Échelle d’évaluation des compétences du patient

Découvrez l’Échelle d’évaluation des compétences du patient (PCRS), l’outil de référence en neuropsychologie pour mesurer l’anosognosie et la conscience des troubles après un traumatisme crânien ou un AVC.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation des compétences du patient (Patient Competency Rating Scale — PCRS), initialement développée par le neuropsychologue George P. Prigatano et ses collaborateurs en 1986, constitue l’un des instruments psychométriques de référence à l’échelle internationale pour évaluer les altérations de la conscience de soi (impaired self-awareness) et l’anosognosie chez les personnes ayant subi une lésion cérébrale acquise, notamment à la suite d’un traumatisme crânio-cérébral (TCC) ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC). L’instrument repose sur une approche d’évaluation tri-focale parallèle comprenant trente items identiques administrés au patient, à un membre de son entourage proche (conjoint, parent) et à un clinicien ou thérapeute référent.

Les trente items de l’échelle sondent quatre domaines fonctionnels majeurs : les activités instrumentales de la vie quotidienne (AVQ), le fonctionnement interpersonnel et social, la régulation émotionnelle et affective, ainsi que le fonctionnement cognitif et exécutif. Chaque énoncé est noté sur une échelle de Likert ordinale en 5 points allant de 1 (« Can’t do » / Incapable de faire) à 5 (« Can’t do with ease » / Réalisable avec aisance), générant un score total oscillant entre 30 et 150 points pour chaque évaluateur. Le cœur métrologique de la PCRS réside dans le calcul des scores de divergence (ou scores d’écart) entre l’auto-évaluation du patient et l’hétéro-évaluation des tiers, permettant d’objectiver avec précision l’ampleur de la surestimation des capacités (anosognosie ou déni) ou, à l’inverse, une sous-estimation symptomatique d’une détresse psychologique ou dépressive réactive.

Les propriétés psychométriques de la PCRS démontrent une excellente cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,88 et 0,93 pour la forme patient et entre 0,91 et 0,95 pour les formes tiers) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse dépassant 0,85). Les études de validité concomitante et discriminante confirment sa capacité à différencier nettement les patients cérébrolésés des sujets témoins sains, et à corréler significativement les indices d’anosognosie avec l’engagement rééducatif, l’autonomie résidentielle et la réinsertion socioprofessionnelle à long terme.

2. Mots-clés / Keywords

Patient Competency Rating Scale, PCRS, conscience de soi, anosognosie, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral, neuropsychologie clinique, métacognition, auto-évaluation, hétéro-évaluation, validité psychométrique, réadaptation cognitive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et formalisée par l’équipe de neuropsychologie clinique du Presbyterian Hospital d’Oklahoma City puis affinée au Barrow Neurological Institute de Phoenix (Arizona, États-Unis) :

  • George P. Prigatano, Ph.D. : Neuropsychologue clinicien, professeur émérite de neuropsychologie au Barrow Neurological Institute, Phoenix, Arizona, États-Unis. Pionnier mondial de la réadaptation holistique des lésions cérébrales et de l’étude de l’anosognosie.
  • David J. Fordyce, Ph.D. : Chercheur et clinicien en neuropsychologie, Presbyterian Hospital, Oklahoma City, États-Unis.
  • H. Keith Zeiner, Ph.D. : Collaborateur clinique et chercheur en neuro-réadaptation.
  • J. Ronald Roueche, Ph.D. : Neuropsychologue clinicien.
  • Mary Pepping, Ph.D. : Spécialiste de l’évaluation neuropsychologique et des interventions cognitives.
  • Adaptation néerlandaise (1998) : Dr Harold Eilander, expert en neurorééducation pédiatrique et adulte, Stichting Revalidatie Limburg / Klimmendaal, Pays-Bas.

4. Objectif / Purpose

Le principal objectif clinique et scientifique de la Patient Competency Rating Scale est de mesurer de manière quantitative et qualitative le degré de conscience des troubles (self-awareness of deficits) manifesté par une personne ayant subi une atteinte cérébrale neurologique. L’évaluation de la conscience de soi représente l’un des défis diagnostiques les plus complexes en neuropsychologie. Contrairement aux troubles moteurs ou aux aphasies franches, les déficits métacognitifs ne se révèlent pas nécessairement lors des tests psychométriques standardisés en cabinet fermé, car ces derniers fournissent un cadre hautement structuré et suppléent aux fonctions exécutives défaillantes.

