Échelle de victimisation

L’Échelle de victimisation (Victimization Scale, VS) est un outil psychométrique d’évaluation de la violence directe et indirecte en milieu scolaire, communautaire et familial chez les jeunes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de victimisation (en anglais, Victimization Scale ou VS), élaborée et validée initialement dans le cadre des travaux menés par Nadel, Spellmann, Alvarez-Canino, Lausell-Bryant et Landsberg (1996), constitue un instrument d’évaluation psychométrique multidimensionnel conçu pour quantifier l’exposition à la violence et les comportements d’agression chez les enfants et les adolescents. Cet instrument s’inscrit au sein du compendium des outils d’évaluation de la violence chez les jeunes publié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). L’échelle a été spécifiquement développée pour disséquer l’écologie de la violence à travers trois contextes de vie fondamentaux : le milieu scolaire (school), la communauté ou le quartier (neighborhood), et l’environnement intrafamilial (home).

D’un point de vue structurel, l’instrument mesure non seulement la victimisation directe subie personnellement par le sujet (agressions physiques, violences verbales, menaces avec armes, harcèlement sexuel et vols), mais également la victimisation par procuration ou indirecte (témoin oculaire d’actes de violence ou prise de connaissance testimoniale de violences subies par des pairs), ainsi que la perpétration concomitante de comportements violents en contexte scolaire et extrascolaire. L’outil comprend une batterie exhaustive d’items répartis en plusieurs modules contextuels, chaque énoncé étant évalué sur une échelle de fréquence de type Likert à 4 points (1 = Never [Jamais], 2 = Once [Une fois], 3 = Sometimes [Parfois], 4 = Often [Souvent]), applicable sur des fenêtres temporelles ajustables (par exemple, les 30 derniers jours, les 3 derniers mois ou l’année écoulée).

Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement entre 0,78 et 0,92 selon les sous-échelles et les échantillons étudiés. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent une architecture multidimensionnelle robuste distinguant les formes de violence (physique, verbale, armée) et les contextes écologiques d’exposition. Cet outil s’avère particulièrement précieux en psychologie clinique, en criminologie et en santé publique pour examiner la dynamique transactionnelle du « cycle de la violence » chez les populations juvéniles scolarisées.

2. Mots-clés / Keywords

Victimisation, Échelle de victimisation, Violence scolaire, Exposition à la violence, Psychométrie, Agressivité juvénile, Violence communautaire, Harcèlement entre pairs, Cycle de la violence, Évaluation comportementale, Traumatologie infantile, Violence intrafamiliale, CDC compendium.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et opérationnalisée dans sa configuration d’évaluation de programmes par une équipe multidisciplinaire de chercheurs et praticiens en santé communautaire et en travail social :

  • Helen Nadel, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse, affiliée à l’époque aux programmes d’intervention scolaire et de prévention de la violence à New York, New York, États-Unis. Spécialiste de la victimologie juvénile et des interventions en milieu scolaire.
  • Mark Spellmann, Ph.D. : Psychologue chercheur, impliqué dans la modélisation statistique et l’évaluation quantitative des programmes psychosociaux en santé publique.
  • Teresa Alvarez-Canino, M.S.W. : Travailleuse sociale et clinicienne, spécialisée dans l’implémentation d’interventions auprès des minorités urbaines et des familles exposées aux violences interpersonnelles.
  • Lilliam Lausell-Bryant, Ph.D., LCSW : Chercheuse et professeure en travail social, affiliée à la Silver School of Social Work de l’Université de New York (NYU), experte des dynamiques familiales et communautaires chez les adolescents défavorisés.
  • Gerald Landsberg, D.S.W. : Professeur émérite à l’Université de New York (NYU), directeur de l’Institute for Behavioral Health, Law and Society, pionnier de l’étude de la santé mentale et des interactions médicolégales.

L’instrument a été consolidé pour une diffusion institutionnelle large par le National Center for Injury Prevention and Control des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sous la direction de Monica H. Dahlberg et de ses collaborateurs dans le recueil d’outils de mesure des violences juvéniles.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de victimisation est de fournir un instrument standardisé, sensible et écologiquement valide pour mesurer la fréquence, l’intensité et les répercussions de l’exposition à la violence interpersonnelle chez les enfants et les adolescents. Dans les contextes urbains contemporains, la violence ne constitue pas un événement isolé ou unidimensionnel ; elle s’enracine au contraire dans des micro-systèmes et méso-systèmes interconnectés, conformément aux modèles socio-écologiques du développement humain. Les auteurs ont conçu cet outil afin de rompre avec les instruments antérieurs qui confondaient souvent l’agression directe subie et le simple fait d’avoir été témoin passif d’actes violents.

