1. Résumé
L’Échelle d’épanouissement (couramment désignée sous son appellation anglophone Flourishing Scale [FS]) est un instrument psychométrique auto-rapporté bref, conçu par le professeur Ed Diener et ses collaborateurs en 2010. Cet outil d’évaluation a été élaboré pour mesurer de manière synthétique et robuste le bien-être psychologique global et le fonctionnement optimal de l’individu à travers le prisme de l’approche eudémonique. Contrairement aux mesures purement hédoniques axées sur l’affect positif et la satisfaction de vie, l’échelle évalue les composantes fondamentales de l’épanouissement humain, incluant le sens de la vie, l’engagement, l’auto-efficacité perçue, la qualité des relations interpersonnelles, l’estime de soi sociale, la contribution au bien-être d’autrui et l’optimisme face à l’avenir.
L’instrument est composé de 8 items formulés de manière positive et unifactorielle. Les répondants évaluent leur degré d’accord sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 7 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). Le score total varie de 8 à 56 points, où un score élevé reflète une abondance de ressources psychologiques et un niveau supérieur de fonctionnement optimal.
Sur le plan métrologique, l’Échelle d’épanouissement démontre d’excellentes qualités psychométriques établies au sein de populations internationales diversifiées. Les études de validation initiale rapportent une cohérence interne élevée avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,91, ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle test-retest (r = 0,71 sur un mois). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent de façon reproductible une structure unidimensionnelle stable. L’échelle démontre une validité convergente substantielle avec d’autres échelles de bien-être psychologique (telles que le modèle de Ryff ou la théorie de l’autodétermination de Ryan et Deci) tout en présentant une validité discriminante nette par rapport aux mesures de détresse psychologique, d’anxiété et de dépression. Complément naturel de la Satisfaction With Life Scale (SWLS) et de la Scale of Positive and Negative Experience (SPANE), la Flourishing Scale constitue un standard méthodologique incontournable en psychologie positive, en recherche épidémiologique et en pratique clinique.
2. Mots-clés
Épanouissement psychologique, bien-être eudémonique, Flourishing Scale, Ed Diener, psychométrie, psychologie positive, fonctionnement optimal, auto-efficacité, relations interpersonnelles, sens de la vie, validation transculturelle, échelle de Likert.
3. Auteurs
L’Échelle d’épanouissement a été conçue et validée par une équipe d’éminents chercheurs en psychologie de la personnalité et en sciences du bien-être :
- Ed Diener, Ph.D. (1946–2021) : Professeur émérite de psychologie à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign (États-Unis) et chercheur senior au Gallup Institute. Surnommé « Dr. Happiness », il est l’un des pionniers mondiaux de l’étude scientifique du bien-être subjectif.
- Derrick Wirtz, Ph.D. : Professeur agrégé d’enseignement en psychologie, Département de psychologie, Université de la Colombie-Britannique (UBC Okanagan), Kelowna, Canada.
- William Tov, Ph.D. : Professeur agrégé de psychologie, School of Social Sciences, Singapore Management University (SMU), Singapour. Spécialiste des dynamiques culturelles et quotidiennes du bien-être.
- Chu Kim-Prieto, Ph.D. : Professeure de psychologie, Département de psychologie, The College of New Jersey (TCNJ), Ewing, New Jersey, États-Unis.
- Dong-won Choi, Ph.D. : Département de psychologie, Université d’État de Californie à East Bay (CSU East Bay), Hayward, Californie, États-Unis.
- Shigehiro Oishi, Ph.D. : Professeur de psychologie, Département de psychologie, Université de Chicago / Université de Virginie, États-Unis. Spécialiste de la psychologie culturelle et du bien-être eudémonique et expérientiel.
- Robert Biswas-Diener, Ph.D. : Chercheur, auteur et directeur général de Positive Acorn, Milwaukie, Oregon, États-Unis. Reconnu internationalement pour ses recherches sur le bien-être interculturel et le coaching en psychologie positive.
