1. Résumé / Abstract
L’Échelle des hommes équitables en matière de genre (en anglais : Gender-Equitable Men Scale ou GEM Scale) est un instrument psychométrique pionnier conçu pour mesurer les attitudes des hommes à l’égard des normes de genre, des rôles sociaux sexués et des relations de pouvoir entre hommes et femmes. Développée initialement au Brésil par Julie Pulerwitz et Gary Barker (2008) dans le cadre des interventions du programme communautaire Program H (mené par l’ONG Promundo et le Population Council / Horizons Program), l’échelle a été conçue pour combler un vide méthodologique majeur dans l’évaluation quantitative des programmes de santé publique et de transformation des masculinités.
L’instrument standardisé comprend 24 items répartis en deux dimensions factorielles fondamentales : le Facteur 1 (Normes de genre non équitables / Inequitable Gender Norms), qui évalue l’adhésion aux stéréotypes de domination masculine, à la justification de la violence et à la division rigide du travail ; et le Facteur 2 (Normes de genre équitables / Equitable Gender Norms), qui capture le soutien au partage des responsabilités décisionnelles, domestiques et contraceptives. Les énoncés couvrent quatre domaines thématiques transversaux : la santé reproductive et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST/VIH), les violences basées sur le genre, la vie domestique et la garde des enfants, ainsi que la sexualité et la dynamique relationnelle.
Le format de réponse repose sur une échelle ordinale en 3 points (1 = D’accord / Agree, 2 = Partiellement d’accord / Partially agree, 3 = Pas d’accord / Do not agree pour les items inéquitables). Les propriétés psychométriques initiales ont démontré une cohérence interne robuste (α de Cronbach global d’environ 0,81), une validité de construit solide et une excellente validité prédictive à l’égard de comportements de santé critiques, tels que l’utilisation du préservatif et la non-perpétration de violences à l’égard des partenaires intimes. Traduite et adaptée dans plus de 30 pays, l’échelle GEM s’impose aujourd’hui comme une référence incontournable en psychométrie sociale et en santé globale.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle GEM, Gender-Equitable Men Scale, normes de genre, masculinité hégémonique, équité de genre, santé sexuelle et reproductive, violences basées sur le genre, psychométrie, évaluation d’impact, comportements préventifs.
3. Auteurs / Authors
L’échelle GEM a été conceptualisée et validée psychométriquement par une équipe interdisciplinaire de chercheurs en santé publique, psychologie sociale et sociologie :
- Julie Pulerwitz, Sc.D. : Directrice de recherche et spécialiste mondiale de l’égalité de genre et du VIH au sein du Population Council (Washington, D.C., États-Unis), anciennement rattachée au projet Horizons et à l’organisation PATH. Ses travaux portent sur les disparités de pouvoir dans les relations intimes, la mesure du stigmate lié au VIH et l’évaluation d’interventions transformatrices de genre.
- Gary Barker, Ph.D. : Directeur général et cofondateur d’Equimundo: Center for Masculinities and Social Justice (anciennement Instituto Promundo, Rio de Janeiro, Brésil et Washington, D.C., États-Unis). Docteur en psychologie du développement de l’Université de Chicago, il est un expert internationalement reconnu de la socialisation masculine, des dynamiques de paternité et de la prévention de la violence.
Le développement de l’échelle a bénéficié de la collaboration active des équipes brésiliennes de terrain de l’Instituto Promundo, de l’Instituto Noos, de Papai, ainsi que de l’appui méthodologique du programme Horizons financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle des hommes équitables en matière de genre est d’opérationnaliser et de quantifier le degré d’adhésion d’un individu à des représentations traditionnelles et asymétriques du pouvoir masculin par opposition à des normes favorisant l’équité, l’autonomie partagée et le respect mutuel entre les genres. Avant l’introduction de cet outil à la fin des années 2000, le champ de la santé publique et des études sur le genre souffrait d’un déficit méthodologique récurrent : alors que des programmes éducatifs et communautaires cherchaient de plus en plus à engager les hommes et les jeunes garçons comme partenaires de l’égalité et de la santé (notamment face à l’épidémie de VIH/sida), les instruments de mesure existants étaient soit trop généraux, soit restreints aux femmes, soit inadaptés aux contextes socioculturels des pays émergents ou à faible revenu.
