Échelle des orientations générales à la causalité (GCOS)

L’Échelle des orientations générales à la causalité (GCOS), développée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan, évalue les orientations motivationnelles globales (autonomie, contrôle, impersonnelle) au cœur de la personnalité humaine selon la théorie de l’autodétermination.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle des orientations générales à la causalité (en anglais, General Causality Orientations Scale ou GCOS) est un instrument psychométrique fondamental élaboré par les psychologues Edward L. Deci et Richard M. Ryan en 1985 au sein du cadre conceptuel de la théorie de l’autodétermination (TAD). Cet instrument a été conçu pour opérationnaliser et évaluer les différences individuelles dispositionnelles stables dans la manière dont les individus initient, régulent et orientent leur comportement à travers divers domaines de la vie quotidienne. Contrairement aux approches situationnelles ou contextuelles de la motivation, la GCOS appréhende les orientations motivationnelles au niveau global de la personnalité, capturant des tendances trans-situationnelles durables.

L’échelle conceptualise l’orientation motivationnelle selon trois dimensions orthogonales interdépendantes mais distinctes : l’orientation vers l’autonomie (qui caractérise les comportements initiés en fonction de choix personnels, de valeurs intégrées et d’intérêts intrinsèques), l’orientation vers le contrôle (qui reflète une régulation comportementale guidée par des contingences externes, des pressions interpersonnelles, des récompenses matérielles ou des impératifs introjectés d’estime de soi) et l’orientation impersonnelle (qui traduit un sentiment d’impuissance, un manque de contrôle perçu sur les résultats, une appréhension de l’incompétence et une vulnérabilité à l’amotivation ou au fatalisme). Dans sa version standard élargie présentée ici, l’instrument comprend 17 vignettes décrivant des scénarios concrets de la vie professionnelle, interpersonnelle et académique, chacune suivie de trois réactions potentielles cotées sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Très peu probable ») à 7 (« Très probable »), générant un score continu pour chaque sous-échelle.

Les propriétés psychométriques établies depuis près de quatre décennies attestent d’une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,70 et 0,85 selon les sous-échelles et les versions), d’une stabilité temporelle remarquable (fidélité test-retest sur plusieurs mois excédant 0,70) et d’une validité de construit démontrée par des analyses factorielles confirmatoires et des corrélations convergentes et discriminantes robustes avec le bien-être psychologique, le locus de contrôle, l’autorégulation, l’estime de soi et les dynamiques relationnelles.

2. Mots-clés

Échelle des orientations générales à la causalité, GCOS, théorie de l’autodétermination, orientation vers l’autonomie, orientation vers le contrôle, orientation impersonnelle, motivation intrinsèque, motivation extrinsèque, psychométrie, régulation comportementale, Edward L. Deci, Richard M. Ryan

3. Auteurs

L’instrument a été conçu à l’origine par :

  • Edward L. Deci, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Rochester (Rochester, New York, États-Unis) et codirigeant du programme de recherche sur la motivation humaine. Il a codéveloppé la théorie de l’autodétermination et publié des centaines de travaux fondateurs en psychologie sociale et de la personnalité.
  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique et développementale à l’Institute for Positive Psychology and Education de l’Australian Catholic University (Sydney, Australie) et professeur émérite à l’Université de Rochester. Il est le co-architecte de la théorie de l’autodétermination.
  • Validation francophone : La version canadienne-française a été validée par Robert J. Vallerand, Marc R. Blais, Yves Lacouture et Edward L. Deci (1987) au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) (contact académique : [email protected]).

4. Objectif

L’objectif central de l’Échelle des orientations générales à la causalité est de fournir aux chercheurs et aux praticiens un outil standardisé permettant de quantifier les orientations globales de la causalité chez l’adulte. Alors que les premières formalisations de la psychologie de l’attribution et du locus de contrôle (par exemple, le modèle de Julian Rotter) se focalisaient prioritairement sur la localisation des renforcements (internes versus externes), Deci et Ryan ont postulé que la nature de l’initiation de l’action et la qualité de la volonté humaine représentent une dimension psychologique beaucoup plus déterminante pour la santé mentale et le fonctionnement optimal.