Dans les contextes de rééducation post-lésionnelle, l’anosognosie constitue une barrière majeure à la récupération fonctionnelle. Un patient qui ne perçoit pas ses difficultés mnésiques, attentionnelles, comportementales ou motrices :

  • Refuse fréquemment les aides thérapeutiques, les stratégies compensatoires et les aménagements ergonomiques ;
  • S’expose à des risques accidentels graves (tentative prématurée de reprendre la conduite automobile, mauvaise utilisation d’outils domestiques ou de médicaments dangereux) ;
  • Éprouve des difficultés dramatiques lors des tentatives de reprise du travail ou des études en raison d’une mauvaise régulation de l’effort et de ses réactions émotionnelles ;
  • Génère un niveau d’épuisement et de détresse psychologique extrême chez ses proches aidants, qui se retrouvent confrontés à des discordances quotidiennes insurmontables.

La PCRS a été spécifiquement conçue pour opérationnaliser cette dimension par une méthode comparative. En confrontant l’auto-estimation du patient avec le regard écologique des proches et le jugement clinique des soignants, l’échelle permet de mettre en lumière des angles morts cognitifs et comportementaux sans placer le patient dans une situation frontale d’échec ou de confrontation brutale. Dans le cadre de la recherche clinique, la PCRS sert d’étalon-or pour valider l’efficacité des protocoles de rééducation métacognitive et des thérapies cognitivo-comportementales holistiques adaptées aux cérébrolésés.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central évalué par la PCRS est la conscience de ses propres compétences fonctionnelles dans les situations réelles de la vie courante. Cette compétence métacognitive complexe exige l’intégration continue de signaux intéroceptifs, de rétroactions environnementales, de processus de mémoire épisodique et de capacités d’anticipation prospective régies par le cortex préfrontal. Le score de divergence (calculé par la soustraction : Score Patient − Score Informateur) quantifie directement ce construit :

  • Score de divergence positif élevé (Patient > Proche) : Révèle une surestimation nette des capacités fonctionnelles par le patient, signature clinique d’une anosognosie d’origine neurogène ou d’un mécanisme de déni psychologique massif.
  • Score de divergence proche de zéro (Patient ≈ Proche) : Indique une conscience lucide, réaliste et congruente des forces et des limites fonctionnelles actuelles.
  • Score de divergence négatif (Patient < Proche) : Révèle une sous-estimation systématique de ses compétences, souvent associée à un état dépressif, une anxiété d’incompétence acquise, une perte d’estime de soi ou un syndrome d’hyper-vigilance post-traumatique.

Sur le plan structural, les 30 items de l’échelle couvrent quatre dimensions fondamentales du fonctionnement humain :

1. Activités de la vie quotidienne et autonomie instrumentale (IADL)

Cette dimension évalue l’indépendance pratique dans les gestes quotidiens et complexes nécessaires au maintien d’une vie autonome. Elle explore la préparation des repas (Item 1), l’habillage (Item 2), l’hygiène personnelle (Item 3), la vaisselle (Item 4), l’entretien du linge (Item 5), la gestion des finances et des factures (Item 6) et la conduite automobile (Item 14). Ces items confrontent les aptitudes praxiques, visuo-spatiales et exécutives de base aux exigences de l’environnement physique.

2. Compétences cognitives et organisationnelles

Ce pôle explore la mémoire rétrospective et prospective ainsi que la planification temporelle : respect des rendez-vous (Item 7), mémoire des repas récents (Item 10), rappel des noms des connaissances familières (Item 11), orientation et suivi du planning journalier (Item 12), mémoire des tâches impératives quotidiennes (Item 13), estimation de l’heure sans montre (Item 18), programmation des activités de la journée (Item 24), compréhension d’instructions nouvelles (Item 25) et maintien d’une responsabilité constante (Item 26).

3. Régulation émotionnelle et affective

Les atteintes fronto-limbiques entraînent fréquemment un émoussement ou une labilité affective invalidante. La PCRS évalue la capacité à maîtriser ses pleurs (Item 19), à contrôler ses accès de colère lors d’une contrariété (Item 27), à prévenir l’installation d’un état dépressif (Item 28) et à empêcher les débordements affectifs d’interférer avec le bon déroulement de la routine quotidienne (Item 29).