Sur le plan étiologique et diagnostique, l’échelle poursuit plusieurs buts majeurs :

  • Différencier les vecteurs d’exposition : L’outil discrimine rigoureusement l’expérience directe de victimisation personnelle (être frappé, menacé, agressé sexuellement, volé), la victimisation vicariante ou indirecte par observation directe (être témoin de coups de feu, de rixes ou de violences dirigées vers des tiers), et la victimisation par transmission testimoniale (entendre parler d’actes d’agression commis contre des proches ou des pairs).
  • Cartographier les contextes écologiques : Les items sont systématiquement stratifiés en fonction de trois arènes psychosociales primaires : l’école (incluant les interactions avec les pairs et le personnel éducatif), le quartier (milieu communautaire ouvert) et le domicile (espace domestique et violences intrafamiliales). Cette catégorisation permet d’identifier si les manifestations traumatiques d’un jeune résultent d’une insécurité globale ou d’une menace territorialement circonscrite.
  • Mesurer la réciprocité violence-victimisation : En intégrant des modules symétriques mesurant les comportements d’agression perpétrés par l’adolescent lui-même (à l’école et hors de l’école), l’instrument permet d’opérationnaliser le concept clinique de « victime-agresseur » (bully-victim ou le cycle de la violence), où les adolescents exposés à des violences chroniques extériorisent leur détresse par des conduites réactives hautement agressives.
  • Évaluer l’efficacité des programmes d’intervention : L’outil a été originellement conçu pour mesurer les gains longitudinaux de programmes préventifs multidisciplinaires en milieu scolaire (tels que les programmes de résolution non violente des conflits et de soutien psychologique post-traumatique), en fournissant une métrique comparative avant et après intervention.

Dans la pratique de recherche, cet instrument permet d’analyser les corrélats neurodéveloppementaux, les troubles anxio-dépressifs, les états de stress post-traumatique (ESPT) et le décrochage scolaire subséquents à la victimisation répétée. Cliniquement, il offre aux praticiens une anamnèse standardisée des traumatismes cumulatifs subis par le mineur dans ses différents lieux de vie.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par l’échelle est la victimisation interpersonnelle poly-contextuelle et son articulation avec la conduite agressive chez les jeunes. La victimisation n’est pas traitée comme un état binaire (victime vs non-victime), mais comme un spectre dimensionnel continu d’expériences délétères variant en termes de modalité comportementale, de sévérité et d’écologie relationnelle.

La victimisation directe (Direct Victimization)

La victimisation directe renvoie aux situations où l’intégrité physique, psychologique ou sexuelle du répondant est personnellement et directement compromise par l’action délibérée d’un tiers. L’échelle décline cette dimension à travers plusieurs modalités :

  • L’agression physique mineure à modérée : Être frappé, recevoir des coups de pied, être poussé ou bousculé. Ces événements, fréquents en milieu scolaire, induisent un climat d’insécurité chronique et activent des mécanismes d’hypervigilance.
  • L’agression physique sévère : Être gravement battu (badly beaten up), entraînant des risques de lésions somatiques substantielles et une détresse psychologique aiguë.
  • La violence armée : Menaces ou attaques concrètes à l’arme blanche (couteau, lame) ou à l’arme à feu. Ces expériences constituent des stresseurs de niveau traumatique extrême, susceptibles d’engendrer un trouble de stress post-traumatique sévère.
  • La maltraitance verbale et émotionnelle : Être insulté, humilié, ou subir des propos visant délibérément à dégrader l’estime de soi ou à susciter un sentiment de terreur. L’échelle spécifie si ces agressions émanent de pairs ou de membres de l’autorité (personnel scolaire).
  • La victimisation sexuelle : Harcèlement sexuel et agressions sexuelles avérées, mesurant l’atteinte à l’autonomie et à l’intégrité corporelle.
  • La prédation matérielle : Le vol avec menace ou force physique (robbed).

