Échelle des tracas urbains (UHS)

L’Échelle des tracas urbains (Urban Hassles Scale, UHS) développée par Miller (2002, 2005) évalue le stress chronique et écologique vécu par les adolescents en milieu urbain défavorisé à travers 32 items et 4 sous-échelles validées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle des tracas urbains (Urban Hassles Scale, UHS ; également désignée dans certains travaux sous le nom d’Urban Hassles Index) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu spécifiquement par David B. Miller et ses collaborateurs au début des années 2000. Cet outil a été développé pour remédier aux limites majeures des échelles traditionnelles d’évaluation du stress quotidien, lesquelles étaient historiquement calibrées sur des populations adultes, de classe moyenne et vivant en milieu suburbain (comme les travaux pionniers de Richard Lazarus et Allen Kanner). L’UHS quantifie la fréquence d’exposition à des stresseurs chroniques, écologiques et interpersonnels qui caractérisent le quotidien des adolescents et jeunes adultes évoluant dans des environnements urbains défavorisés ou structurellement vulnérables, avec une attention particulière portée aux minorités ethnoculturelles, notamment les jeunes afro-américains.

Composée de 32 items, l’échelle évalue quatre dimensions empiriquement distinctes et théoriquement cohérentes :

  • Les conditions environnementales (Environmental conditions, 7 items, α = 0,77) : nuisances physiques, dégradation du cadre bâti, transports défaillants et présence de substances ou d’activités illicites dans l’espace public.
  • Les interactions interpersonnelles et la surveillance (Interpersonal interactions/surveillance, 7 items, α = 0,75) : profilage racial, soupçon d’inconduite par les forces de l’ordre ou les commerçants, conflits avec l’autorité et pressions familiales ou scolaires.
  • Les préoccupations relatives à la sécurité (Safety concerns, 11 items, α = 0,75) : anxiété nocturne face aux coups de feu ou aux sirènes, inquiétude continue pour l’intégrité physique de soi, de ses proches et de ses amis.
  • La victimisation anticipatoire (Anticipatory victimization, 7 items, α = 0,69) : peur pragmatique du vol, adoption de conduites d’évitement géographique et anticipation de confrontations violentes ou coercitives.

Chaque item est coté sur une échelle ordinale de fréquence en quatre points allant de 0 (Never / Jamais) à 3 (Very Often / Très souvent). L’instrument affiche une consistance interne globale élevée (α total avoisinant 0,88 à 0,91 selon les échantillons) ainsi qu’une excellente validité de construit et prédictive, expliquant une variance significative des symptômes dépressifs, de l’anxiété, des conduites extériorisées et des manifestations post-traumatiques chez les adolescents urbains, au-delà de l’impact des événements de vie majeurs.

2. Mots-clés

Tracas urbains, Urban Hassles Scale, stress chronique, écologie urbaine, adolescence, psychométrie, afro-américains, victimisation anticipatoire, profilage racial, santé mentale des jeunes, validation transculturelle.

3. Auteurs

L’Échelle des tracas urbains a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs en travail social, sociologie et psychologie appliquée de la Jack, Joseph and Morton Mandel School of Applied Social Sciences de l’Université Case Western Reserve (Cleveland, Ohio, États-Unis) :

