Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires

L’Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires (Dieting Beliefs Scale – DBS) mesure le lieu de contrôle pondéral à travers 16 items évaluant l’internalité, le fatalisme, les facteurs génétiques et l’influence environnementale dans la perte de poids.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires (en version originale anglaise : Dieting Beliefs Scale [DBS]), élaborée par les psychologues canadiens Stephen Stotland et David C. Zuroff en 1990, constitue un instrument psychométrique conçu pour mesurer le lieu de contrôle spécifique au poids corporel et à la régulation pondérale. Contrairement aux échelles généralistes évaluant le lieu de contrôle global (comme l’échelle d’I-E de Julian Rotter) ou la santé physique au sens large (comme la Multidimensional Health Locus of Control Scale de Wallston et al.), la DBS appréhende directement les représentations cognitives, les croyances d’attribution causale et le sentiment d’efficacité personnelle qu’un individu entretient quant aux déterminants de la perte ou de la prise de poids.

L’instrument comporte 16 items auto-administrés, notés selon une échelle de réponse de type Likert graduée en 6 points, s’échelonnant de 1 (« Pas du tout descriptif de mes croyances ») à 6 (« Tout à fait descriptif de mes croyances »). La structure psychométrique de l’outil permet d’opposer ou de combiner deux grandes orientations cognitives : l’orientation interne (croyance selon laquelle la régulation du poids dépend exclusivement de la volonté personnelle, de l’autodiscipline, de la restriction calorique et de l’effort physique) et l’orientation externe (attribution des variations de poids à des forces biologiques, à l’hérédité génétique, à la fatalité, à un environnement obésogène ou à la nécessité impérative d’un encadrement par autrui). Huit des seize items sont formulés de manière inversée afin de limiter les biais d’acquiescement.

Les études initiales et subséquentes rapportent des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillant entre 0,68 et 0,76 pour l’échelle globale et les échantillons d’étudiants ou d’adultes engagés dans des programmes de perte de poids, ainsi qu’une fidélité test-retest satisfaisante à six semaines (r = 0,76 à 0,81). La DBS a démontré une validité convergente robuste en corrélation positive avec l’auto-efficacité diététique, et une validité différentielle notable dans la prédiction de l’adhésion thérapeutique, de l’abandon précoce des régimes et de la détresse psychologique consécutive aux échecs pondéraux.

2. Mots-clés / Keywords

Lieu de contrôle pondéral, croyances alimentaires, psychologie de l’obésité, régulation du poids, attribution causale, restriction cognitive, auto-efficacité, fidélité psychométrique, validité de construit, troubles des conduites alimentaires.

3. Auteurs / Authors

L’échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires a été conçue et validée par :

  • Stephen Stotland, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, affilié lors de la création de l’outil au Département de psychologie de l’Université McGill (Montréal, Québec, Canada), spécialisé dans la psychologie de la santé, le comportement alimentaire et la prise en charge de l’obésité.
  • David C. Zuroff, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université McGill (Montréal, Québec, Canada), expert internationalement reconnu dans l’étude des théories de la personnalité, de la vulnérabilité cognitive à la dépression, des processus d’autorégulation et de la relation thérapeutique.
  • Correspondance et archivage académique : Des travaux d’implémentation et des adaptations ont également été coordonnés par Ronald Okada, Professeur de psychologie, Département de psychologie, Faculté de santé, Université York (Toronto, Ontario, Canada M3J 1P3 ; Courriel institutionnel : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

La gestion du surpoids et de l’obésité représente l’un des défis majeurs de la médecine contemporaine et de la psychologie de la santé. Malgré la profusion de protocoles diététiques et d’interventions comportementales, un taux substantiel d’échec à long terme et d’abandons prématurés est régulièrement documenté dans la littérature scientifique. L’objectif fondamental de la Dieting Beliefs Scale (DBS) est d’élucider la matrice cognitive et motivationnelle qui sous-tend les conduites d’adhésion, d’évitement ou d’abandon chez les personnes confrontées à la régulation de leur masse corporelle.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la DBS a été construite pour combler une lacune conceptuelle majeure. Avant 1990, les chercheurs utilisaient fréquemment des échelles globales de lieu de contrôle, telles que l’échelle générale d’I-E de Julian Rotter ou la Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) de Wallston, Wallston et DeVellis. Or, les postulats de la théorie de l’apprentissage social indiquent qu’un construit de contrôle spécifique à un domaine comportemental précis offre une puissance prédictive considérablement supérieure à un trait de personnalité généralisé. La DBS a ainsi été pensée comme un outil focalisé, capturant les attributions causales idiosyncrasiques relatives à l’étiologie du surpoids et aux mécanismes effectifs de son élimination.

