1. Résumé / Abstract
L’Échelle des états d’esprit positifs (Positive States of Mind Scale, abrégée PSOM) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par Mardi J. Horowitz, Nancy E. Adler et Susan M. Kegeles en 1988, puis validé de manière approfondie par Adler, Horowitz, Garcia et Moyer en 1998. Cet outil a été élaboré pour combler une lacune fondamentale dans l’évaluation psychologique et psychosomatique : la sous-représentation des états affectifs et cognitifs positifs au profit quasi exclusif de la symptomatologie négative et de la détresse psychologique, telle que mesurée par des inventaires de dépression ou d’anxiété. La PSOM conceptualise la santé mentale non pas comme l’absence de psychopathologie, mais comme la capacité active d’un individu à accéder à des états d’esprit adaptatifs, gratifiants et intégrés dans sa vie quotidienne.
L’instrument se compose de sept items fondamentaux représentant des dimensions phénoménologiques distinctes : l’attention focalisée (Focused Attention), la productivité (Productivity), la sollicitude responsable (Responsible Caretaking), le repos réparateur (Restful Repose), le partage empathique (Sharing), le plaisir sensuel non sexuel (Sensuous Nonsexual Pleasure) et le plaisir sexuel (Sexual Pleasure). Chaque item est formulé sous la forme d’un état d’esprit décrit par une courte définition phénoménologique. Les répondants évaluent leur capacité ou leur facilité à éprouver ces états au cours d’une période temporelle définie (généralement la semaine précédente) à l’aide d’une échelle ordinale de cotation en 4 points (allant de 0 = incapable d’éprouver / jamais, à 3 = éprouvé facilement / souvent).
Sur le plan des qualités psychométriques, la PSOM présente une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,85 selon les populations cliniques et non cliniques étudiées. Les études de stabilité temporelle (test-retest) démontrent une fiabilité adéquate sur des intervalles de plusieurs semaines. Les analyses factorielles confirment l’existence d’un facteur général prédominant de bien-être mental positif, tout en reconnaissant la spécificité clinique des sept domaines explorés. La validité convergente et la validité discriminante sont solidement documentées : les scores de la PSOM corrèlent négativement avec les mesures de détresse psychologique, de stress perçu et de dépression (telles que le BDI ou le SCL-90-R), et positivement avec des indices d’optimisme, d’estime de soi, d’affects positifs et de santé physique globale.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle des états d’esprit positifs, PSOM, psychométrie, Mardi Horowitz, Nancy Adler, psychologie positive, santé psychosomatique, bien-être psychologique, affect positif, évaluation clinique, hédonisme, eudémonisme, régulation émotionnelle, attention focalisée, stress.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle des états d’esprit positifs a été développée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan rattachés à l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) :
- Mardi J. Horowitz, M.D. : Professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Californie à San Francisco (UCSF). Théoricien majeur des troubles liés au stress, de l’état de stress post-traumatique (ESPT) et des mécanismes de défense intrapsychiques, Horowitz a également dirigé le Center for the Study of Neuroses puis le Program on Conscious and Unconscious Mental Processes financé par la Fondation John D. and Catherine T. MacArthur.
- Nancy E. Adler, Ph.D. : Professeure de psychologie médicale aux départements de psychiatrie et de pédiatrie à l’UCSF, directrice du Center for Health and Community. Pionnière mondialement reconnue des déterminants psychosociaux de la santé, du statut socio-économique et des voies psychobiologiques reliant les états mentaux aux pathologies organiques.
- Susan M. Kegeles, Ph.D. : Professeure et chercheuse en santé publique et comportementale à l’UCSF (Center for AIDS Prevention Studies), spécialiste des interventions psychosociales et de l’épidémiologie comportementale.
- Ariel Garcia, M.A. : Statisticien et méthodologiste au département de psychiatrie de l’UCSF, ayant activement collaboré à la validation psychométrique avancée de l’échelle publiée en 1998.
- Anne Moyer, Ph.D. : Professeure de psychologie à l’Université Stony Brook (Stony Brook University, New York), experte en psychologie de la santé, méta-analyses et évaluation des interventions psychosociales appliquées aux maladies chroniques.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Positive States of Mind Scale (PSOM) est de fournir une mesure brève, rigoureuse et opérationnelle de la capacité d’un individu à expérimenter une diversité d’états psychologiques positifs, hautement adaptatifs et restaurateurs. Historiquement, la psychiatrie clinique et la médecine psychosomatique ont privilégié une approche déficitaire ou nosologique, postulant implicitement que le bien-être découle mécaniquement de l’absence de symptômes dépressifs, anxieux ou somatomorphes. Horowitz, Adler et leurs collaborateurs ont contesté ce paradigme en avançant que la santé mentale positive constitue un construit psychologique indépendant, doté de dynamiques propres, de mécanismes neurobiologiques distincts et d’un pouvoir prédictif direct sur la longévité, l’immunité et la résistance au stress.
