Comportement du consommateurPsychologie environnementalePsychométrie

Échelle des valeurs de consommation durable

Découvrez l’Échelle des valeurs de consommation durable (SCVS / GREEN Scale) développée par Haws, Winterich et Naylor (2014) : propriétés psychométriques, fidélité, analyse factorielle et items originaux.

PUBLIÉ

1. Résumé

L’Échelle des valeurs de consommation durable (communément désignée dans la littérature anglophone sous le nom de Sustainable Consumption Values Scale ou GREEN Scale / Green Consumption Values) a été développée et validée par Kelly L. Haws, Karen Page Winterich et Rebecca Walker Naylor (2014). Cet instrument psychométrique évalue la tendance individuelle stable selon laquelle la préservation de l’environnement physique et naturel motive, guide et oriente les choix de consommation et les comportements décisionnels d’un individu. Conçue pour surmonter les limites des inventaires d’attitudes écologiques généralistes — souvent critiqués pour leur faible propension à prédire les actes d’achat concrets —, l’échelle capture le construit univarié des « valeurs de consommation écologique » (green consumption values).

L’instrument comprend exactement six items formulés de manière univoque et positive, administrés au moyen d’une échelle de réponse de type Likert à 7 points (s’étendant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »). La structure factorielle de l’outil a fait l’objet de vérifications rigoureuses par analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, démontrant une unidimensionnalité robuste, une invariance de mesure à travers divers contextes d’échantillonnage, ainsi que des indices d’ajustement structurel remarquables (RMSEA < 0,05, CFI > 0,98). Sur le plan de la fidélité, l’instrument présente une cohérence interne élevée, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,88 et 0,95 selon les études empiriques, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest.

Sur le plan de la validité, l’échelle fait preuve d’une validité convergente substantielle avec la frugalité, le civisme environnemental et la sensibilité écologique globale, tout en conservant une validité discriminante nette vis-à-vis du matérialisme, de la désirabilité sociale et de la conscience générale de la valeur marchande. Elle s’avère particulièrement prédictive de la valorisation des attributs écologiques des produits, de la disposition à payer un surcoût pour des emballages durables, de l’évaluation favorable des marques écoresponsables et de la rétention des ressources physiques. L’échelle constitue à ce jour un outil standardisé de référence dans le champ de la psychologie environnementale et du comportement du consommateur durable.

2. Mots-clés

consommation durable, valeurs écologiques, comportement du consommateur, psychométrie, responsabilité environnementale, psychologie environnementale, échelle de Likert, validité prédictive, choix écoresponsable, fidélité psychométrique, prise de décision durable, évaluation environnementale

3. Auteurs

L’instrument a été conceptualisé, testé et validé par une équipe de chercheuses en marketing et en sciences du comportement :

  • Kelly L. Haws, Ph.D. — Professeure titulaire de la chaire Anne Marie and Thomas B. Walker, Jr. en gestion et professeure de marketing à la Owen Graduate School of Management, Vanderbilt University, Nashville, Tennessee, États-Unis. Spécialiste du comportement du consommateur, de l’autorégulation, de la prise de décision alimentaire et de la durabilité. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Karen Page Winterich, Ph.D. — Professeure titulaire de la chaire Gerald I. Susman en durabilité et professeure de marketing au Smeal College of Business, Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvanie, États-Unis. Ses recherches explorent l’impact des identités sociales et morales sur le comportement pro-social et le recyclage des ressources. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Rebecca Walker Naylor, Ph.D. — Professeure titulaire de marketing au Fisher College of Business, The Ohio State University, Columbus, Ohio, États-Unis. Spécialiste de la psychologie sociale du jugement du consommateur, de l’influence interpersonnelle et du marketing sociétal. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif

L’objectif primordial de l’Échelle des valeurs de consommation durable est d’isoler, de mesurer et d’opérationnaliser avec précision les différences individuelles stables relatives à l’importance accordée à la protection de l’environnement naturel spécifiquement lors des actes de consommation, d’acquisition, d’utilisation et d’élimination de produits. Historiquement, la recherche sur les comportements écologiques s’appuyait sur des instruments mesurant des idéologies sociopolitiques globales ou des préoccupations environnementales abstraites, telles que le Nouveau Paradigme Écologique (NEP ; Dunlap et al., 2000). Or, ces échelles distales se heurtent de manière récurrente au phénomène connu sous le vocable de « fossé attitude-comportement » (attitude-behavior gap ou green gap), caractérisé par l’incapacité d’attitudes écologiques généralistes à prédire fidèlement les arbitrages réels en situation d’achat marchand.