Applications en recherche et contextes cliniques

La GCOS répond à des enjeux fondamentaux tant dans le domaine de la psychologie fondamentale que dans ses applications pratiques :

  • Recherche fondamentale sur la personnalité : L’échelle permet de déterminer comment des traits motivationnels globaux interagissent avec des contextes sociaux soutenant ou brimant les besoins psychologiques fondamentaux (autonomie, compétence, affiliation). Elle sert d’ancrage pour analyser comment des dispositions globales influencent la perception des événements de vie et les biais cognitifs défensifs.
  • Psychologie de la santé et médecine comportementale : Les orientations de causalité mesurées par la GCOS prédisent de manière significative l’adhésion thérapeutique, l’abandon du tabac, la gestion pondérale à long terme, la régulation glycémique chez les patients diabétiques et les capacités d’adaptation face à des interventions chirurgicales lourdes (Williams & Deci, 1996 ; Williams et al., 1996 ; King, 1984).
  • Psychologie clinique et psychopathologie : Des scores élevés sur l’orientation impersonnelle sont fortement corrélés à des symptômes de dépression, à l’anxiété généralisée, à des perturbations de l’autonomie dans les troubles du comportement alimentaire (Strauss & Ryan, 1987), ainsi qu’à des conduites d’addiction comportementale comme les achats compulsifs (Scherhorn et al., 1990).
  • Psychologie des organisations et ergonomie motivationnelle : L’instrument permet d’évaluer comment les cadres et les employés abordent les défis professionnels, la résolution de conflits, la créativité et le leadership partagé. L’orientation vers l’autonomie y est liée à une proactivité supérieure et à une meilleure satisfaction au travail, tandis que l’orientation vers le contrôle est associée à une sensibilité exacerbée au statut, à l’évaluation compétitive et au burn-out.

En somme, la GCOS ne mesure pas simplement la croyance d’un sujet dans sa capacité à produire un résultat, mais la manière phénoménologique dont il perçoit la source de son pouvoir d’agir : se sent-il l’auteur autodéterminé de sa vie (autonomie), un agent poussé par des contraintes intérieures ou extérieures (contrôle), ou le jouet passif de forces imprévisibles et incontrôlables (impersonnelle) ?

5. Construit psychologique

Le construit théorique opérationnalisé par la GCOS repose sur l’hypothèse que la personnalité humaine intègre trois orientations de causalité distinctes et universelles. Chaque être humain possède un profil motivationnel combinant à des degrés divers ces trois orientations, qui ne sont pas des types de personnalité mutuellement exclusifs, mais des dimensions continues indépendantes.

1. L’orientation vers l’autonomie (Autonomy Orientation)

L’orientation vers l’autonomie caractérise la propension à organiser son comportement sur la base d’objectifs choisis librement, d’intérêts personnels profonds et de valeurs pleinement assimilées au sein du soi. Un individu manifestant un niveau élevé d’autonomie interprète son environnement comme une source d’informations plutôt que comme une contrainte ou une menace. Il régule ses actions par des motivations intrinsèques (le plaisir et la satisfaction inhérents à l’activité elle-même) ou par des formes identifiées et intégrées de motivation extrinsèque (l’activité a une valeur personnelle et un sens authentique).

Exemple clinique/comportemental : Face à une réorganisation imprévue de son poste de travail (voir Vignette 1), la personne orientée vers l’autonomie se demandera prioritairement si les nouvelles missions seront stimulantes et conformes à son épanouissement intellectuel, cherchant à s’investir avec curiosité et ouverture d’esprit.

2. L’orientation vers le contrôle (Control Orientation)

L’orientation vers le contrôle renvoie à la tendance à structurer son comportement autour de contingences externes, de pressions sociales, d’obligations perçues ou de récompenses tangibles. L’individu fortement contrôlé oriente son comportement en fonction d’incitations financières, de symboles de statut, d’impératifs d’approbation sociale, ou pour satisfaire des exigences introjectées (« je dois réussir pour prouver ma valeur »). Le locus perçu de causalité est externe ou introjecté. Les personnes affichant ce profil tendent à accorder une importance démesurée aux signes extérieurs de réussite, adoptent des conduites plus défensives et présentent une variabilité accrue de leur estime de soi contingente.

