Échelle d’estime corporelle

L’Échelle d’estime corporelle (Body-Esteem Scale – BES), développée par Franzoi et Shields (1984), évalue de manière multidimensionnelle et différenciée selon le sexe les affects et attitudes liés aux parties et fonctions corporelles.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’estime corporelle (The Body-Esteem Scale, BES), développée par Stephen L. Franzoi et Stephanie A. Shields en 1984, constitue l’un des instruments psychométriques multidimensionnels les plus reconnus et utilisés pour l’évaluation quantitative des attitudes, des affects et des évaluations cognitives qu’un individu porte à l’égard des différentes composantes anatomiques et physiologiques de son propre corps. Dérivée et perfectionnée à partir du modèle unidimensionnel initial du Body Cathexis Scale de Secord et Jourard (1953), la BES comble une lacune théorique et empirique majeure en démontrant que l’estime corporelle ne s’organise pas selon une structure unitaire identique chez tous les individus, mais s’articule de manière différentielle selon le sexe biologique et les processus de socialisation du genre.

L’instrument comprend un inventaire de 35 items représentant des parties du corps spécifiques (telles que le nez, les cuisses, la poitrine, les lèvres) et des fonctions physiologiques ou motrices (notamment l’agilité, l’endurance physique, le niveau d’énergie, l’appétit). Chaque participant évalue son degré d’affects positifs ou négatifs envers chacun de ces aspects sur une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Sentiments négatifs très forts » / Have strong negative feelings) à 5 (« Sentiments positifs très forts » / Have strong positive feelings).

L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire a mis en évidence trois dimensions distinctes pour chaque sexe. Pour la population féminine, les trois sous-échelles émergentes sont : l’Attractivité sexuelle (Sexual Attractiveness, SA ; 13 items), le Souci du poids (Weight Concern, WC ; 10 items) et la Condition physique (Physical Condition, PC ; 9 items). Pour la population masculine, les trois sous-échelles identifiées sont : l’Attractivité physique (Physical Attractiveness, PA ; 11 items), la Force du haut du corps (Upper Body Strength, UBS ; 9 items) et la Condition physique (Physical Condition, PC ; 13 items, dont deux items saturent simultanément sur deux dimensions). Les propriétés psychométriques de l’échelle démontrent une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 selon les sous-échelles, ainsi qu’une stabilité temporelle test-retest substantielle et une remarquable validité convergente et discriminante vis-à-vis de l’estime de soi globale, des troubles des conduites alimentaires et de la dépression.

2. Mots-clés / Keywords

Estime corporelle, Image corporelle, Psychométrie, Différences de genre, Attractivité physique, Force musculaire, Souci du poids, Condition physique, Insatisfaction corporelle, Évaluation psychologique

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’estime corporelle a été conçue et validée par :

  • Stephen L. Franzoi, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au département de psychologie de l’Université Marquette (Marquette University), Milwaukee, Wisconsin, États-Unis. Spécialiste renommé de la psychologie sociale, de la conscience de soi (self-awareness) et de l’image corporelle à travers le cycle de vie. Courriel académique : [email protected].
  • Stephanie A. Shields, Ph.D. : Professeure de psychologie et d’études féministes (Women’s, Gender, and Sexuality Studies) à l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University), University Park, Pennsylvanie, États-Unis. Ses recherches pionnières se concentrent sur la psychologie du genre, l’expression et la régulation émotionnelle, et la critique épistémologique des normes corporelles. Courriel académique : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Body-Esteem Scale est d’opérationnaliser et de quantifier l’évaluation affective et cognitive qu’un individu entretient envers des parties et fonctions distinctes de son organisme physique. Avant l’introduction de cet instrument en 1984, la recherche en psychologie sociale et clinique reposait presque exclusivement sur l’hypothèse simplificatrice selon laquelle l’image corporelle était un construit global et unidimensionnel. Or, cette approche masquait des disparités qualitatives fondamentales dans la manière dont les hommes et les femmes appréhendent leur corporéité.

