1. Résumé
L’Échelle des Expériences Culturelles et Raciales de Socialisation (Cultural and Racial Experiences of Socialization Scale, ou CARES) est un instrument psychométrique développé par Keisha L. Bentley-Edwards et Howard C. Stevenson (2013) afin d’évaluer la nature, la fréquence et les sources des messages de socialisation raciale et culturelle transmis aux individus afro-américains, notamment les adolescents et les jeunes adultes en milieu universitaire. Conçue comme une réactualisation conceptuelle et méthodologique des instruments antérieurs tels que la Scale of Racial Socialization for African American Adolescents (SERS ; Stevenson, 1994), la CARES capte la multidimensionnalité des processus de socialisation face aux dynamiques raciales contemporaines aux États-Unis.
L’instrument se compose de 35 items évaluant la transmission de messages socioculturels et stratégiques. La structure factorielle de l’échelle comprend cinq sous-échelles distinctes : (a) Racial Protection (Protection raciale), (b) Cultural Insights (Perspectives culturelles / Fierté culturelle), (c) Racial Stereotyping (Stéréotypage racial), (d) Bicultural Coping (Adaptation biculturelle), et (e) Old School Basics (Principes traditionnels et spirituels). Pour chaque énoncé, les répondants indiquent la fréquence d’exposition à travers une échelle en 3 points (Never, A Few Times, Lots of Times) et identifient l’agent de transmission (parents, grands-parents, pairs, enseignants, médias, etc.).
Sur le plan psychométrique, les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent l’organisation multidimensionnelle de l’outil. Les indices de cohérence interne (alpha de Cronbach) varient selon les dimensions, allant de coefficients modérés à satisfaisants (par exemple, α = 0,78 pour Cultural Insights et α = 0,75 pour Racial Protection ; Laurent, 2016). La CARES constitue un outil d’investigation privilégié en psychologie du développement, en psychologie sociale et en sciences de l’éducation pour examiner l’impact des messages de socialisation sur la réussite scolaire, l’estime de soi raciale, la santé mentale et les stratégies de régulation face aux micro-agressions et au racisme systémique.
2. Mots-clés
socialisation raciale, socialisation ethnique, identité raciale, afro-américains, résilience culturelle, adaptation biculturelle, psychométrie, stéréotypes raciaux, échelle CARES, Howard C. Stevenson, Keisha L. Bentley-Edwards
3. Auteurs
L’échelle CARES a été élaborée conjointement par deux spécialistes éminents de la psychologie clinique, du développement de l’enfant et des disparités raciales :
- Keisha L. Bentley-Edwards, Ph.D. : Professeure associée en médecine générale interne à la Duke University School of Medicine et directrice adjointe de la recherche au Samuel DuBois Cook Center on Social Equity. Ses recherches portent sur l’intersection de la race, du genre, de la religiosité et de la santé cardiovasculaire et psychologique chez les populations afro-américaines.
- Howard C. Stevenson, Ph.D. : Professeur Constance Clayton d’études urbaines et de psychologie de l’éducation à la Graduate School of Education de l’Université de Pennsylvanie. Directeur exécutif du Racial Empowerment Collaborative (REC), il est un théoricien pionnier de la « littératie raciale » (racial literacy) et de la socialisation raciale comme mécanisme d’intervention clinique et scolaire.
4. Objectif
L’objectif central de l’échelle CARES est de quantifier avec précision l’exposition des jeunes Noirs américains aux messages explicites et implicites concernant la race, le racisme, l’héritage culturel et la négociation des contextes sociaux dominés par la majorité blanche. Contrairement aux approches réductionnistes qui envisagent la socialisation raciale comme un processus purement parental et monolithique, la CARES a été élaborée pour répondre à plusieurs impératifs scientifiques et sociétaux :
- Reconnaissance de la multiplicité des agents socialisateurs : Les jeunes ne reçoivent pas uniquement des messages de leurs parents biologiques ; les médias de masse, les réseaux sociaux, les pairs, la fratrie et les enseignants participent activement à la construction de la conscience raciale. La CARES permet de coupler la fréquence du message à la source d’émission.
- Prise en compte des messages négatifs ou intragroupes : Les échelles classiques de socialisation se focalisent majoritairement sur les aspects vertueux (fierté culturelle, préparation au biais). La CARES intègre délibérément des dimensions relatives aux stéréotypes intériorisés, au colorisme (préférences de teint de peau), et aux tensions interethniques (par exemple entre Afro-Américains autochtones et immigrants africains ou caribéens).
