Échelle des auto-évaluations fondamentales

L’Échelle des auto-évaluations fondamentales (CSES) développée par Judge et al. (2003) est un instrument psychométrique de 12 items mesurant l’estime de soi, l’auto-efficacité, le locus de contrôle et la stabilité émotionnelle.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des auto-évaluations fondamentales (en anglais, Core Self-Evaluations Scale ou CSES), élaborée initialement par Timothy A. Judge, Amir Erez, Joyce E. Bono et Carl J. Thoresen en 2003, constitue un instrument psychométrique direct et unidimensionnel conçu pour évaluer le construit de personnalité de haut niveau nommé « auto-évaluations fondamentales » (Core Self-Evaluations, CSE). Ce macro-construit théorique intègre quatre dimensions de personnalité traditionnellement distinguées au sein de la psychologie différentielle et organisationnelle : l’estime de soi (self-esteem), l’auto-efficacité généralisée (generalized self-efficacy), le lieu de contrôle interne (internal locus of control) et la stabilité émotionnelle (faible névrosisme).

Composée de 12 items formulés sous la forme d’affirmations auto-rapportées, l’échelle utilise un format de réponse de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Six de ces items sont rédigés selon une polarité positive, tandis que les six autres sont inversés afin de limiter les biais d’acquiescement et les erreurs de mesure liées aux tendances de réponse. L’instrument a été conçu pour pallier les lourdeurs méthodologiques inhérentes à la combinaison de quatre échelles indépendantes distinctes (telles que l’échelle d’estime de soi de Rosenberg ou la sous-échelle de névrosisme du NEO-PI-R), offrant ainsi une mesure parcimonieuse, directe et écologiquement valide.

Sur le plan psychométrique, la CSES présente une consistance interne robuste, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,88 selon les échantillons normatifs et professionnels, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest (r ≥ 0,81 sur un intervalle de trois mois). Les analyses factorielles confirmatoires menées à travers diverses cultures confirment son agencement unidimensionnel sous-jacent. L’échelle démontre une validité prédictive remarquable à l’égard de critères majeurs du comportement organisationnel, notamment la satisfaction au travail, la performance professionnelle objective et subjective, l’engagement organisationnel, la réduction de l’épuisement professionnel (burnout) et la satisfaction de vie globale.

2. Mots-clés / Keywords

Auto-évaluations fondamentales, Core Self-Evaluations Scale, CSES, estime de soi, auto-efficacité généralisée, lieu de contrôle, stabilité émotionnelle, névrosisme, psychométrie, satisfaction au travail, performance professionnelle, psychologie organisationnelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en comportement organisationnel et en psychologie industrielle :

  • Timothy A. Judge, Ph.D. : Professeur émérite en management et psychologie, anciennement affilié au Mendoza College of Business de l’Université de Notre Dame et à l’Université de Floride (Warrington College of Business), États-Unis. Spécialiste mondial de la personnalité au travail, du leadership et de la satisfaction professionnelle.
  • Amir Erez, Ph.D. : Professeur de management au Warrington College of Business, Université de Floride, Gainesville, Floride, États-Unis. Ses travaux portent sur les affects, les humeurs au travail et le comportement organisationnel positif.
  • Joyce E. Bono, Ph.D. : Professeure au département de management du Warrington College of Business, Université de Floride, Gainesville, Floride, États-Unis. Reconnue pour ses recherches sur le leadership transformationnel et les traits fondamentaux de la personnalité.
  • Carl J. Thoresen, Ph.D. : Professeur agrégé en psychologie industrielle et organisationnelle, Département de psychologie, Tulane University, La Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis. Spécialiste de la motivation et des méthodes quantitatives appliquées au comportement au travail.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de la création de la Core Self-Evaluations Scale (CSES) était de résoudre une impasse méthodologique et théorique majeure rencontrée dans l’étude de la personnalité appliquée aux contextes organisationnels et cliniques. Historiquement, le concept d’auto-évaluations fondamentales a été introduit par Judge, Locke et Durham en 1997 pour désigner les conclusions basales, subconscientes et évaluatives que les individus tirent à propos d’eux-mêmes, de leurs capacités et de leur propre valeur dans le monde. Durant les premières années suivant cette conceptualisation, les chercheurs devaient mesurer ce macro-construit de manière indirecte, en administrant quatre inventaires distincts : l’échelle d’estime de soi de Rosenberg, l’échelle d’auto-efficacité généralisée de Sherer, l’échelle du locus de contrôle de Rotter ou de Levenson, et une sous-échelle de névrosisme issue d’un inventaire des Big Five comme le NEO-FFI.

