Échelles de tentation situationnelle – Version drogues

L’Échelle de tentation situationnelle – Version drogues (STS-D) évalue l’intensité de la tentation à consommer des drogues dans des situations à haut risque de rechute, selon les 4 dimensions du modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle de tentation situationnelle – Version drogues (Situation Temptation Scales – Drug Version, STS-D) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’intensité de la tentation ressentie par un individu à consommer des substances illicites ou non prescrites face à une variété de situations à haut risque de rechute. Développée dans le prolongement direct du modèle transthéorique du changement (Transtheoretical Model, TTM) conceptualisé par James O. Prochaska et Carlo C. DiClemente, cette échelle constitue l’un des piliers opérationnels de l’évaluation de l’efficacité personnelle (self-efficacy) et de la vulnérabilité situationnelle dans le domaine du sevrage et du traitement des addictions. L’outil existe principalement sous deux formes standardisées : une version complète comprenant 20 items et une version abrégée composée de 12 items.

Le STS-D s’articule autour de quatre dimensions situationnelles robustes : (1) les Affects négatifs (Negative Affect), évaluant la tentation provoquée par des états de détresse psychologique, d’anxiété, de colère ou de frustration ; (2) les Situations sociales/positives (Social/Positive), mesurant l’attrait de la consommation lors de célébrations, de fêtes ou d’interactions conviviales ; (3) les Inquiétudes physiques et autres (Physical and Other Concerns), ciblant les douleurs somatiques, la fatigue et les soucis personnels ; et (4) les Pulsions et état de manque (Cravings and Urges), explorant la tentation générée par le sevrage physiologique, la curiosité impulsive ou le désir de tester sa volonté. Les items sont notés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout tenté ») à 5 (« Extrêmement tenté »).

Les études psychométriques, notamment celles menées par Velicer et al. (1990) ainsi que Hiller et al. (2000), démontrent des propriétés remarquables. La cohérence interne est élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement de 0,72 à 0,90 selon les sous-échelles. L’analyse factorielle confirmatoire valide la structure tétrafactorielle hiérarchique, confirmant une excellente validité de construit, convergente et discriminante. Utilisé aussi bien en recherche clinique qu’en milieu correctionnel ou thérapeutique, le STS-D s’impose comme un dispositif clé pour modéliser le risque de rechute et adapter les interventions psychothérapeutiques.

2. Mots-clés

Échelle de tentation situationnelle, toxicomanie, dépendance aux substances, modèle transthéorique, auto-efficacité, rechute, craving, psychométrie, évaluation clinique, sevrage, affects négatifs, comportement addictif.

3. Auteurs

L’adaptation et la conceptualisation des échelles de tentation pour les comportements addictifs reposent sur les travaux pionniers des chercheurs du Cancer Prevention Research Center (CPRC) et du département de psychologie de l’Université de Rhode Island, en étroite collaboration avec l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC) et le Texas Christian University Institute of Behavioral Research (TCU/IBR) :

  • Wayne F. Velicer, Ph.D. (1944–2017) : Professeur de psychologie et codirecteur du CPRC à l’Université de Rhode Island (Kingston, RI, États-Unis). Spécialiste mondial des méthodes quantitatives, de l’analyse factorielle et de la modélisation du changement comportemental.
  • Carlo C. DiClemente, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC, Baltimore, MD, États-Unis). Co-créateur du modèle transthéorique et directeur du Habits Lab (Courriel : [email protected]).
  • James O. Prochaska, Ph.D. (1942–2023) : Professeur de psychologie clinique et fondateur du CPRC à l’Université de Rhode Island. Pionnier de la théorisation des stades de changement.
  • Joseph S. Rossi, Ph.D. : Professeur de psychologie et directeur de la recherche méthodologique au CPRC, Université de Rhode Island.
  • Matthew L. Hiller, Ph.D., Kevin M. Broome, Ph.D., Kevin Knight, Ph.D., et D. Dwayne Simpson, Ph.D. : Chercheurs au Center for Behavioral Research de la Texas Christian University (TCU), ayant conduit les validations majeures de l’échelle auprès de cohortes sous contrôle judiciaire et en milieu pénitentiaire.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Situation Temptation Scales – Drug Version (STS-D) est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision l’intensité du désir subjectif ou de la tentation incitant un individu à faire usage de drogues lorsqu’il se trouve confronté à des déclencheurs environnementaux, interpersonnels, cognitifs ou physiologiques particuliers. Dans le cadre de l’addictologie contemporaine, la rechute ne survient que très rarement de manière aléatoire ; elle constitue le point culminant d’un processus dynamique où des circonstances à haut risque interagissent avec les vulnérabilités de l’individu.

