Échelle des syndromes positif et négatif (PANSS)

L’Échelle des syndromes positif et négatif (PANSS) est l’instrument de référence internationale pour évaluer la sévérité des symptômes dans la schizophrénie. Analyse psychométrique complète, cotation, validité et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des syndromes positif et négatif (Positive and Negative Syndrome Scale, PANSS) constitue l’instrument psychométrique et clinique de référence internationale pour l’évaluation standardisée, multidimensionnelle et quantitative de la sévérité des symptômes chez les patients atteints de schizophrénie et d’autres troubles du spectre psychotique. Développée initialement par Stanley R. Kay, Lewis A. Opler et Abraham Fiszbein à la fin des années 1980, la PANSS a été opérationnalisée sur la base du postulat psychopathologique selon lequel la schizophrénie s’articule autour de deux composantes sémiologiques majeures et distinctes : le syndrome positif, caractérisé par des phénomènes productifs et exubérants (tels que les délires et les hallucinations), et le syndrome négatif, défini par des caractéristiques déficitaires durables (telles que le retrait affectif et l’émoussement émotionnel), auxquels s’ajoute une dimension de psychopathologie générale reflétant la détresse globale et les perturbations comportementales associées.

L’échelle comprend exactement 30 items cotés selon une échelle ordinale de sévérité en 7 points allant de 1 (« Absent ») à 7 (« Extrême »). Ces items sont répartis en trois sous-échelles cliniques : la sous-échelle positive (7 items, score de 7 à 49), la sous-échelle négative (7 items, score de 7 à 49) et la sous-échelle de psychopathologie générale (16 items, score de 16 à 112). Le score total varie ainsi de 30 à 210 points, un indice composite positif-négatif pouvant également être calculé par soustraction différentielle. Sur le plan des qualités métrologiques, les études contemporaines indiquent une cohérence interne satisfaisante à excellente (alpha de Cronbach de 0,73 pour la sous-échelle positive, 0,83 pour la sous-échelle négative et 0,79 pour la psychopathologie générale). La fidélité test-retest révèle des coefficients de corrélation de Pearson respectifs de 0,80, 0,68 et 0,60, tandis que la fidélité inter-juges affiche des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) élevés pour les dimensions positives (0,72) et négatives (0,80), et modérés pour la psychopathologie générale (0,56). Largement validée dans plus de 40 langues, la PANSS s’impose comme le critère d’évaluation principal (gold standard) dans les essais cliniques randomisés pharmacologiques et psychosociaux à travers le monde.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle des syndromes positif et négatif, PANSS, schizophrénie, psychométrie clinique, syndrome positif, syndrome négatif, psychopathologie générale, antipsychotiques, fidélité inter-juges, validité factorielle, évaluation psychiatrique, essais cliniques.

3. Auteurs / Authors

L’échelle PANSS a été conçue et formalisée par une équipe de chercheurs et psychiatres cliniciens de l’Albert Einstein College of Medicine et du Bronx Psychiatric Center à New York :

  • Stanley R. Kay, Ph.D. (1942–1990) : Psychologue clinicien et chercheur en chef au Département de psychiatrie du Bronx Psychiatric Center et professeur agrégé de psychiatrie à l’Albert Einstein College of Medicine, New York, États-Unis. Auteur principal des études séminales sur la conceptualisation dimensionnelle de la schizophrénie.
  • Lewis A. Opler, M.D., Ph.D. (1948–2018) : Psychiatre, pharmacologue et professeur de psychiatrie clinique au Columbia University College of Physicians and Surgeons, New York, États-Unis. Pionnier de l’évaluation standardisée des thérapeutiques psychotropes et co-fondateur du PANSS Institute.
  • Abraham Fiszbein, M.D. : Psychiatre clinicien, chercheur associé au Bronx Psychiatric Center et membre éminent de l’American Psychiatric Association (APA), ayant contribué aux directives de pratique clinique pour le traitement de la schizophrénie.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la PANSS est de fournir un cadre d’observation standardisé, exhaustif et rigoureusement quantifié pour mesurer l’intensité de la symptomatologie schizophrénique et apprécier ses fluctuations dynamiques sous l’influence des interventions thérapeutiques. Avant l’avènement de cette échelle, l’évaluation de la schizophrénie était fréquemment entachée d’une focalisation exclusive sur les symptômes florides et productifs (tels que les délires et les hallucinations de premier rang de Schneider), reléguant au second plan les symptômes négatifs déficitaires, pourtant déterminants dans le pronostic fonctionnel et psychosocial à long terme des patients.

