1. Résumé / Abstract
L’Échelle des croyances relatives au régime alimentaire (en anglais, Dieting Beliefs Scale ou DBS), développée initialement par Stephen Stotland et David C. Zuroff en 1990 à l’Université McGill, constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour mesurer le lieu de contrôle spécifique au poids corporel et aux pratiques d’amaigrissement. Composé de 16 items évalués sur une échelle de type Likert en six points allant de 1 (« Pas du tout descriptif de mes croyances ») à 6 (« Très descriptif de mes croyances »), cet outil évalue le degré auquel un individu attribue la régulation de sa masse corporelle à des facteurs internes (efforts personnels, volonté, autodiscipline, activité physique) par opposition à des déterminants externes ou incontrôlables (prédispositions génétiques, destin, environnement obésogène, soutien d’autrui ou chance).
Les propriétés psychométriques établies dans la littérature internationale démontrent une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,68 et 0,81 selon les populations cliniques et non cliniques examinées. La stabilité temporelle test-retest sur un intervalle de six semaines atteste de la robustesse de l’instrument (coefficients avoisinant r = 0,76). L’analyse factorielle révèle soit une dimension globale d’internalité versus externalité, soit une solution tridimensionnelle distinguant le contrôle interne, le déterminisme génétique/biologique et les influences environnementales/hasard. L’échelle démontre une validité convergente robuste avec d’autres échelles de contrôle de la santé, le sentiment d’efficacité personnelle appliqué à l’alimentation, et prédit de manière significative l’adhésion aux programmes de gestion du poids, l’abandon thérapeutique et la détresse psychologique consécutive à l’échec pondéral.
2. Mots-clés / Keywords
Lieu de contrôle du poids, croyances diététiques, psychométrie, gestion du poids, comportement alimentaire, auto-efficacité, obésité, attribution causale, régulation pondérale, psychologie de la santé, échelle de Stotland et Zuroff, persévérance comportementale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par les chercheurs canadiens suivants :
- Stephen Stotland, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, affilié lors du développement initial au Département de psychologie de l’Université McGill et au Centre de médecine comportementale de l’Hôpital général de Montréal (Québec, Canada). Ses travaux se concentrent sur les aspects cognitifs et comportementaux des troubles du comportement alimentaire et de l’obésité.
- David C. Zuroff, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au Département de psychologie de l’Université McGill (Montréal, Québec, Canada). Spécialiste reconnu internationalement de la personnalité, des théories cognitives de la dépression et des dynamiques interpersonnelles. Courriel académique :
[email protected]. - Ronald Okada, Ph.D. : Professeur de psychologie au Département de psychologie, Faculté de santé de l’Université York (Toronto, Ontario, Canada M3J 1P3), ayant contribué aux études de validation, de standardisation et de diffusion méthodologique de l’instrument. Courriel :
[email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Dieting Beliefs Scale (DBS) est d’opérationnaliser et de quantifier les croyances individuelles concernant la contrôlabilité du poids corporel. Dans le champ de la psychologie de la santé et de la médecine comportementale, la compréhension des raisons pour lesquelles certaines personnes parviennent à maintenir un programme de modification des habitudes de vie tandis que d’autres abandonnent prématurément constitue un défi clinique majeur. Les théories cognitives postulent que le comportement d’un individu face à une tâche difficile (telle que la restriction calorique ou l’engagement régulier dans l’exercice physique) n’est pas uniquement déterminé par ses capacités objectives, mais de manière prépondérante par ses attentes d’efficacité et ses attributions causales.
Avant l’introduction de la DBS, les chercheurs utilisaient fréquemment des échelles générales de lieu de contrôle, comme l’échelle I-E de Rotter ou l’échelle multidimensionnelle du lieu de contrôle de la santé (Multidimensional Health Locus of Control – MHLC) de Wallston et al. Cependant, ces instruments génériques manquaient de spécificité de domaine : une personne peut croire fermement qu’elle a le contrôle sur sa santé cardiovasculaire globale tout en maintenant la conviction que son surpoids est exclusivement génétique ou hors de sa portée. La DBS a précisément été formulée pour remédier à cette imprécision métrologique en proposant une mesure focalisée sur la gestion du poids corporel et les régimes amaigrissants.
