Échelle des attitudes antisociales

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle des attitudes antisociales (FAABS / SDRG), mesurant l’adhésion morale et la tolérance des adolescents envers les conduites délinquantes et agressives.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des attitudes antisociales (désignée dans la littérature scientifique anglophone sous le nom d’Antisocial Attitudes Scale ou Favorable Attitudes Toward Antisocial Behavior Scale — FAABS) est un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer l’approbation cognitive, la tolérance morale et l’inclination individuelle envers les comportements délinquants, agressifs et transgressifs au cours de l’adolescence et au début de l’âge adulte. Développée au sein du Social Development Research Group (SDRG) de l’Université de Washington, cette sous-échelle constitue un élément fondamental du Student Survey of Risk and Protective Factors (SSRPF) et de l’architecture d’évaluation du modèle Communities That Care (CTC), soutenu par le Center for Substance Abuse Prevention (CSAP).

L’instrument se compose de cinq items fondamentaux évaluant le jugement moral de l’adolescent face à des transgressions normatives d’intensité variable, allant de l’absentéisme scolaire injustifié aux agressions physiques armées. Les réponses sont recueillies au moyen d’une échelle ordinale de type Likert en 4 points, ancrée de « Très mal » (Very wrong) à « Pas mal du tout » (Not wrong at all). Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des propriétés remarquables : la cohérence interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach oscille de manière constante entre 0,78 et 0,86 dans de multiples cohortes épidémiologiques représentatives d’élèves du secondaire (de la 6e à la 12e année américaine). Les analyses factorielles confirmatoires établissent la robustesse d’un modèle unidimensionnel à forte invariance temporelle et démographique. En outre, l’échelle possède une excellente validité prédictive à long terme vis-à-vis de l’engagement effectif dans des comportements délinquants, des violences interpersonnelles et de la toxicomanie, faisant d’elle un outil de premier plan tant pour la modélisation théorique en criminologie développementale que pour l’évaluation diagnostique de programmes de prévention précoce.

2. Mots-clés / Keywords

Attitudes antisociales, délinquance juvénile, modèle de développement social, agressivité, comportement transgressif, désengagement moral, psychopathologie développementale, évaluation psychométrique, Communities That Care, facteurs de risque, victimologie, criminologie, Social Development Research Group.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle des attitudes antisociales a été conceptualisée et validée par les chercheurs principaux du Social Development Research Group (SDRG), affilié à la School of Social Work de l’Université de Washington (Seattle, États-Unis) :

  • J. David Hawkins, Ph.D. : Professeur émérite en travail social, codirecteur fondateur du SDRG, théoricien principal du modèle de développement social (Social Development Model). Spécialiste mondialement reconnu de la prévention des conduites addictives et de la délinquance juvénile.
  • Richard F. Catalano, Ph.D. : Professeur émérite en travail social, codirecteur du SDRG, co-créateur du modèle Communities That Care, pionnier des recherches sur les facteurs de protection et la promotion du développement positif des jeunes.
  • Michael W. Arthur, Ph.D. : Chercheur associé au SDRG et professeur à l’Université de Washington, ayant supervisé les vastes études de standardisation psychométrique et de validation transculturelle de l’inventaire Communities That Care Youth Survey.
  • Affiliation institutionnelle : Social Development Research Group (SDRG), University of Washington, 9725 3rd Ave. NE, Suite 401, Seattle, WA 98115-2024, États-Unis. Site officiel : http://depts.washington.edu/sdrg/.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des attitudes antisociales est d’opérationnaliser et de quantifier le niveau d’adhésion cognitive d’un individu à des normes déviantes ou son degré de tolérance face à la transgression de règles institutionnelles et légales fondamentales. Dans la théorie criminologique contemporaine et la psychopathologie développementale, les attitudes ne sont pas considérées comme de simples épiphénomènes verbaux, mais bien comme des schémas cognitifs prédisposants qui abaissent le seuil de passage à l’acte délictueux en neutralisant l’auto-sanction morale.