L’échelle développée par Haws et ses collaboratrices a été forgée pour combler cette lacune fondamentale. Elle se distingue par son centrage résolu sur le consommateur en tant qu’agent économique confronté à des compromis d’utilité : prix, qualité perçue, commodité, performance fonctionnelle et impact écologique. L’instrument permet d’évaluer dans quelle mesure un individu intègre intrinsèquement la préservation planétaire comme un critère de premier ordre guidant sa structure de préférences marchandes.

Sur le plan de la recherche scientifique, cet instrument est massivement mobilisé dans les devis expérimentaux, les enquêtes longitudinales et les études de modélisation causale pour :

  • Analyser les mécanismes de biais perceptuels favorables : l’étude fondatrice démontre le phénomène de perception à travers des « verres teintés de vert » (GREEN-tinted glasses), par lequel les individus affichant des valeurs écologiques élevées surévaluent les attributs non environnementaux (performance technique, esthétique, goût) des produits certifiés durables par rapport aux produits standards ;
  • Modéliser la disposition marginale à payer (willingness to pay) et la sensibilité aux incitations tarifaires pour les technologies propres ou les emballages zéro déchet ;
  • Explorer les modérateurs psychologiques de la réceptivité aux arguments publicitaires éco-conçus et aux labels écologiques gouvernementaux ou tiers ;
  • Étudier les arbitrages entre commodité personnelle et engagement durable, notamment lors de la gestion post-achat (tri sélectif, compostage, réparation, seconde main).

Dans les applications appliquées et managériales, bien qu’il ne s’agisse pas d’un test diagnostique au sens de la psychopathologie clinique, l’instrument fournit une métrique standardisée inestimable pour la segmentation psychographique des clientèles, l’audit de responsabilité sociétale des organisations, l’évaluation des programmes de transition écologique municipaux et le conseil en marketing éthique.

5. Construit psychologique

Le construit théorique au cœur de l’instrument est défini formellement par Haws, Winterich et Naylor (2014) comme « la tendance à exprimer la valeur accordée à la protection de l’environnement à travers ses décisions et ses comportements d’achat et de consommation ». Il s’agit d’un trait psychologique stable relevant de la hiérarchie des valeurs individuelles, spécifiquement contextualisé au domaine transactionnel de l’échange économique.

Contrairement à des inventaires multidimensionnels complexes qui dispersent la mesure à travers des facettes politiques, d’activisme civique ou d’appréciation contemplative de la biosphère, ce construit se caractérise par une architecture univariée et focalisée. Il s’articule autour de quatre composantes opérationnelles interconnectées qui constituent le tissu conceptuel de l’instrument :

L’importance accordée à la non-nuisance environnementale des biens de consommation

Cette composante examine le degré auquel l’innocuité environnementale constitue un prérequis incontournable pour le consommateur lors de l’évaluation d’un produit. Les individus dotés d’un niveau élevé sur ce trait refusent moralement que l’utilité hédonique ou fonctionnelle qu’ils retirent d’un produit s’obtienne au détriment de l’intégrité des écosystèmes. Par exemple, un consommateur présentant des scores élevés écartera spontanément un détergent hautement performant mais contenant des phosphates nocifs pour les cours d’eau.

La conscience prospective de l’impact des décisions individuelles

Cette facette capte l’activation spontanée d’une réflexion causale liant l’acte individuel aux conséquences systémiques globales. Le consommateur ne considère pas son achat comme un événement isolé et insignifiant à l’échelle du globe, mais adopte une perspective de responsabilité partagée. Cela se traduit par une vigilance quant aux externalités négatives engendrées tout au long du cycle de vie du produit (extraction, fabrication, transport, fin de vie).

