Échelle d’évaluation de la démence (DRS) – Échantillon

Découvrez l’Échelle d’évaluation de la démence (DRS de Steven Mattis) : analyse psychométrique complète, validité, fidélité, sous-échelles et items authentiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle d’évaluation de la démence (Dementia Rating Scale ou DRS), conçue initialement par le neuropsychologue américain Steven Mattis en 1973 et standardisée formellement en 1976 et 1988, représente l’un des instruments d’évaluation cognitive globale les plus rigoureux et largement exploités en neuropsychologie clinique et en gériatrie. Cet instrument a été spécifiquement développé pour quantifier le déclin cognitif, établir le profil neurocognitif différentiel et suivre la progression des déficits chez les patients souffrant d’affections neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer, les démences vasculaires, la démence à corps de Lewy, ainsi que les pathologies sous-corticales comme la maladie de Parkinson et la chorée de Huntington.

La DRS se compose de 36 tâches réparties au sein de 5 sous-échelles cliniques fondamentales : Attention (score maximal de 37 points), Initiation et Persévération (score maximal de 37 points), Construction (score maximal de 6 points), Conceptualisation (score maximal de 39 points) et Mémoire (score maximal de 25 points). Le score total cumulé s’étend de 0 à 144 points. Une caractéristique métrologique pionnière de l’instrument réside dans sa structure hiérarchique d’administration descendante : pour de nombreuses épreuves, les items les plus complexes sur le plan cognitif sont présentés en premier lieu. Si le patient réussit ces tâches initiales avec succès, la réussite aux items subordonnés plus élémentaires lui est automatiquement créditée, ce qui permet d’abréger considérablement la durée de passation chez les individus modérément atteints ou indemnes tout en évitant une fatigue cognitive inutile.

Les propriétés psychométriques de la DRS sont exceptionnellement solides. La cohérence interne globale mesurée par l’alpha de Cronbach atteint régulièrement des coefficients supérieurs à 0,90 dans les cohortes cliniques. La fidélité test-retest à court et moyen terme fluctue entre 0,85 et 0,97 pour le score global, démontrant une remarquable stabilité temporelle. La validité différentielle de l’outil a été documentée à travers des décennies de recherches cliniques, confirmant une excellente sensibilité (fréquemment supérieure à 90 %) et une spécificité élevée pour identifier les stades légers à modérés de démence, tout en limitant les effets de plancher comparativement à des tests de dépistage plus succincts tels que le Mini-Mental State Examination (MMSE).

2. Mots-clés

Échelle d’évaluation de la démence, DRS Mattis, neuropsychologie clinique, maladie d’Alzheimer, déclin cognitif, fonctions exécutives, mémoire épisodique, attention, praxies constructives, psychométrie gériatrique, démence sous-corticale, vieillissement cognitif.

3. Auteurs

L’échelle a été développée et normalisée par des chercheurs et cliniciens éminents dans le domaine de la neurologie comportementale et de la neuropsychologie clinique :

  • Steven Mattis, Ph.D., ABPP/CN : Neuropsychologue clinicien, anciennement affilié au Montefiore Medical Center et au Department of Neurology du Albert Einstein College of Medicine (New York, États-Unis), ainsi qu’au New York Hospital-Cornell Medical Center. Concepteur principal de la DRS originelle en 1973 et du manuel de 1988 publié chez Psychological Assessment Resources (PAR).
  • Contributeurs normatifs majeurs : Robert J. Ivnik, Glenn E. Smith, James F. Malec, et John A. Lucas, affiliés au Department of Psychiatry and Psychology de la Mayo Clinic (Rochester, Minnesota et Jacksonville, Floride, États-Unis), principaux auteurs des normes stratifiées MOANS (Mayo’s Older Americans Normative Studies).
  • Andreas U. Monsch, Ph.D. : Memory Clinic, University Center for Medicine of Aging Basel, Felix Platter Hospital, Université de Bâle, Suisse, chercheur ayant validé les seuils discriminants cliniques de l’échelle à l’échelle internationale.