Exemple clinique/comportemental : Face à une opportunité d’avancement professionnel, la réaction typique d’une personne orientée vers le contrôle portera instantanément sur le gain salarial, le titre hiérarchique, le prestige public ou la conformité aux attentes d’une figure d’autorité (Vignettes 1 et 11).

3. L’orientation impersonnelle (Impersonal Orientation)

L’orientation impersonnelle reflète la croyance généralisée que les événements de la vie sont gouvernés par la chance, le destin, la fatalité ou des forces incontrôlables, et que ses propres compétences sont chroniquement inadaptées aux exigences de la réalité. Elle traduit un manque profond de sentiment d’efficacité personnelle (Bandura) et s’apparente conceptuellement à l’impuissance acquise ou résignation apprise (Seligman). Les individus présentant des scores élevés sur cette sous-échelle éprouvent une anxiété importante face aux situations nouvelles, perçoivent le monde comme chaotique, s’attendent fréquemment à l’échec et adoptent des stratégies de repli, de passivité ou d’auto-handicap.

Exemple clinique/comportemental : Après avoir reçu une lettre de rejet suite à un entretien d’embauche (Vignette 2), la personne orientée de manière impersonnelle conclura immédiatement qu’elle n’est pas assez compétente ou qu’elle ne vaut rien (« I’m probably not good enough for the job »), ressentant tristesse, impuissance et fatalisme.

6. Cadre théorique

L’Échelle des orientations générales à la causalité s’enracine rigoureusement dans la théorie de l’autodétermination (TAD), développée de manière formelle à partir du milieu des années 1970 par Edward L. Deci et Richard M. Ryan. La TAD est une macro-théorie de la motivation humaine, du développement psychologique et du bien-être reposant sur une métathéorie organiciste et dialectique.

Les mini-théories de la TAD et la théorie des orientations de causalité (COT)

La TAD s’articule autour de six mini-théories formelles interdépendantes :

  1. La théorie de l’évaluation cognitive (Cognitive Evaluation Theory – CET)
  2. La théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory – OIT)
  3. La théorie des besoins psychologiques fondamentaux (Basic Psychological Needs Theory – BPNT)
  4. La théorie des orientations de causalité (Causality Orientations Theory – COT)
  5. La théorie du contenu des buts (Goal Contents Theory – GCT)
  6. La théorie de la motivation relationnelle (Relationships Motivation Theory – RMT)

La GCOS constitue l’opérationnalisation empirique directe de la théorie des orientations de causalité (COT). Tandis que la CET et l’OIT se concentrent sur la façon dont les environnements immédiats soutiennent ou freinent la motivation autonome versus contrôlée à un moment donné, la COT postule que des expositions répétées et prolongées à des environnements soutenant l’autonomie ou axés sur le contrôle finissent par cristalliser des orientations globales au niveau de la personnalité.

Cette approche dialectique conçoit l’être humain comme un organisme actif doté d’une tendance innée vers l’intégration psychologique et l’actualisation de soi. Cependant, cette trajectoire positive n’est pas automatique : elle requiert des nutriments psychologiques essentiels que sont les besoins d’autonomie (se sentir à l’origine de ses choix), de compétence (se sentir efficace dans ses interactions avec le monde) et d’affiliation sociale (se sentir connecté et valorisé par les autres). Lorsque ces besoins sont continuellement nourris au cours du développement ontogénétique, l’individu consolide une forte orientation vers l’autonomie. Lorsque les environnements parentaux ou éducatifs imposent des pressions, des récompenses conditionnelles et des punitions, l’enfant intériorise une orientation vers le contrôle. Enfin, si les contextes développementaux sont marqués par l’incohérence, le rejet ou des exigences écrasantes sans soutien de compétence, une orientation impersonnelle prédomine.

7. Validité

La validité psychométrique de la GCOS a été étayée par un ensemble volumineux d’études empiriques publiées dans les revues majeures de psychologie de la personnalité et sociale depuis l’article princeps de Deci et Ryan (1985).