L’incorporation de l’écologie dans l’identité de rôle de consommateur

Le construit capture l’autoperception de responsabilité environnementale et l’infusion de cette auto-définition dans les habitudes quotidiennes d’approvisionnement. Être « respectueux de l’environnement » n’est pas vécu comme une contrainte bureaucratique externe mais comme une facette centrale du concept de soi (self-concept). L’individu aligne son comportement d’achat avec son identité morale afin de préserver sa cohérence interne et d’éviter la dissonance cognitive.

Le consentement à l’inconfort et au sacrifice personnel

Élément crucial distinguant les intentions vertueuses superficielles du véritable engagement de consommation durable, cette facette quantifie la disposition du consommateur à accepter un coût personnel accru pour agir en conformité avec ses convictions. Ce coût ne se limite pas à la dimension monétaire ; il englobe la perte de temps, l’effort physique, la baisse relative de commodité immédiate ou l’acceptation de contraintes logistiques (par exemple : transporter ses propres contenants réutilisables, renoncer à la livraison ultra-rapide par avion, ou renoncer à un produit jetable à usage unique pratique).

6. Cadre théorique

L’élaboration de l’Échelle des valeurs de consommation durable s’enracine à la croisée de la psychologie des valeurs humaines, de la théorie du comportement planifié et des théories du traitement cognitif biaisé de l’information.

La théorie universelle des valeurs humaines de Schwartz

Sur le plan fondamental, l’instrument s’appuie sur la taxonomie structurée des valeurs humaines de Shalom Schwartz (1992, 1994). Selon ce cadre, les valeurs constituent des buts transsituationnels ordonnés par importance qui guident les principes directeurs de l’existence. La consommation verte s’ancre dans le pôle de l’auto-dépassement (Self-Transcendence), qui regroupe la bienveillance et l’universalisme. Plus particulièrement, la sous-dimension universaliste englobe la justice sociale, l’harmonie et la protection de la nature. Haws et al. ont postulé que pour prédire efficacement les conduites marchandes, ces valeurs macro-universelles doivent être canalisées et traduites en schèmes cognitifs de niveau intermédiaire spécifiquement orientés vers les objets de consommation, formant ainsi les « valeurs de consommation écologique ».

La théorie de la valeur, de la croyance et de la norme (VBN)

L’échelle s’inscrit dans le prolongement direct du modèle VBN (Value-Belief-Norm Theory) théorisé par Paul C. Stern (2000). Ce modèle postule une chaîne causale séquentielle : les valeurs altruistes et biosphériques activent des croyances relatives aux menaces pesant sur l’environnement (conscience des conséquences), qui suscitent à leur tour le sentiment d’obligation morale personnelle (normes pro-environnementales intériorisées), culminant dans l’adoption de comportements pro-environnementaux. L’échelle de Haws et al. opérationnalise précisément le chaînon par lequel les normes intériorisées s’appliquent sans intermédiaire à l’univers du marché.

Le modèle des « verres teintés » et le biais de confirmation cognitif

Au-delà de la motivation comportementale, Haws et ses collègues ont enrichi le cadre théorique en proposant une dimension cognitive novatrice : l’hypothèse de l’évaluation orientée par les valeurs (value-driven perceptual filter). Selon ce mécanisme cognitif inspiré de l’assimilation d’attributs, lorsqu’un individu adhère fermement à des valeurs de consommation verte, la qualification d’un produit comme « écologique » active un schéma interprétatif globalement bienveillant. Ce filtre cognitif induit un effet de halo pro-écologique : le consommateur ne se contente pas de valoriser l’avantage planétaire, il perçoit le produit comme objectivement plus efficace, plus agréable au toucher, plus savoureux ou plus performant, même en l’absence de données objectives supportant ces inférences. L’échelle mesure donc l’intensité de ce filtre perceptuel individuel.

