Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy)

L’Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy), développée en 2023 par Babinet, Demily et Michael, est un instrument psychométrique de 22 items évaluant les prodromes psychotiques chez les enfants de 4 à 13 ans et rétrospectivement à l’âge de 2 ans.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (Early Psychotic Symptoms Screening Scale, désignée par l’acronyme EPSy) est un instrument psychométrique standardisé élaboré en 2023 par Marie-Noëlle Babinet, Caroline Demily et George A. Michael. Cet outil a été spécifiquement conçu pour identifier et évaluer les signes précurseurs et prodromiques des troubles du spectre psychotique chez les enfants âgés de 4 à 13 ans. L’EPSy présente la particularité méthodologique d’exister en deux déclinaisons complémentaires : une version évaluant le comportement actuel de l’enfant et une version rétrospective documentant les manifestations comportementales observées dès l’âge de deux ans. Issue d’un processus rigoureux de sélection d’items fondé sur des échelles validées — telles que la Melbourne Assessment Schizotypy in Kids (MASK) et le questionnaire SCARED — ainsi que sur des entretiens cliniques approfondis menés auprès de familles et d’équipes pluridisciplinaires en pédopsychiatrie, l’échelle initiale de 24 items a été affinée par analyse factorielle pour aboutir à une version finale comprenant 22 items. Ces items se répartissent au sein de trois dimensions cliniques distinctes : les symptômes de méfiance/paranoïa, les aberrations perceptuelles/hallucinations et les symptômes de désorganisation. Chaque item est évalué selon une échelle de Likert à quatre points (allant de 0 à 3) graduée selon la présence du comportement et l’intensité de la gêne occasionnée. Sur le plan psychométrique, l’instrument démontre une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,85 pour la version actuelle et de 0,90 pour la version rétrospective, ainsi qu’une stabilité temporelle remarquable attestée par une corrélation test-retest à un an atteignant 0,99. La validité convergente est confirmée par des corrélations statistiquement significatives avec les critères du DSM-5, l’échelle CPRS de Conners et la MASK, faisant de l’EPSy un dispositif clinique et de recherche de référence dans le dépistage ultra-précoce des trajectoires neurodéveloppementales atypiques.

2. Mots-clés / Keywords

Symptômes psychotiques précoces, Dépistage pédopsychiatrique, Prodromes psychotiques, Paranoïa infantile, Hallucinations de l’enfant, Désorganisation cognitive, Schizotypie développementale, Évaluation rétrospective, Propriétés psychométriques, Échelle EPSy, Psychiatrie infanto-juvénile, États mentaux à risque.

3. Auteurs / Authors

L’échelle EPSy a été développée par une équipe de chercheurs et cliniciens experts affiliés à des institutions académiques et hospitalières françaises de premier plan :

  • Marie-Noëlle Babinet (Identifiant ORCID : 0000-0001-7784-8489) : Centre Hospitalier Le Vinatier, Centre d’excellence Autisme iMIND, Centre de Référence Maladies Rares Troubles du Comportement d’Origine Génétique (GénoPsy Lyon), et UMR 5229 CNRS & Université Claude Bernard Lyon 1, Bron, France. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Caroline Demily : Professeure des Universités et Praticienne Hospitalière, Centre Hospitalier Le Vinatier, Centre d’excellence Autisme iMIND, Centre de Référence Maladies Rares Troubles du Comportement d’Origine Génétique (GénoPsy Lyon), et UMR 5229 CNRS & Université Claude Bernard Lyon 1, Bron, France.
  • George A. Michael (Identifiant ORCID : 0000-0001-9071-4303) : Professeur en neuropsychologie cognitive, Université de Lyon, Université Lumière Lyon 2, Unité de Recherche Étude des Mécanismes Cognitifs (UR 3082), Bron, France.

Adresse de correspondance : Marie-Noëlle Babinet, CNRS & Université Lyon 1, UMR 5229, Centre Hospitalier Le Vinatier, GénoPsy Lyon, 95 Boulevard Pinel, 69500 Bron, France.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Early Psychotic Symptoms Screening Scale (EPSy) est de combler un vide critique dans l’arsenal diagnostique de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent en fournissant un outil standardisé capable de repérer, dès la petite enfance et l’âge scolaire (4 à 13 ans), les signes avant-coureurs ou prodromiques des troubles psychotiques. Historiquement, la recherche sur les états mentaux à ultra-haut risque (Ultra-High Risk ou UHR) et les prodromes de la schizophrénie s’est focalisée sur les adolescents plus âgés et les jeunes adultes (typiquement entre 15 et 25 ans), à l’aide d’entretiens semi-structurés d’évaluation tels que la SIPS/SOPS (Structured Interview for Prodromal Syndromes) ou la CAARMS (Comprehensive Assessment of At-Risk Mental States). Néanmoins, les données épidémiologiques et neurodéveloppementales contemporaines démontrent que les trajectoires menant aux psychoses prennent racine bien plus tôt au cours de l’ontogenèse, souvent sous la forme d’anomalies subtiles de la perception, d’une dysrégulation socio-émotionnelle marquée, d’une méfiance envahissante ou de distorsions cognitives discrètes dès les premières années de vie.