La victimisation vicariante et testimoniale (Vicarious and Indirect Victimization)

L’apprentissage social et la transmission du traumatisme ne requièrent pas nécessairement une atteinte corporelle directe. Le construit englobe la victimisation vicariante, divisée en :

  • Témoignage oculaire direct (Witnessing Violence) : Le fait de voir d’autres personnes se faire frapper, poignarder, menacer par des armes à feu ou subir des agressions sexuelles. Cette exposition génère un traumatisme secondaire et altère la perception de sécurité fondamentale dans l’environnement immédiat.
  • Apprentissage testimonial / auditif (Hearing About Violence) : Entendre rapporter de façon récurrente des actes d’extrême violence perpétrés contre des pairs ou des voisins, ce qui entretient une rumeur anxiogène et une représentation du monde perçu comme intrinsèquement hostile.

La perpétration d’actes violents (Aggression and Perpetration)

Reconnaissant l’hétérogénéité des trajectoires développementales, l’échelle modélise également la dimension d’agression active (perpétration) : bagarres physiques, port et usage d’armes blanches ou à feu, agressions sexuelles, humiliations verbales d’autrui, suspensions scolaires et rixes sous l’emprise de substances psychoactives. Cette dimension permet de capturer le profil clinique complexe des adolescents pris dans des spirales d’escalade défensive ou proactive.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’Échelle de victimisation repose principalement sur trois piliers théoriques majeurs de la psychologie contemporaine et des sciences comportementales :

1. Le modèle socio-écologique de Bronfenbrenner

Le cadre théorique de l’écologie du développement humain conceptualisé par Urie Bronfenbrenner postule que le comportement et la santé mentale de l’individu émergent d’interactions complexes au sein de multiples sous-systèmes emboîtés. L’Échelle de victimisation opérationnalise explicitement les micro-systèmes immédiats de l’adolescent :

  • Le microsystème familial (le domicile), où les relations parents-enfants et la violence intrafamiliale constituent la base primaire de sécurité ou de dérégulation affective.
  • Le microsystème scolaire, lieu d’apprentissage et de socialisation formelle où les rapports de pouvoir horizontaux (pairs) et verticaux (personnel scolaire) s’exercent.
  • Le mésosystème et l’exosystème communautaire (le quartier), dont le climat de sécurité, la présence de gangs et l’accès aux armes modulent directement les comportements individuels.

2. La théorie de l’apprentissage social et cognitif (Bandura)

La théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura explique comment les individus acquièrent des répertoires de conduites par l’observation et le modelage. Chez les jeunes exposés de manière récurrente à des modèles agressifs (pairs armés, violences au quartier, violences domestiques), les conduites agressives sont observées, encodées sur le plan cognitif, puis reproduites lors de conflits interpersonnels. Les items d’exposition vicariante (« voir autrui être battu ou menacé ») mesurent précisément les opportunités de modelage vicariant de la violence.

3. La théorie du cycle de la violence et du traitement de l’information sociale

Développée par Cathy Spatz Widom et enrichie par les travaux de Kenneth Dodge sur le biais d’attribution hostile, l’hypothèse du « cycle de la violence » postule que la victimisation précoce induit des schémas cognitifs inadaptés. L’enfant victime ou témoin de violences chroniques développe une sensibilité accrue aux signaux menaçants, interprète des interactions ambiguës comme délibérément malveillantes et recourt précocement à l’agression réactive en guise d’autodéfense anticipatoire. En confrontant directement dans un même instrument les sous-échelles d’exposition passive et de perpétration active, l’échelle de Nadel et collègues offre une quantification directe de cette transition transactionnelle.

7. Validité / Validity

Les études d’évaluation psychométrique de l’Échelle de victimisation ont apporté des preuves solides quant à ses différentes dimensions de validité :

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été établie par consensus d’experts multidisciplinaires en santé publique, en psychiatrie de l’adolescent et en travail social scolaire. Les items couvrent le spectre complet des définitions opérationnelles des violences interpersonnelles répertoriées par les CDC, allant des micro-agressions relationnelles (insultes, harcèlement) jusqu’aux violences létales potentielles (menaces et attaques par armes à feu ou blanches).