Sur le plan clinique, l’administration du STS-D poursuit plusieurs finalités majeures :

  • L’identification du profil de vulnérabilité situationnelle : L’outil permet au clinicien de dresser une cartographie différentielle des déclencheurs de consommation propres à chaque patient. Certains usagers présentent un profil de tentation dominé par la détresse affective (consommation à visée d’automédication émotionnelle), tandis que d’autres sont principalement vulnérables lors d’événements festifs et sociaux (consommation affiliative ou hédonique), ou encore lors d’épisodes d’inconfort somatique.
  • L’évaluation de l’efficacité personnelle perçue : Dans la formulation théorique de Bandura intégrée par Velicer et al. (1990), la tentation et la confiance en soi (auto-efficacité) représentent deux facettes complémentaires mais distinctes d’un même phénomène régulateur. Mesurer la force de la tentation permet de calibrer les interventions d’entraînement aux compétences d’adaptation (coping skills) et d’exposition graduée.
  • L’évaluation continue et le suivi longitudinal : En thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et dans les programmes basés sur la prévention de la rechute (Marlatt & Gordon, 1985), le STS-D sert d’indicateur objectif de progrès. Une diminution progressive des scores de tentation au fil des semaines d’abstinence témoigne d’une consolidation du changement et de l’acquisition d’automatismes protecteurs.

Dans le domaine de la recherche empirique, le STS-D répond au besoin d’un instrument psychométrique standardisé, invariant d’un point de vue de la mesure à travers diverses sous-populations de consommateurs (alcoolodépendance, polyconsommation, opioïdes, stimulants). Il est particulièrement exploité pour évaluer l’efficacité des protocoles thérapeutiques en milieu résidentiel, ambulatoire ou judiciaire (probationnaires et détenus sous programme de déjudiciarisation), où la prédiction des risques de récidive est cruciale.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par le STS-D est la tentation situationnelle (situational temptation), définie comme l’évaluation subjective par l’individu de la force avec laquelle il se sent poussé à consommer une substance lorsqu’il est immergé dans une situation déclenchante spécifique. Ce concept ne se confond ni avec la dépendance physiologique brute, ni avec la simple intention cognitive, mais relève d’une réactivité conditionnée et adaptative. L’architecture factorielle du STS-D se décline en quatre dimensions interconnectées :

1. Affects négatifs (Negative Affect)

Cette sous-échelle évalue la propension à utiliser la drogue comme stratégie dysfonctionnelle de régulation émotionnelle. L’individu recourt à la substance pour anesthésier ou échapper à des états affectifs désagréables et aversifs. Les items de cette dimension explorent des contextes psychologiques internes tels que la dépression profonde (« When I am feeling depressed »), l’anxiété diffuse (« When I am worried »), l’irritabilité extrême (« When I feel like blowing up because of frustration »), le sentiment d’échec généralisé (« When I sense everything is going wrong for me ») et la colère intériorisée (« When I am feeling angry inside »). Sur le plan clinique, des scores élevés sur cette dimension sont fréquemment associés à des comorbidités psychiatriques de l’axe I (troubles dépressifs majeurs, troubles anxieux) et à des mécanismes d’adaptation par évitement.

