmes accrédités par le CACREP (Council for Accreditation of Counseling and Related Educational Programs). Chaque énoncé reflète un comportement univoque, minimisant l’ambiguïté sémantique pour les juges.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente de l’instrument a été corroborée par sa corrélation positive et significative avec d’autres échelles standardisées d’évaluation clinique :
- Les scores totaux à la CERS présentent des corrélations fortes (typiquement comprises entre r = 0,65 et r = 0,82) avec l’échelle Counselor Behavior Rating Scale (CBRS) et les évaluations globales de fin de stage formulées par les directeurs cliniques.
- Une corrélation modérée à forte a été établie entre la CERS et la mesure de l’alliance thérapeutique perçue par les consultants (notamment via le Working Alliance Inventory), indiquant que les stagiaires jugés performants par leurs superviseurs établissent de fait de meilleures alliances de travail sur le plan clinique.
Validité discriminante
La CERS discrimine avec succès différents niveaux d’expérience et d’avancement académique. Des études comparatives ont démontré des différences statistiquement significatives (p < 0,001) entre les scores obtenus par des étudiants débutant leur premier stage pratique (practicum) et ceux accomplissant leur stage terminal (internship). Les étudiants avancés obtiennent systématiquement des scores supérieurs sur les items mesurant la flexibilité verbale (item 22), l’autonomie d’analyse des bandes audio (item 14) et la tolérance à l’examen de soi (item 20).
Validité prédictive
La note globale obtenue à la CERS, et plus particulièrement la réponse à l’item synthétique 27 (« Peut être recommandé pour un poste de counseling sans réserve »), s’est révélée un prédicteur robuste de l’insertion professionnelle future des candidats, de l’obtention des licences d’exercice étatiques (licensure) et du succès aux examens nationaux de certification professionnelle (comme le National Counselor Examination).
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la CERS démontre une stabilité et une homogénéité métrique très satisfaisantes à travers la littérature psychométrique.
Cohérence interne
Les estimations de la consistance interne, mesurées par le coefficient alpha de Cronbach, rapportent systématiquement des valeurs élevées :
- Échelle globale (27 items) : Les études, dont celles de Benshoff et Thomas (1992), font état de coefficients alpha compris entre 0,91 et 0,95, témoignant d’une remarquable homogénéité des items dans l’évaluation de la compétence globale en relation d’aide.
- Sous-échelle Compréhension théorique : Coefficients alpha variant généralement entre 0,78 et 0,85.
- Sous-échelle Pratique auprès des clients : Coefficients alpha oscillant entre 0,84 et 0,89.
- Sous-échelle Exploration de soi et supervision : Coefficients alpha situés entre 0,81 et 0,87.
Fidélité inter-juges
Puisque la CERS est une échelle d’hétéro-évaluation, la concordance entre différents superviseurs observant le même stagiaire constitue une métrique cruciale. Lorsque les superviseurs reçoivent une formation préalable standardisée sur la définition des ancrages comportementaux :
- Les coefficients de corrélation inter-juges (inter-rater reliability) se situent couramment entre 0,72 et 0,86.
- Les discordances majeures s’observent principalement sur les items négativement libellés ou touchant à l’affect interne du stagiaire (par exemple, « Manque de confiance en soi », item 18), où les déductions inférentielles de l’évaluateur peuvent fluctuer.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Dans les configurations d’évaluation à court terme (intervalle de 2 à 3 semaines sans intervention pédagogique ciblée), les coefficients de fidélité test-retest se sont élevés au-delà de r = 0,80, confirmant que la CERS mesure des dispositions et des savoir-faire stables plutôt que de simples fluctuations circonstancielles d’humeur de l’évaluateur.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de la CERS a fait l’objet de discussions méthodologiques approfondies depuis sa publication originale.
Structure originale tripartite (Myrick & Kelly, 1971)
Myrick et Kelly ont initialement postulé une répartition rationnelle et théorique en trois composantes fonctionnelles :
- Compréhension théorique du counseling (items 3, 6, 9, 14, 19, 23, 26).
- Pratique clinique auprès des consultants (items 1, 2, 5, 8, 11, 12, 13, 17, 18, 21, 22).
- Exploration de soi et relations de supervision (items 4, 7, 10, 15, 16, 20, 24, 25).
À noter que l’item 27 (« Peut être recommandé sans réserve ») était souvent traité comme un item critère général résumant l’aptitude globale plutôt que comme rattaché à un sous-facteur unique.
Réanalyse empirique (Benshoff & Thomas, 1992)
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par James M. Benshoff et Wayne P. Thomas (1992) avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax) sur des échantillons de superviseurs ont apporté un éclairage nouveau sur la multidimensionnalité de l’outil :
- Présence d’un facteur général majeur : L’extraction par composantes principales révèle la présence d’un premier facteur dominant (expliquant fréquemment plus de 45 à 50 % de la variance totale), traduisant une impression générale d’efficacité clinique et professionnelle (effet de halo thérapeutique ou « compétence générale »).
- Structure bidimensionnelle émergente : En contraignant l’extraction factorielle, une partition plus parcimonieuse en deux facteurs principaux est nettement apparue :
- Facteur I : Compétences d’intervention clinique en face-à-face (regroupant les items liés à la gestion directe du client, l’écoute, l’empathie, l’absence de moralisation et l’aisance en séance).
- Facteur II : Compétences d’utilisation de la supervision et professionnalisme (regroupant l’ouverture à l’auto-examen, la ponctualité, le respect des tâches, la collaboration d’équipe et la réceptivité à la critique).
