1. Résumé / Abstract
L’Échelle des modes d’ajustement religieux (Ways of Religious Coping Scale, ou WORCS), initialement élaborée et validée par Boudreaux, Catz, Ryan et Amaral-Melendez en 1995, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la nature, la fréquence et les modalités des stratégies d’adaptation (ou coping) à dimension religieuse et spirituelle mobilisées par les individus face à des situations génératrices de stress aigu ou chronique. S’inscrivant dans le prolongement conceptuel du modèle transactionnel du stress développé par Lazarus et Folkman, le WORCS a été spécifiquement structuré pour pallier les insuffisances des échelles de coping génériques, qui sous-estimaient ou agrégeaient excessivement les composantes spirituelles sous un item unique ou marginal.
Composée de 40 items, l’échelle évalue les comportements et les processus cognitifs religieux selon une cotation de type Likert à 5 points s’étendant de 0 (« Pas du tout / Ne s’applique pas ») à 4 (« Toujours »). L’instrument se déploie principalement autour de deux dimensions factorielles distinctes : l’ajustement religieux interne/privé (Internal/Private Religious Coping), qui renvoie aux pratiques spirituelles intériorisées, à la prière personnelle, au sentiment d’alignement avec le divin et à la quête de sens existentiel ; et l’ajustement religieux externe/social (External/Social Religious Coping), qui englobe le recours au soutien communautaire confessionnel, l’implication dans les activités cléricales, la consultation des ministres du culte et les comportements altruistes orientés vers l’institution religieuse.
Sur le plan des propriétés psychométriques, les études de validation originelles et subséquentes mettent en évidence une consistance interne robuste, marquée par des coefficients alpha de Cronbach dépassant systématiquement 0,85 pour l’échelle globale et oscillant entre 0,82 et 0,92 pour les sous-échelles respectives. La validité convergente et la validité discriminante sont attestées par des corrélations significatives avec des mesures standardisées de religiosité intrinsèque, de bien-être subjectif, de détresse psychologique et d’échelles de coping généralistes. L’instrument s’est avéré particulièrement utile dans les contextes de psychologie de la santé, de psycho-oncologie, de gérontologie et de psychothérapie clinique pour explorer les mécanismes par lesquels la spiritualité opère en tant que ressource modératrice ou médiatrice face à l’adversité.
2. Mots-clés / Keywords
Ajustement religieux, Coping spirituel, Psychométrie, Modèle transactionnel du stress, Soutien social religieux, Prière, Santé mentale, Évaluation psychologique, Validité factorielle, Fidélité psychométrique, Psychologie de la religion, Psychologie de la santé.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs en psychologie clinique et comportementale :
- Edwin D. Boudreaux, Ph.D. : Professeur au sein des départements de médecine d’urgence, de psychiatrie et de sciences quantitatives de la santé à la University of Massachusetts Chan Medical School (Worcester, MA, États-Unis). Spécialiste de l’évaluation comportementale, de la santé mentale en soins d’urgence et des stratégies de changement de comportement. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Sheryl L. Catz, Ph.D. : Professeure à la Betty Irene Moore School of Nursing, University of California, Davis (Sacramento, CA, États-Unis). Experte en psychologie de la santé, adhésion thérapeutique et adaptation face aux maladies chroniques. Courriel institutionnel :
[email protected]. - L. Ryan, Ph.D. : Chercheur associé en psychologie clinique, contributeur aux premières recherches psychométriques sur les échelles d’ajustement comportemental à la Louisiana State University.
- M. Amaral-Melendez, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée aux travaux portant sur les dimensions psychosociales et religieuses de la gestion du stress à la Louisiana State University.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Ways of Religious Coping Scale (WORCS) est de fournir une évaluation multidimensionnelle, systématique et standardisée des méthodes spécifiques par lesquelles les individus mobilisent leurs croyances, leurs rituels, leurs représentations théologiques et leurs réseaux sociaux religieux pour faire face aux événements de vie stressants, traumatiques ou déstabilisants. Face à une crise existentielle, à la maladie physique grave, au deuil ou à des conflits professionnels et interpersonnels majeurs, la religion ne constitue pas simplement un trait de personnalité statique ou une simple appartenance démographique, mais s’exprime comme un processus dynamique et transactionnel d’adaptation cognitive et comportementale.
