Échelle de valeur de magasinage (SVS-Babin)

L’Échelle de valeur de magasinage (SVS-Babin) évalue les dimensions hédonique et utilitaire de l’expérience d’achat. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et ses items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de valeur de magasinage (Shopping Value Scale ou SVS), développée par Barry J. Babin, William R. Darden et Mitch Griffin en 1994, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans le domaine du comportement du consommateur, de la psychologie du consommateur et du marketing des services. Cet outil d’auto-évaluation a été conçu pour opérationnaliser la valeur perçue émergeant d’une expérience d’achat spécifique, transcendant la vision réductrice de l’acte d’achat comme simple transaction économique. L’échelle postule que la valeur globale du magasinage se déploie à travers deux dimensions orthogonales et fondamentales : la valeur utilitaire (utilitarian shopping value) et la valeur hédonique (hedonic shopping value).

Dans sa version princeps validée, l’échelle comporte 15 items évalués à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). La dimension utilitaire est capturée par 4 items ciblant l’efficacité, la réalisation de la mission d’achat et le pragmatisme opérationnel, tandis que la dimension hédonique comprend 11 items évaluant le plaisir spontané, l’évasion, la stimulation sensorielle et la dimension ludique inhérente à l’acte de magasiner. Sur le plan psychométrique, la SVS présente une robustesse exceptionnelle attestée par des indices de consistance interne élevés (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,80 et 0,93 pour les deux dimensions), une validité convergente confirmée et une validité discriminante rigoureuse démontrée tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que par analyse factorielle confirmatoire (AFC).

La SVS a révolutionné la recherche en distribution en démontrant que l’expérience d’achat n’est pas uniquement orientée vers une tâche productive (le travail), mais constitue fréquemment une fin en soi (le loisir). Utilisée dans des centaines d’études empiriques à travers le monde, elle a été adaptée à une multitude d’environnements physiques et numériques (commerce électronique, commerce mobile, réalité virtuelle et métavers).

2. Mots-clés / Keywords

Valeur de magasinage, Valeur hédonique, Valeur utilitaire, Psychologie du consommateur, Comportement d’achat, Expérience client, Évaluation psychométrique, Échelle de Likert, Marketing expérientiel, Fidélité client, Analyse factorielle confirmatoire, Prise de décision.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs émérites en sciences de gestion et psychologie du marketing :

  • Barry J. Babin, Ph.D. : Professeur éminent en marketing, titulaire de la chaire Max P. Watson, Jr. à la Louisiana Tech University (Ruston, Louisiane, États-Unis) et professeur émérite à l’Université du Mississippi. Il est reconnu internationalement pour ses travaux novateurs sur l’affect, la valeur perçue et les méthodes quantitatives multivariées appliquées à la distribution. Contact académique : [email protected].
  • William R. Darden, Ph.D. (1936–1994) : Ancien professeur titulaire de la chaire Frank Freyer en marketing à la Louisiana State University (Baton Rouge, Louisiane, États-Unis). Pionnier de l’étude de la typologie des acheteurs et du patronage des magasins de détail.
  • Mitch Griffin, Ph.D. : Professeur émérite de marketing à la Bradley University (Peoria, Illinois, États-Unis). Ses recherches se concentrent sur la satisfaction des consommateurs, le comportement de réclamation et la méthodologie de recherche en sciences sociales.

4. Objectif / Purpose

L’objectif principal de la Shopping Value Scale est de mesurer de manière quantitative, fiable et standardisée la double nature de la valeur globale perçue par un individu lors d’une session de magasinage donnée. Avant l’introduction de cet instrument par Babin et al. en 1994, la littérature en économie et en marketing abordait l’acte d’achat presque exclusivement sous un prisme utilitariste et cybernétique : le consommateur était théorisé comme un agent rationnel dont l’objectif unique consistait à acquérir des produits nécessaires en minimisant les coûts temporels, cognitifs et monétaires. Bien que des auteurs séminaux comme Tauber (1972) et Hirschman et Holbrook (1982) aient souligné l’existence de motivations ludiques et esthétiques, les chercheurs ne disposaient pas d’une échelle psychométrique validée capable de capturer simultanément ces composantes fonctionnelles et affectives de l’expérience.

