1. Résumé / Abstract
L’Échelle des expériences antibisexuelles (Anti-Bisexual Experiences Scale ou ABES), élaborée et validée par Melanie E. Brewster et Bonnie Moradi (2010), constitue l’un des instruments psychométriques de référence pour évaluer quantitativement la fréquence des micro-agressions, des préjugés et des discriminations spécifiques vécus par les personnes bisexuelles. Contrairement aux échelles traditionnelles mesurant l’hétérosexisme ou l’homophobie générale, l’ABES a été conçue pour capturer la nature singulière de la biphobie et du monosexisme, lesquels émanent non seulement de la majorité hétérosexuelle, mais également des communautés de minorités sexuelles (personnes gaies et lesbiennes). L’instrument comprend 23 items structurés autour de trois dimensions factorielles distinctes : (1) l’Instabilité de l’orientation sexuelle (Sexual Orientation Instability), mesurant la délégitimation et l’invisibilisation de la bisexualité perçue comme une phase transitoire ou confuse ; (2) l’Irresponsabilité sexuelle (Sexual Irresponsibility), capturant les stéréotypes d’hypersexualité, de promiscuité, de transmission d’IST et d’incapacité à la fidélité ; et (3) l’Hostilité interpersonnelle (Interpersonal Hostility), évaluant le rejet relationnel explicite, l’évitement et l’aliénation sociale.
Une particularité méthodologique majeure de l’ABES réside dans sa structure d’administration à double évaluation : les participants évaluent chaque item à deux reprises, une première fois pour rapporter la fréquence de ces expériences vécues auprès d’individus hétérosexuels, et une seconde fois auprès de personnes gaies ou lesbiennes. Les réponses sont recueillies sur une échelle de fréquence de type Likert en 6 points (allant de Jamais à Presque tout le temps). Les études initiales de Brewster et Moradi (2010) démontrent d’excellentes propriétés psychométriques, avec une consistance interne globale remarquable (α = 0,95 pour les sources hétérosexuelles et α = 0,95 pour les sources gaies/lesbiennes) et des coefficients alpha robustes pour chaque sous-échelle (oscillant entre 0,88 et 0,95). L’ABES s’avère indispensable pour opérationnaliser le modèle du stress des minorités appliqué aux populations bisexuelles et permet d’élucider les disparités de santé mentale qui affectent cette population souvent marginalisée au sein même des minorités sexuelles.
2. Mots-clés / Keywords
Biphobie, monosexisme, échelle des expériences antibisexuelles, ABES, Melanie Brewster, Bonnie Moradi, stress des minorités, bisexualité, santé mentale LGB, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle des expériences antibisexuelles a été conceptualisée et validée scientifiquement par :
- Melanie E. Brewster, Ph.D. : Professeure agrégée de psychologie du conseil au Teachers College de l’Université Columbia (New York, États-Unis). Ses travaux de recherche se concentrent sur la marginalisation sociale, la santé mentale des minorités sexuelles et de genre, ainsi que sur l’intersectionnalité des identités stigmatisées. Courriel académique : [email protected].
- Bonnie Moradi, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et directrice du Center for Gender, Sexualities, and Women’s Studies Research à l’Université de Floride (Gainesville, États-Unis). Reconnue internationalement pour ses contributions fondamentales au modèle du stress des minorités, à la théorie de l’objectification et à la psychométrie appliquée aux populations marginalisées. Courriel académique : [email protected].
4. Objectif / Purpose
Le développement de l’ABES répond à une lacune empirique et théorique majeure dans le champ de la psychologie des orientations sexuelles. Pendant plusieurs décennies, la recherche psychologique a regroupé l’ensemble des minorités sexuelles sous un même acronyme ou a extrapolé les données relatives aux hommes gais et aux femmes lesbiennes à l’ensemble du spectre non hétérosexuel. Or, les données épidémiologiques contemporaines révèlent de manière constante que les individus bisexuels présentent des taux significativement plus élevés de dépression, d’anxiété généralisée, de détresse psychologique, de consommation problématique de substances et d’idéations suicidaires que leurs pairs hétérosexuels, mais également que leurs pairs gais et lesbiennes.