4. Objectif
L’objectif premier de l’Échelle d’épanouissement est de fournir une évaluation brève, holistique et standardisée du fonctionnement psychologique optimal de l’être humain. Historiquement, la recherche sur le bien-être s’est scindée en deux traditions distinctes mais complémentaires : l’approche hédonique (centrée sur le bonheur, le plaisir et la satisfaction cognitive de l’existence) et l’approche eudémonique (centrée sur l’actualisation de soi, le potentiel humain, la vitalité existentielle et le sens de la vie). Alors que Diener avait précédemment développé la très populaire Satisfaction With Life Scale (SWLS) pour évaluer la facette hédonique-cognitive, il manquait un outil succinct capable de capturer l’essence du bien-être eudémonique sans imposer le fardeau cognitif de batteries d’items excessivement longues.
Dans les contextes de recherche contemporains, les protocoles expérimentaux, les cohortes longitudinales et les enquêtes épidémiologiques requièrent des instruments concis mais psychométriquement rigoureux. Les échelles eudémoniques antérieures, telles que l’inventaire de Carol Ryff (qui comprend entre 42 et 84 items selon les versions), s’avèrent souvent trop longues pour être intégrées dans des enquêtes à grande échelle ou des études en échantillonnage de l’expérience (Experience Sampling Method – ESM). La Flourishing Scale comble directement cette lacune en condensant en 8 items transversaux les facteurs de succès psychologique les plus consensuels de la littérature scientifique.
Sur le plan des applications cliniques et appliquées, l’échelle remplit plusieurs fonctions majeures :
- Dépistage et évaluation initiale : Identifier le niveau de ressources psychologiques et de résilience des patients avant l’amorce d’une psychothérapie ou d’une intervention en santé mentale.
- Mesure de l’efficacité des interventions : Servir d’outil d’évaluation pré- et post-intervention dans le cadre de thérapies cognitives et comportementales (TCC), d’interventions de psychologie positive (PPI), de programmes de pleine conscience (Mindfulness) ou de démarches de coaching exécutif et personnel.
- Santé au travail et bien-être organisationnel : Mesurer le niveau d’engagement, de vitalité et d’épanouissement des employés au sein des organisations, permettant d’orienter les politiques de qualité de vie au travail (QVT).
- Recherche en santé publique : Surveiller l’état de santé mentale positive des populations, en accord avec la définition de l’Organisation mondiale de la Santé qui définit la santé non pas simplement comme l’absence de maladie, mais comme un état complet de bien-être physique, mental et social.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la Flourishing Scale est celui de l’épanouissement psychologique (psychological flourishing), défini comme un état combinant un fonctionnement psychologique optimal, des relations sociales gratifiantes, un sentiment d’efficacité personnelle et une direction existentielle signifiante. Bien que l’instrument produise un score global unidimensionnel, ses 8 items ont été minutieusement formulés pour échantillonner les composantes essentielles du fonctionnement eudémonique théorisées dans les sciences comportementales contemporaines :
1. Sens et finalité existentielle (Purpose and Meaning)
Ce domaine évalue la conviction profonde de l’individu que son existence possède une orientation, une valeur intrinsèque et une cohérence globale. L’item correspondant (« I lead a purposeful and meaningful life ») capte le sentiment d’utilité et de direction, un pilier fondamental décrit tant par Viktor Frankl dans sa logothérapie que par les modèles contemporains de la santé mentale positive.
2. Qualité et soutien des relations sociales (Supportive Relationships)
L’être humain étant intrinsèquement social, l’épanouissement est indissociable de liens affectifs sécurisants, bienveillants et réciproques. L’item 2 (« My social relationships are supportive and rewarding ») mesure la perception de disposer d’un réseau social soutenant, nourrissant et gratifiant, facteur protecteur majeur contre la morbidité psychologique et l’isolement.