  • David B. Miller, Ph.D., MSW, MPH : Professeur agrégé à la Mandel School of Applied Social Sciences, Université Case Western Reserve. Ses recherches portent sur le développement des hommes afro-américains tout au long du cycle de vie, la santé urbaine, les stresseurs contextuels, les disparités raciales et la résilience chez les jeunes marginalisés. Contact académique : [email protected].
  • Susan E. Webster, Ph.D. : Chercheuse et méthodologue associée aux premières investigations sur les stresseurs quotidiens des adolescents urbains afro-américains à l’Université Case Western Reserve.
  • Randall MacIntosh, Ph.D. : Professeur et statisticien spécialisé en modélisation par équations structurelles, analyse multivariée et mesure psychométrique, ayant codirigé l’analyse factorielle confirmatoire initiale de l’instrument.
  • Aloen L. Townsend, Ph.D. : Professeure émérite de recherche à la Mandel School of Applied Social Sciences, experte des méthodes d’analyse longitudinale, du stress chronique et de la santé mentale.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle des tracas urbains est de combler un angle mort critique dans l’évaluation psychologique du stress : la prise en compte des micro-agressions écologiques, physiques et systémiques récurrentes imposées aux individus résidant dans des enclaves urbaines ségréguées ou socio-économiquement précarisées. Historiquement, les modèles dominants du stress quotidien (comme le Daily Hassles Scale de Kanner et al., 1981) mesuraient des irritants typiques des ménages suburbains favorisés : embouteillages de banlieue, pannes d’appareils électroménagers, surcharges financières liées aux investissements ou gestion d’animaux domestiques. Ces instruments se sont révélés totalement inopérants et culturellement insensibles pour capter l’écologie du stress vécue par des jeunes urbains confrontés à la criminalité communautaire, aux défaillances des services publics et à la surveillance discriminatoire.

Applications en recherche épidémiologique et psychosociale

En recherche, l’UHS sert d’indicateur central du fardeau allostatique et du stress contextuel chronique. Elle permet d’étudier comment l’exposition répétée à des stresseurs de basse intensité mais à forte récurrence mine progressivement les mécanismes d’adaptation psychologique (coping), précipite les troubles de l’humeur et favorise l’émergence d’idéations dépressives ou de comportements de prise de risque. L’instrument a également été largement utilisé pour examiner les effets modérateurs ou médiateurs du soutien familial, du mentorat, de la connectivité scolaire et de l’identité raciale positive face à l’adversité écologique urbaine.

Utilité clinique et d’intervention sociale

Sur le plan clinique et diagnostique, l’UHS offre aux psychologues, psychiatres et travailleurs sociaux un cadre objectif pour contextualiser la détresse psychologique des adolescents. Souvent, des symptômes d’hypervigilance, d’irritabilité ou d’évitement comportemental chez un jeune issu d’un quartier prioritaire risquent d’être pathologisés hâtivement sous la forme d’un trouble oppositionnel avec provocation ou d’un déficit de l’attention avec hyperactivité. L’administration de l’UHS permet de requalifier ces manifestations en tant que réponses adaptatives fonctionnelles (bien que coûteuses sur le plan neurobiologique) à un environnement objectivement menaçant. Elle guide ainsi les professionnels vers des interventions basées sur la thérapie cognitivo-comportementale sensible au trauma (TF-CBT) et sur le plaidoyer environnemental et social.

5. Construit psychologique

L’Échelle des tracas urbains opérationnalise le stress urbain chronique comme une constellation multidimensionnelle d’expériences directes, d’observations vicariantes et d’états d’alerte cognitive. Contrairement aux événements de vie majeurs traumatiques (tels que la mort violente d’un proche ou l’agression physique directe), les « tracas urbains » se définissent comme des transactions personne-environnement itératives, insidieuses et souvent normalisées par la population. La structure interne de l’échelle repose sur quatre piliers conceptuels fondamentaux :

1. Conditions environnementales (Environmental conditions)

Cette dimension capture l’impact de la dégradation physique et matérielle de l’environnement immédiat. Elle reflète la théorie des incivilités et du désordre urbain. Les individus doivent naviguer quotidiennement au milieu de bâtiments abandonnés, de terrains vagues non entretenus, d’arrêts de bus délabrés et d’une circulation automobile excessive génératrice de bruit nocturne. Elle englobe également la confrontation passive mais constante avec l’économie souterraine et la visibilité des conduites addictives dans la rue (par exemple, être sollicité financièrement par des personnes souffrant d’addiction ou être témoin d’individus regroupés aux coins des rues). Ce construit reflète le sentiment d’abandon institutionnel et la surcharge sensorielle négative.