2. Situations sociales / positives (Social/Positive)

Cette dimension capture l’influence de l’environnement social immédiat et des états affectifs positifs sur le comportement de consommation. Contrairement à l’automédication de la souffrance, la consommation est ici motivée par la facilitation sociale, le renforcement positif, le sentiment de fête ou la pression des pairs. Elle regroupe des situations de détente en vacances (« When I am on vacation and want to relax »), d’offres explicites en contexte de groupe (« When I am being offered drugs in a social situation »), de présence passive de pairs consommateurs dans des bars ou soirées (« When I see others using drugs at a bar or a party »), d’incitations directes émanant d’anciens compagnons d’usage (« When people I used to use drugs with encourage me to use drugs »), ou encore d’euphorie partagée (« When I am excited or celebrating with others »).

3. Inquiétudes physiques et autres (Physical and Other Concerns)

Ce facteur mesure l’influence des signaux somatiques désagréables et des stresseurs environnementaux diffus sur l’impulsion de consommation. Les items intègrent des manifestations corporelles telles que les céphalées (« When I have a headache »), l’épuisement physiologique (« When I am physically tired ») et la survenue de douleurs physiques ou de blessures (« When I am experiencing some physical pain or injury »). Il englobe également des tensions psychologiques tournées vers autrui, comme le fait d’être préoccupé par la situation d’un proche (« When I am concerned about someone »), ou des intrusions cognitives involontaires telles que les rêves de consommation (« When I dream about using drugs »), qui révèlent une charge mentale résiduelle persistante.

4. Pulsions et état de manque (Cravings and Urges)

Cette sous-échelle examine la composante la plus viscérale et pulsionnelle du syndrome d’addiction. Elle mesure la tentation générée par le syndrome de sevrage aigu ou subaigu (« When I am in agony because of stopping or withdrawing from drug use ») et le besoin physique irrépressible de substance (« When I am feeling a physical need or craving for drugs »). De manière fondamentale, cette dimension inclut également des conduites à haut risque de nature cognitive : la curiosité exploratoire impulsive (« When I have the urge to use drugs to see what happens »), le défi d’auto-évaluation téméraire (« When I want to test my will power over using drugs »), ainsi que les accès d’impulsivité soudains et non anticipés (« When I experience an urge or impulse to use drugs that catches me unprepared »).

6. Cadre théorique

Le STS-D s’enracine rigoureusement dans le Modèle Transthéorique du Changement (Transtheoretical Model, TTM), élaboré par James O. Prochaska et Carlo C. DiClemente au début des années 1980 (Prochaska & DiClemente, 1983 ; Prochaska, DiClemente, & Norcross, 1992). Le TTM postule que la modification durable d’un comportement d’addiction ne relève pas d’un acte instantané ou dichotomique (consommer vs être abstinent), mais d’une progression dynamique à travers une série d’étapes ordonnées : la précontemplation, la contemplation, la préparation, l’action et le maintien.

Au sein du TTM, l’évaluation du changement s’articule autour de trois constructions médiatrices majeures : la balance décisionnelle (avantages et inconvénients de la consommation), les processus de changement (activités cognitives et comportementales mobilisées par l’individu) et l’efficacité personnelle / tentation. Cette dernière composante provient de l’intégration théorique de la théorie sociocognitive d’Albert Bandura (1977). Dans les travaux fondamentaux de Velicer, DiClemente, Rossi et Prochaska (1990), la tentation situationnelle est théorisée comme le symétrique fonctionnel de l’auto-efficacité :

  • L’auto-efficacité représente la confiance qu’a l’individu en sa capacité à s’abstenir de consommer face à une situation de défi spécifique.
  • La tentation représente l’intensité de l’attrait ou de la pulsion conditionnée ressentie par l’individu en réponse à ce même stimulus.