Dans cette perspective, l’EPSy a été conçue pour répondre à deux impératifs cliniques et épistémologiques majeurs :

  • Le repérage précoce et l’intervention préventive : Identifier les enfants qui présentent des manifestations psychotiques atténuées permet de mettre en place des suivis individualisés, d’orienter les familles vers des réseaux spécialisés et de minimiser la durée de la psychose non traitée (DUP – Duration of Untreated Psychosis), dont l’allongement est formellement corrélé à un pronostic fonctionnel et cognitif défavorable.
  • La reconstruction développementale rétrospective : Grâce à sa version rétrospective ciblée sur l’âge de 2 ans, l’EPSy offre aux cliniciens et chercheurs une fenêtre unique sur la temporalité et l’émergence longitudinale des perturbations comportementales précoces. Elle permet d’étudier comment certains traits pré-psychotiques ou vulnérabilités tempéramentales de la prime enfance évoluent ou se cristallisent à l’âge scolaire.

Sur le plan des applications cliniques, l’EPSy fonctionne comme un questionnaire de dépistage de première intention (screening tool) utilisable en consultations hospitalières spécialisées, dans les centres de référence pour les troubles neurodéveloppementaux ou les anomalies génétiques (notamment les microdélétions 22q11.2, associées à un sur-risque psychotique majeur), ainsi que dans les structures de pédopsychiatrie générale. En milieu de recherche, l’échelle permet de caractériser des sous-groupes homogènes d’enfants pour des protocoles d’imagerie cérébrale, d’évaluation génétique, d’exploration cognitive ou d’essais d’interventions psychosociales ciblées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central mesuré par l’instrument est le concept multidimensionnel de symptômes psychotiques précoces (Early Psychotic Symptoms) dans l’enfance. Plutôt que de postuler l’existence d’une pathologie psychotique pleinement constituée chez le jeune enfant, le construit appréhende une constellation de manifestations comportementales, cognitives, affectives et perceptuelles sous-tendant une vulnérabilité accrue aux troubles du spectre de la schizophrénie. L’analyse structurale de l’instrument a permis d’isoler 22 items répartis au sein de trois dimensions cliniques interdépendantes :

1. Méfiance et Paranoïa (Mistrust/Paranoia symptoms)

Cette dimension regroupe les manifestations liées à la persécution subjective, à l’angoisse relationnelle et aux distorsions de la cognition sociale. Chez le jeune enfant, la paranoïa ne s’exprime pas nécessairement sous la forme de délires systématisés complexes comme chez l’adulte, mais à travers des attitudes de suspicion généralisée, un sentiment persistant d’être la cible d’intentions malveillantes ou de moqueries injustifiées de la part de ses pairs, et un isolement social prononcé tant dans l’espace scolaire (cour de récréation) qu’extra-scolaire. Les items explorent également des perturbations de la communication non verbale et de l’intersubjectivité, comme l’évitement actif du contact visuel, l’inconfort ou l’interprétation hostile des regards d’autrui, ainsi qu’une inadaptation sévère face aux affects d’autrui traduisant un déficit marqué de théorie de l’esprit. Enfin, des manifestations d’anxiété massive, de panique face à des situations anodines et des difficultés majeures de régulation émotionnelle complètent cette sous-échelle.

2. Aberrations perceptuelles et Hallucinations (Perceptual aberrations/Hallucinations symptoms)

Cette composante évalue la présence de perturbations sensorielles et de distorsions métacognitives de la réalité. L’échelle interroge l’existence d’expériences hallucinatoires avérées (voir ou entendre des entités, voix ou silhouettes invisibles pour l’entourage, en particulier durant la nuit), mais également des phénomènes d’altération de l’intensité sensorielle (hyperacousie, altérations olfactives, visuelles ou cénesthésiques inhabituelles). Cette dimension englobe également des croyances atypiques ou bizarres qui s’écartent manifestement du registre des croyances magiques ou des jeux d’imagination classiquement observés au cours du développement normotypique de l’enfant.