Cette approche indirecte présentait de sévères limitations :

  • Fardeau de passation élevé : L’administration conjointe de ces quatre instruments totalisait fréquemment entre 40 et 80 items, ce qui provoquait une fatigue chez les répondants, augmentait le taux d’abandon et réduisait la qualité des réponses dans les enquêtes d’entreprise ou les études longitudinales.
  • Variance non partagée et impuretés constructives : Chacune des quatre échelles historiques comporte des éléments idiosyncrasiques et contextuels qui ne relèvent pas du noyau commun des auto-évaluations fondamentales. Par exemple, les items mesurant le névrosisme évaluent fréquemment des manifestations somatiques de l’anxiété ou des phobies spécifiques, qui s’écartent de l’évaluation fondamentale de soi.
  • Instabilité de la modélisation factorielle : Traiter les scores composites des quatre échelles comme des indicateurs d’un facteur d’ordre supérieur posait des défis statistiques réguliers en matière d’invariance de mesure et de multicolinéarité.

En réponse à ces contraintes, la CSES a été formulée comme une mesure directe, homogène et unifiée. Sur le plan de la recherche, elle offre aux psychologues et sociologues des organisations un outil précis pour étudier l’impact direct et modérateur des évaluations fondamentales de soi sur le bien-être subjectif, le stress perçu, la résilience face à l’échec et les dynamiques de motivation intrinsèque. Sur le plan appliqué et clinique, l’échelle trouve son utilité dans les bilans de compétences, le coaching exécutif, le conseil d’orientation et la psychologie de la santé au travail. Elle permet de diagnostiquer les schémas cognitifs négatifs globaux caractérisés par le sentiment d’impuissance acquise, la dévalorisation de soi et le fatalisme, guidant ainsi les interventions cognitivo-comportementales vers la restructuration du système d’évaluation personnelle de base.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la CSES repose sur l’intégration structurelle de quatre traits de personnalité majeurs qui partagent un noyau latent commun d’évaluation personnelle. Selon la théorie de Judge et al. (1997, 2002, 2003), ces quatre dimensions ne sont pas des entités psychologiques entièrement isolées, mais plutôt des manifestations périphériques d’une même disposition évaluative fondamentale :

1. L’estime de soi (Self-Esteem)

L’estime de soi représente l’évaluation globale qu’un individu fait de sa propre valeur en tant que personne humaine. C’est la composante la plus affective et fondamentale du macro-construit. Les individus possédant une haute estime de soi se perçoivent comme intrinsèquement dignes de respect, compétents et méritants, indépendamment de leurs succès ou échecs ponctuels. Dans la CSES, cette dimension est incarnée par des énoncés mesurant l’acceptation globale de soi (ex. : « Overall, I am satisfied with myself ») et l’absence de sentiment d’inutilité lors des revers (ex. : « Sometimes when I fail I feel worthless », item inversé).

2. L’auto-efficacité généralisée (Generalized Self-Efficacy)

Dérivée des théories de l’auto-efficacité d’Albert Bandura, la dimension généralisée reflète la conviction durable d’un individu en sa capacité globale à mobiliser la motivation, les ressources cognitives et les plans d’action nécessaires pour surmonter les exigences imprévues de la vie quotidienne. Contrairement à l’auto-efficacité spécifique (liée à une tâche précise comme conduire ou parler en public), l’auto-efficacité généralisée transcende les domaines contextuels. Elle se traduit dans la CSES par la confiance dans l’accomplissement des tâches et la capacité à faire face aux problèmes (ex. : « I complete tasks successfully », « I am capable of coping with most of my problems »).