Cette vulnérabilité accrue ne peut être comprise sans un outil capable de mesurer les stresseurs spécifiques auxquels sont confrontées les personnes bisexuelles. L’ABES poursuit ainsi plusieurs objectifs cruciaux :
- Mesurer le monosexisme et la biphobie spécifique : Les instruments génériques d’hétérosexisme (comme la Heterosexist Harassment, Rejection, and Discrimination Scale) évaluent la réprobation de l’attirance pour le même sexe. Ils échouent cependant à capturer la délégitimation de l’attirance plurielle, la négation de l’identité bisexuelle (« l’effacement bisexuel ») et les mythes liés à la cupidité sexuelle ou à l’infidélité pathologique.
- Distinguer les sources de discrimination (la « double discrimination ») : Les personnes bisexuelles évoluent à l’intersection de deux cultures dominantes : la société hétéronormative et les sous-cultures gaies/lesbiennes. L’ABES est le premier instrument standardisé permettant d’évaluer de façon symétrique les préjugés antibisexuels provenant de personnes hétérosexuelles et ceux émanant de personnes gaies ou lesbiennes. Cette distinction permet d’analyser l’impact différentiel du rejet endogroupe (perte de soutien au sein de la communauté LGBTQ+) par rapport au rejet exogroupe (oppression sociétale généralisée).
- Applications cliniques et de recherche : En recherche clinique et en psychologie sociale, l’ABES sert à tester empiriquement les mécanismes médiateurs et modérateurs reliant la stigmatisation perçue à la détérioration de la santé mentale. En consultation psychothérapeutique, elle offre aux cliniciens un cadre structuré pour explorer les micro-agressions vécues par le patient, valider son vécu d’invalidation identitaire et déconstruire la honte ou la biphobie intériorisée.
5. Construit psychologique / Construct
L’ABES opérationnalise le construit de la stigmatisation antibisexuelle perçue (perceived anti-bisexual prejudice). Ce construit multidimensionnel s’articule autour de trois facteurs stables, confirmés par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses :
1. Instabilité de l’orientation sexuelle (Sexual Orientation Instability)
Cette sous-échelle (11 items) mesure la tendance de l’entourage social à percevoir la bisexualité non pas comme une orientation sexuelle légitime, stable et autonome, mais comme un état transitoire, immature ou indécis. Elle quantifie les expériences d’« effacement bisexuel » (bisexual erasure) et d’invalidation cognitive. Les manifestations types incluent :
- L’affirmation que la bisexualité est « juste une phase » d’exploration ou une « curiosité sexuelle passagère » (items 1, 5, 20).
- Le stéréotype de l’indécision, qualifiant la personne de « fence-sitter » (qui ménage la chèvre et le chou) ou d’incapable de faire un choix définitif (item 3).
- Le déni explicite de l’identité : considérer que l’individu est en réalité secrètement homosexuel et n’assume pas son « coming out », ou qu’il est fondamentalement hétérosexuel et cherche à attirer l’attention (items 14, 22).
- La pression sociale exercée pour forcer l’individu à s’insérer dans un schéma binaire strict (soit gai/lesbienne, soit hétérosexuel ; item 15).
2. Irresponsabilité sexuelle (Sexual Irresponsibility)
Cette sous-échelle (7 items) évalue la confrontation aux stéréotypes d’hypersexualité, de manque de contrôle des pulsions et de déloyauté relationnelle attribués aux personnes bisexuelles. Le construit repose sur l’idée reçue selon laquelle l’attirance pour plus d’un genre équivaudrait à un besoin irrépressible d’avoir simultanément des partenaires de genres différents. Cette dimension comprend :
- La présomption d’infidélité systématique et l’incapacité perçue à maintenir un engagement exclusif ou loyal au sein d’un couple (items 2, 8).
- La stigmatisation sanitaire, consistant à percevoir la personne bisexuelle comme un « vecteur » privilégié d’infections transmissibles sexuellement (IST/VIH) entre les communautés hétérosexuelles et homosexuelles (item 11).
- L’hypersexualisation et la réduction de l’identité bisexuelle à une obsession érotique dénuée de profondeur émotionnelle (items 13, 16, 19).
- L’invalidation de la capacité de l’individu à entretenir des relations amoureuses saines et durables (item 23).
3. Hostilité interpersonnelle (Interpersonal Hostility)
Cette sous-échelle (5 items) mesure les formes plus directes et manifestes de rejet social, d’ostracisme et de discrimination relationnelle motivées par l’identité bisexuelle de l’individu. Contrairement aux deux premières sous-échelles centrées sur des croyances stéréotypées, celle-ci capture l’impact comportemental négatif de ces préjugés dans la sphère relationnelle :
- Le refus d’amitié ou la rupture de liens amicaux suite au dévoilement de l’orientation bisexuelle (item 4).