Dans la pratique clinique hospitalière et ambulatoire, la PANSS répond à trois impératifs temporels et décisionnels majeurs (Opler et al., 2006) :

  1. Lors de l’admission initiale ou de la décompensation aiguë : elle permet d’établir un profil psychopathologique de référence (baseline), d’objectiver la sévérité globale de l’épisode et d’identifier la prédominance relative des dimensions positives, négatives ou affectives.
  2. À l’instauration d’un nouveau traitement pharmacologique : elle offre aux cliniciens un instrument de titration et de ciblage précis, permettant de juger si les molécules prescrites (antipsychotiques de première ou de deuxième génération) exercent une action thérapeutique ciblée sur les symptômes cibles.
  3. Au fil des semaines et des mois de suivi longitudinal : elle sert de baromètre thérapeutique objectif pour évaluer la réponse clinique, définie classiquement dans la littérature par une réduction de 20 %, 30 % ou 50 % du score total, ainsi que pour quantifier la rémission symptomatique selon les critères standardisés internationaux (Andreasen et al., 2005).

En recherche translationnelle et en psychopharmacologie clinique, la PANSS s’est érigée en critère de jugement principal incontournable exigé par les agences réglementaires internationales, telles que la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis et l’Agence européenne des médicaments (EMA), pour l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de toute nouvelle molécule antipsychotique. Sa capacité à différencier finement les profils répondeurs des non-répondeurs en fait un instrument de choix pour les analyses d’efficacité comparative et les protocoles de remédiation cognitive et psychosociale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par la PANSS repose sur une conceptualisation tripartie de la psychopathologie de la schizophrénie. Contrairement aux approches dichotomiques simplistes, l’architecture conceptuelle de l’échelle postule l’existence de dimensions cliniques coexistantes mais fonctionnellement indépendantes :

1. L’échelle positive (Positive Scale – 7 items, P1 à P7)

Cette dimension évalue les caractéristiques dites productives, surajoutées au fonctionnement psychique habituel. Elle reflète une distorsion ou une exagération des fonctions normales de la pensée, de la perception et du comportement :

  • P1. Délires (Delusions) : croyances inébranlables, dénuées de fondement objectif, invraisemblables et idiosyncrasiques.
  • P2. Désorganisation conceptuelle (Conceptual disorganization) : rupture du fil conducteur de la pensée, tangentialité, coq-à-l’âne, relâchement des associations associatives et barrage de la pensée.
  • P3. Comportement hallucinatoire (Hallucinatory behavior) : perceptions sans objet externe perceptibles dans les sphères auditive, visuelle, olfactive ou cénesthésique/somatique.
  • P4. Excitation (Excitement) : hyperactivité motrice, accélération de la réactivité émotionnelle, labilité thymique et hypervigilance.
  • P5. Mégalomanie (Grandiosity) : surestimation délirante de soi, convictions irréalistes de supériorité, pouvoirs ou richesses surnaturels.
  • P6. Méfiance / Persécution (Suspiciousness/persecution) : idées de persécution, attitude défensive, sentiment envahissant d’hostilité de l’environnement.
  • P7. Hostilité (Hostility) : expressions verbales ou posturales de colère, agressivité, ressentiment ou sarcasme destructeur.