Validité convergente et de construit

Les investigations initiales de Deci et Ryan (1985) ont examiné les patterns d’association entre les sous-échelles de la GCOS et divers construits psychologiques établis :

  • Orientation vers l’autonomie : Elle corrèle positivement et significativement avec l’estime de soi globale mesurée par l’échelle de Rosenberg (r ≈ 0,35 à 0,45), la conscience de soi réflexive (self-awareness), la tolérance à l’ambiguïté, la créativité (Sheldon, 1995) et le locus de contrôle interne de Rotter. Elle présente des corrélations négatives avec l’auto-dévalorisation et l’anxiété sociale.
  • Orientation vers le contrôle : Elle est positivement corrélée au comportement de Type A (caractérisé par l’urgence temporelle, la compétitivité et l’hostilité), au besoin de clôture cognitive, au matérialisme excessif (Kasser & Ryan, 1993) et au monitoring de soi axé sur l’apparence publique (Zuckerman et al., 1988). Elle ne corrèle pas ou très faiblement avec l’estime de soi globale, mais montre des liens forts avec l’estime de soi contingente.
  • Orientation impersonnelle : Elle est fortement corrélée à l’impuissance acquise, au locus de contrôle externe lié à la chance ou à la fatalité, à l’anxiété-trait (Spielberger), à la dépression de Beck et à la propension à l’ennui (Farmer & Sudberg, 1986). Elle est inversement corrélée à l’estime de soi et au sentiment d’auto-efficacité.

Validité prédictive et écologique

La validité prédictive de la GCOS s’est vérifiée dans de multiples contextes comportementaux :

  • Non-défensivité et gestion des conflits : Knee et Zuckerman (1996, 1998) ont démontré que les personnes présentant une forte orientation d’autonomie manifestent une atténuation ou une disparition du biais d’auto-complaisance (self-serving bias) ; elles acceptent leurs échecs sans chercher de boucs émissaires et recourent moins à l’auto-handicap. De plus, Hodgins et al. (1996) ont prouvé qu’elles adoptent des stratégies de communication plus ouvertes et moins défensives lors d’incidents interpersonnels délicats.
  • Relations intimes et attachement : L’orientation vers l’autonomie prédit des relations amicales et amoureuses caractérisées par une honnêteté accrue, un soutien mutuel et une faible réactivité défensive, invalidant l’idée reçue que l’autonomie s’oppose à la proximité relationnelle (Hodgins, Koestner, & Duncan, 1996).
  • Comportements de santé : Williams et al. (1996) ont observé que les patients engagés dans un protocole d’amaigrissement conservaient une perte de poids significativement supérieure à long terme (23 mois) s’ils présentaient au départ un score élevé sur l’orientation vers l’autonomie.

8. Fidélité

La fidélité de l’instrument a fait l’objet d’évaluations rigoureuses concernant à la fois la cohérence interne des items composant chaque dimension et la stabilité des scores au fil du temps.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude originelle portant sur la version à 12 vignettes (Deci & Ryan, 1985), les coefficients de cohérence interne étaient les suivants :

  • Orientation vers l’autonomie : α = 0,75
  • Orientation vers le contrôle : α = 0,74
  • Orientation impersonnelle : α = 0,74

Avec l’extension de l’échelle à 17 vignettes visant à renforcer la précision de mesure dans les contextes interpersonnels, la consistance interne a été confirmée ou accrue :

  • Sous-échelle Autonomie : coefficients α oscillant généralement entre 0,77 et 0,83 selon les échantillons cliniques et universitaires.
  • Sous-échelle Contrôle : coefficients α variant entre 0,70 et 0,78.
  • Sous-échelle Impersonnelle : coefficients α compris entre 0,76 et 0,84.