Les saturations factorielles observées sur les items clés dépassent couramment 0,60 (par exemple, des saturations très élevées pour les items 8, 9, 17 et 22 sur le facteur de compétence clinique, et pour les items 4, 7, 10 et 20 sur le facteur de supervision). Les spécialistes recommandent aujourd’hui d’utiliser à la fois le score total global de la CERS et les profils dimensionnels pour une analyse clinique affinée.
10. Instrument de mesure
La passation, le format et les modalités de calcul des scores de la CERS sont décrits ci-dessous :
- Nature de l’évaluation : Hétéro-évaluation standardisée (complétée par un superviseur clinique, un formateur universitaire ou un tuteur de stage). Peut également être employée en auto-évaluation par l’étudiant à des fins de confrontation réflexive (bilan croisé).
- Nombre d’items : 27 énoncés descriptifs rédigés à la troisième personne du singulier.
- Format et échelle de réponse : Échelle de réponse bipolaire en 6 points sans ancrage neutre, conçue sous la formulation « agree to disagree » :
- +3 : Accord total (Strongly agree)
- +2 : Accord modéré (Moderately agree)
- +1 : Léger accord (Slightly agree)
- -1 : Léger désaccord (Slightly disagree)
- -2 : Désaccord modéré (Moderately disagree)
- -3 : Désaccord total (Strongly disagree)
- Méthode originale : Sommation des valeurs algébriques (-3 à +3) après inversion des items négatifs.
- Méthode convertie (1 à 6) : En pratique psychométrique contemporaine, l’échelle est fréquemment convertie linéairement de 1 (-3) à 6 (+3) afin d’éviter la manipulation de nombres négatifs. Le score total s’échelonne alors de 27 à 162 points, les scores les plus élevés dénotant une maîtrise clinique et réflexive supérieure.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1971 (par Robert D. Myrick et F. Donald Kelly Jr.).
- Révisions et études subséquentes : 1992 (Benshoff & Thomas).
- Statut du droit d’auteur et permissions : L’article original de 1971 a été publié dans la revue Counselor Education and Supervision, éditée par l’American Counseling Association (ACA). À des fins de recherche universitaire non commerciale, d’enseignement académique ou de formation clinique, l’échelle peut être reproduite et utilisée sous réserve de citer intégralement les publications princeps. Toute utilisation commerciale ou intégration dans des progiciels d’évaluation propriétaires requiert l’autorisation explicite de la maison d’édition (Wiley / ACA).
- Tarif : Instrument gratuit dans le cadre académique et de la recherche clinique ; aucun coût d’achat par passation n’est exigé pour l’accès aux items originaux publiés dans la littérature scientifique.
12. Références
Les sources et études de référence présentées ci-dessous fondent les données psychométriques et l’historique du développement de la CERS :
- Benshoff, J. M., & Thomas, W. P. (1992). A new look at the Counselor Evaluation Rating Scale. Counselor Education and Supervision, 32(1), 12–22. https://doi.org/10.1002/j.1556-6978.1992.tb00170.x
- Myrick, R. D., & Kelly, F. D., Jr. (1971). A scale for evaluating practicum students in counseling and supervision. Counselor Education and Supervision, 10(4), 330–336. https://doi.org/10.1002/j.1556-6978.1971.tb01458.x
- Rishe, H. L. (1985). An investigation of the validity and reliability of the Counselor Evaluation Rating Scale (Thèse de doctorat, University of North Texas). Repéré dans la bibliothèque numérique de l’UNT : https://digital.library.unt.edu/ark:/67531/metadc331049/
- Stoltenberg, C. D., & Delworth, U. (1987). Supervising counselors and therapists: A developmental approach. Jossey-Bass.
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale (agree to disagree):
+3 Strongly agree
+2 Moderately agree
+1 Slightly agree
-1 Slightly disagree
-2 Moderately disagree
-3 Strongly disagree
- Demonstrates an interest in client’s problems.
- Tends to approach clients in a mechanical‚ perfunctory manner.
- Lacks sensitivity to dynamics of self in supervisory relationship.
- Seeks and considers professional opinion of supervisors and other counselors when the need arises.
- Tends to talk more than client during counseling.
- Is sensitive to dynamics of self in counseling relationships.
- Cannot accept constructive criticism.
- Is genuinely relaxed and comfortable in the counseling session.
- Is aware of both content and feeling in counseling sessions.
- Keeps appointments on time and completes supervisor assignments.
- Can deal with content and feeling during supervision.
- Tends to be rigid in counseling behavior.
- Lectures and moralizes in counseling.
- Can critique counseling tapes and gain insights with minimum help from supervisor.
- Is genuinely relaxed and comfortable in supervisory session.
- Works well with other professional personnel (e.g.‚ teachers‚ counselors‚ etc).
- Can be spontaneous in counseling‚ yet behavior is relevant.
- Lacks self-confidence in establishing counseling relationships.
- Can explain what is involved in counseling and discuss intelligently its objectives.
- Is open to self-examination during supervision.
- Can express thoughts and feelings clearly in counseling.
- Verbal behavior in counseling is appropriately flexible and varied‚ according to the situation.
- Lacks basic knowledge of fundamental counseling principles and methodology.
- participates actively and willingly in supervisory sessions.
- Is indifferent to personal development and professional growth.
- Applies a consistent rationale of human behavior to counseling.
- Can be recommended for a counseling position without reservation.