3. Engagement et intérêt au quotidien (Engagement and Interest)
Inspiré par les concepts de curiosité épistémique et d’expérience optimale ou « flux » (Flow théorisé par Mihaly Csikszentmihalyi), l’item 3 (« I am engaged and interested in my daily activities ») mesure l’implication active et l’absorption enthousiaste de la personne dans ses activités routinières professionnelles, académiques ou personnelles.
4. Contribution sociale et générativité (Contribution to Others)
Le bien-être eudémonique implique de transcender ses propres intérêts égoïstes pour enrichir la communauté. L’item 4 (« I actively contribute to the happiness and well-being of others ») saisit la dimension prosociale, l’altruisme et le sentiment de générativité, éléments centraux décrits par Erik Erikson dans le développement adulte.
5. Compétence et auto-efficacité (Competence and Mastery)
Directement aligné avec la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura et le besoin de compétence de Deci et Ryan, l’item 5 (« I am competent and capable in the activities that are important to me ») évalue le sentiment de maîtrise de l’environnement et l’assurance en ses capacités à accomplir les tâches jugées déterminantes pour soi.
6. Auto-acceptation et intégrité morale (Self-Respect and Moral Self-Regard)
L’item 6 (« I am a good person and live a good life ») reflète une auto-évaluation positive globale conjuguant le respect de sa propre intégrité morale, l’auto-compassion et le sentiment d’alignement avec des valeurs éthiques fondamentales.
7. Optimisme prospectif (Optimism)
L’optimisme dispositionnel, tel que conceptualisé par Carver et Scheier, représente une attente généralisée d’événements favorables dans le futur. L’item 7 (« I am optimistic about my future ») appréhende cette confiance résiliente en l’avenir, catalyseur indispensable de la motivation et de l’adaptation proactive face à l’adversité.
8. Respect et reconnaissance sociale (Social Respect)
Complétant la dimension relationnelle, l’item 8 (« People respect me ») évalue l’intégration sociale sous l’angle du statut, de la considération et de la reconnaissance par autrui, répondant à un besoin fondamental d’estime sociale et d’appartenance digne.
6. Cadre théorique
L’Échelle d’épanouissement s’ancre au confluent de plusieurs théories majeures de la psychologie humaniste, de la psychologie du développement et de la psychologie positive contemporaine. Diener et ses collègues (2010) ont délibérément conçu cet instrument pour synthétiser les apports conceptuels de plusieurs modèles dominants :
1. Le modèle du bien-être psychologique de Carol Ryff (1989)
Le modèle multidimensionnel de Carol Ryff identifie six dimensions fondamentales du fonctionnement positif : l’auto-acceptation, les relations positives avec autrui, l’autonomie, la maîtrise de l’environnement, la finalité dans la vie et le développement personnel. La Flourishing Scale intègre des représentations directes de chacun de ces aspects sous une forme opérationnelle hautement condensée.
2. La théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan (2000)
La théorie de l’autodétermination (SDT) postule que la santé mentale optimale et l’épanouissement dépendent de la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux universels : l’autonomie (agir en congruence avec ses valeurs), la compétence (se sentir efficace dans son action) et l’appartenance sociale (se sentir connecté et valorisé par les autres). Les items de la FS traduisent directement la satisfaction de ces trois besoins vitaux.
3. Le modèle PERMA de Martin Seligman (2011)
Parallèlement aux travaux de Diener, Martin Seligman a formulé sa théorie du bien-être déclinée selon l’acronyme PERMA : Positive Emotion, Engagement, Relationships, Meaning et Accomplishment. L’Échelle d’épanouissement capture avec une précision remarquable chacune de ces dimensions eudémoniques, en particulier l’engagement (item 3), les relations (items 2 et 8), le sens (item 1) et l’accomplissement/compétence (item 5).
4. La théorie élargissement-construction de Barbara Fredrickson (2001)
La Broaden-and-Build Theory de Barbara Fredrickson suggère que les états psychologiques positifs élargissent le répertoire attentionnel et cognitif de l’individu, permettant l’accumulation durable de ressources physiques, intellectuelles et sociales. La Flourishing Scale mesure précisément le capital de ressources psychologiques accumulées qui permet à l’individu de prospérer et de faire face avec flexibilité aux stresseurs existentiels.