Lors de la validation canadienne-française conduite par Robert J. Vallerand et ses collaborateurs (1987), les coefficients alpha obtenus ont confirmé des niveaux adéquats de consistance interne (autonomie = 0,75 ; contrôle = 0,70 ; impersonnelle = 0,72), attestant de l’invariance transculturelle de la structure des scores.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La GCOS a démontré une stabilité temporelle satisfaisante pour des mesures de traits de personnalité dispositionnels :

  • Sur un intervalle de 2 mois (Deci & Ryan, 1985) : les coefficients de fidélité test-retest étaient de r = 0,75 pour l’orientation vers l’autonomie, r = 0,78 pour l’orientation vers le contrôle, et r = 0,74 pour l’orientation impersonnelle (tous significatifs à p < 0,001).
  • Sur des périodes plus longues allant jusqu’à 6 mois et un an (Koestner & Zuckerman, 1994), les corrélations de rang demeurent stables (r > 0,65), confirmant le caractère dispositionnel et structurellement ancré des orientations générales de causalité.

9. Analyse factorielle

La validité structurelle de la GCOS a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée par l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Structure factorielle originale (AFE)

Lors de la conception de l’échelle (Deci & Ryan, 1985), une analyse en composantes principales avec rotation varimax (orthogonale) et oblimin (oblique) a été réalisée sur l’ensemble des réponses aux vignettes. Les résultats ont mis en évidence l’émergence claire de trois facteurs majeurs correspondant exactement aux trois orientations théoriques :

  • Le facteur 1 regroupe les réponses d’autonomie (caractérisées par des saturations factorielles primaires s’échelonnant généralement entre 0,40 et 0,72 sans contaminations croisées notables).
  • Le facteur 2 regroupe les réponses de contrôle (saturations primaires entre 0,38 et 0,68).
  • Le facteur 3 regroupe les réponses impersonnelles (saturations primaires entre 0,42 et 0,75).

L’orthogonalité relative des facteurs a été confirmée par de faibles intercorrélations entre les échelles : l’orientation vers l’autonomie présente des corrélations faibles à non significatives avec l’orientation vers le contrôle (r typiquement compris entre -0,10 et +0,15) et des corrélations faibles à modérément négatives avec l’orientation impersonnelle (r ≈ -0,20 à -0,35). Les orientations de contrôle et impersonnelle sont très faiblement corrélées entre elles (r ≈ 0,10 à 0,25).

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Des modélisations en équations structurelles (SEM) appliquées à la version à 17 vignettes ont comparé des modèles à un facteur, à deux facteurs et à trois facteurs orthogonaux/obliques. Le modèle à trois facteurs intercorrélés distincts fournit systématiquement le meilleur ajustement aux données empiriques, satisfaisant aux critères conventionnels de fit psychométrique :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) > 0,90 à 0,93
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,05 à 0,06 (intervalle de confiance à 90 % respecté)
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,06

Ces données confirment que la méthode des vignettes, bien que pouvant introduire de la variance liée à la méthode en raison de contextes situationnels partagés, préserve une intégrité dimensionnelle satisfaisante pour chacune des trois sous-échelles.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation basé sur des vignettes situationnelles (mise en situation contextualisée).
  • Population cible : Adultes et jeunes adultes (étudiants de l’enseignement supérieur, populations cliniques, salariés en entreprise).
  • Nombre de situations (vignettes) : 17 vignettes décrivant des événements variés (travail, université, relations amicales et familiales).
  • Nombre total d’items évalués : 51 items (3 énoncés distincts par vignette, correspondant chacun à l’une des trois orientations).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points : de 1 (« very unlikely » / très peu probable) à 7 (« very likely » / très probable).
  • Procédure de cotation :
    • Chaque vignette propose trois réponses associées respectivement à l’orientation vers l’autonomie, l’orientation vers le contrôle ou l’orientation impersonnelle.
    • Le score pour chaque sous-échelle est obtenu en calculant la somme ou la moyenne arithmétique des notes attribuées aux items correspondants :
    • Score d’autonomie : Moyenne des 17 items d’autonomie (valeur entre 1 et 7).
    • Score de contrôle : Moyenne des 17 items de contrôle (valeur entre 1 et 7).
    • Score impersonnel : Moyenne des 17 items impersonnels (valeur entre 1 et 7).
    • Indice d’autonomie relative (RAI) / Optionnel : Certains auteurs calculent un score global d’autonomie relative en combinant les scores pondérés, bien que l’analyse des profils tridimensionnels indépendants demeure la procédure recommandée par Deci et Ryan.
  • Temps de passation : Environ 15 à 25 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1985 (version 12 vignettes) ; révisée et étendue ultérieurement à 17 vignettes pour affiner la validité de contenu.
  • Droits d’auteur et permissions : Les instruments de la théorie de l’autodétermination sont mis à la disposition de la communauté scientifique internationale à des fins de recherche académique et d’enseignement non commercial sans frais d’acquisition de licence.
  • Accès au matériel : Le questionnaire complet ainsi que les guides de cotation sont téléchargeables librement sur le site officiel de la communauté de recherche sur l’autodétermination : selfdeterminationtheory.org.
  • Adaptation francophone : Disponible pour la communauté universitaire auprès du professeur Robert J. Vallerand (Université du Québec à Montréal).
  • Utilisation commerciale : Toute exploitation commerciale, intégration dans des plateformes payantes d’évaluation des ressources humaines ou applications de coaching nécessite l’accord explicite préalable des ayants droit.

