Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS)

Découvrez l’Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS) de Gary T. Montgomery (1992) : propriétés psychométriques, dimensions du confort culturel, cadre théorique et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation de l’acculturation (en anglais, Acculturation Rating Scale ou ARS), développée par le psychologue et chercheur Gary T. Montgomery en 1992, constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour évaluer le niveau d’acculturation, l’adaptation culturelle et le confort psychologique associé au statut d’acculturation chez les populations d’origine mexicaine résidant aux États-Unis. Contrairement aux premières conceptualisations strictement unidimensionnelles et comportementales de l’acculturation, l’ARS de Montgomery intègre de manière novatrice la dimension affective du confort éprouvé face aux pratiques linguistiques, aux coutumes traditionnelles et au sentiment d’appartenance ethnique. L’instrument est composé de 28 items opérationnalisés à travers des échelles de réponses adaptées, évaluant tant l’adhésion à la culture mexicaine d’origine que l’intégration à la culture anglo-américaine d’accueil.

L’architecture factorielle de l’ARS repose sur cinq dimensions empiriquement validées : (1) le confort à l’égard de la langue espagnole, des traditions mexicaines et de la pensée en espagnol (10 items), (2) le confort à l’égard de la langue anglaise et des traditions anglo-américaines (7 items), (3) la préférence personnelle relative à l’identité ethnique de soi et de l’entourage (5 items), (4) l’auto-évaluation de l’identité ethnique réelle (4 items incluant l’ascendance parentale et la filiation générationnelle), et (5) le confort spécifique lié à la communication verbale et cognitive en anglais (3 items). Les études psychométriques initiales menées auprès d’étudiants hispaniques du sud du Texas démontrent une cohérence interne exceptionnelle, attestée par un coefficient alpha de Cronbach global de .94, tandis que les sous-échelles affichent des coefficients alpha hautement satisfaisants oscillant entre .86 et .92. L’ARS s’impose ainsi comme un outil clinique et scientifique rigoureux pour explorer l’hétérogénéité intragroupe, la détresse d’acculturation, les disparités de santé et les processus d’adaptation interculturelle.

2. Mots-clés / Keywords

Acculturation, Échelle d’évaluation de l’acculturation, ARS, Gary T. Montgomery, identité ethnique, adaptation interculturelle, psychométrie, biculturalisme, hispaniques, mexicains-américains, validité factorielle, confort linguistique, stress d’acculturation.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’évaluation de l’acculturation a été conçue et validée par :

  • Dr. Gary T. Montgomery : Département de psychologie et d’anthropologie, Université du Texas-Pan American (aujourd’hui intégrée à l’University of Texas Rio Grande Valley), Edinburg, Texas, États-Unis. Chercheur émérite spécialisé dans la psychologie interculturelle, l’évaluation psychologique des minorités ethniques et les processus psychosociaux régissant l’adaptation des populations hispaniques et mexicaines-américaines dans les zones frontalières.

Des travaux d’analyse comparative et de diffusion de cet instrument ont également été menés et documentés dans des monographies majeures sur la mesure de la race et de l’ethnicité, notamment par Larry E. Davis et Rafael J. Engel de l’Université de Pittsburgh (2011).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS) de Montgomery (1992) est de fournir une évaluation multidimensionnelle, standardisée et sensible aux nuances affectives de l’acculturation chez les individus d’origine mexicaine. Traditionnellement, l’évaluation de l’acculturation dans la littérature nord-américaine reposait essentiellement sur des indicateurs démographiques distaux (tels que le lieu de naissance ou le nombre d’années vécues dans le pays d’accueil) ou sur des mesures univariées d’usage linguistique. Bien que ces variables offrent une approximation grossière de l’assimilation structurelle, elles échouent à capturer la complexité psychologique interne de l’individu qui négocie au quotidien son appartenance entre deux systèmes culturels distincts.

Montgomery a conçu l’ARS pour combler une lacune épistémologique cruciale : mesurer non seulement les comportements observables (consommation médiatique, préférences culinaires, célébrations traditionnelles), mais surtout le degré de confort psychologique et affectif ressenti par l’individu lorsqu’il s’engage dans ces pratiques culturelles, qu’elles soient mexicaines ou anglo-américaines. L’instrument s’intéresse également à la dissonance potentielle entre l’identité ethnique réelle (telle qu’héritée et vécue au quotidien) et l’identité ethnique idéalisée ou désirée (« si vous pouviez choisir, comment aimeriez-vous que soit votre identité ? »). Cette distinction entre le statut actuel et les aspirations identitaires confère à l’ARS une portée diagnostique unique.