Dans les contextes de recherche clinique et psychosomatique, la PSOM est employée pour analyser comment le maintien de ces états d’esprit positifs amortit les effets néfastes du stress chronique, de l’adversité sociale ou des pathologies somatiques lourdes (telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires ou les infections virales chroniques). L’instrument répond à la question suivante : même en présence de facteurs de stress objectifs, l’individu conserve-t-il la flexibilité psychique nécessaire pour s’investir dans une tâche productive, partager un moment d’intimité, goûter à un plaisir sensoriel ou ressentir une profonde détente ?
En pratique clinique et psychothérapeutique, la PSOM sert d’instrument diagnostique fonctionnel et de baromètre d’évolution thérapeutique. Plutôt que de traquer uniquement la décroissance des scores sur une échelle de dépression, le thérapeute peut cartographier les ressources psychologiques préservées ou altérées du patient. Par exemple, une personne peut manifester une réduction notable de son anxiété tout en demeurant incapable d’accéder au « repos réparateur » ou au « plaisir sensuel », signalant ainsi un rétablissement incomplet ou un état d’anhédonie résiduelle. La PSOM offre ainsi une lecture granulaire des capacités régulatrices du moi, facilitant le ciblage d’interventions orientées vers les forces (strengths-based assessments) et la psychothérapie positive.
5. Construit psychologique / Construct
La PSOM opérationnalise le construit d’« états d’esprit positifs » non pas comme de simples traits de personnalité immuables (tels que l’extraversion), ni comme une humeur globale diffuse (comme l’affect positif général du PANAS), mais comme des configurations phénoménologiques spécifiques combinant des composantes cognitives, affectives, relationnelles et somatosensorielles. L’échelle déploie sept dimensions qualitatives fondamentales :
1. Attention focalisée (Focused Attention)
Cette dimension renvoie à la capacité d’orienter et de maintenir délibérément ses ressources attentionnelles sur une tâche donnée, sans être assailli ou détourné par des distractions internes (ruminations dépressives, pensées intrusives d’angoisse ou conflits intérieurs). Sur le plan clinique, l’attention focalisée représente l’intégrité des fonctions exécutives et le contrôle de l’attention cognitive. Elle illustre un état de clarté mentale et d’absorption fonctionnelle, condition préalable à toute activité complexe et rempart direct contre l’agitation mentale.
2. Productivité (Productivity)
La productivité désigne le sentiment de persévérance et d’efficacité personnelle conduisant à l’accomplissement d’un travail ou d’une responsabilité jusqu’à son terme, mais également la capacité à concevoir des solutions inédites face aux difficultés ou à s’exprimer de manière créative. Ce construit transcende la simple exécution mécanique ; il intègre une valence motivationnelle intrinsèque, le sentiment d’agentivité (auto-efficacité selon Bandura) et la satisfaction de matérialiser un projet ou une intuition personnelle.
3. Sollicitude responsable (Responsible Caretaking)
Cet état d’esprit reflète la perception morale et affective d’agir en accord avec ses devoirs de soin, de soutien et de bienveillance envers soi-même ou autrui. Loin d’être vécu comme un fardeau ou une obligation écrasante, ce comportement de sollicitude génère un sentiment de compétence éthique, d’alignement avec ses valeurs et d’utilité relationnelle. Il constitue l’ancrage du comportement prosocial et de l’auto-compassion active.
4. Repos réparateur (Restful Repose)
Le repos réparateur est caractérisé par un état de relaxation somatopsychique profond, marqué par l’absence de distractions cognitives parasites et l’extinction des tensions neurovégétatives excessives. Sur le plan physiologique, cet état correspond à l’activation du tonus parasympathique et à la désactivation du système de stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien). L’individu s’autorise à ralentir, sans culpabilité ni hypervigilance défensive.
5. Partage empathique (Sharing)
Cette composante interpersonnelle évalue l’aptitude à communier avec autrui dans un climat de réciprocité, de proximité affective et d’empathie mutuelle. Cela se traduit par des activités relationnelles simples mais investies affectivement, comme converser intimement, marcher ensemble, partager une sortie ou simplement apprécier la coprésence physique. Ce construit puise dans l’attachement sécurisant et la capacité à établir un lien d’intersubjectivité authentique.