12. Références

Les publications fondatrices et études empiriques majeures associées à la validation et à l’usage de la GCOS sont présentées ci-dessous en style APA (7e édition) :

  • Amabile, T. M., Hill, K. G., Hennessey, B. A., & Tighe, E. M. (1994). The Work Preference Inventory: Assessing intrinsic and extrinsic motivational orientations. Journal of Personality and Social Psychology, 66(5), 950–967. https://doi.org/10.1037/0022-3514.66.5.950
  • Anderson, S., Nero, F., Rodin, J., Diamond, M., & al. (1989). Coping patterns of in vitro fertilization nurse coordinators: Strategies for combating low outcome effectance. Psychology and Health, 3(3), 221–232. https://doi.org/10.1080/08870448908400381
  • Black, A. E., & Deci, E. L. (2000). The effects of instructors’ autonomy support and students’ autonomous motivation on learning organic chemistry: A self-determination theory perspective. Science Education, 84(6), 740–756. https://doi.org/10.1002/1098-237X(200011)84:6<740::AID-SCE4>3.0.CO;2-3
  • Blustein, D. L. (1988). The relation between motivational processes and career exploration. Journal of Vocational Behavior, 32(3), 345–357. https://doi.org/10.1016/0001-8791(88)90026-6
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). The general causality orientations scale: Self-determination in personality. Journal of Research in Personality, 19(2), 109–134. https://doi.org/10.1016/0092-6566(85)90023-6
  • Farmer, R., & Sudberg, N. D. (1986). Boredom proneness: The development and correlates of a new scale. Journal of Personality Assessment, 50(1), 4–17. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5001_2
  • Hodgins, H. S., Koestner, R., & Duncan, N. (1996). On the compatibility of autonomy and relatedness. Personality and Social Psychology Bulletin, 22(3), 227–237. https://doi.org/10.1177/0146167296223001
  • Hodgins, H. S., Liebeskind, E., & Schwartz, W. (1996). Getting out of hot water: Facework in social predicaments. Journal of Personality and Social Psychology, 71(2), 300–314. https://doi.org/10.1037/0022-3514.71.2.300
  • Kasser, T., & Ryan, R. M. (1993). A dark side of the American dream: Correlates of financial success as a central life aspiration. Journal of Personality and Social Psychology, 65(2), 410–422. https://doi.org/10.1037/0022-3514.65.2.410
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  • Knee, C. R., & Zuckerman, M. (1998). A nondefensive personality: Autonomy and control as moderators of defensive coping and self-handicapping. Journal of Research in Personality, 32(2), 115–130. https://doi.org/10.1006/jrpe.1997.2207
  • Koestner, R., Bernieri, F., & Zuckerman, M. (1992). Self-regulation and consistency between attitudes, traits, and behaviors. Personality and Social Psychology Bulletin, 18(1), 52–59. https://doi.org/10.1177/0146167292181008
  • Koestner, R., & Losier, G. F. (1996). Distinguishing reactive versus reflective autonomy. Journal of Personality, 64(2), 465–494. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1996.tb00518.x
  • Koestner, R., & Zuckerman, M. (1994). Causality orientations, failure, and achievement. Journal of Personality, 62(3), 321–346. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1994.tb00299.x
  • Scherhorn, G., Reisch, L. A., & Raab, G. (1990). Addictive buying in West Germany: An empirical study. Journal of Consumer Policy, 13(4), 355–387. https://doi.org/10.1007/BF00412336
  • Sheldon, K. M., & Kasser, T. (1995). Coherence and congruence: Two aspects of personality integration. Journal of Personality and Social Psychology, 68(3), 531–543. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.3.531
  • Sheldon, K. M. (1995). Creativity and self-determination in personality. Creativity Research Journal, 8(1), 61–72. https://doi.org/10.1207/s15326934crj0801_6
  • Strauss, J., & Ryan, R. M. (1987). Autonomy disturbances in subtypes of anorexia nervosa. Journal of Abnormal Psychology, 96(3), 254–258. https://doi.org/10.1037/0021-843X.96.3.254
  • Vallerand, R. J., Blais, M. R., Lacouture, Y., & Deci, E. L. (1987). L’échelle des orientations générales à la causalité: Validation canadienne-française du General Causality Orientations Scale. Canadian Journal of Behavioural Science / Revue canadienne des sciences du comportement, 19(1), 1–15. https://doi.org/10.1037/h0079975
  • Williams, G. C., & Deci, E. L. (1996). Internalization of biopsychosocial values by medical students: A test of self-determination theory. Journal of Personality and Social Psychology, 70(4), 767–779. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.4.767
  • Williams, G. C., Grow, V. M., Freedman, Z., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (1996). Motivational predictors of weight loss and weight-loss maintenance. Journal of Personality and Social Psychology, 70(1), 115–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.1.115
  • Wong, M. M. (2000). The relations among causality orientations, academic experience, academic performance, and academic commitment. Personality and Social Psychology Bulletin, 26(3), 315–326. https://doi.org/10.1177/0146167200265005
  • Zuckerman, M., Gioioso, C., & Tellini, S. (1988). Control orientation, self-monitoring, and preference for image versus quality approach to advertising. Journal of Research in Personality, 22(1), 89–100. https://doi.org/10.1016/0092-6566(88)90029-3

