Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (EMWSS)

L’Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (EMWSS) est un outil psychométrique de 21 items évaluant les souvenirs rétrospectifs de réconfort, d’affection et de sécurité vécus durant l’enfance. Développée par Richter, Gilbert et McEwan en 2009, elle constitue un pilier de la Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (Early Memories of Warmth and Safeness Scale, EMWSS) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par Anja Richter, Paul Gilbert et Kirsten McEwan en 2009. Conçue au sein de l’unité de recherche en santé mentale de l’Université de Derby, cette échelle évalue dans quelle mesure un individu garde le souvenir d’avoir ressenti de la chaleur affective, un sentiment de sécurité, de protection et d’acceptation inconditionnelle durant son enfance. Contrairement à la majorité des instruments rétrospectifs qui se focalisent sur les traumatismes, la maltraitance ou les carences parentales (comme le Childhood Trauma Questionnaire), l’EMWSS se distingue par son approche salutogénique axée sur la présence active d’expériences affectives positives et apaisantes.

L’instrument se compose de 21 items évalués sur une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Non, jamais ») à 4 (« Oui, la plupart du temps »). Le score total, obtenu par la somme simple de l’ensemble des énoncés, varie de 0 à 84 points. Les analyses psychométriques initiales et les réplications transculturelles démontrent une structure factorielle strictement unidimensionnelle, attestant que l’expérience rétrospective de chaleur et de sécurité forme un construit affectif cohérent et robuste. L’échelle présente une consistance interne exceptionnelle, avec un coefficient alpha de Cronbach rapporté à 0,97 dans l’étude princeps, confirmée par des coefficients oméga de McDonald excédant 0,95 dans divers échantillons cliniques et non cliniques.

Sur le plan clinique, l’EMWSS s’inscrit au cœur de la Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT, Compassion Focused Therapy). L’absence ou la rareté de souvenirs de réconfort précoce prédit significativement la sévérité de l’autocritique, de la honte intériorisée, de la dépression et de l’anxiété à l’âge adulte. L’outil constitue un levier précieux tant pour la recherche fondamentale en psychologie du développement que pour l’évaluation clinique diagnostique et pronostique.

2. Mots-clés / Keywords

Souvenirs précoces, chaleur affective, sécurité relationnelle, attachement sécure, Thérapie Fondée sur la Compassion, régulation des émotions, système d’apaisement, psychométrie, autocritique, honte, psychopathologie.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs britanniques affiliés au Mental Health Research Unit du Kingsway Hospital (Derbyshire Mental Health Services NHS Trust) et à l’Université de Derby (Royaume-Uni) :

  • Anja Richter : Psychologue clinicienne et chercheuse au sein du Mental Health Research Unit, Kingsway Hospital, Derby, Royaume-Uni.
  • Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS, OBE : Professeur de psychologie clinique à l’Université de Derby, fondateur de la Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT) et directeur du Compassionate Mind Foundation. Auteur prolifique dans le domaine de la biopsychologie de la honte et de la régulation émotionnelle.
  • Kirsten McEwan, Ph.D. : Chercheuse en psychologie et santé publique à l’Université de Derby, spécialisée dans les biomarqueurs du stress, la variabilité de la fréquence cardiaque et l’efficacité des interventions basées sur la compassion et la nature.

4. Objectif / Purpose

Durant plusieurs décennies, la recherche clinique et épidémiologique s’est concentrée de manière prépondérante sur l’évaluation des événements de vie indésirables, de la maltraitance physique, émotionnelle ou sexuelle, et de la négligence parentale durant l’enfance. Bien que ces dimensions soient des prédicteurs majeurs de la vulnérabilité psychopathologique, les modèles contemporains de la psychologie clinique et de la neuropsychologie affective soulignent une distinction fondamentale : l’absence d’abus ne garantit aucunement la présence de chaleur, d’affection et de sécurité émotionnelle. Un enfant peut grandir dans un environnement exempt de violence explicite, mais dépourvu d’interactions réconfortantes, d’encouragements chaleureux ou de validation empathique.