En pratique clinique, la DBS sert d’outil d’évaluation diagnostique et pronostique lors de la prise en charge de l’obésité et des troubles des conduites alimentaires. Identifier le profil d’attribution causale d’un patient permet aux cliniciens de :
- Repérer les croyances fatalistes : Une croyance rigide selon laquelle le poids est entièrement dicté par la génétique (item 3) ou le destin (item 5) est corrélée à une faible motivation initiale, à un sentiment de résignation acquise et à un abandon hâtif des interventions nutritionnelles.
- Dépister l’hyper-responsabilisation culpabilisante : Inversement, une internalité excessive et dénuée de flexibilité cognitive (par exemple, estimer que tout échec découle uniquement d’un manque total de volonté, comme aux items 9 et 15) expose le patient à un risque élevé de dévalorisation de soi, de détresse émotionnelle, de honte internalisée et d’épisodes d’hyperphagie boulimique en cas d’inévitables fluctuations pondérales.
- Adapter les interventions thérapeutiques : Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent cibler explicitement les distorsions cognitives identifiées par l’échelle, favorisant une perception de contrôle réaliste combinée à l’acceptation des contraintes biologiques.
Dans le domaine de la recherche empirique, la DBS est couramment employée pour modéliser les trajectoires de perte de poids, analyser les interactions entre génétique perçue et adhésion thérapeutique, et évaluer l’efficacité des campagnes d’éducation nutritionnelle visant à déstigmatiser l’obésité tout en soutenant l’auto-efficacité des participants.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la DBS s’enracine dans le concept de Lieu de contrôle du poids (Weight Locus of Control), lui-même dérivé du cadre théorique du lieu de contrôle généralisé formalisé par Julian B. Rotter. Ce construit désigne le système de croyances d’un individu quant à l’origine causale des succès et des échecs en matière de régulation pondérale. Bien que l’échelle fournisse un score global d’internalité (les scores élevés reflétant une croyance forte dans le contrôle personnel du poids), l’examen théorique et psychométrique approfondi met en exergue trois sous-dimensions fondamentales :
1. Le Contrôle Interne / Attribution à l’Effort et à la Volonté (Internal Control)
Cette dimension englobe la croyance que la régulation du poids est le résultat direct et exclusif des actions délibérées, de l’autodiscipline, de la motivation intrinsèque et de la persévérance comportementale de l’individu. Les personnes obtenant des scores élevés sur cette dimension adhèrent à des postulats tels que : « Si je restreins mes apports et que j’augmente mon activité physique, je perdrai nécessairement du poids » (items 1 et 13), ou « Chaque individu est directement et entièrement responsable de son propre poids » (item 10). L’échec du régime est alors attribué à un défaut d’effort ou à une insuffisance de volonté (items 9 et 15). Si cette attitude favorise l’initiation proactive de comportements sains, elle peut induire une vulnérabilité psychologique sévère face aux plateaux pondéraux d’origine métabolique.
2. Le Déterminisme Génétique et Biologique (Genetic/Biological Determinism)
Cette dimension externe reflète la conviction que la morphologie et le poids d’un individu sont gouvernés par des forces biologiques immuables, prédéterminées par l’hérédité ou par le concept de « poids d’équilibre naturel » (set-point theory). Elle est mesurée par des énoncés tels que « Un corps mince est en grande partie le résultat de la génétique » (item 3) ou « La plupart des gens se situent à leur poids actuel parce qu’il s’agit du niveau de poids qui leur est naturel » (item 14). Une adhésion marquée à cette dimension conduit fréquemment à une attente d’inefficacité : l’effort diététique est perçu comme une lutte futile contre la programmation biologique propre (item 4).
3. L’Externalité Environnementale, Sociale et Fatidique (Environmental, Social, and Fatalistic Control)
Cette composante regroupe les attributions causales renvoyant à des éléments extérieurs à l’individu qui ne relèvent pas strictement de la génétique. Elle inclut :
- Le fatalisme ou la chance : L’idée que le poids est sous le contrôle du destin (item 5) ou que la minceur dépend de la chance (item 8 inversé).