- Le malaise explicite ressenti et manifesté par autrui en présence de la personne bisexuelle (item 6).
- L’aliénation, l’exclusion délibérée des réseaux sociaux ou des groupes de pairs (items 10, 21).
- Les traitements négatifs généraux et l’animosité interpersonnelle caractérisée (item 17).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ABES s’ancre principalement dans le modèle du stress des minorités d’Ilan H. Meyer (2003), initialement formulé pour les populations gaies et lesbiennes, puis enrichi pour intégrer les spécificités des identités plurisexuelles. Selon Meyer, les membres de groupes stigmatisés subissent des stresseurs chroniques, uniques et socialement structurés, distincts des stresseurs de la vie quotidienne. Ces stresseurs s’échelonnent sur un continuum allant de stresseurs distaux (événements objectifs de discrimination, micro-agressions environnementales, rejet manifeste) à des stresseurs proximaux (vigilance constante, anticipation du rejet, intériorisation de la stigmatisation).
L’ABES opérationnalise précisément les stresseurs distaux spécifiques à la bisexualité. L’assise théorique emprunte également aux travaux fondamentaux de :
- Kenji Yoshino (2000) et le concept d’effacement bisexuel (epistemic contract of bisexual erasure) : Yoshino postule que tant la culture hétérosexuelle dominante que la culture gaie/lesbienne ont un intérêt structurel à stabiliser l’épistémologie binaire de l’orientation sexuelle. Reconnaître la bisexualité menace l’étanchéité des catégories identitaires et la clarté des frontières politiques. L’ABES traduit ce mécanisme théorique à travers sa sous-échelle d’instabilité, démontrant que l’effacement n’est pas une simple absence de visibilité, mais une pratique active de délégitimation.
- Gregory M. Herek (2002) sur la biphobie vs homophobie : Herek a démontré empiriquement que les attitudes envers les personnes bisexuelles présentent des profils qualitatifs différents de ceux envers les homosexuels. Alors que l’hétérosexisme réprobateur cible la non-conformité de genre et la sexualité entre personnes de même sexe, la biphobie active des stéréotypes de duplicité morale, d’instabilité psychologique et de danger épidémiologique.
- La théorie de l’identité sociale (Tajfel & Turner, 1986) : Dans le cadre de l’ABES, cette théorie éclaire le phénomène de « double rejet ». Pour les hétérosexuels, les bisexuels constituent un hors-groupe déviant. Pour les personnes gaies et lesbiennes, les bisexuels peuvent être perçus comme des « traîtres potentiels », soupçonnés de jouir du privilège hétérosexuel lorsqu’ils sont en couple avec une personne de sexe différent, tout en revendiquant l’accès aux espaces sécurisés de la communauté queer. L’ABES est structurée pour saisir cette dynamique psychosociale bilatérale unique.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique de l’ABES par Brewster et Moradi (2010) s’est appuyée sur deux échantillons indépendants de participants bisexuels recrutés en ligne (Échantillon 1 : N = 369 ; Échantillon 2 : N = 445), fournissant des preuves robustes sur de multiples facettes de la validité :
Validité de construit et validité factorielle
Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont comparé plusieurs modèles concurrents (modèle unidimensionnel, modèle à deux facteurs, modèle à trois facteurs indépendants et modèle hiérarchique). Le modèle à trois facteurs corrélés a présenté un ajustement supérieur aux données empiriques, validant la pertinence de distinguer l’instabilité, l’irresponsabilité et l’hostilité. De plus, la structure factorielle s’est révélée invariante que la source des attitudes évaluée soit hétérosexuelle ou homosexuelle.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de magnitude théoriquement cohérente avec plusieurs construits associés :
- Détresse psychologique : Les scores totaux et factoriels de l’ABES (qu’ils proviennent de sources hétérosexuelles ou homosexuelles) sont positivement et significativement corrélés avec les scores de dépression et d’anxiété mesurés par l’instrument Hopkins Symptom Checklist-21 (r variant de 0,30 à 0,45, p < 0,001).
- Biphobie intériorisée : Les expériences de préjugés antibisexuels mesurées par l’ABES prédisent significativement des niveaux accrus de biphobie intériorisée (invalidation de sa propre orientation, culpabilité identitaire).