2. L’échelle négative (Negative Scale – 7 items, N1 à N7)

Cette dimension mesure les traits déficitaires, caractérisés par l’amputation, l’atténuation ou la perte des fonctions émotionnelles, relationnelles et cognitives préexistantes :

  • N1. Émoussement de l’affect (Blunted affect) : restriction de l’expressivité faciale, diminution des modulations prosodiques et pauvreté de la gestuelle communicative.
  • N2. Retrait émotionnel (Emotional withdrawal) : désengagement affectif, manque d’intérêt et absence d’implication émotionnelle dans les événements de l’existence.
  • N3. Mauvais contact (Poor rapport) : absence d’empathie interpersonnelle, distance relationnelle, froideur et incapacité à établir une alliance communicative.
  • N4. Retrait social passif/apathique (Passive/apathetic social withdrawal) : réduction marquée des interactions sociales spontanées en raison d’une aboulie, d’une apathie ou d’une anergie profonde.
  • N5. Difficulté d’abstraction (Difficulty in abstract thinking) : altération de la pensée catégorielle et symbolique, pensée concrète, incapacité à manier les métaphores et les proverbes.
  • N6. Manque de spontanéité et de fluidité dans la conversation (Lack of spontaneity and flow of conversation) : appauvrissement du discours (alogie), latence de réponse, discours monosyllabique.
  • N7. Pensée stéréotypée (Stereotyped thinking) : rigidité conceptuelle, persévérations idéiques, répétition mécanique de contenus stériles.

3. L’échelle de psychopathologie générale (General Psychopathology Scale – 16 items, G1 à G16)

Cette sous-échelle plus vaste intègre les manifestations non spécifiques de la souffrance psychique qui compliquent et accompagnent fréquemment les syndromes positifs et négatifs :

  • G1 à G4 : Préoccupations somatiques, Anxiété subjective, Sentiments de culpabilité et Tension motrice manifeste.
  • G5 à G8 : Maniérisme et postures bizarres, Dépression (abattement, tristesse, sentiment d’inutilité), Ralentissement psychomoteur et Refus de coopérer (négativisme, oppositionnel).
  • G9 à G12 : Contenu inhabituel de la pensée, Désorientation temporo-spatiale, Troubles de l’attention (distractibilité) et Déficit du jugement et de la prise de conscience de la maladie (anosognosie / absence d’insight).
  • G13 à G16 : Altération de la volonté (aboulie d’exécution), Mauvais contrôle des impulsions (impulsivité motrice ou verbale dérégulée), Préoccupation intérieure (repli autistique) et Évitement social actif (retrait motivé par la peur ou l’hostilité paranoïde).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de la PANSS s’ancre directement dans l’évolution historique de la nosographie psychiatrique moderne, et plus particulièrement dans le modèle dichotomique formulé par Timothy J. Crow au début des années 1980 (Crow, 1980). Crow a proposé de conceptualiser la schizophrénie en deux syndromes physiopathologiques distincts :

  • La schizophrénie de type I : dominée par des symptômes positifs, d’installation souvent aiguë, associée à une réactivité favorable aux neuroleptiques bloquant les récepteurs dopaminergiques D2, sans anomalie structurelle cérébrale majeure identifiable à l’imagerie.
  • La schizophrénie de type II : dominée par des symptômes négatifs et déficitaires chroniques, caractérisée par une mauvaise réponse aux thérapeutiques antidopaminergiques conventionnelles, une détérioration cognitive progressive et la présence fréquente d’altérations neuroanatomiques (telles que l’élargissement des ventricules cérébraux et une atrophie corticale fronto-temporale).

Parallèlement, les travaux de Nancy Andreasen avec la création de la SAPS (Scale for the Assessment of Positive Symptoms) et de la SANS (Scale for the Assessment of Negative Symptoms) avaient établi la faisabilité clinique de coter ces deux polarités sémiologiques. Toutefois, Kay, Opler et Fiszbein (1987) ont souligné les limites méthodologiques majeures de ces approches initiales : la SAPS et la SANS étaient de longues échelles administrées séparément, reposant sur des critères parfois hétérogènes et omettant le substrat psychopathologique général qui module l’expression symptomatique globale.