Sur le plan clinique, l’échelle remplit plusieurs fonctions diagnostiques et pronostiques cruciales :

  • Prédiction de l’adhésion au traitement diététique : Les patients adhérant à un lieu de contrôle interne élevé (convaincus que leur masse dépend strictement de leurs choix de restriction et de dépense énergétique) s’engagent plus volontiers dans des tâches d’auto-surveillance comportementale (journal alimentaire, comptage calorique, planification de l’exercice physique).
  • Détection de la vulnérabilité psychologique et de la détresse : Un lieu de contrôle interne extrême peut comporter une face sombre. Lorsqu’un individu hyper-internaliste subit une reprise de poids (due à des adaptations métaboliques neuroendocriniennes bien documentées), il tend à attribuer cet insuccès à une déficience morale ou à un déficit de volonté (« manque de force morale »), favorisant un sentiment de culpabilité destructeur, une baisse de l’estime de soi et des épisodes dépressifs ou de désinhibition alimentaire (effet de violation de l’abstinence).
  • Identification du fatalisme et de la passivité thérapeutique : À l’inverse, des scores élevés sur les items de contrôle externe (croyance en la fatalité, prédétermination génétique inéluctable ou omnipotence de l’environnement) sont prédictifs d’une faible motivation initiale, d’une résignation acquise et d’un taux d’abandon précoce particulièrement élevé dans les protocoles de modification du mode de vie.
  • Personnalisation de la psychoéducation et des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : L’administration de la DBS avant le début d’une prise en charge permet au thérapeute d’ajuster les interventions cognitives : restructurer les croyances fatalistes chez les patients passifs, ou assouplir les schémas de responsabilité absolutiste chez les patients perfectionnistes à risque d’épuisement émotionnel.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la DBS est le lieu de contrôle du poids (Weight Locus of Control), défini comme l’ensemble des attentes généralisées qu’un individu entretient quant à la nature des forces déterminant ses variations pondérales. Ce construit s’articule autour de l’opposition entre forces internes modifiables et contraintes externes non maîtrisables, se subdivisant en plusieurs sous-facettes cognitives :

5.1. Le contrôle interne : Responsabilité personnelle et agentivité

L’internalité pondérale repose sur la croyance que l’individu est l’agent causal primaire de son équilibre énergétique. Cette dimension englobe :

  • La responsabilité comportementale : La conviction que tout gain ou toute perte de masse corporelle découle directement des actions délibérées de la personne (ex. item 2 : « When people gain weight, it is because of something they have done or not done » ; item 10 : « Each of us directly is responsible for our weight »).
  • L’efficacité de la restriction calorique et de l’effort : L’idée que la privation et la dépense énergétique par l’exercice constituent des leviers universellement efficaces et suffisants (ex. item 1 : « By restricting what one eats, one can lose weight » ; item 13 : « By increasing the amount one exercises, one can lose weight »).
  • L’attribution à la volonté morale : La perception que l’excès de poids résulte avant tout d’une carence de discipline ou de volonté (ex. item 9 : « People who are overweight lack the willpower necessary to control their weight » ; item 11 : « Losing weight is simply a matter of wanting to do it and applying yourself »).

5.2. Le contrôle externe biologique et fataliste

Cette sous-dimension renvoie à l’impuissance de l’individu face à des forces biologiques immuables ou à un destin inexorable :

  • Le déterminisme génétique et la théorie du point fixe (set-point) : La certitude que la morphologie d’un individu est fixée par son patrimoine héréditaire et que le corps retourne inévitablement à un poids biologique prédéfini (ex. item 3 : « A thin body is largely a result of genetics » ; item 14 : « Most people are at their present weight because that is the weight level that is natural for them »).
  • La futilité de l’effort et la fatalité : La conviction que quels que soient les sacrifices consentis, le poids demeure insensible aux interventions volontaires (ex. item 4 : « No matter how much effort one puts into dieting, one’s weight tends to stay about the same » ; item 5 : « One’s weight is, to a great extent, controlled by fate »).

