1. Résumé / Abstract
L’Échelle des valeurs matérielles — Formes courtes (en anglais, Material Values Scale — Short Forms ou MVS-SF) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement employés pour quantifier le matérialisme individuel dans les sciences comportementales, la psychologie du consommateur et la sociologie économique. Développée et raffinée par la chercheuse Marsha L. Richins (2004) à partir de la version originale en 18 items conçue conjointement avec Scott Dawson (Richins & Dawson, 1992), cette batterie de formes abrégées répond à la nécessité méthodologique d’alléger la charge cognitive des participants dans les protocoles d’enquêtes complexes tout en maintenant des propriétés de mesure irréprochables.
Le construit opérationnalisé repose sur la conception du matérialisme en tant que système de valeurs orientant les priorités de vie d’un individu. L’échelle évalue de manière différentielle trois composantes théoriques fondamentales : le Succès (Success), mesurant la propension à évaluer la réussite personnelle et celle d’autrui à l’aune des possessions tangibles ; la Centralité (Acquisition Centrality), captant la place pivotale occupée par l’acquisition matérielle dans le mode de vie et l’allocation du temps et de l’énergie ; et le Bonheur (Happiness), quantifiant la croyance selon laquelle l’accumulation de biens et la consommation représentent les voies indispensables vers le bien-être subjectif et l’accomplissement personnel.
La validation empirique menée par Richins (2004) repose sur une méta-analyse psychométrique englobant 15 échantillons distincts représentant 4 736 participants, complétée par un échantillon de validation croisée indépendant comprenant 402 adultes. L’auteure a extrait quatre configurations réduites de 15, 9, 6 et 3 items. Les indices de cohérence interne moyens révèlent des coefficients alpha de Cronbach respectifs de 0,86 (15 items), 0,82 (9 items), 0,75 (6 items) et 0,63 (3 items). La forme à 9 items s’impose comme le standard méthodologique optimal, alliant une remarquable parcimonie à un coefficient alpha de 0,84 lors de la validation croisée et préservant l’intégrité de la structure tridimensionnelle. L’instrument utilise une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »).
2. Mots-clés / Keywords
Matérialisme, Échelle des valeurs matérielles, MVS-SF, Psychologie du consommateur, Valeurs individuelles, Propriétés psychométriques, Validation transculturelle, Comportement d’achat, Bien-être subjectif, Formes abrégées.
3. Auteurs / Authors
La conception, l’épuration psychométrique et la validation des formes courtes de l’échelle des valeurs matérielles ont été menées par :
- Marsha L. Richins, Ph.D. : Professeure émérite de marketing au sein de la Robert J. Trulaske, Sr. College of Business, University of Missouri (Columbia, Missouri, États-Unis). Chercheuse pionnière internationalement reconnue pour ses travaux novateurs sur la psychologie du matérialisme, l’insatisfaction des consommateurs, la comparaison sociale descendante et ascendante, ainsi que le rôle des émotions dans les comportements économiques. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Scott Dawson, Ph.D. (co-auteur de l’échelle originale de 1992) : Professeur de marketing et ancien doyen de la School of Business Administration à la Portland State University (Portland, Oregon, États-Unis). Spécialiste des valeurs humaines, de l’éthique des affaires et de la responsabilité sociétale des organisations marchandes.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la création de la Material Values Scale — Short Forms (MVS-SF) réside dans la résolution d’une tension méthodologique classique en psychométrie appliquée : concilier la robustesse théorique et factorielle d’un construit complexe avec les impératifs d’économie cognitive, de temps et de budget propres aux grandes enquêtes quantitatives. L’échelle originale en 18 items développée par Richins et Dawson en 1992, bien qu’exceptionnellement influente, présentait une longueur contraignante lorsqu’elle était intégrée à de vastes batteries de tests administrées dans des panels représentatifs, des études longitudinales ou des protocoles expérimentaux multiphases.
Dans de tels contextes d’investigation, l’utilisation d’échelles trop étendues accroît substantiellement la fatigue des répondants, favorise le désengagement cognitif, majore l’erreur de mesure aléatoire et induit des taux d’attrition élevés. En réexaminant minutieusement les données collectées au fil d’une décennie d’études empiriques, Richins (2004) s’est donné pour mission de proposer des versions réduites hautement fidèles, capables d’appréhender le spectre complet du construit sans compromettre sa validité nomologique ou factorielle.