3. Symptômes de désorganisation (Disorganization symptoms)

Le pôle de désorganisation reflète une perte de cohérence dans la pensée, le langage et les conduites motrices ou adaptatives. Sur le versant communicatif, la désorganisation se traduit par un discours confus, tangentiel ou digressif qui égare l’interlocuteur, une incapacité à maintenir le fil conducteur d’un récit, ainsi que des anomalies prosodiques et suprasegmentales marquées (voix monocorde, absence d’inflexion rythmique, défaut d’ajustement du volume vocal au contexte environnemental). Sur le versant métacognitif et comportemental, cette sous-échelle capture l’incapacité de l’enfant à discriminer ses propres productions imaginaires de la réalité partagée, des conduites d’interruption impulsive de la parole d’autrui sans égard pour la réciprocité communicative, et un comportement globalement erratique et désorganisé.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’EPSy s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychiatrie contemporaine, de la psychologie du développement et des neurosciences cognitives :

Le modèle neurodéveloppemental de la psychose

Formulé initialement par Daniel Weinberger (1987) et Robin Murray (1987), le modèle neurodéveloppemental postule que la schizophrénie et les troubles apparentés résultent d’altérations précoces du développement cérébral (d’origine génétique, épigénétique ou environnementale prénatale/périnatale), bien avant l’apparition des premiers épisodes cliniques francs à la fin de l’adolescence. Ces altérations précoces se manifestent dès les premières années de vie par des indices discrets : retards neuromoteurs, troubles de l’intégration sensorielle, anomalies de la cognition sociale et vulnérabilité émotionnelle. L’EPSy opérationnalise cette approche en offrant un moyen de quantifier ces déviations dès l’âge de 2 ans et tout au long de l’enfance, conceptualisant la psychose non comme un événement rupture soudain, mais comme l’aboutissement potentiel d’un continuum neurodéveloppemental altéré.

Le paradigme du continuum de la schizotypie

Dans la lignée des travaux de Paul Meehl (1962), Gordon Claridge (1997) et Mark Lenzenweger, l’EPSy adopte une vision dimensionnelle selon laquelle les traits de personnalité schizotypique et les expériences quasi-psychotiques sont distribués de manière continue au sein de la population générale. Chez l’enfant, cette schizotypie développementale a été mise en évidence par des outils comme la MASK (Melbourne Assessment Schizotypy in Kids ; Jones et al., 2015). L’EPSy prolonge ces travaux en intégrant la schizotypie dans un cadre de dépistage ciblant non seulement les traits de personnalité, mais des perturbations symptomatiques génératrices de handicap au quotidien.

L’approche phénoménologique des troubles de l’ipséité

Sur le plan psychopathologique, l’échelle fait écho aux théories phénoménologiques développées par Josef Parnas et Louis Sass sur les altérations de l’expérience de soi (basic self-disorders ou perturbations de l’ipséité). Les items de l’EPSy explorant les difficultés de distinction entre fiction et réalité, l’incompréhension des intentions d’autrui et la désorganisation perceptive capturent cette porosité fondamentale des frontières du soi et du rapport au monde qui caractérise les stades pré-morbides des psychoses.

7. Validité / Validity

La validation psychométrique de l’EPSy repose sur deux études distinctes menées auprès d’échantillons d’enfants francophones âgés de 4 à 13 ans en France, publiées par Babinet, Demily et Michael (2023). L’évaluation des différentes formes de validité atteste de la solidité scientifique de l’instrument :

Validité convergente

La validité convergente de l’EPSy a été établie par l’analyse des corrélations entre les scores totaux et factoriels de l’échelle (pour la version comportement actuel et la version rétrospective à 2 ans) et plusieurs instruments de référence reconnus :

  • La Melbourne Assessment Schizotypy in Kids (MASK ; Jones et al., 2015), évaluant les traits schizotypiques chez l’enfant.
  • La Conners Parent Rating Scale – 48 items (CPRS-48 ; Catale et al., 2014 ; Conners, 1969 ; Dugas et al., 1987), mesurant les conduites d’inattention, d’hyperactivité et les troubles du comportement.
  • Les évaluations standardisées des comportements agressifs.
  • Les critères sémiologiques issus du DSM-5 relatifs aux troubles psychotiques.