7. Validité
Les propriétés métrologiques relatives à la validité de l’Échelle d’épanouissement ont fait l’objet d’investigations empiriques approfondies à l’échelle internationale, confirmant sa robustesse à travers divers contextes culturels, linguistiques et cliniques.
Validité convergente
Dans l’étude princeps de Diener et al. (2010), la Flourishing Scale a présenté de fortes corrélations positives avec des instruments mesurant des construits théoriquement apparentés :
- Échelle de satisfaction de vie (Satisfaction With Life Scale – SWLS) : corrélations de r = 0,62 à 0,73 (p < 0,001), attestant que les personnes épanouies sur le plan eudémonique évaluent également leur vie comme hautement satisfaisante.
- Échelle des expériences positives et négatives (SPANE) : corrélation positive élevée avec l’affect positif (SPANE-P : r = 0,58 à 0,69) et corrélation négative marquée avec l’affect négatif (SPANE-N : r = -0,42 à -0,56).
- Échelle d’estime de soi de Rosenberg (RSES) : corrélation robuste de r = 0,65.
- Échelle de sens de la vie de Steger (Meaning in Life Questionnaire – MLQ) : corrélation de r = 0,70 avec la présence de sens.
- Échelle d’espoir de Snyder et échelle d’optimisme (LOT-R) : corrélations de r = 0,55 à 0,66.
Validité discriminante
La validité discriminante a été établie en démontrant des corrélations négatives significatives avec des construits de détresse psychologique :
- Échelle de dépression du CES-D et DASS-21 (Dépression) : corrélations négatives de r = -0,45 à -0,60 (p < 0,001).
- Échelle d’anxiété de Spielberger (STAI) : r = -0,40 à -0,52.
- Échelle de solitude de l’UCLA : r = -0,53 à -0,61.
Ces données confirment que l’épanouissement mesuré par la FS ne constitue pas une simple absence de symptômes dépressifs ou anxieux, mais un état positif distinct et autonome.
Validité prédictive et incrémentielle
De multiples études longitudinales ont démontré que le score à l’Échelle d’épanouissement prédit significativement la réussite académique, la longévité en santé, la qualité du sommeil, la performance au travail, la résilience post-traumatique et la diminution de l’absentéisme professionnel, et ce même après avoir contrôlé les traits de personnalité du Big Five (notamment le névrosisme et l’extraversion) et le niveau de revenu socio-économique.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle d’épanouissement a été largement documentée dans la littérature psychométrique, affichant des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle systématiquement supérieurs aux standards méthodologiques recommandés (critères de Nunnally & Bernstein, 1994).
Cohérence interne
Dans l’échantillon de dérivation initial mené auprès de 689 étudiants universitaires américains, Diener et al. (2010) ont rapporté un coefficient alpha de Cronbach global de α = 0,87. Les validations transculturelles ultérieures ont corroboré cette remarquable consistance interne :
- Version française (Villieux, Sovet, Jung, & Guilbeau, 2016) : α = 0,86.
- Version allemande (Esch et al., 2013) : α = 0,85.
- Version portugaise (Silva & Caetano, 2013) : α = 0,83.
- Version espagnole (Checa et al., 2018) : α = 0,89.
- Version japonaise (Sumi, 2014) : α = 0,88.
- Version chinoise (Tang et al., 2016) : α = 0,90.