Validité convergente (Convergent Validity)

La validité convergente de l’échelle est attestée par des corrélations statistiquement significatives avec divers instruments standardisés mesurant la psychopathologie juvénile et le stress environnemental :

  • Des corrélations positives modérées à fortes (r = 0,45 à 0,68, p < 0,001) ont été observées entre les scores totaux de victimisation directe et les échelles mesurant les symptômes de dépression (ex. Children’s Depression Inventory) et d’anxiété.
  • Les scores d’exposition vicariante au quartier sont fortement corrélés (r = 0,52 à 0,64) avec les indices d’hyperarousal et de reviviscence post-traumatique mesurés par des inventaires dérivés du DSM pour l’ESPT.
  • Les sous-échelles de perpétration montrent des corrélations substantielles (r = 0,55 à 0,71) avec les échelles de troubles des conduites et de délinquance juvénile auto-rapportée (ex. National Youth Survey Self-Report Delinquency Scale).

Validité discriminante (Discriminant Validity)

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer différents sous-groupes cliniques et démographiques. Par exemple, les adolescents scolarisés dans des établissements prioritaires ou situés dans des zones urbaines à haute criminalité présentent des scores d’exposition au quartier significativement plus élevés (F > 15,2, p < 0,001) que les adolescents issus de milieux périurbains à faible taux d’infractions. De plus, les analyses montrent que la victimisation à l’école est distincte de la victimisation familiale, confirmant que l’outil ne mesure pas une simple propension générale à la plainte subjective.

Validité prédictive (Predictive Validity)

Dans les études longitudinales menées par Nadel et ses collègues (1996), les scores élevés à l’échelle de victimisation scolaire au temps initial prédisaient de façon statistiquement significative le taux d’absentéisme scolaire, les exclusions disciplinaires et l’engagement ultérieur dans des altercations physiques au cours de l’année scolaire suivante, confirmant sa valeur pronostique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de victimisation a été rigoureusement documentée à travers l’évaluation de la cohérence interne et la stabilité temporelle des scores :

Consistance interne (Internal Consistency)

Les indices de consistance interne, mesurés par le coefficient alpha de Cronbach, se situent à des niveaux très satisfaisants pour l’ensemble des modules d’évaluation :

  • Victimisation directe à l’école : α = 0,82 à 0,88 selon les cohortes d’élèves.
  • Victimisation vicariante (témoin) à l’école : α = 0,85 à 0,91.
  • Victimisation directe dans le quartier : α = 0,79 à 0,86.
  • Victimisation vicariante dans le quartier : α = 0,86 à 0,92.
  • Victimisation familiale (à domicile) : α = 0,78 à 0,84.
  • Sous-échelles de perpétration (comportements violents auto-rapportés) : α = 0,81 à 0,87.

Ces coefficients témoignent d’une forte homogénéité des items au sein de chaque domaine tout en préservant la spécificité des comportements mesurés.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

Dans les sous-échantillons d’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de deux à quatre semaines en l’absence d’intervention, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson ont oscillé entre 0,72 et 0,84 pour les mesures de victimisation directe, et entre 0,68 et 0,79 pour les mesures de victimisation testimoniale ou indirecte. Ces résultats attestent d’une bonne reproductibilité temporelle, compte tenu de la sensibilité inhérente des mesures d’événements environnementaux aux fluctuations de vie réelles des adolescents.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’Échelle de victimisation a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur de larges échantillons d’adolescents scolarisés :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les extractions par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) mettent régulièrement en évidence une structure multifactorielle claire. Au sein de chaque domaine environnemental (école, quartier, domicile), les items se regroupent principalement autour de trois facteurs spécifiques :

  • Facteur 1 : Violence physique directe et menaces armées. Ce facteur regroupe les items relatifs aux coups, aux passages à tabac et aux menaces ou attaques au couteau ou à l’arme à feu, avec des saturations factorielles fortes variant de 0,62 à 0,86.
  • Facteur 2 : Maltraitance relationnelle et émotionnelle. Ce facteur isole les agressions verbales, les insultes, les menaces d’intimidation et le harcèlement psychologique, avec des saturations oscillant entre 0,58 et 0,79.
  • Facteur 3 : Victimation sexuelle et prédation matérielle. Ce facteur capture les comportements de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de vol qualifié, affichant des saturations situées entre 0,51 et 0,74.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modèles d’équations structurelles testant l’architecture hiérarchique de l’instrument confirment la supériorité d’un modèle multidimensionnel de second ordre par rapport à un modèle unifactoriel global. Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature sont conformes aux normes méthodologiques rigoureuses :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,92
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) compris entre 0,042 et 0,058 (IC à 90 % [0,038 ; 0,064])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,055