L’échelle a été élaborée pour répondre à plusieurs nécessités scientifiques et opérationnelles :

  • Désenchevêtrer le « travail » et le « divertissement » : La SVS permet d’évaluer dans quelle mesure un épisode de magasinage a été vécu comme une corvée productive nécessaire (orientation travail) ou comme une expérience récréative gratifiante en elle-même (orientation jeu).
  • Modéliser les antécédents et les conséquences du comportement d’achat : L’instrument sert de variable médiatrice centrale entre les stimuli environnementaux (l’atmosphère du point de vente, le design olfactif, l’éclairage, l’agencement spatial, les interactions avec le personnel) et les réponses comportementales du consommateur (temps passé en magasin, achats impulsifs ou non planifiés, satisfaction cumulée, bouche-à-oreille positif et intention de réachat).
  • Diagnostiquer la performance des environnements commerciaux : Dans la recherche appliquée et le conseil stratégique, la SVS permet aux gestionnaires de diagnostiquer si leur proposition de valeur est perçue de façon utilitaire (orientée efficacité, rapidité, absence d’irritants) ou hédonique (axée sur la découverte, l’immersion sensorielle, le bien-être subjectif), guidant ainsi les arbitrages en matière d’aménagement de magasin et de positionnement omnicanal.

En contexte de recherche clinique et comportementale, l’échelle est également mobilisée pour analyser des comportements déviants ou pathologiques, tels que l’achat compulsif ou l’oniomanie. Elle permet de dissocier les acheteurs motivés par la recherche compulsive de sensations hédoniques (tentative de régulation émotionnelle face au stress ou à la dépression) de ceux effectuant des acquisitions hyper-planifiées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’instrument repose sur une conception holistique de la valeur perçue de l’expérience, définie comme l’évaluation globale des bénéfices et des coûts cognitifs, affectifs et instrumentaux perçus par le consommateur au cours d’une interaction d’achat. Ce construit se structure autour de deux dimensions orthogonales et interdépendantes.

5.1. La valeur utilitaire de magasinage (Utilitarian Shopping Value)

La valeur utilitaire reflète la dimension instrumentale, orientée vers les tâches et fonctionnelle du shopping. Dans cette perspective, le consommateur envisage l’épisode d’achat comme une mission à accomplir. Cette valeur dépend directement de la réussite de la tâche programmée et du degré d’efficacité avec lequel elle a été exécutée. Elle s’enracine dans la théorie du choix rationnel et se manifeste par les facettes suivantes :

  • Accomplissement de la tâche (Task Completion) : Le sentiment d’avoir trouvé et acquis avec succès les articles ciblés sans compromis excessif. Si le consommateur quitte le magasin sans avoir trouvé ce qu’il cherchait, la valeur utilitaire chute drastiquement.
  • Efficience cognitive et temporelle : L’absence d’obstacles, la fluidité du parcours client, la clarté du balisage, la réduction des temps d’attente en caisse et l’accessibilité de l’information. Un achat rapide et dépourvu de frictions engendre une forte valeur utilitaire.
  • Nécessité vs superfluité : L’achat est perçu comme une obligation logistique indispensable au maintien du bien-être quotidien du ménage (ex. : faire les courses alimentaires hebdomadaires ou acheter du liquide de frein pour son véhicule).

5.2. La valeur hédonique de magasinage (Hedonic Shopping Value)

À l’opposé de la simple utilité fonctionnelle, la valeur hédonique traduit les facettes émotionnelles, expérientielles et intrinsèques de l’acte de magasiner. Elle s’intéresse non pas à ce que le consommateur a acheté, mais à la façon dont il s’est senti pendant l’expérience. L’achat n’est plus un simple moyen en vue d’une fin, il est la fin en soi. Cette sous-échelle intègre plusieurs mécanismes affectifs profonds :