Dans le domaine de la recherche empirique, l’ARS permet d’étudier l’impact différentiel des dimensions de l’acculturation sur une multitude de variables d’intérêt psychosocial et biomédical, telles que la détresse psychologique, l’anxiété, la dépression, les conduites à risque chez les adolescents, l’estime de soi, le rendement académique et l’adhésion aux traitements médicaux. L’échelle aide à dépasser l’écueil consistant à traiter les groupes hispaniques comme une entité homogène, en mettant en lumière des trajectoires d’acculturation diversifiées, allant de la marginalisation culturelle à un biculturalisme intégré et harmonieux.

Sur le plan de la pratique clinique, l’ARS constitue un outil d’anamnèse et d’évaluation diagnostique inestimable pour les psychologues, psychiatres et travailleurs sociaux œuvrant auprès de populations immigrées ou de descendants d’immigrants. Comprendre où se situe un patient sur le continuum d’acculturation permet d’identifier l’existence de conflits intergénérationnels (par exemple, des enfants fortement acculturés à l’anglais vivant avec des parents monolingues hispanophones), d’évaluer le sentiment d’isolement social lié à des compétences linguistiques asymétriques et de concevoir des interventions psychothérapeutiques culturellement adaptées, respectueuses des repères sémiotiques et identitaires du patient.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique d’acculturation, tel qu’opérationnalisé par Montgomery (1992), transcende la vision mécaniste de l’assimilation unilatérale pour embrasser une conception bidimensionnelle et multidomaine. L’acculturation y est définie comme un processus dynamique de changement cognitif, affectif, comportemental et identitaire résultant de la rencontre continue et directe entre deux cultures distinctes. L’ARS décompose ce macro-construit en cinq dimensions distinctes mais interdépendantes :

1. Confort avec la langue espagnole et les traditions mexicaines (10 items)

Cette sous-échelle évalue l’ancrage dans la culture d’origine (culture mexicaine). Elle explore l’aisance affective et cognitive à penser et s’exprimer en espagnol tant dans l’intimité du foyer qu’avec les pairs (items 5, 6, 7 inversés), ainsi que le plaisir intrinsèque retiré de pratiques culturelles endogènes (items 11 à 17 inversés) telles que l’écoute de musique mexicaine, le visionnage d’émissions ou de films en espagnol, la lecture, la préparation et la consommation de nourriture traditionnelle, et les voyages au Mexique. Un score élevé sur ces items (avant inversion) reflète une forte rétention culturelle et une fidélité affective aux racines ancestrales.

2. Confort avec la langue anglaise et les traditions anglo-américaines (7 items)

Cette composante mesure le degré d’adoption active des normes et des manifestations de la culture d’accueil (culture anglo-américaine). Elle englobe l’appréciation des médias en langue anglaise (musique, télévision, cinéma, lecture), la célébration des fêtes du calendrier américain, les préférences culinaires et les voyages à travers les États-Unis (items 18 à 24). Elle capture la participation enthousiaste aux styles de vie prédominants de la société globale américaine sans préjuger du renoncement à la culture d’origine.

3. Préférence relative à l’identité ethnique (5 items)

Cette dimension originale évalue les aspirations et les idéaux identificatoires de l’individu par rapport à son réseau social et familial. Elle explore l’orientation ethnique désirée concernant le cercle d’amis, la mère, le père et sa propre personne (items 25 à 28), tout en examinant rétrospectivement l’environnement relationnel d’enfance (item 4). Cette sous-échelle permet de détecter la désirabilité culturelle internalisée et les éventuels conflits internes lorsque l’environnement réel ne correspond pas aux aspirations identitaires du sujet.

4. Auto-évaluation de l’identité ethnique réelle (4 items)

Cette sous-échelle objective l’identité ethnique déclarée et ancrée dans la réalité socio-généalogique. Elle repose sur l’étiquetage ethnique choisi par la mère (item 1), le père (item 2), l’individu lui-même (item 3), complété par des données relatives au statut générationnel sur le territoire des États-Unis. Cette taxonomie identitaire s’étend d’une identité mexicaine exclusive à une identité anglo-américaine, en passant par des catégorisations intermédiaires telles que Chicano ou Mexican-American, reflétant la conscience politique et sociale de l’appartenance ethnique.

