1. Résumé
L’Échelle des microagressions homonégatives (Homonegative Microaggressions Scale, HMS), élaborée par A. J. Wright et Ryan Travis Wegner (2012), constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour quantifier la fréquence et l’impact des manifestations subtiles, insidieuses et souvent inconscientes de discrimination envers les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles (LGB). Contrairement aux manifestations manifestes d’homophobie ou d’hétérosexime institutionnel, les microagressions homonégatives se caractérisent par des dénigrements verbaux, comportementaux ou environnementaux quotidiens, conscients ou inconscients, qui communiquent des messages hostiles, dérogatoires ou négatifs envers les minorités sexuelles. L’instrument comprend 45 items évaluant les expériences vécues au cours des six derniers mois, notés sur une échelle de fréquence allant de 1 (« Presque jamais / jamais / pas du tout ») à 5 (« Constamment / énormément »), assortie d’une option 6 (« Non applicable »).
Les investigations psychométriques initiales et de réplication ont mis en évidence une structure multidimensionnelle robuste, articulée autour de quatre facteurs principaux : la Déviance présumée (Assumed Deviance), le statut de Citoyen de seconde zone (Second-Class Citizen), les Connaissances et comportements stéréotypés (Stereotypical Knowledge and Behavior) et les Présomptions relatives à la culture gay (Assumptions of Gay Culture). La cohérence interne de l’échelle globale est particulièrement élevée, atteignant un coefficient alpha de Cronbach de 0,95, tandis que les sous-échelles présentent des indices de consistance oscillant entre 0,82 et 0,85. La validité de construit et la validité convergente ont été établies par des associations significatives avec la détresse psychologique, l’estime de soi, le stress minoritaire et les symptômes d’anxiété et de dépression. La HMS s’impose ainsi comme un outil de référence tant pour la recherche fondamentale en psychologie des minorités que pour l’évaluation clinique et l’intervention communautaire.
2. Mots-clés
Microagressions homonégatives, Homophobie subtile, Minorités sexuelles, Hétérosexisme, Évaluation psychométrique, Stress des minorités, Santé mentale LGB, Psychologie clinique, Échelle HMS, Déviance présumée
3. Auteurs
L’échelle a été développée et validée par :
- A. J. Wright, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie différentielle et psychométrie, affilié à la Steinhardt School of Culture, Education, and Human Development de l’Université de New York (New York University, NYU), New York, États-Unis. Ses travaux portent principalement sur l’évaluation psychologique, les biais cognitifs dans l’évaluation clinique et les expériences des populations marginalisées.
- Ryan Travis Wegner, Ph.D. : Chercheur en psychologie du conseil et psychologie clinique, ayant complété ses recherches doctorales au Teachers College de l’Université Columbia (Columbia University, New York, NY). Ses recherches sont axées sur le développement de l’identité chez les individus LGB, l’impact du stigmate intériorisé et les répercussions des microagressions contemporaines sur le bien-être subjectif et l’estime de soi. Contact institutionnel historique : Department of Counseling and Clinical Psychology, Teachers College, Columbia University.
4. Objectif et pertinence clinique
L’objectif fondamental de l’Échelle des microagressions homonégatives (HMS) est de combler un vide méthodologique majeur dans la littérature consacrée à l’oppression subie par les minorités sexuelles. Historiquement, les outils d’évaluation de la victimisation homophobe se sont focalisés sur les violences explicites, telles que les agressions physiques, les insultes directes flagrantes, le harcèlement manifeste ou les discriminations légales et professionnelles formalisées. Bien que ces violences directes persistent, l’évolution socioculturelle des sociétés occidentales a entraîné une mutation des formes d’oppression, laissant place à un hétérosexisme moderne, subtil, souvent perçu comme bénin par ses auteurs, mais psychologiquement toxique pour les victimes.