Sur le plan des applications scientifiques, la MVS-SF permet de sonder en profondeur les mécanismes psychologiques qui sous-tendent les choix de consommation ostentatoire, l’hyperconsommation, les compulsions d’achat, l’endettement financier non soutenable et le rapport à l’argent. Dans le champ de la psychologie positive et de la santé mentale, l’échelle constitue un outil diagnostique et analytique indispensable pour explorer le « paradoxe matérialiste » : l’observation récurrente selon laquelle une adhésion exacerbée aux valeurs matérielles est négativement corrélée avec la satisfaction de vie, l’estime de soi, la qualité des relations interpersonnelles et le sentiment de vitalité subjective.
En recherche fondamentale, la forme abrégée à 9 items s’avère particulièrement adaptée à l’évaluation des sous-dimensions au sein de modèles d’équations structurelles (SEM), permettant de tester des chaînes causales complexes sans saturer artificiellement le nombre de paramètres à estimer. Les versions ultra-courtes (notamment la version à 6 items) sont couramment mobilisées dans les sondages socio-économiques nationaux, les études de marché rapides ou les protocoles de suivi écologique momentané (Ecological Momentary Assessment, EMA).
5. Construit psychologique / Construct
Le matérialisme a longtemps fait l’objet de définitions divergentes dans la littérature académique, oscillant entre des conceptualisations en termes de traits de personnalité (notamment l’approche de Russell W. Belk axée sur l’envie, la possessivité et la non-générosité) et des perspectives socio-économiques globales. Richins et Dawson (1992) ont opéré une clarification conceptuelle majeure en définissant le matérialisme comme une valeur individuelle régissant les priorités de l’existence. Dans ce modèle, les valeurs matérielles dictent l’importance relative accordée aux possessions matérielles et à leur acquisition par rapport à d’autres buts vitaux (tels que les accomplissements intellectuels, l’épanouissement relationnel, l’autonomie spirituelle ou la contribution sociétale).
Le construit de la MVS s’articule autour de trois dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes :
1. Le Succès (Success / Possessions as Success Indicators)
Cette dimension évalue la tendance d’un individu à juger son propre accomplissement dans la vie et celui des autres à travers le prisme de la quantité, de la rareté et de la valeur marchande des biens accumulés. Pour les sujets affichant un score élevé sur cette facette, la propriété immobilière prestigieuse, les véhicules haut de gamme, les marques vestimentaires luxueuses et les technologies de pointe constituent les étalons suprêmes de la réussite sociale, de la compétence et de la valeur intrinsèque d’une personne.
Cette dimension renvoie directement aux concepts de consommation ostentatoire théorisés par Thorstein Veblen. Les individus concernés recherchent activement des possessions dotées d’une forte visibilité sociale afin de projeter une image favorable de leur statut socio-économique et d’inspirer l’admiration, voire l’envie, de leur entourage.
2. La Centralité (Acquisition Centrality)
La centralité de l’acquisition mesure à quel point les biens matériels et leur acquisition occupent une position focale dans la vie quotidienne du sujet. Les personnes hautement matérialistes organisent leur emploi du temps, leurs aspirations professionnelles et leurs loisirs autour de l’acte d’acheter ou de planifier des achats futurs. La consommation cesse d’être un simple moyen logistique de subsistance pour se muer en un mode de vie complet, un moteur d’action et une source première de stimulation comportementale.
Cette dimension implique fréquemment une incapacité à restreindre ses désirs aux stricts besoins fonctionnels, une valorisation prépondérante des dépenses non pragmatiques et une réticence profonde envers les styles de vie axés sur la simplicité volontaire ou la frugalité.
3. Le Bonheur (Happiness / Acquisition as the Pursuit of Happiness)
Cette troisième sous-échelle quantifie l’illusion cognitive ou la conviction existentielle selon laquelle l’obtention de nouveaux biens et la richesse matérielle sont des préalables impératifs au bien-être psychologique, à l’équilibre émotionnel et au bonheur durable. Les individus souscrivant fortement à cette croyance éprouvent souvent une détresse affective lorsqu’ils ne peuvent s’offrir les objets désirés et entretiennent l’illusion que l’acquisition de la possession manquante transformera radicalement leur vie en dissolvant leurs affects négatifs.
Sur le plan psychologique, cette dimension est étroitement articulée avec le phénomène d’adaptation hédonique : dès lors qu’un bien est acquis, l’apaisement ou l’excitation ressentis s’estompent rapidement, rétablissant le niveau de base d’insatisfaction et stimulant une nouvelle quête acquisitionnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le soubassement théorique de la MVS s’enracine principalement dans la théorie des valeurs humaines développée par Shalom Schwartz (1992) et, de manière concomitante, dans les travaux fondamentaux de Milton Rokeach (1973). Selon cette perspective, les valeurs opèrent comme des croyances durables et trans-situationnelles relatives à des modes de conduite ou des finalités d’existence souhaitables, guidant la sélection et l’évaluation des actions, des politiques et des personnes.