5. Confort lié à la communication en langue anglaise (3 items)

Focalisée sur l’instrumentation cognitive et linguistique de la culture d’accueil, cette sous-échelle examine spécifiquement l’aisance de l’individu à parler anglais à la maison, à converser en anglais avec ses amis lors de moments informels à l’école, et à utiliser l’anglais comme véhicule interne de la pensée réflexive (items 8, 9, 10). L’aisance linguistique étant l’un des prédicteurs les plus robustes de l’acculturation fonctionnelle, cette dimension isole le confort de communication de l’adhésion comportementale globale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle d’évaluation de l’acculturation s’inscrit au carrefour de plusieurs courants fondamentaux de la psychologie sociale, de l’anthropologie cognitive et de la psychologie interculturelle. Son élaboration théorique puise abondamment dans les modèles d’acculturation bidimensionnels, principalement théorisés par John W. Berry, ainsi que dans les travaux pionniers d’Israel Cuéllar et de ses collègues (notamment l’échelle ARSMA développée en 1980).

Le modèle bidimensionnel de l’acculturation

Pendant la majeure partie du XXe siècle, les théories sociologiques de l’assimilation (comme celles de l’École de Chicago) postulaient un modèle unidimensionnel et linéaire : l’acquisition de la culture dominante d’accueil exigeait inévitablement et proportionnellement l’abandon des traits culturels d’origine. Les travaux de Berry ont réfuté ce postulat assimilationniste en démontrant que le maintien de l’héritage culturel d’origine (Cultural Maintenance) et l’adhésion à la société d’accueil (Contact and Participation) constituent deux dimensions orthogonales et indépendantes. De cette indépendance émergent quatre stratégies d’acculturation :

  • L’intégration (biculturalisme) : maintien de l’identité d’origine tout en adoptant les normes de la société d’accueil.
  • L’assimilation : abandon de la culture d’origine au profit exclusif de la culture d’accueil.
  • La séparation : préservation rigoureuse de la culture d’origine et rejet de la culture d’accueil.
  • La marginalisation : perte des repères d’origine sans incorporation des repères de la société d’accueil.

Montgomery (1992) a intégré ce paradigme en construisant des sous-échelles distinctes pour le confort avec les traditions mexicaines et le confort avec les traditions anglo-américaines, permettant d’identifier des profils biculturels harmonieux où des scores élevés coexistent sur les deux pôles culturels.

La théorie de l’identité sociale et l’affectivité interculturelle

L’ARS s’appuie également sur la théorie de l’identité sociale formulée par Henri Tajfel et John Turner. L’identification ethnique n’est pas qu’une simple étiquette nominale ; elle engage l’estime de soi, le sentiment d’appartenance au groupe d’appartenance (in-group) et la perception des exogroupes (out-groups). En introduisant une section mesurant l’identité ethnique « idéale » face à l’identité « réelle », Montgomery s’inspire également de la théorie de la divergence de soi (Self-Discrepancy Theory) d’Edward Tory Higgins. Lorsqu’il existe un écart significatif entre le statut culturel réel d’un individu et la norme culturelle à laquelle il aspire ou qu’il perçoit comme valorisée par son environnement immédiat, cet écart engendre un stress d’acculturation (acculturative stress), de l’anxiété et une baisse de bien-être subjectif.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’évaluation de l’acculturation de Montgomery (1992) a été documentée à travers de multiples analyses portant sur des échantillons diversifiés d’étudiants d’origine hispanique et mexicaine-américaine dans le sud du Texas, une région frontalière caractérisée par un bilinguisme dynamique et une coexistence culturelle dense.

Validité de contenu et apparente

La validité de contenu a été garantie par une revue exhaustive de la littérature existante sur les instruments de mesure de l’acculturation (notamment l’échelle ARSMA de Cuéllar et al., 1980, et les échelles de Szapocznik et al., 1978). Les items ont été formulés pour couvrir un éventail représentatif de contextes écologiques : le foyer, l’école, les interactions avec les pairs, les médias et les célébrations rituelles. L’inclusion spécifique d’items mesurant le « confort » subjectif a permis de renforcer la validité apparente auprès des participants, qui ont reconnu dans le test des situations conformes à leur expérience affective quotidienne.