- Hétérosexisme général : L’ABES présente des corrélations modérées à fortes (r ≈ 0,50 à 0,65) avec les mesures génériques d’hétérosexisme perçu, confirmant qu’elle partage une variance commune liée à la stigmatisation générale tout en capturant une variance spécifique substantielle.
Validité incrémentale et discriminante
Des analyses de régression multiple hiérarchique ont établi la validité incrémentale de l’ABES : après avoir contrôlé les effets des micro-agressions hétérosexistes générales, les scores de l’ABES expliquent une part de variance unique et statistiquement significative dans la détresse psychologique des individus bisexuels. Cela prouve de manière décisive que les échelles génériques d’homophobie sont insuffisantes pour rendre compte de l’impact psychopathologique de la biphobie.
8. Fidélité / Reliability
Les indices de consistance interne de l’ABES rapportés dans l’étude princeps de Brewster et Moradi (2010) témoignent d’une fidélité psychométrique remarquable, excédant largement les seuils conventionnels de 0,70 ou 0,80 requis en psychométrie :
Fidélité selon la source de préjugés
- Préjugés antibisexuels de la part de personnes hétérosexuelles (ABES-Hétérosexuel) :
- Sous-échelle Sexual Orientation Instability (11 items) : α = 0,94
- Sous-échelle Sexual Irresponsibility (7 items) : α = 0,90
- Sous-échelle Interpersonal Hostility (5 items) : α = 0,88
- Score global composite (23 items) : α = 0,95
- Préjugés antibisexuels de la part de personnes gaies/lesbiennes (ABES-Gai/Lesbienne) :
- Sous-échelle Sexual Orientation Instability (11 items) : α = 0,95
- Sous-échelle Sexual Irresponsibility (7 items) : α = 0,91
- Sous-échelle Interpersonal Hostility (5 items) : α = 0,88
- Score global composite (23 items) : α = 0,95
Ces coefficients ont été répliqués de manière cohérente dans des études ultérieures portant sur des échantillons diversifiés (ex. Brewster et al., 2013 ; Flanders et al., 2017), avec des coefficients alpha oscillant systématiquement entre 0,87 et 0,96 pour les dimensions factorielles et le score global. Les indices de fidélité composite (omega de McDonald) rapportés dans des réanalyses modernes confirment l’absence d’inflation artificielle de la fidélité par redondance des items.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement psychométrique de l’ABES a suivi une démarche en deux étapes méthodologiquement rigoureuses :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Initialement, un pool préliminaire de 48 items généré à partir d’une revue systématique de la littérature et d’entretiens qualitatifs a été administré au premier échantillon (N = 369). Une analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax) a été réalisée séparément pour les évaluations ciblant les sources hétérosexuelles et les sources homosexuelles. L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser > 1), le test du coude de Cattell et l’analyse parallèle de Horn ont convergé vers une solution stable à trois facteurs. Les items présentant des saturations primaires inférieures à 0,40 ou des saturations croisées supérieures à 0,30 ont été éliminés, aboutissant à la sélection définitive des 23 items de l’échelle finale.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Sur le second échantillon indépendant (N = 445), des AFC ont testé l’adéquation du modèle trifactoriel à l’aide de l’estimateur du maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les indices d’ajustement globaux ont confirmé une excellente conformité théorique :
- Pour l’échelle ABES-Hétérosexuel : χ²/dl < 2,5 ; Comparative Fit Index (CFI) = 0,95 ; Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,94 ; Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,051 (IC 90% [0,046 ; 0,056]) ; Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,042.
- Pour l’échelle ABES-Gai/Lesbienne : χ²/dl < 2,4 ; CFI = 0,95 ; TLI = 0,95 ; RMSEA = 0,049 (IC 90% [0,044 ; 0,054]) ; SRMR = 0,040.
Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur leurs facteurs respectifs étaient fortes et statistiquement significatives (variant de 0,62 à 0,89, avec une moyenne supérieure à 0,75). Les corrélations entre les trois facteurs latents étaient modérées à élevées (variant entre 0,55 et 0,72), justifiant à la fois l’utilisation des scores sous-échelles individuels et le calcul d’un score total unifié représentant l’exposition globale aux préjugés antibisexuels.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé mesurant la stigmatisation vécue et perçue.
- Format d’évaluation : Format double/symétrique (dual-target reporting). Chaque item est complété deux fois : une première fois pour quantifier les interactions avec des personnes hétérosexuelles (heterosexual people) et une seconde fois pour les interactions avec des personnes gaies ou lesbiennes (lesbian/gay people).