L’apport théorique singulier des créateurs de la PANSS a été de démontrer que les dimensions positive et négative ne constituent pas des catégories mutuellement exclusives ou des sous-types nosologiques étanches, mais plutôt des dimensions sémiologiques orthogonales ou semi-indépendantes pouvant coexister à des degrés d’intensité variables chez un même individu au cours du temps. En introduisant l’échelle de psychopathologie générale comme troisième composante régulatrice, les auteurs ont fourni un cadre théorique plus écologique, intégrant l’anxiété, la dépression, le déficit de l’insight et la désorganisation cognitive comme des variables interactives essentielles pour saisir l’hétérogénéité clinique de la psychose.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la PANSS en matière de validité ont fait l’objet de centaines de publications empiriques depuis plus de trois décennies :

Validité de construit et validité concomitante

Dans leurs études initiales et lors des réplications ultérieures (notamment Cuesta & Peralta, 1995 ; Kay et al., 1987), les scores de la sous-échelle positive et de la sous-échelle négative ont démontré une excellente validité de critère concomitante lorsqu’ils sont confrontés aux instruments préexistants de référence. La corrélation entre la sous-échelle positive de la PANSS et le score global de la SAPS oscille habituellement entre r = 0,77 et r = 0,92. De même, la sous-échelle négative de la PANSS présente des corrélations très robustes avec la SANS d’Andreasen, comprises entre r = 0,81 et r = 0,89, confirmant que l’instrument capture fidèlement les dimensions cliniques ciblées.

Validité discriminante

Les corrélations entre la sous-échelle positive et la sous-échelle négative de la PANSS sont systématiquement faibles à négligeables (variant classiquement entre r = -0,14 et r = 0,18 selon les cohortes de patients stabilisés ou aigus), ce qui corrobore l’indépendance statistique et conceptuelle relative des deux dimensions fondamentales de Crow. Les symptômes négatifs démontrent en outre une corrélation discriminante spécifique avec les indices de déclin fonctionnel et cognitif (évalués par des batteries neuropsychologiques comme le MATRICS Consensus Cognitive Battery), tandis que les scores positifs corrèlent spécifiquement avec les indicateurs d’agitation, d’urgence d’hospitalisation et de détresse délirante aiguë.

Validité transculturelle

Grâce aux directives strictes de traduction et d’adaptation interculturelle orchestrées par Multi-Health Systems (MHS), des analyses fondées sur la théorie de réponse aux items (TRI) et les modèles de Rasch (Khan et al., 2013) ont évalué le fonctionnement différentiel des items (DIF) à travers six grands groupes géo-culturels (Amérique du Nord, Amérique latine, Europe occidentale, Europe orientale, Asie de l’Est et Moyen-Orient). Ces travaux ont établi l’invariance de mesure de la grande majorité des items, attestant de la validité transculturelle solide de la PANSS dans les protocoles multicentriques mondiaux.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la PANSS a été examinée sous l’angle de la cohérence interne, de la stabilité temporelle (test-retest) et de la concordance inter-évaluateurs :

Cohérence interne

Les analyses psychométriques contemporaines menées sur de larges échantillons de patients hospitalisés ou ambulatoires confirment des niveaux de cohérence interne très satisfaisants :

  • Sous-échelle positive : coefficient alpha de Cronbach (α) = 0,73 (niveau acceptable à bon).
  • Sous-échelle négative : coefficient alpha de Cronbach (α) = 0,83 (excellent niveau d’homogénéité interne).
  • Sous-échelle de psychopathologie générale : coefficient alpha de Cronbach (α) = 0,79 (bon niveau de consistance).