L’objectif fondamental de l’EMWSS est de combler ce vide méthodologique en mesurant de façon systématique l’accès rétrospectif à des mémoires émotionnelles de connexion, de bienveillance et d’apaisement. La remémoration de telles expériences renseigne directement sur la manière dont les représentations internes du soi et d’autrui ont été encodées. L’échelle explore la fréquence à laquelle le sujet, lorsqu’il était enfant, s’est senti :

  • Protégé, en sécurité et apaisé face à la détresse ;
  • Accepté inconditionnellement pour ce qu’il était, sans condition de performance ;
  • Connecté émotionnellement aux membres de sa famille et à son entourage proche ;
  • Capable d’intérioriser un sentiment durable d’appartenance et de valeur personnelle.

Sur le plan des applications cliniques, l’EMWSS s’avère particulièrement pertinente auprès des populations souffrant de troubles dépressifs majeurs, de troubles anxieux, de troubles des conduites alimentaires et de troubles de la personnalité, notamment le trouble de la personnalité limite. Chez ces patients, une autocritique sévère et une honte chronique coexistent fréquemment avec une incapacité fondamentale à s’auto-rassurer ou à ressentir de la bienveillance envers eux-mêmes. L’évaluation de l’EMWSS permet aux cliniciens de poser un diagnostic différentiel fonctionnel : la détresse du patient découle-t-elle d’un système de menace hyperactivé par des traumatismes, ou d’une atrophie développementale du système d’apaisement par manque d’expériences précoces de chaleur ? Les implications thérapeutiques diffèrent radicalement selon ces profils, orientant le clinicien vers des protocoles d’entraînement à l’esprit compatissant (Compassionate Mind Training, CMT).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’EMWSS est l’expérience rétrospective globale de chaleur et de sécurité émotionnelle précoce. Bien que l’instrument présente une structure factorielle globale unidimensionnelle, l’analyse clinique et conceptuelle des énoncés permet d’identifier trois facettes phénoménologiques interconnectées qui constituent l’armature de ce sentiment de sécurité interne :

5.1. Sécurité émotionnelle et apaisement (Safeness and Soothing)

Cette dimension renvoie à l’expérience viscérale d’être protégé contre les dangers et soutenu lors des moments de vulnérabilité affective. Elle englobe la certitude que la détresse émotionnelle peut être régulée grâce à la présence réconfortante des figures d’attachement. Des items tels que « I felt safe and secure » (Item 1), « I felt peaceful and calm » (Item 8) et « I could easily be soothed by people close to me when I was unhappy » (Item 10) illustrent cette capacité précoce à mobiliser l’environnement comme base de régulation physiologique et émotionnelle. L’enfant fait l’apprentissage que la détresse n’est pas permanente et qu’elle peut se résoudre dans l’apaisement.

5.2. Chaleur affective et sentiment d’être aimé inconditionnellement (Warmth and Unconditional Regard)

Cette composante capture la tonalité affective positive émanant des figures parentales et de l’entourage. Il ne s’agit pas d’un simple éloge basé sur la réussite ou la conformité aux attentes, mais de la perception d’une affection sincère, chaleureuse et résiliente face aux erreurs. Elle se manifeste dans des énoncés comme « I felt appreciated the way I was » (Item 2), « I felt a sense of warmth with those around me » (Item 4), « I felt that I was a cherished member of my family » (Item 9) et « I felt loved even when people were upset about something I had done » (Item 14). Ce dernier item est particulièrement discriminant : il mesure l’amour inconditionnel et la distinction que l’entourage opérait entre l’acte répréhensible et la valeur intrinsèque de l’enfant.

5.3. Connexion relationnelle et sentiment d’appartenance (Connectedness and Belonging)

L’être humain est une espèce profondément sociale dont la survie dépendait ancestralement de l’inclusion au sein du groupe. Cette facette reflète l’expérience d’interconnexion, de partage affectif et de validation au sein du tissu relationnel. Elle est opérationnalisée par des énoncés tels que « I felt comfortable sharing my feelings and thoughts with those around me » (Item 5), « I felt part of those around me » (Item 13), « I had feelings of connectedness » (Item 16) et « I had a sense of belonging » (Item 19). Un score élevé sur ces dimensions traduit l’intégration précoce de modèles internes opérants où autrui est perçu comme accessible, compréhensif et source de vitalité partagée.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’EMWSS prend racine à la confluence de trois grands paradigmes contemporains des sciences psychologiques : le modèle évolutionniste de régulation des affects développé par Paul Gilbert, la théorie de l’attachement de John Bowlby, et la théorie polyvagale de Stephen Porges.