L’échelle a été conçue pour répondre à une triple finalité scientifique et appliquée :
- Diagnostic épidémiologique et social : Elle permet d’identifier la prévalence et l’intensité des croyances patriarcales néfastes au sein de populations cibles (adolescents, jeunes adultes, militaires, pères de famille), en mettant en lumière les domaines où les normes inéquitables demeurent les plus ancrées (par exemple, la justification des violences physiques versus la réticence à partager les tâches ménagères).
- Évaluation d’impact des interventions transformatrices de genre : Utilisée dans des schémas pré-test/post-test ou des essais contrôlés randomisés par grappes, l’échelle mesure l’efficacité de dispositifs pédagogiques (ateliers de réflexion, campagnes médias, interventions de groupe de type Program H) visant à modifier les attitudes des hommes.
- Recherche fondamentale sur les déterminants comportementaux : L’outil offre aux psychologues et sociologues un moyen standardisé d’étudier comment l’internalisation des normes de genre prédit une vaste gamme de comportements de santé, d’attitudes sexuelles, de propensions à la violence interpersonnelle et de pratiques d’engagement parental.
En clinique sociale et en travail communautaire, l’échelle sert également de support réflexif. Elle permet d’amorcer le dialogue sur des sujets tabous (sexualité, coercition, expression de la vulnérabilité émotionnelle masculine) et de déconstruire l’illusion du consensus patriarcal chez les jeunes hommes.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle GEM correspond à l’idéologie de rôle de genre (gender role ideology), définie comme l’ensemble des croyances normatives intériorisées par un individu quant aux rôles, privilèges, devoirs et attributs appropriés pour les hommes et les femmes dans une société donnée. Contrairement aux mesures d’identité de genre qui explorent l’auto-identification psychologique, l’échelle GEM capture la dimension normative et prescriptive de l’ordre du genre.
L’instrument postule que les attitudes des hommes ne s’inscrivent pas sur une dichotomie simpliste, mais s’articulent autour de deux dimensions factorielles principales, interconnectées avec quatre sous-domaines empiriques de la vie quotidienne :
5.1 Dimensions factorielles principales
- Facteur 1 : Normes de genre inéquitables (Inequitable Gender Norms) : Ce facteur agrège les attitudes qui valorisent l’hégémonie masculine, l’impératif de contrôle sur le corps féminin, le privilège sexuel masculin exclusif et l’acceptation de la violence comme mode légitime de résolution des conflits ou de discipline conjugale. Une adhésion élevée à ce facteur témoigne d’une rigidité des rôles sexués et d’une asymétrie de pouvoir normalisée.
- Facteur 2 : Normes de genre équitables (Equitable Gender Norms) : Ce facteur évalue la valorisation de la réciprocité, de la co-décision, de la communication ouverte et de l’interdépendance respectueuse au sein du couple et de la sphère domestique.
5.2 Sous-domaines thématiques
Les 24 items de l’échelle opérationnalisent ces deux facteurs à travers quatre domaines clés :
- Santé reproductive et prévention des infections (Reproductive Health and Disease Prevention) : Cette dimension examine l’attribution de la responsabilité de la contraception et de la prévention des IST. Les croyances inéquitables considèrent la prévention comme une tâche féminine exclusive ou perçoivent la négociation du préservatif comme une menace pour l’autorité masculine (ex. item 9 : « It is a woman’s responsibility to avoid getting pregnant » ; item 5 : « Women who carry condoms on them are « easy » »). Les attitudes équitables reconnaissent la co-responsabilité (ex. item 19 : « A couple should decide together what type of contraceptive to use »).
- Violence et résolution des conflits (Violence) : Ce domaine explore la tolérance sociale et morale de la coercition physique et sexuelle exercée par les hommes. Il mesure la légitimation des châtiments envers la partenaire en cas de transgression perçue (ex. item 7 : « There are times when a woman deserves to be beaten » ; item 16 : « It is okay for a man to hit his wife if she is unfaithful »), ainsi que le recours à la force physique pour défendre l’honneur masculin (item 18).
- Tâches domestiques et soins aux enfants (Domestic Chores and Daily Life) : Cette dimension évalue la division sexuelle du travail au foyer. Les attitudes inéquitables cantonnent la femme à l’entretien du domicile et aux soins des enfants (ex. item 2 : « A woman’s most important role is to take care of her home and cook for her family »), tandis que les attitudes équitables intègrent l’homme comme parent soignant actif et engagé (ex. item 22 : « A man should know how to change diapers, give the kids a bath, and feed the kids » ; item 23).