Dans les contextes de recherche fondamentale, la BES a été élaborée afin d’élucider la nature sexospécifique des schémas corporels. Les auteurs ont postulé que, dans les sociétés occidentales industrialisées, le corps féminin est historiquement et culturellement objectivé en tant qu’« objet esthétique et interpersonnel » (body-as-object), tandis que le corps masculin est traditionnellement valorisé en tant qu’« instrument d’action, d’efficacité motrice et de puissance » (body-as-process ou body-as-instrument). Dès lors, la BES fournit un instrument métrologique permettant de tester empiriquement les hypothèses relatives aux effets des stéréotypes de genre, des représentations médiatiques et des pressions socioculturelles sur l’intériorisation des idéaux corporels.

Sur le plan des applications cliniques et de la santé publique, l’outil s’avère particulièrement précieux pour :

  • Le dépistage précoce des troubles du comportement alimentaire (TCA) : Notamment l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique. La sous-échelle de « Souci du poids » chez les femmes et les dimensions d’« Attractivité physique » et de « Force du haut du corps » chez les hommes permettent d’identifier les zones de vulnérabilité psychologique associées à la dysmorphophobie corporelle.
  • L’évaluation de la dysmorphie musculaire : Fréquemment désignée sous le terme de « bigorexie » ou « anorexie inversée », affectant principalement les hommes obsédés par leur masse et leur volume musculaire, qui se manifeste par des scores atypiquement bas sur la sous-échelle de force du haut du corps en dépit d’une musculature objectivement développée.
  • L’évaluation des interventions thérapeutiques et réadaptatives : Que ce soit dans le cadre de thérapies cognitivo-comportementales (TCC), de programmes d’activité physique adaptée ou de réhabilitation post-chirurgicale (par exemple, après une mastectomie ou une chirurgie bariatrique), la BES permet de mesurer finement les changements affectifs ciblés plutôt qu’une fluctuation globale et imprécise de l’estime générale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique au cœur de l’instrument est l’estime corporelle (body esteem), définie opérationnellement comme la composante auto-évaluative et affective du concept de soi corporel. Contrairement à la perception corporelle pure (qui renvoie à l’estimation sensorielle des dimensions physiques), l’estime corporelle renvoie à la valence émotionnelle — positive, neutre ou négative — attribuée à son propre corps. La structure factorielle de la BES démontre de façon probante que ce construit est multidimensionnel et qualitativement différencié selon le genre.

5.1. Structure du construit chez les femmes

Chez les femmes, l’estime corporelle s’articule autour de trois dimensions psychologiques distinctes :

  • Attractivité sexuelle (Sexual Attractiveness – SA) : Cette dimension englobe 13 items qui se rapportent principalement aux zones corporelles non modifiables ou difficilement modifiables par le régime alimentaire ou l’exercice physique, ainsi qu’aux caractéristiques faciales et sexuelles (ex. : lèvres, nez, oreilles, menton, joues/pommettes, apparence des yeux, visage, odeur corporelle, seins, organes sexuels, activités sexuelles, pilosité corporelle, désir sexuel). Un score élevé reflète une acceptation confiante de son pouvoir d’attraction érotique et interpersonnel.
  • Souci du poids (Weight Concern – WC) : Comprenant 10 items (ex. : appétit, taille, cuisses, silhouette générale, fesses, hanches, jambes, apparence de l’estomac, poids, corpulence), cette dimension capture l’anxiété et l’évaluation affective des régions corporelles susceptibles de stocker les tissus adipeux. C’est la sous-échelle la plus étroitement corrélée aux psychopathologies alimentaires et à l’internalisation de l’idéal de minceur.
  • Condition physique (Physical Condition – PC) : Regroupant 9 items (ex. : endurance physique, réflexes, force musculaire, niveau d’énergie, coordination physique, agilité, santé, condition physique, biceps), cette sous-échelle évalue l’appréciation des capacités motrices, de la vitalité, de la vigueur fonctionnelle et de l’efficacité physiologique de l’organisme.