4. Objectif

L’objectif primordial de l’Échelle d’évaluation de la démence de Mattis est de fournir une évaluation multidimensionnelle, quantitative et qualitative des capacités cognitives chez les adultes âgés suspectés de présenter un syndrome démentiel ou des dysfonctionnements cérébraux organiques. Conçue à une époque où les cliniciens ne disposaient que d’épreuves psychométriques exhaustives très longues (comme les batteries Wechsler) ou de tests de dépistage ultra-courts trop sommaires, la DRS comble le fossé clinique en offrant une batterie intermédiaire d’une durée moyenne de 30 à 45 minutes, capable d’évaluer le statut mental sans infliger une charge d’anxiété excessive au patient vulnérable.

Sur le plan des applications cliniques, la DRS répond à quatre impératifs majeurs :

  • Le dépistage et le diagnostic différentiel : La DRS permet non seulement d’établir la présence d’une détérioration cognitive statistiquement significative par rapport aux données normatives appariées selon l’âge et le niveau socio-éducatif, mais elle permet également d’orienter le diagnostic étiologique. Grâce à la dissociation de ses sous-échelles, elle aide à distinguer les profils à prédominance corticale (tels que la maladie d’Alzheimer, caractérisée par un effondrement précoce de la sous-échelle Mémoire et des altérations en Conceptualisation) des profils dits sous-corticaux ou fronto-sous-corticaux (tels que la paralysie supranucléaire progressive, la maladie de Huntington ou la démence vasculaire, marquées par une atteinte précoce et prédominante de la sous-échelle Initiation/Persévération et de l’Attention avec relative préservation de la reconnaissance mnésique).
  • La stadification et le suivi longitudinal : L’outil a été spécifiquement étalonné pour réduire au maximum l’effet de plancher qui invalide fréquemment le MMSE chez les patients présentant une détérioration sévère. Ainsi, la DRS continue de discriminer des variations cognitives résiduelles même chez des sujets ayant des scores très abaissés, ce qui en fait un instrument de choix pour les essais thérapeutiques longitudinaux et le suivi de l’efficacité pharmacologique.
  • L’évaluation des retentissements fonctionnels : Les sous-échelles d’initiation et de praxies fournissent des corrélats cliniques essentiels pour appréhender la perte d’autonomie dans les activités de la vie quotidienne (AVQ), facilitant la prise de décision médico-légale et l’aménagement du cadre de vie.
  • La recherche clinique et translationnelle : Dans le cadre de protocoles de recherche en neuro-imagerie et en biomarqueurs, la DRS fournit un phénotypage cognitif standardisé, robuste et reproductible entre les différents centres d’investigation internationaux.

5. Construit psychologique

La DRS appréhende le fonctionnement cognitif global à travers cinq construits interdépendants mais distincts, reflétant l’intégrité de réseaux neuro-anatomiques cérébraux spécifiques :

Attention (Score maximal : 37 points)

Cette dimension évalue l’intégrité de la vigilance, de la concentration sélective, de la mémoire de travail immédiate et du traitement de l’information auditive et visuelle. Les tâches comprennent l’empan digital direct et indirect, l’exécution d’ordres simples et complexes en deux temps (« Ouvrez la bouche et fermez les yeux »), l’imitation motrice, ainsi que des épreuves de barrage et de comptage visuo-spatial (repérage de lettres « A » dans une matrice structurée et désordonnée). Ce construit dépend étroitement des voies réticulaires ascendantes, des régions pariétales postérieures et des cortex préfrontaux dorsolatéraux régissant le contrôle exécutif de base.

Initiation et Persévération (Score maximal : 37 points)

Ce construit explore les fonctions exécutives d’auto-génération verbale et motrice, la flexibilité cognitive, l’inhibition motrice et la capacité à passer d’une consigne à une autre sans inertie comportementale. Il s’agit de la sous-échelle la plus volumineuse avec celle de Conceptualisation. Elle comprend des épreuves de fluence verbale catégorielle (nommer des articles achetés au supermarché en une minute, nommer des vêtements), des répétitions articulatoires rapides alternées (« Bee, Key, Gee »), des gestes moteurs alternés bimanualisés (paume en l’air / paume en bas) et des tâches graphomotrices continues (dessin de créneaux alternés, frises de croix et de cercles). L’atteinte de cette sous-échelle reflète une dysfonction des circuits fronto-striataux et du cortex frontal antérieur.

Construction (Score maximal : 6 points)

Bien que brève, cette sous-échelle fournit une estimation ciblée des capacités visuo-constructives, praxiques et graphomotrices de base. Le patient est invité à copier des formes géométriques isolées ou incluses (telles qu’un losange, un carré, un triangle imbriqué ou un cercle) et à reproduire sa signature. Une altération précoce sur ce domaine pointe vers une atteinte des aires pariétales associatives et des réseaux visuo-spatiaux dorsaux, souvent observée dans les formes atypiques ou modérées de la maladie d’Alzheimer et de la démence à corps de Lewy.