Validité convergente et de construit

La validité convergente de l’ARS a été confirmée par des corrélations hautement significatives avec les indicateurs sociodémographiques classiques de l’acculturation. Les scores indiquant une orientation anglo-américaine plus marquée étaient positivement corrélés avec :

  • Le statut générationnel dans le pays d’accueil : les étudiants de troisième, quatrième ou cinquième génération obtenaient des scores significativement plus élevés de confort en anglais et d’identification anglo-américaine comparativement aux immigrants de première génération (nés au Mexique) ou de deuxième génération ($p < .001$).
  • La langue maternelle et préférentielle : des corrélations fortes et positives ont été établies entre les scores de l’ARS et la préférence déclarée pour l’anglais dans la vie quotidienne ($r > .70$).

De surcroît, la validité convergente a été démontrée par des corrélations substantielles avec d’autres échelles d’acculturation établies de longue date dans la recherche latino-américaine, confirmant que l’ARS mesure bien le construit cible de l’adaptation interculturelle.

Validité discriminante

Les analyses ont révélé que les sous-échelles de confort en espagnol et de confort en anglais ne présentaient pas une corrélation inverse parfaite. Cette quasi-indépendance démontre la validité discriminante de l’outil vis-à-vis des conceptions assimilationnistes unidimensionnelles : un individu peut simultanément manifester un haut niveau de confort en espagnol et un haut niveau de confort en anglais, ce qui prouve que l’ARS ne confond pas l’acquisition de la culture dominante avec la perte de la culture d’origine.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle d’évaluation de l’acculturation démontre des qualités métrologiques remarquables, tant au niveau de l’échelle totale qu’au niveau de ses composantes spécifiques.

Cohérence interne

Dans l’étude princeps menée par Montgomery en 1992 auprès d’une cohorte représentative d’étudiants universitaires du sud du Texas, la cohérence interne globale du questionnaire s’est révélée exceptionnelle :

  • Échelle globale (28 items) : coefficient alpha de Cronbach de .94, dénotant une homogénéité remarquable des items tout en couvrant un spectre large d’attitudes et de comportements.
  • Facteur 1 (Confort espagnol / traditions mexicaines – 10 items) : $\alpha = .92$.
  • Facteur 2 (Confort anglais / traditions anglo-américaines – 7 items) : $\alpha = .86$.
  • Facteur 3 (Préférence d’identité ethnique – 5 items) : $\alpha = .92$.
  • Facteur 4 (Auto-évaluation de l’identité ethnique – 4 items) : $\alpha = .90$.
  • Facteur 5 (Confort d’expression en anglais – 3 items) : $\alpha = .92$.

Toutes les valeurs alpha dépassent largement le seuil standard de .70 préconisé par la communauté psychométrique pour la recherche fondamentale, et franchissent également le seuil rigoureux de .90 recommandé pour une utilisation diagnostique individuelle.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les évaluations de la stabilité temporelle menées sur des sous-échantillons à des intervalles de plusieurs semaines ont confirmé des coefficients de corrélation test-retest élevés ($r > .85$), attestant que si l’acculturation est un processus évolutif sur le long terme à l’échelle d’une vie, les attitudes, préférences et conforts mesurés par l’ARS constituent des traits psychologiques stables sur le court et moyen terme.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de l’ARS a été établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Montgomery (1992), complétées ultérieurement par des vérifications confirmatoires documentées dans les ouvrages spécialisés en mesure interculturelle (Davis & Engel, 2011).

Méthodologie d’extraction et de rotation

Les données empiriques ont été soumises à une extraction en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax), afin de tenir compte des intercorrélations naturelles et théoriquement attendues entre les différentes facettes linguistiques et identitaires de l’acculturation. Les critères de rétention factorielle reposaient sur la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1.0) ainsi que sur l’examen minutieux du diagramme d’éboulis (scree test de Cattell).

Structure à cinq facteurs

L’analyse a mis en évidence une solution optimale en cinq facteurs expliquant une proportion substantielle de la variance totale :

  • Facteur 1 : Confort avec la langue espagnole et les traditions mexicaines (10 items : 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17). Les saturations factorielles pour ces items étaient particulièrement robustes, oscillant majoritairement entre .60 et .85. Ce facteur regroupe à la fois la compétence cognitive ressentie en espagnol et l’engagement émotionnel dans les manifestations culturelles traditionnelles.
  • Facteur 2 : Confort avec la langue anglaise et les traditions anglo-américaines (7 items : 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24). Les saturations variaient de .55 à .80, isolant les activités de loisir, de consommation médiatique et de socialisation ancrées dans le mode de vie anglo-américain.
  • Facteur 3 : Préférence pour l’identité ethnique (5 items : 4, 25, 26, 27, 28). Ce facteur s’est nettement différencié avec des saturations supérieures à .65, démontrant que le souhait d’orientation ethnique forme un conglomérat psychologique distinct des comportements réels observés.
  • Facteur 4 : Auto-évaluation de l’identité ethnique (4 items : 1, 2, 3, combinés à l’indicateur de filiation générationnelle). Ce facteur capture l’auto-étiquetage ethnique formel et historique de la lignée familiale.
  • Facteur 5 : Confort d’expression et de pensée en anglais (3 items : 8, 9, 10). Bien que lié au Facteur 2, ce facteur s’en est détaché de manière distincte avec des saturations très élevées (> .75), illustrant que l’aisance verbale et cognitive directe en anglais constitue un bloc fonctionnel autonome dans l’esprit des bilingues émergents.