- Sexualité et dynamique relationnelle (Sexuality and Sexual Relationships) : Ce domaine cible les croyances entourant le désir, la pulsion sexuelle et le pouvoir décisionnel intime. Il interroge les mythes de l’irrépressibilité du désir masculin (ex. item 3 : « Men need sex more than women do » ; item 11 : « Men are always ready to have sex ») et le déni du consentement ou de l’agentivité érotique des femmes (ex. item 1 : « It is the man who decides what type of sex to have »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage conceptuel de l’échelle GEM s’articule à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la sociologie critique, du féminisme académique et de la psychologie sociale de la santé :
6.1 La théorie de la masculinité hégémonique (Raewyn Connell)
Le socle théorique prédominant de l’échelle est la théorie de la masculinité hégémonique formulée par la sociologue Raewyn Connell (1995, 2005). Connell avance que la masculinité n’est pas une essence biologique fixe mais une configuration de pratiques de genre socialement construites et hiérarchisées. La masculinité hégémonique désigne la forme culturellement idéalisée qui légitime la subordination globale des femmes et la marginalisation des hommes non conformes. L’échelle GEM a été bâtie pour quantifier précisément les manifestations discursives et normatives de cette hégémonie (l’injonction à l’invulnérabilité, la virilité sexuelle conquérante, le droit de regard unilatéral sur la famille) et pour détecter l’émergence de « masculinités alternatives » orientées vers l’équité.
6.2 La construction sociale du genre (« Doing Gender »)
L’instrument s’appuie également sur la théorie ethnométhodologique de West et Zimmerman (1987), selon laquelle le genre est une performance continue (« doing gender ») régie par des attentes normatives d’imputabilité sociale. Les hommes se conforment à des scripts inéquitables parce qu’ils anticipent une sanction sociale de la part de leurs pairs s’ils s’écartent des codes virils traditionnels (ce qu’illustrent les items explorant la défense de la réputation par la violence ou la peur d’être perçu comme soumis).
6.3 La théorie des schémas de genre et la psychologie sociale cognitive
Sur le versant psychologique, l’échelle résonne avec la Gender Schema Theory de Sandra Bem (1981) et la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura (1986). Bem postulait que les individus acquièrent au cours de leur développement des structures cognitives organisatrices qui filtrent et dictent leur interprétation de la réalité selon des catégories binaires strictes. L’échelle GEM évalue à quel point ces schémas cognitifs sont rigides ou flexibles. Plus un individu est « typé selon le genre » (gender-schematic), plus il tend à percevoir la sexualité, la violence et le travail domestique à travers le prisme de la domination masculine.
6.4 La perspective relationnelle de la santé des hommes (Will Courtenay)
Enfin, Julie Pulerwitz et Gary Barker ont intégré le cadre de Courtenay (2000) sur le genre et la santé. Courtenay démontre que les comportements à risque pour la santé (refus du préservatif, consommation dangereuse de substances, violences, refus de consulter des soignants) sont souvent adoptés par les hommes comme des moyens de revendiquer ou de « prouver » leur masculinité. L’échelle GEM formalise le chaînon psychométrique intermédiaire reliant l’idéologie de genre intériorisée aux comportements sanitaires observables.
7. Validité / Validity
Les études empiriques conduites par Pulerwitz et Barker (2008), ainsi que les nombreuses validations internationales ultérieures (notamment via les enquêtes internationales multi-pays IMAGES coordonnées par Promundo), attestent de la robustesse psychométrique de l’outil à travers différents critères de validité :
7.1 Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été garantie par une démarche méthodologique mixte rigoureuse. La formulation initiale des items a émergé d’études qualitatives approfondies menées auprès de jeunes hommes résidant dans des favelas de Rio de Janeiro (entretiens individuels, groupes de discussion focaux et observations ethnographiques). Les énoncés reflètent le langage naturel, les métaphores vernaculaires et les dilemmes relationnels réels vécus par la population cible, conférant à l’instrument une très haute validité écologique.