Conceptualisation (Score maximal : 39 points)

Ce domaine évalue les processus d’abstraction verbale et non-verbale, le raisonnement inductif, la détection de règles logiques et la pensée catégorielle. Les épreuves sollicitent la comparaison conceptuelle (recherche de points communs : « En quoi une pomme et une banane se ressemblent-elles ? » ; « En quoi une hache et une scie se ressemblent-elles ? »), le raisonnement inductif primaire (« Nommez trois choses que les gens mangent »), l’identification d’intrus verbaux (« Trouver ce qui ne va pas ensemble : chien, chat, voiture »), ainsi que des tâches visuelles d’identités et d’anomalies (Identities and Oddities) présentées sous forme de choix multiples. Ces tâches mobilisent l’interaction complexe entre le cortex préfrontal, les zones temporales antérieures associatives et le carrefour temporo-pariétal.

Mémoire (Score maximal : 25 points)

Cette sous-échelle mesure l’orientation temporo-spatiale globale, l’encodage, le stockage et la récupération mnésique verbale et visuelle. Elle évalue l’orientation temporelle (jour, date, mois, année), spatiale (lieu actuel, ville, état/région) et personnelle, ainsi que le rappel libre immédiat et différé d’une phrase cible après une tâche distractrice, complété par des épreuves de reconnaissance forcée verbale (mots préalablement lus) et visuelle (figures géométriques vues antérieurement). Cette distinction entre rappel libre et reconnaissance permet de différencier un véritable déficit d’encodage/stockage lié à une atrophie hippocampique (caractéristique d’Alzheimer, où la reconnaissance reste déficitaire) d’un déficit de récupération lié à un ralentissement sous-cortico-frontal (où la reconnaissance normalise la performance).

6. Cadre théorique

Le développement de l’Échelle d’évaluation de la démence par Steven Mattis s’enracine au confluent de la neuropsychologie soviétique luriadienne et de la tradition psychométrique anglo-saxonne du milieu du XXe siècle. L’approche théorique d’Alexander Luria postulait que les fonctions psychologiques supérieures ne sont pas localisées dans des centres cérébraux statiques, mais résultent de systèmes fonctionnels complexes distribués à travers trois unités fonctionnelles majeures : l’unité de régulation du tonus cortical et de la vigilance (formation réticulée et tronc cérébral), l’unité de réception, traitement et stockage de l’information (régions postérieures occipito-temporo-pariétales) et l’unité de programmation, régulation et vérification de l’activité consciente (lobes frontaux).

Mattis a intégré cette modélisation systémique pour construire une échelle sensible aux atteintes cérébrales diffuses et focales du sujet âgé. Plusieurs postulats théoriques sous-tendent la structure de la DRS :

  • Le principe de dépistage hiérarchique et d’économie cognitive : Inspiré des modèles de développement et de désintégration cognitive décrits par Hughlings Jackson et Jean Piaget, Mattis a structuré les épreuves selon une hiérarchie de difficulté. Le principe théorique stipule que si un système cognitif complexe (opérant à un haut niveau d’intégration) est fonctionnel, les sous-systèmes neuronaux subordonnés nécessaires à cette fonction sont ipso facto intacts. Dès lors, administrer des tâches simplistes à un patient qui démontre une intégrité conceptuelle complexe représente une redondance inutile.
  • La dichotomie corticale versus sous-corticale : Élaborée au cours des années 1970 par des neurologues tels que Benson et Cummings, la distinction théorique entre démences corticales (marquées par l’aphasie, l’agnosie, l’apraxie et l’amnésie hippocampique) et démences sous-corticales (caractérisées par la bradyphrénie, les troubles de l’initiation, l’inertie psychomotrice et la mémoire facilitée par l’étayage) a guidé l’inclusion d’items moteurs alternés, de fluence et de reconnaissance.
  • La théorie des fonctions exécutives et du contrôle attentionnel : La DRS accorde une place prépondérante (plus de la moitié des points potentiels via les domaines Attention et Initiation/Persévération) au contrôle régulateur de l’action, soulignant l’importance de l’intégrité frontale pour le maintien de l’autonomie comportementale.