L’échelle a été spécifiquement conçue pour répondre à un double impératif de précision clinique et d’applicabilité épidémiologique à grande échelle :

Applications en recherche épidémiologique et fondamentale

Dans les contextes de recherche en sciences sociales, l’instrument sert à tester des modèles d’équations structurelles étudiant les mécanismes étiologiques des conduites antisociales. Il permet d’évaluer la manière dont les attitudes favorables à la délinquance agissent comme médiateurs ou modérateurs entre des facteurs de risque distaux (désorganisation du quartier, conflits parentaux, prédispositions tempéramenteuses, attachement insécure) et l’adoption effective de trajectoires de délinquance persistante au cours de l’adolescence. L’échelle est également employée pour mesurer l’impact de l’exposition aux pairs déviants sur la restructuration des normes morales intériorisées par le jeune.

Applications cliniques et de prévention ciblée

Dans les contextes scolaires, médico-sociaux et judiciaires, l’échelle remplit une fonction diagnostique cruciale :

  • Dépistage précoce des populations à risque : L’outil identifie les adolescents qui, bien qu’ils ne se soient pas encore engagés dans des délits sévères constatés par le système judiciaire, présentent une érosion marquée de leurs freins normatifs internes, les plaçant à un seuil élevé de vulnérabilité.
  • Évaluation de programmes d’intervention : L’échelle est intensivement utilisée comme mesure de résultat (outcome measure) pré- et post-intervention dans le cadre d’approches cognitivo-comportementales visant la restructuration cognitive, l’entraînement aux compétences sociales et le renforcement des croyances morales prosociales. Une baisse significative du score à l’échelle traduit une restauration des mécanismes de retenue morale, précurseur indispensable à une désistance pérenne.
  • Planification communautaire : Au niveau territorial, dans la démarche Communities That Care, les données agrégées issues de cette échelle permettent aux décideurs publics de cartographier les besoins prioritaires des bassins de vie scolaires et d’orienter les budgets vers des interventions de prévention validées par les preuves (evidence-based prevention).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle relève du domaine des croyances normatives antisociales et des attitudes favorables à la déviance. Une attitude antisociale peut être définie comme une disposition cognitive évaluative, relativement stable, qui perçoit les transgressions sociales, les infractions pénales et les agressions interpersonnelles comme acceptables, justifiables, excusables ou sans gravité morale.

L’architecture interne du construit s’articule autour de trois dimensions comportementales complémentaires, échantillonnées de façon hiérarchique au travers des 5 items de l’échelle :

1. La tolérance à l’agression physique interpersonnelle et à la violence armée

Cette composante explore l’acceptation de comportements violents portant atteinte à l’intégrité corporelle d’autrui. L’item 4 (« attaquer quelqu’un avec l’intention de le blesser gravement ») évalue la légitimation de la violence instrumentale ou réactive sévère. L’item 3 (« chercher la bagarre avec quelqu’un ») mesure la banalisation des micro-conflits physiques quotidiens et de l’affrontement agonistique. Enfin, l’item 1 (« apporter une arme de poing à l’école ») représente l’extrémité supérieure de la gravité criminelle dans le milieu éducatif, sondant la rupture absolue avec les interdits sécuritaires fondamentaux.

2. L’approbation de l’atteinte illégale à la propriété d’autrui

Opérationnalisée par l’item 2 (« voler un objet d’une valeur supérieure à 5 dollars »), cette dimension sonde le respect de la propriété et l’acceptation du vol utilitaire ou prédateur. Bien que le montant stipulé (5 dollars) serve de seuil d’amorçage réaliste pour la population adolescente, il marque une frontière nette entre le larcin anodin et l’infraction délibérée et consciente contre le bien d’autrui.