- Applications en recherche translationnelle et clinique : En contexte clinique ou psychoéducatif, l’identification du profil de socialisation permet de déceler les mécanismes d’adaptation mobilisés par les adolescents face au stress discriminatoire. Elle éclaire les praticiens sur les schémas cognitifs de l’usager relatifs à la méfiance défensive (cultural mistrust) ou à la soumission émotionnelle face à l’oppression institutionnelle.
- Prédiction des trajectoires scolaires : Dans les universités à prédominance blanche (Predominantly White Institutions – PWI), la navigation interculturelle requiert des compétences psychosociales spécifiques. Les chercheurs utilisent la CARES pour examiner comment la socialisation protège contre le syndrome de l’imposteur et l’épuisement racial chez les étudiants universitaires (Laurent, 2016).
5. Construit psychologique
La socialisation raciale et ethnique renvoie à l’ensemble des pratiques de communication, de modelage comportemental et de transmission de valeurs par lesquelles les individus apprennent le sens accordé à leur appartenance raciale au sein d’une société stratifiée (Hughes et al., 2006). L’échelle CARES opérationnalise ce construit à travers cinq dimensions majeures :
1. Protection raciale (Racial Protection)
Cette dimension englobe les messages de préparation aux biais (preparation for bias) et de promotion de la vigilance face aux institutions perçues comme discriminatoires. Elle prépare l’individu à affronter l’injustice systémique et à reconnaître que le talent ou les mérites individuels peuvent être entravés par le racisme. Les items de cette sous-échelle mettent l’accent sur la nécessité de redoubler d’efforts par rapport à leurs pairs blancs pour réussir, sur la reconnaissance de la réalité du racisme sociétal, et sur le besoin de corriger les stéréotypes exprimés par autrui (ex. Item 23 : « You have to work twice as hard as Whites in order to get ahead in this world » ; Item 33 : « Racism is real, and you have to understand it or it will hurt you »).
2. Perspectives culturelles (Cultural Insights)
Correspondant à la « socialisation culturelle » classique, cette composante évalue la transmission de la fierté identitaire, de la connaissance historique (incluant la mémoire de l’esclavage et les racines africaines) et de la solidarité intragroupe. L’exposition à ces messages favorise le développement d’une identité raciale positive, reconnue comme un facteur de protection central contre l’anxiété et la dépression induites par la discrimination (ex. Item 1 : « You should be proud to be Black » ; Item 24 : « Knowing your African heritage is important for the survival of Black people »).
3. Stéréotypage racial (Racial Stereotyping)
Cette sous-échelle novatrice capte l’exposition aux stéréotypes dénigrants, au colorisme et aux divisions internes à la communauté noire. Elle mesure dans quelle mesure les individus ont entendu des messages associant la réussite sociale à l’abandon de la culture noire, essentialisant la pauvreté, ou opposant les personnes noires à peau claire aux personnes à peau foncée (ex. Item 7 : « Poor Black people are always looking for a hand out » ; Item 11 : « Life is easier for light-skinned Black people than it is for dark-skinned Black people » ; Item 15 : « Black men just want sex »).
4. Adaptation biculturelle (Bicultural Coping)
Le Bicultural Coping reflète les messages d’assimilation pragmatique ou de négociation comportementale au sein de contextes dominés par les Blancs. Ces messages incitent l’individu à moduler son expressivité émotionnelle (par exemple réprimer sa colère face au racisme pour ne pas être catalogué comme menaçant) ou à valoriser la proximité avec des figures blanches d’autorité pour progresser socio-économiquement (ex. Item 8 : « Fitting into school or work means swallowing your anger when you see racism » ; Item 31 : « Sometimes you have to make yourself less threatening to make White people around you comfortable »).
5. Principes traditionnels et spirituels (Old School Basics)
Cette dimension reflète les prescriptions morales traditionnelles, religieuses et fondées sur la foi, souvent transmises par les aînés et les grands-parents dans les familles afro-américaines. Elle insiste sur le rôle de la spiritualité comme bouclier contre la haine raciale, ainsi que sur l’importance de l’éducation morale précoce de l’enfant (ex. Item 9 : « Spiritual battles that people fight are more important than the physical battles » ; Item 28 : « Train up a child in the way he should go, and he will not turn away from it »).
6. Cadre théorique
La conception de l’échelle CARES s’appuie sur une synthèse rigoureuse de plusieurs modèles théoriques fondamentaux de la psychologie du développement des minorités :
Le modèle de la « Triple Contrainte » (Triple Quandary Framework) de Boykin
A. Wade Boykin (1986) postule que les personnes noires aux États-Unis évoluent simultanément au sein de trois sphères d’expérience psychosociale distinctes :
- L’expérience dominante (mainstream) : Participer à la culture américaine prédominante, axée sur l’individualisme et la méritocratie.