7. Validité

La validité psychométrique de la DRS a fait l’objet de très nombreuses investigations cliniques et empiriques :

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par des corrélations robustes avec le degré de détérioration neuropathologique et radiologique. Des études d’imagerie structurelle ont révélé que les performances à la sous-échelle Mémoire sont inversement corrélées à l’atrophie hippocampique et du cortex entorhinal, tandis que les résultats à la sous-échelle Initiation/Persévération et Conceptualisation corrèlent fortement avec l’atrophie corticale préfrontale et les hypersignaux de la substance blanche sous-corticale mesurés par résonance magnétique.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de la DRS est solidement établie par rapport à d’autres étalons neuropsychologiques reconnus :

  • Corrélations très élevées avec le MMSE (coefficients de Pearson allant de r = 0,78 à r = 0,89 selon les cohortes).
  • Corrélations significatives avec les scores de la Clinical Dementia Rating (CDR) et l’Alzheimer’s Disease Assessment Scale – Cognitive Subscale (ADAS-Cog).
  • La sous-échelle Mémoire corrèle de façon étroite (r > 0,70) avec les indices de mémoire différée du Wechsler Memory Scale (WMS).

Sur le plan de la validité discriminante, des études classiques, notamment les travaux menés par Monsch et ses collaborateurs (1995), ont établi que la DRS discrimine avec une précision remarquable (aire sous la courbe ROC souvent comprise entre 0,93 et 0,98) les individus âgés sains des patients aux premiers stades de la démence d’Alzheimer. Un score seuil total inférieur à 123 ou 124 points (sur 144) sur la DRS originelle offrait historiquement une sensibilité de 90 % et une spécificité supérieure à 94 % pour le diagnostic d’état démentiel dans les échantillons cliniques communautaires, bien que l’utilisation de normes corrigées selon l’âge et le niveau d’instruction soit désormais la méthode recommandée (Lucas et al., 1998).

8. Fidélité

Les indices de fidélité de la DRS sont parmi les plus élevés des batteries d’évaluation cognitive de cette envergure :

Cohérence interne

Les analyses de cohérence interne menées sur de larges échantillons normatifs et cliniques (notamment par Smith et al., 1994, sur des cohortes de la Mayo Clinic) rapportent des coefficients de fidélité remarquables :

  • Score total DRS : Alpha de Cronbach variant entre 0,90 et 0,95.
  • Sous-échelle Initiation/Persévération : Alpha oscillant entre 0,84 et 0,89.
  • Sous-échelle Conceptualisation : Alpha compris entre 0,82 et 0,87.
  • Sous-échelle Mémoire : Alpha de 0,75 à 0,82.
  • Sous-échelle Attention : Alpha de 0,68 à 0,75 (légèrement modéré en raison du plafonnement systématique des sujets contrôles).
  • Sous-échelle Construction : Alpha plus faible (0,55 à 0,65), ce qui s’explique statistiquement par le très faible nombre d’items (6 points au total) et une distribution asymétrique.

Fidélité test-retest et inter-juges

La stabilité temporelle a été confirmée par de multiples protocoles test-retest. Sur des intervalles variant de une à trois semaines chez des sujets stables, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) dépassent 0,94 pour le score total. Sur un intervalle longitudinal plus long (plusieurs mois), la fidélité test-retest demeure supérieure à 0,85 chez des témoins sains. De plus, la fidélité inter-examinateurs est quasi-parfaite, atteignant des corrélations de r = 0,98 à 0,99, en raison de consignes de cotation extrêmement explicites et standardisées détaillées dans le manuel d’administration.

9. Analyse factorielle

Les explorations psychométriques de la structure interne de la DRS, réalisées au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), confirment la multidimensionnalité de la batterie tout en justifiant l’usage d’un score composite global.

