1. Résumé
L’Échelle des quatre incommensurables soi-autrui (Self–Other Four Immeasurables Scale ou SOFI), développée par Sharon Kraus et Shannon Sears en 2009, est un instrument psychométrique conçu pour opérationnaliser et évaluer les qualités affectives, cognitives et intentionnelles issues des enseignements bouddhistes traditionnels connus sous le nom des « quatre incommensurables » (brahmavihāras) : la bienveillance bienveillante (mettā), la compassion (karuṇā), la joie appréciative ou sympathique (muditā) et l’équanimité (upekṣā). Contrairement aux échelles antérieures qui mesuraient exclusivement la bienveillance envers autrui ou uniquement l’autocompassion, la SOFI a pour spécificité d’évaluer ces dispositions tant envers soi-même qu’envers autrui, tout en distinguant les affects et attitudes positifs de leurs pendants négatifs contraires (hostilité, cruauté, malveillance).
L’échelle se compose de 16 items auto-rapportés, répartis de manière équilibrée en quatre sous-échelles distinctes : le Soi positif (Positive Self), le Soi négatif (Negative Self), l’Autrui positif (Positive Other) et l’Autrui négatif (Negative Other). Chaque item invite le répondant à évaluer dans quelle mesure il a pensé, ressenti ou agi d’une manière donnée au cours de la semaine écoulée, sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Très légèrement ou pas du tout ») à 5 (« Extrêmement »). Les propriétés psychométriques initiales démontrent une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,80 et 0,86 (Positive Self : 0,86 ; Negative Self : 0,85 ; Positive Other : 0,80 ; Negative Other : 0,82). L’analyse factorielle confirme une structure robuste en quatre facteurs corrélés, conférant à la SOFI une pertinence clinique et empirique de premier plan pour évaluer l’impact des interventions basées sur la pleine conscience (mindfulness), les thérapies centrées sur la compassion et les méditations de bienveillance.
2. Mots-clés
Échelle des quatre incommensurables, SOFI, bienveillance, compassion, autocompassion, joie appréciative, équanimité, psychométrie, pleine conscience, méditation mettā, psychologie positive, relations interpersonnelles.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et validé empiriquement par :
- Sharon Kraus, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie au département de psychologie du Fort Lewis College (Durango, Colorado, États-Unis). Courriel de correspondance académique : [email protected].
- Shannon Sears, Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à l’Université de Calgary et au Fort Lewis College, spécialisée dans les interventions contemplatives et les approches basées sur les forces en santé mentale.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Self–Other Four Immeasurable Scale (SOFI) est de combler un vide méthodologique majeur dans la recherche psychologique contemporaine sur les pratiques contemplatives et les états prosociaux. Si l’essor de la méditation de pleine conscience a permis l’émergence d’outils mesurant l’attention au moment présent, peu d’échelles capturaient avec précision le développement des qualités affectives et éthiques cultivées par les pratiques contemplatives traditionnelles, à savoir l’amour bienveillant et la compassion universelle.
La SOFI a été conçue pour mesurer la fréquence et l’intensité des états émotionnels, mentaux et comportementaux orientés vers soi-même d’une part, et orientés vers autrui d’autre part. Cet angle bidirectionnel (soi versus autrui) et bipartite (états positifs versus états négatifs) répond à plusieurs nécessités scientifiques :
- Mesure des interventions contemplatives : L’échelle constitue l’un des outils de référence pour évaluer les changements pré- et post-interventions dans le cadre de programmes tels que la méditation de l’amour bienveillant (Loving-Kindness Meditation ou LKM), l’entraînement à la compassion (Compassion Cultivation Training ou CCT), et la thérapie fondée sur la compassion (Compassion-Focused Therapy de Paul Gilbert).
- Évaluation clinique et psychothérapeutique : En psychothérapie, l’outil permet de quantifier le degré de critique interne féroce, d’autodépréciation et de haine de soi (mesurées par la sous-échelle Soi négatif), tout en évaluant la capacité du patient à s’accorder de la douceur, de l’acceptation et de la compassion (sous-échelle Soi positif). Simultanément, elle diagnostique l’hostilité projetée vers l’extérieur (sous-échelle Autrui négatif) versus les dispositions prosociales (sous-échelle Autrui positif).
- Justification théorique : Les auteurs ont cherché à opérationnaliser la doctrine bouddhiste des brahmavihāras non pas sous forme de croyances métaphysiques ou dogmatiques, mais comme des compétences affectives et attitudinales séculières, quantifiables et modulables par l’entraînement de l’esprit. L’échelle démontre que la diminution des sentiments destructeurs envers autrui ne coïncide pas automatiquement avec l’augmentation des sentiments chaleureux envers soi, nécessitant une analyse différentielle de ces quatre axes.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la SOFI s’articule autour de la déclinaison psychologique des quatre incommensurables bouddhistes : la bienveillance (mettā), la compassion (karuṇā), la joie sympathique (muditā) et l’équanimité (upekṣā). Dans le cadre de l’instrument, ces vertus sont traduites par des descripteurs affectifs simples et universels, évalués selon deux axes orthogonaux : la polarité affective (positive vs négative) et la cible de l’affect (soi vs autrui).