4. Compétences interpersonnelles et intégration sociale

Cette composante s’attache à la communication pragmatique et à la théorie de l’esprit : engager une conversation au sein d’un groupe (Item 8), persévérer au travail malgré l’ennui ou la fatigue (Item 9), solliciter de l’aide en cas de confusion mentale (Item 15), adapter ses réactions aux imprévus (Item 16), faire face aux crises existentielles majeures (Item 17), adopter une attitude socialement appropriée avec les amis (Item 20), manifester de l’affection (Item 21), participer activement à des activités collectives (Item 22), percevoir si l’on a blessé ou indisposé autrui (Item 23) et accepter les remarques ou critiques constructives (Item 30).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de la PCRS repose principalement sur le modèle neuropsychologique et holistique de la réadaptation des lésions cérébrales formalisé par George P. Prigatano (1986, 1991, 1999), fortement inspiré des travaux de l’école neuro-psychologique soviétique d’Alexandre Luria et des théorisations contemporaines des systèmes de contrôle exécutif.

Selon Prigatano, la capacité d’un individu à observer son propre fonctionnement psychologique et cognitif nécessite l’intégrité de boucles cortico-sous-corticales complexes unissant les régions dorsolatérales, orbitofrontales et cingulaires antérieures du cortex préfrontal avec les structures limbiques et pariétales. Une lésion de ces réseaux détruit ce que Luria qualifiait de « système de rétroaction comparateur » (feedback-comparator mechanism), qui compare en continu l’action projetée avec le résultat effectif de l’action dans le monde réel.

Le cadre théorique s’articule également avec le modèle hiérarchique de la conscience de soi proposé par Crosson, Barco, Benton et al. (1989), qui postule trois paliers interdépendants :

  1. La conscience intellectuelle (Intellectual awareness) : La capacité cognitive de base de reconnaître qu’une fonction particulière (la mémoire, la vision, la vitesse motrice) est diminuée par rapport à son niveau prémorbide. C’est ce premier palier que sonde principalement la PCRS au travers de ses 30 items déclaratifs.
  2. La conscience émergente (Emergent awareness) : La capacité de reconnaître une difficulté au moment précis où elle se produit en cours d’activité réelle.
  3. La conscience anticipatoire (Anticipatory awareness) : Le niveau le plus élevé, permettant à l’individu de prévoir qu’un déficit va poser problème avant même d’entamer une tâche, et de déployer proactivement des stratégies compensatoires adaptées.

Prigatano distingue par ailleurs avec rigueur deux phénomènes cliniques souvent confondus mais aux racines distinctes :

  • L’anosognosie neurogène vraie : Perte de signal biologique due à la destruction physique des circuits cérébraux préfrontaux responsables de la métacognition. Le patient ne « sait pas qu’il ne sait pas » ; il est sincèrement persuadé d’être parfaitement intact, sans angoisse associée.
  • Le déni psychologique : Mécanisme de défense psychologique adaptatif inconscient face à une menace existentielle intolérable pour l’intégrité du moi. Le patient perçoit implicitement ou fugitivement ses défaillances mais les minimise ou rejette la faute sur l’environnement pour préserver son narcissisme et son équilibre affectif.

La PCRS capture ces interactions complexes en confrontant le rapport subjectif au consensus social, offrant ainsi une passerelle opérationnelle entre la neurologie comportementale et la psychologie dynamique de l’adaptation au handicap.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la PCRS a fait l’objet d’investigations approfondies depuis plus de trois décennies sur de vastes cohortes cliniques de patients cérébrolésés, de témoins sains et de populations gériatriques.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la cohérence théorique des scores de divergence. Chez les individus sains (sujets contrôles appariés et leurs proches), la différence moyenne entre le score de la personne et le score de son proche est quasi nulle (oscillant entre −2 et +2 points), confirmant que les personnes neurotypiques et leur entourage partagent une représentation congruente de leurs compétences quotidiennes. En revanche, chez les patients présentant un traumatisme crânien sévère ou modéré, le score de divergence moyen s’élève substantiellement (+10 à +25 points en faveur d’une surestimation par le patient), illustrant empiriquement l’anosognosie post-lésionnelle.