Toutes les corrélations entre les facteurs de l’EPSy et ces mesures externes se sont révélées statistiquement significatives, avec des coefficients de corrélation systématiquement supérieurs à r = 0,127 (tous les p < 0,05), confirmant que l’EPSy mesure adéquatement les dimensions cibles de la psychopathologie précoce tout en s’inscrivant dans le réseau nomologique attendu.

Validité prédictive et modèles de régression

L’un des résultats les plus remarquables de l’étude princeps réside dans la capacité prédictive de la version rétrospective (âge de 2 ans) sur l’état clinique actuel de l’enfant :

  • Une analyse de régression linéaire a montré que le score total à la version rétrospective (2 ans) prédit de façon très significative le score total à la version actuelle de l’EPSy : F(2, 237) = 197,4, p < 0,001, R² = 0,63 (avec β = 0,79 ; Erreur Standard de Mesure [SEM] = 0,03 ; t(239) = 19,9, p < 0,001). Il est important de souligner que l’âge chronologique de l’enfant n’exerçait aucun effet de confusion dans ce modèle.
  • De manière similaire, le facteur « Méfiance/Paranoïa » à l’âge de 2 ans constitue un prédicteur robuste et direct du même facteur à l’âge actuel : F(2, 237) = 152,4, p < 0,001, R² = 0,56 (avec β = 0,67 ; SEM = 0,04 ; t(239) = 17,4, p < 0,001).

Ces données confirment la validité temporelle et la stabilité clinique des manifestations pré-psychotiques dès la petite enfance.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’EPSy a été explorée à travers l’analyse de la cohérence interne et la fidélité test-retest à long terme.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les indices de cohérence interne calculés démontrent une excellente homogénéité des items composant l’instrument :

  • Version rétrospective (comportement à 2 ans) : Le coefficient alpha de Cronbach pour le score total de l’EPSy atteint α = 0,90, témoignant d’une consistance interne très élevée. Les coefficients alpha des trois facteurs individuels oscillent entre 0,65 et 0,84.
  • Version actuelle (comportement entre 4 et 13 ans) : Le coefficient alpha de Cronbach pour le score global est de α = 0,85. Les coefficients des trois sous-échelles s’échelonnent de 0,65 à 0,85, ce qui satisfait pleinement aux critères psychométriques d’adéquation pour les outils de dépistage clinique.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été testée sur un intervalle particulièrement rigoureux d’une année complète (intervalle de 12 mois) :

  • Pour la version rétrospective (âge de 2 ans), le coefficient de corrélation de Pearson pour le score total s’élève à r = 0,99 (p < 0,001). Les coefficients pour les facteurs spécifiques sont de r = 0,99 pour la méfiance/paranoïa, r = 0,99 pour les aberrations perceptuelles/hallucinations, et r = 0,98 pour la désorganisation (tous les p < 0,001).
  • Pour la version actuelle, la corrélation test-retest à un an pour le score total est de r = 0,99 (Intervalle de Confiance à 95% : 0,98 à 0,99, p < 0,001). Les corrélations des sous-échelles atteignent r = 0,97 pour la méfiance/paranoïa, r = 0,99 pour les aberrations perceptuelles/hallucinations, et r = 0,97 pour la désorganisation (p < 0,001).

Ces coefficients exceptionnellement élevés confirment la reproductibilité des observations des parents/évaluateurs et la stabilité des profils dimensionnels mesurés.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de l’EPSy a fait l’objet d’une analyse combinée exploratoire et confirmatoire au cours du processus de développement :

Analyse en Composantes Principales (ACP) et réduction d’items

L’ensemble initial comportait 24 items générés à partir de la littérature théorique, des échelles MASK et SCARED, et de consultations d’experts multidisciplinaires (pédopsychiatres, psychiatres, psychologues, infirmiers spécialisés). Une analyse en composantes principales (ACP) exploratoire a mis en évidence une structure tripartite expliquant 37,4 % de la variance totale. Durant cette étape d’analyse factorielle, deux items (l’Item 6 et l’Item 14) ont présenté des saturations factorielles insuffisantes sur l’ensemble des axes extraits, révélant un manque manifeste de sensibilité clinique. Conformément aux standards psychométriques, ces deux items ont été éliminés, stabilisant l’EPSy dans sa configuration définitive à 22 items.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Une analyse factorielle confirmatoire a été conduite sur la version rétrospective (âge de 2 ans) afin d’évaluer dans quelle mesure la structure à trois facteurs identifiée pour l’âge actuel s’ajustait aux observations précoces à 2 ans. Les indices d’ajustement structurel obtenus sont les suivants :