1. Le Soi positif (Positive Self)
Cette dimension mesure la propension de l’individu à manifester une attitude chaleureuse, tolérante, joyeuse et compatissante envers sa propre personne. Elle reflète directement le concept d’autocompassion défini par Kristin Neff. Les composantes mesurées incluent l’amabilité envers soi-même (friendly toward myself), la joie pour ses propres réussites et son épanouissement (joyful for myself), l’acceptation inconditionnelle de ses limites et faiblesses (accepting toward myself), et la compassion face à ses propres souffrances (compassionate toward myself). Un score élevé indique un rapport intrapersonnel sain, dénué de honte toxique.
2. Le Soi négatif (Negative Self)
Cette sous-échelle évalue l’intensité des affects destructeurs et de l’auto-agressivité dirigés vers soi-même. Elle capture les mécanismes d’autocritique pathologique, de dégoût de soi et de punition interne. Les états mesurés comprennent la haine envers soi (hateful toward myself), la colère intériorisée (angry with myself), la cruauté envers ses propres vulnérabilités (cruel toward myself) et la mesquinerie ou méchanceté envers soi (mean toward myself). Ces descripteurs constituent les « ennemis lointains » ou contraires directs de la bienveillance et de la compassion intrapersonnelles.
3. L’Autrui positif (Positive Other)
Cette dimension quantifie l’orientation prosociale, l’altruisme et la disposition à l’affiliation bienveillante à l’égard d’autrui. Elle évalue la bienveillance sociale (friendly toward others), la capacité à ressentir une joie authentique pour le bonheur d’autrui sans jalousie ni envie (joyful for others, équivalent exact de muditā), l’acceptation d’autrui dans son altérité sans jugement rejetant (accepting toward others, incarnant l’équanimité), et la compassion altruiste motivée par le soulagement de la souffrance d’autrui (compassionate toward others).
4. L’Autrui négatif (Negative Other)
Cette composante évalue la réactivité interpersonnelle négative, l’hostilité et le mépris envers les tiers. Elle comprend le ressentiment ou la haine d’autrui (hateful toward others), l’irritabilité et la rancœur (angry with others), l’inflexibilité agressive ou la cruauté (cruel toward others), et l’animosité malveillante (mean toward others). Un score élevé sur cette dimension est fortement associé à l’isolement social, aux conflits relationnels et à la détresse émotionnelle.
6. Cadre théorique
Le cadre conceptuel de la SOFI intègre la psychologie bouddhiste classique avec la psychologie cognitive, affective et sociale occidentale contemporaine. Il prend racine dans les enseignements du canon pāli concernant les Brahmavihāras (littéralement « les demeures divines » ou états sublimes de l’esprit), théorisés dans des textes canoniques tels que le Visuddhimagga par Buddhaghosa au Ve siècle.
L’ancrage dans les quatre incommensurables
Dans la tradition méditative, ces quatre états sont qualifiés d’« incommensurables » car ils doivent être cultivés sans aucune restriction, de manière universelle et impartiale, s’étendant à tous les êtres vivants sans distinction de frontière entre le soi et le non-soi :
- Mettā (Amour bienveillant) : Le souhait sincère que tous les êtres jouissent du bonheur et des causes du bonheur. Son contraire direct est la malveillance et la haine.
- Karuṇā (Compassion) : Le souhait sincère que tous les êtres soient délivrés de la souffrance et des causes de la souffrance. Son contraire direct est la cruauté.
- Muditā (Joie sympathique ou appréciative) : Le sentiment de joie altruiste face aux succès, aux joies et aux vertus d’autrui. Son contraire direct est l’envie, la rancœur ou la jalousie.
- Upekṣā (Équanimité) : La stabilité émotionnelle fondée sur la compréhension de l’interdépendance, permettant d’accueillir les hauts et les bas de l’existence sans aversion ni attachement avide. Son contraire direct est l’agitation, l’anxiété réactive ou l’indifférence apathique.
La convergence avec la psychologie contemporaine
Kraus et Sears (2009) ont articulé ces concepts anciens avec la théorie contemporaine de l’American Psychological Association sur l’affectivité et la régulation émotionnelle. L’approche théorique postule que la compassion et la bienveillance ne sont pas de simples traits statiques de la personnalité, mais des processus dynamiques et entraînables. Cette vision rejoint le modèle neurobiologique de Paul Gilbert (2005) sur les trois systèmes de régulation affective : le système de menace et de protection (associé aux dimensions négatives de la SOFI), le système de quête de ressources (drive) et le système d’apaisement et d’affiliation sociale (directement lié aux dimensions positives de la SOFI). La SOFI permet ainsi d’observer expérimentalement le glissement d’un mode axé sur la menace (haut Soi négatif / Autrui négatif) vers un mode axé sur l’apaisement et le lien (haut Soi positif / Autrui positif).