Selon le TTM, au fur et à mesure qu’un individu progresse à travers les stades de changement — depuis la précontemplation jusqu’au maintien —, un croisement normatif caractéristique s’opère : le score global de tentation décroît continuellement, tandis que l’auto-efficacité perçue augmente de manière concomitante. L’analyse fine des sous-échelles factorielles révèle également une cinétique différentielle au cours du parcours thérapeutique : les tentations liées aux pulsions physiologiques directes (Cravings and Urges) diminuent souvent les premières au terme du sevrage médical, tandis que les tentations associées aux affects négatifs profonds et aux contextes de célébration sociale nécessitent un remaniement cognitif et comportemental beaucoup plus prolongé.

7. Validité

La validité psychométrique du STS-D a fait l’objet de vérifications empiriques poussées, tant dans des échantillons de consommateurs volontaires au sein de la communauté que dans des cohortes institutionnelles soumises à un mandat de justice.

Validité de construit

La validité de construit du STS-D est étayée par son adéquation remarquable avec les prédictions théoriques du modèle transthéorique. Les recherches longitudinales menées par Velicer et al. (1990) et DiClemente et al. ont établi que les scores de tentation situationnelle varient systématiquement en fonction des stades de changement de l’algorithme de Prochaska. Les sujets situés en phase de précontemplation affichent des scores de tentation significativement plus élevés (particulièrement dans les situations sociales et de recherche de plaisir) que les sujets en phase d’action ou de maintien, chez qui la tentation moyenne régresse vers des niveaux faibles ou modérés.

Validité convergente et divergente

La validité convergente du STS-D a été démontrée par des corrélations négatives robustes et statistiquement significatives avec les échelles d’auto-efficacité de maintien de l’abstinence (mesurées par exemple via le Drug-Taking Confidence Questionnaire ou la TCU Self-Efficacy Scale, $r = -0,55$ à $-0,75$, $p < 0,001$). De surcroît, les sous-échelles d'affects négatifs présentent de fortes corrélations positives avec des instruments de dépression et d'anxiété tels que le Beck Depression Inventory (BDI) et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI). Sur le plan discriminant, l’échelle se distingue nettement des mesures de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlowe-Crowne), garantissant que les réponses des usagers ne constituent pas un simple artefact de conformisme social ou d’autocensure clinique.

Validité prédictive

La validité prédictive de l’instrument est l’une de ses forces empiriques les plus documentées. L’étude de grande envergure conduite par Hiller, Broome, Knight et Simpson (2000) auprès d’individus sous contrôle judiciaire (probationers) a montré que les scores élevés obtenus au STS-D lors de l’admission en traitement prédisent significativement les épisodes de rechute objectivés par des analyses toxicologiques urinaires positives lors du suivi post-traitement, ainsi que les taux d’abandon prématuré (drop-out) de la prise en charge thérapeutique.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle de tentation situationnelle – Version drogues met en évidence des propriétés de cohérence interne et de stabilité temporelle très satisfaisantes, tant pour la variante à 20 items que pour la forme abrégée à 12 items.

Cohérence interne

Dans l’investigation empirique de référence menée par Hiller et al. (2000) auprès d’une cohorte clinique en milieu correctionnel, les coefficients alpha de Cronbach calculés pour les quatre dimensions de l’instrument ont affiché les valeurs suivantes :

  • Affects négatifs (Negative Affect) : $\alpha = 0,90$
  • Situations sociales/positives (Social/Positive) : $\alpha = 0,87$
  • Pulsions et manque (Withdrawal/Urges / Cravings and Urges) : $\alpha = 0,83$
  • Inquiétudes physiques et autres (Physical and Other Concerns) : $\alpha = 0,72$

L’échelle globale composite présente régulièrement un coefficient alpha de Cronbach supérieur à $0,92$, traduisant une excellente homogénéité du construit de tentation sous-jacent. Même dans la version courte de 12 items (3 items par facteur), les coefficients alpha demeurent très acceptables, oscillant entre $0,70$ et $0,86$, ce qui permet une utilisation fiable en contexte de consultation ambulatoire rapide ou de recherche nécessitant des batteries de questionnaires légères.