5.2. Structure du construit chez les hommes

Chez les hommes, l’architecture factorielle reflète des priorités fonctionnelles et physiques différentes :

  • Attractivité physique (Physical Attractiveness – PA) : Constituée de 11 items (ex. : nez, lèvres, oreilles, menton, fesses, apparence des yeux, joues/pommettes, hanches, pieds, organes sexuels, visage), cette dimension reflète l’évaluation esthétique générale des traits morphologiques et morphofaciaux. Contrairement à l’attractivité sexuelle féminine, elle n’inclut pas les items liés à la sensualité olfactive ou à la physiologie sexuelle active.
  • Force du haut du corps (Upper Body Strength – UBS) : Composée de 9 items (ex. : force musculaire, biceps, corpulence, coordination physique, carrure/largeur d’épaules, bras, poitrine/pectoraux, silhouette générale, désir sexuel), cette sous-échelle mesure la fierté et la satisfaction à l’égard des parties du corps incarnant la puissance athlétique et la musculature masculine traditionnelle.
  • Condition physique (Physical Condition – PC) : Comprenant 13 items (ex. : appétit, endurance physique, réflexes, taille, niveau d’énergie, cuisses, coordination physique, agilité, silhouette générale, apparence de l’estomac, santé, condition physique, poids), cette dimension masculine associe à la fois l’endurance motrice et la gestion de la corpulence ventrale/abdominale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de l’Échelle d’estime corporelle s’inscrit au carrefour de la psychologie sociale cognitive, des théories du schéma de soi (notamment les travaux d’Hazel Markus sur les self-schemas) et des théories féministes et sociologiques du genre, préfigurant en partie la théorie de l’objectivation formulée ultérieurement par Fredrickson et Roberts (1997).

Historiquement, l’instrument s’enracine dans la théorie du Body Cathexis formulée par Paul Secord et Sidney Jourard (1953). Secord et Jourard postulaient que l’investissement affectif (le cathexis, concept emprunté et adapté de la psychanalyse) accordé aux différentes parties de son corps constituait le socle développemental de l’estime de soi générale (global self-esteem). Selon cette approche psychodynamico-humaniste, un individu ne peut développer un sentiment stable de valeur personnelle s’il rejette les aspects tangibles de sa corporéité.

Néanmoins, Franzoi et Shields ont enrichi ce postulat en y intégrant la perspective de la socialisation différentielle selon le genre. S’appuyant sur les observations de sociologues et psychologues tels que Sandra Bem (théorie du schéma de genre) et Judith Rodin, les auteurs ont défendu la thèse que le corps n’est pas vécu de manière neutre. Les femmes sont soumises à des normes socioculturelles valorisant l’apparence passive, l’attraction esthétique et le contrôle rigoureux du poids corporel. Par conséquent, leur estime corporelle est dominée par des préoccupations de conformité esthétique et de minceur. En revanche, les hommes sont socialisés pour percevoir leur corps comme un instrument d’action, d’affirmation, de domination environnementale et de performance athlétique.

Cette distinction conceptuelle fondamentale entre le « corps-en-tant-qu’objet » (dominant chez les femmes) et le « corps-en-tant-que-processus » (dominant chez les hommes) explique pourquoi les analyses factorielles menées par Franzoi et Shields n’ont pas produit une structure invariante entre les sexes. L’organisation cognitive des représentations corporelles reflète fidèlement les impératifs adaptatifs et normatifs intériorisés au cours de la socialisation différentielle.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’estime corporelle a fait l’objet de multiples investigations empiriques rigoureuses depuis sa publication initiale en 1984, confirmant sa robustesse à travers divers contextes expérimentaux et cliniques.