Historiquement, les échelles psychologiques dominantes du coping, telles que la Ways of Coping Checklist (WCCL) de Lazarus et Folkman ou le COPE Inventory de Carver, Scheier et Weintraub, ne comportaient qu’un nombre dérisoire d’items consacrés à la religion (souvent limités à un item unique tel que « J’ai prié ou médité »). Cette approche réductrice empêchait d’analyser la complexité des stratégies religieuses, échouant à discriminer les démarches d’introspection spirituelle des démarches de recherche d’assistance auprès de la communauté cléricale. Le WORCS a été précisément conçu pour pallier cette lacune en opérationnalisant la pluralité des réponses adaptatives théistes et ecclésiales.
Dans le domaine de la recherche empirique, le WORCS permet d’étudier de manière granulaire les liens entre le coping religieux et un large spectre d’indicateurs de santé somatique et psychologique. Il permet notamment d’examiner le rôle protecteur de la foi face à la dépression, à l’anxiété, au syndrome d’épuisement professionnel ou à la douleur chronique. Les chercheurs peuvent quantifier la part respective des mécanismes intrapsychiques (la recherche de sens divin, la confession, l’abandon confiant à la volonté divine) et des mécanismes relationnels (le soutien émotionnel des coreligionnaires, l’écoute d’un conseiller spirituel) dans la régulation émotionnelle globale de l’individu.
Sur le plan des applications cliniques, le WORCS offre aux psychologues, psychiatres, aumôniers hospitaliers et conseillers pastoraux un cadre diagnostique précis pour identifier les ressources religieuses fonctionnelles d’un patient. L’inventaire permet de repérer si un individu s’appuie spontanément sur des mécanismes intérieurs de consolidation du sens ou s’il s’inscrit préférentiellement dans une dynamique de soutien ecclésial communautaire. De surcroît, la présence d’items inversés explorant la rupture ou l’abandon des pratiques (ex. cesser de prier, éviter les services religieux) permet de détecter des signaux de lutte spirituelle (spiritual struggle) ou de détresse morale, susceptibles d’aggraver la décompensation psychologique s’ils ne sont pas pris en compte dans le plan d’intervention thérapeutique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le WORCS est le coping religieux, défini comme le recours actif ou cognitif à des croyances, des rituels et des ressources confessionnelles pour gérer les exigences internes ou externes créées par une situation évaluée comme menaçante, dommageable ou constitutive d’un défi psychologique. L’analyse structurale du WORCS dégage deux grands modes complémentaires d’expression de ce construit :
1. Ajustement religieux interne / privé (Internal/Private Religious Coping)
Cette dimension regroupe les stratégies qui s’opèrent au niveau intrapsychique et dans la relation directe, personnelle et intime établie entre l’individu et l’entité divine ou transcendante. Elle comprend des items clés tels que les items 1, 5, 12, 14, 15, 16, 24, 28, 31 à 35, 37 et 38. Ce mode de coping met en jeu :
- La communication directe avec le divin par la prière et la confession : L’individu s’adresse à Dieu pour implorer sa force (item 14 : « I pray for strength »), solliciter de l’aide (item 35 : « I pray for help ») ou confesser ses fautes (item 5 : « I confess to God ») dans une perspective de décharge émotionnelle et de réconciliation morale.
- La collaboration et l’abandon confiant (Religious Surrender & Collaboration) : Le sujet perçoit la résolution du problème comme un partenariat actif avec Dieu (item 37 : « I work with God to solve problems ») ou opère une délégation cognitive de l’angoisse en remettant ses difficultés entre les mains divines (item 13 : « I put my problems in God’s hands »).
- L’attachement affectif et la recherche de sérénité : La représentation d’une divinité bienveillante et accessible, comparable à une figure d’attachement sécurisante (item 28 : « I think about Jesus as my friend »), procure un apaisement psychologique direct (item 38 : « I find peace sharing problems with God »).
- La réévaluation cognitive positive et la gratitude : La restructuration du sens attribué à l’épreuve à travers la reconnaissance des bienfaits reçus (item 16 : « I count my blessings ») et l’alignement des choix de vie sur les principes spirituels (item 31 : « I base life decisions on my religious beliefs »).
2. Ajustement religieux externe / social (External/Social Religious Coping)
Cette seconde dimension opérationnalise la composante comportementale, communautaire et institutionnelle de la foi. Elle correspond à l’ancrage social de la religion et englobe les items 7, 8, 17, 20, 25, 26, 29, 30, 36 et 40. Elle comprend notamment :
- La recherche de soutien social auprès des pairs : L’individu sollicite l’aide morale, matérielle ou affective des membres de sa communauté religieuse (item 7 : « I get support from church members » ; item 15 : « I talk to church members ») et demande l’intercession d’autrui (item 33 : « I ask someone to pray for me »).