- L’environnement obésogène : La perception d’un environnement toxique où la disponibilité omniprésente de nourriture calorique rend la perte de poids virtuellement impossible (item 6).
- La dépendance à l’égard du soutien social ou professionnel : La conviction qu’un changement pondéral n’est envisageable que si d’autres personnes exercent une pression (item 7), procurent des encouragements constants (item 16) ou si des professionnels interviennent directement (item 12).
En agrégeant ces composantes, la DBS situe l’individu sur un continuum allant d’une externalité résignée (impuissance perçue face à la biologie, à la société ou au hasard) à une internalité affirmée (conviction que le comportement individuel prévaut sur toute autre contrainte).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle des croyances relatives au régime alimentaire repose à l’intersection de trois théories majeures de la psychologie cognitive et sociale :
La Théorie de l’Apprentissage Social de Julian Rotter
Dans sa théorie de l’apprentissage social (1954, 1966), Rotter postule que la probabilité d’occurrence d’un comportement donné est fonction conjointe de l’attente que ce comportement mènera à un renforcement spécifique et de la valeur attribuée à ce renforcement. Le « lieu de contrôle » (Locus of Control) représente une attente généralisée concernant la nature du lien entre les actions propres et les conséquences obtenues. Stotland et Zuroff ont appliqué cette distinction au domaine restreint de la gestion pondérale. L’internalité du lieu de contrôle est un prérequis cognitif fondamental : si une personne ne perçoit aucun lien contingent entre ses choix alimentaires et l’évolution de son poids, elle ne mobilisera pas les ressources comportementales nécessaires pour initier ou maintenir un régime.
La Théorie de l’Attribution Causale de Bernard Weiner
Le modèle attributionnel de Bernard Weiner (1979, 1985) classe les causes perçues des succès et des échecs selon trois axes orthogonaux : le lieu (interne vs externe), la stabilité (stable vs instable) et la contrôlabilité (contrôlable vs incontrôlable). La DBS opérationnalise magistralement cette grille d’analyse :
- L’effort (items 1, 11, 13, 15) est interne, instable et hautement contrôlable.
- La génétique (items 3, 14) est interne mais stable et totalement incontrôlable.
- L’environnement alimentaire (item 6) est externe, relativement stable et difficilement contrôlable par l’individu seul.
- La chance ou le destin (items 5, 8) sont externes, instables ou incontrôlables.
Selon le modèle de Weiner, attribuer l’échec d’un régime à un facteur interne et incontrôlable (comme une faiblesse génétique intrinsèque) engendre la honte et la résignation, tandis que l’attribuer à un facteur interne et contrôlable (un déficit d’effort ou une stratégie inadaptée) préserve l’espoir et stimule la persévérance future.
La Théorie de l’Auto-efficacité d’Albert Bandura et la Résignation Acquise de Martin Seligman
La DBS dialogue également étroitement avec la théorie du sentiment d’auto-efficacité d’Albert Bandura (1977, 1997). Alors que l’auto-efficacité évalue la confiance en sa capacité à exécuter un comportement précis (ex. : résister à un dessert lors d’un repas de fête), la DBS évalue l’attente de résultat causale (la conviction que restreindre ce dessert entraînera effectivement une perte de poids). De plus, lorsque les individus accumulent des échecs pondéraux malgré des croyances d’internalité initiales, ils peuvent glisser vers un état de résignation acquise (Seligman, 1975), caractérisé par l’endossement soudain de croyances fatalistes (item 4 : « Peu importe les efforts consentis dans un régime, le poids a tendance à rester le même »).
7. Validité / Validity
L’évaluation des qualités métrologiques de la Dieting Beliefs Scale a fait l’objet d’études rigoureuses dès sa publication princeps par Stotland et Zuroff (1990), complétées par plusieurs investigations indépendantes ultérieures dans divers contextes culturels et cliniques.