7.1. Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la BES a été solidement établie par sa corrélation avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale, RSE). Dans l’étude originale de Franzoi et Shields (1984), des corrélations positives statistiquement significatives ont été observées entre les scores aux sous-échelles de la BES et l’estime de soi globale. Chez les femmes, l’Attractivité sexuelle (r = 0,31, p < 0,001) et le Souci du poids (r = 0,38, p < 0,001) ont montré des liens substantiels avec la valeur personnelle globale. Chez les hommes, la Force du haut du corps (r = 0,39, p < 0,001) et la Condition physique (r = 0,44, p < 0,001) ont présenté les corrélations les plus élevées avec l’estime de soi.

Dans une étude ultérieure de réplication et d’extension menée par Franzoi (1994) auprès d’un échantillon clinique et universitaire, la sous-échelle féminine de Souci du poids s’est révélée hautement corrélée (négativement) avec les scores de l’inventaire Eating Disorder Inventory (EDI), notamment avec les sous-échelles d’« Insatisfaction corporelle » (r = -0,74) et de « Pulsion à la minceur » (r = -0,61). De même, chez les hommes, des corrélations fortes ont été mises en évidence entre la Force du haut du corps et les mesures de satisfaction athlétique et de musculature perçue.

7.2. Validité discriminante et différentielle

La validité discriminante a été corroborée par la capacité de l’échelle à dissocier l’estime corporelle d’autres construits affectifs généraux tels que l’anxiété sociale ou le névrosisme. Bien que modérément corrélées avec la détresse psychologique globale, les dimensions de la BES apportent une part de variance unique et incrémentielle dans la prédiction de comportements de santé spécifiques (fréquentation de salles de musculation, régimes restrictifs, usage de stéroïdes anabolisants ou évitement des contacts intimes).

De surcroît, la validité différentielle de l’instrument est étayée par la divergence nette des profils : les hommes obtiennent en moyenne des scores significativement plus élevés que les femmes sur les items liés au poids et à l’estomac, traduisant l’impact différentiel des idéaux socioculturels sur le mécontentement corporel féminin.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques relatives à la fidélité de l’Échelle d’estime corporelle témoignent d’une excellente consistance interne et d’une remarquable stabilité temporelle, confirmées dans de nombreuses études indépendantes.

8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon de dérivation original de Franzoi et Shields (1984), composé de 422 étudiants de premier cycle (260 femmes et 162 hommes), les coefficients alpha de Cronbach calculés pour chacune des sous-échelles ont démontré une très forte homogénéité des items :

  • Échantillon féminin :
    • Attractivité sexuelle (SA) : α = 0,78
    • Souci du poids (WC) : α = 0,87
    • Condition physique (PC) : α = 0,82
  • Échantillon masculin :
    • Attractivité physique (PA) : α = 0,81
    • Force du haut du corps (UBS) : α = 0,85
    • Condition physique (PC) : α = 0,86

Dans les travaux ultérieurs de Franzoi (1994), ces indices ont été confirmés avec des valeurs d’alpha variant de 0,80 à 0,89, illustrant que la variance d’erreur aléatoire au sein de chaque dimension est minimale.

8.2. Stabilité test-retest

L’évaluation de la stabilité temporelle par test-retest sur un intervalle de plusieurs semaines a produit des coefficients de corrélation de Pearson compris entre 0,75 et 0,88 pour l’ensemble des sous-échelles. Cette stabilité indique que si l’estime corporelle peut fluctuer sous l’effet d’événements contextuels majeurs ou d’interventions ciblées, elle demeure un trait d’attitude auto-évaluatif relativement stable et structuré au fil du temps.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La validation empirique initiale de la BES par Franzoi et Shields (1984) a reposé sur une méthode rigoureuse d’analyse factorielle exploratoire (AFE), réalisée séparément pour les hommes et les femmes afin de respecter l’hétérogénéité structurelle postulée.

9.1. Procédure factorielle et émergence des composantes

Les réponses des participants aux 35 items ont été soumises à une extraction des facteurs par la méthode des composantes principales, suivie d’une rotation orthogonale Varimax. Les critères de rétention factorielle comprenaient la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell. Pour chaque sexe, une solution à trois facteurs a été jugée optimale, expliquant la majorité de la variance totale des scores.