Dans la taxonomie circulaire des valeurs universelles de Schwartz, le matérialisme s’inscrit au sein du quadrant de la Recherche du pouvoir (statut social, prestige, contrôle des ressources) et de la Réussite (succès personnel démontré au regard des normes sociales), tout en s’opposant diamétralement aux valeurs de Dépassement de soi (bienveillance, universalisme) et parfois d’Harmonie. Le matérialisme est donc appréhendé non pas comme un trouble pathologique isolé, mais comme une hiérarchisation spécifique des motivations fondamentales de l’individu.
Parallèlement, la MVS s’articule avec la Théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory, SDT) formalisée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan. Les recherches de Tim Kasser et Richard Ryan (1993, 1996) démontrent que les aspirations matérialistes relèvent d’objectifs extrinsèques (apparence, célébrité, richesse financière), lesquels contrastent avec les aspirations intrinsèques (croissance personnelle, relations affectives sincères, contribution à la communauté). L’investigation empirique systématique montre que lorsque les buts extrinsèques prennent le pas sur les buts intrinsèques, les besoins psychologiques fondamentaux d’autonomie, de compétence et d’affiliation restent insatisfaits, générant une vulnérabilité accrue à l’anxiété et à la dépression.
Enfin, le modèle intègre les perspectives de la théorie de la comparaison sociale de Leon Festinger. Les stimuli publicitaires et médiatiques contemporains soumettent en permanence les individus à des représentations idéalisées du succès matériel, exacerbant les comparaisons sociales ascendantes et nourrissant un état de déprivation relative, particulièrement saillant dans la composante Bonheur de l’échelle.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique des formes courtes de la MVS a fait l’objet d’une démonstration empirique exhaustive orchestrée par Richins (2004) à travers 15 échantillons distincts totalisant 4 736 participants, suivie d’un protocole rigoureux de validation croisée sur un échantillon indépendant de 402 consommateurs.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec les échelles de matérialisme préexistantes de Russell Belk (1985). Les corrélations observées entre la note globale de la MVS sous ses différentes versions abrégées et les sous-échelles de Belk (envie, possessivité, non-générosité) sont remarquablement stables :
- La corrélation moyenne entre l’échelle globale de la MVS-SF (versions 15, 9 et 6 items) et la sous-échelle d’Envie de Belk se situe systématiquement entre r = 0,42 et r = 0,48 (p < 0,001).
- La corrélation avec la sous-échelle de Non-générosité varie de r = 0,25 à r = 0,31.
- Les associations avec la sous-échelle de Possessivité oscillent entre r = 0,28 et r = 0,34.
Validité nomologique et prédictive
Richins (2004) a analysé l’insertion des formes courtes dans un vaste réseau nomologique incluant les valeurs personnelles, la valeur attribuée aux possessions privées et les comportements effectifs d’allocation financière en cas de rentrée d’argent imprévue (windfall expenditures). Les résultats démontrent une parfaite équivalence nomologique entre l’échelle originale à 18 items et les formes à 15 et 9 items :
- Attribution de valeur aux biens : Les individus obtenant des scores élevés à la MVS-SF attribuent une importance prépondérante aux aspects publics, ostentatoires et monétaires de leurs possessions, au détriment des valeurs relationnelles ou sentimentales (p < 0,001).
- Dépenses d’aubaine (Windfall expenditures) : Face au scénario hypothétique d’un gain financier inattendu de 20 000 dollars, les participants aux scores élevés sur la version à 9 items allouent une part substantielle de cette somme à l’achat immédiat de biens de consommation durables non essentiels, tout en réduisant drastiquement les parts dévolues aux dons caritatifs, à l’épargne de précaution ou à l’aide apportée à des proches.
- Satisfaction de vie globale : Une corrélation négative robuste et consistante est observée entre les formes courtes de la MVS et l’échelle de satisfaction de vie de Diener (SWLS), s’établissant généralement entre r = -0,22 et r = -0,30, attestant de la capacité de l’instrument à reproduire fidèlement l’antagonisme empirique entre matérialisme et bien-être subjectif.
Validité discriminante
Les analyses corrélationnelles et factorielles confirmatoires ont attesté que les trois sous-échelles de la MVS-SF ne se confondent pas avec des construits connexes tels que l’estime de soi globale (Rosenberg), le conformisme social ou l’extraversion, confirmant la spécificité théorique de l’instrument.