6. Plaisir sensuel non sexuel (Sensuous Nonsexual Pleasure)
Cette dimension mesure la réceptivité aux plaisirs procurés par les sens corporels et les stimulations esthétiques ou intellectuelles ordinaires : écouter une œuvre musicale, savourer un bon repas, contempler la nature, profiter d’un bain chaud ou lire un livre captivant. Cet état traduit la capacité d’appréciation hédonique (savoring) ancrée dans l’expérience corporelle et l’éveil sensoriel bienveillant, déconnectée de la pulsion sexuelle explicite.
7. Plaisir sexuel (Sensuous Sexual Pleasure / Sexual Pleasure)
Le dernier item évalue la liberté intrapsychique d’accéder au plaisir érotique et au désir, englobant les préliminaires affectueux, les caresses, l’auto-érotisme ou les rapports sexuels complets. L’aptitude à ressentir du plaisir sexuel reflète l’intégration saine de la sexualité adulte, l’abandon corporelle et l’absence d’inhibition pathologique ou de honte somatique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la PSOM s’inscrit au carrefour de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie et de la psychiatrie contemporaines : la théorie psychodynamique cognitive des états d’esprit de Mardi Horowitz, la médecine comportementale psychosomatique développée par Nancy Adler, et les prémices du modèle eudémonique et hédonique du bien-être.
Mardi Horowitz a formulé une théorie sémiotique et cognitive des états d’esprit (states of mind). Selon Horowitz (1979, 1988), la personnalité humaine s’exprime à travers un répertoire récurrent de configurations d’états mentaux subjectifs, caractérisés par des patterns spécifiques d’affects, d’idées, de postures corporelles et de schémas relationnels de rôle. Face à un traumatisme psychologique ou à un stress sévère, ce répertoire se rigidifie : l’individu s’enferme dans des états d’esprit aversifs et intrusifs (terreur, défaite, culpabilité, angoisse diffuse) et perd l’accès à ses états d’esprit régulateurs et apaisants. La santé psychique et la guérison thérapeutique dépendent donc de la capacité du patient à réactiver, stabiliser et élargir l’éventail de ses états d’esprit positifs.
Sur le plan psychosomatique, Nancy Adler et ses collaborateurs ont ancré la PSOM dans les modèles psychobiologiques de la santé. Selon cette perspective, les états affectifs et cognitifs positifs ne sont pas de simples épiphénomènes de l’esprit, mais exercent une influence biologique directe par le biais de la régulation neuroendocrine, de l’immunité cellulaire et de l’homéostasie cardiovasculaire. L’accès régulier à des états d’esprit tels que le repos réparateur ou le partage empathique favorise la réduction de la charge allostatique, diminuant ainsi l’usure physiologique provoquée par les contraintes environnementales chroniques.
Enfin, ce cadre théorique anticipe de façon remarquable la théorie de l’élargissement et de la construction des émotions positives (Broaden-and-Build Theory) développée ultérieurement par Barbara Fredrickson. Comme le postule Fredrickson, les expériences positives élargissent le répertoire d’action et de pensée de l’individu (attention focalisée, créativité dans la productivité) tout en consolidant des ressources physiques, psychologiques et sociales durables (partage, prise en charge responsable).
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la PSOM a été documentée à travers plusieurs études empiriques menées auprès d’échantillons cliniques (patients psychiatriques ambulatoires, personnes en deuil, individus souffrant de troubles liés au stress) et non cliniques (étudiants, professionnels de santé, adultes de la population générale).
Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit a été initialement démontrée par Horowitz et al. (1988) puis consolidée par Adler et al. (1998). Les chercheurs ont montré que les sept items mesurent un domaine psychologique cohérent et unifié. Bien que chaque item décrive une modalité phénoménologique propre, ils s’organisent autour d’un construit sous-jacent commun traduisant la disposition fonctionnelle au bien-être psychologique.
Validité convergente
La validité convergente de la PSOM est particulièrement robuste :
- Corrélation négative avec la détresse psychologique : Les scores totaux de la PSOM présentent des corrélations négatives significatives avec le Beck Depression Inventory (BDI ; r variant de -0,50 à -0,68), le Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R ; indice global de détresse GSI r = -0,48 à -0,62), et l’Impact of Event Scale (IES ; r = -0,35 à -0,45). Ces données confirment qu’une psychopathologie marquée inhibe l’accès aux états d’esprit positifs.