- L’accompagnement pastoral et institutionnel : Le recours direct à l’autorité spirituelle ou cléricale (pasteur, prêtre, ministre) pour obtenir des conseils ou une aide structurée face à la crise (item 8 : « I talk to church leaders » ; item 17 : « I talk to my minister/preacher » ; item 36 : « I go to a religious counselor »).
- L’engagement comportemental et le don de soi : Le maintien d’un rôle actif au sein du groupe par la participation aux activités d’église (item 29 : « I get involved with church activities »), le bénévolat (item 25 : « I donate time to a religious cause ») et le soutien financier (item 30 : « I give money to a religious organization »), permettant de restaurer un sentiment d’utilité sociale et d’appartenance collective.
- Les rituels liturgiques formels : La récitation de textes sacrés prescrits ou la participation à des rites structurés (item 40 : « I recite a psalm »), favorisant la régulation émotionnelle par la ritualisation collective.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le soubassement théorique du WORCS repose à la confluence de la théorie transactionnelle et cognitive du stress de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984) et de la psychologie de la religion telle que conceptualisée par des auteurs pionniers comme Gordon Allport, Kenneth Pargament et Raymond Paloutzian.
Le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman
Selon l’approche transactionnelle (Transactional Model of Stress and Coping), le stress ne réside ni exclusivement dans l’environnement ni uniquement dans l’organisme, mais dans la transaction dynamique entre la personne et son environnement. Cette transaction passe par deux phases d’évaluation cognitive :
- L’évaluation primaire (Primary Appraisal) : L’individu détermine si l’événement constitue une menace, une perte ou un défi pour son intégrité physique ou psychologique. Les croyances religieuses influencent profondément cette phase en fournissant un système de signification globale (par exemple, interpréter une maladie comme une épreuve divine rédemptrice plutôt que comme une injustice aveugle, cf. item 9 : « I look for a lesson from God in the situation »).
- L’évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : L’individu évalue les ressources dont il dispose pour affronter la situation. Ici, les compétences religieuses privées (prière, récitation de psaumes) et les ressources sociales de l’église fournissent des leviers d’action supplémentaires, augmentant le sentiment perçu d’auto-efficacité.
Le WORCS traduit opérationnellement cette théorie en quantifiant les stratégies orientées vers le problème (ex. collaborer avec Dieu pour résoudre une difficulté) et les stratégies orientées vers la régulation émotionnelle (ex. trouver la paix intérieure dans un lieu de culte ou auprès de Jésus).
La psychologie du coping religieux de Kenneth Pargament
Les travaux de Kenneth Pargament (1997) ont largement mis en évidence que la religion offre un schéma intégrateur unique pour la conservation et la transformation de la signification existentielle. Pargament a distingué trois grands styles de résolution de problèmes religieux : l’ajustement auto-directif (l’individu agit sans Dieu), l’ajustement par délégation ou renoncement (l’individu attend passivement que Dieu résolve la crise) et l’ajustement collaboratif (l’individu et Dieu agissent de concert). Le WORCS capture précisément ces nuances, en incluant des items de collaboration (item 37), des items d’abandon confiant (item 13) et des items inversés mesurant l’évitement de l’aide divine (item 23 : « I solve problems without God’s help »).
La théorie de la motivation religieuse d’Allport et Ross
Le modèle sous-tendant la distinction entre coping interne et externe fait également écho aux travaux séminaux de Gordon Allport et J.M. Ross (1967) sur la religiosité intrinsèque et extrinsèque. Le coping interne/privé s’aligne étroitement sur la religiosité intrinsèque, où la foi est vécue comme une fin en soi, une force directrice et structurante intégrée au soi. À l’inverse, le coping externe/social partage des traits avec la religiosité extrinsèque et relationnelle, mobilisant l’institution, le groupe de pairs et les ressources cléricales comme médiateurs du soutien social et de l’intégration communautaire.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de la Ways of Religious Coping Scale a fait l’objet d’investigations approfondies démontrant des niveaux élevés de validité de construit, convergente et discriminante au sein d’échantillons diversifiés d’étudiants, de populations cliniques et d’adultes confrontés à des événements de vie stressants.
Validité de construit
La validité de construit a été documentée lors de l’étude princeps de Boudreaux et al. (1995). L’analyse a démontré que les items du WORCS formaient des regroupements cohérents capables de distinguer les réponses spirituelles individualisées des réponses axées sur les réseaux communautaires. Les corrélations entre les deux sous-échelles (interne et externe) sont modérées à élevées (souvent comprises entre r = 0,55 et r = 0,72), ce qui confirme qu’elles mesurent deux facettes complémentaires d’un macro-construit de coping religieux sans pour autant tomber dans une redondance conceptuelle complète.