7. Validité
L’évaluation psychométrique initiale conduite par Kraus et Sears (2009) a documenté une validité de construit, une validité convergente et une validité discriminante particulièrement robustes auprès d’échantillons universitaires et communautaires.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures standardisées reconnues :
- Autocompassion : La sous-échelle Soi positif présente de fortes corrélations positives avec l’échelle d’autocompassion de Neff (Self-Compassion Scale, SCS ; $r \approx 0{,}65$, $p < 0{,}001$), tandis que le Soi négatif corrèle fortement avec les sous-échelles d’autocritique et d’isolement de la SCS ($r \approx 0{,}60$).
- Affects positifs et négatifs : Mesurées à l’aide du PANAS (Positive and Negative Affect Schedule), les sous-échelles Soi positif et Autrui positif corrèlent positivement avec les affects positifs ($r = 0{,}45$ à $0{,}55$), alors que le Soi négatif et l’Autrui négatif présentent de fortes corrélations avec les affects négatifs ($r = 0{,}50$ à $0{,}60$).
- Bien-être psychologique : Des corrélations significatives ont été observées avec les échelles de bien-être de Ryff, en particulier avec les dimensions de relations positives avec autrui et d’acceptation de soi.
Validité discriminante et différentielle
L’un des apports majeurs de la SOFI réside dans la séparation empirique entre la bienveillance envers soi et la bienveillance envers autrui. De nombreuses personnes manifestent un niveau élevé de compassion et de tolérance envers leurs pairs (score élevé en Autrui positif) tout en s’infligeant une sévérité punitive intolérable (score élevé en Soi négatif et faible en Soi positif). La SOFI capture parfaitement cette dissociation clinique, ce que ne permettaient pas les échelles globales de compassion. En outre, la faible corrélation entre les sous-échelles positives et négatives démontre que l’absence d’affect négatif ne signifie pas automatiquement la présence d’affect positif, confirmant le modèle bidimensionnel de l’affectivité.
8. Fidélité
Les études de développement et de validation de la SOFI mettent en évidence une fidélité et une cohérence interne remarquables sur l’ensemble de ses composantes.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon princeps de validation (Kraus & Sears, 2009), les coefficients de cohérence interne obtenus pour chaque sous-échelle de 4 items sont les suivants :
- Soi positif (Positive Self) : $\alpha = 0{,}86$
- Soi négatif (Negative Self) : $\alpha = 0{,}85$
- Autrui positif (Positive Other) : $\alpha = 0{,}80$
- Autrui négatif (Negative Other) : $\alpha = 0{,}82$
Ces coefficients dépassent largement le seuil conventionnel de 0,70 recommandé en psychométrie pour les échelles de recherche, et atteignent le niveau de précision requis pour une utilisation clinique individualisée, ce qui est remarquable pour des sous-échelles composées de seulement quatre items chacune.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de deux à quatre semaines en l’absence d’intervention montre des coefficients de corrélation test-retest compris entre $r = 0{,}72$ et $r = 0{,}81$, attestant d’une bonne stabilité des traits de base. Simultanément, l’échelle montre une sensibilité au changement hautement significative chez les participants soumis à des programmes de méditation d’amour bienveillant (LKM), confirmant sa capacité à détecter les fluctuations d’états psychologiques induites par l’entraînement méditatif.
9. Analyse factorielle
La validation structurale de la SOFI s’est appuyée sur une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) puis analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de l’étape de construction de l’outil, une analyse factorielle par extraction des axes principaux avec rotation oblique (Promax/Oblimin direct) a été menée sur un ensemble initial d’items. Les résultats ont clairement mis en évidence une solution factorielle en quatre dimensions distinctes, expliquant plus de 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 (Soi positif) : Regroupe les items 1, 7, 9 et 13 avec des saturations factorielles solides comprises entre 0,68 et 0,84.
- Facteur 2 (Soi négatif) : Regroupe les items 3, 5, 11 et 15 avec des saturations factorielles comprises entre 0,65 et 0,86.
- Facteur 3 (Autrui positif) : Regroupe les items 2, 8, 10 et 14 avec des saturations comprises entre 0,61 et 0,79.
- Facteur 4 (Autrui négatif) : Regroupe les items 4, 6, 12 et 16 avec des saturations comprises entre 0,64 et 0,83.
