1. Résumé / Abstract
L’Échelle des croyances relatives aux rôles de genre (Gender Role Beliefs Scale ou GRBS), développée initialement par Patricia S. Kerr et Ronald R. Holden en 1996, constitue l’un des instruments psychométriques de référence conçus pour évaluer les attitudes individuelles envers les rôles assignés à chaque sexe au sein de la société. Comprenant à l’origine 20 items auto-rapportés, cet outil a été ultérieurement condensé en une version abrégée de 10 items par Brown et Gladstone en 2012. Le construit sous-jacent opérationnalise les croyances sur un continuum bipolaire allant d’une idéologie traditionaliste (caractérisée par une stricte séparation des fonctions masculines et féminines, le respect des codes de galanterie patriarcale et la primauté masculine dans l’espace public et décisionnel) à une idéologie féministe ou égalitaire (défendant l’équité structurelle, l’interchangeabilité des rôles domestiques et professionnels ainsi que l’autonomie sexuelle et sociale des femmes).
Les participants évaluent chaque proposition au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points, s’étendant de « fortement d’accord » à « fortement en désaccord ». Les propriétés psychométriques de la GRBS se distinguent par une consistance interne robuste, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre 0,85 et 0,92 pour l’échelle globale dans les cohortes universitaires et communautaires. Les analyses factorielles confirment l’existence d’un facteur général prédominant de traditionalisme par rapport à l’égalitarisme, tout en dégageant dans sa version courte deux dimensions distinctes : les rôles socio-structurels et professionnels d’une part, et les conventions comportementales et relationnelles d’autre part. L’échelle démontre une validité convergente et prédictive exemplaire, notamment dans l’étude des attitudes homophobes, des comportements sexistes bienveillants et hostiles, ainsi que des stéréotypes professionnels.
2. Mots-clés / Keywords
Rôles de genre, stéréotypes sexistes, idéologie égalitaire, traditionalisme, psychométrie, échelle Likert, attitudes sociales, relations de couple, sexisme bienveillant, fidélité test-retest, validité de construit, GRBS.
3. Auteurs / Authors
La version originale de l’instrument a été conçue et validée par les chercheurs canadiens :
- Patricia S. Kerr, Ph.D. — Département de psychologie, Université Queen’s (Kingston, Ontario, Canada). Spécialiste de la psychologie sociale, de la perception des genres et des attitudes socioculturelles.
- Ronald R. Holden, Ph.D. — Professeur titulaire de psychologie et de biostatistique, Université Queen’s (Kingston, Ontario, Canada). Expert reconnu mondialement en méthodologie psychométrique, évaluation de la personnalité et détection des biais de réponse. Courriel académique : [email protected].
La version abrégée (10 items) a été formalisée par :
- Michael J. Brown, Ph.D. — Département de psychologie, Université d’État de Pennsylvanie (Penn State Erie, The Behrend College, États-Unis). Spécialiste des préjugés sociaux et des dynamiques intergroupes.
- Nancy Gladstone, M.S. — Chercheuse associée en psychologie comportementale, Penn State Erie, The Behrend College.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Gender Role Beliefs Scale (GRBS) est de quantifier de manière standardisée, fiable et valide le degré d’adhésion d’une personne aux normes traditionnelles ou égalitaires associées au genre masculin et féminin. Historiquement, la plupart des outils de mesure des rôles de genre, tels que l’Attitudes Toward Women Scale (AWS) de Spence et Helmreich, se focalisaient quasi exclusivement sur les droits juridiques, civiques ou professionnels des femmes, omettant souvent les dynamiques interpersonnelles intimes, les convenances comportementales du quotidien et les aspects subtils de la chevalerie ou de la galanterie prescriptive. La GRBS a été élaborée afin de combler cette lacune théorique et méthodologique en intégrant simultanément les croyances touchant à la sphère privée, les représentations symboliques de la décence verbale et comportementale, ainsi que les droits institutionnels et conjugaux.