2. Interactions interpersonnelles et surveillance (Interpersonal interactions/surveillance)

Ce construit mesure la charge psychologique liée aux interactions sociales asymétriques, conflictuelles ou intrusives. Il englobe d’une part les contrôles policiers intempestifs (stop and frisk), le suivi discriminatoire par le personnel de sécurité dans les magasins et les politiques restrictives limitant l’accès des adolescents aux commerces de proximité. D’autre part, il quantifie les tensions au sein du réseau social proche : pressions des pairs pour se battre, pressions sexuelles exercées par les partenaires amoureux, réprobation paradoxale des pairs en cas de bonnes notes (« made fun of because of good grades ») ou stigmatisation liée aux vêtements. Cette dimension traduit la complexité de l’appartenance sociale dans un milieu où la conformité aux normes de la rue peut entrer en collision avec la réussite académique ou l’intégrité personnelle.

3. Préoccupations relatives à la sécurité (Safety concerns)

Cette sous-échelle évalue l’anxiété diffuse et l’activation psychophysiologique continue induites par la menace de violence létale ou armée. Elle est illustrée par la nervosité ressentie à l’écoute des sirènes d’urgence ou des coups de feu nocturnes, qui perturbent les cycles de sommeil et maintiennent le système nerveux sympathique en alerte. De manière prépondérante, cette dimension évalue l’inquiétude que le jeune nourrit non seulement pour sa propre vie, mais surtout pour l’intégrité physique de ses proches (famille, amis). Un item charnière explore également l’isolement émotionnel induit par la nécessité de taire et dissimuler ces peurs à ses pairs pour ne pas paraître vulnérable (« keeping secret from friends, your worries about safety »).

4. Victimisation anticipatoire (Anticipatory victimization)

Ce construit reflète les modifications cognitives et comportementales prophylactiques déployées par l’individu pour prévenir les agressions matérielles ou corporelles directes. Il inclut l’appréhension permanente de se faire voler ses biens personnels (vêtements, chaussures, téléphone ou argent), la peur d’une confrontation avec des inconnus, et la modification contrainte des itinéraires pédestres vers l’école ou le travail afin de contourner des points chauds de violence. Il intègre également les pressions coercitives directes de l’environnement criminel, comme les incitations à intégrer un gang, à dissimuler ou vendre des stupéfiants, ou à porter une arme pour sa propre autodéfense.

6. Cadre théorique

Le développement de l’Échelle des tracas urbains s’enracine à l’intersection de trois courants théoriques majeurs des sciences sociales et comportementales : le modèle transactionnel du stress, l’écologie du développement humain et la sociologie de la désorganisation sociale.

Le modèle transactionnel du stress et du coping (Lazarus & Folkman)

Selon le paradigme théorique formalisé par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), le stress psychologique ne réside ni exclusivement dans l’environnement ni uniquement dans l’organisme, mais émerge d’une transaction dynamique dans laquelle l’individu évalue une situation comme excédant ses ressources adaptatives et menaçant son bien-être. Miller et ses collaborateurs ont postulé que les « tracas quotidiens » (daily hassles) constituent une menace bien plus corrosive pour l’équilibre psychologique à long terme que les événements de vie ponctuels spectaculaires, car leur nature continue érode les réserves physiologiques sans offrir de période de répit ou de récupération allostatique.

Le modèle bioécologique du développement humain (Bronfenbrenner)

L’UHS s’appuie explicitement sur la théorie des systèmes écologiques d’Urie Bronfenbrenner (1979). Les stresseurs urbains opèrent à plusieurs niveaux systémiques imbriqués :

  • Le microsystème : interactions directes au sein du groupe de pairs (moqueries, pressions à la bagarre), de la famille (besoin financier forçant le jeune à travailler pour payer les factures) et de l’école (conflits avec les enseignants).
  • Le mésosystème : tensions entre la culture familiale, les attentes académiques et les impératifs de survie de la rue.
  • L’exosystème : environnement physique du quartier, absence d’infrastructures de loisirs sécurisées, défaillances des transports en commun et pratiques de maintien de l’ordre public (profilage discriminatoire).
  • Le macrosystème : racisme structurel, ségrégation résidentielle historique et disparités socio-économiques systémiques qui créent les conditions matérielles de la pauvreté concentrée.