  • Le plaisir ludique et l’amusement (Playfulness & Enjoyment) : La joie spontanée, l’amusement et le divertissement ressentis en déambulant dans les rayons ou en explorant de nouveaux produits.
  • L’évasion et l’absorption psychologique (Escapism & Immersion) : La capacité de l’environnement de vente à distraire l’individu de ses soucis quotidiens, de son stress professionnel ou de ses ruminations mentales. Le shopping fonctionne ici comme une parenthèse cathartique ou une « thérapie par le shopping » (retail therapy).
  • L’excitation sensorielle et la stimulation (Arousal & Excitement) : L’éveil des sens par les couleurs, les sons, le contact tactile des textures, la sérendipité et le frisson de dénicher un article inattendu ou une aubaine exceptionnelle.
  • La liberté et l’autotélicité : L’absence de contraintes impératives; le consommateur prend plaisir à regarder (window shopping) sans obligation d’achat formel.

Il est crucial de souligner que Babin et al. (1994) ont établi que ces deux dimensions ne s’excluent pas mutuellement. Une virée shopping peut générer simultanément une forte valeur utilitaire et une forte valeur hédonique (ex. : trouver rapidement un manteau d’hiver élégant tout en prenant un plaisir immense à échanger avec le personnel et à essayer des vêtements). À l’inverse, l’expérience peut être doublement négative (échec de la mission et environnement déplaisant).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la Shopping Value Scale s’inscrit au confluent de plusieurs courants majeurs de la psychologie cognitive, de la psychologie de la motivation et de la sociologie de la consommation :

6.1. Le modèle expérientiel de Holbrook et Hirschman

Le fondement épistémologique central repose sur les travaux de Morris Holbrook et Elizabeth Hirschman (1982), qui ont remis en question le paradigme traditionnel du traitement de l’information (Information Processing Model) de Bettman (1979). Holbrook et Hirschman ont démontré que la consommation humaine ne se limite pas à des choix logiques de maximisation de l’utilité au sens néoclassique. Elle implique les « 3F » : Fantasies (fantaisies, rêveries imaginaires), Feelings (émotions, sentiments profonds) et Fun (amusement, jeu). Babin et al. ont opérationnalisé cette dualité en transposant la taxonomie de Holbrook dans le contexte spécifique des environnements de distribution.

6.2. La théorie de la motivation intrinsèque et extrinsèque

La distinction entre valeur hédonique et utilitaire s’ancre directement dans la théorie de l’autodétermination développée par Edward Deci et Richard Ryan (1985). La valeur utilitaire correspond à une motivation extrinsèque : l’action est menée dans le but d’obtenir une issue séparable de l’activité elle-même (l’obtention du bien matériel, l’accomplissement d’un devoir domestique). En revanche, la valeur hédonique relève de la motivation intrinsèque : l’activité est pratiquée pour la satisfaction, l’intérêt et le plaisir inhérents à son déroulement, sans attente d’une récompense externe.

6.3. La théorie de l’atmosphère et de la psychologie environnementale

L’échelle s’appuie également sur le modèle S-O-R (Stimulus-Organisme-Réponse) formulé par Mehrabian et Russell (1974) et adapté au commerce de détail par Philip Kotler (1973) et Donovan et Rossiter (1982). Selon cette approche, les stimuli physiques de l’environnement marchand (éclairage, musique, design, agencement) modifient l’état affectif interne du consommateur (Organisme), qui évalue la valeur de son expérience (SVS), laquelle détermine ses comportements d’approche ou d’évitement (Réponse).

7. Validité / Validity

Le processus de validation psychométrique de la Shopping Value Scale rapporté par Babin, Darden et Griffin (1994) a suivi un protocole méthodologique d’une rigueur exemplaire, fondé sur les recommandations paradigmatiques de Churchill (1979) et les principes de validité de construit de Gerbing et Anderson (1988).

7.1. Validité de contenu et validité faciale

La génération initiale d’items a débuté par une revue exhaustive de la littérature, complétée par des entretiens qualitatifs et l’analyse de récits descriptifs d’expériences d’achat rédigés par plus de 100 consommateurs. Un groupe initial de plus de 70 énoncés a été soumis à un panel d’experts académiques en comportement du consommateur pour juger de leur clarté, pertinence et représentativité conceptuelle. Les items redondants, ambigus ou présentant une charge cognitive excessive ont été éliminés, aboutissant à une version purifiée soumise à de multiples collectes quantitatives (échantillons de calibration et de validation totalisant plus de 800 participants).