5.3. Le contrôle externe environnemental et social

Cette facette évalue la dépendance perçue à l’égard des contingences extérieures et de la pression sociale :

  • L’environnement obésogène toxique : La croyance selon laquelle la surabondance omniprésente d’aliments hypercaloriques neutralise toute capacité d’autorégulation (ex. item 6 : « There is so much fattening food around that losing weight is almost impossible »).
  • Le recours nécessaire à des tiers puissants (Powerful Others) : La certitude que l’individu est intrinsèquement incapable de réussir seul et requiert l’injonction, la contrainte ou l’assistance permanente de professionnels ou de proches (ex. item 7 : « Most people can only diet successfully when other people push them to do it » ; item 12 : « People who are more than a couple of pounds overweight need professional help to lose weight » ; item 16 : « In order to lose weight, people must get a lot of encouragement from others »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la DBS s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques fondamentales de la psychologie cognitive et comportementale :

6.1. La théorie de l’apprentissage social de Rotter

Le socle conceptuel premier est la théorie de l’apprentissage social développée par Julian B. Rotter (1954, 1966). Selon ce modèle, la probabilité d’occurrence d’un comportement donné est fonction de l’attente (expectancy) que ce comportement conduira à un renforcement spécifique, combinée à la valeur subjective accordée à ce renforcement. Rotter a introduit le concept de lieu de contrôle (interne versus externe) pour décrire une croyance généralisée sur le lien de contingence entre les conduites de l’acteur et les événements de vie subséquents. Stotland et Zuroff ont postulé que, si les attentes généralisées s’avèrent utiles pour prédire des comportements à travers des contextes variés, l’application du concept à un domaine physiologique hautement conflictuel — la régulation du poids — exige une opérationnalisation spécifique au domaine.

6.2. La théorie attributionnelle de Weiner

La DBS s’inspire également de la théorie de l’attribution causale de Bernard Weiner (1979, 1985). Weiner a enrichi la dichotomie de Rotter en introduisant trois dimensions fondamentales pour analyser les explications apportées aux réussites et aux échecs :

  • Le lieu de la cause : interne (effort, capacité) versus externe (difficulté de la tâche, chance, aide d’autrui).
  • La stabilité temporelle : stable (génétique, régulation biologique) versus instable (effort ponctuel, humeur, fluctuations météo).
  • La contrôlabilité : contrôlable (volonté, planification de l’exercice) versus incontrôlable (génétique, environnement obésogène commercial).

Les items de la DBS reflètent fidèlement cette taxonomie. Par exemple, attribuer un échec au « manque d’effort » (item 15) constitue une attribution interne, instable et contrôlable, qui préserve théoriquement l’espoir d’une réussite future sous réserve d’un réinvestissement comportemental. À l’opposé, imputer son poids à la « génétique » (item 3) ou au « destin » (item 5) renvoie à des attributions externes/internes stables et totalement incontrôlables, conduisant souvent à l’impuissance acquise (learned helplessness théorisé par Martin Seligman).

6.3. Le modèle des croyances de santé et l’auto-efficacité de Bandura

Enfin, la DBS dialogue étroitement avec le concept d’auto-efficacité d’Albert Bandura (1977, 1986). L’auto-efficacité renvoie à la confiance d’une personne en sa capacité à exécuter les cours d’actions nécessaires pour atteindre un résultat donné. Stotland et Zuroff ont souligné que le lieu de contrôle interne et l’auto-efficacité sont complémentaires mais distincts : une personne peut croire que la restriction alimentaire est théoriquement capable de faire maigrir n’importe qui (lieu de contrôle interne élevé), tout en doutant profondément de sa propre capacité personnelle à résister aux envies alimentaires face à un buffet (faible auto-efficacité spécifique).

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de la Dieting Beliefs Scale ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’échantillons communautaires, d’étudiants universitaires et de populations cliniques engagées dans des thérapies de réduction pondérale.

7.1. Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la DBS a été examinée en analysant ses corrélations avec plusieurs instruments établis :

  • Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) : Les scores d’internalité à la DBS sont corrélés positivement avec la sous-échelle d’internalité de la MHLC (r variant généralement entre 0,35 et 0,48, p < 0,001), attestant que les croyances relatives au régime s’ancrent partiellement dans un modèle plus large de responsabilité sanitaire, tout en conservant une forte variance spécifique.
  • Échelle de restriction alimentaire (Restraint Scale de Herman & Polivy) : Les individus présentant des scores élevés de restriction cognitive présentent fréquemment des croyances internalistes rigides, accompagnées d’une surestimation du rôle de la volonté dans la pathogenèse de l’obésité.
  • Échelle d’auto-efficacité diététique : Une corrélation modérée et positive (r = 0,30 à 0,45) est observée entre l’internalité de la DBS et la confiance en sa capacité à suivre une alimentation équilibrée.