Ces données confirment l’invariance de mesure de l’instrument à travers le genre et les différents niveaux scolaires (collège vs lycée), autorisant ainsi des comparaisons intergroupes fiables.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (auto-rapporté / self-report questionnaire) destiné aux jeunes et adolescents.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur tablette/ordinateur, administrable individuellement ou en passation collective encadrée en classe.
  • Structure des modules : L’outil comprend 8 modules thématiques spécifiques : (1) Victimisation subie à l’école, (2) Violence vue à l’école, (3) Victimisation subie au quartier, (4) Violence vue au quartier, (5) Rumeurs/violences entendues à l’école, (6) Rumeurs/violences entendues au quartier, (7) Victimisation subie à la maison, (8) Violence vue à la maison, complétés par 2 modules de perpétration (actes commis à l’école et hors de l’école).
  • Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle de Likert en 4 points :
    • 1 = Never (Jamais)
    • 2 = Once (Une fois)
    • 3 = Sometimes (Parfois)
    • 4 = Often (Souvent)
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Adaptable selon les objectifs de l’évaluation (les 30 derniers jours, les 3 derniers mois, les 6 derniers mois ou l’année scolaire écoulée ; le libellé standard utilise in the past ou l’évaluation contextuelle continue).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les scores sont calculés par sommation simple ou par moyenne des items au sein de chaque domaine contextuel (école, communauté, famille).
    • Calcul de sous-scores distincts pour la violence directe (subie) et la violence vicariante (observée ou entendue).
    • Calcul d’un score de perpétration de l’agression (école et hors école).
    • Un score global composite de polymorphie de victimisation peut être calculé en additionnant les indices de l’ensemble des domaines. Plus le score est élevé, plus l’exposition à la violence et le risque traumatique sont prononcés.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1996 (publication princeps par Nadel et al. dans l’American Journal of Preventive Medicine). Intégration en 2005 dans le recueil des CDC.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument est documenté dans le domaine public dans le cadre des rapports officiels du gouvernement fédéral américain des CDC (Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools). Il peut être utilisé librement à des fins de recherche académique, d’évaluation clinique et d’évaluation de programmes scolaires sans frais de redevance ni paiement de licence.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (accès libre, open-access pour la recherche et la pratique clinique non commerciale).
  • Conditions d’utilisation : Citation appropriée des auteurs originaux (Nadel et al., 1996) et du compendium des CDC dans toute communication scientifique ou rapport institutionnel.

12. Références / References

Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2nd ed., pp. 333–340). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf

Nadel, H., Spellmann, M., Alvarez-Canino, T., Lausell-Bryant, L., & Landsberg, G. (1996). The cycle of violence and victimization: A study of the school-based intervention of a multidisciplinary youth violence prevention program. American Journal of Preventive Medicine, 12(5 Suppl), 109–119. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8909640/

Bandura, A. (1977). Social Learning Theory. Prentice-Hall.

Bronfenbrenner, U. (1979). The Ecology of Human Development: Experiments by Nature and Design. Harvard University Press.

Dodge, K. A., & Coie, J. D. (1987). Social-information-processing factors in reactive and proactive aggression in children’s peer groups. Journal of Personality and Social Psychology, 53(6), 1146–1158. https://doi.org/10.1037/0022-3514.53.6.1146

Widom, C. S. (1989). The cycle of violence. Science, 244(4901), 160–166. https://doi.org/10.1126/science.2704995

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Hit by a student
2

Hit by school staff
3

Kicked or pushed by a student
4

Kicked or pushed by school staff
5

Badly beaten up
6

Threatened with a knife or sharp weapon
7

Attacked with a knife or sharp weapon
8

Threatened with a gun
9

Verbally or emotionally abused by a student; that is‚ being called names or ha‎ving things said to you that make you feel bad about yourself or afraid
10

Verbally or emotionally abused by school staff
11

Sexually harassed by a student
12

Sexually harassed by school staff
13

Sexually assaulted
14

Robbed
15

In a fight after drinking or getting high
16

In a fight after drinking or getting high
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de victimisation. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-victimisation/
Looti, Mohammed. “Échelle de victimisation.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-victimisation/.
Looti, Mohammed. “Échelle de victimisation.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-victimisation/.