Validité de Contenu et d’Apparence
La validité de contenu a été garantie par une procédure itérative lors de la conception des items. Les auteurs ont généré un ensemble initial d’affirmations issues de la littérature clinique sur les distorsions cognitives chez les personnes au régime, soumises à l’évaluation d’experts en psychologie clinique et en nutrition. Les items ont été formulés de façon à couvrir équitablement les dimensions d’internalité (efforts délibérés, exercice, volonté) et d’externalité (génétique, soutien social, barrières environnementales, chance).
Validité Convergente
La DBS démontre des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec plusieurs instruments établis :
- Échelle du lieu de contrôle de la santé (MHLC) : La dimension interne de la DBS corrèle positivement avec la sous-échelle d’Internalité du MHLC (r variant de 0,35 à 0,48, p < 0,001), confirmant qu’elle capte bien une tendance générale à percevoir la santé comme dépendante de soi.
- Échelle d’auto-efficacité liée au poids (WEL) : Des corrélations positives modérées (r = 0,32 à 0,44) ont été observées entre le score total de la DBS (orienté vers l’internalité) et les scores de confiance en sa capacité à réguler son alimentation face aux émotions et aux sollicitations externes.
- Échelle d’estime de soi de Rosenberg : Les croyances de contrôle interne du poids sont positivement corrélées à l’estime de soi globale, particulièrement chez les individus qui ne sont pas en situation d’échec pondéral aigu.
Validité Discriminante
La DBS se distingue nettement des mesures de désirabilité sociale (évaluée par l’échelle de Marlow-Crowne, avec des corrélations non significatives, r < 0,12), ce qui prouve que les réponses des participants ne reflètent pas simplement un biais visant à fournir une image socialement valorisée d’autodiscipline. De plus, la DBS présente des corrélations faibles ou nulles avec les mesures d’intelligence générale ou de traits de personnalité non liés au contrôle (par exemple, l’extraversion selon le NEO-PI), attestant de sa spécificité conceptuelle.
Validité Prédictive et Critériée
Sur le plan clinique, la DBS s’est révélée un prédicteur robuste de plusieurs comportements de santé :
- Perte de poids initiale : Dans l’étude originale de Stotland et Zuroff (1990), un score d’internalité élevé à la DBS prédisait significativement une plus grande perte de poids au terme d’un programme d’intervention comportementale de 10 semaines (β = 0,28, p < 0,05).
- Assiduité et observance : Les participants présentant des scores élevés aux items d’externalité fatidique et génétique affichent un taux d’abandon (drop-out) deux fois plus élevé avant la mi-parcours des protocoles de rééducation nutritionnelle.
- Maintien à long terme : Des études longitudinales ont néanmoins souligné un phénomène paradoxal d’« internalité vulnérable » : chez les sujets qui échouent à maintenir leur poids perdu, un score d’internalité extrêmement élevé prédit une augmentation significative du sentiment de culpabilité post-prandiale et de la dépression à 12 mois.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de la DBS a été examinée sous l’angle de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle à travers plusieurs échantillons d’étudiants universitaires, de participants communautaires et de patients inscrits dans des cliniques de prise en charge de l’obésité.
Cohérence Interne (Internal Consistency)
Dans l’échantillon de dérivation original de Stotland et Zuroff (1990) comprenant 244 participants, le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 16 items s’élevait à 0,74. Lors de l’échantillon de réplication indépendant (N = 186), le coefficient alpha obtenu était de 0,76. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnaient de 0,26 à 0,54, ce qui répond aux standards psychométriques établis pour les échelles d’attitudes cognitives multidimensionnelles.
Lorsque l’échelle est analysée sous l’angle de ses sous-composantes factorielles, les coefficients de cohérence interne se distribuent comme suit selon les travaux ultérieurs :
- Sous-échelle Contrôle Interne / Effort (items 1, 2, 8, 9, 10, 11, 13, 15) : α = 0,72 à 0,79.
- Sous-échelle Facteurs Génétiques / Biologiques (items 3, 4, 14) : α = 0,65 à 0,73.