3. Le lieu de contrôle interne (Internal Locus of Control)

Inspiré des travaux de Julian Rotter, le locus de contrôle désigne la croyance selon laquelle les événements de la vie sont déterminés par les propres actions et décisions d’un individu (locus interne), plutôt que par le destin, la chance, le hasard ou des forces externes incontrôlables (locus externe). Les personnes ayant un locus de contrôle interne élevé adoptent des comportements d’agentivité proactifs et s’attribuent la causalité de leurs réussites. La CSES capte cette dimension à travers des items évaluant le contrôle perçu sur son propre destin et son parcours professionnel (ex. : « I determine what will happen in my life », « Sometimes, I do not feel in control of my work », item inversé).

4. La stabilité émotionnelle / Faible névrosisme (Emotional Stability / Low Neuroticism)

La stabilité émotionnelle se définit par la propension à maintenir un équilibre psychologique face au stress, à ne pas succomber à l’anxiété chronique, à l’irritabilité ou aux affects dépressifs. Un névrosisme élevé se traduit par une vigilance constante face aux menaces, une distorsion cognitive négative de l’environnement et une réactivité émotionnelle disproportionnée. Dans la CSES, ce trait est opérationnalisé par des items mesurant l’absence de sentiments de découragement chronique, d’abattement ou de dépression passagère (ex. : « Sometimes I feel depressed », « There are times when things look pretty bleak and hopeless to me », items inversés).

La CSES ne cherche pas à fournir quatre sous-scores distincts, mais capture le facteur général commun qui unit ces quatre dimensions. Selon les méta-analyses de Judge et al. (2002), ces quatre traits partagent une variance commune massive (corrélations inter-traits corrigées comprises entre 0,60 et 0,85), justifiant pleinement l’utilisation d’une mesure unidimensionnelle globale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique des auto-évaluations fondamentales trouve ses racines dans la psychologie de la personnalité, la phénoménologie cognitive et les théories de la motivation au travail. La thèse fondamentale énoncée par Judge, Locke et Durham (1997) postule que la cognition humaine opère à partir d’un ensemble de prémisses évaluatives basales non conscientes. Ces croyances fondamentales agissent comme des lunettes conceptuelles à travers lesquelles l’individu perçoit, interprète et attribue du sens à ses expériences quotidiennes.

Le modèle d’évaluation intégratif de Locke

S’appuyant sur la philosophie de l’objectivisme et les théories d’Edwin Locke sur l’évaluation cognitive de soi, le modèle pose que l’esprit humain ne peut évaluer des objets externes (comme un emploi, une tâche complexe ou une relation) sans une référence implicite à sa propre valeur et à sa propre compétence. Une personne qui se perçoit fondamentalement incapable ou dénuée de valeur verra dans une tâche professionnelle stimulante une menace insurmontable génératrice d’angoisse. Inversement, une personne présentant des auto-évaluations fondamentales positives interprétera la même situation comme une opportunité motivante de maîtrise et d’accomplissement.

Les mécanismes explicatifs : Perception, Choix d’objectifs et Motivation

La recherche théorique de Judge, Bono, Erez et Locke (2005) détaille trois mécanismes psychologiques par lesquels le construit mesuré par la CSES influence le comportement et le bien-être :

  • Le processus perceptif direct : Les individus à haut score de CSE traitent les informations de manière congruente avec leur valeur personnelle. Ils perçoivent les caractéristiques intrinsèques de leur emploi (variété des compétences, autonomie, rétroaction) de façon beaucoup plus riche et favorable que leurs pairs à faible score, même lorsque les emplois objectifs sont identiques.
  • La théorie de la concordance des soi (Self-Concordance Theory) : Dérivée de la théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan, la recherche démontre que les personnes ayant de fortes CSE choisissent des objectifs de vie et de travail « autonomes » et « concordants avec le soi » (guidés par des intérêts authentiques et des valeurs profondes) plutôt que des objectifs contrôlés (imposés par la culpabilité, le regard social ou la coercition externe). Cette poursuite d’objectifs concordants génère un investissement d’effort plus soutenu et un niveau d’accomplissement supérieur.
  • La résilience et le coping adaptatif : Confrontés à des obstacles, les individus dotés d’auto-évaluations fondamentales élevées recourent préférentiellement à des stratégies de coping axées sur la résolution de problème plutôt que sur l’évitement ou la rumination émotionnelle passive.