6.1. Le modèle évolutionniste des trois systèmes de régulation des affects

Dans le cadre de la Thérapie Fondée sur la Compassion, Gilbert (2005, 2009) postule l’existence de trois systèmes fonctionnels de régulation motivationnelle et émotionnelle façonnés par l’évolution :

  • Le système de menace et de protection (Threat and Self-Protection System) : Orienté vers la détection des dangers, la survie et l’évitement des prédateurs ou du rejet social. Il mobilise des émotions telles que la peur, la colère, le dégoût et la honte, soutenues par l’activation de l’amygdale et de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA).
  • Le système de recherche de ressources et de pulsion (Drive and Incentive System) : Axé sur l’anticipation des récompenses, la recherche de nourriture, de partenaires sexuels et de statut social. Il est médié par les voies dopaminergiques et génère des affects d’excitation et d’euphorie.
  • Le système d’apaisement, de sécurité et de contentement (Soothing and Safeness System) : Évolutivement lié à l’émergence des soins parentaux chez les mammifères et à l’attachement. Il permet à l’organisme de se régénérer lorsque les menaces sont absentes et que les besoins immédiats sont comblés. Il induit un état de quiétude, de paix intérieure et de bien-être, médié par l’ocytocine, les endorphines et le tonus vagal ventral.

L’EMWSS a été expressément conçue pour évaluer les traces mnésiques de l’activation répétée de ce troisième système au cours de l’enfance. Selon Gilbert, l’intériorisation précoce d’indices de sécurité et d’affiliation constitue le prérequis neurobiologique à l’émergence de la capacité d’auto-compassion et d’auto-apaisement à l’âge adulte.

6.2. La théorie de l’attachement et les modèles internes opérants

Selon Bowlby (1969, 1988), les interactions répétées avec des figures d’attachement sensibles et réceptives permettent à l’enfant de construire une « base de sécurité » (secure base) et un « havre de paix » (safe haven). Ces expériences s’organisent sous la forme de schémas cognitivo-affectifs durables, désignés sous le terme de modèles internes opérants (MIO). L’EMWSS évalue le contenu affectif conscient de ces MIO. Les individus rapportant des niveaux élevés de souvenirs de chaleur disposent de schémas relationnels sécures où autrui est perçu comme bienveillant et secourable, et où le soi est perçu comme fondamentalement digne d’amour.

6.3. La théorie polyvagale et le système d’engagement social

La théorie polyvagale de Stephen Porges (2007, 2011) fournit un éclairage neurophysiologique direct sur les construits de l’EMWSS. Porges démontre que le système d’engagement social humain repose sur la branche myélinisée du nerf vague (le complexe vagal ventral). Ce système s’active préférentiellement en réponse à des signaux de sécurité relationnelle : expressions faciales chaleureuses, intonations vocales prosodiques douces et contacts corporels apaisants. Lorsque ces stimuli sont prodigués de manière consistante durant l’enfance, ils entraînent le « frein vagal » physiologique, favorisant une flexibilité autonomique optimale, une variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) élevée et une résilience accrue face au stress.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’EMWSS a fait l’objet d’investigations approfondies à travers de multiples études empiriques, confirmant sa validité de construit, sa validité convergente, sa validité discriminante et sa validité prédictive.

7.1. Validité convergente

Les études démontrent des corrélations positives statistiquement significatives et de forte amplitude entre les scores de l’EMWSS et les construits associés au bien-être psychologique et à l’attachement sécure :

  • Sécurité sociale perçue : Corrélations fortes et positives avec la Social Safeness and Pleasure Scale (SSPS) (généralement r = 0,60 à 0,75, p < 0,001), confirmant que les souvenirs de chaleur prédisent la capacité actuelle à se sentir connecté et en sécurité parmi ses pairs à l’âge adulte.
  • Auto-compassion : Associations positives avec la Self-Compassion Scale (SCS) de Neff (r = 0,40 à 0,55), en particulier avec les sous-échelles de bienveillance envers soi (self-kindness) et d’humanité partagée (common humanity).
  • Styles d’attachement sécure : Corrélations positives robustes avec les dimensions de sécurité relationnelle mesurées par l’Experiences in Close Relationships (ECR).