- L’expérience minoritaire (minority status) : Composer avec l’oppression raciale, la stigmatisation socio-historique et les désavantages structurels.
- L’expérience culturelle afro-américaine (Black cultural experience) : Vivre et valoriser des modèles de résilience, de spiritualité, de communalité et de créativité issus de l’héritage africain.
La CARES operacionalise directement ces trois dimensions : le Bicultural Coping correspond aux exigences de l’arène dominante, la Racial Protection répond à la condition minoritaire, tandis que les Cultural Insights et Old School Basics célèbrent l’arène culturelle afro-américaine.
Le modèle phénoménologique développemental écologique (PVEST) de Spencer
Le modèle Phenomenological Variant of Ecological Systems Theory (PVEST ; Spencer, 1995) stipule que les facteurs de stress contextuels (tels que la discrimination) sont filtrés par la perception phénoménologique de l’adolescent. Les messages de socialisation raciale agissent comme des ressources de soutien contextuel qui façonnent les stratégies d’adaptation (réactives ou constructives), influençant en dernier ressort la formation de l’identité et la trajectoire de vie.
La théorie de la négociation du stress racial et de la littératie raciale de Stevenson
Howard C. Stevenson (2014) théorise que les rencontres raciales discriminatoires agissent comme des micro-traumatismes provoquant une activation physiologique et émotionnelle intense. Selon Stevenson, la socialisation raciale permet d’acquérir une « littératie raciale » capable de réduire l’ambiguïté des agressions, d’apaiser l’état d’alerte physiologique et de sélectionner des réponses comportementales adaptées (par la parole, le calme ou l’action stratégique) plutôt que d’adopter des réactions impulsives destructrices ou une inhibition pathologique.
7. Validité
L’évaluation des propriétés métrologiques de la CARES s’est développée à travers divers travaux académiques, notamment les investigations initiales de Bentley-Edwards et Stevenson (2013) et les validations indépendantes conduites par la suite (e.g., Laurent, 2016) :
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été établie par la consultation d’experts en études africaines-américaines, en sociologie raciale et en psychologie du développement, garantissant que les formulations capturent fidèlement les nuances du discours vernaculaire contemporain (incluant les problématiques de genre et de colorisme). La validité de construit a été appuyée par des analyses factorielles confirmant l’indépendance relative des cinq composantes théoriques.
Validité convergente
Les scores de la sous-échelle Cultural Insights démontrent des corrélations positives statistiquement significatives avec les sous-échelles de fierté raciale (Racial Pride) du Multidimensional Inventory of Black Identity (MIBI ; Sellers et al., 1998) ainsi qu’avec des mesures d’estime de soi globale (Rosenberg Self-Esteem Scale). De manière congruente, la dimension Racial Protection est corrélée positivement avec la vigilance raciale perçue et la sensibilité au rejet fondé sur la race (Race-Based Rejection Sensitivity).
Validité prédictive et de critère
Dans son étude examinant l’influence de la socialisation raciale sur 249 étudiants universitaires afro-américains, Laurent (2016) a démontré que les différentes dimensions de la CARES exercent des effets différentiels sur la réussite académique et l’ajustement psychologique. Alors qu’une forte exposition aux Cultural Insights est corrélée à une meilleure auto-efficacité académique, l’exposition fréquente à des messages de Racial Stereotyping est associée à des scores plus élevés de stress perçu et à un sentiment d’aliénation institutionnelle.
8. Fidélité
La cohérence interne de la CARES a été documentée dans plusieurs cohortes d’adolescents et d’étudiants universitaires. Les indices de fidélité présentent une variabilité en fonction de l’homogénéité des construits mesurés :
Coefficients de cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon d’étudiants collégiaux analysé par Laurent (2016), les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour chacune des cinq dimensions se répartissent comme suit :
- Cultural Insights : α = 0,78 (niveau de cohérence satisfaisant)
- Racial Protection : α = 0,75 (niveau de cohérence satisfaisant)
- Bicultural Coping : α = 0,60 (niveau d’homogénéité modéré)
- Old School Basics : α = 0,56 (niveau d’homogénéité acceptable pour un construit bref et multidimensionnel)
- Racial Stereotyping : α = 0,48 (niveau de cohérence modeste)
Le coefficient plus modeste observé pour la sous-échelle Racial Stereotyping (α = 0,48) s’explique par la nature hétérogène des stéréotypes abordés dans l’inventaire, qui englobent à la fois des représentations sexuelles, économiques, genrées (ex. hommes vs femmes noires) et intra-ethniques (ex. Africains vs Afro-Américains). Dans l’évaluation de construits multifacettes exploratoires, des alphas plus bas sont fréquents et n’invalident pas l’utilité clinique ou descriptive des items individuels.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de l’échelle CARES a été initialement dégagée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Bentley-Edwards et Stevenson (2013) sur les 35 items primitifs, utilisant des rotations obliques (Promax) pour tenir compte de la non-orthogonalité inhérente aux processus de socialisation.