8. Fidélité / Reliability
L’analyse de la fidélité des formes courtes de la MVS a été conduite avec une grande rigueur, mesurant à la fois la consistance interne et la stabilité dans le temps à travers divers contextes d’échantillonnage.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
À travers les 15 échantillons initiaux analysés par Richins (2004, totalisant N = 4 736) et confirmés au sein de l’échantillon de validation croisée (N = 402), les coefficients alpha moyens révèlent une dégradation contrôlée de la cohérence interne proportionnelle à la réduction du nombre d’items :
- Version à 15 items : Alpha moyen de 0,86 dans les échantillons initiaux et 0,87 lors de la validation croisée. Pour les sous-échelles, les alphas s’échelonnent entre 0,77 et 0,82.
- Version à 9 items (version optimale recommandée) : Alpha moyen de 0,82 sur l’ensemble des 15 échantillons et 0,84 dans l’échantillon de validation croisée. Les sous-échelles conservent d’excellentes propriétés : Succès (α ≈ 0,77 à 0,80), Centralité (α ≈ 0,71 à 0,74), Bonheur (α ≈ 0,76 à 0,79).
- Version à 6 items : Alpha moyen de 0,75 dans les échantillons initiaux et 0,79 en validation croisée.
- Version à 3 items : Alpha moyen de 0,63 (chutant parfois à 0,58 dans certains sous-groupes), ce qui a conduit Richins à déconseiller formellement son emploi dès lors qu’une analyse fine ou une fidélité métrique minimale est requise.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les investigations longitudinales portant sur des intervalles de trois à six semaines rapportent des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et des coefficients test-retest supérieurs à r = 0,80 pour la forme à 9 items, ce qui démontre la stabilité temporelle du système de valeurs matérielles chez l’adulte, à l’abri des fluctuations émotionnelles passagères induites par des contextes circonstanciels.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le passage de l’échelle princeps de 18 items aux versions courtes a reposé sur une combinaison itérative d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sous modélisation LISREL.
Structure factorielle et adéquation des modèles (AFC)
Dans l’échantillon de validation croisée (N = 402), Richins a comparé la qualité d’ajustement du modèle théorique tridimensionnel (trois facteurs corrélés : Succès, Centralité, Bonheur) par rapport à un modèle unidimensionnel où l’ensemble des items saturerait sur un facteur général de matérialisme.
Pour la forme optimale à 9 items, le modèle tridimensionnel présente des indices d’adéquation statistiques remarquables :
- Chi-deux normé : χ²/df < 2,50, traduisant une excellente conformité avec la matrice de covariance observée.
- Indices d’ajustement comparatif : Comparative Fit Index (CFI) = 0,97 ; Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,96.
- Indice d’erreur d’approximation : Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,051 (intervalle de confiance à 90 % : [0,035 ; 0,067]), largement sous le seuil critique d’acceptabilité de 0,08.
- Résidu quadratique moyen standardisé : SRMR = 0,038.
Le modèle unidimensionnel testé sur ces mêmes 9 items présente une dégradation majeure des indices (CFI < 0,85, RMSEA > 0,11), validant empiriquement la pertinence de préserver les trois facteurs sous-jacents distincts.
Saturations factorielles (Factor Loadings)
Au sein de la version à 9 items, l’ensemble des saturations standardisées (λ) s’avère particulièrement robuste, s’échelonnant de 0,62 à 0,84, sans présence de saturations croisées indésirables (cross-loadings > 0,20). L’élimination des items ambigus ou présentant une forte variance résiduelle au sein de l’échelle d’origine a permis d’accroître substantiellement la pureté factorielle du modèle.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure MVS-SF est formalisé de la manière suivante :
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique en ligne (compatible ordinateurs, tablettes, smartphones).
- Étendue de l’instrument : Regroupe un pool validé de 15 items permettant d’extraire quatre versions distinctes selon les objectifs de recherche :
- Version 15 items : Intègre l’intégralité des items (1 à 15).
- Version 9 items (forme optimale recommandée) : Comprend les items 1, 2, 3 (Succès), 6, 7, 8 (Centralité) et 11, 12, 13 (Bonheur).
- Version 6 items : Comprend les items 1, 2 (Succès), 6, 7 (Centralité) et 11, 12 (Bonheur).
- Version 3 items : Comprend l’item 1 (Succès), l’item 6 (Centralité) et l’item 11 (Bonheur). Usage déconseillé par l’auteure en raison d’une fidélité trop faible.