Validité convergente et corrélative

Les scores de divergence de la PCRS corrèlent de façon significative avec plusieurs mesures indépendantes des fonctions exécutives et de l’atteinte neurologique :

  • Corrélations négatives significatives avec le nombre de catégories réussies et corrélations positives avec le taux d’erreurs persévératives au Wisconsin Card Sorting Test (WCST, r = −0,38 à −0,51, p < 0,01), démontrant que la perte de conscience de soi est intimement couplée au déficit de flexibilité cognitive frontale ;
  • Concordance substantielle avec d’autres échelles d’évaluation de la conscience des troubles, telles que la Self-Awareness of Deficits Interview (SADI ; Fleming et al., 1996) et l’Awareness Questionnaire (AQ ; Sherer et al., 2003), avec des corrélations variant entre r = 0,62 et r = 0,78 ;
  • Corrélations positives avec les scores d’incapacité globale sur la Functional Independence Measure (FIM) et la Disability Rating Scale (DRS) telles qu’évaluées par les équipes soignantes.

Validité prédictive et écologique

La PCRS possède une remarquable valeur pronostique. De nombreuses études longitudinales ont démontré qu’un score de divergence PCRS élevé en phase subaiguë de réadaptation prédit significativement :

  • L’échec de la réinsertion socioprofessionnelle à 1 an et 2 ans post-accident, indépendamment de la sévérité initiale du coma ou du QI prémorbide ;
  • Un taux accru d’accidents de la voie publique et de ruptures conjugales ;
  • Un fardeau accru chez l’aidant principal (mesuré par l’inventaire de fardeau de Zarit), en raison des conflits récurrents générés par l’absence de prudence du patient dans la vie domestique.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité et de précision métrologique de la PCRS ont été confirmées dans de multiples contextes transculturels (versions américaine, néerlandaise, espagnole, italienne, portugaise et française).

Cohérence interne

L’homogénéité des items de la PCRS est particulièrement robuste sur l’ensemble des formes d’évaluation :

  • Formulaire Patient : Les coefficients alpha de Cronbach se situent systématiquement entre 0,88 et 0,93 selon les études, indiquant une excellente consistance interne des réponses du patient sur sa propre perception fonctionnelle.
  • Formulaire Proche / Famille : Le coefficient alpha de Cronbach varie entre 0,91 et 0,95, témoignant d’une très forte cohérence dans le profil descriptif établi par l’entourage proche.
  • Formulaire Clinicien : L’alpha de Cronbach oscille entre 0,92 et 0,96, confirmant une homogénéité optimale de l’appréciation par l’équipe multidisciplinaire de réadaptation.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée à des intervalles variant de 7 jours à 4 semaines dans des populations neurologiquement stabilisées. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou les corrélations de Pearson rapportés sont de premier ordre :

  • Pour les auto-évaluations du patient : r = 0,85 à 0,91 ;
  • Pour les évaluations par les proches : r = 0,92 à 0,97.

Ces données démontrent que les scores ne fluctuent pas sous l’effet du hasard de mesure ou de simples variations d’humeur passagères, mais reflètent des traits stables de la conscience métacognitive et des compétences fonctionnelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Depuis la publication initiale de Prigatano et al. (1986), plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont examiné la structure latente de la PCRS, tant chez des adultes cérébrolésés que chez des sujets témoins.

Structure factorielle originale et variantes

Dans les travaux initiaux de Prigatano, une structure conceptuelle en quatre composantes a été mise en avant, bien qu’un facteur général prédominant de compétence globale émergeait naturellement :

  1. Facteur 1 : Compétences exécutives et cognitives (expliquant environ 35 à 42 % de la variance totale, regroupant les items 10, 11, 12, 13, 18, 24, 25, 26) ;
  2. Facteur 2 : Activités de base et vie quotidienne (ADL/IADL) (expliquant 10 à 14 % de la variance, regroupant les items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 14) ;
  3. Facteur 3 : Régulation affective et tolérance au stress (expliquant 6 à 9 % de la variance, regroupant les items 19, 27, 28, 29) ;
  4. Facteur 4 : Relations interpersonnelles et communication sociale (expliquant 5 à 7 % de la variance, regroupant les items 8, 9, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23, 30).

Modélisations contemporaines

L’étude psychométrique de référence de Leathem, Murphy et Flett (1998) portant sur l’analyse factorielle confirmatoire a mis en évidence une excellente adéquation pour un modèle trifactoriel ou quadrifactoriel corrélé, tout en confirmant la pertinence clinique de l’utilisation du score total unidimensionnel. Les saturations factorielles des items sur leurs facteurs respectifs sont solides, dépassant presque toutes le seuil de 0,50, avec des valeurs atteignant 0,75 à 0,82 pour des items pivots tels que l’organisation du planning (Item 24) ou la gestion des finances (Item 6).