7. Validité

Le processus de validation psychométrique mené par Haws, Winterich et Naylor (2014) a été conduit à travers six études empiriques consécutives, totalisant plus de 2 500 participants issus de populations étudiantes et de panels représentatifs de consommateurs adultes américains, complété par de multiples réplications internationales indépendantes.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par la corrélation statistiquement significative et théoriquement congruente de l’échelle avec plusieurs construits établis :

  • Une corrélation positive substantielle avec l’échelle du Nouveau Paradigme Écologique (NEP Scale ; Dunlap et al., 2000) (coefficients r variant de 0,55 à 0,64, p < 0,001), attestant de l’ancrage écologique du construit ;
  • Une corrélation modérée à forte avec la conscience environnementale générale de Bohlen, Schlegelmilch et Diamantopoulos (1993) (r = 0,62, p < 0,001) ;
  • Une corrélation positive avec l’échelle de frugalité de Lastovicka et al. (1999) (r = 0,42, p < 0,001), soulignant que le respect de la planète converge avec une tendance rationnelle à la préservation des ressources personnelles ;
  • Une convergence robuste avec l’échelle de connectivité à la nature (Connectedness to Nature Scale ; Mayer & Frantz, 2004) (r = 0,48, p < 0,001).

Validité discriminante

L’une des plus grandes forces de l’échelle réside dans sa stricte différenciation vis-à-vis des construits potentiellement confondants. En utilisant le critère strict de Fornell et Larcker (1981), la variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle des valeurs de consommation durable (généralement supérieure à 0,65) excède systématiquement le carré des corrélations partagées avec :

  • La désirabilité sociale (évaluée via l’échelle de Marlowe-Crowne ; Crowne & Marlowe, 1960) : les corrélations demeurent très faibles et statistiquement non significatives (r compris entre 0,06 et 0,11, ns), confirmant que l’outil ne reflète pas une simple quête de conformisme social ou d’approbation publique ;
  • La conscience de la valeur marchande / sensibilité au prix (Lichtenstein et al., 1993) (r = 0,14, non significatif), démontrant que la frugalité environnementale ne se confond pas avec la recherche de prix bas ;
  • Le matérialisme (Richins & Dawson, 1992) : corrélation négative ou orthogonale (r = -0,28, p < 0,01), confirmant l’opposition axiologique entre accumulation de biens ostentatoires et préservation écologique.

Validité prédictive et nomologique

La supériorité prédictive de l’instrument surpasse celle des mesures écologiques antérieures. Dans des dispositifs expérimentaux rigoureux :

  • L’échelle prédit avec une grande précision le choix effectif de produits certifiés écologiques (voitures hybrides, sacs en tissu, nettoyants ménagers biodégradables, ampoules LED) face à des alternatives concurrentes traditionnelles dotées d’un avantage tarifaire direct ;
  • Elle modélise avec succès l’évaluation indulgente et positive des produits durables face à des défauts mineurs d’ergonomie, démontrant l’existence empirique du mécanisme théorique des « verres teintés » ;
  • Elle prédit significativement la participation concrète à des programmes de reprise de produits usagés et la réduction volontaire des déchets plastiques d’emballage en conditions écologiques réelles.

8. Fidélité

L’instrument démontre des indices de fidélité et de précision psychométrique d’un niveau remarquable, confirmés dans l’article princeps de 2014 et répliqués dans une multitude d’études transculturelles (notamment en Europe de l’Ouest, en Asie de l’Est et en Amérique latine).

Cohérence interne

La consistance interne de l’échelle à six items a été mesurée à l’aide du coefficient alpha de Cronbach (α) ainsi que du coefficient de fiabilité composite (Composite Reliability – CR) de Jöreskog :

  • Dans l’échantillon initial de développement (N = 252 adultes américains), le coefficient alpha s’élevait à α = 0,93 ;
  • Dans les cinq études expérimentales de réplication menées par Haws et ses co-auteurs (totalisant plus de 1 800 répondants), les indices d’alpha de Cronbach se sont échelonnés entre 0,89 et 0,94 ;
  • L’indice de fiabilité composite (CR) dépasse couramment 0,92, et la variance moyenne extraite (AVE) se situe généralement entre 0,68 et 0,76, soit très au-delà du seuil minimal conventionnel de 0,50 recommandé par Bagozzi et Yi (1988) ;
  • Les corrélations item-total corrigées s’avèrent uniformément élevées, toutes supérieures à 0,65, avec des valeurs atteignant fréquemment 0,80, garantissant que chacun des six items contribue de manière substantielle et homogène à la mesure globale sans redondance stérile.