7.2. Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par le fait que tous les items assignés à leur facteur respectif présentaient des saturations factorielles standardisées hautement significatives (p < 0,001), généralement supérieures au seuil conventionnel de 0,70. De plus, la variance moyenne extraite (AVE — Average Variance Extracted) dépassait largement le critère de Fornell et Larcker (1981) de 0,50 pour les deux construits, attestant que la variance expliquée par les facteurs théoriques excédait la variance due aux erreurs de mesure.

7.3. Validité discriminante

La distinction empirique entre la valeur utilitaire et la valeur hédonique a été confirmée par plusieurs méthodologies :

  • La corrélation entre les deux construits latents était modérée (r ≈ 0,25 à 0,35), démontrant que bien que corrélées positivement dans certains contextes d’achat réussis, les dimensions demeurent conceptuellement distinctes.
  • Les tests de comparaison de modèles emboîtés ont montré qu’un modèle à deux facteurs corrélés présentait un ajustement statistique incomparablement supérieur (p < 0,001) à un modèle unidimensionnel contraignant la corrélation inter-facteurs à l’unité.
  • Le carré de la corrélation inter-construits (r²) était nettement inférieur à l’AVE de chacune des dimensions, satisfaisant pleinement au critère de validité discriminante de Fornell-Larcker.

7.4. Validité nomologique et prédictive

La validité nomologique a été confirmée par l’examen des liens structuraux entre la SVS et des construits externes théoriquement reliés :

  • La valeur hédonique prédit fortement le temps passé volontairement en magasin, les achats impulsifs, la satisfaction affective globale et l’intention spontanée de recommander le point de vente à des proches (bouche-à-oreille positif).
  • La valeur utilitaire prédit préférentiellement la fidélité fonctionnelle de réachat, le sentiment d’avoir géré efficacement son budget et la réduction du regret post-achat lié à la perte de temps.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la Shopping Value Scale a été testée et répliquée de manière extensive dans une diversité considérable d’études interculturelles, d’environnements physiques et d’interfaces de commerce électronique.

8.1. Consistance interne

Dans l’étude princeps de Babin, Darden et Griffin (1994) :

  • La sous-échelle de valeur hédonique (11 items) a présenté un coefficient alpha de Cronbach exceptionnel de 0,93, avec une fiabilité composite (rho de Jöreskog) de 0,93.
  • La sous-échelle de valeur utilitaire (4 items) a affiché un alpha de Cronbach de 0,80 (fiabilité composite de 0,81), ce qui est largement supérieur au seuil minimal recommandé de 0,70 pour les échelles de recherche en sciences humaines.

Des méta-analyses et des réplications ultérieures menées dans le contexte du commerce en ligne (ex. : Childers et al., 2001 ; Overby & Lee, 2006 ; Jones, Reynolds & Arnold, 2006) ont systématiquement rapporté des alphas de Cronbach oscillant entre 0,85 et 0,94 pour la composante hédonique, et entre 0,78 et 0,89 pour la composante utilitaire, confirmant une stabilité interne remarquable quel que soit le canal de distribution étudié.

8.2. Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Bien que la SVS soit originellement conceptualisée pour mesurer la valeur d’une visite d’achat spécifique (évaluation d’état plutôt que de trait de personnalité persistant), des études ayant administré l’outil à intervalles de deux à quatre semaines pour évaluer les perceptions globales associées à une enseigne habituelle ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest r compris entre 0,72 et 0,81, indiquant une excellente stabilité temporelle des perceptions de valeur attribuées à une même marque ou à un même magasin.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement de la SVS a fait appel à une approche combinée d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur des échantillons distincts et indépendants.

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase de purification initiale sur un échantillon d’acheteurs adultes, une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin, autorisant la corrélation entre facteurs) a nettement révélé une structure bipolaire :

  • Deux facteurs distincts émergeaient avec des valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant ensemble plus de 55 % de la variance totale des données.
  • Le premier facteur regroupait l’ensemble des énoncés à tonalité récréative, émotionnelle et immersive (items hédoniques), avec des saturations factorielles croisées minimales (< 0,25) sur l’autre dimension.
  • Le deuxième facteur rassemblait les items relatifs à la performance de la tâche, à l’achèvement de la mission et à l’utilité fonctionnelle (items utilitaires).