7.2. Validité discriminante

La DBS démontre une excellente indépendance vis-à-vis des mesures globales d’intelligence cognitive et des traits fondamentaux du Big Five non liés à l’autodiscipline (comme l’ouverture ou l’extraversion). De surcroît, elle ne présente que de très faibles corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (ex. Échelle de Marlow-Crowne, r < 0,15, non significatif), ce qui démontre que les réponses des participants reflètent leurs croyances authentiques plutôt qu’une posture de conformisme social.

7.3. Validité prédictive et clinique

Dans les cohortes cliniques de patients inscrits dans des programmes d’amaigrissement comportementaux :

  • Un score initial élevé sur la dimension interne prédit significativement la complétion du programme durant les 8 premières semaines et une assiduité accrue aux séances de groupe (p < 0,01).
  • Cependant, lors des phases de suivi à 6 et 12 mois, les sujets affichant des croyances internalistes extrêmes (considérant que le poids ne dépend que de la force morale) manifestent un risque accru de détresse psychologique et de reprise pondérale en cas de premier écart diététique, confirmant la pertinence clinique de mesurer ce construit pour anticiper les rechutes.

8. Fidélité / Reliability

La précision de mesure de la Dieting Beliefs Scale a été vérifiée à travers plusieurs indices classiques de la théorie classique des tests.

8.1. Cohérence interne

Lors de l’étude princeps de Stotland et Zuroff (1990), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 16 items s’élevait à 0,70 chez les sujets féminins et à 0,68 chez les sujets masculins. Dans des études ultérieures et des réplications indépendantes menées sur des populations cliniques en surpoids, le coefficient de consistance interne global oscille généralement entre 0,71 et 0,76. Les corrélations item-total corrigées s’étendent de 0,25 à 0,55, ce qui est considéré comme satisfaisant pour une échelle mesurant un construit multidimensionnel abrégé.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur un intervalle temporel de six semaines auprès d’un sous-échantillon de participants ne suivant aucune intervention thérapeutique active. Le coefficient de corrélation de Pearson s’est élevé à r = 0,78 (p < 0,001), témoignant d’une stabilité temporelle remarquable des croyances relatives au contrôle du poids en l’absence d’interventions psychoéducatives délibérées.

8.3. Erreur standard de mesure (SEM)

L’erreur standard de mesure rapportée se situe autour de 3,2 points pour le score total (dont l’étendue théorique est de 16 à 96), ce qui confère à la DBS une précision adéquate pour le suivi individuel en consultation et l’évaluation pré/post-thérapie.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de la dimensionalité latente de la DBS a révélé des caractéristiques psychométriques notables.

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des analyses initiales menées par Stotland et Zuroff par extraction en composantes principales suivie d’une rotation varimax, l’examen du diagramme de Cattell (scree plot) et le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) ont initialement suggéré une solution à plusieurs composantes. Les auteurs ont isolé trois ou quatre facteurs sous-jacents expliquant plus de 45 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Contrôle interne / Effort et Volonté (regroupant les items 1, 2, 8, 9, 10, 11, 13, 15), avec des saturations factorielles s’échelonnant entre 0,46 et 0,72.
  • Facteur 2 : Déterminisme biologique et génétique (saturé principalement par les items 3, 4 et 14), avec des poids factoriels compris entre 0,52 et 0,69.
  • Facteur 3 : Facteurs environnementaux et fatalité (items 5 et 6), avec des saturations supérieures à 0,50.
  • Facteur 4 : Dépendance au soutien d’autrui / Experts (items 7, 12, 16), avec des saturations allant de 0,44 à 0,66.

9.2. Modélisation globale et Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Bien que les analyses factorielles exploratoires fassent ressortir ces sous-facettes, Stotland et Zuroff ont souligné que le regroupement de l’ensemble des items en un score unidimensionnel bipolaire (Interne vs Externe) demeurait psychométriquement défendable et cliniquement opérant. Dans ce modèle unifié, les items externes sont inversés pour former un indice global où un score élevé reflète un lieu de contrôle interne marqué.

Des analyses confirmatoires conduites dans des études transculturelles ultérieures ont validé un modèle hiérarchique de second ordre, où les sous-facteurs de premier ordre (Effort interne, Génétique/Biologie, Soutien social/Professionnel) convergent vers une dimension de second ordre représentant l’agentivité perçue face au poids. Les indices d’ajustement rapportés dans ces modèles sont très acceptables (CFI > 0,91, TLI > 0,89, RMSEA < 0,06).