7.2. Validité discriminante et incrémentielle

L’EMWSS corrèle négativement et significativement avec un vaste éventail d’indicateurs de souffrance psychologique et de vulnérabilité affective :

  • Autocritique et autoflagellation : Des corrélations négatives substantielles sont observées avec le Forms of Self-Criticising/Attacking & Self-Reassuring Scale (FSCRS), spécifiquement avec le soi inadéquat (inadequate self, r = -0,45 à -0,60) et le soi haï (hated self, r = -0,40 à -0,55). À l’inverse, l’EMWSS corrèle positivement avec la capacité à s’auto-rassurer (reassuring self, r = 0,50 à 0,65).
  • Honte externe et interne : Associations négatives prononcées avec l’Other as Shamer Scale (OAS) et l’Internalized Shame Scale (ISS) (r = -0,40 à -0,55).
  • Dépression, anxiété et stress : Corrélations inverses avec la Depression Anxiety Stress Scales (DASS-21), les corrélations avec la dépression étant particulièrement élevées (r = -0,45 à -0,58).

Dans l’étude princeps de Richter et al. (2009), des régressions hiérarchiques ont montré que l’EMWSS explique une part significative de variance unique dans la prédiction de la dépression et de l’autocritique, au-delà de ce qui est prédit par les souvenirs de rejet parental ou de surprotection mesurés par le s-EMBU (échelle suédoise de souvenirs parentaux). Cela démontre formellement sa validité incrémentielle : l’absence de souvenirs de chaleur constitue un facteur de risque autonome distinct de la présence explicite d’hostilité parentale.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’EMWSS atteignent les standards psychométriques les plus exigeants, tant sur le plan de la cohérence interne que de la stabilité temporelle.

8.1. Consistance interne

Dans l’échantillon princeps de validation (Richter, Gilbert & McEwan, 2009), comprenant des participants issus de la population générale et des étudiants, l’échelle a affiché un coefficient alpha de Cronbach de 0,97. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnaient de 0,65 à 0,87, attestant qu’aucun item n’était redondant ou aberrant.

Ces données de fidélité interne ont été confirmées dans de nombreuses études internationales indépendantes :

  • Validation portugaise (Matos, Pinto-Gouveia & Duarte, 2011 ; Marta-Simões et al., 2017) : Alpha de Cronbach de 0,96 dans un échantillon non clinique et 0,97 dans un échantillon clinique de patients psychiatriques. Le coefficient oméga de McDonald (ω) était également de 0,96.
  • Validation espagnole (Castilho et al., 2015) : Alpha de 0,96 chez des adultes en population générale.
  • Validation italienne (Petrocchi et al., 2017) : Alpha de 0,95 et consistance interne confirmée chez des adolescents et de jeunes adultes.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que l’EMWSS explore des souvenirs rétrospectifs (censés être relativement stables dans le temps), le rappel émotionnel peut être modulé par l’humeur du moment. Les évaluations test-retest menées sur des intervalles de 4 à 8 semaines révèlent des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et des coefficients de Pearson compris entre 0,82 et 0,89 (Matos et al., 2011). Cette stabilité témoigne du fait que l’EMWSS capte des représentations affectives structurales durables de l’enfance plutôt que de simples fluctuations affectives passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionalité de l’EMWSS a été rigoureusement éprouvée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de développement de l’échelle par Richter et al. (2009), une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une analyse factorielle exploratoire a été conduite. Le test de sphéricité de Bartlett s’est avéré hautement significatif (p < 0,001) et l’indice d’adéquation de l’échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a dépassé 0,95, confirmant l’excellente factorisabilité de la matrice.