Fidélité test-retest

Les études de stabilité temporelle (test-retest) réalisées à des intervalles de 1 à 2 semaines chez des individus stabilisés au stade de maintien rapportent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) compris entre $0,78$ et $0,88$. Cette stabilité montre que l’instrument capture des schémas d’attractivité situationnelle stables chez l’individu, tout en conservant la sensibilité nécessaire pour enregistrer les diminutions de scores résultant d’interventions thérapeutiques ciblées.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle du STS-D a été examinée à travers des démarches exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies, consolidant la transposabilité du modèle à quatre dimensions originellement mis en évidence sur les comportements de tabagisme et d’alcoolisme.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase initiale de développement de l’outil, des analyses en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin direct) ont été conduites pour tenir compte de la covariance naturelle entre les différentes formes de tentation. Ces analyses ont invariablement fait ressortir quatre facteurs majeurs possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement plus de 60 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles des items sur leur dimension assignée sont particulièrement franches, dépassant quasi systématiquement le seuil de $0,55$, sans saturation croisée (cross-loading) problématique supérieure à $0,30$.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les travaux de modélisation par équations structurelles menés par Velicer et al. (1990) et validés sur les toxicomanes par Hiller et al. (2000) ont comparé plusieurs modèles concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel à facteur général unique ;
  2. Un modèle orthogonal à quatre facteurs indépendants ;
  3. Un modèle oblique à quatre facteurs intercorrélés ;
  4. Un modèle hiérarchique de second ordre, postulant un facteur général de « Tentation globale » sous-tendant les quatre facteurs primaires.

Les indices d’ajustement empiriques ont formellement rejeté les modèles unidimensionnels et orthogonaux, confirmant la supériorité absolue du modèle hiérarchique à quatre facteurs et du modèle corrélé. Les indices d’ajustement rapportés dans la littérature sont conformes aux standards méthodologiques les plus rigoureux :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,93
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) > 0,94
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,048 et 0,068)

Ces données confirment l’invariance de mesure de l’instrument et justifient à la fois le calcul de scores spécifiques par sous-échelle pour le profilage clinique fin, et l’utilisation d’un score total combiné pour l’estimation synthétique du niveau d’exposition au risque.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation standardisé (self-report questionnaire).
  • Formats disponibles : Version standard complète à 20 items ; Version abrégée à 12 items.
  • Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes pour la version à 20 items ; environ 2 à 4 minutes pour la version à 12 items.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points :
    • 1 = Not at all tempted (Pas du tout tenté)
    • 2 = Not very tempted (Pas très tenté)
    • 3 = Moderately tempted (Modérément tenté)
    • 4 = Very tempted (Très tenté)
    • 5 = Extremely tempted (Extrêmement tenté)
  • Structure des sous-échelles pour la version à 20 items :
    • Negative Affect (Affects négatifs) : Items 3, 6, 14, 16, 18
    • Social/Positive (Situations sociales/positives) : Items 4, 8, 15, 17, 20
    • Physical and Other Concerns (Inquiétudes physiques et autres) : Items 2, 5, 9, 12, 13
    • Cravings and Urges (Pulsions et manque) : Items 1, 7, 10, 11, 19
  • Structure des sous-échelles pour la version abrégée à 12 items :
    • Negative Affect (Affects négatifs) : Items 1, 3, 9
    • Social/Positive (Situations sociales/positives) : Items 10, 11, 12
    • Physical and Other Concerns (Inquiétudes physiques et autres) : Items 2, 7, 8
    • Cravings and Urges (Pulsions et manque) : Items 4, 5, 6
  • Modalités de cotation et de calcul :
    • Calcul des scores de chaque sous-échelle par sommation directe des points correspondants ou par calcul de la moyenne arithmétique (score variant de 1 à 5).
    • Calcul du score global de tentation par sommation totale des items (étendue de 20 à 100 pour la version complète ; de 12 à 60 pour la version abrégée) ou score moyen global.
    • Interprétation : Des scores plus élevés traduisent une vulnérabilité situationnelle accrue et un risque élevé de reprise de consommation en l’absence de stratégies de coping adaptées.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement : La formulation princeps des échelles de tentation situationnelle a été introduite dans les travaux de Velicer, DiClemente, Rossi et Prochaska en 1990. L’adaptation et la validation spécifique à la consommation de drogues et aux populations judiciaires ont été publiées par Hiller, Broome, Knight et Simpson en 2000.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument a été conçu dans le cadre de recherches subventionnées par des fonds publics fédéraux américains (notamment le National Institute on Drug Abuse, NIDA). Il relève du domaine de la recherche académique ouverte. L’instrument est accessible librement pour un usage clinique non commercial, institutionnel, ou à des fins de recherche universitaire.
  • Coût : Gratuit (aucun droit d’auteur commercial ou redevance par passation).
  • Dépôt institutionnel : L’échelle et ses versions alternatives sont hébergées et consultables publiquement sur la plateforme du Habits Lab de l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC) ainsi que dans les dépôts de documents psychométriques de l’Institut de recherche comportementale de la TCU (Texas Christian University).