  • Chi-deux : χ²(206) = 1171, avec un ratio normé χ²/dl = 5,68
  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,66
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,62
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,14
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,11
  • Akaike Information Criterion (AIC) : 5142
  • Goodness of Fit Index (GFI) : 0,68
  • McDonald Fit Index (MFI) : 0,13

Les auteurs indiquent que ces résultats reflètent un ajustement raisonnable bien que non parfait, ce qui est fréquemment documenté dans l’évaluation rétrospective de populations pédiatriques très précoces en raison de la variance propre au rappel mnésique parental et de la complexité intrinsèque de la sémiologie psychiatrique émergente.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy) / Early Psychotic Symptoms Screening Scale.
  • Typologie d’évaluation : Outil de dépistage psychométrique (Screener) hétéro-évalué complété par les parents, tuteurs légaux ou soignants référents.
  • Population cible : Enfants de 4 à 13 ans (garçons et filles). Couvre la petite enfance (2-5 ans), l’âge scolaire (6-12 ans) et le début de l’adolescence (13 ans).
  • Nombre d’items : 22 items définitifs (après suppression de deux items non saturants sur les 24 initiaux).
  • Versions disponibles : Deux versions d’évaluation : la version pour l’âge actuel (4-13 ans) et la version rétrospective évaluant le comportement à l’âge de 2 ans.
  • Modalités de passation : Format papier-crayon traditionnel ou administration électronique sur support numérique.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 4 points graduée de 0 à 3 :
    • 0 : Ce comportement est absent (This behavior is absent)
    • 1 : Ce comportement est présent et ne pose aucun problème (This behavior is present and it is not at all a problem)
    • 2 : Ce comportement est présent et pose un problème mineur (This behavior is present and it is a minor problem)
    • 3 : Ce comportement est présent et pose un problème majeur (This behavior is present and it is a major problem)
  • Structure sous-jacente : 3 sous-échelles cliniques :
    • Symptômes de méfiance/paranoïa (12 items)
    • Symptômes d’aberrations perceptuelles/hallucinations (4 items)
    • Symptômes de désorganisation (6 items)
  • Cotation : Calcul de scores dimensionnels par addition des items des sous-échelles respectives et calcul d’un score total composite (variant de 0 à 66). Un score élevé signale une sévérité accrue des prodromes psychotiques justifiant une investigation pédopsychiatrique approfondie.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction : 2023.
  • Statut commercial : L’EPSy n’est pas un produit commercial. L’accès à l’instrument est gratuit (no fee).
  • Permissions et usage : L’échelle est mise à la disposition de la communauté scientifique et médicale à des fins de recherche clinique et d’enseignement académique.
  • Conditions d’obtention : L’échelle intégrale et ses modalités de passation peuvent être consultées dans l’article princeps publié dans la revue Psychiatry Research ou obtenues directement auprès de l’auteure correspondante, le Dr Marie-Noëlle Babinet ([email protected]).

12. Références / References

  • Babinet, M.-N., Demily, C., & Michael, G. A. (2023). A new scale for the screening of childhood early psychotic symptoms. Psychiatry Research, 327, 115418. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2023.115418
  • Birmaher, B., Khetarpal, S., Brent, D., Cully, M., Balach, L., Kaufman, J., & Neer, S. M. (1997). The Screen for Child Anxiety Related Emotional Disorders (SCARED): Scale construction and psychometric characteristics. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 36(4), 545–553. https://doi.org/10.1097/00004583-199704000-00018
  • Catale, C., Geurten, M., & Meulemans, T. (2014). Évaluation des fonctions attentionnelles et exécutives chez l’enfant : Apport de la CPRS-48. Revue de Neuropsychologie, 6(2), 115–124.
  • Conners, C. K. (1969). A teacher rating scale for use in drug studies with children. American Journal of Psychiatry, 126(6), 884–888. https://doi.org/10.1176/ajp.126.6.884
  • Dugas, M., Bouvard, M. P., Le Heuzey, M. F., & Mouren, M. C. (1987). Utilisation de l’échelle d’évaluation de Conners chez l’enfant en France. Neuropsychiatrie de l’Enfance et de l’Adolescence, 35(11-12), 481–488.
  • Jones, S. R., Fernyhough, C., & Larøi, F. (2015). A new scale for measuring schizotypy in children: The Melbourne Assessment of Schizotypy in Kids (MASK). Schizophrenia Research, 169(1-3), 305–311. https://doi.org/10.1016/j.schres.2015.10.030
  • Murray, R. M., & Lewis, S. W. (1987). Is schizophrenia a neurodevelopmental disorder? British Medical Journal, 295(6600), 681–682. https://doi.org/10.1136/bmj.295.6600.681
  • Weinberger, D. R. (1987). Implications of normal brain development for the pathogenesis of schizophrenia. Archives of General Psychiatry, 44(7), 660–669. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1987.01800190080012