- Corrélation positive avec les ressources adaptatives : La PSOM corrèle de manière positive et hautement significative avec l’échelle d’optimisme dispositionnel (Life Orientation Test, LOT ; r ≈ 0,45 à 0,55), l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r ≈ 0,50), ainsi qu’avec les sous-échelles de vitalité et de fonctionnement social du questionnaire de santé SF-36.
Validité discriminante
Un apport crucial des travaux d’Adler et al. (1998) a été de prouver que la PSOM n’est pas simplement l’image miroir inverse des échelles de dépression. Par des analyses de régression multiple et de corrélation partielle, les auteurs ont démontré que la PSOM prédit des critères de santé physique perçue et de bien-être subjectif au-delà de la variance expliquée par les affects négatifs ou la dépression. Ainsi, deux individus présentant un score identique de dépression légère peuvent se différencier nettement sur leur score à la PSOM, le sujet disposant d’un score élevé démontrant une résilience clinique et un pronostic de récupération nettement supérieurs.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de la PSOM a fait l’objet d’évaluations rigoureuses portant sur sa cohérence interne et sa stabilité temporelle.
Cohérence interne
Dans l’étude princeps d’Horowitz et al. (1988), menée auprès d’adultes confrontés à un stress de vie important et d’échantillons témoins, le coefficient alpha de Cronbach pour les sept items oscillait entre 0,73 et 0,82, ce qui est particulièrement élevé pour une échelle ne comportant que sept questions. Dans l’étude de réplication et d’extension d’Adler et al. (1998), réalisée auprès d’un échantillon plus vaste et diversifié, la cohérence interne s’est établie à 0,80. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de 0,38 à 0,65, prouvant que chaque item contribue positivement et substantiellement à la variance du score global, sans redondance excessive.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès de sujets non soumis à des interventions psychothérapeutiques aiguës ou à des traumatismes récents. Sur des intervalles allant de deux à quatre semaines, les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson ou coefficient de corrélation intraclasse) se situent entre 0,72 et 0,79. Cette valeur démontre que la PSOM capture une disposition psychologique relativement stable dans le temps tout en conservant une sensibilité au changement clinique essentielle pour l’évaluation thérapeutique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la PSOM a été examinée par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmée par analyse factorielle confirmatoire (AFC) dans les travaux d’Adler et al. (1998).
Structure unifactorielle prédominante
Les analyses factorielles exploratoires utilisant l’extraction par composantes principales ou l’analyse des facteurs communs (avec rotation varimax ou oblimin) révèlent de manière constante un premier facteur dominant expliquant entre 38 % et 48 % de la variance totale des scores. Le tracé d’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) présente une rupture très nette après le premier facteur (valeur propre > 2,5), ce qui justifie statistiquement et cliniquement l’utilisation d’un score total unique sommifé.
Saturations factorielles des items
Les saturations factorielles (factor loadings) des sept items sur ce facteur général de bien-être positif sont uniformément substantielles :
- Attention focalisée (Item 1) : saturations typiques entre 0,55 et 0,68.
- Productivité (Item 2) : saturations typiques entre 0,62 et 0,74.
- Sollicitude responsable (Item 3) : saturations typiques entre 0,48 et 0,60.
- Repos réparateur (Item 4) : saturations typiques entre 0,58 et 0,71.
- Partage empathique (Item 5) : saturations typiques entre 0,60 et 0,75.
- Plaisir sensuel non sexuel (Item 6) : saturations typiques entre 0,59 et 0,72.
- Plaisir sexuel (Item 7) : saturations oscillant entre 0,42 et 0,56 (l’item le plus périphérique mais qui conserve une saturation acceptable).
Analyses factorielles confirmatoires
Les modèles d’AFC testant un modèle à un facteur général montrent des indices d’adéquation très satisfaisants : un indice comparatif d’ajustement (CFI) supérieur à 0,93, un indice de Tucker-Lewis (TLI) supérieur à 0,91, et une racine de la variance résiduelle moyenne quadratique approchée (RMSEA) comprise entre 0,05 et 0,07. Bien que certaines solutions bifactorielles distinguant une sous-dimension « agentique / cognitive » (items 1, 2, 3) et une sous-dimension « hédonique / interpersonnelle » (items 4, 5, 6, 7) aient été explorées à des fins théoriques, les auteurs préconisent le maintien du score unidimensionnel global en raison de la forte interdépendance des composantes.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’administration et la cotation de la PSOM suivent des modalités standardisées très simples et directes :
- Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation psychométrique (self-report questionnaire).