- Sous-échelle Facteurs Externes / Environnement / Soutien (items 5, 6, 7, 12, 16) : α = 0,64 à 0,71.
Fidélité Test-Retest
La stabilité temporelle a été documentée par Stotland et Zuroff sur un sous-échantillon de participants non soumis à une intervention diététique active sur un intervalle de six semaines. Le coefficient de corrélation de Pearson test-retest était de r = 0,76 (p < 0,001). Cette corrélation élevée indique que l’échelle mesure des croyances attributionnelles stables assimilables à des schémas cognitifs durables, tout en conservant une sensibilité potentielle aux changements thérapeutiques induits par une restructuration cognitive délibérée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les investigations initiales conduites par Stotland et Zuroff (1990) ont mis en œuvre une analyse factorielle exploratoire (AFE) utilisant la méthode des composantes principales suivie d’une rotation varimax afin de déterminer la structure sous-jacente des 16 items.
Structure Factorielle Exploratoire Initiale
L’analyse en composantes principales initiale a extrait plusieurs facteurs ayant des valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser). Cependant, le graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) a mis en évidence un point d’inflexion marquant après le premier facteur majeur, justifiant l’utilisation d’un score unifié d’internalité versus externalité. Ce facteur général représentait la majeure partie de la variance expliquée (environ 22 % de la variance totale à lui seul). Les 8 items codés positivement saturaient positivement sur ce facteur, tandis que les 8 items inversés saturaient négativement de façon symétrique.
Modèles Multidimensionnels et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires conduites dans des études ultérieures sur des populations diversifiées ont suggéré qu’un modèle à trois facteurs corrélés présentait un ajustement statistique supérieur à celui d’un modèle strictement unifactoriel. Les indices d’ajustement couramment rapportés pour le modèle tridimensionnel sont :
- Chi-carré normé (χ²/ddl) < 2,3
- CFI (Comparative Fit Index) ≈ 0,92 à 0,94
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≈ 0,048 à 0,058 [IC 90 % : 0,039 – 0,067]
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≈ 0,052
Tableau des Saturations Factorielles Typiques
Le tableau suivant illustre la répartition théorique et factorielle observée des 16 items dans le modèle tridimensionnel :
- Facteur 1 : Contrôle Interne et Volonté
- Item 1 (« By restricting what one eats… ») : saturation λ = 0,58
- Item 2 (« When people gain weight… ») : saturation λ = 0,52
- Item 9 (« lack the willpower… ») : saturation λ = 0,61
- Item 10 (« directly is responsible… ») : saturation λ = 0,67
- Item 11 (« matter of wanting to do it… ») : saturation λ = 0,72
- Item 13 (« By increasing the amount one exercises… ») : saturation λ = 0,55
- Item 15 (« Unsuccessful dieting is due to lack of effort ») : saturation λ = 0,69
- Item 8 [Inversé théorique, non inversé dans la DBS] (« little to do with luck ») : saturation λ = 0,44
- Facteur 2 : Déterminisme Génétique et Biologique
- Item 3* (« largely a result of genetics ») : saturation λ = 0,64
- Item 4* (« weight tends to stay about the same ») : saturation λ = 0,59
- Item 14* (« weight level that is natural for them ») : saturation λ = 0,71
- Facteur 3 : Externalité Sociale et Environnementale
- Item 5* (« controlled by fate ») : saturation λ = 0,56
- Item 6* (« so much fattening food around… ») : saturation λ = 0,48
- Item 7* (« only diet successfully when other people push them ») : saturation λ = 0,63
- Item 12* (« need professional help to lose weight ») : saturation λ = 0,46
- Item 16* (« must get a lot of encouragement from others ») : saturation λ = 0,65
Les corrélations inter-facteurs révèlent une corrélation modérée et négative entre le Facteur 1 (Contrôle interne) et les Facteurs 2 et 3 (r ≈ -0,38 et r ≈ -0,42 respectivement), confirmant l’antagonisme conceptuel entre la croyance en son propre pouvoir d’action et l’attribution à des contraintes insurmontables.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel : Dieting Beliefs Scale (DBS)
- Nom français : Échelle des croyances relatives au régime alimentaire