3. La défiance institutionnelle et la transgression des obligations éducatives

Illustrée par l’item 5 (« s’absenter de l’école toute la journée à l’insu de ses parents »), cette dimension renvoie à l’école buissonnière dissimulée, qui constitue une rupture directe avec l’autorité parentale et les structures d’encadrement social conventionnel. Dans les trajectoires développementales de délinquance (notamment selon le modèle développemental de Rolf Loeber), le décrochage normatif scolaire constitue le jalon initial de la trajectoire d’autorité conflictuelle, ouvrant la voie à des infractions plus sévères.

Ce construit ne mesure pas directement la fréquence des actes commis par le sujet, mais son système de croyance évaluatif. Le principe psychométrique sous-jacent repose sur l’hypothèse que la désapprobation morale constitue un puissant inhibiteur interne : tant qu’un jeune considère un acte comme « très mal », la probabilité de passage à l’acte demeure faible. Dès lors que cette évaluation bascule vers « pas mal du tout », les barrières subjectives s’effondrent sous l’effet de mécanismes de rationalisation.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle des attitudes antisociales s’ancre principalement dans le Modèle de développement social (Social Development Model – SDM), élaboré par J. David Hawkins et Richard F. Catalano en 1992. Le SDM constitue une théorie intégrative de criminologie développementale qui fusionne avec rigueur trois grands courants de la sociologie et de la psychologie :

1. La théorie du contrôle social de Travis Hirschi (1969)

Selon la théorie du contrôle social, les êtres humains s’abstiendraient naturellement de commettre des délits s’ils sont liés à la société conventionnelle par un « lien social » solide. Ce lien repose sur quatre piliers : l’attachement aux personnes prosociales, l’engagement dans des buts légitimes, l’implication dans des activités conventionnelles et la croyance en la légitimité des lois et des normes sociales. L’échelle opérationnalise directement ce quatrième pilier : lorsque la croyance en la validité des règles s’affaiblit, le contrôle social interne disparaît, libérant le potentiel délinquant de l’individu.

2. La théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura et Ronald Akers

La théorie de l’apprentissage social postule que les conduites délinquantes sont acquises par modélisation, renforcement différentiel et intériorisation de définitions cognitives favorables ou défavorables aux violations de la loi. L’échelle mesure précisément ces définitions cognitives formulées par Akers (1977). Les pairs déviants fournissent non seulement des occasions et des techniques de transgression, mais transmettent également un corpus idéologique qui redéfinit l’agression ou le vol non plus comme des actes condamnables, mais comme des preuves de courage, de loyauté au groupe ou d’ingéniosité.

3. Les techniques de neutralisation de Sykes et Matza (1957) et le désengagement moral de Bandura (1991)

Au niveau de la psychologie sociocognitive, l’échelle capture les résultats des processus de neutralisation cognitive décrits par Gresham Sykes et David Matza. Pour qu’un jeune puisse commettre une infraction sans ressentir une culpabilité écrasante, il doit opérer une déconstruction cognitive de la norme. Les concepts de désengagement moral décrits par Albert Bandura (euphémisation de l’acte, déshumanisation de la cible, diffusion de responsabilité) permettent à l’individu de juger qu’attaquer quelqu’un ou dérober un objet n’est « pas mal ». L’échelle quantifie précisément l’aboutissement de ces distorsions cognitives chez le répondant.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques relatives à la validité de l’Échelle des attitudes antisociales ont fait l’objet de vérifications empiriques massives à travers plusieurs décennies de recherches épidémiologiques longitudinales conduites par le SDRG, notamment dans le cadre de la Seattle Social Development Project et des cohortes de standardisation du CTC Youth Survey portant sur des échantillons dépassant les 100 000 participants.

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses qui attestent que les cinq items convergent vers un facteur unique latent de tolérance à l’égard de la transgression. Les indices d’ajustement structurel issus des études de validation de Michael W. Arthur et ses collaborateurs (2002) confirment une adéquation remarquable aux données empiriques chez les adolescents de différents niveaux scolaires :

  • Indice de qualité d’ajustement comparatif (CFI) régulièrement supérieur à 0,97.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) supérieur à 0,96.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) inférieure à 0,05, indiquant une discordance résiduelle minime.