- Nombre d’items : 7 items décrivant chacun un état d’esprit spécifique.
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur. Le temps de complétion moyen est très court (environ 2 à 3 minutes).
- Période de référence : Généralement la semaine écoulée (« au cours des 7 derniers jours ») ou la période actuelle, selon les objectifs cliniques.
- Échelle de réponse authentique : Échelle de cotation ordinale en 4 points :
• 0 = Unable to experience / never (Incapable d’éprouver / jamais)
• 1 = Rarely / with great difficulty (Rarement / avec grande difficulté)
• 2 = Occasionally / with some difficulty (Occasionnellement / avec une certaine difficulté)
• 3 = Often / easily (Souvent / facilement)
(Format alternatif mentionné dans la littérature : 0 = Pas du tout, 1 = Un peu, 2 = Modérément, 3 = Beaucoup / Très facilement). - Règles de cotation et inversion : L’ensemble des items est formulé dans le sens direct. Aucun item n’est inversé.
- Calcul du score total : Les scores attribués aux 7 items sont directement additionnés. Le score total s’échelonne de 0 à 21 (ou de 7 à 28 si le format 1-4 est appliqué). Un score élevé reflète une fréquence élevée et une grande facilité à expérimenter des états d’esprit positifs.
- Interprétation clinique : Des scores totaux inférieurs à 10 ou 12 suggèrent une restriction marquée de l’éventail des affects positifs ou un niveau élevé d’inhibition hédonique, justifiant une exploration clinique des troubles dépressifs ou de l’épuisement émotionnel.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1988 (étude princeps par Horowitz, Adler et Kegeles) ; validation étendue publiée en 1998 (Adler, Horowitz, Garcia et Moyer).
- Statut des droits d’auteur : Les articles de référence ont été publiés dans la revue Psychosomatic Medicine (éditée par Lippincott Williams & Wilkins au nom de l’American Psychosomatic Society).
- Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle est largement considérée comme libre de droits à des fins d’enseignement, de pratique clinique et de recherche académique non commerciale (domaine public académique), sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales. L’utilisation dans le cadre d’essais cliniques commerciaux ou d’outils logiciels propriétaires peut nécessiter une autorisation formelle auprès des titulaires de droits de reproduction.
- Tarifs : Aucun coût de licence n’est exigé pour une utilisation standard en recherche ou en milieu hospitalo-universitaire.
12. Références / References
Les références fondatrices et études psychométriques majeures relatives à la PSOM sont répertoriées ci-dessous :
- Adler, N. E., Horowitz, M. J., Garcia, A., & Moyer, A. (1998). Additional validation of a scale to assess positive states of mind. Psychosomatic Medicine, 60(1), 26–32. https://doi.org/10.1097/00006842-199801000-00006
- Horowitz, M. J., Adler, N., & Kegeles, S. (1988). A scale for measuring the occurrence of positive states of mind: A preliminary report. Psychosomatic Medicine, 50(5), 477–483. https://doi.org/10.1097/00006842-198809000-00005
- Horowitz, M. J. (1979). States of Mind: Analysis of Change in Psychotherapy. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4684-3563-4
- Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Positive States of Mind. In Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 172–173). Springer Publishing Company.
- Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218–226. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.3.218
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
0 = Unable to experience / never
1 = Rarely / with great difficulty
2 = Occasionally / with some difficulty
3 = Often / easily
(Alternative response format: 0 = Not at all, 1 = A little, 2 = Moderately, 3 = Very much)
-
Focused Attention: Feeling able to attend to a task you want or need to, without many distractions from within yourself.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Productivity: Feeling of being able to stay at work until a task is finished, do something new to solve problems, or express yourself creatively.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Responsible Caretaking: Feeling that you are doing what you should do to take care of yourself or someone else.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Restful Repose: Feeling relaxed, without distractions or excessive tension.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Sharing: Being able to commune with others in an empathetic, close way, as in talking, walking, going out, or just being together.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Sensuous Nonsexual Pleasure: Being able to enjoy bodily senses, enjoyable intellectual activity, doing things you ordinarily like, listening to music, having good food, or taking a walk.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]
-
Sexual Pleasure: Experiencing sexual arousal, love-play, or intercourse as pleasurable.
[ 0 = Unable to experience / never | 1 = Rarely / with great difficulty | 2 = Occasionally / with some difficulty | 3 = Often / easily ]