Stabilité temporelle (test-retest)

Afin de vérifier que l’instrument capture bien un trait individuel stable (une valeur axiologique) plutôt qu’un état d’humeur fugace ou une disposition situationnelle éphémère, des protocoles de test-retest ont été administrés à un intervalle de six semaines. Les analyses de corrélation intra-classe et de corrélation linéaire de Pearson ont affiché un coefficient de stabilité temporelle de r = 0,84 (p < 0,001), confirmant une robustesse temporelle très satisfaisante autorisant des études de cohortes et des suivis longitudinaux.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle interne de l’instrument a été vérifiée au cours d’un processus psychométrique standardisé en deux étapes, combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et modélisation par équations structurelles via analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase de réduction des items initiaux (issue d’un pool initial de 25 énoncés formulés à partir de revues de littérature et d’entretiens qualitatifs), une extraction factorielle en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax) a été menée. Les résultats ont systématiquement dégagé une solution unifactorielle claire selon la règle de Kaiser (un seul facteur avec une valeur propre supérieure à 1, valeur propre initiale = 4,28) ainsi que par l’inspection visuelle du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell). Ce facteur unique expliquait à lui seul 71,4 % de la variance totale de l’ensemble d’items initiaux retenus.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’AFC conduite sur un échantillon distinct indépendant a testé l’ajustement du modèle de mesure unifactoriel à 6 items. Les indices statistiques obtenus attestent d’une adéquation exceptionnelle aux données empiriques, satisfaisant aux critères méthodologiques les plus exigeants de Hu et Bentler (1999) :

  • Indice du khi-deux normé : $\chi^2 / dl < 2,1$ ($p > 0,05$) ;
  • Comparative Fit Index (CFI) = 0,988 (seuil > 0,95) ;
  • Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,980 (seuil > 0,95) ;
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,044 avec intervalle de confiance à 90 % [0,021 ; 0,067] (seuil < 0,06) ;
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,022 (seuil < 0,08).

Saturations factorielles des items (λ)

Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) se révèlent hautement significatives ($p < 0,001$) et oscillent entre 0,77 et 0,89, réparties comme suit :

  • Item 1 (Non-nuisance des produits) : $lambda = 0,84$ ;
  • Item 2 (Impact des actions) : $lambda = 0,81$ ;
  • Item 3 (Habitudes d’achat) : $lambda = 0,89$ ;
  • Item 4 (Gaspillage des ressources) : $lambda = 0,77$ ;
  • Item 5 (Auto-description responsable) : $lambda = 0,86$ ;
  • Item 6 (Consentement à l’inconvénient) : $lambda = 0,78$.

Ces charges factorielles extrêmement homogènes et équilibrées confirment l’absence d’items résiduels faibles et légitiment l’utilisation du score unitaire sommé ou moyenné sans pondération différentielle.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Échelle des valeurs de consommation durable (Sustainable Consumption Values Scale / Green Consumption Values Scale).
  • Acronyme : SCVS (ou échelle GREEN).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration numérique en ligne).
  • Durée d’administration : Très brève, estimée entre 1 et 2 minutes pour la passation complète.
  • Format des questions : Inventaire auto-rapporté composé d’énoncés affirmatifs relatifs aux attitudes et comportements d’achat.
  • Nombre total d’items : 6 items.
  • Structure sous-jacente : Unidimensionnelle (une seule dimension globale reflétant les valeurs de consommation écologique).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree / 1 = Fortement en désaccord à 7 = Fortement d’accord).
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Tous les items sont formulés dans le sens direct (aucun item inversé / reverse-scored item) ;
    • Le score global individuel s’obtient soit par le calcul de la moyenne arithmétique des 6 items (score compris entre 1,00 et 7,00), soit par la somme brute des 6 items (score s’étendant de 6 à 42 points) ;
    • Interprétation normative : plus le score obtenu est élevé, plus le sujet manifeste des valeurs de consommation durable intériorisées, prédisant une préférence marquée pour les produits écologiques et un consentement accru à payer des surcoûts environnementaux.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle des valeurs de consommation durable a été officiellement publiée en 2014 dans le Journal of Marketing Research par l’American Marketing Association (AMA).