De plus, l’invariance de mesure à travers le temps et entre les formes (patient vs proche) montre que les deux observateurs attribuent globalement la même signification conceptuelle aux items, ce qui confère une validité mathématique rigoureuse au calcul de la différence arithmétique de leurs scores.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Dénomination de l’instrument : Patient Competency Rating Scale (PCRS) / Échelle d’évaluation des compétences du patient.
  • Type d’outil : Questionnaire standardisé tri-focal combinant auto-évaluation (patient) et hétéro-évaluation (proche/aidant et clinicien).
  • Nombre d’items : 30 items rédigés à la première personne pour le patient (« How much of a problem do I have… ») et adaptés à la troisième personne pour le proche et le praticien (« How much of a problem does the patient have… »).
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • 1 = Can’t do (Incapable de faire)
    • 2 = Very difficult to do (Très difficile à faire)
    • 3 = Can do with some difficulty (Réalisable avec une certaine difficulté)
    • 4 = Fairly easy to do (Assez facile à faire)
    • 5 = Can do with ease (Réalisable avec aisance)
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes par formulaire. Le formulaire patient peut être complété en auto-passation ou sous forme d’entretien semi-dirigé si le patient présente des déficits visuels ou moteurs pour écrire.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score total brut : Somme directe des 30 items pour chaque répondant (Étendue possible : de 30 à 150 points). Un score de 150 représente une indépendance perçue totale et sans aucune difficulté ; un score de 30 reflète une incapacité totale perçue dans toutes les sphères fonctionnelles.
    • Score de divergence (Discrepancy Score) : Calculé par la formule fondamentale :
      Score de divergence = Score Patient − Score Proche (ou Score Clinicien)
    • Interprétation clinique des écarts :
      • Écart > +10 points : Forte présomption d’anosognosie ou de réduction sévère de la conscience des troubles (le patient se perçoit beaucoup plus compétent que son entourage ne le constate).
      • Écart compris entre −9 et +9 points : Niveau d’accord satisfaisant ; conscience adéquate et réaliste des limitations actuelles.
      • Écart < −10 points : Tendance prononcée à la dévalorisation de ses compétences, fréquente lors de décompensations dépressives post-lésionnelles ou de syndromes anxieux sévères.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1986 (publication de George P. Prigatano et collègues dans le cadre des manuels et protocoles de réadaptation neuropsychologique).
  • Statut des droits et accessibilité : La PCRS a été mise à la disposition de la communauté médicale et scientifique par ses auteurs dans un esprit de service public et d’amélioration des soins aux traumatisés crâniens. Elle fait partie du domaine public clinique et de recherche académique.
  • Tarifs / Redevances : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour la recherche universitaire, les hôpitaux publics et la pratique clinique non commerciale. Aucun droit de licence commerciale n’est prélevé. L’outil est largement téléchargeable et répertorié au sein des bases d’outils de réadaptation comme le Center for Outcome Measurement in Brain Injury (COMBI).
  • Conditions d’utilisation : Citer systématiquement les publications originales des auteurs (Prigatano et al., 1986) dans toute recherche, communication ou rapport psychologique.

12. Références / References

Voici les références scientifiques fondamentales en style APA (7e édition) relatives à la conception, la validation et l’utilisation internationale de la PCRS :