Un seuil de saturation factorielle minimal de 0,35 ou 0,40 a été retenu pour assigner un item à une sous-échelle spécifique. Les résultats ont mis en évidence une configuration asymétrique remarquable :

  • Chez les femmes : Les trois facteurs expliquaient 41,8 % de la variance totale. Le premier facteur représentait l’Attractivité sexuelle (13 items), le deuxième le Souci du poids (10 items) et le troisième la Condition physique (9 items). Trois items (pieds, carrure d’épaules, bras) ne saturaient sur aucun facteur féminin au seuil retenu, soulignant que ces parties corporelles jouent un rôle marginal dans l’estime corporelle féminine globale.
  • Chez les hommes : Les trois facteurs expliquaient 42,9 % de la variance totale. Le premier facteur représentait l’Attractivité physique (11 items), le deuxième la Force du haut du corps (9 items) et le troisième la Condition physique (13 items). Fait notable, quatre items (odeur corporelle, jambes, activités sexuelles, pilosité corporelle) ne saturaient sur aucun facteur masculin. De plus, deux items présentaient une double saturation (cross-loading) chez les hommes : l’item 15 (« coordination physique ») et l’item 25 (« silhouette ou stature »), qui saturent simultanément sur la Force du haut du corps et sur la Condition physique.

9.2. Implication métrologique des saturations croisées et non-invariance

Un avertissement méthodologique capital formulé par Franzoi et Shields est que les moyennes brutes obtenues aux sous-échelles masculines et féminines ne peuvent pas être directement comparées d’un sexe à l’autre par des tests statistiques standard (tels que des tests t de Student). En effet, bien que la sous-échelle de « Condition physique » porte le même libellé chez les hommes et les femmes, elle ne comprend pas le même nombre d’items ni exactement les mêmes composantes anatomiques (9 items chez les femmes contre 13 items chez les hommes). L’invariance de mesure métrique et scalaire complète n’étant pas vérifiée entre les sexes, la comparaison inter-groupes doit privilégier des scores standardisés (scores Z ou percentiles intragroupe) ou des modélisations en équations structurelles multi-groupes.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure présente les spécifications techniques et opérationnelles suivantes :

  • Nom complet de l’instrument : The Body-Esteem Scale (BES) / Échelle d’estime corporelle.
  • Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Nombre d’items : 35 items évaluant des parties du corps (ex. : nez, cuisses, biceps) et des fonctions corporelles (ex. : réflexes, appétit, niveau d’énergie).
  • Temps d’administration : Environ 5 à 10 minutes.
  • Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = Sentiments négatifs très forts (Have strong negative feelings)
    • 2 = Sentiments négatifs modérés (Have moderate negative feelings)
    • 3 = Neutre / Pas de sentiment particulier dans un sens ou dans l’autre (Have no feeling one way or the other)
    • 4 = Sentiments positifs modérés (Have moderate positive feelings)
    • 5 = Sentiments positifs très forts (Have strong positive feelings)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont cotés de 1 à 5 dans le sens d’un affect positif croissant).
    • Le score pour chaque sous-échelle s’obtient en calculant la somme brute (ou la moyenne arithmétique) des items constitutifs de cette sous-échelle.
    • Pour les femmes :
      • Attractivité sexuelle (SA) : Somme des 13 items (Items 1, 3, 6, 11, 13, 20, 21, 22, 26, 28, 31, 32, 34). Score de 13 à 65.
      • Souci du poids (WC) : Somme des 10 items (Items 2, 8, 10, 14, 16, 23, 24, 25, 29, 35). Score de 10 à 50.
      • Condition physique (PC) : Somme des 9 items (Items 4, 5, 7, 9, 12, 15, 17, 30, 33). Score de 9 à 45.
      • Items non retenus dans les sous-échelles féminines : Items 18, 19, 27.
    • Pour les hommes :
      • Attractivité physique (PA) : Somme des 11 items (Items 3, 6, 11, 13, 16, 21, 22, 23, 27, 28, 34). Score de 11 à 55.
      • Force du haut du corps (UBS) : Somme des 9 items (Items 7, 12, 14, 15, 18, 19, 20, 25, 26). Score de 9 à 45.
      • Condition physique (PC) : Somme des 13 items (Items 2, 4, 5, 8, 9, 10, 15, 17, 25, 29, 30, 33, 35). Score de 13 à 65.
      • Items à double saturation masculine : Items 15 et 25 (inclus à la fois dans UBS et PC).
      • Items non retenus dans les sous-échelles masculines : Items 1, 24, 31, 32.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle d’estime corporelle a été initialement publiée en 1984 dans la revue scientifique à comité de lecture Journal of Personality Assessment. Conformément aux pratiques académiques traditionnelles, l’instrument est dans le domaine public à des fins d’enseignement, de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique standard, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Franzoi et Shields (1984).