La HMS a été conçue pour capturer la chronicité, la multiplicité et la nature insidieuse de ces micro-événements. En évaluant la temporalité récente (les six derniers mois), l’instrument minimise le biais de rappel rétrospectif tout en fournissant une mesure précise de l’exposition actuelle du sujet aux stresseurs environnementaux. Sur le plan clinique, la HMS offre aux thérapeutes et aux conseillers d’orientation un cadre structuré pour explorer les micro-traumatismes cumulatifs qui érodent progressivement l’estime de soi des consultants LGB. L’exposition répétée à des commentaires invalidants ou à des présomptions stéréotypées génère un état d’hypervigilance chronique et contribue à l’intériorisation de l’homophobie. Dans un cadre thérapeutique, l’utilisation de la HMS permet de nommer et de légitimer des expériences souvent minimisées par l’entourage hétéronormatif (« C’était juste une blague », « Tu es trop sensible »), favorisant ainsi le désamorçage de la culpabilité et le développement de stratégies de coping adaptatives.
Dans le domaine de la recherche, la HMS permet de modéliser avec finesse les trajectoires de santé mentale des minorités sexuelles. Elle s’inscrit au cœur des modèles prédictifs liant l’oppression sociétale à la symptomatologie dépressive, à l’abus de substances, aux idéations suicidaires et aux difficultés interpersonnelles. Elle sert également d’indicateur objectif pour évaluer le climat institutionnel au sein des universités, des milieux de travail et des structures de soins, fournissant des données probantes pour l’élaboration de programmes de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion.
5. Construit psychologique
L’Échelle des microagressions homonégatives conceptualise les microagressions non pas comme des événements isolés, mais comme un construit multidimensionnel articulé autour de mécanismes d’altérisation et d’invalidation symbolique. L’analyse psychométrique menée par Wright et Wegner a permis d’isoler quatre sous-dimensions empiriquement distinctes et théoriquement cohérentes :
1. Déviance présumée (Assumed Deviance)
Cette dimension regroupe les microagressions qui associent explicitement ou implicitement l’homosexualité à une pathologie, une perversion morale ou une menace pour l’ordre social et la sécurité d’autrui. Les individus sont renvoyés à des stéréotypes infamants liant l’orientation homosexuelle à la pédophilie, à l’hypersexualité compulsive, à la transmission inévitable d’infections sexuellement transmissibles (notamment le VIH/sida) ou à une instabilité émotionnelle intrinsèque. Ce facteur inclut également les comportements d’évitement physique, comme le fait de protéger physiquement un enfant en présence d’une personne LGB ou de changer de trottoir. Des items tels que le fait d’être qualifié de pervers (item 15), d’être perçu comme pédophile (item 16) ou d’être renvoyé à un choix moral répréhensible (items 1 et 40) illustrent ce noyau de stigmatisation archaïque réactivé sous des formes interpersonnelles feutrées.
2. Citoyen de seconde zone (Second-Class Citizen)
Cette sous-échelle évalue les expériences par lesquelles les personnes LGB reçoivent le message que leurs droits, leurs relations affectives et leur identité ont une valeur sociale inférieure à ceux des personnes hétérosexuelles. Elle englobe des manifestations structurelles et interpersonnelles d’invalidation, telles que l’opposition au mariage pour tous (item 34), l’hostilité à l’adoption par des couples de même sexe (item 35), les injonctions à dissimuler son orientation sexuelle ou à modifier son apparence au travail ou à l’école (items 37, 41 et 42). Ce facteur inclut également l’invalidation cognitive consistant à universaliser artificiellement les expériences humaines pour nier la spécificité des discriminations vécues (item 12) ou l’appropriation maladroite des luttes minoritaires par des personnes hétérosexuelles (item 22).
3. Connaissances et comportements stéréotypés (Stereotypical Knowledge and Behavior)
Ce facteur mesure l’assignation automatique des individus à des rôles de genre ou à des compétences supposées être intrinsèquement liées à leur orientation sexuelle. Les personnes homosexuelles sont alors réduites à une caricature réductrice dictée par les scripts hétéronormatifs : supposer qu’un homme gay est doué en décoration d’intérieur ou passionné de mode féminine, ou qu’une femme lesbienne maîtrise la menuiserie ou s’intéresse exclusivement aux sports masculins (items 7, 8 et 9). Ce facteur capture également les présomptions relatives à la sensibilité émotionnelle genrée (item 6) et les conseils condescendants relatifs aux pratiques sexuelles protégées (item 29). Bien que ces microagressions soient souvent perçues par leurs auteurs comme des compliments ou des marques de familiarité, elles enferment les sujets dans un carcan essentialiste aliénant.