7.2 Validité de construit et validité convergente
La validité de construit a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives entre les scores à l’échelle GEM et d’autres construits théoriquement apparentés :
- Relations de pouvoir au sein du couple : Les participants affichant des scores élevés de non-équité sur l’échelle GEM obtiennent des scores nettement plus élevés sur l’échelle de contrôle relationnel (Relationship Control Subscale du Sexual Relationship Power Scale – SRPS).
- Attitudes envers les minorités sexuelles : Une forte corrélation positive a été observée entre les scores d’iniquité de genre et des niveaux élevés d’homophobie intériorisée et explicite.
7.3 Validité prédictive et critériée
La force cardinale de l’échelle GEM réside dans son pouvoir prédictif à l’égard de critères comportementaux concrets en santé publique :
- Utilisation du préservatif et prévention des IST : Dans l’étude princeps (Pulerwitz & Barker, 2008), les hommes présentant des scores GEM « modérés » ou « élevés » en faveur de l’équité étaient significativement plus susceptibles de déclarer avoir utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel (Odds Ratio ajusté [AOR] = 1,94 ; IC 95% [1,18 – 3,19]) et d’en faire un usage régulier, comparativement aux hommes aux scores GEM faibles (inéquitables).
- Non-perpétration de violences conjugales : Une adhésion plus forte aux normes équitables prédisait une probabilité significativement réduite de déclarer des actes de violence physique ou sexuelle envers une partenaire intime au cours des 12 derniers mois (AOR = 0,48 ; IC 95% [0,27 – 0,84]).
- Recours au dépistage du VIH : Les hommes aux attitudes équitables présentaient un taux de participation significativement supérieur aux consultations volontaires de dépistage du VIH et de traitement des IST.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle GEM a été évaluée au moyen d’indices de consistance interne et de stabilités temporelles dans une diversité d’échantillons démographiques :
8.1 Cohérence interne (α de Cronbach)
Dans l’échantillon brésilien initial composé de 760 jeunes hommes âgés de 14 à 25 ans (Pulerwitz & Barker, 2008) :
- Échelle globale (24 items) : L’instrument présentait un coefficient α de Cronbach de 0,81, indiquant une excellente consistance interne pour une échelle attitudinale brève.
- Facteur 1 (Normes inéquitables – 17 items initiaux retenus) : Le coefficient α était de 0,81, attestant d’une homogénéité remarquable dans la mesure des croyances patriarcales et légitimations de la domination masculine.
- Facteur 2 (Normes équitables – 7 items initiaux retenus) : Le coefficient α atteignait 0,71, un niveau satisfaisant compte tenu du nombre plus restreint d’énoncés composant cette sous-dimension.
Dans les réplications internationales, la consistance interne de l’échelle adaptée a maintenu des niveaux satisfaisants : en Inde (étude menée par Verma et al., 2006), l’α variait entre 0,76 et 0,82 ; en Afrique du Sud (Jewkes et al., 2010), l’α se situait à 0,78 ; et dans les adaptations conduites en Tanzanie et en Éthiopie, les coefficients oscillaient généralement entre 0,73 et 0,85 selon les contextes linguistiques.
8.2 Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Lors d’évaluations longitudinales sans intervention avec un intervalle de 4 à 6 semaines, l’échelle a démontré une fidélité test-retest substantielle, avec des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) supérieurs à 0,75, confirmant que l’outil capte des représentations attitudinales stables et non de simples fluctuations d’humeur passagères, tout en demeurant sensible au changement suite à des interventions ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle GEM a été établie à l’origine par le biais d’une analyse factorielle exploratoire (AFE), ultérieurement confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans plusieurs populations internationales :
9.1 Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans l’étude princeps, une extraction en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax) et orthogonale (Varimax) a été conduite sur un ensemble initial de 35 items candidats développés lors de la phase qualitative. Les critères d’épuration psychométrique appliqués étaient les suivants : élimination des items présentant une saturation factorielle primaire inférieure à 0,40, élimination des items présentant des saturations croisées complexes (différence de saturation < 0,15 entre deux facteurs), et exclusion des énoncés montrant un effet de plafond ou de plancher excessif (distribution asymétrique extrême).