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Sur un échantillon indépendant de validation croisée (N = 345), Babin et al. ont soumis la structure à 15 items et 2 facteurs à une modélisation par équations structurelles (SEM) sous LISREL. Les indices d’ajustement globaux ont démontré une adéquation remarquable aux données empiriques :

  • Chi-deux normé : $\chi^2 / dl$ compris entre 1,8 et 2,4, attestant d’un ajustement satisfaisant.
  • GFI (Goodness-of-Fit Index) : > 0,92.
  • AGFI (Adjusted Goodness-of-Fit Index) : > 0,89.
  • CFI (Comparative Fit Index) : > 0,95.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,049 à 0,058 (IC 90 % : [0,041 ; 0,066]), signalant une erreur d’approximation négligeable.

Les saturations standardisées ($lambda$) pour les items de la sous-échelle hédonique s’échelonnaient de 0,65 à 0,88, tandis que celles de la sous-échelle utilitaire s’échelonnaient de 0,62 à 0,84, confirmant la cohésion statistique interne des deux dimensions.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles et métrologiques de la SVS sont synthétisées ci-dessous :

  • Nom officiel de l’instrument : Shopping Value Scale (SVS-Babin) / Échelle de valeur de magasinage.
  • Type d’administration : Questionnaire d’auto-évaluation papier-crayon ou numérique (auto-administré en ligne, sur tablette en magasin ou post-visite).
  • Temps de complétion : Environ 3 à 5 minutes pour compléter les 15 énoncés.
  • Population cible : Consommateurs adultes (adaptable aux adolescents et jeunes adultes à partir de 15 ans) ayant récemment complété une séance d’achat ou d’exploration commerciale (en boutique physique, sur une plateforme d’e-commerce ou dans une application mobile).
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 7 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = En désaccord
    • 3 = Plutôt en désaccord
    • 4 = Neutre / Ni d’accord ni en désaccord
    • 5 = Plutôt d’accord
    • 6 = D’accord
    • 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Score de valeur hédonique : Moyenne arithmétique ou somme des 11 items hédoniques (valeurs possibles de 11 à 77 en somme brute, ou de 1 à 7 en score moyen). Un score élevé reflète une expérience hautement divertissante, captivante et stimulante.
    • Score de valeur utilitaire : Moyenne arithmétique ou somme des 4 items utilitaires (attention : certains protocoles inversent un item négatif si applicable ; dans la version standard originale, les 4 items sont formulés dans le sens de l’utilité, ou requièrent l’inversion de l’item d’inachèvement). Score moyen de 1 à 7. Un score élevé signale un shopping fluide, performant et couronné de succès fonctionnel.
    • Il est formellement déconseillé d’additionner les deux sous-échelles en un score global unique, la modélisation à deux facteurs distincts étant théoriquement et empiriquement supérieure.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1994.
  • Droit d’auteur et propriété intellectuelle : L’article fondateur a été publié dans le Journal of Consumer Research (Oxford University Press / University of Chicago Press pour l’Association for Consumer Research). Le droit d’auteur sur l’article original appartient aux éditeurs académiques et aux auteurs.
  • Frais d’utilisation (Tarifs) : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique, scientifique ou doctorale non commerciale est gratuite. Les auteurs ont rendu les énoncés de l’échelle publics dans le corps de leur publication de 1994 afin de favoriser les avancées de la recherche en sciences de gestion.
  • Conditions d’autorisation : Aucune demande d’autorisation formelle payante n’est requise pour une utilisation académique standard, sous réserve d’attribuer explicitement et correctement la paternité de l’outil en citant l’article princeps de Babin, Darden et Griffin (1994). Pour des applications commerciales lucratives (ex. : intégration logicielle propriétaire de diagnostic d’expérience client ou revente d’audits), il convient de vérifier les conditions de réutilisation auprès des titulaires de droits de reproduction du journal.