4. Présomptions relatives à la culture gay (Assumptions of Gay Culture)
Cette dimension reflète la tendance des personnes hétérosexuelles à projeter une grille de lecture homogénéisante sur la communauté LGB. Elle comprend l’étonnement face à une personne homosexuelle qui ne correspond pas aux stéréotypes d’inversion de genre (par exemple, s’étonner qu’un homme ne soit pas efféminé ou qu’une femme ne soit pas masculine, item 24), le recours à des étiquettes condescendantes ou réifiantes (item 32), ou l’usage banalisé d’expressions péjoratives telles que « c’est tellement gay » (item 39). Elle capture également la présomption hétérosexuelle égocentrique selon laquelle une personne homosexuelle du même sexe éprouverait nécessairement une attirance érotique envers n’importe quel pair (item 10), réduisant l’orientation sexuelle à une pulsion indiscriminée.
6. Cadre théorique
Le développement de la HMS s’ancre à la croisée de deux cadres conceptuels majeurs en psychologie sociale et clinique : la théorie des microaggressions formulée par Derald Wing Sue et le modèle du stress des minorités développé par Ilan H. Meyer.
Initialement formulée par Chester Pierce dans les années 1970 pour décrire les offenses raciales quotidiennes, puis opérationnalisée par Sue et ses collègues (2007, 2008), la taxonomie des microagressions distingue trois formes distinctes :
- Les microattaques (microassaults) : Dérogations explicites, verbales ou non verbales, souvent conscientes et délibérées, mais perpétrées dans des contextes privés ou semi-privés où l’auteur estime bénéficier de l’impunité (ex. insultes homophobes feutrées, moqueries).
- Les microinsultes (microinsults) : Communications subtiles et souvent involontaires qui transmettent de l’insensibilité, du mépris ou des stéréotypes dégradants concernant l’identité de la personne (ex. s’étonner qu’un homme gay paraisse « tout à fait normal » ou masculin).
- Les microinvalidations (microinvalidations) : Messages qui excluent, nient ou annulent les réalités psychologiques, les sentiments ou les expériences vécues d’un individu marginalisé (ex. affirmer « pour moi, l’orientation sexuelle n’a aucune importance, nous sommes tous humains », ce qui invisibilise le vécu de discrimination).
Sur le plan psychopathologique, la HMS s’adosse au modèle du stress des minorités d’Ilan Meyer (2003). Selon ce modèle, les personnes issues de minorités sexuelles subissent un excès chronique de stress causé par leur position stigmatisée dans la société. Meyer distingue les stresseurs distaux (événements objectifs et externes, tels que la discrimination institutionnelle et les microagressions interpersonnelles) et les stresseurs proximaux (processus subjectifs internes, incluant la vigilance accrue face au rejet, l’homophobie intériorisée et la dissimulation de son orientation). La HMS mesure précisément la dimension distale récurrente, permettant de comprendre comment ces agressions environnementales chroniques nourrissent les stresseurs proximaux et conduisent à une surcharge allostatique, augmentant la prévalence des troubles anxieux, affectifs et psychosomatiques chez les populations LGB.
7. Propriétés psychométriques et validité
La validation empirique de l’Échelle des microagressions homonégatives a fait l’objet d’analyses rigoureuses rapportées initialement par Wright et Wegner (2012) et approfondies dans la dissertation doctorale de Wegner (2014) auprès d’échantillons d’adultes LGB diversifiés sur le plan de l’âge, du genre et du parcours socio-économique.
Validité de contenu
La génération initiale des items s’est appuyée sur une revue exhaustive de la littérature portant sur l’hétérosexisme moderne, complétée par des entrevues qualitatives auprès de personnes LGB issues de divers milieux. Un panel d’experts en psychométrie et en études de genre a évalué la clarté, la représentativité et la pertinence de chaque proposition, aboutissant à l’épuration d’un bassin initial de propositions pour ne retenir que les 45 items reflétant fidèlement le spectre des microagressions contemporaines.
Validité convergente et divergente
La validité convergente de la HMS a été établie en examinant ses corrélations avec des instruments mesurant des construits théoriquement apparentés :
- Des corrélations positives statistiquement significatives ont été observées entre le score total à la HMS et les mesures de détresse psychologique générale (DASS-21), montrant que des niveaux élevés de microagressions s’associent à une symptomatologie accrue d’anxiété (r ≈ 0,38 à 0,45, p < 0,001) et de dépression (r ≈ 0,35 à 0,42, p < 0,001).