Théorie de la désorganisation sociale et stress des minorités

L’échelle intègre enfin les préceptes sociologiques de la désorganisation sociale (développée initialement par Shaw et McKay à Chicago, puis revisitée par Robert Sampson) et les travaux de William Julius Wilson sur l’hyperghetto. Ces cadres expliquent comment la perte d’efficacité collective (collective efficacy) dans un quartier engendre un sentiment de vulnérabilité omniprésent. De surcroît, le concept de stress des minorités (Meyer, 2003) éclaire la manière dont les adolescents issus de minorités ethniques subissent une charge cognitive supplémentaire liée à la perception constante d’être surveillés, soupçonnés ou rejetés par les institutions dominantes.

7. Validité

Les études empiriques conduites par Miller et ses collaborateurs (Miller et al., 2002 ; Miller & Townsend, 2005) ainsi que plusieurs validations indépendantes ultérieures ont documenté les solides qualités métrologiques de l’instrument.

Validité de construit

La validité de construit a été initialement démontrée par la capacité de l’échelle à capturer des dimensions qui corrèlent modérément entre elles (coefficients inter-facteurs variant entre 0,42 et 0,61), prouvant qu’elles reflètent des facettes complémentaires d’un méta-construit sous-jacent de fardeau urbain sans tomber dans une redondance conceptuelle. De plus, les analyses factorielles confirmatoires ont mis en évidence l’adéquation d’un modèle hiérarchique de second ordre où les quatre dimensions convergent vers un facteur général de tracas urbains.

Validité convergente

L’UHS présente des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples indicateurs de psychopathologie et de détresse psychologique :

  • Symptomatologie dépressive : corrélations de r = 0,38 à r = 0,49 avec les scores de la Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) ou du Beck Depression Inventory.
  • Anxiété et stress perçu : corrélations modérées à fortes (r = 0,42 à 0,53) avec l’échelle de stress perçu (PSS) et des mesures d’anxiété généralisée.
  • Symptômes de stress post-traumatique : corrélation significative avec l’hyperactivation neurovégétative et l’évitement mesurés par la PTSD Checklist.
  • Comportements externalisés : associations modérées avec les conduites d’opposition, l’agressivité réactive et les problèmes disciplinaires en milieu scolaire.

Validité différentielle et discriminante

L’UHS a démontré une validité incrémentielle majeure : dans des régressions hiérarchiques multiples, les scores de l’UHS prédisent une part significative de la variance des symptômes dépressifs (ΔR² allant de 0,08 à 0,14, p < 0,001) même après avoir contrôlé statistiquement les variables sociodémographiques (âge, sexe, revenu du ménage) et l’exposition préalable à des événements de vie traumatiques majeurs mesurés par des inventaires classiques d’événements de vie. Cela démontre empiriquement que les tracas quotidiens urbains exercent un effet délétère indépendant et additif sur la santé mentale des jeunes.

8. Fidélité

La fidélité psychométrique de l’Échelle des tracas urbains a été évaluée à travers des indicateurs de cohérence interne et des analyses de stabilité temporelle au sein de divers échantillons d’adolescents en milieu scolaire et communautaire.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les études de validation princeps (Miller, Webster, & MacIntosh, 2002 ; Miller & Townsend, 2005), la fidélité de consistance interne s’est révélée très satisfaisante pour un instrument de cette nature :

  • Échelle totale (32 items) : α = 0,88 à 0,91 selon les cohortes étudiées, attestant d’une excellente cohésion globale de l’inventaire.
  • Sous-échelle Conditions environnementales : α = 0,77.
  • Sous-échelle Interactions interpersonnelles et surveillance : α = 0,75.
  • Sous-échelle Préoccupations de sécurité : α = 0,75.
  • Sous-échelle Victimisation anticipatoire : α = 0,69 (valeur acceptable pour une sous-échelle brève et hétérogène évaluant des comportements d’évitement spécifiques).