Structure sous-jacente
L’extraction factorielle a mis en lumière cinq facteurs principaux expliquant une part substantielle de la variance totale :
- Facteur 1 (Protection raciale) : Regroupe des items insistant sur la reconnaissance de la partialité sociétale, l’obligation d’un surcroît d’efforts face aux Blancs et la nécessité d’assumer une posture d’affirmation face aux propos discriminatoires (ex. items 10, 23, 25, 30, 33). Les saturations factorielles de ces items dépassent généralement 0,45.
- Facteur 2 (Perspectives culturelles) : Sature fortement sur les items renvoyant à l’histoire collective, à la fierté noire, à la commémoration de l’esclavage et à la transmission intergénérationnelle du patrimoine panafricain (ex. items 1, 2, 3, 20, 21, 24).
- Facteur 3 (Stéréotypes raciaux) : Composé d’énoncés exprimant le dénigrement intragroupe, le colorisme, l’aliénation financière et les stéréotypes sexistes ou antisociaux (ex. items 5, 7, 11, 14, 15, 18, 35).
- Facteur 4 (Adaptation biculturelle) : Isole des énoncés axés sur la conformité aux normes dominantes blanches, la dissimulation tactique des émotions négatives et la modération du comportement pour apaiser les pairs blancs (ex. items 8, 22, 26, 31).
- Facteur 5 (Bases traditionnelles / spirituelles) : Regroupe les items à connotation théologique, d’encadrement éducatif familial strict et d’élévation morale (ex. items 9, 13, 28, 34).
Les modélisations en équations structurelles (AFC) conduites dans les études subséquentes confirment la supériorité statistique du modèle oblique à cinq facteurs par rapport aux modèles unifactoriels d’exposition globale à la socialisation raciale, validant le postulat que la transmission culturelle n’est pas uniforme mais multidirectionnelle.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire auto-rapporté papier-crayon ou informatisé comprenant les caractéristiques métrologiques suivantes :
- Nombre total d’items : 35 items rédigés sous forme d’affirmations affirmatives ou déclaratives.
- Format d’évaluation double : Pour chaque énoncé, le participant renseigne :
- Fréquence d’exposition : Échelle ordinale en 3 points :
Never(Jamais) = 0 ou 1 selon le codageA Few Times(Quelques fois) = 1 ou 2Lots of Times(De nombreuses fois) = 2 ou 3
- Agent de transmission (Source) : Sélection multiple parmi 9 sources répertoriées :
- Mère / Tutrice légale (Mother/Guardian)
- Père / Tuteur légal (Father/Guardian)
- Grand-parent (Grandparent)
- Fratrie (Sibling)
- Enseignant / Professeur (Teacher/Professor)
- Autre adulte (Other Adult)
- Ami / Pair (Friend/Peer)
- Médias (TV, Films, Internet, Livres) (Media)
- Personne ne me l’a dit (No one told me)
- Temps d’administration : Environ 15 à 20 minutes pour l’ensemble des 35 items.
- Cotation : Calcul de scores moyens ou composites par sous-échelle en additionnant les fréquences des items affiliés à chaque dimension, divisé par le nombre d’items de la sous-échelle. L’analyse des sources permet une cartographie sociométrique de la provenance des messages.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle CARES a été introduite dans les travaux universitaires en 2013 par Keisha L. Bentley-Edwards et Howard C. Stevenson. Elle s’inscrit dans le domaine de la recherche psychométrique et psychosociale publique.
- Statut d’utilisation et coût : L’outil est accessible à titre gratuit pour des visées de recherche scientifique académique, de travaux de thèse ou d’évaluation clinique non commerciale. Aucun droit de licence pécuniaire n’est requis pour son utilisation universitaire standard.
- Conditions d’usage : Les chercheurs souhaitant employer la CARES doivent citer adéquatement les travaux princeps des auteurs (Bentley-Edwards & Stevenson, 2013) et sont encouragés à contacter les auteurs pour obtenir les manuels de codage spécifiques ou signaler leurs publications de validation transculturelle.