Dans le domaine de la recherche fondamentale en psychologie sociale, la GRBS permet d’examiner comment les croyances de rôle modulent la formation des préjugés, les biais de sélection professionnelle, la tolérance face aux violences conjugales ou encore les attitudes envers les minorités sexuelles. En milieu clinique et dans le conseil conjugal ou familial, l’instrument s’avère précieux pour mettre en lumière les asymétries d’attentes et les conflits de rôles au sein des couples hétérosexuels, où les divergences idéologiques quant au partage des charges domestiques ou à la prise de décision financière peuvent alimenter une détresse relationnelle aiguë.
La justification théorique de la GRBS réside dans la nécessité de disposer d’un instrument psychométrique unidimensionnel dans sa structure de fond mais multidimensionnel dans son échantillonnage de contenus. Elle saisit la tension contemporaine entre l’acceptation formelle de l’égalité en droit et la persistance de prescriptions comportementales genrées informelles, comme l’obligation morale pour l’homme de payer l’addition ou de céder sa place, révélant ainsi les mécanismes implicites de la domination bienveillante.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la GRBS s’articule autour de l’axe bipolaire Traditionalisme versus Égalitarisme relatif au genre. Ce spectre conceptuel reflète l’organisation normative que les individus projettent sur les comportements, devoirs, prérogatives et attitudes des hommes et des femmes dans un ensemble diversifié de contextes vitaux.
Dimension 1 : Répartition des rôles socio-économiques et professionnels
Cette dimension évalue l’adhésion à la division sexuée du travail et à l’assignation prioritaire des femmes au foyer et des hommes à la sphère publique productive. Les croyances traditionnelles stipulent ici que les compétences et inclinations naturelles des femmes les prédestinent au soin des enfants et à la tenue du ménage (childrearing and house tending), tandis que les responsabilités économiques et de gouvernance incombent légitimement aux hommes. À titre d’illustration, l’item 9 (« Women with children should not work outside the home if they don’t have to financially ») capture la conception selon laquelle le travail professionnel féminin est un substitut financier par défaut plutôt qu’un vecteur légitime d’émancipation personnelle ou d’épanouissement individuel.
Dimension 2 : Autorité légale, décisionnelle et pouvoir conjugal
Ce volet sonde l’acceptation de la hiérarchie patriarcale formelle et informelle au sein de l’institution matrimoniale. L’idéologie traditionaliste soutient que l’homme doit être le chef de famille investi du pouvoir décisionnel final en matière juridique et économique. L’item 11 (« The husband should be regarded as the legal representative of the family in all matters of law ») et l’item 14 (« Some equality in marriage is good, but by and large the husband ought to have the main say-so in family matters ») opérationnalisent cette propension à subordonner l’autonomie décisionnelle de la conjointe à l’arbitrage masculin.
Dimension 3 : Conventions relationnelles, séduction et galanterie prescriptive
Cette composante, particulièrement novatrice au sein de la GRBS, mesure l’adhésion aux codes de la galanterie masculine et aux stéréotypes de réserve féminine dans la dynamique de cour amoureuse. Le traditionalisme prescrit que l’initiative amoureuse (item 4 : « The initiative in courtship should usually come from the man ») et la charge financière des loisirs partagés (item 13 : « Except perhaps in very special circumstances, a gentleman should never allow a lady to pay the taxi… ») incombent exclusivement à l’homme. Bien que souvent perçues comme bienveillantes, ces normes renforcent la dépendance symbolique de la femme en échange d’une déférence protectrice.
Dimension 4 : Liberté sexuelle et conformité comportementale
Ce volet appréhende le double standard moral régissant l’autonomie sexuelle, l’expression verbale et l’attitude générale. L’orientation égalitaire affirme la stricte parité des droits et désirs érotiques (item 7 : « Women should have as much sexual freedom as men ») et rejette les injonctions de passivité (item 12 : « I like women who are outspoken »), tandis que l’orientation traditionaliste réprouve l’affirmation excessive ou le langage ordurier chez la femme comparativement à l’homme (item 19 : « Swearing and obscenity is more repulsive in the speech of a woman than a man »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La Gender Role Beliefs Scale s’enracine principalement dans la théorie des rôles sociaux (Social Role Theory) formalisée par Alice Eagly (1987). Selon cette perspective sociocognitive, les stéréotypes et les attentes normatives de genre émergent historiquement de la division du travail entre les sexes. Les observations répétées des femmes assurant des fonctions d’allaitement, de maternage et de gestion domestique mènent à l’inférence qu’elles possèdent intrinsèquement des traits « communautaires » (chaleur, douceur, passivité, empathie). Inversement, l’assignation des hommes aux tâches de subsistance externe, de défense armée et d’administration politique génère l’attribution de traits « agentiques » (autorité, compétition, assertivité, puissance décisionnelle). La GRBS traduit psychométriquement le degré auquel un individu intériorise ces inférences descriptives sous la forme d’injonctions prescriptives rigides.