Cette démarche a conduit à la conservation de deux facteurs principaux expliquant une part prépondérante de la variance totale :
- Facteur 1 (Normes inéquitables) : Ce facteur regroupe les énoncés formulés négativement par rapport à l’équité, où les saturations factorielles s’échelonnaient de 0,42 à 0,71. Les items les plus fortement corrélés à ce facteur concernaient le pouvoir unilatéral sur la sexualité (ex. « It is the man who decides what type of sex to have », saturation = 0,68) et la justification de la violence physique en cas d’infidélité ou de refus sexuel (saturations > 0,65).
- Facteur 2 (Normes équitables) : Ce facteur agrège les énoncés rédigés positivement en faveur de l’égalité et de la co-décision, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,40 et 0,64 (ex. « A man and a woman should decide together what type of contraceptive to use », saturation = 0,62).
9.2 Analyses factorielles confirmatoires (AFC) et adaptations
Les modélisations par équations structurelles (SEM / AFC) menées lors des déploiements mondiaux de l’enquête IMAGES (International Men and Gender Equality Survey) ont validé l’adéquation du modèle bi-factoriel ou d’un modèle hiérarchique de second ordre, avec des indices d’ajustement respectant les standards méthodologiques conventionnels : un indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90, un indice comparatif d’ajustement (CFI) > 0,90, et une racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,05 ou 0,06.
Les analyses factorielles ont également justifié le retrait de certains items pré-testés qui présentaient une redondance conceptuelle ou une charge factorielle insuffisante (tels que « Real men only have sex with women » ou « Women should be virgins until they get married »), bien que ces items puissent conserver une pertinence illustrative dans certaines enquêtes qualitatives locales.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation ou hétéro-évaluation par entretien structuré face-à-face / administration numérique sur tablette (CAPI / CASI).
- Format : Inventaire psychométrique standardisé composé d’énoncés déclaratifs.
- Population cible : Hommes adolescents et adultes (initialement validé chez les 14-25 ans, couramment administré aux hommes de 15 à 59 ans). Des adaptations féminines parallèles ont également été dérivées pour évaluer les perceptions des femmes quant aux normes de genre.
- Nombre total d’items : 24 items authentiques dans la version complète de référence (adaptable en versions courtes de 17 items ou modulaires selon les contextes).
- Échelle de réponse (Score d’équité en 3 points) :
- Pour les items inéquitables (items 1 à 18) :
- 1 = Agree (D’accord) → Niveau le moins équitable (score attribué = 1)
- 2 = Partially agree (Partiellement d’accord) → Niveau modérément équitable (score attribué = 2)
- 3 = Do not agree (Pas d’accord) → Niveau le plus équitable (score attribué = 3)
- Pour les items équitables (items 19 à 24) :
- 1 = Do not agree (Pas d’accord) → Niveau le moins équitable (score attribué = 1)
- 2 = Partially agree (Partiellement d’accord) → Niveau modérément équitable (score attribué = 2)
- 3 = Agree (D’accord) → Niveau le plus équitable (score attribué = 3)
- Pour les items inéquitables (items 1 à 18) :
- Calcul et cotation des scores :
- Tous les items sont cotés de manière à ce qu’un score plus élevé reflète systématiquement une plus grande équité de genre (échelle de 1 à 3 par item).
- Score global : Somme totale des items (étendue théorique de 24 à 72 pour l’ensemble des 24 items) ou moyenne brute (étendue de 1,00 à 3,00).
- Catégorisation tertiaire courante en recherche interventionnelle :
- Faible équité (Low gender equity) : score moyen de 1,00 à 1,66 (adhésion marquée aux normes patriarcales).
- Équité modérée (Moderate gender equity) : score moyen de 1,67 à 2,33 (attitudes ambivalentes ou en transition).
- Équité élevée (High gender equity) : score moyen de 2,34 à 3,00 (adhésion substantielle à des normes d’égalité et de partage).
- Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes en auto-passation ; 15 à 20 minutes en passation guidée par un enquêteur.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 2001 – 2003 (expérimentation de terrain et évaluation du Program H au Brésil).
- Année de publication psychométrique de référence : 2008 (dans la revue académique internationale à comité de lecture Men and Masculinities).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle GEM est un instrument du domaine public académique, développé dans le cadre de programmes de santé publique financés par des fonds de développement international (USAID / Population Council) et des organisations non gouvernementales sans but lucratif (Promundo / Equimundo).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (libre de droits d’accès à des fins de recherche académique, d’évaluation programmatique, d’enseignement ou d’action communautaire). Aucun honoraire d’utilisation ou redevance de licence n’est exigé.