- Des associations positives notables ont été rapportées avec les échelles d’homophobie intériorisée (telles que l’Internalized Homophobia Scale), confirmant l’hypothèse selon laquelle les microagressions environnementales renforcent l’auto-dépréciation identitaire.
- La validité divergente a été démontrée par des corrélations faibles à non significatives avec des traits de personnalité généraux non liés au stigmate (comme l’agréabilité ou l’extraversion mesurées via le NEO-PI), garantissant que l’instrument ne mesure pas simplement une propension globale à l’affectivité négative ou au neuroticisme.
Validité de critère et prédictive
Dans des modèles de régression multiple et d’équations structurelles, les sous-échelles de la HMS, particulièrement la Déviance présumée et le statut de Citoyen de seconde zone, prédisent significativement une baisse de l’estime de soi globale (mesurée par l’échelle de Rosenberg) et une altération des dimensions du développement de l’identité sexuelle, même après contrôle statistique des événements de vie majeurs et des antécédents de victimisation physique.
8. Fidélité et cohérence interne
L’évaluation de la fidélité de la HMS a révélé des indices de précision psychométrique remarquables. Les analyses menées sur l’échantillon normatif démontrent que l’échelle possède une excellente homogénéité interne et une grande stabilité de mesure :
- Échelle globale (Full Scale HMS) : L’ensemble des 45 items affiche un coefficient alpha de Cronbach global exceptionnel de 0,95, témoignant d’une très haute cohérence interne sans redondance sémantique excessive.
- Sous-échelle Déviance présumée (Assumed Deviance) : Composée de 9 items (1, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 28, 40), elle présente un alpha de Cronbach de 0,85.
- Sous-échelle Citoyen de seconde zone (Second-Class Citizen) : Composée de 8 items (12, 21, 22, 34, 35, 37, 41, 42), elle affiche un alpha de Cronbach de 0,83.
- Sous-échelle Connaissances et comportements stéréotypés (Stereotypical Knowledge and Behavior) : Composée de 5 items (6, 7, 8, 9, 29), elle obtient un alpha de Cronbach de 0,82.
- Sous-échelle Présomptions relatives à la culture gay (Assumptions of Gay Culture) : Composée de 5 items (10, 24, 26, 32, 39), elle présente un alpha de Cronbach de 0,84.
Les corrélations item-total corrigées pour l’ensemble des facteurs se maintiennent au-dessus du seuil critique de 0,40, attestant que chaque énoncé contribue de manière substantielle à la variance du construit latent auquel il est rattaché. Les coefficients de fidélité test-retest à un intervalle de quatre semaines démontrent une stabilité temporelle satisfaisante (r > 0,80), confirmant que l’instrument capture des patterns d’exposition environnementale relativement constants sur la durée de référence des six derniers mois.
9. Analyse factorielle et structure latente
La structure dimensionnelle de la HMS a été explorée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant l’extraction en axes principaux avec rotation oblique (Promax), tenant compte de la corrélation naturelle attendue entre les différentes formes de discrimination sociétale. Ces analyses ont permis d’extraire une solution à quatre facteurs principaux expliquant une part prépondérante de la variance totale des scores.
Les saturations factorielles observées pour les items retenus dans les quatre dimensions principales sont remarquablement nettes, oscillant généralement entre 0,52 et 0,86, sans saturation croisée majeure (cross-loadings > 0,30). La configuration se détaille comme suit :
- Facteur 1 : Déviance présumée regroupe les items ciblant la stigmatisation sexuelle et morale, les présomptions de morbidité (VIH) et la dangerosité perçue (items 1, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 28, 40).
- Facteur 2 : Citoyen de seconde zone intègre les énoncés portant sur le déni des droits civiques fondamentaux, l’invisibilisation de l’inégalité et les injonctions institutionnelles au silence ou à la conformité vestimentaire/comportementale (items 12, 21, 22, 34, 35, 37, 41, 42).
- Facteur 3 : Présomptions relatives à la culture gay réunit les items caractérisant l’homogénéisation des vécus homosexuels, le soulignement de la non-conformité aux stéréotypes de genre et le langage familier péjoratif (items 10, 24, 26, 32, 39).