L’échelle s’articule également avec la théorie du sexisme ambivalent (Ambivalent Sexism Theory) introduite par Peter Glick et Susan Fiske (1996). Cette théorie postule que les attitudes genrées ne se résument pas à une animosité ouverte (sexisme hostile), mais comportent un ensemble d’attitudes subjectivement positives mais fondamentalement subordonnantes (sexisme bienveillant). Plusieurs items de la GRBS (comme la préservation de la courtoisie masculine, l’obligation d’avancer les chaises ou l’interdiction pour l’homme de jurer en présence d’une femme) mesurent avec acuité ce paternalisme protecteur et cette chevalerie de façade, qui valorisent la femme tant qu’elle se conforme aux idéaux traditionnels de pureté et de fragilité.
Enfin, les travaux fondateurs de Sandra Bem sur la théorie du schéma de genre (Gender Schema Theory, 1981) fournissent un arrière-plan épistémologique crucial : les scores élevés à la GRBS signalent des individus fortement « schématisés par le genre », qui encodent et régulent spontanément la réalité sociale, les interactions professionnelles et la vie de couple à travers le prisme dichotomique et asymétrique de la bipartition sexuelle.
7. Validité / Validity
La validité de construit, la validité convergente et la validité prédictive de la GRBS ont été étayées par de multiples investigations empiriques rigoureuses menées sur des échantillons diversifiés.
Validité convergente
Lors des études de validation initiale de Kerr et Holden (1996), la GRBS a démontré une corrélation positive très élevée (r compris entre 0,70 et 0,82, p < 0,001) avec l’Attitudes Toward Women Scale (AWS) de Spence et Helmreich, confirmant qu’elle capture adéquatement le tronc commun des attitudes féministes et égalitaires. De surcroît, des corrélations modérées à fortes ont été constatées avec la sous-échelle d’autoritarisme de droite (Right-Wing Authoritarianism, RWA) de Bob Altemeyer (r = 0,45 à 0,58), illustrant que le traditionalisme de genre s’inscrit au sein d’une constellation idéologique plus vaste valorisant l’ordre social conventionnel, la soumission aux autorités établies et l’aversion envers la déviance.
Validité discriminante
La GRBS montre une indépendance conceptuelle satisfaisante par rapport aux mesures de désirabilité sociale (comme l’échelle de Marlowe-Crowne), avec des coefficients de corrélation généralement non significatifs ou négligeables (r < 0,15), démontrant que les réponses des sujets ne résultent pas simplement d’une façade de conformisme vertueux. De même, l’instrument se distingue nettement de l’auto-évaluation des traits de personnalité globaux mesurés par le Big Five (notamment le névrosisme et l’extraversion, r < 0,10).
Validité prédictive et de critère
Dans la recherche de Tureau (2003) portant sur les identités étudiantes et l’homophobie, des scores élevés au traditionalisme de la GRBS prédisent significativement des attitudes négatives envers les personnes gays et lesbiennes (r = 0,55, p < 0,001). Les individus rejetant l’interchangeabilité des rôles de genre perçoivent l’homosexualité comme une transgression intolérable de la binarité sociale normée. Par ailleurs, des scores traditionalistes élevés à la GRBS sont systématiquement prédictifs d’une plus faible acceptation du leadership féminin en entreprise et d’une plus forte propension à attribuer la responsabilité du harcèlement sexuel aux victimes féminines non conformes aux normes traditionnelles de pudeur.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la GRBS a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers de nombreuses études empiriques.