L’examen des corrélations item-total corrigées a révélé que la quasi-totalité des items dépassaient le seuil conventionnel de 0,30, la majorité oscillant entre 0,38 et 0,62, confirmant que chaque énoncé contribue substantiellement au score composite de sa sous-échelle respective.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans des sous-échantillons réévalués à des intervalles de 2 à 4 semaines en l’absence de modifications environnementales majeures, le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) test-retest pour l’échelle globale s’est établi entre 0,78 et 0,84. Cette stabilité démontre que si les tracas urbains sont soumis à des fluctuations journalières, le fardeau perçu par les adolescents représente un trait contextuel d’une grande stabilité chronologique.

9. Analyse factorielle

Le développement psychométrique de l’UHS a reposé sur une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur des échantillons indépendants d’adolescents urbains afro-américains.

Analyse factorielle exploratoire initiale (AFE)

L’AFE a été conduite à l’aide de l’extraction par factorisation en axes principaux suivie d’une rotation oblique (Promax), afin d’autoriser une corrélation théoriquement fondée entre les dimensions du stress urbain. Le test de sédimentation de Cattell et l’analyse parallèle de Horn ont convergé vers une solution à quatre facteurs distincts expliquant plus de 46 % de la variance totale des items. Les critères d’assignation imposaient une saturation factorielle minimale de 0,40 sur le facteur primaire et des saturations croisées inférieures à 0,25 sur les facteurs secondaires, conduisant à la sélection définitive des 32 items.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Lors des modélisations confirmatoires par équations structurelles (SEM) rapportées par Miller, Webster et MacIntosh (2002), le modèle à quatre facteurs corrélés a présenté des indices d’adéquation significativement supérieurs à un modèle unifactoriel unidimensionnel rival :

  • χ²/ddl : inférieur à 2,10, reflétant un bon ajustement parcimonieux.
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,92 à 0,94.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,91 à 0,93.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,048 à 0,054 avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,060, indiquant une faible erreur d’approximation dans la population.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,051.

Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) étaient statistiquement significatives (p < 0,001), variant de 0,42 à 0,78, ce qui confirme que la modélisation à quatre dimensions restitue fidèlement la structure multidimensionnelle des tracas perçus au sein de cet environnement écologique.

10. Instrument de mesure

L’Échelle des tracas urbains se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé facile et rapide à administrer :

  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou informatisé, auto-administré individuellement ou en petits groupes supervisés (en milieu scolaire, clinique ou communautaire).
  • Nombre total d’items : 32 items rédigés dans un langage direct et accessible, compréhensible dès l’âge de 11-12 ans (niveau de lecture de l’école primaire supérieure / début collège).
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence en 4 points :
    • 0 = Never (Jamais)
    • 1 = Sometimes (Parfois)
    • 2 = Often (Souvent)
    • 3 = Very Often (Très souvent)
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Calcul des scores et cotation :
    • Score total d’exposition aux tracas urbains : Somme arithmétique de l’ensemble des 32 items (score total variant de 0 à 96). Un score plus élevé reflète une accumulation plus dense et plus fréquente de stresseurs écologiques urbains.
    • Scores dimensionnels par sous-échelle : Calculés soit par la somme des items composant la sous-échelle, soit par la moyenne des items (de 0 à 3), ce qui permet de comparer directement l’intensité relative des différentes dimensions :
      – Conditions environnementales (Items 7, 21, 28, 29, 30, etc.)
      – Interactions interpersonnelles et surveillance (Items 4, 6, 14, 17, 18, 20, 23, 31, 32)
      – Préoccupations de sécurité (Items 8, 9, 10, 11, 12, 13, 26)
      – Victimisation anticipatoire (Items 1, 2, 3, 5, 15, 16, 19, 22, 24, 25, 27)

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle des tracas urbains a été initialement publiée en 2002 dans la revue scientifique Research on Social Work Practice, avec des compléments d’analyse psychométrique et d’application clinique parus en 2005 dans Brief Treatment and Crisis Intervention :