Validité convergente
La validité convergente du WORCS a été confirmée par l’examen de ses associations avec d’autres échelles psychométriques reconnues :
- Corrélation avec la religiosité intrinsèque/extrinsèque : Les scores au WORCS interne présentent de très fortes corrélations positives avec l’échelle de religiosité intrinsèque (Intrinsic Religious Orientation Scale d’Allport & Ross), avec des valeurs de r oscillant entre 0,68 et 0,81 (p < 0,001). Le WORCS externe corrèle plus spécifiquement avec les dimensions extrinsèques et les indices de fréquence de participation aux offices religieux.
- Corrélation avec les sous-échelles de coping général : Lorsqu’il est mis en relation avec le COPE Inventory (Carver et al.), le WORCS présente une corrélation extrêmement robuste avec la sous-échelle « Recours à la religion » (r > 0,75), tout en montrant des corrélations modérées et positives avec les stratégies d’adaptation centrées sur la recherche de soutien social émotionnel et instrumental (r allant de 0,32 à 0,46 pour la sous-échelle externe).
- Corrélation avec le bien-être psychologique : Le coping interne est généralement associé de manière positive à la satisfaction de vie, au sentiment d’espoir et à l’auto-efficacité générale dans les moments d’épreuve.
Validité discriminante
Le WORCS démontre une excellente validité discriminante vis-à-vis des construits de personnalité générale et des psychopathologies :
- Les corrélations avec les traits de personnalité du modèle des Big Five (notamment le névrosisme et l’extraversion) demeurent faibles (r < 0,20), prouvant que le WORCS ne se contente pas de mesurer une tendance générale à la détresse affective ou à la sociabilité.
- Les items inversés (items 6, 19, 23, 39 mesurant le désengagement de la prière, des offices ou l’évitement de l’aide divine) corrèlent de façon négative avec l’échelle globale, tout en montrant des associations positives distinctives avec les indicateurs de lutte spirituelle (spiritual struggle) ou de remise en question de la foi lors de traumatismes sévères.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle des modes d’ajustement religieux a été rigoureusement documentée au moyen d’analyses de la consistance interne et de procédures test-retest lors de son développement et dans des études ultérieures (par ex. Kulkarni, 2012).
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Les estimations de cohérence interne du WORCS atteignent des niveaux remarquables, dépassant largement les seuils psychométriques conventionnels fixés par Nunnally (0,70 pour la recherche, 0,80 pour l’application clinique) :
- Échelle globale (40 items) : Les coefficients alpha de Cronbach (α) se situent de manière consistante entre 0,92 et 0,96, attestant d’une excellente homogénéité globale des items composant l’instrument.
- Sous-échelle Interne / Privé : Les analyses révèlent des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,89 et 0,94 selon les échantillons étudiés, démontrant une très grande consistance des énoncés mesurant la prière, la confession et l’alliance avec Dieu.
- Sous-échelle Externe / Social : La consistance interne est également solide, avec des valeurs d’alpha oscillant entre 0,83 et 0,89, reflétant la fiabilité des items relatifs à l’engagement ecclésial et au dialogue avec les pasteurs/prêtres.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Les évaluations de la stabilité temporelle sur des intervalles de deux à quatre semaines mettent en évidence des coefficients de corrélation intraclasse ou de Pearson s’échelonnant de r = 0,78 à r = 0,86 pour les deux dimensions, confirmant que le coping religieux, tout en étant sensible aux fluctuations contextuelles du stress, repose sur des dispositions comportementales relativement stables chez les personnes croyantes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle du WORCS a été initialement explorée par Boudreaux, Catz, Ryan et Amaral-Melendez (1995) par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant des méthodes d’extraction en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin direct), en raison de l’interdépendance conceptuelle naturelle entre pratiques religieuses privées et sociales.
Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
L’analyse initiale a mis en évidence l’émergence de deux facteurs prépondérants expliquant une proportion substantielle de la variance totale (dépassant généralement 45 % de la variance expliquée) :
- Facteur 1 : Coping interne/privé (Internal/Private Religious Coping). Ce facteur regroupe les items liés à la prière introspective, à la reliance émotionnelle avec Dieu et à l’usage des textes sacrés comme guide intime. Les saturations factorielles de ces items sont particulièrement élevées, s’échelonnant majoritairement entre 0,52 et 0,83 (par exemple, pour l’item 1 « I say prayers », l’item 14 « I pray for strength », et l’item 38 « I find peace sharing problems with God »).