7. Validité / Validity

L’étude princeps de Judge, Erez, Bono et Thoresen (2003), menée auprès de quatre échantillons distincts comprenant des étudiants universitaires, des professionnels en formation et des salariés d’entreprises (N total > 1 200), a fourni des preuves substantielles de la validité de l’échelle sous ses multiples facettes.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de la CSES a été confirmée par de fortes corrélations positives et négatives avec les instruments classiques évaluant les quatre traits constitutifs :

  • Corrélation avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg : r = 0,74 à 0,81 (p < 0,001).
  • Corrélation avec l’Échelle d’auto-efficacité généralisée : r = 0,65 à 0,75 (p < 0,001).
  • Corrélation avec la stabilité émotionnelle (faible névrosisme) : r = 0,64 à 0,72 (p < 0,001).
  • Corrélation avec le locus de contrôle interne : r = 0,48 à 0,56 (p < 0,001).

Concernant la validité discriminante par rapport aux traits de personnalité du modèle des Big Five, la CSES présente des corrélations modérées avec l’extraversion (r ≈ 0,35 à 0,45) et la conscience (r ≈ 0,30 à 0,40), et des corrélations faibles avec l’amabilité (r ≈ 0,15 à 0,22) et l’ouverture à l’expérience (r ≈ 0,12 à 0,20). Ces coefficients confirment que l’échelle ne se confond pas avec les autres dimensions de la personnalité humaine.

Validité prédictive et incrémentielle

La validité critériée de la CSES est l’un de ses atouts majeurs :

  • Satisfaction au travail : La CSES prédit la satisfaction au travail globale de manière constante, avec des coefficients de corrélation variant de r = 0,35 à 0,45. Dans les régressions hiérarchiques, la CSES explique une part de variance incrémentielle significative dans la satisfaction au travail au-delà des traits individuels des Big Five pris isolément.
  • Performance au travail : La corrélation opérationnelle méta-analytique entre la CSES et la performance au travail (évaluée par les superviseurs ou par des indicateurs objectifs de vente) se situe autour de ρ = 0,23 à 0,26.
  • Satisfaction de vie globale : L’échelle montre un pouvoir de prédiction très élevé du bien-être subjectif et de la satisfaction de vie (r = 0,50 à 0,55).

Les études de validation transculturelle — notamment en français par Heilmann et Jonas (2010), en allemand, en espagnol, en néerlandais et en chinois — ont répliqué ces coefficients de corrélation de manière remarquable, démontrant l’invariance transculturelle de la validité du construit.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de la Core Self-Evaluations Scale ont été abondamment documentées dans les études initiales et au cours de nombreuses recherches ultérieures :

Consistance interne

Dans l’étude de conception originale de Judge et al. (2003), l’indice de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach (α) a été évalué sur quatre échantillons indépendants :

  • Échantillon 1 (étudiants de premier cycle, N = 265) : α = 0,84
  • Échantillon 2 (professionnels en MBA exécutif, N = 153) : α = 0,83
  • Échantillon 3 (employés de l’administration publique, N = 247) : α = 0,83
  • Échantillon 4 (salariés du secteur privé, N = 551) : α = 0,81