Cohérence interne
Dans l’échantillon princeps de Kerr et Holden (1996), composé de 472 étudiants universitaires, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 20 items a atteint une valeur de 0,88 chez les hommes et de 0,89 chez les femmes (0,89 pour l’échantillon combiné). Les corrélations item-total corrigées s’échelonnaient de 0,35 à 0,68, indiquant que chaque énoncé contribue de façon significative et substantielle à la variance du construit global. Dans la validation de la forme courte (10 items) par Brown et Gladstone (2012), la cohérence interne est demeurée très satisfaisante avec un alpha global de 0,81 (alpha de 0,77 pour le Facteur 1 et de 0,72 pour le Facteur 2), attestant de l’efficacité de la réduction d’items sans dégradation dommageable de la précision métrologique.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée par Kerr et Holden sur un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon de participants. Le coefficient de fidélité test-retest s’est élevé à r = 0,86 (p < 0,001), signalant que les croyances relatives aux rôles de genre, bien qu’influencées par les transformations socioculturelles à long terme, fonctionnent psychologiquement comme des dispositions attitudinales stables et durables dans le temps.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration et la confirmation de la structure factorielle de la GRBS ont fait l’objet de travaux approfondis à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE) de l’échelle originale
Dans l’étude originale de Kerr et Holden (1996), une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblimin et varimax a révélé qu’un premier facteur dominant expliquait plus de 32 % de la variance totale, avec une chute drastique du scree plot (test du coude de Cattell) pour les facteurs subséquents. Tous les 20 items présentaient des saturations primaires supérieures à 0,40 sur ce facteur général d’égalitarisme/traditionalisme, justifiant l’interprétation de la GRBS comme un instrument essentiellement unidimensionnel sur le plan fonctionnel.
Modélisation bifactorielle de la forme abrégée
Lors de la réévaluation psychométrique menée par Brown et Gladstone (2012), l’AFE et l’AFC ont mis en évidence que les 10 items retenus s’organisent de façon optimale selon une structure à deux sous-facteurs corrélés :
- Facteur 1 : Rôles institutionnels et sphère publique/privée (items 3, 4, 5, 8, 9 de la forme courte). Ce facteur regroupe les énoncés traitant de l’autorité maritale en justice, de la liberté sexuelle, de l’incompatibilité perçue entre travail maternel et éducation des enfants, et de la ségrégation occupationnelle (ex. conductrice de locomotive). Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,54 à 0,78.
- Facteur 2 : Conventions interpersonnelles et convenances chevaleresques (items 1, 2, 6, 7, 10 de la forme courte). Ce facteur agrège les propositions liées aux règles de courtoisie protectrice, au paiement de l’addition, à l’initiative du flirt et à la condamnation morale du juron féminin. Les saturations factorielles varient entre 0,48 et 0,74.
Les indices d’ajustement de l’AFC pour ce modèle à deux facteurs corrélés ont rapporté un ratio chi-carré sur degrés de liberté satisfaisant (χ²/df = 1,84), un Comparative Fit Index (CFI) de 0,94 et un Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) de 0,051, corroborant l’adéquation structurelle de l’outil.
10. Instrument de mesure / Instrument
La passation de l’instrument s’effectue dans un cadre standardisé selon les caractéristiques techniques suivantes :
- Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation (auto-rapporté) sur papier-crayon ou format informatisé.
- Nombre d’items : 20 items pour la version intégrale de Kerr & Holden (1996) ; 10 items pour la version courte de Brown & Gladstone (2012).
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
1 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
2 = Moderately agree (Modérément d’accord)
3 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
4 = Undecided (Indécis / Neutre)
5 = Slightly disagree (Légèrement en désaccord)
6 = Moderately disagree (Modérément en désaccord [ou codé 9 dans certains manuscrits sources])
7 = Strongly disagree (Tout à fait en désaccord) - Sens de cotation et inversion : Les items rédigés en faveur de l’égalitarisme (items 2, 3, 7, 10, 12, 17 dans la version 20 items) font l’objet d’un codage inversé préalablement au calcul du score composite. Les scores élevés indiquent alors un fort traditionalisme et un conservatisme marqué des rôles de genre, tandis que les scores faibles reflètent une adhésion ferme à l’égalitarisme de genre.