L’examen des valeurs propres (eigenvalues) et du graphique d’éboulis de Cattell (scree plot) a clairement mis en évidence une structure unidimensionnelle très dominante :

  • Le premier facteur expliquait à lui seul plus de 60 % de la variance totale des scores.
  • Le ratio entre la première et la deuxième valeur propre dépassait largement le seuil standard de 3:1 (souvent supérieur à 8:1), justifiant l’extraction d’un facteur unique.
  • Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des 21 items étaient remarquablement élevées, oscillant entre 0,68 et 0,88, sans qu’aucun item ne nécessite de suppression.

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Des modélisations par équations structurelles (SEM) et des analyses confirmatoires conduites dans diverses populations (ex. Matos et al., 2011 ; Marta-Simões et al., 2017) ont testé l’ajustement du modèle unifactoriel. Bien que certains auteurs aient exploré des modèles bifactoriels ou à facteurs corrélés de second ordre (séparant la chaleur, la sécurité et l’appartenance), le modèle unidimensionnel conserve d’excellents indices d’ajustement lorsque de légères covariances résiduelles entre items très proches sémantiquement sont prises en compte :

  • CFI (Comparative Fit Index) > 0,93 à 0,96
  • TLI (Tucker-Lewis Index) > 0,92 à 0,95
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,06 à 0,08 (IC à 90 % [0,05 ; 0,07])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ 0,04

Des analyses d’invariance de mesure ont également confirmé l’invariance métrique et scalaire de l’instrument entre les genres (hommes vs femmes) et entre les populations cliniques et non cliniques, autorisant des comparaisons directes de moyennes de scores.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’EMWSS est un auto-questionnaire standardisé court, facile d’administration et rapide à compléter (généralement entre 3 et 5 minutes).

  • Type de test : Auto-questionnaire rétrospectif d’évaluation des affects précoces.
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation en ligne ou intégration dans des protocoles informatisés de recherche clinique.
  • Nombre d’items : 21 énoncés rédigés à la première personne du singulier.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 0 = Non, jamais (No, never)
    • 1 = Oui, mais rarement (Yes, but rarely)
    • 2 = Oui, parfois (Yes, sometimes)
    • 3 = Oui, souvent (Yes, often)
    • 4 = Oui, la plupart du temps (Yes, most of the time)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Il n’y a aucun item inversé (reverse-scored items).
    • Le score global s’obtient simplement par la somme brute de l’ensemble des 21 items.
    • Étendue des scores possibles : de 0 à 84 points.
  • Interprétation clinique des scores :
    • Score élevé (60 à 84) : Présence riche et accessible de souvenirs de sécurité, de réconfort et de chaleur dans l’enfance. Système d’apaisement interne bien consolidé ; bonne capacité à la régulation émotionnelle bienveillante.
    • Score modéré (35 à 59) : Expériences mitigées de chaleur et de sécurité. La personne a pu connaître des moments d’affection, mais ceux-ci étaient soit inconstants, soit limités à certains contextes spécifiques.
    • Score faible à très faible (0 à 34) : Pénurie critique de souvenirs de réconfort, d’apaisement et d’acceptation inconditionnelle. Indique une vulnérabilité majeure à la honte, à l’autocritique et à la dysrégulation émotionnelle. Profil fréquemment rencontré chez les personnes souffrant de dépression résistante ou de traumatismes d’attachement.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2009.
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits intellectuels appartiennent aux auteurs (Anja Richter, Paul Gilbert, Kirsten McEwan) et à la British Psychological Society (éditrice de la revue lors de la parution originale). L’échelle est mise à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens et universitaires à des fins non commerciales.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (Open Access à des fins de recherche et de pratique clinique). Aucune redevance financière n’est requise.
  • Conditions d’usage : L’utilisation de l’échelle impose de citer adéquatement l’article original de Richter et al. (2009) dans toute publication scientifique, rapport de recherche ou thèse. Toute exploitation commerciale ou intégration dans des logiciels propriétaires payants nécessite l’accord explicite écrit des auteurs et du titulaire des droits.
  • Accès institutionnel : Le questionnaire et ses barèmes sont accessibles via le site de la Compassionate Mind Foundation et les pages de recherche de l’Université de Derby.