  • Borgaro, S. R., Prigatano, G. P., Kwasnica, C., & Rexer, J. L. (2003). The Patient Competency Rating Scale: factor derivative comparison between patients with traumatic brain injury and their significant others. The Journal of Head Trauma Rehabilitation, 18(3), 209–216. https://doi.org/10.1097/00001199-200305000-00001
  • Crosson, B., Barco, P. P., Velozo, C. A., Bolesta, M. M., Werts, D., & Brobeck, T. C. (1989). Awareness and goal setting in brain injury rehabilitation. Journal of Head Trauma Rehabilitation, 4(1), 19–30. https://doi.org/10.1097/00001199-198903000-00006
  • Eilander, H. (1998). Patient Competency Rating Scale – Nederlandse versie (PCRS-NL). Klimmendaal Revalidatiespecialisten / Stichting Revalidatie Limburg.
  • Fleming, J. M., Strong, J., & Ashton, R. (1996). Self-awareness of deficits in adults with traumatic brain injury: How best to measure? Brain Injury, 10(1), 1–16. https://doi.org/10.1080/026990596124674
  • Leathem, J. M., Murphy, L. J., & Flett, R. A. (1998). Self- and informant-ratings on the Patient Competency Rating Scale in patients with traumatic brain injury. The Journal of Head Trauma Rehabilitation, 13(4), 52–61. https://doi.org/10.1097/00001199-199808000-00007
  • Prigatano, G. P., Fordyce, D. J., Zeiner, H. K., Roueche, J. R., Pepping, M., & Wood, B. C. (1986). Neuropsychological Rehabilitation After Brain Injury. Johns Hopkins University Press.
  • Prigatano, G. P. (1991). Disturbances of self-awareness of deficit after traumatic brain injury. In G. P. Prigatano & D. L. Schacter (Eds.), Awareness of Deficit After Brain Injury: Clinical and Theoretical Issues (pp. 111–126). Oxford University Press.
  • Prigatano, G. P. (1996). Behavioral limitations TBI patients tend to underestimate: a clinical note. Brain Injury, 10(11), 823–826. https://doi.org/10.1080/026990596123990
  • Prigatano, G. P. (2005). Disturbances of self-awareness and rehabilitation of patients with traumatic brain injury: a 20-year perspective. The Journal of Head Trauma Rehabilitation, 20(1), 19–29. https://doi.org/10.1097/00001199-200501000-00004
  • Sherer, M., Bergloff, P., Levin, E., High, W. M., Oden, K. E., & Nick, T. G. (2003). Impaired awareness and employment outcome after traumatic brain injury. Journal of Head Trauma Rehabilitation, 18(3), 263–270. https://doi.org/10.1097/00001199-200305000-00006

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The following is a questionnaire that asks you to judge your ability to undertake a variety of everyday activities. By reviewing such problems, one gets a fuller picture of the problems people have after a head injury. Read each question carefully and indicate your rating for each item.
Response Scale: 5-point Likert scale: 1 = Can't do, 2 = Very difficult to do, 3 = Can do with some difficulty, 4 = Fairly easy to do, 5 = Can do with ease
Scoring / Reverse Items: Items are rated on a 1-5 scale and summed to yield a total score ranging from 30 to 150. Discrepancy scores between patient self-ratings and informant/clinician ratings provide a measure of self-awareness (impaired self-awareness/anosognosia). Subscales frequently examined include Activities of Daily Living (ADL), Interpersonal Functioning, Emotional Functioning, and Cognitive Functioning.
1

How much of a problem do I have in preparing my own meals?
2

How much of a problem do I have in dressing myself?
3

How much of a problem do I have in taking care of my personal hygiene?
4

How much of a problem do I have in washing the dishes?
5

How much of a problem do I have in doing the laundry?
6

How much of a problem do I have in taking care of daily finances (paying bills, balancing checkbook)?
7

How much of a problem do I have in keeping appointments on time?
8

How much of a problem do I have in starting conversations in a group?
9

How much of a problem do I have in staying involved in work activities even when bored or tired?
10

How much of a problem do I have in remembering what I had for dinner last night?
11

How much of a problem do I have in remembering names of people I see often?
12

How much of a problem do I have in remembering daily schedule?
13

How much of a problem do I have in remembering what important things I have to do each day?
14

How much of a problem do I have in driving a car if I had to?
15

How much of a problem do I have in getting help when I'm confused?
16

How much of a problem do I have in adjusting to unexpected changes in plans?
17

How much of a problem do I have in handling big problems in my life?
18

How much of a problem do I have in telling what time it is without looking at a clock?
19

How much of a problem do I have in controlling my crying?
20

How much of a problem do I have in acting appropriately when I'm around friends?
21

How much of a problem do I have in showing affection to people?
22

How much of a problem do I have in participating in group activities?
23

How much of a problem do I have in recognizing when I have upset someone?
24

How much of a problem do I have in scheduling daily activities?
25

How much of a problem do I have in understanding new instructions?
26

How much of a problem do I have in consistently meeting my daily responsibilities?
27

How much of a problem do I have in controlling my temper when something upsets me?
28

How much of a problem do I have in keeping from being depressed?
29

How much of a problem do I have in keeping my emotions from affecting my ability to go about the day's business?
30

How much of a problem do I have in accepting criticism from other people?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle d’évaluation des compétences du patient. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-des-competences-du-patient-pcrs/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation des compétences du patient.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-des-competences-du-patient-pcrs/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation des compétences du patient.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-des-competences-du-patient-pcrs/.