  • Propriété intellectuelle et licence : L’instrument est protégé par le droit d’auteur académique de ses auteurs (David B. Miller et ses co-chercheurs) et des éditeurs scientifiques originaux (Sage Publications et Oxford University Press).
  • Tarifs et utilisation scientifique : L’échelle est disponible gratuitement (libre de droits d’usage financier) pour les chercheurs, universitaires, étudiants et professionnels de santé à des fins de recherche non commerciale et d’évaluation clinique.
  • Procédure de demande d’autorisation : Bien que les items intégraux soient reproduits dans le domaine public académique et accessibles via les dépôts institutionnels (notamment l’Université d’Albany / CEMHD), il est d’usage déontologique d’obtenir l’accord écrit formel du premier auteur (Dr David B. Miller) avant toute administration expérimentale, adaptation linguistique transculturelle ou intégration dans des protocoles de recherche subventionnés.

12. Références

Les publications fondatrices et articles de référence relatifs à la conceptualisation et à la validation de l’UHS sont répertoriés ci-dessous :

  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press. https://doi.org/10.2307/j.ctv2607144
  • Kanner, A. D., Coyne, J. C., Schaefer, C., & Lazarus, R. S. (1981). Comparison of two modes of stress measurement: Daily hassles and uplifts versus major life events. Journal of Behavioral Medicine, 4(1), 1-39. https://doi.org/10.1007/BF00844845
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674-697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
  • Miller, D. B., & Townsend, A. (2005). Urban hassles as chronic stressors and adolescent mental health: The Urban Hassles Index. Brief Treatment and Crisis Intervention, 5(1), 85-94. https://doi.org/10.1093/brief-treatment/mhi008
  • Miller, D. B., Webster, S. E., & MacIntosh, R. (2002). What’s there and what’s not: Measuring daily hassles in urban African American adolescents. Research on Social Work Practice, 12(3), 375-388. https://doi.org/10.1177/1049731502012003004
  • Sampson, R. J., Raudenbush, S. W., & Earls, F. (1997). Neighborhoods and violent crime: A multilevel study of collective efficacy. Science, 277(5328), 918-924. https://doi.org/10.1126/science.277.5328.918

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Asked for money by drug addicts
2

Taken a longer way to school or work to avoid trouble.
3

Pressured to join a gang.
4

Made fun of because of good grades.
5

Worried that someone will try to take your clothes‚ shoes‚ or money.  
6

Pressured for sex by boyfriend/girlfriend
7

Working to help pay bills at home.
8

Nervous about gunshots at night
9

Nervous about sirens at night.
10

Worrying about safety of friends.
11

Worrying about safety of family members.
12

Worrying about your own safety.
13

Keeping secret from friends‚ your worries about safety.
14

Being stopped and questioned by police.
15

Asked to sell drugs.  
16

Asked to hide or carry drugs.
17

Being followed in department stores by salespeople.
18

Not being able to go into convenience stores (7-11‚ Dairy Mart) with friends because of rule against more than 2 students/teens at a time in the store.
19

Being unable to go to parties or games with friends because of transportation problems.
20

Teased about the clothes you wear.
21

Walking past abandoned buildings and lots.
22

Pressured by friends to fight
23

Made fun of because of bad grades
24

Pressured to carry a weapon for protection.
25

ha‎ving something stolen or ha‎ving your house or car broken into.       
26

Being concerned about living in an unsafe area.
27

Fear of confrontation with strangers
28

Loud‚ noisy cars and neighbors at night.
29

People hanging around on street corners‚ in front of stores.      
30

Waiting for bus near dirty‚ smelly bus stops
31

ha‎ving problems or conflicts with teachers
32

Parent(s) being "nosey" about what you do.
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Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle des tracas urbains (UHS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-tracas-urbains-uhs/
Looti, Mohammed. “Échelle des tracas urbains (UHS).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-tracas-urbains-uhs/.
Looti, Mohammed. “Échelle des tracas urbains (UHS).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-tracas-urbains-uhs/.