- Dépôt institutionnel : L’instrument complet et sa description méthodologique sont consultables dans des dépôts universitaires en accès ouvert, notamment via les thèses et dissertations hébergées par ScholarWorks à Western Michigan University.
12. Références
- Bentley-Edwards, K. L., & Stevenson, H. C. (2013). Evolving with the times: Recasting racial/ethnic socialization measurement to account for multidimensional processes (Manuscrit non publié sous presse). University of Pennsylvania / Duke University.
- Boykin, A. W., & Toms, F. D. (1985). Black child socialization: A conceptual framework. Dans H. P. McAdoo & J. L. McAdoo (Dirs.), Black children: Social, educational, and parental environments (pp. 33-51). Sage Publications.
- Hughes, D., Rodriguez, J., Smith, E. P., Johnson, D. J., Stevenson, H. C., & Spicer, P. (2006). Parents’ ethnic-racial socialization practices: A review of research and agenda for the future. Developmental Psychology, 42(5), 747-770. https://doi.org/10.1037/0012-1649.42.5.747
- Laurent, V. R. (2016). The influence of racial socialization on the academic achievement of Black college students (Thèse de doctorat, Western Michigan University). Dissertations. 1609. https://scholarworks.wmich.edu/dissertations/1609
- Sellers, R. M., Rowley, S. A., Chavous, T. M., Shelton, J. N., & Smith, M. A. (1998). Multidimensional Inventory of Black Identity: A preliminary investigation of reliability and constuct validity. Journal of Personality and Social Psychology, 73(4), 805-815. https://doi.org/10.1037/0022-3514.73.4.805
- Spencer, M. B. (1995). Old issues and new reconceptualizations for investigating self-esteem, identity, and competence formation in African American youth. Dans G. K. Verma (Dir.), Fragile success: Tenacity of hope (pp. 37-57). Falmer Press.
- Stevenson, H. C. (1994). Validation of the Scale of Racial Socialization for African American Adolescents: Steps toward multidimensionality. Journal of Black Psychology, 20(4), 445-468. https://doi.org/10.1177/00957984940204005
- Stevenson, H. C. (2014). Promoting racial literacy in schools: Differences that make a difference. Teachers College Press.
13. Questions et items du questionnaire
Rating Scale 1 — How often?
Never
A Few Times
Lots of Times
Rating Scale 2 — Where did you hear this?
Mother/Guardian
Father/Guardian
Grandparent
Sibling
Teacher/Professor
Other Adult
Friend/Peer
Media (TV, Movies, Internet, Books)
No one told me
- You should be proud to be Black.
- Schools should be required to teach all children about Black history.
- It’s important to remember the experience of Black slavery.
- Living in an all Black neighborhood is no way to show that you are successful.
- African and Caribbean people think they are better than Black Americans.
- You really can’t trust most White people.
- Poor Black people are always looking for a hand out.
- Fitting into school or work means swallowing your anger when you see racism.
- Spiritual battles that people fight are more important than the physical battles.
- Whites make it hard for people to get ahead in this world.
- Life is easier for light-skinned Black people than it is for dark-skinned Black people.
- Since the world has become so multicultural‚ it’s wrong to only focus on Black issues.
- Black children should be taught early that God can protect them from racial hatred.
- Sports are the only way for Black kids to get out of the hood.
- Black men just want sex.
- Black women keep the family strong.
- Africans and Caribbean people get along with Black Americans.
- When Black people make money‚ they try to forget they are Black.
- You can’t trust Black people who act too friendly with White people.
- « Don’t forget who your people are because you may need them someday. »
- You should learn more about Black history so that you can prevent people from treating you unfairly.
- Black children will learn more if they go to a mostly White school.
- You have to work twice as hard as Whites in order to get ahead in this world.
- Knowing your African heritage is important for the survival of Black people.
- Sometimes you have to correct White people when they make racist statements about Black people.
- You can learn a lot from being around important White people.
- Racism is not as bad today as it used to be.
- « Train up a child in the way he should go‚ and he will not turn away from it. »
- Black people have to work together in order to get ahead.
- More jobs would be open to African Americans if employers were not racist.
- Sometimes you have to make yourself less threatening to make White people around you comfortable.
- Light skinned Blacks think they are better than dark-skinned Black people.
- Racism is real‚ and you have to understand it or it will hurt you.
- Good Black men are the backbone of a strong family.
- Black women just want money.