- Nombre total d’items : 23 items (soit 46 réponses au total au cours de la passation).
- Format de réponse : Échelle ordinale en 6 points ancrée sur la fréquence relative d’occurrence :
- 1 = Si cela ne vous est JAMAIS arrivé (NEVER happened to you)
- 2 = Si cela vous est arrivé DE TEMPS EN TEMPS [moins de 10% du temps] (ONCE IN A WHILE [< 10% of the time])
- 3 = Si cela vous est arrivé PARFOIS [10% à 25% du temps] (SOMETIMES [10%-25% of the time])
- 4 = Si cela vous est arrivé SOUVENT [26% à 49% du temps] (A LOT [26%-49% of the time])
- 5 = Si cela vous est arrivé LA PLUPART DU TEMPS [50% à 70% du temps] (MOST OF THE TIME [50%-70% of the time])
- 6 = Si cela vous est arrivé PRESQUE TOUT LE TEMPS [plus de 70% du temps] (ALMOST ALL OF THE TIME [> 70% of the time])
- Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Aucun item inversé. Tous les items sont formulés dans le sens direct du préjugé.
- Les scores peuvent être calculés sous forme de moyenne (allant de 1 à 6) ou de somme brute pour chaque sous-échelle et pour l’échelle globale :
- Instabilité de l’orientation sexuelle (Instability) : Moyenne des items 1, 3, 5, 7, 9, 12, 14, 15, 18, 20, 22.
- Irresponsabilité sexuelle (Irresponsibility) : Moyenne des items 2, 8, 11, 13, 16, 19, 23.
- Hostilité interpersonnelle (Hostility) : Moyenne des items 4, 6, 10, 17, 21.
- Score total ABES : Moyenne des 23 items.
- Ces scores sont calculés séparément pour la forme « source hétérosexuelle » et pour la forme « source gaie/lesbienne », permettant d’obtenir deux profils distincts ou un indice comparatif d’exposition au monosexisme.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 2008 (thèse de maîtrise de Melanie E. Brewster à l’Université de Floride) ; première publication officielle dans une revue à comité de lecture en 2010.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Déposés auprès de l’American Psychological Association (APA) et des autrices (Melanie E. Brewster et Bonnie Moradi).
- Tarification et accès : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique et d’utilisation clinique non commerciale. Aucune redevance financière n’est requise pour une utilisation scientifique ou doctorale.
- Modalités d’autorisation : Les chercheurs souhaitant administrer l’ABES sont invités à citer formellement l’article de référence de 2010 dans le Journal of Counseling Psychology et peuvent contacter directement les autrices pour obtenir le protocole de codage officiel.
12. Références / References
Les sources et études fondatrices relatives à l’ABES et au cadre théorique associé comprennent :
- Brewster, M. E. (2008). Perceived anti-bisexual prejudice experiences of bisexual individuals: Scale development and evaluation (Dissertation de maîtrise inédite). University of Florida, Gainesville, FL. http://etd.fcla.edu/UF/UFE0022157/brewster_m.pdf
- Brewster, M. E., & Moradi, B. (2010). Perceived anti-bisexual prejudice experiences of bisexual individuals: Scale development and evaluation. Journal of Counseling Psychology, 57(4), 451–468. https://doi.org/10.1037/a0021116
- Brewster, M. E., Moradi, B., DeBlaere, C., & Velez, B. L. (2013). Navigating the borderlands: The roles of minority stressors, bicultural self-efficacy, and cognitive flexibility in the mental health of bisexual individuals. Journal of Counseling Psychology, 60(4), 543–556. https://doi.org/10.1037/a0033224
- Flanders, C. E., LeBreton, M. E., Robinson, M., Bian, J., & Caravan, M. C. (2017). Defining bisexuality: Young bisexual and queer people’s voices. Journal of Bisexuality, 17(1), 39–57. https://doi.org/10.1080/15299716.2016.1227016
- Herek, G. M. (2002). Heterosexuals’ attitudes toward bisexual men and women in the United States. The Journal of Sex Research, 39(4), 264–274. https://doi.org/10.1080/00224490209552150
- Meyer, I. H. (2003). Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: Conceptual issues and research evidence. Psychological Bulletin, 129(5), 674–697. https://doi.org/10.1037/0033-2909.129.5.674
- Yoshino, K. (2000). The epistemic contract of bisexual erasure. Stanford Law Review, 52(2), 353–461. https://doi.org/10.2307/1229482