Validité convergente et corrélative

L’échelle corrèle fortement et positivement avec une multitude de variables comportementales et cognitives associées au spectre de l’externalisation :

  • Association avec l’affiliation à des pairs délinquants : corrélations de Pearson variant de r = 0,45 à r = 0,62 (p < 0,001).
  • Association avec la consommation précoce de substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis) : r = 0,38 à r = 0,54 (p < 0,001).
  • Association avec l’impulsivité et la recherche de sensations : r = 0,35 à r = 0,48 (p < 0,001).

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à se différencier des mesures de détresse internalisée (dépression, anxiété généralisée), avec des corrélations faibles (r < 0,15), prouvant que l’échelle n’est pas contaminée par un facteur général de négativisme affectif. De surcroît, elle présente des corrélations négatives fortes avec l’engagement scolaire conventionnel (r = -0,42) et l’attachement aux figures parentales (r = -0,39).

Validité prédictive et longitudinale

La puissance prédictive de l’instrument a été établie par de multiples devis prospectifs. Dans les études longitudinales menées par Hawkins et al., un score élevé d’attitudes antisociales mesuré en 6e ou 8e année américaine prédit significativement l’arrestation policière, la récidive d’actes de violence avec armes et l’expulsion scolaire au cours des années d’enseignement secondaire supérieur, même après contrôle statistique rigoureux des comportements délinquants antérieurs, du statut socio-économique et du groupe ethnique (ratios de risque ajustés / odds ratios oscillant entre 1,8 et 2,7, p < 0,001).

8. Fidélité / Reliability

La consistance métrique de l’Échelle des attitudes antisociales a été examinée sous l’angle de la cohérence interne, de la stabilité temporelle et de l’invariance de mesure.

Cohérence interne

Bien que l’échelle ne comporte que 5 items — ce qui tend mathématiquement à pénaliser le coefficient de fidélité selon la formule de Spearman-Brown —, l’instrument affiche une consistance interne exceptionnellement élevée et homogène :

  • Dans l’étude nationale de validation psychométrique de Arthur, Hawkins, Catalano et Pollard (2002) portant sur un échantillon multi-états de plus de 70 000 élèves américains, le coefficient alpha de Cronbach variait entre 0,78 (pour les élèves de 6e année) et 0,84 (pour les élèves de 10e et 12e années).
  • Le coefficient composite oméga de McDonald (ω), qui s’affranchit de l’hypothèse de tau-équivalence stricte, atteint des valeurs comprises entre 0,81 et 0,86, confirmant que la variance commune des items est massivement gouvernée par le trait latent unique.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent toutes entre 0,51 et 0,73, aucun item n’affaiblissant la consistance globale de l’outil lors d’analyses de suppression unitaire (alpha if item deleted).

Stabilité test-retest

Dans des protocoles de fidélité test-retest conduits à 3 semaines d’intervalle chez des adolescents scolarisés sans intervention thérapeutique intermédiaire, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’élève à 0,81, et le coefficient de stabilité temporelle de Pearson atteint r = 0,79 (p < 0,001), attestant que l’outil capture une disposition attitudinale structurée plutôt qu’une fluctuation émotionnelle transitoire.

Invariance métrique traversante

Les modélisations d’invariance de mesure multigroupes ont démontré que l’échelle possède une invariance configurationnelle, métrique et scalaire complète selon le genre (garçons vs filles) et selon l’appartenance ethno-raciale (blancs, afro-américains, hispaniques, amérindiens). Cela garantit que les écarts de scores moyens constatés entre sous-populations reflètent de réelles variations du trait latent et non des biais de fonctionnement différentiel d’items (DIF).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’Échelle des attitudes antisociales a été étudiée de manière approfondie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) exploitant des estimateurs adaptés aux données ordinales catégorielles, principalement le Weighted Least Squares Mean and Variance Adjusted (WLSMV).

Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors de l’application du critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) et du test d’éboulis de Cattell sur les matrices de corrélation polychorique, un seul facteur dominant émerge systématiquement. Ce facteur primaire unique explique à lui seul entre 56 % et 68 % de la variance totale des items selon les cohortes d’âge analysées. La seconde valeur propre se situe généralement en deçà de 0,65, éliminant tout soupçon de multidimensionnalité substantielle sous-jacente.

Résultats de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

L’ajustement du modèle unidimensionnel standard a été testé et reproduit dans d’innombrables travaux de recherche indépendants. Le tableau ci-dessous synthétise les saturations factorielles standardisées typiques observées pour chacun des 5 items de l’échelle :

  • Item 1 (« How wrong do you think it is for someone your age to take a handgun to school? ») : Saturation factorielle standardisée (λ) = 0,62 à 0,74. L’erreur résiduelle δ ≈ 0,45. Cet item présente un seuil de difficulté élevé sur le continuum latent (θ élevé), discriminé surtout chez les adolescents présentant une très lourde propension antisociale.
  • Item 2 (« How wrong do you think it is for someone your age to steal anything worth more than $5? ») : Saturation factorielle standardisée (λ) = 0,72 à 0,81. Forte représentativité de la délinquance d’appropriation clandestine avec un excellent pouvoir discriminant au niveau moyen du trait.
  • Item 3 (« How wrong do you think it is for someone your age to pick a fight with someone? ») : Saturation factorielle standardisée (λ) = 0,76 à 0,85. Il s’agit fréquemment de l’item présentant la saturation la plus robuste sur le facteur commun, servant de baromètre sensible pour l’agressivité réactive ordinaire.
  • Item 4 (« How wrong do you think it is for someone your age to attack someone with the idea of seriously hurting them? ») : Saturation factorielle standardisée (λ) = 0,78 à 0,86. Charge factorielle majeure traduisant l’abandon des freins empathiques fondamentaux face à la violence intentionnelle grave.
  • Item 5 (« How wrong do you think it is for someone your age to stay away from school all day when their parents think they are at school? ») : Saturation factorielle standardisée (λ) = 0,55 à 0,68. Bien que légèrement inférieure aux items d’agression directe, cette saturation demeure pleinement acceptable et ancre le modèle dans les infractions non agressives à l’autorité parentale et scolaire.

Ces données confirment l’adéquation d’une solution unifactorielle parcimonieuse, ne nécessitant aucune covariance d’erreurs résiduelles ad hoc pour atteindre des indices d’ajustement impeccables.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory), destiné à une administration papier-crayon ou informatisée.
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes, typiquement de l’enseignement secondaire (âgés d’environ 11 à 18 ans ; classes de 6e à 12e année du cursus nord-américain), adaptable aux cohortes cliniques de jeunes judiciarisés ou déscolarisés.
  • Nombre total d’items : 5 items formulés de manière standardisée avec le préfixe invariant : « How wrong do you think it is for someone your age to… ».
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert à 4 modalités sans point médian neutre :
    • 1 = Very wrong (Très mal)
    • 2 = Wrong (Mal)
    • 3 = A little bit wrong (Un peu mal)
    • 4 = Not wrong at all (Pas mal du tout)
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • La cotation directe conserve l’orientation théorique du risque : une valeur numérique plus élevée indique une attitude plus favorable à l’antisocialité (1 = désapprobation absolue / prosociale ; 4 = approbation totale / désengagement normatif).
    • Score total composite : Somme brute non pondérée des cinq items (variant de 5 à 20 points).
    • Score moyen de l’échelle : Moyenne arithmétique des items répondus (variant de 1,00 à 4,00). Les protocoles du SDRG autorisent le calcul de la moyenne dès lors qu’au moins 80 % des items (soit 4 items sur 5) sont complétés.
    • Interprétation : Un score moyen se rapprochant de 1,00 caractérise une forte intériorisation des normes légales et morales (attitude hautement protectrice). Un score moyen s’élevant vers 3,00 ou 4,00 met en lumière un facteur de risque majeur individuel d’adhésion aux conduites délictueuses.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : Années 1990 (formalisation au sein du Student Survey of Risk and Protective Factors en 1995 ; publication des normes nationales de référence par Arthur et al. en 2002).
  • Développeur / Propriétaire intellectuel : Social Development Research Group (SDRG), University of Washington, en concertation avec le Center for Substance Abuse Prevention (CSAP) et la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA).
  • Statut des droits et conditions d’accès : Instrument du domaine public (public domain) dans le cadre des instruments de mesure financés par le gouvernement fédéral américain pour la santé publique.
  • Tarification : Accès totalement gratuit pour les chercheurs académiques, les institutions scolaires, les praticiens de la santé mentale et les agences gouvernementales à des fins de recherche non commerciale et d’évaluation de programmes d’intervention. Aucune redevance n’est requise.
  • Coordonnées administratives :
    Social Development Research Group, University of Washington, 9725 3rd Ave. NE, Suite 401, Seattle, WA 98115-2024, États-Unis. Téléphone : 206-685-3858. Portails institutionnels : http://depts.washington.edu/sdrg/ et Oregon Mentors Library.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques majeures associées à cet instrument comprennent :