De surcroît, le coefficient Oméga de McDonald (ω), calculé dans les études récentes pour pallier les limites de l’alpha de Cronbach face à des saturations factorielles non strictement équivalentes, se situe constamment entre 0,87 et 0,92.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée par Diener et ses collègues sur un intervalle d’un mois, révélant un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,71 (p < 0,001). Des études longitudinales complémentaires (p. ex., Hone et al., 2014) confirment une stabilité test-retest de r = 0,68 à 0,76 sur des périodes de trois à six mois, indiquant que l’échelle capture un état dispositionnel relativement stable tout en demeurant sensible aux changements thérapeutiques et existentiels majeurs.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de la Flourishing Scale a fait l’objet de rigoureuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) à travers le monde.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase de développement initial, l’analyse en composantes principales et l’analyse factorielle avec extraction en axes principaux ont systématiquement identifié un seul facteur dominant présentant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1 (typiquement comprise entre 4,10 et 4,50), expliquant entre 51 % et 58 % de la variance totale des items. Les critères du diagramme d’éboulis de Cattell (scree plot) ont invariablement plaidé en faveur de l’unidimensionnalité stricte.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations en équations structurelles (SEM) évaluant le modèle à un facteur unique démontrent une excellente adéquation aux données empiriques. Les indices d’ajustement couramment observés dans les publications scientifiques respectent les critères méthodologiques les plus rigoureux :
- Chi-deux normé (χ²/dl) : Valeurs généralement comprises entre 1,50 et 2,80.
- CFI (Comparative Fit Index) : Valeurs oscillant entre 0,96 et 0,99 (seuil d’excellence ≥ 0,95).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : Valeurs comprises entre 0,95 et 0,98.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Valeurs se situant entre 0,035 et 0,058 avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Valeurs inférieures à 0,040.
Saturations factorielles des items
Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) des 8 items sur le facteur unique d’épanouissement sont substantielles et statistiquement significatives (p < 0,001), s’étalant typiquement de 0,61 à 0,82 :
- Item 1 (Sens de la vie) : λ ≈ 0,72 – 0,78
- Item 2 (Relations soutenantes) : λ ≈ 0,65 – 0,74
- Item 3 (Engagement) : λ ≈ 0,62 – 0,71
- Item 4 (Contribution aux autres) : λ ≈ 0,61 – 0,68
- Item 5 (Compétence) : λ ≈ 0,68 – 0,77
- Item 6 (Vie bonne et intégrité) : λ ≈ 0,75 – 0,82
- Item 7 (Optimisme) : λ ≈ 0,69 – 0,79
- Item 8 (Respect social) : λ ≈ 0,63 – 0,72
De surcroît, les analyses d’invariance de mesure (invariance configuralle, métrique, scalaire et stricte) confirment l’équivalence de mesure de l’instrument entre les genres (hommes/femmes), les groupes d’âge et divers contextes nationaux.
10. Instrument de mesure
- Nom complet du test : Échelle d’épanouissement (Flourishing Scale – FS)
- Auteurs : Ed Diener, Derrick Wirtz, William Tov, Chu Kim-Prieto, Dong-won Choi, Shigehiro Oishi, et Robert Biswas-Diener (2010)
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation)
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée en ligne ou intégration sur terminaux mobiles
- Population cible : Adolescents et adultes (généralement à partir de 14 ans)
- Temps de passation estimé : 1 à 3 minutes
- Nombre d’items : 8 items
- Échelle de réponse (authentique) : Échelle de Likert en 7 points :
- 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
- 2 = Disagree (Pas d’accord)
- 3 = Slightly disagree (Plutôt pas d’accord)
- 4 = Mixed or neither agree nor disagree (Mitigé ou ni en désaccord ni d’accord)
- 5 = Slightly agree (Plutôt d’accord)
- 6 = Agree (D’accord)
- 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
- Modalités de cotation et calcul du score :
- Tous les items sont orientés positivement ; il n’y a aucun item inversé.
- Le score global s’obtient en additionnant directement les valeurs numériques attribuées à chacun des 8 items (de 1 à 7).
- Étendue des scores possibles : de 8 (score minimum d’épanouissement) à 56 (score maximum d’épanouissement).