- Facteur 2 : Coping externe/social (External/Social Religious Coping). Ce facteur agrège les items reflétant l’interaction avec le clergé, l’assistance aux groupes paroissiaux et le don de ressources. Les saturations factorielles s’étendent de 0,48 à 0,79 (notamment pour l’item 7 « I get support from church members », l’item 8 « I talk to church leaders », et l’item 29 « I get involved with church activities »).
Validations confirmatoires (AFC) et statut des items résiduels
Dans des travaux subséquents de validation croisée et d’analyses factorielles confirmatoires (notamment examinés dans la thèse de Monique Shah Kulkarni, 2012, lors du développement du modèle ABC), la solution bifactorielle a montré une adéquation globale satisfaisante aux données empiriques après modélisation des résidus d’items fortement connexes (CFI > 0,90, RMSEA < 0,06). Les items inversés (tels que les items 6, 19, 23 et 39) présentent des saturations négatives sur leurs facteurs respectifs ou constituent parfois un facteur mineur résiduel lié aux biais de méthode (method effect induit par la formulation négative), ce qui justifie leur recodage systématique lors de la sommation des scores.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Nombre d’items : 40 items au total.
- Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert à 5 points cotée de 0 à 4 :
- 0 = Pas du tout / Ne s’applique pas (not at all / does not apply)
- 1 = Parfois (sometimes)
- 2 = Souvent (often)
- 3 = Très souvent (very often)
- 4 = Toujours (always)
- Items inversés (Recodage obligatoire) : Quatre items sont rédigés sous une forme négative et doivent être inversés avant tout calcul de score global ou dimensionnel (0 devient 4, 1 devient 3, 2 reste 2, 3 devient 1, 4 devient 0) :
- Item 6 : « I do not pray. » (R)
- Item 19 : « I stop going to religious services. » (R)
- Item 23 : « I solve problems without God’s help. » (R)
- Item 39 : « I stop reading Scripture. » (R)
- Cotation et sous-échelles :
- Ajustement interne / privé (Internal/Private Religious Coping) : Somme des items 1, 5, 12, 14, 15, 16, 24, 28, 31, 32, 33, 34, 35, 37 et 38 (score compris entre 0 et 60 pour ce noyau d’items spécifiques).
- Ajustement externe / social (External/Social Religious Coping) : Somme des items 7, 8, 17, 20, 25, 26, 29, 30, 36 et 40 (score compris entre 0 et 40).
- Score total de coping religieux : Somme de l’ensemble des 40 items (après inversion des items 6, 19, 23 et 39), s’échelonnant théoriquement de 0 à 160. Un score plus élevé indique une utilisation plus fréquente et intense des stratégies de coping religieux face aux difficultés.
- Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1995 (Boudreaux, Catz, Ryan, & Amaral-Melendez, Assessment).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits d’auteur initiaux de l’article de validation sont détenus par SAGE Publications. Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à disposition dans le domaine de la recherche scientifique et académique par ses auteurs.
- Tarification / Coût : Gratuit pour une utilisation clinique non commerciale, pédagogique ou dans le cadre de recherches académiques universitaires (open access for academic research).
- Conditions d’utilisation : Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et administrer l’échelle sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Boudreaux et al., 1995). Pour toute intégration dans des protocoles industriels ou commerciaux, une autorisation auprès des titulaires de droits peut être requise.
12. Références / References
- Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
- Boudreaux, E., Catz, S., Ryan, L., & Amaral-Melendez, M. (1995). The Ways of Religious Coping Scale: Reliability, validity, and scale development. Assessment, 2(3), 233–244. https://doi.org/10.1177/1073191195002003004
- Carver, C. S., Scheier, M. F., & Weintraub, J. K. (1989). Assessing coping strategies: A theoretically based approach. Journal of Personality and Social Psychology, 56(2), 267–283. https://doi.org/10.1037/0022-3514.56.2.267
- Kulkarni, M. S. (2012). Initial Development and Validation of the Assessment of Beliefs and Behaviors in Coping (ABC) (Doctoral dissertation, The University of Texas at Austin). Repositories at UT Austin. http://repositories.lib.utexas.edu/handle/2152/ETD-UT-2012-08-6020
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Pargament, K. I. (1997). The psychology of religion and coping: Theory, research, practice. Guilford Press.
- Pargament, K. I., Koenig, H. G., & Perez, L. M. (2000). The many methods of religious coping: Development and initial validation of the RCOPE. Journal of Clinical Psychology, 56(4), 519–543.