Fidélité test-retest

Chez des patients chroniques en état clinique stationnaire réévalués à intervalles réguliers (généralement de 3 à 7 jours), la stabilité temporelle mesurée par le coefficient de corrélation de Pearson révèle une remarquable constance :

  • Sous-échelle positive : r = 0,80
  • Sous-échelle négative : r = 0,68
  • Psychopathologie générale : r = 0,60

Fidélité inter-juges

Étant donné que la PANSS repose sur l’hétéro-évaluation clinique à partir d’un entretien semi-structuré, la fidélité inter-juges est un paramètre critique. L’utilisation d’évaluateurs préalablement formés et certifiés (par l’intermédiaire d’enregistrements vidéo standardisés) génère des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) élevés :

  • Sous-échelle positive : CCI = 0,72 (bonne fiabilité inter-examinateurs).
  • Sous-échelle négative : CCI = 0,80 (très bonne fiabilité inter-examinateurs).
  • Sous-échelle de psychopathologie générale : CCI = 0,56 (fiabilité modérée, traduisant l’hétérogénéité des symptômes non spécifiques et leur vulnérabilité à la subjectivité clinique).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que la structure tripartite théorique originale (Positive, Négative, Psychopathologie générale) demeure le cadre de cotation canonique et universellement utilisé pour sommer les scores, les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) publiées au cours des trois dernières décennies ont révélé que la structure interne de l’instrument est en réalité plus complexe et multidimensionnelle.

Dès les travaux critiques de Cuesta et Peralta (1995), il a été démontré que la sous-échelle positive d’origine souffrait d’un manque d’homogénéité unifactorielle, agrégeant à la fois des éléments purement psychotiques (P1 Délires, P3 Hallucinations) et des éléments d’excitation comportementale ou de désorganisation cognitive. Par la suite, de multiples analyses factorielles menées sur des dizaines de milliers de patients (notamment les modèles de référence de Marder et al., 1997 et le modèle consensuel de Wallwork et al., 2012) ont convergé vers une structure stable en cinq facteurs orthogonaux ou corrélés :

  1. Facteur Positif (Positive factor) : saturé principalement par P1 (Délires), P3 (Comportement hallucinatoire), P6 (Méfiance/persécution) et G9 (Contenu inhabituel de la pensée).
  2. Facteur Négatif (Negative factor) : saturé par N1 (Émoussement de l’affect), N2 (Retrait émotionnel), N3 (Mauvais contact), N4 (Retrait social passif), N6 (Manque de spontanéité) et G7 (Ralentissement moteur).
  3. Facteur Désorganisation / Cognitif (Disorganized/Cognitive factor) : comprenant P2 (Désorganisation conceptuelle), N5 (Difficulté d’abstraction), G11 (Mauvaise attention), G10 (Désorientation) et parfois G15 (Préoccupation).
  4. Facteur Affectif / Dépression-Anxiété (Depressed/Anxiety factor) : regroupant G2 (Anxiété), G3 (Sentiments de culpabilité) et G6 (Dépression).
  5. Facteur Excitation / Hostilité (Excitement/Hostility factor) : saturé par P4 (Excitation), P7 (Hostilité), G8 (Refus de coopérer) et G14 (Mauvais contrôle des impulsions).

Ce modèle penta-factoriel est aujourd’hui préconisé dans les études fines de pharmacogénomique et d’imagerie fonctionnelle, car il permet de dissocier les effets médicamenteux sur la désorganisation cognitive et les affects dépressifs des véritables réductions des symptômes positifs et négatifs purs.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de la PANSS obéissent à des normes méthodologiques strictes destinées à maximiser la fidélité de mesure :