Des analyses complémentaires basées sur le coefficient d’oméga de McDonald (ω) rapportent des valeurs similaires (ω > 0,83), confirmant l’homogénéité robuste des items sans redondance sémantique excessive. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,40 et 0,65, tous les items contribuant positivement à la fiabilité du score composite.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La stabilité temporelle a été testée par Judge et al. (2003) sur un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’échelle à deux reprises sur un intervalle de trois mois. Le coefficient de fidélité test-retest s’est établi à r = 0,81 (p < 0,001). Des études ultérieures menées sur des intervalles de 6 mois à 1 an dans des cohortes professionnelles ont confirmé cette stabilité dispositionnelle, avec des coefficients test-retest se maintenant entre 0,75 et 0,80, attestant de la nature durable et structurelle du trait mesuré, distinct des fluctuations de l’humeur passagère.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionalité de la CSES a fait l’objet d’examens statistiques approfondis au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase de réduction des 65 items expérimentaux initiaux vers les 12 items définitifs, les analyses en composantes principales et factorielles exploratoires ont systématiquement révélé l’émergence d’un premier facteur dominant écrasant. La première valeur propre (eigenvalue) expliquait une part substantielle de la variance totale (généralement plus de 35 à 40 % de la variance commune), tandis que le ratio entre la première et la deuxième valeur propre dépassait largement le seuil conventionnel de 3:1 (souvent > 4,5:1), apportant un argument empirique décisif en faveur de l’unidimensionnalité.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Dans l’article de validation de 2003, les modèles AFC unidimensionnels ont été comparés à des modèles multifactoriels concurrents (notamment des modèles à 4 facteurs corrélés représentant l’estime de soi, l’efficacité, le contrôle et le névrosisme). Les résultats ont démontré que le modèle unidimensionnel à un seul facteur général s’ajustait de manière satisfaisante aux données empiriques :

  • Indice de comparatif d’ajustement (CFI) : compris entre 0,93 et 0,96
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI / NNFI) : compris entre 0,91 et 0,94
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : comprise entre 0,048 et 0,062 (avec intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,050

Saturations factorielles des items

Les saturations factorielles standardisées (λ) des 12 items sur le facteur latent unique oscillent de manière consistante entre 0,45 et 0,76 dans les études confirmatoires :

  • Les items formulés positivement (ex. : item 1, item 7, item 11) affichent des saturations moyennes de λ = 0,60 à 0,75.
  • Les items inversés (ex. : item 2, item 4, item 8, item 12) affichent des saturations de λ = 0,48 à 0,70.

Certains auteurs (ex. : Swider et Stephens, 2017) ont identifié un léger effet de méthode lié à la formulation des items positifs et négatifs. Toutefois, les modélisations bi-factorielles démontrent que le facteur général de CSE capte l’immense majorité de la variance véritable (variance fiable expliquée > 80 %), prouvant que la division par polarité ne représente qu’un artefact méthodologique mineur ne justifiant pas la subdivision de l’échelle en sous-dimensions opérationnelles.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se caractérise par une administration simple et rapide :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation individuelle).
  • Domaine d’application : Psychologie différentielle, psychologie du travail et des organisations, recherche comportementale, bilan de carrière, psychologie clinique.
  • Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes.
  • Nombre total d’items : 12 items.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Cotation et calcul du score :
    • L’échelle comprend 6 items à cotation directe : items 1, 3, 5, 7, 9 et 11.
    • L’échelle comprend 6 items à cotation inversée marqués par la mention (r) : items 2, 4, 6, 8, 10 et 12. Pour ces items, le score doit être recodé comme suit : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1 (Formule de recodage : Score_inversé = 6 - Réponse_brute).
    • Le score total de CSES peut être exprimé soit par la somme brute des 12 items (variant de 12 à 60), soit plus fréquemment par la moyenne arithmétique (somme divisée par 12, fournissant un score de 1,00 à 5,00).
    • Un score moyen supérieur à 3,80 traduit des auto-évaluations fondamentales très positives ; un score situé entre 3,00 et 3,79 reflète une auto-évaluation moyenne et équilibrée ; un score inférieur à 3,00 signale des auto-évaluations faibles caractérisées par un doute accru sur ses compétences, un sentiment d’impuissance et une vulnérabilité émotionnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La Core Self-Evaluations Scale a été publiée pour la première fois en 2003 dans la revue scientifique Personnel Psychology.