Dans l’étude de référence menée par Smith et al. (1994), une analyse factorielle en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) a été conduite auprès de plus de 1 000 participants âgés. Les résultats indiquent :

  • Présence d’un facteur général prédominant (Facteur g cognitif) : Le premier facteur extrait explique entre 45 % et 55 % de la variance totale de la batterie, ce qui soutient fermement l’usage clinique du score global sommatif sur 144 points pour refléter le niveau général d’efficience neurocognitive.
  • Structure multidimensionnelle sous-jacente : Plusieurs facteurs secondaires émergent distinctement, correspondant pour l’essentiel à l’architecture théorique voulue par Mattis : un facteur exécutif/frontale (saturé massivement par les épreuves d’Initiation/Persévération), un facteur de raisonnement abstrait/langage (saturé par la Conceptualisation), un facteur de mémoire épisodique (saturé par le rappel différé et la reconnaissance), et un facteur de praxie visuo-spatiale.
  • Saturations des items : Les items de fluence verbale et de séquences motrices présentent des saturations factorielles très élevées (> 0,70) sur le facteur d’Initiation. Les épreuves de similitudes et de matrices conceptuelles saturent principalement sur le facteur de Conceptualisation (> 0,65). Les items de rappel de phrases et d’orientation saturent à plus de 0,75 sur le facteur mnésique.

10. Instrument de mesure

L’organisation technique, structurelle et opérationnelle de l’instrument se décline comme suit :

  • Nom du test : Échelle d’évaluation de la démence (Dementia Rating Scale – DRS ; révisée en version DRS-2).
  • Type d’évaluation : Épreuve de performance cognitive objective administrée individuellement en face-à-face par un examinateur qualifié.
  • Population cible : Personnes âgées de 55 ans et plus (normes disponibles jusqu’à 95+ ans), suspectées de déficits neurocognitifs légers, modérés ou sévères.
  • Nombre total d’items / tâches : 36 items/épreuves opérationnels regroupés sous 5 sous-échelles.
  • Format et métrique de cotation : Performance-based scoring per task (scores vary by item, e.g., 0-1, 0-2, or graded performance; total maximum score = 144).
  • Architecture des sous-scores :
    • Attention : 37 points au maximum.
    • Initiation et Persévération : 37 points au maximum.
    • Construction : 6 points au maximum.
    • Conceptualisation : 39 points au maximum.
    • Mémoire : 25 points au maximum.
  • Règle d’arrêt et de crédit hiérarchique : Pour plusieurs sous-tests, la tâche la plus complexe est présentée d’emblée. En cas de réussite complète, le sujet reçoit la totalité des points prévus pour cette sous-section, dispensant l’administrateur de faire passer les items subalternes plus simples. En cas d’échec au premier item, l’ensemble des tâches de la sous-échelle doit être administré séquentiellement.
  • Temps d’administration : Environ 30 à 45 minutes chez les patients présentant une détérioration modérée ; souvent réduit à 15-20 minutes chez les témoins indemnes grâce au mécanisme de raccourci hiérarchique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

Année d’origine : Développée initialement en 1973 par Steven Mattis et documentée dans des publications cliniques en 1976 et 1979 ; formalisée sous forme de manuel psychométrique en 1988. Une révision commerciale avec normes enrichies a été publiée sous le nom de DRS-2 en 2001.

Statut de copyright et éditeur : L’échelle originale et sa seconde édition (DRS-2™) sont la propriété commerciale exclusive de Psychological Assessment Resources, Inc. (PAR) (16204 N. Florida Ave, Lutz, FL 33549, États-Unis).

Licence et accessibilité : L’instrument n’appartient pas au domaine public. L’utilisation clinique ou pour la recherche requiert l’achat du manuel officiel, des livrets de passation et des protocoles de notation auprès de PAR (accessible en ligne via www.parinc.com). Des kits complets de démarrage (manuel, cahiers de passation et feuilles de profil normatif) sont commercialisés à des tarifs professionnels variant habituellement entre 300 et 450 USD. Des licences de recherche adaptées peuvent être sollicitées directement auprès de l’éditeur.

12. Références

Les sources académiques fondatrices et validations psychométriques de référence sont présentées ci-dessous en style APA 7e édition :