  • Type d’instrument : Échelle d’hétéro-évaluation clinique semi-structurée (entretien standardisé mené par un professionnel de santé mentale qualifié, complété par des informations collatérales).
  • Nombre d’items : 30 items répartis en trois sous-échelles : 7 items positifs (P1–P7), 7 items négatifs (N1–N7) et 16 items de psychopathologie générale (G1–G16).
  • Format et échelle de réponse : Chaque item est coté sur une échelle ordinale à 7 niveaux de sévérité définie par des ancres descriptives opérationnalisées dans le manuel officiel :
    • 1 = Absent (Absent)
    • 2 = Minime (Minimal)
    • 3 = Léger (Mild)
    • 4 = Modéré (Moderate)
    • 5 = Modérément sévère (Moderate severe)
    • 6 = Sévère (Severe)
    • 7 = Extrême (Extreme)
  • Sources d’information : La cotation repose sur un entretien direct d’environ 30 à 45 minutes avec le patient (utilisant préférentiellement le guide d’entretien structuré PANSS-SCI, Structured Clinical Interview for the PANSS) combiné aux observations comportementales rapportées par l’équipe soignante hospitalière ou les aidants proches (souvent colligées via l’IQ-PANSS, Informant Questionnaire) pour la période précédant l’évaluation (généralement la semaine écoulée).
  • Cotation et scores dérivés :
    • Score positif : somme des items P1 à P7 (intervalle : 7 à 49).
    • Score négatif : somme des items N1 à N7 (intervalle : 7 à 49).
    • Score de psychopathologie générale : somme des items G1 à G16 (intervalle : 16 à 112).
    • Score total de la PANSS : somme de l’ensemble des 30 items (intervalle théorique : 30 à 210 points).
    • Indice composite (Composite Scale) : obtenu en soustrayant le score de l’échelle négative de celui de l’échelle positive (Score Positif – Score Négatif), variant de -42 à +42. Un score positif indique la prédominance du syndrome productif, tandis qu’un score négatif signe la prépondérance du déficit.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1987 (publication princeps dans Schizophrenia Bulletin) ; manuel standardisé officiel publié en 2006.
  • Détenteur des droits et copyright : Les droits d’auteur exclusifs et la marque commerciale internationale de la PANSS sont détenus par la maison d’édition psychométrique Multi-Health Systems Inc. (MHS), Toronto, Ontario, Canada (www.mhs.com).
  • Conditions d’utilisation et licences : L’utilisation de la PANSS dans le cadre de la recherche académique non financée, de la pratique clinique individuelle ou des essais cliniques industriels requiert l’acquisition préalable de formulaires de cotation officiels ou d’une licence d’utilisation payante auprès de MHS ou de ses distributeurs agréés (comme Pearson Clinical ou Hogrefe selon les pays). Toute reproduction, numérisation non autorisée ou traduction sauvage est formellement prohibée sous peine de poursuites pour contrefaçon.
  • Exigences de formation : L’administration dans les protocoles de recherche et les essais cliniques exige généralement que les investigateurs suivent une formation certifiante initiale et obtiennent un coefficient de corrélation intraclasse élevé (> 0,80) par rapport à des cotations étalons (« Gold Standard ») afin de limiter la variabilité inter-juges et l’effet placebo dans les études multicentriques.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes constituent les fondements historiques et psychométriques majeurs de l’instrument :