- Interprétation clinique : Un score élevé indique un individu disposant d’un niveau élevé de ressources psychologiques, d’un fonctionnement relationnel positif et d’un sentiment profond d’accomplissement. Un score faible signale un déficit de ressources psychologiques et un risque accru de détresse eudémonique méritant une exploration clinique ou une intervention ciblée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 2010 (développement et validation publiés dans Social Indicators Research).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’Échelle d’épanouissement relève du domaine public académique sous réserve d’une utilisation non commerciale dans le cadre de la recherche scientifique, de l’enseignement ou de la pratique clinique. Les auteurs ont expressément mis l’instrument à la disposition libre et gratuite de la communauté internationale.
- Tarification : Accès 100 % gratuit (Open Access). Aucun honoraire, redevance ou licence payante n’est exigé pour l’administration standard ou la publication de résultats scientifiques.
- Condition d’usage : Citation obligatoire de l’article source de Diener et al. (2010) dans tout rapport, publication académique ou thèse utilisant les données de l’échelle.
12. Références
Voici les références scientifiques fondamentales relatives au développement, à la validation et aux propriétés psychométriques de la Flourishing Scale :
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
- Checa, I., Perales, J. C., & Espejo, B. (2018). Spanish adaptation and validation of the Flourishing Scale. Frontiers in Psychology, 9, Article 753. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2018.00753
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Diener, E., Wirtz, D., Tov, W., Kim-Prieto, C., Choi, D., Oishi, S., & Biswas-Diener, R. (2010). New well-being measures: Short scales to assess flourishing and positive and negative feelings. Social Indicators Research, 97(2), 143–156. https://doi.org/10.1007/s11205-009-9493-y
- Esch, T., Jose, G., Gimpel, C., von Scheidt, C., & Michalsen, A. (2013). Die Flourishing Scale (FS) von Diener et al. liegt jetzt in einer validierten deutschen Fassung (FS-D) vor. Forschende Komplementärmedizin, 20(4), 267–275. https://doi.org/10.1159/000354414
- Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218–226. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.3.218
- Hone, L. C., Jarden, A., & Schofield, G. M. (2014). Psychometric properties of the Flourishing Scale in a New Zealand sample. Social Indicators Research, 119(2), 1031–1045. https://doi.org/10.1007/s11205-013-0501-x
- Ryff, C. D. (1989). Happiness is everything, or is it? Explorations on the meaning of psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1069–1081. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1069
- Seligman, M. E. P. (2011). Flourish: A visionary new understanding of happiness and well-being. Free Press.
- Silva, A. J., & Caetano, A. (2013). Validation of the Flourishing Scale and Scale of Positive and Negative Experience in Portugal. Social Indicators Research, 110(2), 469–478. https://doi.org/10.1007/s11205-011-9938-y
- Sumi, K. (2014). Reliability and validity of the Japanese version of the Flourishing Scale. Social Indicators Research, 115(1), 441–447. https://doi.org/10.1007/s11205-012-0223-9
- Tang, X., Duan, W., Wang, Z., & Liu, Y. (2016). Psychometric evaluation of the Flourishing Scale in Chinese adolescents. Journal of Psychoeducational Assessment, 34(6), 597–603. https://doi.org/10.1177/0734282915621223
- Villieux, A., Sovet, L., Jung, S. C., & Guilbeau, J. C. (2016). Échelle d’épanouissement : Propriétés psychométriques de la version française de la Flourishing Scale. L’Évolution Psychiatrique, 81(1), 224–237. https://doi.org/10.1016/j.evopsy.2015.08.003
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
7-point Likert scale: 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Slightly disagree, 4 = Mixed or neither agree nor disagree, 5 = Slightly agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree
Instructions: Below are 8 statements with which you may agree or disagree. Using the 1–7 scale below, indicate your agreement with each item by indicating that score for each question.
- I lead a purposeful and meaningful life.
- My social relationships are supportive and rewarding.
- I am engaged and interested in my daily activities.
- I actively contribute to the happiness and well-being of others.
- I am competent and capable in the activities that are important to me.
- I am a good person and live a good life.
- I am optimistic about my future.
- People respect me.