- Facteur 4 : Connaissances et comportements stéréotypés rassemble les items attribuant des habiletés ou des centres d’intérêt spécifiques fondés exclusivement sur l’orientation sexuelle (items 6, 7, 8, 9, 29).
Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites ultérieurement sur des cohortes indépendantes ont confirmé l’adéquation de ce modèle quadrifactoriel de second ordre, avec des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,92 ; TLI > 0,90). Bien que l’instrument complet comprenne 45 items couvrant un large éventail d’expériences vécues (notamment des items contextuels ou exploratoires comme les items 2, 3, 4, 5, 11, 13, 18, 23, 25, 27, 30, 31, 33, 36, 38, 43, 44, 45), les quatre sous-échelles factorielles extraites constituent l’ossature analytique standard pour les recherches empiriques ciblant des dimensions spécifiques du stigmate.
10. Instrument de mesure et modalités de passation
L’administration de la HMS répond à des critères méthodologiques standardisés garantissant la comparabilité des données recueillies :
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report questionnaire).
- Population cible : Personnes s’identifiant comme lesbiennes, gays ou bisexuelles (LGB), âgées de 18 ans et plus.
- Nombre total d’items : 45 items portant sur les expériences vécues au cours des 6 derniers mois.
- Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points avec option de non-applicabilité :
- 1 = Hardly ever/never/ not at all (Presque jamais / jamais / pas du tout)
- 2 = Occasionally, but rarely/a little bit (À l’occasion, mais rarement / un tout petit peu)
- 3 = Occasionally/from time to time/ somewhat (À l’occasion / de temps en temps / modérément)
- 4 = Consistently/often/ a good deal (Régulièrement / souvent / beaucoup)
- 5 = Constantly/a great deal (Constamment / énormément)
- 6 = Not applicable (Non applicable)
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Modalités de cotation :
- Les options cotées de 1 à 5 sont sommées ou moyennées selon les objectifs de l’évaluation.
- L’option « 6 = Not applicable » est traitée soit comme une valeur manquante (imputation ou exclusion par paire/liste), soit recodée à 1 selon le protocole de recherche spécifique (indiquant l’absence d’exposition au stresseur).
- Un score global élevé reflète une exposition chronique et fréquente à des microaggressions homonégatives.
- Des scores factoriels distincts sont calculés pour les quatre dimensions validées : Assumed Deviance, Second-Class Citizen, Stereotypical Knowledge and Behavior, et Assumptions of Gay Culture.
11. Permissions, tarifs et année d’élaboration
L’Échelle des microagressions homonégatives a été formalisée et publiée pour la première fois en 2012 par A. J. Wright et R. T. Wegner dans la revue académique à comité de lecture Journal of LGBT Issues in Counseling, puis détaillée dans la thèse doctorale de Ryan Travis Wegner soutenue en 2014 à l’Université Columbia.
L’instrument relève du domaine de la recherche universitaire et académique. Il est accessible sans frais pour des fins d’enseignement, de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique standard, sous réserve d’une citation bibliographique adéquate des auteurs originaux. L’instrument complet et ses annexes techniques sont déposés et consultables au sein du dépôt institutionnel Academic Commons de Columbia University. Toute utilisation commerciale, reproduction à grande échelle dans des manuels payants ou intégration dans des plateformes logicielles propriétaires nécessite l’autorisation formelle préalable des détenteurs des droits d’auteur.
12. Références bibliographiques
- Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
- Sue, D. W. (2010). Microaggressions in everyday life: Race, gender, and sexual orientation. John Wiley & Sons.
- Sue, D. W., Bucceri, J., Lin, A. I., Nadal, K. L., & Torino, G. C. (2007). Racial microaggressions in everyday life: Implications for clinical practice. American Psychologist, 62(4), 271–286. https://doi.org/10.1037/0003-066X.62.4.271
- Sue, D. W., Capodilupo, C. M., Nadal, K. L., & Torino, G. C. (2008). Racial microaggressions and the Asian American experience. Cultural Diversity and Ethnic Minority Psychology, 14(1), 77–85. https://doi.org/10.1037/1099-9809.14.1.77
- Wegner, R. T. (2014). Homonegative microaggressions and their impact on specific dimensions of identity development and self-esteem in LGB individuals (Doctoral dissertation, Columbia University). Academic Commons. http://academiccommons.columbia.edu/catalog/ac%3A178225
- Wright, A. J., & Wegner, R. T. (2012). Homonegative microaggressions and their impact on LGB individuals: A measure validity study. Journal of LGBT Issues in Counseling, 6(1), 34–54. https://doi.org/10.1080/15538605.2012.648578
13. Questions et items du questionnaire
The following questions ask you about experiences you’ve had in the recent past (the past 6 months).