12. Références

Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191

Hiller, M. L., Broome, K. M., Knight, K., & Simpson, D. D. (2000). Measuring self-efficacy among drug-involved probationers. Psychological Reports, 86(2), 529–538. https://doi.org/10.2466/pr0.2000.86.2.529

Marlatt, G. A., & Gordon, J. R. (Eds.). (1985). Relapse prevention: Maintenance strategies in the treatment of addictive behaviors. Guilford Press.

Prochaska, J. O., & DiClemente, C. C. (1983). Stages and processes of self-change of smoking: Toward an integrative model of change. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 51(3), 390–395. https://doi.org/10.1037/0022-006X.51.3.390

Prochaska, J. O., DiClemente, C. C., & Norcross, J. C. (1992). In search of how people change: Applications to addictive behaviors. American Psychologist, 47(9), 1102–1114. https://doi.org/10.1037/0003-066X.47.9.1102

Velicer, W. F., DiClemente, C. C., Rossi, J. S., & Prochaska, J. O. (1990). Relapse situations and self-efficacy: An integrative model. Addictive Behaviors, 15(3), 271–283. https://doi.org/10.1016/0306-4603(90)90070-e

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

When I am in agony because of stopping or withdrawing from druguse.
2

When I have a headache.
3

When I am feeling depressed.
4

When I am on vacation and want to relax.
5

When I am concerned about someone.
6

When I am worried.
7

When I have the urge to use drugs to see what happens.
8

When I am being offered drugs in a social situation.
9

When I dream about using drugs.
10

When I want to test my will power over using drugs.
11

When I am feeling a physical need or craving for drugs.
12

When I am physically tired.  
13

When I am experiencing some physical pain or injury.
14

When I feel like blowing up because of frustration.
15

When I see others using drugs at a bar or a party.
16

When I sense everything is going wrong for me.
17

When people I used to use drugs with encourage me to use drugs.
18

When I am feeling angry inside.
19

When I experience an urge or impulse to use drugs that catches meunprepared.
20

When I am excited or celebrating with others.
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Looti, M. (2026, septembre 30). Échelles de tentation situationnelle – Version drogues. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tentation-situationnelle-version-drogues-sts-d/
Looti, Mohammed. “Échelles de tentation situationnelle – Version drogues.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tentation-situationnelle-version-drogues-sts-d/.
Looti, Mohammed. “Échelles de tentation situationnelle – Version drogues.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tentation-situationnelle-version-drogues-sts-d/.