Aucune saturation croisée majeure (cross-loading > 0,30) n’a été constatée entre les sous-échelles soi et autrui, confirmant que les répondants distinguent nettement la valence affective de la cible relationnelle.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’AFC a comparé plusieurs modèles concurrents : un modèle unidimensionnel, un modèle bidimensionnel (Soi vs Autrui ou Positif vs Négatif) et le modèle cible à quatre facteurs intercorrélés. Le modèle à quatre facteurs a affiché des indices d’adéquation nettement supérieurs :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,94
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,93
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (IC 90 % [0,045 ; 0,072])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,05
Ces données confirment l’adéquation structurelle du modèle théorique quadripartite.
10. Instrument de mesure
La passation de l’Échelle des quatre incommensurables soi-autrui (SOFI) est standardisée, simple et rapide.
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation quantitative).
- Format : Papier-crayon ou administration informatisée en ligne.
- Nombre d’items : 16 items brefs rédigés sous la forme d’adjectifs descriptifs complétés par la cible (« envers moi-même » ou « envers autrui »).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
- 1 = Très légèrement ou pas du tout (Very Slightly or Not At All)
- 2 = Un peu (A Little)
- 3 = Modérément (Moderately)
- 4 = Beaucoup / Nettement (Quite a Bit)
- 5 = Extrêmement (Extremely)
- Période de référence : La semaine écoulée (« au cours de la semaine écoulée » / during the past week).
- Calcul des scores : Aucun item n’est inversé dans les calculs individuels des dimensions. L’instrument produit quatre scores distincts, calculés soit par la somme arithmétique (score brut de 4 à 20 par sous-échelle), soit par la moyenne des items (score de 1 à 5) :
- Soi positif (Positive Self) : Somme ou moyenne des items 1, 7, 9, 13.
- Soi négatif (Negative Self) : Somme ou moyenne des items 3, 5, 11, 15.
- Autrui positif (Positive Other) : Somme ou moyenne des items 2, 8, 10, 14.
- Autrui négatif (Negative Other) : Somme ou moyenne des items 4, 6, 12, 16.
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
La Self–Other Four Immeasurables Scale (SOFI) a été publiée pour la première fois en 2009 dans la revue scientifique internationale Social Indicators Research.
- Statut des droits et accessibilité : L’échelle relève du domaine public académique pour les usages scientifiques, éducatifs et cliniques non commerciaux. Les auteurs ont conçu cet outil afin de stimuler la recherche contemplative.
- Tarifs : L’accès et l’utilisation de l’instrument sont entièrement gratuits. Aucun droit d’enregistrement ou redevance financière n’est exigé des chercheurs ou praticiens.
- Modalités d’utilisation : Les auteurs demandent simplement de citer convenablement l’article de validation princeps (Kraus & Sears, 2009) dans toute publication scientifique, rapport de recherche ou mémoire universitaire faisant appel à la SOFI. Pour des projets d’adaptation transculturelle ou de validation linguistique, il est recommandé de contacter le Dr Sharon Kraus ([email protected]).
12. Références
Buddhaghosa, B. (1999). The Path of Purification (Visuddhimagga) (Bhikku Ñāṇamoli, trad.). Buddhist Publication Society.
Fredrickson, B. L., Cohn, M. A., Coffey, K. A., Pek, J., & Finkel, S. M. (2008). Open hearts build lives: Positive emotions, induced through loving-kindness meditation, build consequential personal resources. Journal of Personality and Social Psychology, 95(5), 1045–1062. https://doi.org/10.1037/a0013262
Gilbert, P. (Ed.). (2005). Compassion: Conceptualisations, research and use in psychotherapy. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203003459
Kraus, S., & Sears, S. (2009). Measuring the immeasurables: Development and initial validation of the Self–Other Four Immeasurables (SOFI) Scale based on Buddhist teachings on loving kindness, compassion, joy, and equanimity. Social Indicators Research, 92(1), 169–181. https://doi.org/10.1007/s11205-008-9300-1
Kraus, S., & Sears, S. (2013). Self–Other Four Immeasurables. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 179–181). Springer Publishing Company.
Neff, K. D. (2003). The development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223–250. https://doi.org/10.1080/15298860309027
Salzberg, S. (1995). Lovingkindness: The revolutionary art of happiness. Shambhala Publications.
13. Questions et items du questionnaire
Instructions: Indicate to what extent you have thought, felt, or acted this way toward yourself and others during the past week.
Response Scale:
1 = Very slightly or not at all
2 = A little
3 = Moderately
4 = Quite a bit
5 = Extremely
- Friendly toward myself
- Friendly toward others
- Hateful toward myself
- Hateful toward others
- Angry with myself
- Angry with others
- Joyful for myself
- Joyful for others
- Accepting toward myself
- Accepting toward others
- Cruel toward myself
- Cruel toward others
- Compassionate toward myself
- Compassionate toward others
- Mean toward myself
- Mean toward others