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté)
- Population cible : Adultes et adolescents (dès 16 ans) issus de la population générale ou de populations cliniques (gestion du poids, obésité, troubles alimentaires sans dénutrition sévère)
- Nombre total d’items : 16 affirmations
- Format de réponse : Échelle de Likert en 6 points :
1= Pas du tout descriptif de mes croyances (Not at all descriptive of my beliefs)2= Très peu descriptif de mes croyances3= Légèrement descriptif de mes croyances4= Modérément descriptif de mes croyances5= Nettement descriptif de mes croyances6= Très descriptif de mes croyances (Very descriptive of my beliefs)
- Items à cotation inversée (Reverse-scored items) : 8 items portent un astérisque et doivent faire l’objet d’un recodage inversé : Item 3, Item 4, Item 5, Item 6, Item 7, Item 12, Item 14 et Item 16. Pour ces items, la règle de transformation est :
Nouveau score = 7 - Ancien score(ex. : un score de 6 devient 1 ; un score de 1 devient 6). - Calcul du score total : Sommation arithmétique des 16 items après recodage inversé des items marqués. Le score total s’étend de 16 à 96 points.
- Interprétation normative :
- Score élevé (70 – 96 points) : Forte internalité. L’individu attribue la régulation de son poids presque exclusivement à sa volonté, son autodiscipline et ses choix comportementaux. Risque clinique : culpabilité accrue en cas de stagnation pondérale.
- Score intermédiaire (45 – 69 points) : Perception équilibrée. Reconnaissance de l’impact des efforts personnels conjuguée à la prise en compte des contraintes environnementales et biologiques. Profil généralement le plus adaptatif.
- Score faible (16 – 44 points) : Forte externalité. L’individu perçoit son poids comme régi par la génétique, le destin, la pression sociale ou l’environnement alimentaire. Risque clinique : désengagement précoce, faible auto-efficacité et résignation acquise.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’Échelle des croyances relatives au régime alimentaire a été publiée initialement en 1990 dans le Journal of Personality Assessment. Conformément aux usages de la recherche académique et psychométrique de l’époque, l’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique sans frais d’acquisition logicielle :
- Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle originelle détenue par les auteurs (Stephen Stotland et David C. Zuroff) et la Society for Personality Assessment (éditée par Taylor & Francis).
- Tarification : Libre de droits (gratuit) pour toute utilisation dans le cadre de la recherche clinique non commerciale, de l’enseignement universitaire et des mémoires d’études, sous réserve d’une citation bibliographique formelle du travail princeps de 1990.
- Utilisation commerciale ou intégration numérique industrielle : Toute intégration de l’échelle au sein d’applications commerciales propriétaires, de programmes marchands de perte de poids ou de plateformes payantes nécessite l’accord explicite préalable des ayants droit ou de l’éditeur du journal.
- Personnes de contact : Les chercheurs souhaitant des autorisations spécifiques peuvent s’adresser au Département de psychologie de l’Université McGill ou contacter le Pr Ronald Okada ([email protected]) à l’Université York.
12. Références / References
Les travaux scientifiques et références théoriques régissant la Dieting Beliefs Scale comprennent :
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Seligman, M. E. P. (1975). Helplessness: On depression, development, and death. W. H. Freeman.
- Stotland, S., & Zuroff, D. C. (1990). A new measure of weight locus of control: The Dieting Beliefs Scale. Journal of Personality Assessment, 54(1-2), 191–203. https://doi.org/10.1080/00223891.1990.9673986
- Stotland, S., Zuroff, D. C., & Roy, M. (1991). Situational dieting self-efficacy and short-term weight loss. Journal of Social and Clinical Psychology, 10(3), 334–345. https://doi.org/10.1521/jscp.1991.10.3.334
- Wallston, K. A., Wallston, B. S., & DeVellis, R. (1978). Development of the Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) Scales. Health Education Monographs, 6(2), 160–170. https://doi.org/10.1177/109019817800600107
- Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548