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

You have been offered a new position in a company where you have worked for some time. The first question that is likely to come to mind is:
2

You had a job interview several weeks ago. In the mail you received a form letter which states that the position has been filled. It is likely that you might think:
3

You are a plant supervisor and have been ch‎arged with the task of allotting coffee breaks to three workers who cannot all break at once. You would likely handle this by:
4

You have just received the results of a test you took‚ and you discovered that you did very poorly. Your initial reaction is likely to be:
5

When you and your friend are making plans for Saturday evening‚ it is likely that you would:
6

You have been invited to a large party where you know very few people. As you look forward to the evening‚ you would likely expect that:
7

You are asked to plan a picnic for yourself and your fellow employees. Your style for approaching this project could most likely be ch‎aracterized as:
8

Recently a position opened up at your place of work that could have meant a promotion for you. However‚ a person you work with was offered the job rather than you. In evaluating the situation‚ you're likely to think:
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A woman who works for you has generally done an adequate job. However‚ for the past two weeks her work has not been up to par and she appears to be less actively interested in her work. Your reaction is likely to be:
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Your company has promoted you to a position in a city far from your present location. As you think about the move you would probably:
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Within your circle of friends‚ the one with whom you choose to spend the most time is:
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You have a school-age daughter. On parents' night the teacher tells you that your daughter is doing poorly and doesn't seem involved in the work. You are likely to:
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Your friend has a habit that annoys you to the point of making you angry. It is likely that you would:
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A close (same-sex) friend of yours has been moody lately‚ and a couple of times has become very angry with you over "nothing." You might:
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Your friend’s younger sister is a freshman in college. Your friend tells you that she has been doing badly and asks you what he (she) should do about it. You advise him (her) to:
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You feel that your friend is being inconsiderate. You would probably:
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle des orientations générales à la causalité (GCOS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-orientations-generales-a-la-causalite-gcos/
Looti, Mohammed. “Échelle des orientations générales à la causalité (GCOS).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-orientations-generales-a-la-causalite-gcos/.
Looti, Mohammed. “Échelle des orientations générales à la causalité (GCOS).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-orientations-generales-a-la-causalite-gcos/.