10. Instrument de mesure / Instrument

Voici la fiche technique standardisée de la Dieting Beliefs Scale :

  • Type d’évaluation : Échelle psychométrique auto-rapportée (questionnaire papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 16 ans) issus de la population générale ou de cohortes cliniques (surpoids, obésité, patients en suivi nutritionnel ou diététique).
  • Durée moyenne de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Nombre d’items : 16 items affirmatifs.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 6 points, sans point neutre médian, conçue pour forcer un positionnement cognitif :
    • 1 = Pas du tout descriptif de mes croyances (Not at all descriptive of my beliefs)
    • 2 = Très peu descriptif de mes croyances
    • 3 = Plutôt peu descriptif de mes croyances
    • 4 = Plutôt descriptif de mes croyances
    • 5 = Très descriptif de mes croyances
    • 6 = Tout à fait descriptif de mes croyances (Very descriptive of my beliefs)
  • Modalités de cotation (Scoring) :
    • Items directs (sens de l’internalité) : Items 1, 2, 8, 9, 10, 11, 13, 15. Ces items sont notés directement de 1 à 6.
    • Items inversés (sens de l’externalité) : Items marqués d’un astérisque (*), à savoir les items 3, 4, 5, 6, 7, 12, 14, 16. La cotation doit être recodée de manière inverse : 1 devient 6, 2 devient 5, 3 devient 4, 4 devient 3, 5 devient 2, et 6 devient 1.
    • Score total composite : Somme des 16 items après inversion. L’étendue théorique des scores varie de 16 à 96 points.
  • Interprétation clinique des scores totaux :
    • Score compris entre 16 et 42 : Lieu de contrôle pondéral externe marqué. La personne perçoit son poids comme régi par la fatalité, la biologie ou les stimuli environnementaux. Risque de passivité et d’impuissance apprise face aux recommandations diététiques.
    • Score compris entre 43 et 69 : Croyances équilibrées ou modérées. La personne reconnaît l’importance de son hygiène de vie tout en intégrant l’existence de facteurs limitants environnementaux ou biologiques.
    • Score compris entre 70 et 96 : Lieu de contrôle pondéral interne prononcé. L’individu attribue la totalité des fluctuations corporelles à ses efforts personnels. Forte propension à l’autodiscipline, mais risque accru de culpabilisation excessive et de découragement aigu en cas de plateau ou de rebond pondéral.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1990.
  • Statut des droits d’auteur : L’article original a été publié dans le Journal of Personality Assessment par Lawrence Erlbaum Associates (désormais sous l’égide de Taylor & Francis). L’échelle elle-même a été mise à la disposition de la communauté scientifique par les auteurs dans le cadre de leurs travaux de recherche.
  • Tarifs d’utilisation : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique non commerciale. Aucune redevance n’est exigée pour la reproduction du questionnaire dans des contextes de recherche fondamentale.
  • Conditions d’autorisation : L’utilisation de la DBS dans des essais cliniques ou des publications scientifiques requiert la citation explicite de l’article princeps de Stotland et Zuroff (1990). Pour toute utilisation commerciale ou intégration dans des applications logicielles payantes, une demande formelle d’autorisation doit être adressée aux ayants droit ou aux éditeurs de la revue.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études scientifiques de référence relatives à la DBS et aux construits associés sont les suivantes :

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Herman, C. P., & Polivy, J. (1980). Restrained eating. In A. J. Stunkard (Ed.), Obesity (pp. 208–225). W.B. Saunders.
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Stotland, S., & Zuroff, D. C. (1990). A new measure of weight locus of control: The Dieting Beliefs Scale. Journal of Personality Assessment, 54(1-2), 191–203. https://doi.org/10.1080/00223891.1990.9673986
  • Wallston, K. A., Wallston, B. S., & DeVellis, R. (1978). Development of the Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) Scales. Health Education Monographs, 6(2), 160–170. https://doi.org/10.1177/109019817800600107
  • Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

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2

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3

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4

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5

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6

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7

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8

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Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-croyances-relatives-aux-regimes-alimentaires-dbs/
Looti, Mohammed. “Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-croyances-relatives-aux-regimes-alimentaires-dbs/.
Looti, Mohammed. “Échelle des croyances relatives aux régimes alimentaires.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-croyances-relatives-aux-regimes-alimentaires-dbs/.