  • Statut des droits d’auteur et licence : L’article fondateur et les créateurs de l’échelle (Judge, Erez, Bono, & Thoresen) ont mis l’instrument à la disposition libre de la communauté scientifique. Les items ont été rendus publics dans le domaine de la recherche universitaire et appliquée sans frais d’utilisation (open access for non-commercial research and educational use).
  • Tarification : L’accès au test est entièrement gratuit pour les chercheurs, étudiants, universitaires et praticiens dans le cadre d’études scientifiques, de mémoires, de thèses ou d’évaluations individuelles non commerciales.
  • Usage commercial : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme logicielle commerciale, d’un système de sélection payant ou d’un cabinet de conseil requiert l’autorisation préalable expresse des auteurs et/ou de la maison d’édition propriétaire des droits de publication de la revue (John Wiley & Sons, Inc. / Personnel Psychology).
  • Ressources officielles : L’échelle et ses consignes de cotation sont historiquement hébergées et consultables sur les sites institutionnels et pages académiques des auteurs (notamment timothy-judge.com).

12. Références / References

Les publications fondatrices et études empiriques de référence relatives à la CSES incluent :

  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Heilmann, T., & Jonas, K. (2010). Validation de l’échelle des auto-évaluations fondamentales en contexte francophone et germanophone. Schweizerische Zeitschrift für Psychologie / Swiss Journal of Psychology, 69(4), 219–232. https://doi.org/10.1024/1421-0185/a000026
  • Judge, T. A., Bono, J. E., Erez, A., & Locke, E. A. (2005). Core self-evaluations and job and life satisfaction: The role of self-concordance and goal attainment. Journal of Applied Psychology, 90(2), 257–268. https://doi.org/10.1037/0021-9010.90.2.257
  • Judge, T. A., Erez, A., Bono, J. E., & Thoresen, C. J. (2002). Are the traits of core self-evaluations traits of personality, or are they one and the same? A test of their dispositional and nomological network. Journal of Personality and Social Psychology, 83(3), 693–710. https://doi.org/10.1037/0022-3514.83.3.693
  • Judge, T. A., Erez, A., Bono, J. E., & Thoresen, C. J. (2003). The Core Self-Evaluations Scale (CSES): Development of a measure. Personnel Psychology, 56(2), 303–331. https://doi.org/10.1111/j.1744-6570.2003.tb00152.x
  • Judge, T. A., Locke, E. A., & Durham, C. C. (1997). The dispositional causes of job satisfaction: A core evaluations approach. Research in Organizational Behavior, 19, 151–188.
  • Rosenberg, M. (1965). Society and the adolescent self-image. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400876136
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Swider, B. W., & Stephens, C. M. (2017). Core self-evaluations: Testing method effects and longitudinal measurement invariance. Journal of Organizational Behavior, 38(7), 1089–1106. https://doi.org/10.1002/job.2190

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: Below are several statements about you with which you may agree or disagree. Using the response scale below, indicate your degree of agreement or disagreement with each item.

Response Scale:
1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Neutral
4 = Agree
5 = Strongly Agree

  1. I am confident I get the success I deserve in life.
  2. Sometimes I feel depressed. (r)
  3. When I try‚ I generally succeed.
  4. Sometimes when I fail I feel worthless. (r)
  5. I complete tasks successfully.
  6. Sometimes‚ I do not feel in control of my work. (r)
  7. Overall‚ I am satisfied with myself.
  8. I am filled with doubts about my competence. (r)
  9. I determine what will happen in my life.
  10. I do not feel in control of my success in my career. (r)
  11. I am capable of coping with most of my problems.
  12. There are times when things look pretty bleak and hopeless to me. (r)

Note: (r) = reverse-scored item.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle des auto-évaluations fondamentales. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-auto-evaluations-fondamentales-cses/
Looti, Mohammed. “Échelle des auto-évaluations fondamentales.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-auto-evaluations-fondamentales-cses/.
Looti, Mohammed. “Échelle des auto-évaluations fondamentales.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-auto-evaluations-fondamentales-cses/.