  • Akers, R. L. (1977). Deviant behavior: A social learning approach (2nd ed.). Wadsworth Publishing Company.
  • Arthur, M. W., Hawkins, J. D., Catalano, R. F., & Pollard, J. A. (2002). Evaluation of the Communities That Care Youth Survey: A tool for planning and evaluating community prevention services. Child and Youth Care Forum, 31(5), 289–318. https://doi.org/10.1023/A:1020295711651
  • Bandura, A. (1991). Social cognitive theory of moral thought and action. In W. M. Kurtines & J. L. Gewirtz (Eds.), Handbook of moral behavior and development (Vol. 1, pp. 45–103). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Catalano, R. F., & Hawkins, J. D. (1996). The social development model: A theory of antisocial behavior. In J. D. Hawkins (Ed.), Delinquency and crime: Current theories (pp. 149–197). Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511527623.007
  • Center for Substance Abuse Prevention [CSAP]. (2001). Core Measures: Student Survey of Risk and Protective Factors (pp. 61–63). Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA).
  • Glaser, R. R., Van Horn, M. L., Arthur, M. W., & Hawkins, J. D. (2005). Measurement properties of the Communities That Care Youth Survey across demographic groups. Journal of Quantitative Criminology, 21(1), 73–102. https://doi.org/10.1007/s10940-004-1788-1
  • Hawkins, J. D., Catalano, R. F., & Miller, J. Y. (1992). Risk and protective factors for alcohol and other drug problems in adolescence and early adulthood: Implications for substance abuse prevention. Psychological Bulletin, 112(1), 64–105. https://doi.org/10.1037/0033-2909.112.1.64
  • Hirschi, T. (1969). Causes of delinquency. University of California Press.
  • Loeber, R., & Farrington, D. P. (Eds.). (2001). Child delinquents: Development, intervention, and service needs. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781452232140
  • Sykes, G. M., & Matza, D. (1957). Techniques of neutralization: A theory of delinquency. American Sociological Review, 22(6), 664–670. https://doi.org/10.2307/2089195

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale (assigned point values):

• Very wrong
• Wrong
• A little bit wrong
• Not wrong at all

  1. How wrong do you think it is for someone your age to take a handgun to school?
  2. How wrong do you think it is for someone your age to steal anything worth more than $5?
  3. How wrong do you think it is for someone your age to pick a fight with someone?
  4. How wrong do you think it is for someone your age to attack someone with the idea of seriously hurting them?
  5. How wrong do you think it is for someone your age to stay away from school all day when their parents think they are at school?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle des attitudes antisociales. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-attitudes-antisociales/
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes antisociales.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-attitudes-antisociales/.
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes antisociales.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-des-attitudes-antisociales/.