  • Andreasen, N. C., Pressler, M., Nopoulos, P., Miller, D., & Ho, B. C. (2005). Remission in schizophrenia: Proposed criteria and rationale for consensus. American Journal of Psychiatry, 162(3), 441-449. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.162.3.441
  • Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. (2011). A systematic review of combination and high dose atypical antipsychotic therapy in patients with schizophrenia. Ottawa: CADTH.
  • Crow, T. J. (1980). Molecular pathology of schizophrenia: More than one disease process? British Medical Journal, 280(6207), 66-68. https://doi.org/10.1136/bmj.280.6207.66
  • Cuesta, M. J., & Peralta, V. (1995). Psychopathological dimensions in schizophrenia. Schizophrenia Bulletin, 21(3), 473-482. https://doi.org/10.1093/schbul/21.3.473
  • Kay, S. R., Fiszbein, A., & Opler, L. A. (1987). The Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS) for schizophrenia. Schizophrenia Bulletin, 13(2), 261-276. https://doi.org/10.1093/schbul/13.2.261
  • Kay, S. R., Opler, L. A., & Fiszbein, A. (2006). Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS) manual. Multi-Health Systems, Inc.
  • Khan, A., Yavorsky, C., Liechti, S., Opler, M., Rothman, B., Diclemente, G., Lucic, L., Jovic, S., Inada, T., & Yang, L. (2013). A rasch model to test the cross-cultural validity in the Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS) across six geo-cultural groups. Innovations in Clinical Neuroscience, 10(5-6 Suppl A), 32S-40S.
  • Kumari, S., Malik, M., Florival, C., Manalai, P., & Sonje, S. (2017). An assessment of five (PANSS, SAPS, SANS, NSA-16, CGI-SCH) commonly used symptoms rating scales in schizophrenia and comparison to newer scales (CAINS, BNSS). Journal of Addiction Research & Therapy, 8(3), 324. https://doi.org/10.4172/2155-6105.1000324
  • Marder, S. R., Davis, J. M., & Chouinard, G. (1997). The effects of risperidone on the five dimensions of schizophrenia derived by factor analysis: Combined results of the North American trials. The Journal of Clinical Psychiatry, 58(12), 538-546. https://doi.org/10.4088/jcp.v58n1205
  • Maust, D., Cristancho, M., Gray, L., Rushing, S., Tjoa, C., & Thase, M. (2012). Psychiatric rating scales. Dans Tasman’s Psychiatry (4e éd.). John Wiley & Sons.
  • Opler, L. A., Opler, M. G., & Malaspina, D. (2006). Reducing guesswork in schizophrenia treatment: PANSS can target and gauge therapy, predict outcomes in clinical practice. Current Psychiatry, 5(11), 76-84.
  • Taylor, G. W., McCarley, R. W., & Salisbury, D. F. (2013). Early auditory gamma band response abnormalities in first hospitalized schizophrenia. Supplements to Clinical Neurophysiology, 62, 131-145. https://doi.org/10.1016/b978-0-7020-5307-8.00009-4
  • Wallwork, R. S., Fortgang, R., Hashimoto, R., Weinberger, D. R., & Dickinson, D. (2012). Searching for a consensus five-factor model of the Positive and Negative Syndrome Scale for schizophrenia. Schizophrenia Research, 137(1-3), 246-250. https://doi.org/10.1016/j.schres.2012.01.031

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Rate the patient on each of the 30 symptom constructs based on a 45-minute clinical interview (such as the Structured Clinical Interview for PANSS) combined with clinical reports from hospital staff or family regarding behavior during the preceding week.
Response Scale: 7-point rating scale: 1 = Absent, 2 = Minimal, 3 = Mild, 4 = Moderate, 5 = Moderate severe, 6 = Severe, 7 = Extreme
Scoring / Reverse Items: Scores are summed across three subscales: Positive Scale (7 items, range 7-49), Negative Scale (7 items, range 7-49), and General Psychopathology Scale (16 items, range 16-112). A Composite Index can be obtained by subtracting the Negative score from the Positive score (-42 to +42). Total score ranges from 30 to 210.
1

P1. Delusions: Beliefs which are unfounded, unrealistic, and idiosyncratic.
2

P2. Conceptual disorganization: Disorganized process of thinking characterized by disruption of goal-directed sequencing, e.g., circumstantiality, tangentiality, loose associations, non sequiturs, gross illogicality, or thought blocking.
3

P3. Hallucinatory behavior: Verbal report or behavior indicating perceptions which are not engendered by external stimuli; may occur in the auditory, visual, olfactory, or somatic realms.
4

P4. Excitement: Hyperactivity as reflected in accelerated motor behavior, heightened responsivity to stimuli, hypervigilance, or excessive mood lability.
5

P5. Grandiosity: Exaggerated self-opinion and unrealistic convictions of superiority, including delusions of extraordinary mental and physical abilities, wealth, knowledge, fame, power, or moral righteousness.
6