12. Références / References

  • Babin, B. J., Darden, W. R., & Griffin, M. (1994). Work and/or fun: Measuring hedonic and utilitarian shopping value. Journal of Consumer Research, 20(4), 644–656. https://doi.org/10.1086/209376
  • Bettman, J. R. (1979). An information processing theory of consumer choice. Addison-Wesley.
  • Childers, T. L., Carr, C. L., Peck, J., & Carson, S. (2001). Hedonic and utilitarian motivations for online retail shopping behavior. Journal of Retailing, 77(4), 511–535. https://doi.org/10.1016/S0022-4359(01)00056-2
  • Churchill, G. A., Jr. (1979). A paradigm for developing better measures of marketing constructs. Journal of Marketing Research, 16(1), 64–73. https://doi.org/10.1177/002224377901600110
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Donovan, R. J., & Rossiter, J. R. (1982). Store atmosphere: An environmental psychology approach. Journal of Retailing, 58(1), 34–57.
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Gerbing, D. W., & Anderson, J. C. (1988). An updated paradigm for scale development incorporating unidimensionality and its assessment. Journal of Marketing Research, 25(2), 186–192. https://doi.org/10.1177/002224378802500207
  • Hirschman, E. C., & Holbrook, M. B. (1982). Hedonic consumption: Emerging concepts, methods and propositions. Journal of Marketing, 46(3), 92–101. https://doi.org/10.1177/002224298204600314
  • Holbrook, M. B., & Hirschman, E. C. (1982). The experiential aspects of consumption: Consumer fantasies, feelings, and fun. Journal of Consumer Research, 9(2), 132–140. https://doi.org/10.1086/208906
  • Jones, M. A., Reynolds, K. E., & Arnold, M. J. (2006). Hedonic and utilitarian shopping value: Investigating differential effects on retail outcomes. Journal of Business Research, 59(9), 974–981. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2006.03.006
  • Kotler, P. (1973). Atmospherics as a marketing tool. Journal of Retailing, 49(4), 48–64.
  • Mehrabian, A., & Russell, J. A. (1974). An approach to environmental psychology. MIT Press.
  • Overby, J. W., & Lee, E. J. (2006). The effects of utilitarian and hedonic online shopping value on consumer preference and intentions. Journal of Business Research, 59(10–11), 1160–1166. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2006.03.008
  • Tauber, E. M. (1972). Why do people shop? Journal of Marketing, 36(4), 46–49. https://doi.org/10.1177/002224297203600409

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to respondents: Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the shopping trip you just completed. Responses are recorded on a 7-point Likert scale ranging from 1 (« Strongly Disagree ») to 7 (« Strongly Agree »).

Hedonic Shopping Value Subscale (Valeur hédonique)

  1. During the trip, I felt the excitement of the hunt.
  2. When I was in the store, I felt like I was in another world.
  3. I enjoyed this shopping trip for its own sake, not just for the items I may have purchased.
  4. This shopping trip truly felt like an escape.
  5. I enjoyed being immersed in exciting new products.
  6. This shopping trip was not a very nice way to spend time. (Reverse scored)
  7. Compared to other things I could have done, the time spent shopping was truly enjoyable.
  8. I shopped not because I had to, but because I wanted to.
  9. I had a good time because I was able to act on the spur of the moment.
  10. While shopping, I was able to completely forget my problems.
  11. While shopping, I felt a sense of adventure.

Utilitarian Shopping Value Subscale (Valeur utilitaire)

  1. This shopping trip was truly a success.
  2. I accomplished what I wanted to on this shopping trip.
  3. I couldn’t buy what I really needed. (Reverse scored)
  4. While shopping, I found just the item(s) I was looking for.

Échelle d’évaluation / Response Format:

1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Slightly Disagree
4 = Neutral / Neither Agree nor Disagree
5 = Slightly Agree
6 = Agree
7 = Strongly Agree
★

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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de valeur de magasinage (SVS-Babin). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-valeur-de-magasinage-svs-babin/
Looti, Mohammed. “Échelle de valeur de magasinage (SVS-Babin).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-valeur-de-magasinage-svs-babin/.
Looti, Mohammed. “Échelle de valeur de magasinage (SVS-Babin).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-valeur-de-magasinage-svs-babin/.