12. Références / References

  • Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1988). A secure base: Parent-child attachment and healthy human development. Basic Books.
  • Castilho, P., Pinto-Gouveia, J., & Duarte, J. (2015). Exploring self-criticism and self-compassion: Two distinct processes that balance each other. European Journal of Psychology Assessment, 33(3), 164–171. https://doi.org/10.1027/1015-5759/a000282
  • Gilbert, P. (2005). Compassion: Conceptualisations, research and use in psychotherapy. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203003459
  • Gilbert, P. (2009). Introducing compassion-focused therapy. Advances in Psychiatric Treatment, 15(3), 199–208. https://doi.org/10.1192/apt.bp.107.005264
  • Marta-Simões, J., Ferreira, C., & Mendes, A. L. (2017). Exploring the psychometric properties of the Early Memories of Warmth and Safeness Scale in Portuguese adolescents. Journal of Child and Family Studies, 26(8), 2110–2119. https://doi.org/10.1007/s10826-017-0731-y
  • Matos, M., Pinto-Gouveia, J., & Duarte, C. (2011). The validation of the Early Memories of Warmth and Safeness Scale (EMWSS) for the Portuguese population. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 84(4), 384–398. https://doi.org/10.1111/j.2044-8341.2010.02008.x
  • Petrocchi, N., Dentale, F., & Gilbert, P. (2017). Self-reassurance, self-criticism, and early memories of warmth and safeness: Psychometric properties of the Italian version of the EMWSS and FSCRS. Frontiers in Psychology, 8, Article 1107. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2017.01107
  • Porges, S. W. (2007). The polyvagal perspective. Biological Psychology, 74(2), 116–143. https://doi.org/10.1016/j.biopsycho.2006.06.009
  • Porges, S. W. (2011). The polyvagal theory: Neurophysiological foundations of emotions, attachment, communication, and self-regulation. W. W. Norton & Company.
  • Richter, A., Gilbert, P., & McEwan, K. (2009). Development of an early memories of warmth and safeness scale and its relationship to psychopathology. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 82(2), 171–184. https://doi.org/10.1348/147608308X395213

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Early Memories of Warmth and Safeness Scale (EMWSS)

This scale explores some of your emotional memories of your childhood. Below is a set of questions that tap various feelings you may have experienced when you were young. Please read each item carefully and circle the number to the right of the statement that best describes your feelings during childhood. Use the scale below.

0 = No, never
1 = Yes, but rarely
2 = Yes, sometimes
3 = Yes, often
4 = Yes, most of the time
  1. I felt safe and secure     0   1   2   3   4
  2. I felt appreciated the way I was     0   1   2   3   4
  3. I felt understood     0   1   2   3   4
  4. I felt a sense of warmth with those around me     0   1   2   3   4
  5. I felt comfortable sharing my feelings and thoughts with those around me     0   1   2   3   4
  6. I felt people enjoyed my company     0   1   2   3   4
  7. I knew that I could count on empathy and understanding from people close to me when I was unhappy     0   1   2   3   4
  8. I felt peaceful and calm     0   1   2   3   4
  9. I felt that I was a cherished member of my family     0   1   2   3   4
  10. I could easily be soothed by people close to me when I was unhappy     0   1   2   3   4
  11. I felt loved     0   1   2   3   4
  12. I felt comfortable turning to people important to me for help and advice     0   1   2   3   4
  13. I felt part of those around me     0   1   2   3   4
  14. I felt loved even when people were upset about something I had done     0   1   2   3   4
  15. I felt happy     0   1   2   3   4
  16. I had feelings of connectedness     0   1   2   3   4
  17. I knew I could rely on people close to me to console me when I was upset     0   1   2   3   4
  18. I felt cared about     0   1   2   3   4
  19. I had a sense of belonging     0   1   2   3   4
  20. I knew that I could count on help from people close to me when I was unhappy     0   1   2   3   4
  21. I felt at ease     0   1   2   3   4
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Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (EMWSS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-souvenirs-precoces-de-chaleur-et-de-securite-emwss/
Looti, Mohammed. “Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (EMWSS).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-souvenirs-precoces-de-chaleur-et-de-securite-emwss/.
Looti, Mohammed. “Échelle des souvenirs précoces de chaleur et de sécurité (EMWSS).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-souvenirs-precoces-de-chaleur-et-de-securite-emwss/.