Cette structure multifactorielle claire a permis de réfuter l’hypothèse d’un facteur général unique qui gommerait les particularités des styles d’adaptation biculturels.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle d’évaluation de l’acculturation est un auto-questionnaire structuré en papier-crayon ou format informatisé, comprenant 28 items principaux (auxquels s’ajoute le recueil sociodémographique de la génération d’immigration). L’instrument utilise plusieurs formats d’échelles de réponse calibrés pour chaque groupe de questions :

  • Format d’administration : Auto-évaluation individuelle ou collective. Durée de passation estimée entre 10 et 15 minutes.
  • Items 1 à 3 (Identité ethnique de la mère, du père et de soi-même) : Échelle ordinale à 5 points :
    • 1 = Mexican / Mexicano
    • 2 = Chicano
    • 3 = Mexican American
    • 4 = Spanish, Hispanic, Latin American, American
    • 5 = Anglo American / other
  • Item 4 (Origine ethnique des amis entre 6 et 18 ans) : Échelle de proportion à 5 points :
    • 1 = Almost exclusively Mexicans, Chicanos, Mexican Americans
    • 2 = Mostly Mexicans, Chicanos, Mexican Americans
    • 3 = About equally Mexicans, Chicanos, Mexican Americans, and Anglos or other ethnic groups
    • 4 = Mostly Anglos, Blacks, or other ethnic groups
    • 5 = Almost exclusively Anglos, Blacks, or ethnic groups
  • Items 5 à 10 (Confort linguistique en espagnol et en anglais) : Échelle de confort subjectif à 5 points :
    • 1 = Very Uncomfortable (Très inconfortable)
    • 2 = A Little Uncomfortable (Un peu inconfortable)
    • 3 = Comfortable (Confortable)
    • 4 = Mostly Comfortable (Plutôt confortable)
    • 5 = Very Comfortable (Très confortable)
  • Items 11 à 24 (Appréciation des pratiques culturelles mexicaines et anglo-américaines) : Échelle de fréquence et de plaisir à 5 points :
    • 1 = Not at all (Pas du tout)
    • 2 = Very little (Très peu)
    • 3 = A little (Un peu)
    • 4 = A lot (Beaucoup)
    • 5 = Very much (Énormément)
  • Items 25 à 28 (Préférences quant à l’identité ethnique idéale) : Échelle d’orientation idéale à 5 points :
    • 1 = Almost exclusively Mexicans, Chicanos, Mexican Americans
    • 2 = Mostly Mexicans, Chicanos, Mexican Americans
    • 3 = About equally Mexicans, Chicanos, Mexican Americans, and Anglos or other ethnic groups
    • 4 = Mostly Anglos, Blacks, or other ethnic groups
    • 5 = Almost exclusively Anglos, Blacks, or ethnic groups
  • Codage et Cotation :
    • Les items 5, 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17 sont inversés (marqués d’un R) lors du calcul d’un score unidimensionnel global allant de la culture mexicaine vers la culture anglo-américaine.
    • Dans l’approche bidimensionnelle recommandée, les scores sont calculés par sous-échelles distinctes : un score moyen de maintien mexicain (items espagnol/tradition) et un score moyen d’adhésion anglo-américaine (items anglais/tradition), permettant de positionner le sujet dans l’une des quatre typologies d’acculturation de Berry.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS) a été publiée pour la première fois en 1992 par Gary T. Montgomery dans la revue scientifique Hispanic Journal of Behavioral Sciences.