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

L’EPSy est composée de 22 items standardisés. Le questionnaire peut être administré sous format électronique ou sur support papier-crayon. Chaque item est évalué selon l’échelle suivante :

  • 0 : Ce comportement est absent / This behavior is absent
  • 1 : Ce comportement est présent et ne pose aucun problème / This behavior is present and it is not at all a problem
  • 2 : Ce comportement est présent et pose un problème mineur / This behavior is present and it is a minor problem
  • 3 : Ce comportement est présent et pose un problème majeur / This behavior is present and it is a major problem

Mistrust/paranoia symptoms

Version française (French version) English version
A l’impression que les gens autour de lui ont l’intention de lui faire du mal Feels like people around him intend to hurt him
Est méfiant envers les autres ou face à des situations Is suspicious of others or of situations
A l’impression que les autres se moquent de lui Thinks that other people are laughing at him
A une tendance é l’isolement que ce soit dans la cour de récréation ou bien en dehors de l’école Has a tendency to be isolated whether in the playground or outside of school
Se comporte de façon inadaptée face aux émotions des autres faisant penser qu’il ne les comprend pas Reacts inappropriately to other people’s emotions, making them think he does not understand them
A des difficultés pour gérer ses propres émotions Has difficulty dealing with his own emotions
A tendance à ne pas regarder les gens dans les yeux, à fuir le regard des autres Tends not to look people in the eye, to avoid the gaze of others
Se comporte de façon inadaptée lorsqu’un regard est dirigée vers lui comme s’il l’interprétait mal Behaves inappropriately when people look at him, as if he is misinterpreting them
His speech contains unusual intonations (e.g. monotonous voice, lack of rhythm in his speech, does not change the volume of his voice depending on the place or the situation) Has difficulty understanding humor, irony or innuendo
Est anxieux, stressé Is anxious, stressed
Semble effrayé ou paniqué dans des situations anodines Appears scared or panicked by trivial situations
Se montre méfiant de manière inexpliquée ou inhabituelle é l’égard d’événements ou de personnes Is inexplicably or unusually suspicious of events or people

Perceptual aberrations/Hallucinations symptoms

Version française (French version) English version
A des idées, des croyances qui semblent inhabituelles ou bizarres Has ideas, beliefs that seem unusual or weird
A déjà parlé de choses qu’il voit ou entend dans la nuit Has spoken about things he sees or hears at night
Semble voir ou entendre des choses que les autres ne voient pas Seems to see or hear things that others cannot see
Parle de sons, de visions, d’odeurs ou de sensations exacerbés, altérés ou bizarres Talks about intensified, impaired or bizarre sounds, sights, smells or sensations

Disorganization symptoms

Version française (French version) English version
Ne distingue pas les histoires qu’il raconte et la réalité Does not distinguish between the stories he tells and reality
A un discours confus qui empêche son interlocuteur de suivre le fil conducteur et de comprendre le récit Has confused speech that prevents the person he is talking to from following what he is talking about and understanding him
Sa voix présente des intonations inhabituelles (ex. voix monotone, absence de rythme dans son discours, ne modifie pas le volume de sa voix en fonction de l’endroit ou de la situation) His speech contains unusual intonations (e.g. monotonous voice, lack of rhythm in his speech, does not change the volume of his voice depending on the place or the situation)
Est désorganisé dans son comportement Is disorganized in his behavior
Coupe la parole, suit son idée, fait des digressions donnant l’impression qu’il ne s’intéresse pas à son interlocuteur Interrupts others when they are talking, pursues his own thoughts, digresses, giving the impression that he is not interested in the person he is talking to
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-depistage-symptomes-psychotiques-precoces-%e6%a0%87%e8%af%86-epsy/
Looti, Mohammed. “Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-depistage-symptomes-psychotiques-precoces-%e6%a0%87%e8%af%86-epsy/.
Looti, Mohammed. “Échelle de dépistage des symptômes psychotiques précoces (EPSy).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-depistage-symptomes-psychotiques-precoces-%e6%a0%87%e8%af%86-epsy/.