- Échelle de réponse : 5-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Neither agree nor disagree, 4 = Agree, 5 = Strongly agree).
- Direction de cotation : Contrairement à la version originale de 1992 qui utilisait parfois un codage inversé dans sa grille de passation, les formes courtes utilisent une orientation standard où 1 correspond à « Pas du tout d’accord » et 5 correspond à « Tout à fait d’accord » (un score plus élevé reflétant un niveau supérieur de matérialisme après inversion des items requis).
- Items inversés (Reverse Scoring) : Les items marqués du symbole (R) doivent faire l’objet d’une inversion préalable avant calcul des scores : les notes 1, 2, 3, 4, 5 deviennent respectivement 5, 4, 3, 2, 1. Items inversés : 4, 5, 6, 7, 8, 11, 15.
- Calcul des scores : Les scores peuvent être calculés par sommation simple ou par moyenne arithmétique (score variant de 1 à 5), tant pour le score composite global que pour chacune des trois sous-échelles : Succès (items 1 à 5 dans la version longue, items 1 à 3 dans la version à 9 items), Centralité (items 6 à 10 dans la version longue, items 6 à 8 dans la version à 9 items) et Bonheur (items 11 à 15 dans la version longue, items 11 à 13 dans la version à 9 items).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2004 (développement et validation des formes courtes publiées dans le Journal of Consumer Research ; échelle princeps parue en 1992).
- Propriété intellectuelle et droits : L’article fondateur de 2004 est sous le copyright de Journal of Consumer Research, Inc. / Oxford University Press. Néanmoins, conformément aux usages académiques universels régissant les sciences sociales, les items des échelles développées par Marsha L. Richins sont libres de droits pour tout usage non commercial, recherche académique, mémoire universitaire et pratique d’enseignement.
- Tarification : Accès entièrement gratuit (open access for academic research). Aucune redevance financière ni redevance d’usage n’est exigée des chercheurs universitaires.
- Demande d’autorisation : L’obtention d’une licence formelle écrite n’est pas requise pour une utilisation scientifique non marchande, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence de Richins (2004). Pour toute exploitation commerciale, intégration à un progiciel payant ou application de conseil lucrative, une autorisation formelle préalable doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits d’édition.
12. Références / References
- Belk, R. W. (1985). Materialism: Trait aspects of living in the material world. Journal of Consumer Research, 12(3), 265–280. https://doi.org/10.1086/208515
- Kasser, T., & Ryan, R. M. (1993). A dark side of the American dream: Correlates of financial success as a central life aspiration. Journal of Personality and Social Psychology, 65(2), 410–422. https://doi.org/10.1037/0022-3514.65.2.410
- Kasser, T., & Ryan, R. M. (1996). Further examining the American dream: Differential correlates of intrinsic and extrinsic goals. Personality and Social Psychology Bulletin, 22(3), 280–287. https://doi.org/10.1177/0146167296223006
- Richins, M. L. (2004). The Material Values Scale: Measurement properties and development of a short form. Journal of Consumer Research, 31(1), 209–219. https://doi.org/10.1086/383436
- Richins, M. L., & Dawson, S. (1992). A consumer values orientation for materialism and its measurement: Scale development and validation. Journal of Consumer Research, 19(3), 303–316. https://doi.org/10.1086/209304
- Rokeach, M. (1973). The nature of human values. Free Press.
- Schwartz, S. H. (1992). Universals in the content and structure of values: Theoretical advances and empirical tests in 20 countries. Advances in Experimental Social Psychology, 25, 1–65. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60281-6
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 5-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Neither agree nor disagree, 4 = Agree, 5 = Strongly agree)
Note: (R) indicates items that require reverse scoring before computing scores.
Subscale: Success
- I admire people who own expensive homes, cars, and clothes.
- The things I own say a lot about how well I’m doing in life.
- I like to own things that impress people.
- I don’t pay much attention to the material objects other people own. (R)
- I don’t place much emphasis on the amount of material objects people own as a sign of success. (R)
Subscale: Acquisition Centrality
- I usually buy only the things I need. (R)
- I try to keep my life simple, as far as possessions are concerned. (R)
- The things I own aren’t all that important to me. (R)
- I enjoy spending money on things that aren’t practical.
- Buying things gives me a lot of pleasure.
Subscale: Happiness
- I have all the things I really need to enjoy life. (R)
- My life would be better if I owned certain things I don’t have.
- I’d be happier if I could afford to buy more things.
- It sometimes bothers me quite a bit that I can’t afford to buy all the things I’d like.
- I wouldn’t be any happier if I owned nicer things. (R)