- Conditions d’utilisation : Les auteurs et organisations détentrices demandent que la source méthodologique princeps soit rigoureusement citée (Pulerwitz & Barker, 2008). Pour les adaptations linguistiques ou culturelles substantielles (modification, ajout ou retrait d’items pour contextualisation locale), il est recommandé de suivre les guides d’adaptation méthodologique publiés par l’organisation Equimundo.
12. Références / References
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall, Inc.
- Barker, G., Contreras, J. M., Heilman, B., Singh, A. K., Verma, R. K., & Nascimento, M. (2011). Evolving men: Initial results from the International Men and Gender Equality Survey (IMAGES). International Center for Research on Women (ICRW) and Instituto Promundo. https://www.icrw.org/publications/evolving-men-initial-results-from-the-international-men-and-gender-equality-survey-images/
- Bem, S. L. (1981). Gender schema theory: A cognitive account of sex typing. Psychological Review, 88(4), 354–364. https://doi.org/10.1037/0033-295X.88.4.354
- Connell, R. W. (1995). Masculinities. University of California Press.
- Connell, R. W., & Messerschmidt, J. W. (2005). Hegemonic masculinity: Rethinking the concept. Gender & Society, 19(6), 829–859. https://doi.org/10.1177/0891243205278639
- Courtenay, W. H. (2000). Constructions of masculinity and their influence on men’s well-being: A theory of gender and health. Social Science & Medicine, 50(10), 1385–1401. https://doi.org/10.1016/S0277-9536(99)00390-1
- Flood, M. (2008). Measures for the assessment of dimensions of violence against women: A compendium. Sexual Violence Research Initiative (SVRI), Medical Research Council. https://www.svri.org/measures.pdf
- Jewkes, R., Sikweyiya, Y., Morrell, R., & Dunkle, K. (2010). Why, when, and how men rape: Understanding the context of sexual violence in South Africa. South African Medical Research Council. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(09)61798-4
- Pulerwitz, J., & Barker, G. (2008). Measuring attitudes toward gender norms among young men in Brazil: Development and psychometric evaluation of the GEM Scale. Men and Masculinities, 10(3), 322–338. https://doi.org/10.1177/1097184X06298778
- Verma, R. K., Pulerwitz, J., Mahendra, V., Khandekar, S., Barker, G., Fulpagare, P., & Singh, A. K. (2006). Challenging and changing gender attitudes among young men in Mumbai, India. Reproductive Health Matters, 14(28), 135–143. https://doi.org/10.1016/S0968-8080(06)28261-2
- West, C., & Zimmerman, D. H. (1987). Doing gender. Gender & Society, 1(2), 125–151. https://doi.org/10.1177/0891243287001002002
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale: 3-point scale: 1 = Agree, 2 = Partially agree, 3 = Do not agree (for inequitable items; or scored 1 to 3 reflecting level of gender equity).
- It is the man who decides what type of sex to have.
- A woman’s most important role is to take care of her home and cook for her family.
- Men need sex more than women do.
- You don’t talk about sex, you just do it.
- Women who carry condoms on them are « easy ».
- A man needs other women, even if things with his wife are fine.
- There are times when a woman deserves to be beaten.
- Changing diapers, giving the kids a bath, and feeding the kids are the mother’s responsibility.
- It is a woman’s responsibility to avoid getting pregnant.
- A man should have the final word about decisions in his home.
- Men are always ready to have sex.
- If a guy could get a girl to agree to have sex, it wouldn’t matter if they didn’t know each other very well.
- A woman should not tell her partner when to use a condom.
- A woman should tolerate violence in order to keep her family together.
- It is okay for a man to hit his wife if she won’t have sex with him.
- It is okay for a man to hit his wife if she is unfaithful.
- Men are the ones who should decide when to use a condom during sexual relations.
- If someone insults me, I will defend my reputation with force if I have to.
- A couple should decide together what type of contraceptive to use.
- A man and a woman should decide together what type of sex they have.
- It is important that a man knows what his partner likes during sex.
- A man should know how to change diapers, give the kids a bath, and feed the kids.
- A man and a woman should share the household chores.
- If a woman is having a baby, a man should be present in the delivery room.