  • Statut des droits d’auteur : Les droits initiaux de publication de l’article scientifique sont détenus par SAGE Publications. Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à la disposition de la communauté académique et clinique par l’auteur à des fins de recherche non commerciale.
  • Tarifs : L’utilisation de l’ARS est gratuite pour les chercheurs, les universitaires et les étudiants dans le cadre de travaux scientifiques ou de mémoires de recherche, à condition de citer rigoureusement l’article original de Montgomery (1992).
  • Ouvrage de référence : L’instrument, ses clés de cotation et son analyse métrologique détaillée ont été repris dans le répertoire psychométrique de Davis et Engel (2011), Measuring Race and Ethnicity, publié chez Springer. Les usages commerciaux à grande échelle ou l’intégration dans des batteries logicielles propriétaires peuvent nécessiter une autorisation auprès des détenteurs de droits.

12. Références / References

Les sources et études scientifiques fondamentales documentant le développement, la validation et l’utilisation de l’ARS comprennent :

  • Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
  • Cuéllar, I., Harris, L. C., & Jasso, R. (1980). An acculturation scale for Mexican American normal and clinical populations. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 2(3), 199–217. https://doi.org/10.1177/073998638000200301
  • Davis, L. E., & Engel, R. J. (2011). Measuring Race and Ethnicity. Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4419-6697-1
  • Higgins, E. T. (1987). Self-discrepancy: A theory relating self and affect. Psychological Review, 94(3), 319–340. https://doi.org/10.1037/0033-295X.94.3.319
  • Montgomery, G. T. (1992). Comfort with acculturation status among students from south Texas. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 14(2), 201–223. https://doi.org/10.1177/07399863920142002
  • Szapocznik, J., Scopetta, M. A., Kurtines, W., & Aranalde, M. A. (1978). Theory and measurement of acculturation. Interamerican Journal of Psychology, 12(2), 113–130.
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. In S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of Intergroup Relations (pp. 7–24). Nelson-Hall.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Items 1–3: 1 = Mexican/Medicano; 2 = Chicano; 3 = Mexican American; 4 = Spanish‚ Hispanic‚ Latin American‚ American; 5 = Anglo American/other

  1. Which ethnic identification does (did) your mother use?
  2. Which ethnic identification does (did) your father use?
  3. How do you identify yourself?

Item 4: 1 = Almost exclusively Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans; 2 = Mostly Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans; 3 = About equally Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans‚ and Anglos or other ethnic groups; 4 = Mostly Anglos‚ Blacks‚ or other ethnic groups; 5 = Almost exclusively Anglos‚ Blacks‚ or ethnic groups.

  1. What has been (or was) the ethnic origin of your friends from ages 6 to 18?

Items 5–10: 1 = Very Uncomfortable; 2 = A Little Uncomfortable; 3 = Comfortable; 4 = Mostly Comfortable; 5 = Very Comfortable

  1. How comfortable do you feel speaking Spanish at home? (R)
  2. How comfortable do you feel speaking Spanish with friends‚ such as during free time at school? (R)
  3. How comfortable do you feel thinking in Spanish? (R)
  4. How comfortable do you feel speaking English at home?
  5. How comfortable do you feel speaking English with friends‚ such as during free time at school?
  6. How comfortable do you feel thinking in English?

Items 11–24: 1 = Not at all; 2 = Very little; 3 = A little; 4 = A lot; 5 = Very much
How much do you enjoy:

  1. listening to Spanish music? (R)
  2. watching TV programs in Spanish? (R)
  3. watching Spanish language movies? (R)
  4. celebrating holidays according to Mexican tradition? (R)
  5. reading books/magazines in Spanish? (R)
  6. eating Mexican food? (R)
  7. traveling and visiting in Mexico? (R)
  8. listening to English music?
  9. watching TV programs in English?
  10. watching English language movies?
  11. celebrating holidays according to Anglo-American tradition?
  12. reading books/magazines in English?
  13. eating Anglo-American food?
  14. traveling and visiting in the United States?

Items 25–28: 1 = Almost exclusively Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans; 2 = Mostly Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans; 3 = About equally Mexicans‚ Chicanos‚ Mexican Americans‚ and Anglos or other ethnic groups; 4 = Mostly Anglos‚ Blacks‚ or other ethnic groups; 5 = Almost exclusively Anglos‚ Blacks‚ or ethnic groups.
Sometimes life is not as we really want it. If you could have your way‚ how would you like the following aspects of your life to be?

  1. How would you like the ethnic identify of your friends to be?
  2. How would you like your father’s ethnic identify to be?
  3. How would you like your mother’s ethnic identity to be?
  4. How would you like your own ethnic identity to be?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-lacculturation-ars/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-lacculturation-ars/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de l’acculturation (ARS).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-lacculturation-ars/.