- Temps moyen de complétion : Environ 5 à 8 minutes pour la version complète de 20 items ; moins de 4 minutes pour la forme courte.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de première parution : 1996 (échelle intégrale à 20 items) ; 2012 (version courte à 10 items).
- Statut des droits d’auteur : Les droits moraux et de propriété scientifique appartiennent aux auteurs d’origine (Patricia S. Kerr et Ronald R. Holden ; Michael J. Brown et Nancy Gladstone) ainsi qu’aux revues éditrices respectives (Journal of Social Behavior and Personality ; International Journal of Psychology and Behavioral Sciences).
- Conditions d’utilisation et tarification : L’utilisation de la GRBS est libre de droits (gratuite) à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et d’études non commerciales, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse des articles princeps. Toute exploitation commerciale, intégration dans des plateformes RH payantes ou distribution marchande requiert l’autorisation expresse écrite des auteurs ou des détenteurs légaux des droits.
12. Références / References
- Bem, S. L. (1981). Gender schema theory: A cognitive account of sex typing. Psychological Review, 88(4), 354–364. https://doi.org/10.1037/0033-295X.88.4.354
- Brown, M. J., & Gladstone, N. (2012). Development of a short version of the Gender Role Beliefs Scale. International Journal of Psychology and Behavioral Sciences, 2(5), 154–158. https://doi.org/10.5923/j.ijpbs.20120205.05
- Eagly, A. H. (1987). Sex differences in social behavior: A social-role interpretation. Lawrence Erlbaum Associates.
- Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). The Ambivalent Sexism Inventory: Differentiating hostile and benevolent sexism. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491–512. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.491
- Kerr, P. S., & Holden, R. R. (1996). Development of the Gender Role Beliefs Scale (GRBS). Journal of Social Behavior and Personality, 11(5), 3–16.
- Spence, J. T., & Helmreich, R. L. (1972). The Attitudes Toward Women Scale: An objective instrument to measure attitudes toward the rights and roles of women in contemporary society. JSAS Catalog of Selected Documents in Psychology, 2, 66.
- Tureau, Z. L. (2003). College student identity and attitudes toward gays and lesbians (Doctoral dissertation, University of North Texas). University of North Texas Digital Library. http://digital.library.unt.edu/ark:/67531/metadc4286/m2/1/high_res_d/dissertation.pdf
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = Strongly agree
2 = Moderately agree
3 = Slightly agree
4 = Undecided
5 = Slightly disagree
9 = Moderately disagree
7 = Strongly disagree
- It is disrespectful for a man to swear in the presence of a lady
- Women should not expect men to offer them seats on busses.
- Homosexual relationships should be as socially accepted as heterosexual relationships.
- The initiative in courtship should usually come from the man.
- It bothers me more to see a woman who is pushy than a man who is pushy.
- When sitting down at the table‚ proper respect demands that the gentleman hold the lady’s chair.
- Women should have as much sexual freedom as men.
- Women should appreciate the protection and support that men have traditionally given them.
- Women with children should not work outside the home if they don’t have to financially.
- I see nothing wrong with a woman who doesn’t like to wear skirts or dresses.
- The husband should be regarded as the legal representative of the family in all matters of law.
- I like women who are outspoken.
- Except perhaps in very special circumstances‚ a gentleman should never allow a lady to pay the taxi‚ buy the tickets‚ or pay the check.
- Some equality in marriage is good‚ but by and large the husband ought to have the main say-so in family matters.
- Men should continue to show courtesies to women such as holding open the door or helping them on with their coats.
- It is ridiculous for a woman to run a locomotive and for a man to darn socks.
- A woman should be as free as a man to propose marriage.
- Women should be concerned with their duties of childrearing and house tending rather than with desires for professional and business careers.
- Swearing and obscenity is more repulsive in the speech of a woman than a man.
- There are some professions and types of business that are more suitable for men than women.