Aucun coût de licence ni redevance financière n’est exigé pour l’administration papier ou informatisée de l’échelle dans le cadre de protocoles universitaires. Pour tout usage commercial à grande échelle ou intégration dans des progiciels propriétaires protégés, les utilisateurs sont invités à contacter l’éditeur détenteur des droits historiques de publication (Taylor & Francis / Society for Personality Assessment) ou l’auteur principal, Stephen L. Franzoi.

12. Références / References

Les travaux scientifiques fondateurs et les études psychométriques de validation incluent :

  • Franzoi, S. L. (1994). Further evidence of the reliability and validity of the Body Esteem Scale. Journal of Clinical Psychology, 50(2), 237–239. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5001_4
  • Franzoi, S. L., & Shields, S. A. (1984). The Body-Esteem Scale: Multidimensional structure and sex differences in a college population. Journal of Personality Assessment, 48(2), 173–178. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4802_12
  • Fredrickson, B. L., & Roberts, T. A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00108.x
  • Secord, P. F., & Jourard, S. M. (1953). The appraisal of body-cathexis: Body-cathexis and the self. Journal of Consulting Psychology, 17(5), 343–347. https://doi.org/10.1037/h0060689

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: On this page are listed a number of body parts and functions. Please read each item and indicate how you feel about this part or function of your own body using the following scale:
1

body scent                               _____                                      SA
2

appetite                                   _____              PC                   WC
3

nose                                         _____              PA                   SA
4

physical stamina                      _____              PC                   PC
5

reflexes                                    _____              PC                   PC
6

lips                                           _____              PA                   SA
7

muscular strength                    _____              UBS                PC
8

waist                                        _____              PC                   WC
9

energy level                             _____              PC                   PC
10

thighs                                      _____              PC                   WC
11

ears                                          _____              PA                   SA
12

biceps                                      _____              UBS                PC
13

chin                                         _____              PA                   SA
14

body build                               _____              UBS                WC
15

physical coordination              _____              UBS‚ PC         PC
16

buttocks                                  _____              PA                   WC
17

agility                                      _____              PC                   PC
18

width of shoulders                  _____              UBS
19

arms                                         _____              UBS
20

chest or breasts                        _____              UBS                SA
21

appearance of eyes                  _____              PA                   SA
22

cheeks/cheekbones                  _____              PA                   SA
23

hips                                          _____              PA                   WC
24

legs                                          _____                                      WC
25

figure or physique                   _____              UBS‚ PC         WC
26

sex drive                                  _____              UBS                SA
27

feet                                          _____              PA
28

sex organs                               _____              PA                   SA
29

appearance of stomach            _____              PC                   WC
30

health                                      _____              PC                   PC
31

sex activities                            _____                                      SA
32

body hair                                 _____                                      SA
33

physical condition                   _____              PC                   PC
34

face                                         _____              PA                   SA
35

weight                                     _____              PC                   WC
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle d’estime corporelle. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-destime-corporelle-bes/
Looti, Mohammed. “Échelle d’estime corporelle.” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-destime-corporelle-bes/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’estime corporelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-destime-corporelle-bes/.