In the past 6 months:
Response format:
1 = Hardly ever/never/ not at all
2 = Occasionally, but rarely/a little bit
3 = Occasionally/from time to time/ somewhat
4 = Consistently/often/ a good deal
5 = Constantly/a great deal
6 = Not applicable
- How often have people conveyed that it is your choice to be gay?
- How often have people acted as if you have not come out?
- How often have people asked about former boyfriends (if you are a woman) or girlfriends (if you are a man)?
- How often have people assumed you are straight?
- How often have people used the phrase « sexual preference » instead of « sexual orientation »?
- How often have people assumed you were more sensitive (if you are a man) or less sensitive (if you are a woman) than you are?
- How often have people assumed you were skilled in stereotypically gay tasks (like interior design for men or carpentry for women)?
- How often have people assumed you knew a lot about stereotypical LGB interests like wine (if you are a man) or sports (if you are a woman)?
- How often have people assumed you were knowledgeable about women’s clothing (if you are a man) or men’s clothing (if you are a woman)?
- How often have people of the same sex assumed you were attracted to them simply because of your sexual orientation?
- How often have people told you they just see you as a person, regardless of your sexual orientation?
- How often have people said blanket statements about how society is full of diversity, minimizing your experience of being different?
- How often have family members simply ignored the fact that you are a LGB individual?
- How often have people changed the subject/topic when reference to your sexual orientation comes up?
- How often have people assumed you were a pervert or deviant?
- How often have people assumed you were a pedophile?
- How often have people assumed you have HIV/AIDS because of your sexual orientation?
- How often have people assumed you are sexually promiscuous because of your sexual orientation?
- How often have people physically shielded their child/children from you?
- How often have people avoided proximity, like crossing the street to walk or waiting for the next elevator?
- How often have people said things like « I watched Will & Grace » to show they know about gay culture?
- How often have people equated themselves and their experience to yours as a minority?
- How often have people indicated they know other LGB individuals by saying things like « My hairdresser is gay » or « I have a gay friend »?
- How often have people showed surprise at how not effeminate (if you are a man) or not masculine (if you are a woman) you are?
- How often have people assumed you like to wear clothing of the opposite sex?
- How often have people made statements that you are « more normal » than they expected?
- How often have people addressed you with the pronoun of the opposite sex (she/her for men, he/him for women)?
- How often have people told you to « calm down » or be less « dramatic »?
- How often have people either told you to be especially careful regarding safe sex because of your sexual orientation or told you that you don’t have to worry about safe sex because of your sexual orientation?
- How often have people dismissed you for bringing up the issue of your sexual orientation at school or work?
- How often have people stared at you or given you a dirty look when expressing affection toward someone of the same sex?
- How often have people made statements about LGB individuals using phrases like « you people » or « you know how gay people are »?
- How often have people said it would bother them if someone thought they were gay?
- How often have people made statements about why gay marriage should not be allowed?
- How often have people made statements against LGB individuals adopting?
- How often have people (directly or indirectly) called you a derogatory name like fag, queer, homo, or dyke?
- How often have people told you to act differently at work or school in order to hide your sexual orientation?
- How often have people made offensive remarks about LGB individuals in your presence, not realizing your sexual orientation?
- How often have people used the phrase « that’s so gay » in your presence?
- How often have people told you it’s wrong to be gay or said you were going to hell because of your sexual orientation?
- How often have people told you to dress differently at work or school in order to hide your sexual orientation?
- How often have people told you not to disclose your sexual orientation in some context (like work or school)?
- How often have you felt that TV characters have portrayed stereotypes of LGB individuals?
- How often have you felt like your rights (like marriage) are denied?
- How often have religious leaders spoken out against homosexuality?