P6. Suspiciousness/persecution: Unrealistic or exaggerated ideas of persecution, as reflected in guardedness, a distrustful attitude, suspicious hypervigilance, or frank delusions that others mean harm.
7

P7. Hostility: Verbal and nonverbal expressions of anger and resentment, including sarcasm, passive-aggressive behavior, verbal abuse, and assaultiveness.
8

N1. Blunted affect: Diminished emotional responsiveness as characterized by a reduction of facial expression, modulation of feelings, and communicative gestures.
9

N2. Emotional withdrawal: Lack of interest in, involvement with, and affective commitment to life's events.
10

N3. Poor rapport: Lack of interpersonal empathy, lack of openness in conversation, and lack of a sense of closeness, interest, or involvement with the interviewer.
11

N4. Passive/apathetic social withdrawal: Diminished interest and initiative in social interactions due to passivity, apathy, anergy, or avolition.
12

N5. Difficulty in abstract thinking: Impairment in the use of the abstract-symbolic mode of thinking, as evidenced by difficulty in classification, forming generalizations, and proceeding beyond concrete or egocentric thinking.
13

N6. Lack of spontaneity and flow of conversation: Reduction in the normal flow of communication associated with apathy, avolition, defensiveness, or cognitive deficit.
14

N7. Stereotyped thinking: Decreased fluidity, spontaneity, and flexibility of thinking, as evidenced by rigid, repetitious, or barren thought content.
15

G1. Somatic concern: Physical complaints or beliefs about bodily illness or malfunctions.
16

G2. Anxiety: Subjective experience of nervousness, worry, apprehension, or restlessness, ranging from excessive concern about the present or future to feelings of panic.
17

G3. Guilt feelings: Sense of remorse or self-blame for real or imagined misdeeds in the past.
18

G4. Tension: Overt physical and motor manifestations of fear, anxiety, and agitation, such as stiffness, tremor, profuse sweating, and restlessness.
19

G5. Mannerisms and posturing: Unnatural movements or posture as characterized by an awkward, stilted, disorganized, or bizarre appearance.
20

G6. Depression: Feelings of sadness, discouragement, helplessness, and pessimism.
21

G7. Motor retardation: Reduction in motor activity or movement, as reflected by slowing or lethargy of movements, speech, and body tone.
22

G8. Uncooperativeness: Active refusal to comply with the will of significant others, including the interviewer, hospital staff, or family, which may be associated with distrust, defensiveness, stubbornness, negativism, rejection of authority, hostility, or belligerence.
23

G9. Unusual thought content: Thinking characterized by strange, fantastic, or bizarre ideas, ranging from those which are remote or atypical to those which are distorted, illogical, and patently absurd.
24

G10. Disorientation: Lack of awareness of one's relationship to the surroundings, including persons, place, and time, which may be due to confusion or cognitive impairment.
25

G11. Poor attention: Failure in focused alertness manifested by poor concentration, distractibility from internal and external stimuli, and difficulty in harnessing, sustaining, or shifting focus to new stimuli.
26

G12. Lack of judgment and insight: Impaired awareness or understanding of one's own psychiatric condition and life situation.
27

G13. Disturbance of volition: Disturbance in the willful initiation, sustenance, and control of one's thoughts, behavior, movements, and speech.
28

G14. Poor impulse control: Disordered regulation and control of action on inner urges, resulting in sudden, unmodulated, arbitrary, or misdirected discharge of tension and emotions without regard to consequences.
29

G15. Preoccupation: Absorption with internally generated thoughts and feelings and with autistic experiences to the detriment of orientation and adaptation to reality.
30

G16. Active social avoidance: Diminished social involvement associated with unwarranted fear, hostility, or distrust.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle des syndromes positif et négatif (PANSS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-syndromes-positif-et-negatif-panss/
Looti, Mohammed. “Échelle des syndromes positif et négatif (PANSS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-syndromes-positif-et-negatif-panss/.
Looti, Mohammed. “Échelle des syndromes positif et négatif (PANSS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-syndromes-positif-et-negatif-panss/.