  • Coblentz, J. M., Mattis, S., Zingesser, L. H., Hurwitz, S. S., & Wisniewski, H. M. (1973). Presenile dementia: Clinical aspects and evaluation of cerebrospinal fluid dynamics. Archives of Neurology, 29(5), 299–308. https://doi.org/10.1001/archneur.1973.00490290039003
  • Lucas, J. A., Ivnik, R. J., Smith, G. E., Bohac, D. L., Tangalos, E. G., Graff-Radford, N. R., & Petersen, R. C. (1998). Normative data for the Mattis Dementia Rating Scale. Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, 20(4), 536–547. https://doi.org/10.1076/jcen.20.4.536.1471
  • Mattis, S. (1976). Mental status examination for organic mental syndrome in the elderly patient. In L. Bellak & T. B. Karasu (Eds.), Geriatric psychiatry: A handbook for psychiatrists and primary care physicians (pp. 77–121). Grune & Stratton.
  • Mattis, S. (1988). Dementia Rating Scale: Professional manual. Psychological Assessment Resources.
  • McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Monsch, A. U., Bondi, M. W., Salmon, D. P., Butters, N., Thal, L. J., Katzman, R., Delis, D. C., & Klauber, M. R. (1995). Clinical validity of the Mattis Dementia Rating Scale in detecting dementia of the Alzheimer type: A double cross-validation and application to a community-dwelling sample. Archives of Neurology, 52(9), 899–904. https://doi.org/10.1001/archneur.1995.00540330077018
  • Rilling, L. M., Lucas, J. A., Ivnik, R. J., Smith, G. E., Willis, F. B., Ferman, T. J., & Graff-Radford, N. R. (2005). Mayo’s Older African American Normative Studies: Norms for the Mattis Dementia Rating Scale. The Clinical Neuropsychologist, 19(2), 229–242. https://doi.org/10.1080/13854040590945328
  • Schmidt, R., Freidl, W., Fazekas, F., Reinhart, B., Grieshofer, P., Koch, M., Eber, B., Schumacher, M., Polmin, K., & Lechner, H. (1994). The Mattis Dementia Rating Scale: Normative data for 1,001 healthy volunteers. Neurology, 44(5), 964–966. https://doi.org/10.1212/wnl.44.5.964
  • Smith, G. E., Ivnik, R. J., Malec, J. F., Kokmen, E., Tangalos, E. G., & Petersen, R. C. (1994). Psychometric properties of the Mattis Dementia Rating Scale. Assessment, 1(2), 123–131. https://doi.org/10.1177/107319119400100203

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: Performance-based scoring per task (scores vary by item, e.g., 0-1, 0-2, or graded performance; total maximum score = 144)

  1. Digit span: Forward (repeat digit strings)
  2. Digit span: Backward (repeat digit strings in reverse)
  3. Two successive commands: ‘Open your mouth and close your eyes’
  4. Two successive commands: Pointing/following dual instruction
  5. Imitation of movement: Raise your right hand
  6. Response to single command: Stick out tongue
  7. Visual matching / counting A’s in matrix of letters
  8. Visual matching / counting in scrambled letter pattern
  9. Reading words: Word list reading
  10. Verbal fluency: Naming items you can buy at a supermarket in 1 minute
  11. Verbal fluency: Naming articles of clothing
  12. Repetition of consonant/vowel combinations: Repeat ‘Bee, Key, Gee’ four times
  13. Double alternating movements: Left palm up, right palm down, simultaneous alternating switch
  14. Graphomotor alternating tasks: Ramp/square wave drawing
  15. Graphomotor pattern: Crosses and circles pattern
  16. Graphomotor pattern: Copying four geometric figures
  17. Construction: Copying a diamond
  18. Construction: Copying a diamond inside a square
  19. Construction: Copying overlapping geometric figures
  20. Construction: Copying four separate geometric shapes
  21. Construction: Signature / name writing
  22. Similarities (Verbal): In what way are an apple and a banana alike?
  23. Similarities (Verbal): In what way are an axe and a saw alike?
  24. Similarities (Verbal): In what way are a coat and a suit alike?
  25. Multiple choice conceptualization: Identify matching geometric shapes based on color, shape, or size
  26. Primary inductive reasoning: Name three things people eat
  27. Difference identification: Which one does not belong (e.g., dog, cat, car)?
  28. Visual similarities: Identifying pairs of identical abstract figures
  29. Orientation: Person (identity/age)
  30. Orientation: Place (current location, city, state)
  31. Orientation: Time (day, date, month, year)
  32. Verbal recall (immediate): Recall sentence/word stimulus
  33. Verbal recall (delayed): Recall words from memory list
  34. Visual recognition: Recognizing previously presented designs among distractors
  35. Verbal recognition: Multiple-choice recognition of previously learned words
  36. Spatial memory: Recall of spatial placement of items
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle d’évaluation de la démence (DRS) – Échantillon. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-la-demence-drs-mattis/
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la démence (DRS) – Échantillon.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-la-demence-drs-mattis/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation de la démence (DRS) – Échantillon.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-devaluation-de-la-demence-drs-mattis/.