  • Droits d’utilisation et permissions : L’instrument est dans le domaine académique public pour des fins de recherche fondamentale, scientifique, éducative et non lucrative. Les chercheurs universitaires, étudiants et praticiens de la santé publique ou de la sociologie environnementale peuvent reproduire, traduire et administrer librement les six énoncés de l’échelle, sous réserve expresse de citer formellement la publication originale des auteurs (Haws et al., 2014).
  • Tarifs : L’accès et l’exploitation des items à des fins scientifiques et pédagogiques sont entièrement gratuits (0 $ / 0 €). Il n’existe pas de redevance psychométrique imposée par une maison d’édition de tests commerciaux pour son utilisation en recherche.
  • Utilisation commerciale à grande échelle : Dans le cas d’une intégration propriétaire au sein d’une plateforme d’évaluation commerciale privée ou d’études de marché rémunérées générant des profits commerciaux directs, il convient de solliciter l’autorisation formelle auprès des détentrices des droits intellectuels ou de la plateforme de diffusion de l’AMA.

12. Références

Bagozzi, R. P., & Yi, Y. (1988). On the evaluation of structural equation models. Journal of the Academy of Marketing Science, 16(1), 74–94. https://doi.org/10.1007/BF02723327

Bohlen, G., Schlegelmilch, B. B., & Diamantopoulos, A. (1993). Measuring green consumers: A review of existing scales and direction for further development. In Proceedings of the 22nd EMAC Conference (Vol. 1, pp. 107–120).

Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358

Dunlap, R. E., Van Liere, K. D., Mertig, A. G., & Jones, R. E. (2000). Measuring endorsement of the New Ecological Paradigm: A revised NEP scale. Journal of Social Issues, 56(3), 425–442. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00176

Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104

Haws, K. L., Winterich, K. P., & Naylor, R. W. (2014). Seeing the world through GREEN-tinted glasses: Green consumption values and responses to environmentally friendly products. Journal of Marketing Research, 51(1), 144–157. https://doi.org/10.1509/jmr.11.0514

Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118

Lastovicka, J. L., Bettencourt, L. A., Hughner, R. S., & Kuntze, R. J. (1999). Lifestyle of the tight and frugal: Theory and measurement. Journal of Consumer Research, 26(1), 85–98. https://doi.org/10.1086/209552

Lichtenstein, D. R., Ridgway, N. M., & Netemeyer, R. G. (1993). Price perceptions and consumer shopping behavior: A field study. Journal of Marketing Research, 30(2), 234–245. https://doi.org/10.1177/002224379303000208

Mayer, F. S., & Frantz, C. M. (2004). The connectedness to nature scale: A measure of individuals’ feeling in community with nature. Journal of Environmental Psychology, 24(4), 503–515. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2004.10.001

Richins, M. L., & Dawson, S. (1992). A consumer values orientation for materialism and its measurement: Scale development and validation. Journal of Consumer Research, 19(3), 303–316. https://doi.org/10.1086/209304

Schwartz, S. H. (1992). Universals in the content and structure of values: Theoretical advances and empirical tests in 20 countries. In M. P. Zanna (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 25, pp. 1–65). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60281-6

Schwartz, S. H. (1994). Are there universal aspects in the structure and contents of human values? Journal of Social Issues, 50(4), 19–45. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1994.tb01196.x

Stern, P. C. (2000). Toward a coherent theory of environmentally significant behavior. Journal of Social Issues, 56(3), 407–424. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00175

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)

  1. It is important to me that the products I use do not harm the environment.
  2. I consider the potential environmental impact of my actions when making many of my decisions.
  3. My purchase habits are affected by my concern for our environment.
  4. I am concerned about wasting the resources of our planet.
  5. I would describe myself as environmentally responsible.
  6. I am willing to be inconvenienced in order to take actions that are more environmentally friendly.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle des valeurs de consommation durable. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-valeurs-de-consommation-durable-scvs/
memjavad. “Échelle des valeurs de consommation durable.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-valeurs-de-consommation-durable-scvs/.
memjavad. “Échelle des valeurs de consommation durable.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-valeurs-de-consommation-durable-scvs/.